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394 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 151
monte annuellement à deux cent millions de francs, sans y comprendre quarante millions pour les veuves et les orphelins du clergé pauvre. Les évêques anglicans étant mariés, au lieu de faire des aumônes, réservent les meilleurs bénéfices pour leurs fils et leurs gendres : Cobbet cite même la femme de l'évêque anglican de Win. chester, qui, de son temps, pour bénéficier elle-même au profit du ménage, vendait de la petite bière à une des extrémités du palais épiscopal. Les simples curés et vicaires, ayant femmes et enfants, au lieu de faire l'aumône, sont réduits à la demander, et, à Jeur mort, augmentent le nombre des pauvres par leurs veuves et leurs orphelins. Cette augmentation de pauvres devient si effrayante, que tous les politiques anglais se tourmentent l'esprit pour y trouver un remède. Un ministre anglican, prêtre marié, Malthus, n'y a trouvé que le suivant : c’est d'obliger au célibat, non pas les évêques, les prêtres, les diacres et les sous-diacres, qui y sont obligés par les lois de l’Église, mais les pauvres qu'aucune loi n'y oblige, et qu'un clergé célibataire nourrirait de son superflu. Telle est la situation intérieure que la réforme ou l’apostasie a faite à l'Angleterre.
Mais voyons un peu le ménage du fondateur et premier pape de l'église anglicane. Henri VIIT s'était marié avec Anne de Boulen, avant même d’avoir divorcé avec Catherine d'Aragon. Huit mois après son mariage, la papesse Anne de Boulen mit au monde une fille, qui fut depuis la reine Élisabeth ; le roi-pape, qui désirait un fils, fut mécontent de cette naissance, et ne le cacha pas à la mère, Toutefois, trois années s’écoulèrent encore pendant lesquelles les époux continuèrent à vivre en paix. Cependant Anne de Boulen avait le plus grand besoin d’être l’objet constant de la vigilance maritale; ses manières libres, pour ne pas dire dissolues, si différentes de celles de la vertueuse reine qui avaient été pendant de longues années l’orgueil et le modèle de la cour et de la nation, scandalisaient les personnes sensées, excitaient les railleries et faisaient jaser. Mais son mari, le pape anglican, était occupé à refaire une nouvelle religion, à composer de nouveaux articles de foi, de nouveaux règlements ; il employait en outre ses loisirs à faire décapiter, pendre ou écurteler les hommes les plus recommandables de sou royaurne; à piller, çonfisquer, dévaster les monastères et les hôpiteux : { n'avait donc réellement presque pas de temps à perdre en querelles domestiques.
La reine Catherine mourut au mois de janvier 4536. Cette princesse infortunée avait été hannie d’une cour dont-elle avait été si Jongtemps l’ornement ; elle avait vu son mariage annulé par Cran- ‘er, et sa fille, le seul de ses enfants qui eût survécu, déclarée illétite par acte du parlement. Le roi, auquel elle avait donné cinq
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assist des c confir Le ro l'on e le len Ja To là par Anne avait ] Sa « àse re gneurs par su coupal | pour d formal:
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iv, LXXXIV, — De 1511
'ancs, Sans y comorphelins du clergé ieu de faire des auirs fils et leurs gen- > anglican de Win- -même au profit du xtrémités du palais femmes et enfants, amander, et, à leur urs veuves et leurs it si effrayante, que t pour y trouver un Ithus, n’y a trouvé as les évêques, les : obligés par les lois lige, et qu’un clergé situation intérieure re.
et premier pape de c Anne de Boulen, Aragon. Auit mois mit au monde une pe, qui désirait un acha pas à la mère, dant lesquelles les nne de Boulen avait vigilance maritale; différentes de celles de longues années , Scandalisaient les ient jaser. Mais son e nouvelle religion, eaux règlements ; il pendre ou écarteler aurne ; à piller, con- \ n'avait donc réelles domestiques.
r 1536. Cette prinnt-elle avait été si e annulé par Cranvécu, déclarée illée avait donné cinq
à 1545 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 395
enfants, avait eu la barbarie de la retenir loin de sa famille, et de ne pas lui permettre de la voir depuis son bannissement de la cour, Catherine mourut comme elle avait vécu, chérie et révérée par tout ce qu'il y avait de bon et d’honnête dans le royaume, On l'enterra dans l'église de Peterboroug, au milieu des Sanglots et des larmes d'une foule immense qui était accourue assister à ses funérailles. Henri, dont le cœur d'airain \vait été atlendri, à ce qu'il Parait, par la lettre touchante qu’elle lui avait adressée de son lit de mort, ordonna aux personnes qui l’entouraient de porter le deuil le jour de son enterrement. Anne de Boulen, au contraire, affecta ce jour-là de se parer de ses vêtements les plus élégants et les plus somptueux, et s'écria, dans l'excès de sa joie, qu'enfin elle était réellement reine d'Angleterre. La malheureuse ne se doutait pas alors qu'elle ne survivrait à Catherine que de trois mois et seize jours! Mais celle-ci était morte dans son lit, vivement regrettée de toutes les âmes droites ; tandis qu’elle périt sur un échafaud, sous la triple accusation de trahison, d'adultère et d'incesle, et en vertu d’un arrêt signé de la main de son propre mari.
