‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 85 sur 122 · DRE ARLES · texte numérisé non relu

DRE ARLES

nm PAR ERRENE

magne se plaignaient fois les Concordats, s lui avaient égale n résolu, lors même " toujours, tant pour sser, mais favori re de lui faire cn dans le besoin, at cerdoce, plutôt qu refois. Il lui ordonm ettres, et de luipr

et la coutume.

De plus, Adrien pensât-il tout cel discrétion de le manifester à la dièt norer que dans cette assemblée, l'Allemagne, il y avait plusieurs en

a dans son cœur, c'était une in- €, Surtout par écrit. Il ne pouvait

beaucoup plus encore dans toute nemis de la foi romaine, qui saisraient avidement cetie moitié de sa confession où il accusait les à

Pontifes romains, et non Pas cette autre où il condamnait Luther. ail

Ce qui effectivement eut lieu. Il aurait donc Mieux fait de se borner 1

äblâmer les abus, sans prendre sur lui ni d’en accuser ni d’en justi- 4} fe

ler ses prédécesseurs, mais rejetant la faute sur le malheur des | |

tmps, l'infidéhté des ministres. De cette manière, il eût ménagé la réputation des précédents Pontifes, satisfait aux plaintes des Alle. mands, et uni la véracité avec la charité et la prudence. Celui qui

illeurs bien connw es laissent à désira

«nfiance : celui qui découvre tous les sécrets de

un dou que la nature lui a fait en ce qu'elle l'a r illivre ses armes à l'ennemi.

Enfin, au jugement d’un grand nombre, Adrien s’écarta quelque en demandant conseil à

son Cœur, prodigue

dités, et qui flattel endu impénétrable : {8

Du reste, comme a science étaient né ntraire ? Que si to )penses, et que que mination étendue 1

qu'il pourra évite vec la meilleure

endu proposer à chacun, ‘M der par lui-même. Per- 11 S, C'est, pour un prince, |:

inconvenantes, Si celui | p grande, son conseil devient mieux s’instruire de ce que cha- | Consulter qu’un petit nombre d'une fidélité, Dune sincérité et d’une prudence éprouvées : qu'on admette leurs

rédécesseurs im S'ils ont manqué Somme une nécessité. 11 rer ee

308 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV, — De1517

conseils ou qu’on les rejette, il faut toujours en témoigner de la re. connaissance, En quoi il fut encore blâmé davantage, c'est d’avoir communiqué

ses instructions à la diète, et demandé ainsi l'avis de tous ensemble B La puissance de cette assemblée, cette manière de donner publique. À

ment son avis imposaient au Pontife une sorte de nécessité de ne pas l'omettre, et aux princes de ne pas permettre qu’il fût omis, En. suite, dans une assemblée d'hommes si divers de passions et d'in. térêts, il était aisé de prévoir que chacun adopterait, au préjudie du bien public, le remède qui lui profiterait le plus à lui-même, et

que l’un soutiendrait les demandes de l’autre, pour £a obtenir la pa |

reille à son tour !.

Telles sont les réflexions du cardinal Pallavicin sur la conduite candide, mais peu discrète, du pape Adrien VI. Chose singulière! un historien protestant de nos jours en juge à peu près de mêime, Adrien, dit-il, espérait par cette confession cordiale de la vérité w coñcilier tous les cœurs ; mais les prélats romains, qui n’attendaient de cet aveu dans la bouche du Pape qu'un effet préjudiciable à k considération du Saint-Siége, se trouvèrent justifiés par le résultat et vérifièrent une fois de plus cette sentence, que les enfants à siècle, dans les affaires temporelles, sont plus prudents que les en. fants de la lumière. La réponse des états fournit une preuve authen. tique que la considération du Siége de Rome était compléteme tombée en Allemagne. Ils déclarèrent qu'ils n'avaient pas exécutéls ordonnances du Pape et de l’empereur contre Luther parce que depuis longtemps,'on avait en Allemagne bien des griefs contrek Siége apostolique, et qu’ils avaient été mis dans un plus grand jou encore par les écrits de Luther. Si on avait voulu exécuter lesdits

ordonnances, la multitude, persuadée qu’on opprimait la vérité di

qu'on protégeait l’impiété, se serait soulevée contre l'autorité, D ce que le Pape confessait qu’une réforme capitale était nécessaire À sa cour et qu’il promettait l'observation des concordats, les États h recevaient avec reconnaissance et espoir des résultats les plus her reux ; mais ils demandaient que les annates, qui n'étaient plus em ployées, suivant leur destination originelle, contre les Sarrasins les Turcs, fussent dès lors supprimées. Quant aux moyens de meltr fin aux erreurs de Luther, ils observèrent que, parmi les ecclésis tiques et les séculiers, il avait surgi bien d’autres erreurs et abus pour. la guérison desquels rien ne serait plus utile que si le Pape avec le consentement de l’empereur, faisait tenir dans l’année,

? Paliavic. Hist, Conc. Trid., 1. 2, c, 7,

11545 di quelque où chac Dieu, le srent a Siège, o informé soie offi naltre pe on put a aveux qu chie. Le laut, on &sexhor et de dér:

Son su nouvelle € mandable lége, Il à

tholique, :

faveur, Clé

Les princ.

1 Menzel, t. :

iv. LXXXIV, — De15ir

11515 de l'ère chr.] témoigner de la re.

DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 309 quelque ville considérable d'Allemagne, un concile libre et chrétien, où chacun aurait la liberté de dire son sentiment pour la gloire de Dieu, le salut des âmes et de l'Église ch

rétienne, En outre, ils adres- D srent au légat cent griefs de la nation allemande contre le Saint- Siége, où ils disaient des choses si dures

informé d'avance, quitta Ja diète, wir officiellement, Mais à la fin

l'avoir communiqué is de tous ensemble le donner publique.

de nécessité de ne > qu’il füt omis, En.

de passions et d'in.

erait, au préjudice lus à lui-même, et ‘ur en obtenir la pa |

hut, on répandit contre lui des libell ssexhortations aux princes et aux vill de dérision. Adrien VI mourut de c

Son successeur, Clément VII, drouvelle diète de N uremberg, en mandable par sa vertu et sa scien lge. Il avait déjà été nonce en

cin sur la conduite . Chose singulière! Jeu près de même, liale de la vérité is, qui n’attendaient préjudiciable à k

fveur, Clément VII crut trouver en lui füre les Allemands sur leurs plaintes, katriction, pourvu qu'il ne comprom iles usages de la cour de Rome.

Comme le mémoire de cent

Luther parce qu des griefs contre}:

un plus grand jou lu exécuter lesdites primait la véritée ontre l'autorité, Dé e était nécessaire cordats, les États k

griefs n’avait point été remis oficielleément VII dit à Campège de ne point en mais d'agir comme s’il ne se fût rien

a condamnation de Luther : il le charea aussi d’un bref à l'électeur de Saxe,

attendait dans une mé : de sorte qu’il ne le vit

tile que si le Pape r dans l’année, 4

int entrer dans la ville % Les princes et les députés

des villes impériales ayant fait dire au es

!Menzel, t. 1, P. 109 et

seqq, — % Cochlæus. Pallavicin.

