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282 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 151
de s’arrêter à moitié chemin, et d'accorder aux Bernois une Paix qui fut signée le 22 novembre, à Bremgarten, dans des termes et avec des conditions semblables à ceux que les Zurichois avaient obtenus six jours auparavant. Les Bernois reconnurent donc aussi, par un traité formel gue La religion catholique est l'ancienne, vraie et indubi. table foi chrétienne, et que celle qu'ils venaient d'introduire était une religion toute nouvelle, et par conséquent fausse. De plus, ils s'engagèrent à payer trois mille écus pour images brisées et ornements détruits dans l’abbaye de Muri et dans d'autres églises, et deux mille cinq cents écus d’or pour frais de la guerre ; à libérer le canton d'Unterwald des charges qu'on lui avait imposées, et à laisser rentrer dans leur patrie les habitants de Grindelwald, bannis pour avoir dé. fendu leur ancienne religion.
Ce fut ainsi qu’une querelle que trois années de conférences et de négociations fatigantes n'avaient fait qu'envenimer toujours davantage, se termina en moins de trois semaines par une guerre qui ne coûta que deux combats. L'expérience prouve encore ici, ajoute le judicieux de Haller, que, dans toutes les grandes dissensions reli. gienses et politiques, une guerre entreprise en temps opportun est je moyen le plus sûr, le plus prompt et même le plus doux pour rétablir la paix, parce que les maux physiques et le sentiment de sa propre impuissance peuvent seuls faire fléchir l’entêtement d'une secte et la forcer à reconnaître les droits d'autrui, Aussi l'effet de la victoire des catholiques fut-il prodigieux en Suisse. À peine les Bernois eurent ils abandonné les villes de Bremgarten et de Melling, que les habi tants reprirent la religion catholique. Elle fut pareillement établi Partout où l’on recouvrait la faculté de respirer ; les monastères d'Einsidien, de Wetting, de Munsterling, de Fahr, de Catharinenthal et de Saint-Gall, d’où les perturbateurs avaient chassé les religieux, se formèrent de nouveau, et depuis lors ils ont subsisté paisiblement jusqu’à nos jours. Tout cela se fit spontanément et sans violene: Car les cantons catholiques n'avaient aucune force armée dans cé bailliages communs, et, en vertu d'un traité de paix qu’on venait de conclure, chaque commune avait pleine et entière liberté de persister dans la religion réformée, si elle le jugeait convenable. Aussi, partout où les communes ont voulu conserver leurs ministres zwingliens, la nouvelle réforme s’est maintenue et conservée jusqu’à pré- À sent, et de là vient que dans ces contrées, notamment dans la Thur govie, il existe d’une paroisse à l’autre, et même dans le sein de chaque paroisse, un si grand mélange de catholiques et de protestants, L'impression qu'avait produite la défaite des protestants se fi sentir jusque dans les ville de Zurich et de Berne. A Zurich, un part
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