À un tournoi donné à Greenwich au mois de mai 1336, et où elle assistait avec le roi, Anne fit par mégarde un signe d'affection à un des combattants, qui était son amant. Cette distraction suflit pour confirmer dans l'esprit de Henri des SOUpÇons qu'il avait déjà conçus. Le roi, sans perdre de temps, part pour Westminster, ordonne que l'on enferme le soir même sa femme à Greenwich, et qu'on la ramène ke lendemain à la Tour. Le jour suivant, un ordre de la conduire à la Tour survint chemin faisant ; et comme par une juste punition de k part si active qu’elle avait prise aux malheurs de la feue reine, Anne de Boulen fut emprisonnée dans l'appartement même où elle avait passé la nuit qui avait précédé son couronnement.
Sa conduite alors fut loin d’être celle d’une femme qui n'avait rien àse reprocher. Accusée d'adultère, de complicité avec quatre seigreurs de la maison du roi, d’inceste commis avec son frère, et, par suite, de haute trahison, tous ses complices furent déclarés coupables et mis à mort; et elle ne vit retarder son supplice que
| pour donner le temps à l'archevêque Cranmer de remplir une petite
formalité que l’on jugea nécessaire dans cette occasion. Henri lui ordonna de rassembler de nouveau le tribunal dont nous avons déjà parlé, pour prononcer son divorce d'avec Anne ; et le même qui, lrois ans auparavant, avait déclaré légal le mariage du roi avec Anne, qui l'avait validé en vertu de l'autorité qu'il avait reçue du successeur des apôtres, ne rougit pas de se mettre en contradiction manifeste
avec lui-même, et ne balança pas de l’annuler.
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396 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXXIV. — De 1517
Cranmer somma le roi et la reine de comparaître devant son ri. wi bunal. Cette sommation portait que leur mariage avait été é/Jégal, de. qu'ils avaient vécu dans l’adultère, et que, pour le salut de leurs âmes, de ils eussent à paraître et exposer à la cour les motifs qu’ils pourraient hu alléguer pour ne pas être séparés. (Notez bien qu’ils allaient l'être : don car ceci se passait ledix-sept mai, et Anne, condamnée le quinze, devait Li. être exécutée le dix-neuf.) Ils obéirent à cette sommation, et se fi- trou rent représenter l'un et l’autre par procureurs. Cranmer, pour cou- ls1 ronner cette scène d’impiété, ne craignit point de déclarer, au nom  du Christ pour l'honneur de Dieu, que le mariage était et avait tou- p°8 jours été nul et non avenu. On déclara illégitime l'enfant né de ue l'union de Henri VIIT avec Anne de Boulen. Cette sentence fut rendue plus par l’homme qui avait prononcé la validité du mariage de sa mère, dire et qui avait même engagé le roi à le contracter. dd
Anne fut décapitée le dix-neuf dans la Tour : on déposa son corps À . dans un cercueil d’ormeau et on l’enterra dans le même endroit. IS Quand l’heure de son exécution fut arrivée, elle ne protesta point de du Le son innocence ; il y a donc lieu de croire qu’elle se reconnaissait cou- 1h dal pable de quelques-uns des délits qu’on lui imputait. Cependant, si, Î oi comme le disait son jugement, son mariage avec le roi avait toujours gi été nul et non avenu, en se livrant à d’autres hommes, elle n'avait, y onde par suite, jamais pu se rendre coupable de trahison. On la condamna refuse le quinze, comme épouse du roi ; le dix-sept, on déclara qu’elle ne ns l'a jamais été ; et le dix-neuf, elle a été exécutée pour avoir été inf gran dèle. Quelle contradiction ! On assure que la veille de sa mort elle du sat pria la femme du lieutenant de la Tour d’aller trouver la princesse & °° o Marie, et de la supplier de lui pardonner les torts qu’elle avait eus MR (‘POS envers elle. L’infortunée en avait aussi de bien grands envers d’au- hautes tres personnes. C'était elle qui avait causé la mort de la reine Cathe- Res
ï rine, qui avait fait verser le sang de Fisher et de Morus, qui avait fs
& protégé Cranmer auprès du roi et l’avait aidé dans toutes ses machi- na
se nations. Pour montrer le peu de cas qu'il faisait d’elle, et peut-être ne
i en punition de la conduite qu’elle avait tenue le jour des funé- *e 2 railles de la reine Catherine, Henri s’habilla de blanc le jour de son je
exécution, et célébra le lendemain ses noces avec Jeanne Seymour! L nt
En 1537, la nouvelle reine lui donna un fils qui régna dans la suite See | sous le nom d’Édouard VI. Sa mère perdit la vie en lui donnant le ne jour. Se voyant un fils pour successeur, Henri fit passer dans son à
parlement une loi qui déclarait C'abord illégitimes ses deux filles, rbel