- 340 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De15r

légat qu'on était disposé à lui donner audience, il sesrendit à la diète et y fit une harangue. Il s’étonnait fort que tant de sages et habiles princes pussent souffrir qu’on abolit et renversât, à leurs yeux, une religion où ils étaient nés, où leurs pères étaient morts, et qu'ils n'a. perçussent pas que ces révolutions, qui commençaient par le spiri.

tuel, finiraient par le temporel, par la rébellion contre les souverains À

et les magistrats. Le souverain Pontife, touché d’une compassion vraiment paternelle, n'avait pu voir l'empire accablé. sous le poids de tant de maux,'et menacé d’une servitude étrangère, sans envoyer un légat pour tâcher d'y porter remède. L'intention de sa Sainteté n'était ni de donner des lois sur ce point, ni d’en recevoir, mais sen. lement d'examiner avec les souverains d'Allemagne ce qu'il y avait à faire. Si ceux qui demeuraient fidèles à la religion véritable et ancienne en étaient contents, le Pape en serait ravi ; s’ils ne l'étaient pas, on ne poufrait du moins lui reprocher les malheurs qu’il aurai inutilement prévus. Puis, entrant dans le détail, le légat dit qu'i avait deux choses à leur demander, l’une touchant la religion, l'autre touchant la guerre contre les Turcs.

Les princes remercièrent le Pape de sa bienveillance, et, à la fin de leur réponse, présentèrent au légat le mémoire de leurs cent griefs,

Campège répliqua qu’il ne savait point qu’on eût envoyé au Pape ni aux cardinaux aucun écrit ; mais qu'il les assurait que sa Saintelé était remplie de bonne volonté pour eux, et lui avait donné plein pouvoir de faire tout ce qu'il jugerait nécessaire pour réunir les eprits et rétablir la paix. C'était à eux d’en frayer le chemin, d'autant qu'ils connaissaient mieux la carte du pays et l'humeur des gens à qui l'on avait affaire. Personne n'ignorait que, dans la diète de Worms, l’empereur avait publié de leur consentement un édit contre les luthériens ; que cet édit avait été renouvelé l’année dernière « son exécution approuvée par tous les princes ; qu’il avait été obseré par les uns, négligé par les autres, sans qu’il pût en deviner la cause. À son avis, la chose principale, par où l’on devait commencer, c# tait. de trouver les moyens de faire exécuter l’édit de Worms partout Bien qu’il n’eût pas encore su que l’on avait publié les cent griefsi dessein de les présenter au Pape, il n’ignorait pas que l’on en ai envoyé trois exemplaires à des particuliers de Rome, lesquels le Pape et les cardinaux avaient vus, et dont il lui en était tombé un ent les mains ; mais ni sa Sainteté ni le sacré collége n'avaient jamaispu croire que ces articles eussent été dressés par le commandement ds

princes de la diète, ni qu'ils vinssent d'autre part que de quelqu

ennemi secret de la cour de Rome. A la vérité, il n’avait point de commission particulière du souverain Pontife sur ce point, mais qu'i

qui n'étaic justice. A Saint-Siés

Les force le légat pot jeutenant que de Sal

aarles, le F

1 Cochl. Sleid

sta HISTOIRE UNIVERSELLE : (Liv. LXXXIV, — Des)

tait le décret de Worms comme loi de l’empire, et provoquait l'Alle. magne à s’en affranchir. Les ordres ou états se constituaient j en matière de foi et de législation, et, par une contradiction mani. feste, absolvaient et condamnaient Luther, en approuvant l’édit de 1520, où il avait été déclaré hérétique, et en prescrivant un noue examen de sa doctrine à Spire.

Le légat protesta ; l'ambassadeur de Charles-Quint déclara qu'il porterait ses plaintes aux pieds de son maître. L'empereur étai absent. Le Pape lui avait appris la résolution de la diète et le mépris qu'on faisait de ses ordres et des décisions de l'Église, Charles, irrité, adressa aux princes allemands un rescrit où il menaçait de la peine de mort quiconque désobéirait à l'édit de Worms. Ce n'était qu’une menace, dont les états ne tinrent aucun compte. Le luthéranisme ne se cachait pas: il allait tête levée, affrontant Pape et empereur, proclamant ses croyances, et forçant les portes des églises catholi. ques quand on refusait de lui en livrer les clefs. Magdebourg, Nu. remberg et Francfort changeaient ouvertement la forme du culte ca. tholique. À Magdebourg, la bourgeoisie s’assemblait le 24 juin 4593, intimait l’ordre aux magistrats civils de fermer les couvents, de chasser les prêtres, de reconnaître les ministres envoyés de Wittemberg, ct d'établir la: communion sous les deux espèces ; et les magistrats, qui n'avaient pas assez de force pour exécuter l'édit de l’empereur, en trouvaient pour obéir à cette: bourgeoisie fanatique. Des chevaliers offraient sérieusement aux habitants de N uremberg, si on voulait les soutenir, de ne pas laisser une tête d’évêque dans un espace de vingt milles ; à Neustadt, des luthériens tendaient une embûche au chapelain de Ferdinand, et ie mutilaient. Luther publiait certains brefs d’Adrien VI et les cent griefs de la nation allemande, avec des annotations plus malignes les unes que les autres. Cependant Luther fut loin d’être satisfait de la diète de Nuremberg : son édit le mit en fureur,

« Scandale, s'écria-t-il dans un nouveau pamphlet, scandale que toutes ces piperies d’empereurs et de princes à la face du soleil! scandale plus grand encore que ces décrets contradictoires où l'on ordonne de me courir sus, l’édit de proscription de Worms àk main, et où l’on indique une diète à Spire pour trier de mes livres œ qu’il ya de bon et de mauvais ! Condamné. en dernier ressort, et renvoyé pour être jugé à Spire ! Coupable, de par les ordres, aux yeux des Allemands, qui doivent me pourchasser sans relâche, moi et ma doctrine ! Coupable qu’on renvoie pour être jugé à de nouvelles assises !.. Têtes folles ! cerveaux avinés de princes! Dieu ne veut pas, je le vois bien, que j'aie affaire à des êtres raisonnables! à

il me vous nl vos M4 châtie ( votre 0 pieux € lèvent « être pri abime ous, d'i que d'ei Mais c'e:

leur ave livre de

el saccag Vienne. I Toutef

1Walch, t, :

1v. LXXXIV, — De 1517 et provoquait l'Alle.

constituaient j

contradiction mani.

pprouvant l’édit de scrivant un nouvel

Quint déclara qu'i + L'empereur était a diète et le mépris ise. Charles, irrité, enaçÇait de la peine , Ce n'était qu'une e. Le. luthéranisme Pape et empereur, des églises catholi.

» Magdebourg, Nu. forme du culte ca.

ait le 24 juin 4593 ouvents, de chasser de Wittemberg, et les magistrats, qui de l'empereur, en que. Des chevaliers g, si on voulait les ans un espace de it une embüche au r publiait certains lemande, avec des Cependant Luther son édit le miten

hlet, scandale que la face du soleil!

adictoires où l'on n de Worms àh er de mes livres c dernier ressort, et ar les ordres, aux sans relâche, moi e jugé à de noue princes! Dieu tres raisonnables! à

il me livre aux bêtes allemandes, vous mettaient en. pièces... Ch vos mains, et priez Dieu pour ce châtie dans sa grande colère,

kvent contre le Christ et méprisent sa parole, tre promis dans la guerre avec les Turcs ?..

sblme de mon cœur, à tous les Chrétiens, pitié ous, d'insensés, de niais et d’idiots ! mieux vaud que d'entendre pousser de tels blasphèmes con

lvre de leurs mains, et que dans sa maitres ! Amen 1 ! »

Cependant les paysans et les an

spostätes. Les sectateurs de Luther et de Zwin

de plume, d’injures et d’anathèmes, d saccage Rome. Soliman II ravage

périal, et reçoit de lui le serment de fidélité, de l'Église romaine, à l’exemple de Charle

bles princes de l'Allemagne catholiq contre l'anarchie religieuse et sociale, et des lois : le due Guillaume, Ferdinand d'Autriche. Le 6 jui