Marie et Élisabeth, et ensuite que, dans le cas où le roi décéderai Las He
1 Hist. de la Ref. d'Angl., lettre 2. méme P
Liv. LXXXIV. — De 1517
aître devant son #rige avait été illégal, e salut de leurs âmes, tifs qu’ils pourraient qu'ils allaient l'être ; née le quinze, devait sommation, et se fi- Cranmer, pour coude déclarer, au nom se était et avait tou-
ime l'enfant né de |
> sentence fut rendue mariage de sa mère,
on déposa son corps À S le même endroit > ne protesta point de se reconnaissait couutait. Cependant, si, le roi avait toujours ommes, elle n'avait, son. On la condamna on déclara qu’elle ne > pour avoir été infiille de sa mort elle trouver la princesse rts qu’elle avait eus grands envers d’aurt de la reine Cathede Morus, qui avait ns toutes ses machid'elle, et peut-être > le jour des funéblanc le jour de son c Jeanne Seymour!, i régna dans la suite ie en lui donnant le fit passer dans son à mes ses deux filles, ù le roi décéderait
même possible de faire le procès de la comtesse, On demanda alors
41515 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 397
sans héritier légitime, il pourrait disposer de Ja couronne en faveur de qui bon lui semblerait ; et ce, par simples lettres Patentes ou acte A de dernière volonté. Peu de temps après, et comme pour combler
k mesure de la tyrannie, il fit rendre une loi par laquelle il fut or-
donné que, sauf le cas de droit privé, les ordonnances royales auraient
la méme force que les actes du parlement. Les lois de la justice se trouvèrent done, conclut Cobbet, à la discrétion d'un homme qui ne ks regardait que comme de vains mots.
Avant ce règne de sang, dit le même historien, on comptait à peine en Angleterre trois criminels par comté jugés aux assises annuelles, et à cette époque :i y eut pendant un moment jusqu’à plus de soixante mille personnes emprisonnées à la fois. Pour tout dire en un mot, la cour de Henri n’était qu'une véritable boucherie de chairhumaine,
« Le détail de tous ces massacres révolterait mes lecteurs, ajoutetil; je ne saurais cependant Passer sous silence le meurtre de la mère du cardinal Polus et de ses autres parents. Dans sa jeunesse, le cardinal avait joui de la plus grande faveur auprès du monarque ; il
avait même étudié et voyagé aux frais du trésor royal. Mais quand l'affaire du divorce vint sur le tapis, il désapprouva hautement la y conduite du roi; et celui-ci eut beau le rappeler en Angleterre, il refusa d'obtempérer. C'était un homme aussi distingué par ses lumières que par ses talents et ses vertus, et ses opinions avaient un grand poids en Angleterre. Sa mère, la comtesse de Salisbury, issue du sang royal des Plantagenets, était le dernier rejeton de cette lonque dynastie des rois anglais. Le cardinal, que le Pape avait élevé à œ poste éminent dans l'Église à cause de son grand savoir et de ses hautes vertus, se trouvait donc de la sorte être par sa mère le proche parent de Henri VIII : son Opposition au divorce projeté par ce momarque suflit pour exciter au plus haut degré le désir de la vengeance dns son cœur. Toutes les ruses et tous les artifices furent mis en œuvre pour s'emparer de sa personne ; mais on eut beau prodiguer lor, on ne put y parvenir, et Henri résolut alors de faire retomber k poids de sa colère sur les parents du vénérable prélat.
Thomas Cromwell commença par accuser la mère d’avoir engagé “8 fenanciers à ne pas Lire La nouvelle traduction de la Bible, et d'aloir reçu des bulles de Rome, que le dénonciateur prétendait avoir trouvées dans le château de la comiesse, au comté de Sussex. Il produisit encore une bannière qui, disait-il, avait servi à des bandes de rebelles dans le Nord, et qui avait également été trouvée chez elle. Ces divers chefs d'accusation étaient si absurdes, qu'il ne fut pas
A mp res — ee
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aux juges si le parlement ne pourrait pas la convaincre, c’est-à-dire la condamner sans l'entendre ; et ils déclarèrent que, pour ce qui les regardait, ils ne pourraient jamais agir ainsi, et que le parlement n'y consentirait sans doute pas. On leur demanda ensuite si cette action serait valide aux yeux de la loi, en cas que i‘ parlement consentit à s’y prêter, et ils répondirent affirmativement. {en fut assez, et l'on proposa aussitôt un bill en vertu duquel la comtesse de Salisbury, la marquise d'Exeter et deux seigneurs parents du cardinal furent condamnés à mort. Ces deux derniers furent effectivement exécutés ; mais la marquise obtint sa grâce.
Quant à la comtesse, on la renferma dans une prison où eile fut gardée en otage pour la conduite que tiendrait son fils. Cependant tyrannie du roi ayant au bout de quelques mois excité une insurrection, on l’attribua aux machinations du cardinal, et sa malheureuse mère alla expier sur l'échafaud le crime qu’on imputait à son fil. Quoique âgée de plus de soixante-dix ans et courbée sous le poids du malheur plutôt que sous celui de la vieillesse, elle soutint jusqu'a dernier moment la noblesse de sa naissance et de son caractère. Quand le bourreau lui ordonna de pencher la tête sur le billot : « Non, dit-elle, jamais ma tête ne fléchira devant la tyrannie : si tu la veux, tâche de l’abattre comme tu pourras. » A ces mots, le bourreau lui asséna un violent coup de hache, qui toutefois manqua son effet, La malheureuse comtesse, égarée par la douleur, ses longs cheveux blancs flottants sur ses épaules, se mit à courir autour de l’échafaud: mais le bourreau la poursuivit, et ne fit sauter sa tête qu'après l'avoir frappée de sa hache à plusieurs reprises. Quelle horrible scène ! sé. crie le protestant Cobbet. Tout Anglais doit rougir en réfléchissant qu’elle se passa dans son pays !.
Après la mort de Jeanne Seymour, qui fut mère d'Édouard VI, et la seule de toutes les femmes de Henri VIIT qui eut assez d'esprit ou de bonheur pour mourir reine et expirer dans son lit, le roi-pape resta deux années entières à chercher une autre compagne. Il parvint, en l’année 1539, à se faire accorder Anne, sœur de l’électeur de Clèves. Lorsque cette princesse arrive en Angleterre, le roi ne se gêne point pour exprimer combien elle lui déplaisait ; mais en attendant, il crut toujours prudent de épouser, sauf à divorcer ensuite d'avec elle ; ce qui arriva effectivement en 1540, après six ou sept mois de mariage, sans qu’il osât toutefois envoyer celle-ci à l’échafand. Le roi n’aime pas sa femme, il ne la trouve point assez belle, voilà le seul prétexte allégué pour autoriser ce scandaleux divorce. Cranmer, qui
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV.— De 1517
1 Cobbet, Hit, de la Réf, d'Argl., lettre 4.
Cr avaie dire & brigai rang charg à cett tous, ( so p jour, i accus a les acc inventi vain :
Dan, noces,
piller | dont il ter la f enseigr articles lique, € par Jés avec la | pouvait nitence
1 Burne
Liv. LXXXIV.— De 1517
vaincre, c’est-à-dire que, pour ce qui les que le parlement n'y nsuite si cette action rlement consentit à en fut assez, et l'on sse de Salisbury, la cardinal furent conment exécutés ; mais
e prison où eile fut n fils. Cependant la excité une insurrec-
|, et sa malheureuse !
imputait à son fils.
‘bée sous le poids du Ile soutint jusqu'au t de son caractère.
sur le billot : «Non, innie : si tu la veux, ots, le bourreau lui anqua son effet, La
ses longs cheveux itour de l’échafaud:
tête qu'après l’avoir horrible scène ! s'é.
gir en réfléchissant
nère d'Édouard VI.
ui eut assez d'esprit son lit, le roi-pape > compagne. Il parœur de l'électeur de re, le roi ne se gêne
mais en attendant, orcer ensuite d'avec six ou sept mois de ci à l’échafand. Le ez belle, voilà le seul jorce. Cranmer, qui
æ *'efusa pas non plus cette fois à briser ses
11545 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
[avait déjà aidé son maître à divorcer
d'avec deux de ses femmes, ne nouvelles chaînes, et le Henri avait déjà en vue de Norfolk, et que l’on
roi et la reine redevinrent /ibres Par ses soins. une fort jolie femme, qui était la nièce du duc ippelait Catherine Howard.
Le duc de Norfolk, ainsi Que la plus grande partie des de l’ancienne nobiesse, portait une haine mortelle à Cromwell ; il saisit donc avidement l'occasion de se venger. C'était Cromwell qui avait négocié le mariage de son maître avec Anne de Clèves, et il était à présumer, observe Cobbet, que ses talents pour le brigandage n’6: hnt plus nécessaires, le tyran trouverait assez commode de se débarasser d’un homme qui, par ses emplois nombreux et lucratifs, ainsi
que par le pillage des églises et la Spoliation du bien des Pauvres, était parvenu à ramasser une fortune immense.
Cromwell s'était adjugé une trentaine de t avaient autrefois appartenu aux monastè
ans la matinée du 10 Juin 1540, es, et dans la soirée du même d’un cachot, sous le poids d’une
parlement lui appliqua sa propre € roi pour sauver sa vie, mais en
était occupé à célébrer des voler les églises et les monastères,
Comme saint Thomas de Cantorbéry, dont il fit jeter les cendres au vent, il s’occupait encore à réglemen-
ter la foi des Anglais, prescrivant aux pasteurs ce qu’ils avaient à enseigner, et aux fidèles ce qu'ils avaient à croire. Voici, dans des aticles qu'il dressa lui-même, la confirmation de la doctrine catholque. On y trouve l'absolution du prêtre, comme «une chose instituée par Jésus-Christ, et aussi bonne que si Dieu la donnait lui-même, âvec la confession de ses péchés à un prêtre, nécessaire quand on la pouvait fairet, » On établit sur ce fondement les trois actes de la pénitence divinement instituée, la contrition et la confession en termes
! Burnet, t, 1, 1, 3, p. 292.