Strasbourg, de Constance, de Bâle,

que l'édit de Worm

; qu'on ne changerait rien ni dans

l'administration des sacrements, ni dans

tmmandements et les traditions de l'Ég

lésiastiques qui se mariaient et les moi Suivant toute Ja rigueur des canons ; qu'o

IWalch, t, 15, p. 2712 et seqq.

la Hongrie, Vienne. L'Europe, désunie, semble prête à reto

11545 de l'ère chr.]. DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

comme si des loups et des sangliers rétiens ! je vous en conjure, levez 8 princes aveugles, dont le ciel nous

et gardez-vous bien de veni votre offrande et votre aumône contre le Turc

abaptistes remplissent l'Allemagne élébrer ces sanglantes funérailles, s se marient avec des religieuses gle se font une guerre Le connétable de Bourbon prend tue son roi et assiége mber dans le chaos.

les cérémonies, ni dans les lise catholique; que les ecnes apostats seraient punis n précherait l'Évangile d’a-

r présenter » Qui est mille fois plus semblables, qui s’équel succès pourrait . Pitié ! m'écriai-je de pour ce ramassis de rait mille fois mourir

e en 1529 ; le 24 féuronne Charles-Quint du diadème imcomme défenseur armé magne. Dès 1524, trois ue se liguent à Ratisbonne et pour le maintien de l’ordre le duc Louis de Bavière et l’archiduc

llet de la même année

, les archevéques et évêques de Saltzbourg, de Trente,

de Bamberg, de Spire, de

de Frising, de Passau viennent trouver ces princes, et concluent un traité d’alli

314 HISTOIRE UNIVERSELLE ([Liv, LXXXIV. — De 1h17

près l’interprétation des Pères et des docteurs ; que ceux de leurs su. jets qui étudiaient à Wittemberg seraient contraints dé quitter cette université dans trois mois, sous peine de confiscation de leurs biens, et que ceux qui y avaient fait leurs études ne pourraient jamais pos. séder de bénéfice; qu'aucun luthérien banni ne trouverait asile dans les États confédérés, et que secours et assistance seraient donnés À tout prince attaqué pour l’une des clauses dé la confédération,

Le cardinal-légat Campège, qui assistait à cette conférence, de. l

manda le premier qu'on satisfit aux justes réclamations des états de Nuremberg contre certains abus qui s'étaient glissés dans le clergé, I fit publier une constitution en trente-cinq articles, pour régler le régime ecclésiastique, la tenue des synodes, la visite des diocèses, l'administration des paroisses, l’oblation des dîmes ; quelques-unes des dispositions de ce règlement peignent les mœurs de l'époque, Dans un article, par exemple, on prescrit aux! ecclésiastiques de porter un habit décent et de cesser de faire du commerce ; dans un autre, on leur défend de fréquenter les tavernes et de disputer à table, entre deux vins, sur des matières religieuses 2.

En 1526, il y eut à Dessau une assemblée et consultation de quel. ques princes catholiques, les électeurs de Mayence et de Brandebourg, les ducs Henri et Éric de Brunswic ;fdes lettres arrivèrent d'Espagne, par lesquelles l’empereur ordonnait le maintien de l'an. cienne foi et l'exécution de l’édit de Worms. Par contre-coup, le 4 mai de la même année 1526, l'électeur de Saxe et le landgrave Philippe de Hesse conclurent une ligue formella pour la défense des nouveautés luthériennes, contre l’empereur, leur souverain, et contre les lois de l'empire. D'autres princes y entrèrent, notamment le moine apostat Albert de Brandebourg, devenu par son apostasie duc de Prusse. Cette conjuration en faveur de la nouveauté anar. chique, contre le chefet contre les lois de l'empire, parut un attentat si énorme, que Luther lui-même et Mélanchton ne purent s’empt. cher de la condamner comme un crime 8. | F4 8

Dans la diète qui se tint à Spire le 28me de juin 4596, les princes luthériens, forts, de leur ligue, se montrèrent si intraitables, que les deux partis furent sur le point de se séparer et de commencer h guerre civile. L’archiduc Ferdinand ayant proposé d'aller au secours de la Hongrie, les princes luthériens s’y refusèrent, attendu que Luther avait enseigné jusqu'alors que c'était résister à Dieu que de combattre contre les Turcs. Le roi de Hongrie, Louis, IE, périt deux

1 Audin, Hist. de Luther, t. 2, c. 6. — ? Ibid., et Raynald, 1523, n. 25 et seqq. — $ Menzel, t. f, p. 280 et seqq.

mois à faire, c la relig ou gén un an, regarde plus tôt les prinu de man à l'emp thériens dans la :

Vers ] roi de E maison « Dieu lui iles sans, gnantes, et de son deux farm et sans re vaille et ] En 459 à Dieu. 1 secourir 1 même sot tion à cell li-même En 152

? Coch]., ar

> ceux de leurs su.

ts de quitter cette ion de leurs biens, aient jamais posouverait asile dans seraient donnés À nfédération 1, e Conférence, de. | tions des états de és dans le clergé, les, pour régler le isite des diocèses, es; quelques-unes eurs de l'époque, ecclésiastiques de mmerce ; dans un et de disputer à sultation de quelce et de Brandelettres arrivèrent maintien de l'an Par contre-coup, e et le landgrave pur la défense des ur souverain, et rent, notamment par son apostasie , nouveauté anarparut un attentat e purent s'empé-

1 1545 de l'êre chr.]

mois après dans la bataille de Mohacs. Tout ce que l’ M ce fut ar que, comme il était nécessair hreligion et de la paix d'assembler un concile national d’Allema

ou général de toute la chrétienté, qui serait ouvert au plus tard ma | | uan, on enverrait des députés vers l'empereur, pour le prier de p regarder avec compassion l'état déplorable-de l'empire, de venir au FA

vf

archiduc put e pour le bien de

plus tôt en Allemagne, et de faire tenir un concile ; qu'en attendant ls princes et les états se COmporteraient au sujet de l’édit de Worms

de manière qu’ils pussent rendre compte de leur conduite à Di i l'empereur. C'était justement la lib Le

hériens prétendaient obtenir dans

uc Ferdinand devient ANLE

royaumes entrent dans Ja Anal

les royaumes d'Espagne, | | -Monde, ainsi que des

lon à celle de l’empereur et de hi-même qui nous l'apprend 1, . | 1 En 1527 et 1598, les Turcs ayant porté le fer et le feu dans la Hon- | li grie, dans l’Autriche, dans des provinces encore plus intérieures de l'Allemagne, brûlant, Massacrant, réduisant en esclavage une infinité fl de personnes, Luther eut peur et changea de-langage. Jusqu'’alors il avait fait un crime de combattre les Turcs, dès lors il fit un crime de 1e pas les combattre, Léon X avait donc eu raison de condamner telte proposition : Combattre contre les Turcs, c’est résister à Dieu. Cependant Luther n’en convint pas, et soutint toujours que le Pape méconnaissait l'Évangile en exhortant les Chrétiens, rois et peuples à défendre leur vie, leur liberté, leur religion, leur famille, leur pe= brie contre les Turcs. On ne devinerait guère sur quel misérable s0- | phisme Luther s'appuie pour cela :Sophisme qu'il noie et délaye dans 4

1596, les princes raitables, que les de commencer d'aller au secours nt, attendu que er à Dieu que de is, IL, périt deux

EE = renom a + tee 79% ces

, 1523, n.25 et seqq.