400 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517
formels, et la satisfaction, sous le nom de dignes fruits de la repen. tance, qu’on est obligé de porter, « encore qu'il soit véritable que Dieu pardonne les péchés dans la seule vue de la satisfaction de Jé. sus-Christ, et non à cause de nos mérites. » Voilà toute la substance de la doctrine catholique.
Dans le sacrement de l’autel, on reconnaît le même corps du Sauveur conçu de la Vierge, comme donné en sa propre substance sous Les enveloppes, ou, comme porte l'original anglais, sous la forme e
figure du pain; ce qui marque très-précisément la présence réelle du !
corps, et donne à entendre, selon le langage usité, qu’il ne reste du pain que les espèces.
Les images étaient retenues avec la liberté tout entière « de leur faire fumer de l’encens, de ployer le genou devant elles, de leur
faire des offrandes et de leur rendre du respect, en considérant ces
hommages comme un honneur relatif qui allait à Dieu et non à l'image ?. » Ce n’était pas seulement approuver en général l’honneur des images, mais encore approuver en particulier ce que ce culte avait de plus fort. On ordonnait d'annoncer au peuple qu'il était bon de prier les saints, de prier pour les fidèles, sans néanmoins espérer d’en obtenir les choses que Dieu seul pouvait donner.
On approuve expressément les cérémonies de l’eau bénite, du pain bénit, de la bénédiction des fonts baptismaux et des exorcismes dans le baptême; celle de donner des cendres au commencement du carême, ceile de porter des rameaux le jour de Pâques fleuri, celle de se prosterner devant la croix et de la baiser pour célébrer La mémoire de la passion de Jésus-Christ ? : toutes ces cérémonies étaient regar-
dées comme une espèce de langage mystérieux, qui rappelait en
notre mémoire les bienfaits de Dieu, et excitait l’âme à s'élever au ciel, qui est aussi la même idée qu’en ont tous les catholiques. La coutume de prier pour les morts est autorisée, comme ayant
un fondement certain dans le livre des Machabées, et comme ayant
été reçue dès le commencement de l’Église : tont est approuvé, jusqu'à l’usage de faire dire des messes pour la délivrance des âmes des tré. passés, par où on reconnaissait dans la messe ce qui faisait l’aversion de la nouvelle réforme, c’est-à-dire cette vertu par lagnelle, indé. pendamment de la communion, elle profitait à ceux pour quionk disait, puisque, sans doute, ces âmes ne communiaient pas.
Le roi disait, à chacun de ces articles, qu’il ordonnait aux évêques de les annoncer au peuple dont il leur avait commis La conduite : langage jusqu’alors fort inconnu dans l'Église. A la vérité, quand il
1 Burnet, t. 1,1. 3, p. 296. — ? Ibid,, p. 298,
déci les j décic néral Vo n'eût dont
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Av. LXXXIV. — De 1517
8 fruits de la repen.
| soit véritable que © a satisfaction de Jé.
à toute la substance
41515 de l'ère chr] DE
L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 01 décida ces points de foi, i Ï
les juges entendent des e décidait. Tous les évêqu néral, et Cranmer, arche
Voilà les articles de foi eût pas tout mis, et qu’ dont il n’avait fait aucune ion, l'ordre et le mari LEUR dangea rien, non tres points de notre foi; mais [i EN givoulut en particuli i
ce qu'il y avait dors de plus Cuutroversé, afin de ne laisser aucun doute de sa persétrance dans l’ancienne foi.
vêque de Cantorbéry,
même corps du Sau-
re substance sous Les Is, sous la forme et la présence réelle du té, qu'il ne reste du
Güatre Sacrements n, l'extrême onc-
ut entière « de leur evant elles, de leur , en considérant ces | ait à Dieu et non À * en général l’honarticulier ce que ce cer au peuple qu'il les, sans néanmoins uvait donner.
l’eau bénite, du pain des exorcismes dans nmencement du caques fleuri, celle de célébrer la mémoire ionies étaient regar- 1x, qui rappelait en Æ l’âme à s'élever au s catholiques.
risée, comme ayant es, et comme ayant} t est approuvé, jusance des âmes des tré.
qui faisait l'aversion \ par laquelle, indé.
eux pour quionl niaient pas.
lonnait aux évêques nis la conduite : lanla vérité, quand il
SLT
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D rem ru ans
» le célibat des prêtres, avec la pe 4: mort contre c Ï l
Condamnait à mort les prêtr a franchise.
Quelque temps après, les Prélats dressèrent une
à, on déclare
: celui de la u prêtre; la confession nécessaire; la
ir la vie éternelle; la prière reste de la doctrine catholi verain Pontife 4.
l'était comme Cor Moïse, excepté le
es pour obte..
et, en un mot, tout de la primauté du 6, Dathan et Abiron, qui recevaient toute la loi
Souverain pontificat d’Auron ; ou comme le pé-
Pour les morts ; que, à la réserve
B'Burnet, 4. Î, l 3: 308. | Ibid., P. 391, ps +: Ibid., {, 1, 1, 8 P. 897, —— ITA Variat., 1, 7, XXII,
402 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517
ché de Jéroboam, fils de Nabat, qui fit pécher tout Israël, en les dé. H
tachant du successeur d'Aaron et du ternple de Jérusalem, et en se ter
faisant lui-même le grand prêtre de son nouveau culte. Le nouveau OU Jéroboam, ayant ainsi fabriqué sa religion nouvelle, punissait qui. # ther
conque ne s’y soumettait pas : les catholiques qui ne voulaient pas À conv
le reconnaître pour chef suprême de l’Église étaient pendus et écar- Jusq
telés comme traîtres; les protestants qui refusaient d'admettre leme quelqu'un de ses dogmes parlementaires étaient brûlés comme hé. % rétiques !. Cependant il y eut aussi des catholiques livrés aux flam- 4 rai ' mes. Ainsi frère de Foresta, de l’étroite observance, qui avait été 4 vait I # confesseur de la reine Catherine, et avait écrit contre la suprématie 4 il E FA royale, fut suspendu par le milieu du corps et brûlé à petit feu, avec Æ ; 1; re le bois d’une croix célèbre qu’on avait apportée du pays de Galles à et di : Londres ?. st On n'épargna pas même les morts. Ainsi, le vingt-quatre avril peine
1538, saint Thomas de Cantorbéry, mort depuis deux siècles et demi, | plusie
fut cité formellement à comparaître devant la cour du roi, comme quems
accusé de haute trahison. On laissa écouler le délai de trente jours, @Ù ont €
accordé par les lois canoniques. Le saint ne comparaissait point, il papess
allait être condamné par défaut, lorsque le roi, de sa grâce spéciale, À hit je
lui nomma un conseil. La cour siégea à Westminster le onzième de Æ Je Jo
juin : l’avocat général et l’avocat de l’accusé furent entendus, etune “d sentence fut finalement prononcée le onze août, qui déclarait Tho- Dans
mas, jadis évêque de Cantorbéry, coupable de rébellion, d’obstina- Æ ane
tion et de trahison; qui ordonnait de brüler publiquement ses lle, q reliques, et confisquait, au profit de sa majesté, les propriétés per- M rentai sonnelles du prétendu saint, c’est-à-dire toutes les offrandes faites En ane
à son tombeau. On nomma, en conséquence, une commission. La x son sentence fut exécutée en due forme. On transporta au trésor de ut. ca
. majesté l'or, l'argent, les joyaux dont on dépouilla le tombeau, tisse qui remplissaient deux coffres très-pesants. Bientôt après, il y eut@4 sa vi
ordre à tous les Anglais de ne plus croire ni appeler saint ledit Tho- By eut pa:
mas de Cantorbéry, de détruire toutes les images et peintures quikRS Ainsir
représentaient, d’abolir les fêtes en.son honneur, et d'effacer detous les livres son nom et sa mémoire, sous peine d’encourir l’indignation de sa majesté et l’emprisonnement selon son bon plaisir 5. Restait à envoyer un huissier notifier la sentence en paradis, et en faire dé-it trou guerpir le ci-devant saint et martyr : il ne parait pas qu'on ait rempli cette formalité.
4 Lingard, t. 6, p. 451.— 2 Ibid., p. 398.— 3 Wilkins, Conc. Angliæ, t. 3, p. & et 856, 84i, — Lingard, t. 6, p. 399 et seqq.
v. LXXXIV. — De 1517
it Israël, en les dé.
érusalem, et en se culte. Le nouveau elle, punissait quiii ne voulaient pas nt pendus et écarusaient d'admettre brûlés comme hées livrés aux flamvance, qui avait été ontre la suprématie ilé à petit feu, avec lu pays de Galles à
e vingt-quatre avril |
eux siècles et demi, |
our du roi, comme lai de trente jours, nparaissait point, il le sa grâce spéciale, nster le onzième de nt entendus, et une , qui déclarait Tho-
ébellion, d’obstina. &
* publiquement ses les propriétés perles offrandes faites ane commission. La orta au trésor de sa uilla le tombeau, et entôt après, il y eut eler saint ledit Thos et peintures qui le , et d'effacer detous ncourir l’indignation Jon plaisir ?. Restat ’adis, et en faire dét pas qu'on ait rem-
onc. Angliæ, t, 3, p. &
de sa vie, et laissant une eut pas le temps de signer
il'âge de cinquante- six ans tègne, le plus injuste, le plus vi aissent encore désolé l'An avait trouvé paisible, uni et heureux lons et les schismes, ie à la misère et à la mendicité. Ce fut lui qui introduisi
lcette misère qui
!Lingard, t, ç
41545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
Henri VII, qui prétendait ainsi réformer ]' terre et même l'Église triompkante au ciel, ne savait Pas trop bien: gouverner son propre ménage, Sa cinquième femme, la Papesse Ca-
therine Howard, après quelques mois de Mariage, fut accusée, sinon convaincue, de n'avoir Pas été vie ‘épouser le roi,
me. Mais le par:
e8 Communes, fit une loi rétroacjerge au moment où il e ses Successeurs, de rir le châtiment infligé
Église militante sur ja
ier au roi ou à l’un d
> SOUS peine d’encou ; toute autre personn
quement ni entendue ni convaincue, mort en février 15421, Sa sixième fe
ées de sa vie débauches habituelles de Henri
telle, qu'il ne pouvait se mouv iventait pour son Usage particulier ; mais il n'en COnServa pas moins sn ancienne férocité et sa + Déjà il était étendu « son lit de mort, que personne n’osait encore l'informer de son
dat; car la mort Ja plus pr anqué de suivre cet tertissement. II mourut donc avant d’ ‘il arrivait au terme
ions Capitales, qu’il
Ainsi mourut dans la nuit du vingt-huit au vingt
> et dans la trente.