? Cochi., an 1596, p. 150, — 2 Walch, t. 20, p. 2675.

deux ou trois instructions pastorales ; le voici. Comme Chrétiens, vous ne pouvez et ne devez vous défendre contre les Turcs que par les armes spirituelles, la prière, la conversion du cœur ÿ Mais vous pouvez et devez vous défendre par les armes matérielles, comme cie toyens, comme nation, Allemands, Français, Hongrois, Dalmates, empereurs et princes, rois et sujets, pères et enfants, hommes et femmes ; vous devez contribuer à cette défense non-seulement de vos prières, mais encore de vos biens et de vos personnes; si VOUS y mourez, vous allez droit au ciel, car vous souffrez la mort comme Chrétiens ; en effet, chose bien remarquable, le Turc vous hait, vous saccage, vous {ue, non pas comme Allemands ou Hongrois, mais essentiellement comme Chrétiens, comme saints du Très-Haut 1, Telle est la substance de ce que dit Luther. On le voit, après avoir tout re. jeté en haine du Pape, il ramène tout de son propre chef, même l'in. dulgence plénière, puisqu'il ouvre le paradis à tout Chrétien qui meurt dans la guerre contre le Turc. Tertullien dit quelque part que le diable est singe de Dieu : Luther est ici singe du Pape. Aussi les lutaériens d'Allemagne ne furent-ils guère émus de la singerie.

Luther lui-même s’en plaint. Les nobles exportaient l'argent d'A]. lemagne par le luxe, pour se ruiner de corps et de biens : les bour. geois et les marchands faisaient à peu près de même, y joignant l'a. varice et l’usure; les artisans et les paysans ne songeaient qu'à se supplanter et à se voler les uns les autres, surtout depuis le nouvel évangile, où ils étaient devenus libres et riches, se croyant tout permis, ne donnant plus rien à personne, ni à pauvre ni à ministre de la religion. Luther engage les princes à leur arracher de force « qu'ils ne voulaient pas donner pour la défense du pays ?.

Afin d’exciter à prendre les armes.contre les Turcs et pour forti. R

fier dans le christianisme ceux des Allemands qui deviendraient leur captifs, Luther expose les dogmes impies de Mahomet et de son A Coran ; mais il n’a garde de signaler ce qu’il y a de plus impie dans ces dogmes, savoir, que tout arrive par une nécessité fatale, que l’homme n’a point de libre arbitre, que Dieu opère en nous le mal

comme le bien, et qu’il nous punit du mal que nous n’avons pu éviter, à

Voilà ce que Luther ne signale pas dans Mahomet. La raison en et simple. Ainsi que nous l'avons vu, l'hérésiarque de Wittemberg l'emporte en impiété sur le faux prophète de la Mecque ; car, à l'en croire, Dieu nous punirait non-seulement du mal que nous n'avon pu éviter, mais encore du bien que nous faisons de notre mieux,

1 Walch, t, 20, p. 2633 et seqq. — ? Jbid., p. 2718 et 2719.

toutes p'a poi Les pour d allume:

Olton c princes les exte rection un alter moins s avancé commo( gent de armeme!

l'était e:

Une n Les cath commiss.

lkume, d Les sacra luthérien winglian Hesse, co l'éteindre contestati aurdit été villes qui jusqu'à la messe, ou ls sacran punis de n ther lui-m sacrament.

On aura les résolut tolérance € suivis des « les résoluti

tSleidan, 1.

Bac, 1. 16

11545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

toutes les bonnes œuvres étant a 'a point osé dire.

Les princes luthériens, qui n'avaient point assez c'e patriotisme {À | pour défendre l'Allemagne contre les Turcs, ne craignaient pas d'y he allumer la guerre civile. Un employé infidèie d’un prince catholique, FAR | ton de Pack, officier du duc Georges de Saxe, fit accroire aux k | 1

v. LXXXIV, — De 1517

Comme Chrétiens, les Turcs que par | Cœur; Mais vous rielles, comme ci.

pngrois, Dalmates, fants, hommes et non-seulement de personnes ; si vous ez la mort comme irc vous haït, vous Hongrois, mais es.

Très-Haut1, Telle près avoir tout re.

re chef, même l'in.

tout Chrétien qui quelque part que > du Pape. Aussi

émus de la sin-

utant de péchés : ce que Mahomet

| princes luthériens que les catholiques avaient conclu un traité pour A ls exterminer. Aussitôt les luthériens prirent les armes, sous la di-

rction du landgrave Phili ppe de Hesse, Ce soulèvement Parut encore ialtentat si énorme, que Lutuer mé

moins s'assurer si la cause était réelle, avancé une fausseté, et que le traité ét commoda. Toutefois le landgrave exi gent de quelques princes ecclésiastiqu

armement qu'il reconnaissait avoir ét C'était en 1528.

Une nouvelle diète fut co Les catholiques furent en majorité. Elle avait po ; Frédéric, comte palatin; Guil- h de Trente et de Hildesheim. pitt) ent décidés à y faire tête aux FRE

es, pour le dédommager d’un é fait sur de faux rapports 1,

ient l’argent d'Al.

> biens : les bour.

ne, y joignant l'a.

ongeaient qu'à se t depuis le nouvel croyant tout pere ni à ministre de acher de force ce

Après de longues contestations, l'assemblée décréta que partout où l’édit de Worms

de religion ; que les

a tilles qui auraient embrassé les doctrines nouvelles les garderaient at gi jusqu’à la tenue du concile, sans que toutefois elles pussent abolir la res et pour fort.

eviendraient leurs

met et de son Al.

e plus impie dans essité fatale, que e en nous le mil n'avons pu éviter, . La raison eneit > de Wittembers que ; car, à l'en que nous n'avons

de notre mieux,

facramentaires 2,

On aurait donc pu croire que les princes luthériens accepteraient ls résolutions de la diète: il n'en fut pas ainsi ; peu contents de la tolérance et de l'égalité, ils voulaient ja domination. Six d’entre eux, suivis des députés de quatorze villes impériales, protestèrent contre les résolutions de la majorité, et en appclèrent à l'empereur, au con-

lSleidan, 1. 8, n, 92.

— Monzei, t, j, p. 313, — Bossuet, Variat., 1, 2,0. 14— ?Walch, t, 16, D: 364, — Menzel, t, 1, p. 321.

318 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 154:

cile général ou national, et à tout juge non suspect. C'est de cette

protestation que leur vint et qu'ils prirent le nom général de profes. ‘fants, pour faire entendre que leur essence est.de protester : de protester contre l'autorité la plus grande qu'il y ait sur la terre, l'Églis catholique ; Église qui remonte de nous sans interruption jusqu'à Jésus-Christ, et de là, par les patriarches et les prophètes, jusqu'an premier homme, qui fut de Dieu ; Église avec laquelle jésus-Chrig a promis d’être tous les jours jusqu’à la consommation des siècles, et Contre laquelle il a donné sa parole que les portes de l'enfer ne pré.

vaudront jamais. Voilà contre qui et contre quoi protestent essentiel

lement toutes les sectes protestantes.

Maintenant, veut-on savoir quelle est leur profession générale au dix-neuvième siècle comme au seizième ? Elle peut être exposée sur une carte de visite ; la voici : «Je crois en moi ; et je proteste contre l'Église romaine. » Je crois en moi : voilà la souveraineté radicale de la raison individuelle ; je proteste contre l'Église romaine : voilà g déclaration d'indépendance. Ce sont les seuls dogmes qui soient « qui puissent être communs entre les protestants. Après cela, on peu croire telle ou telle chose, pourvu qu’on les croie par la foi qu'on en soi-même ; on peut protester sur plus ou moins d'articles, pourvu qu'on proteste. Ainsi, les Luthériens, qui soutiennent encore que Jésus-Christ est Dieu, et les pasteurs calvinistes de Genève, qui en 1817, excommunient ceux qui osent encore le soutenir, bien qu'en contradiction les uns avec les autres, sont également protestant, parce qu'ils croient également chacun en soi et qu'ils protestent ép. lement contre l'Église catholique.