alité, ces crimes, ces vices
Produisirent de si horribles fruits sous le règne de
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alle re in
404 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXAIV, — De 1517
ses enfants, avec lesquels s’éteignirent, quelques années après, son nom et sa maison {. Ainsi parle le protestant Cobbet.
Certains détails de Lingard sur les finances de ce règne sont une preuve de plus que le bien mal acquis ne profite pas,, si ce n'est comme un chancre qui dévore tout ce qui l’entoure. L’argenterie et les bijoux que Henri avait tirés des maisons religieuses, et les sommes énormes produites par la vente de leurs propriétés, semblaient tomber dans quelque abîme inconnu : le roi demandait tous les jours de l'argent à ses ministres : les lois du pays, les droits des sujets, l'honneur de la couronne étaient également sacrifiés aux besoins toujours croissants du trésor royal. Le douze mai 1543, il avait obtenu un subside d’une valeur presque sans exemple. Le clergé lui avait donné, pendant trois années, dix pour cent de ses revenus, indépendamment du dixième déjà promis à la couronne; et les laïques lui avaient accordé un impôt proportionnel sur les propriétés territoriales et mobiliaires, payable par termes en trois années. Le payement avait fait connaître la position de tous les propriétaires : et bientôt après, toutes les personnes taxées à cinquante livres sterling par an reçurent une missive royale qui leur demandait l'avance d’une somme d’argent, par forme d'emprunt. La prudence inspira l'obéissance ; mais l'espoir du remboursement fut promptement détruit par la servilité du parlement, qui abandonna au roi toutes les sommes qu'il avait empruntées à ses sujets depuis la trente-unième année de son règne.
Après un acte si peu délicat, il devait croire fort inutile de solliciter |
un nouvel emprunt; mais il demanda des présents, sous le nom de bienveillance ou don gratuit, quoique les dons gratuits eussent été déclarés illégaux par acte du parlement. Ce moyen avait élé essayé sous l'administration. de Wolsey, et il avait succombé à la volonté générale du peuple. Mais le cours de peu d'années sous le sanglant despotisme de Henri avait amorti l'esprit d'opposition : on leva sans difficulté le don gratuit, et les murmures des opprimés se réduisirent au plus profond silence, à l'aspect du châtiment de deux des aldermen de Londres qui avaient osé se plaindre.
Dans le même but, Henri altéra les monnaies, non pas une fois ou |
deux, mais presque régulièrement d’une année à l’autre. Au bout des trois ans de subside, il se vit de nouveau contraint à solliciter h générosité de ses sujets. Le clergé lui accorda quinze pour cent de ses revenus, durant deux années ; les laïques à proportion. Comm ce présent ne suffisait point à son avidité, le parlement mit à sa dis position tous les colléges, chantreries et hôpitaux du royaume, avec
4 Cobbet, Jist. de la Ref. d'Angl., lettre 6.
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gise en Angleterre, en Espagne, en France, où l'on professait la religion chrétienne quelques nations, ou plutôt quelques fr de protester contre l'autorité de leur anci
réforme, il veut dire changement pour Le maladroit à ceux qui ont opéré ce gr avoir donné au moins un no
bonne foi et sincérité Persuadera à mes lect au lieu d'être pour le mieux, fut Pour le pis ; hréforme ne fut que le résultat d’une inc pocrisie et de la perfidie les plus noires, etla dévastation ; Que destorrents de sang tèrent cet édifice de boue et d'orgueil ;
41545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
tous leurs manoirs, terres et héritages, Ce fut le cordé à cet insatiable monarque, qui s’en alla ain le bien des pauvres. 11 a été cupées de ce calcul sur des documents officiels, sixième année de son règne, excédé la réunion totale de seurs ; Mais que cette somme énorme s'était plus sa mort, par des subsides rendre, par des dons gratuits forcés et l’:
par la sécularisation d’une par lotalité des propriétés monastiques 1,
Enfin le protestant William Cobbet, membr glais, a fait une histoire de la réforme d’Anglete au grand jour la nature et les suites. Voici com même, au commencement et à la fin de son tra
«Mais avant d'aller plus loin, entendons signification des mots cath
dernier subside acsi de ce monde avec nnes qui se sont ocqu'avant la vingtsous Henri, avaient tous ses prédéces-
e du parlement anrre, pour en montrer me il se résume luivail.
-Nous bien sur la véritable
Catholique i prend ce titre fut appelée ainsi
et, bien que d’or- , il n’en était Pas moins le chef de l'É-
qui ne sont pas catholiques. Quant au mot
; bien and changement de ne pas lui m pompeux et sonore.