Pour rendre la-chose plus sensible, prenez, comme les disciples de Luther ont fait, prenez une église catholique, ôtez-en le signe du Chrétien, l’autel du sacrifice, en un mot tout ce qui pourrait donner une idée de religion, n’y laissez que les quatre murs, et vous aure un temple protestant, au frontispice duquel vous pourrez placer grosses lettres : Temple de La raison individuelle.

Pour en faire la dédicace, invitez quiconque croit en soi et protesti contre l’Église romaine. « O sublime raison de mon individu! je croi en. toi et je t'adore, s'écriera chaque fidèle en entrant ; c’est toi seuk qui règnes dans ce temiple ! C’est toi, toi seule, qui m’y apprends sije dois croire à la Bible, et puis ce qu’elle veut me dire. Reçois donc pour toujours mes hommages et ma foi! » Puis, après avoir ainsi proclamé le symbole commun à tous, chacun fera son acte de foi individudle

Le luthérien dira : En vertu de mon libre examen, je conclus que hf

Bible est un livre divin, et j'y vois clairement que, dans le momait

de la sainte eène, on recoit réellement te corps de Cürist dans le pair,

ou subs Moi :

Écrit au li séque arien respel décou toriqu quoi J son to souvet par co L débite | matéri rains d raison les plu:

ment, € lité, le ravi de moi qu est à ell compen même « même l’ étre et « prêche.

Allemag humanit l'humani dence irt et de tou encore du tout mon cette mort respecte 1

‘n'y a qu'on ne pu beaucoup a inprimé à ]

Àv. LXXXIV, — De (y:

ispect. C'est de cette m général de protes.

e protester : de Prosur la terre, l'Éplis interruption jusqu'à prophètes, jusqu'an aquelle Sésus-Chris mation des siècles, es de l'enfer ne pré.

| protestent essentiel.

ofession générale ay eut être exposée sur et je proteste contre veraineté radicale de e romaine : voilà s logmes qui soient et Après cela, on peut le par la foi qu'ons ns d'articles, poursy iennent encore que tes de Genève, qui soutenir, bien qu'en lement protestant qu'ils protestent ég.

mme les disciples de Ôtez-en le signe du qui pourrait donner murs, et vous aure s pourrez placer

»it en soi et proteste on individu! je croi rant ; c'est toi seul | m?y apprends sije "e. Reçois donc pour avoir ainsi proclamé de foi individuelle.

n, Je conclus que hl

le, dans le momeit

Cürist dans le pain, gs

à 1545 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

ou sous le pain, ou avec le pain ; mais substantiation des Romains. L Moi aussi, après avoir libreme Écritures saintes, et j'y voisp au lieu de Christ, on ne reçoit séquence, je proteste contre la arien Ou socinien continuera :

respectable ; aussi, découvert que les brique, et que le Christ est seulemen

Le nouvel infiniment

t un grand prophète: en foi de

son tour : Sans doute, messieurs, la raison de chaque homme est sa souveraine règle ; or, la mienne me dit qu'elle se suffit à elle-même ; par conséquent, je proteste contre tout ce que l’Église romaine nous 1 débite sur les Écritures, les prophéties et les miracles. Ensuite le | matérialiste : Qu'il est beau de voir ainsi proclamer les droits souverains de la raison de chaque individu ! Qui » Messieurs, c’est à ma raison seule d'examiner, de juger, de réformer les opinions, même les plus universelles et les plus anciennes : je proteste donc hautement, en vertu de ma suprématie intellectuelle, contre l’immortalté, le paradis et l'enfer de Ja superstition pontificale. Que je suis ravi de vous entendre ! s'écriera l’athée, Vous reconnaissez donc avec moi que la première de toutes les vérités, c’est que mon intelligence est à elle-même son centre, sa lumière, sa loi et son juge : en ré-

onsolante qu’elle a faite ; de ent rien au-dessus d'eux, de : je de Rome et prêche. Fort bien ! reprendra l’anarchiste Allemagne, tous vous cç humanitaire, c’

contre le Dieu qu’elle nous le communiste de la jeune

propriété, et plus encore de souveraineté. Je proteste donc, non plus seulement de

out mon cœur, mais de tout mon bras et de toute :non épée, contre aujourd’hui comme toujours, veut qu'on des propriétaires 1, A merveille !

11ln'y a pas un vice, pas un crime, pas qu'on ne puisse, la plupart du temps,

deaucoup au-dessous de l'animal, .

inprimé à Lausanne,

une bassesse, pas une abomination dériver de ia propriété, Elle abaisse l’homme — Paroles d’un journai de la Jeune Allemagne, et citées dans l'Univers du 13 septembre 1845,

‘820 HISTOIRE UNIVERSELLE . [Liv. LXXXIV, — De 1517

conclura le sceptique. Vous m’assurez tous de concert que jene D ns F dois écouter que moi-même, et que c’est mon esprit qui doit tot uisqu juger en dernier ressort, même ce que vous venez de dire : je vous pe de déclare donc, après avoir tout librement examiné, qu'il n’y a rien huélle, de certain au monde : conséquemment; je proteste, non-seulement mis, el contre l'Église romaine, mais encore contre ceux qui protestent contre ii elle, et enfin contre moi-même. dati Le principe du protestantisme, le principe du libre examen et de pour le la suprématie de l'esprit privé une fois admis, il est impossible de Cet ne pas avouer toutes ces conséquences, impossible de ne pas les dfféren envisager comme de simples nuances, comme des évolutions pro- DE ue jan gressives de la réformation protestante ; et à toutes ces profession AR faternit de luthéranisme, de calvinisme, de socinianisme, de déisme, de ma. : ait ti térialisme, d’athéisme, de communisme, d’anarchisme, de scepti- MD ose q cisine, un protestant qui veut être conséquent avec soi-même na Am d'autre réponse à faire que de dire : Amen. d'Augsb Le spectacle de cette unité discordante se vit en 4329 à la conf. aux trou rence de Marpourg, ménagée par le landgrave Philippe de Hesse entrée d entre les chefs des deux partis qui divisaient le protestantisme, les À Du et « luthériens et les zwingliens ou sacramentaires : Luther, Osiandre et M wait assis Mélanchton d’une part; Zwingle, Oecolampade et Bucer de l’autre vita auss Il s'agissait de les accorder sur l’article de la cène, et de faire cesser wnscienc la g'erre d’injures et d’anathèmes qu'ils se faisaient réciproque. Seigneur ment. En quoi ils étaient tous d'accord, c'était à protester contre B leurs seru l'Église romaine, et à croire chacun souverainement en soi-même Mk pndaient pour interpréter la Bible.: Malgré de longues disputes, on ne Ou PA dépen s'entendre sur l’article principal. Cependant, pour qu’on n’eût PS D dire que 1

l'air de n'avoir rien fait, on dressa une espèce d'accord en quator articles. Les trois premiers rappellent la doctrine du concile de Ni: cée sur la trinité des personnes divines, sur la divinité de Jésus Christ et son incarnation; et cela, parce que dès lors certains protestants, notamment à Strasbourg, parlaient là-dessus de même que des Juifs, comme si Jésus-Christ n'était pas vraiment Dieu. Mélanch- ‘ton nous l’apprend dans sa relation à l'électeur de Saxe.1. Sur l’article principal, si Jésus-Christ est réellement présent dus la sainte eucharistie, ou seulement en figure, on disputa longtemps

tonsécrati pendant I:

science. Il k messe, Et quell qu'en trac princes les matin, de \

llenu par sans pouvoir s’accorder. Lorsque Zwingle et ses compagnons viril iboli le jet qu'ils ne pouvaient persuader à Luther le sens figuré, ils le prière Mmedi. Sos du moins de vouloir les tenir pour frères. Mais ils furent vivemai de l'Allema repoussés. « Quelle fraternité me demandez-vous, leur disait:il, ii oines ou à !Bossuet, y

conceït que je ne esprit qui doit ton ez de dire : je Vous é, qu'il n’y a rien ste, non-seulement ui protestent contre

libre examen et de l'est impossible de sible de ne pas les es évolutions pro-

ites ces professions B

de déisme, de ma.

chisme, de scept.

avec soi-même n'a Ë

0 1529 à la confs- Philippe de Hesse protestantisme, les auther, Osiandre et

t Bucer de l’autre, BR

>, et de faire cesser

saient réciproque. |

à protester contre

ment en soi-même M

isputes, on ne put ur qu'on n’eût px accord en quatorz du concile de Ni.

divinité de Jésus lors certains pro:

ssus de même que ent Dieu. Mélanche Saxe.f, ment présent dans disputa longtemps

ompagnons virent

uré, ils le prièrent s furent vivemait s, leur disait-il, à

à sait tellement en eux, qu'il n’était plus e

dre que le Sauveur est présent dans l’ consécration et de la Communion, et no pendant la procession »

uience. Ils n’assistèren h messe,

qu'en trace Audin. C'était d'abord l'électe princes les plus &loutons de son siècle, matin, de vin et de viandes, avait besoi Menu par un cercle de fer ; amoureux iboli le jeûne, le carême, et permettait d Mnedi. Son buffet élector le l'Allemagne de vases de toutes sortes, Ones ou à la sacristie des églises.

1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

vous persistez dans votre créance ?

C'est signe que vous en doutez,

pour leur donner, poursuivit Luther,

Cet accord tel} quel ne dura guère :

différents qui se firent de la conférence, que jamais : Luther regarda comme un fraternité qui lui fut faite par les zwinglie

chose que des mensonges 1, »

Au milieu de ces démélés, on se Préparait à là Célèbre diète d'Augsbourg, que Charles-Quint avait convoquée pour y remédier aux troubles que.le nouvel évangile causait en Allemagne. I] fit son entrée dans la ville Je 4me de juin 1530. C'était la veille de la Féte-

Dieu et de la procession du Saint-Sacrement. Comme l'empereur detait assister à la procession a

‘ità aussi les princes luthériens :

œnscience. Comme les luthérions Seigneur dans l'eucharistie, on n'imagi kurs scrupules. La voici. Les onin:

$ Opinions religieuses d pendaient des caprices d’un moine, comme les évoluti

ks dépendent des caprices du vent, Or. :

ces âmes si timorées ? Voici le portrait

ur Jean de Saxe, un des dont le ventre chargé, dès le n, Pour ne pas tomber, d'être fou d’une religion qui avait e faire gras le vendredi et le al passait pour le plus abondamment garni

dérobés au réfectoire des C'était son fils Frédéric qui usait

!Bossuet, Variat., 1. 2, n, 45,

XXII

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D No EE EE

322 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517

son temps et sa santé à table ou à la chasse, et, comme son père, ioyeux convive, ami du vin et de la bonne chère, savait à peine son catéchisme. C'était le landgrave de Hesse, dont la paillardise était devenue proverbe, adultère effronté, qui, pour résister aux assauts de la chair, demanda et obtint plus tard la permission de couche avec deux femmes, et qui se faisait servir à table par des domestiques portant sur leurs manches brodées ces cinq lettres capitales : VD, M. I. Æ. Verbum Domini manet in æternum : la parole de Dieu sub. siste éternellement. C'était Wolfgang, prince d'Auhalt, d'une ignorance crasse, qui n'avait jamais su faire, dit-on, le signe de la croix, C'étaient Ernest et François de Lunebourg, qui, ne voulant pas laisser à leurs valets 1: ‘a pilier les églises, volaient de leurs mains les vases sacrés!. Ve; princes qui se firent un scrupuie de con. science d'assister à la ;.ucession du Saint-Sacrement, comme leurs ancêtres, mais non point à la messe solennelle.

A la procession, le Saint-Sacrement était porté par l’archevéque électeur de Mayence : à droite marchait le roi Ferdinand, à gauche l'électeur Joachim de Brandebourg. Derrière le dais, porté par six princes, on voyait l'empereur, un flambeau à la main, la tête nue, sans parasol, au milieu des ardeurs d’un soleil de juin. Venaient ensuite le légat du Pape, les électeurs ecclésiastiques et séculiers, les archevêques et évêques, les députés des villes impériales, les grands d’Espagne, les seigneurs italiens et flamands, et enfin la garde de l'empereur et du roi de Hongrie. Les assistants teñaient un flam. beau à la inain, marchant en silence, lentement, au bruit de trois cents cloches, et s’agenouillant sur toutes les places, pour recevoir h bénédiction du Seigneur trois fois saint, le Dieu des armées, dont la gloire remplit le ciel et la terre. L'univers catholique, ayant à « tête l’empereur de l’ancien monde, seigneur du nouveau, rendait son Dieu des hommages d’autant plus solennels, qu'il le voyai plus méconnu et plus outragé par l’hérésie.

Les protestants, faisant bande à part ou secte, apparurent comme la troupe des agents apostats, protestant contre l’unité et l’harmonie que Dieu avait établies dans l’Église du ciel, et commençant l'église de l'enfer, la synagogue de Satan, où il n’y a nul ordre, mais une éternelle horreur. Les anges apostats ou protestants prétendaientré

former l’Église du ciel ; les Chrétiens apostats ou protestants préten- RR

daient réformer l’Église de la terre. Les premiers ont formé la con fusion de l'idolâtrie, de l’hérésie et du schisme ; les seconds y aident comme manœuvres.

Audin, î. 2, p. 402.

à 1545 L'a tisme.

sociall La ( dès qu d'abor seurs ( la con!

de l'en daient Onlan Zwingl quoiqu' de foi à Mélar éloquen disciples avec SON confessic le 25 jui princes, el par les tres ville présence pie, ni m puis plus notables « Ceux d Soffrirent firent pas culière, qu C'était 1 distinction teur, un

v. LXXXIV. — De 5517

comme son père, , savait à peine son

la paillardise était résister aux assauts mission de coucher ar des domestiques es capitales : V.D, arole de Dieu sub.

uhalt, d'une igno-

e signe de la croix, À

1e voulant pas lais.

ient de leurs mains 1 scrupuie de conent, comme leurs

s par l’archevêque rdinand, à gauche lais, porté par six main, la tête nue, juin. Venaient enes et séculiers, les ériales, les grands enfin la garde de tenaient un flam.