«Et cependant, je ne crains pas de dire qu’un examen fait avec
eurs que ce changement,
que ce qu'on à appelé ontinence brutale, de l'hyet eut pour suite le pillage anglais et irlandais cimenet que cette affreuse misère,
!Lingard, t, 6. Henri VIIT, p. 499 et seqq.
106 HISTOIRE UNIVERSELLE £[Liv. LXXXIV. — De 1517
cette mendicité générale, ce dénoûment absolu, ces haines et ces discordes éternelles qui affligent partout nos regards, en sont les sui. tes immédiates. Voilà, en effet, les seuls avantages que cette réforme nous ait procurés pour nous dédommager de cette abondance, de ce bonheur et de cette concorde dont nos pères catholiques jouirent si pleinement et pendant si longtemps ! ! »
Voilà ce que le protestant Cobbet annonce dans sa première lettre, et récapitule dans la seizième et dernière. Ces seize lettres ont été publiées en anglais à plus de cinquante mille exemplaires, traduites*et répandues dans toutes les langues, sans avoir été réfutées ni contredites. C’est donc une chose jugée au tribunal du genre humain.
Il y a surtout un point auquel, de nos jours, on attache la plus haute importance, le bien-être matériel. Le protestant Cobbet exa-
mine donc, sous ce rapport, la différence entre l’Angleterre autrefois
catholique et l'Angleterre aujourd'hui protestante, ne s'appuyant que sur des témoignages et des faits incontestables. Jean Fortescue, grand chancelier d'Angleterre au quinzième siècle, sous Henri VI, dans son célèbre ouvrage, De laudibus legum Angliæ, De l'éloge des lois d'Angleterre, comparant l’état du peuple anglais d'alors avec celui du peuple français, fait ce tableau mémorable : « Le roi d’Angleterre ne peut changer les lois ni en établir de nouvelles sans le consentement de tous ses sujets représentés par le parlement. Tout citoyen anglais est libre d’user et de jouir du produit de ses propriétés, des fruits de sa terre, de l’accroissement de son troupeau, etc. Toutes les améliorations qu’il peut faire à sa fortune, soit par son propre travail, soit par celui des gens qu’il entretient à son service, lui appartiennent en toute propriété, sans qu’il ait à redouter aucun obstacle, empêchement ou refus de la part de qui que ce soit, S'il est molesté ou opprimé d’une manière quelconque, il est toujours assuré d'obtenir satisfaction de celui qui l’a offensé. Aussi les habitants de l'Angleterre sont-ils riches en or et en argent, et posst. dent-ils toutes les nécessités et tous les agréments de la vie. Ils ne boivent pas d’eau, si ce n’est à certaines époques de l’année, mais seulement par motifs religieux et pour faire pénitence. Ils se nourrissent abondamment de viandes, de poissons et de légumes de toutes espèces. Hs portent de bons vêtements de laine; leurs lits, leurs couvertures et autres objets sont également en laine, et ik en sont amplement pourvus. Ils possèdent aussi tout ce qui esl nécessaire dans un ménage ; enfin, chacun a, selon son rang, tout
1 Cobbet, Hist, de la Réf. d'Angl., lettres 1 et 16.
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{ Cobl
108 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1511
compagnes de leurs travaux !, » Dans une région plus élevée, au milieu de l’anarchie intellectuelle, s'est formée une secte religieuse, À politique et sociale, dont ie but hautement avoué est de détruire
toute religion, toute propriété, toute société, même domestique 2, Quant à l'élite même de la nation anglaise, les pairs et les députés des communes, y a-t-il dans l’histoire quelque chose de plus bas que le parlement de Henri VIIE, poussant la servilité pour un despote jus-
FFC
qu’à renier la foi de ses pères, fouler aux pieds ies lois de la justice, 2 condamner des accusés sans les entendre, décréter le pour et Je co contre du jour au lendemain ? GE
En lisant Tacite, on ne peut mépriser assez la bassesse du sénat
romain sous Tibère et Néron. Gare au parlement anglais, si jamais L il a un Tacite pour historien ! Mais aujourd'hui déjà, une partie no- s table du clergé anglican, les Puséystes, commencent à ouvrir les pd:
yeux, à déplorer comme une immense calamité leur séparation 7
d'avec Rome, et, comme des enfants prodigues, à tourner leurs re. ré
gards pénitents vers cette maison paternelle #, Puisse la nation tout uit |
entière y revenir avec eux, et réparer ainsi son prodigieux égarement M Je d
de trois siècles ! É
aussi :
k Margu
1 Jules Gondon, Du mouvement religieux en Angleterre, 1844, p. 19 et 20, — bnme
Rubichon, De l'action du clergé. — 2 Ibid., p. 28 et seqq. — 8 Ibid., p, 296 et
seqq. duche:
licenci
nouve:
sance |
* Florim
Liv. LXXXIV. — De 1511
gion plus élevée, au une secte religieuse, À oué est de détruire même domestique ?,
pairs et les députés chose de plus basque pour un despote jusies lois de la justice, icréter le pour et Je
| 11515 de l’ère chr.]
$ VIe,