, au bruit de trois 2, pour recevoir la des armées, dont olique, ayant à sa nouveau, rendait à s, qu'il le voyait

pparurent comme inité et l’harmonie mmençant l'église | ordre, mais une ts prétendaient ré rotestants prétenont formé la cor- >s seconds y aident

Ms autres,

41545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

L'anarchie sociale est Ja suite naturelle de ce do iisme. Car le protestantisme, c’est l'anarchie en religi sociale, c’est le protestantisme en politique,

La discordance des protestants d’Allema dès qu'il leur fallut confesser publiquement ] d'abord trois confessions de foi différente seurs du $ens littéral sur l'euc k confession de foi, appelée la confessi

sion d’Augsbourg. Quatre villes de l'empire, Strasbourg, Meming, L

daent le sens figuré, donnèrent la le On la nomma la confession de Stra

Lwingle, qui ne voulut Pas être mu

Nélanchton, en allemand Schwartzerd ou Terre-Noire, doquent et le plus poli, aussi bien

que le plus modéré de tous les disciples de Luther, dressa la confession d'Augsbourg de concert

princes, dont Philippe, landgrave de Hesse, dpar les villes de N uremberg et de Reut les villes étaient associées.

présence de l'empereur, et on Convint de n’ pie, ni manuscrite ni imprimée, que de son puis plusieurs éditions, tables différences 3 et Ceux de Strasbourg Soffrirent à la Souscrire, l'article de la cène. Is n’y frent pas reçus ; de sort s confession partiaulière, qui fut dressée par Bucer ou Corne de Vache. C'était un homme ass distinctions que les sch affinés ; agréable prédialeur, un peu pesant dans son style is il i

eLS'était marié comme » Plus que les autres, puisque, cond et à un troisième mariage, au Sacerdoce ceux qui avaient Celui-ci, prêtre et religieux, se t son nouveau ministère, C'était F8 parti, et on aimait à confondre par ces vances Superstitieuses de l’ancienne Église,

sa femme é Les saints

él mariés deux fois étant laïques.

uble protestanon ; et l’anarchie

baristie, présentèrent à Charles-Quint

324 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1h17

Il ne parait pas que Bucer ait rien concerté avec Zwingle : celui. ci, avec les Suisses, parlait franchement ; Bucer méditait des accommodements, et jamais homme ne fut plus fécond en équivoques. Cependant lui et les siens ne purent alors s'unir aux luthériens, et de la nouvelle réforme fit en Allemagne deux corps visiblement séparée NE par des confessions de foi différentes.

Après les avoir dressées, ces églises semblaient avoir pris leur dernière forme, et il était temps du moins alors de tenir ferme ; mais c'est ici, au contraire, que les variations se montrent plus grandes,

La confession d’Augsbourg est la plus considérable en toutes manières. Outre qu'elle fut présentée la première, souscrite par un plus grand corps et reçue avec plus de cérémonie, elle a encore été r'egardée comme une pièce commune de la nouvelle réforme. Comme l'empereur la fit réfuter par quelques théologiens catholiques, Mélanchton en tit l'apologie, qu’il étendit davantage un peu après, An reste, il ne faut pas regarder cette apologiecomme un ou vrage particulier, puisqu'elle fut représentée à l’empereur, au nom de tout le parti, par les mêmes qui lui présentèrent la confession d'Augsbourg, et que depuis les luthérient n’ont tenu aucune assemblée pour déclarer leur foi où ils n'aient fait marcher d’un pas égal la confession d'Augs. bourg et l'apologie 1.

Or, dans cette confession si solennelle, l’article sur la présence réelle dans l’eucharistie est couché de quatre manières différentes, suivant les quatre principales éditions. Ainsi l'on trouve ces mots dans le livre De la Concorde, publié par le parti luthérien : « L'article de la cène est ainsi enseigné par la parole de Dieu dans la confession d’Augsbourg : Que le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ sont vraiment présents, distribués et reçus dans la cène sous l’espèce du pain et du vin, et que l’on improuve ceux qui enseignent Je contraire. »

Maintenant, de ces quatre façons différentes, quelle est l’originale qui fut présentée à Charles-Quint ? Le protestant Hospinien soutient que c'est celle que nous venons de rapporter, parce que c'est celle qui paraît dans l'impression qui fut faite dès l’an 1530 à Wittembers, c'est-à-dire dans le siége du luthéranisme, où était la demeure de Luther et de Mélanchton. Il ajoute que ce qui fit changer l’artick, c'est qu’il favorisait trop ouvertement la transsubstantiation, puisqu'il marquait le corps et le sang véritablement reçus, non point avec là substance, mais sous les espèces du pain et du vin, qui est la mêu expression dont se servent les catholiques. Et c’est cela même qui

1 Bossuet, Variat., 1, 5, n. 1 et seu.

à 15 fait est ( par catk firer nent <inqi de fo peu toute honn trine tale, 1 nelle geané ver de nait l Théop pas seu trouve frmer le char il est n Quar passage faite, c tiation à même t Voilà pas, et.

foi une f nous do aussi im ‘Stants da que le co de Nicée, le concile Esprit, il ici, où il:

aintrodu Ils ne s’er

LXXXIV, = De bit

ec Zwingle : celui.

éditait des accomen équivoques,

aux luthériens, et isiblement séparée

voir pris leur der.

tenir ferme ; mais ent plus grandes able en toutes maiscrite par un plus e a encore été re.

réforme. Comme catholiques, M6.

un peu après. Ay n ouvrage particu.

1m de tout le parti, Augsbourg, et que pour déclarer leur onfession d'Augs-

e sur la présence À

iières différentes, 1 t'onve ces mots uthérien : « L'ar- Dieu dans la conng de Jésus-Christ cène sous l’espèce qui enseignent le

elle est l’originale lospinien soutient rce que c'est celle 30 à Wittembers, it la demeure de changer l’artick, ntiation, puisqu'il non point avec là qui est la même t cela même qui

11516 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

fait croire que c’est ainsi que l’article à été réd

igé d’abord, puisqu'il

aussi bien que par Chytré et par C :lestin dans leur histoire de la confession d'Augsbourg, que les

en sibon chemin : incontinent après la confession d'Augsbourg, ils donnèrent à l'empereur une cinquième explication de la cène, dans l'apologie de leur confession de foi qu’ils firent faire par Mélanchton. Encore que cet auteur soit peu favorable, même dans ce livre, au changement de substance, toutefois il ne trouve Pas ce senti

ment si mauvais qu’il ne cite avec honneur des autorités qui l’établissent ‘car, voulant prouver la doctrine de la présence Corporeile par le sentiment de l'Église orientale, il a!lègue le canon

neltement, dit-il, geané le pain ou par le changement du Pain. Bi

pts seulement une figure, mais qu'il est vraiment changé en chair, I se trouve, par ce Moyen, que de trois autorités qu'il apporte pour con-

ÿ en a deux qui établissent eux choses se suivent et tant

nous donnèrent d'abord en cinq ou six façons différentes un article 4USSI Important que celui de l’euchar

326 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517

les confessions de foi qu’il fallut depuis ajouter à celle d'Augsbourgt, Les défenseurs du sens figuré ou les sacramentaires, comme on peut le voir en détail dans l'Aistoire des Variations des églises pro.

n'ê testantes, par Bossuet, n’ont pas moins varié que les luthériens dans me leurs confessions de foi. Bucer, l'architecte de ces confessions, ne qu s’exprimait qu’en termes vagues, ambigus, équivoques, qu'on pou- ten ve’’ prendre dans un sens et dans un autre. Cette ambiguïté étai pap tuile que, des quatre villes qui y voyaient d’abord le sens de la fi. { gure, trois d’entre elles, à savoir, Strasbourg, Meming et Lindau, y de! prirent peu après le sens de la présence réelle. part

Zwingle y allait plus franchement. Dans la confession de foi qu'il tou envoya à Augsbourg, et qui fut approuvée de tous les protestants nous suisses, il expliquait nettement « que le corps de Jésus-Christ, depuis M st nc son ascension, n’était plus que dans le ciel e4 ne pouvait être autre justi part ; qu'à la vérité, il était comme présent dans la cène par la con. DE part templation de la foi, et non pas réellement ni par son essence 2. » vaien

Tel était donc le premier état de la dispute sacramentaire : d'in qu'er côté, une présence en signe et par foi ; de l’autre, une présence réell très et substantielle ; et voilà ce qui séparait les sacramentaires d'avec les D côté, catholiques et les luthériens. bapté

La question de la justification, ‘où celle du libre arbitre était ren. D terme fermée, paraissait d’une autre importance aux protestants ; c'est autre pourquoi, dans l'apologie, ils demandent par deux fois à l'empereur gratui une attention particulière sur cette matière, comme étant la plus im- puis portante de tout l'Évangile et celle aussi où ils ont le plus travaillé & là con Mais, dit Bossuet, j'espère qu'on verra bientôt qu’ils ont travaillée 1 cha vain, pour ne rien dire de plus, et qu'il y a plus de malentendu que Pou de véritables difficultés dans cette dispute. baptêm

Et d’abord il faut mettre hors de cette dispute la question du lib voici u arbitre. Luther.était revenu des excès qui lui faisaient dire que hi mettre prescience de Dieu mettait le libre arbitre en poudre dans toutes ls2 10e, p. créatures, et il avait consenti qu'on mit cet article, le dix-huitième RS messes dans la confession d’Augsbourg : « Qu'il faut reconnaître le libre ar. comme bitre dans tous les hommes qui ont l'usage de la raison, non pourla express choses de Dieu, que l’on ne peut commencer ou du moins achewr paroles sans lui, mais seulement pour les œuvres de la vie présente et pou lades : les devoirs de la société civile. » Voilà donc déjà deux vérités quil estime souffrent aucune contestation : l’une, qu'il y,a un libre arbitre, d en dout. l'autre, qu'il ne peut rien de lui-même dans les œuvres vraimer réconna chrétiennes. telles; «

1 Bossuet, Variat., 1. 3, R. 9 et 10. — * Hospin., 1530, n. 101 et segq. 1 Bossuc

à celle d'Augsbourgt, mentaires, comme on ations des églises pro. ue les luthériens dans e ces confessions, ne aivoques, qu’on pou- Cette ambiguïté était bord' le sens de la fl.

Meming et Lindau, y

onfession de foi qu'il e tous les protestants : Jésus-Christ, depuis ne pouvait être autre is la cène par la con.

Jar son essence 2, »

sacramentaire : d’un e, une présence réelle ‘amentaires d'avec les

ibre arbitre était ren.

ix protestants ; ct leux fois à l’empereur nme étant la plus im

ont le plus travaillé,

qu’ils ont travaillé en s de malentendu que

e la question du libre faisaient dire que k oudre dans toutes le cle, le dix-huitième, connaître le libre ar.

| raison, non pour là ou du moins achever , vie présente et pour à deux vérités qui ne à un libre arbitre, « les œuvres vraimen

n. i0i et seqq.

[Liv. LXXXIV, — De 1517

41615 de l'ête cbr.) DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 327

L'article suivant expliquait que {a volonté des méchants était La cause du péché, et, encore qu’on ne dit pas assez nettement que Dieu n'en est pas l’auteur, on l'insinuait toutefois, contre les premières maximes de Luther, Comme Luther approuvait cet article, aussi bien que les autres de la Confession d'Augsbourg, il condamnait implicitement ses propres blasphèmes, et justifiait la condamnation que le pape Léon X en avait faite dix ans auparavant,

Ce qu'il y avait de de la grâce chrétienne, dans la confession d'Augsbourg, c’est que partout on y supposait dans l'Église catholique des erreurs qu’elle a toujours détestées, et même des erreurs opposées : par exemple, que sous attribuons la rémission de nos péchés à nos propres mérites, etnon à la grâce de Dieu ; et qu’en même temps n

me parmi nous, et l'un et l’autre sont

ne, puisque le concile de Trente, d’un côté, est tout plein des bons sentiments par où i

baptême, à la pénitence et à Ja Communion, dé

Pour le nombre des Sactements, l'apologie nous enseigne que Le

NE trois véritables sacrements. En voici un quatrième, puisque, « il ne faut point faire de difficulté de € Prenant pour le ministère de la paé de Dieu, et qu'il a de grandes proet l'extrême-onction sont marquées des Pères, mais qui n'ont pas une

Je ne sais donc ce que veulent dire ces paroles de l’épitre de saint Jacques en parlant de l'onction des mahdes : S'il est en Péché, il lui sera remis

messes, mais tempochose temporelle que d'élever dans tBossuet, }

‘ariat 1.8, n.21 el 22, — ? Aologie, p. 200 et scqq.

328 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 1517

l'Église les enfans de Dieu, et se sauver en les engendrant de là sorte 1; ou que ce ne fût pas un des fruits du mariage chrétien de faire que les enfants qui en sortent fussent nommés saints comme étant destinés à la sainteté 2,

Mais, au fond, l'apologie ne parait pas s'opposer beaucoup à notre doctrine sur le nombre des sacrements, « pourvu, dit-elle, qu'on re. jette ce sentiment qui domine dans tout le règne pontifical, que es sacrements opèrent la grâce sans aucun bon mouvement de celui qui les reçoit. » Car on ne se lasse point de nous faire cet injuste reproche. C’est là qu’on met le nœud de la question, c’est-à-dire qu'il n’y resterait presque plus de difficulté sans les fausses idées de nos adversaires.

Luther s'était expliqué contre les vœux monastiques d’une mnière terrible, jusqu'à dire de celui de la continence, qu’il était aussi peu possible de l'accomplir que de se dépouiller de son sexe, Tout s’adoucit dans l'apologie, puisque non-seulement saint Antoine et saint Bernard, mais encore saint Dominique et saint François y sont nommés parmi les saints ; et tout ce qu'on demande à leurs disciples, c'est qu'ils recherchent, à leur exemple, la rémission de léurs péchés dans la bonté gratuite de Dieu : à quoi l'Église a trop bien pourvu pour appréhender sur ce sujet aucun reproche.

Cet endroit de l'apologie est remarquable, puisqu'on y met parmi les saints ceux des derniers temps, et qu’ainsi on reconnaît pour la vraie Église. celie qui les a portés dans son sein. Luther n’a pu refuser à ces grands hommes ce glorieux titre. Partout il compte parmi les saints, non-seulement saint Bernard, mais encore saint Françoiset saint Bonaventure, et les autres du treizième siècle. Saint François, entre tous les autres, lui paraît un homme admirable, animé d'une merveilleuse ferveur d'esprit. Il pousse ses louanges jusqu'à Gerson, lui qui avait condamné Wiclef et Jean Hus dans le concile de Con. Stance, et il l'appelle un homme grand en tout : ainsi l'Église romaine était, encore la mère des saints dans le quinzième siècle,

Dans la confession d'Augsbourg et dans l’apologie, l’article même de la messe passe si doucement, qu’à peine s’aperçoit-on que ls protestants y aient voulu apporter du changement. Ils commencant par se plaindre « du reproche injuste qu'on leur fait d’avoir aboli messe. On la célèbre, disent-ils, parmi nous avec une extrême révé rence, et on y conserve presque toutes les cérémonies ordinaires. » En effet, en 1593, lorsque Luther réforma la messe et en dressa formule, il ne changea presque rien de ce qui frappait les yeux du

11 Tim, 2,15. — 21 Cor., 7, 14.

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