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PRLERE
28 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, Le De 922
on s'était relâché de cette observance, le pape Léon VII écrivit à Hugues le Grand, comte de Paris et abbé séculier de Saint-Martin, pour la faire rétablir, V7 eue Sos vs à
Par la lecture des Pères et particulièrement de, la règle de, saint Benoît} Odon conçut ue grand désir de pratiquer la vie monastique. Il fat secondé en ce dessein par un chevalier nommé Adegrim, qui quitta le service du comte Foulque et vint demeurer avec lui. Par tous les lieux de France où ils apprirent qu'il y.avait eu. des monastères célèbres, ils y allèrent eux-mêmes, ou y envoyèrent ; et, n'en trouvant point où ils pussent vivre avec la régularité qu'ils. cherchaient, ils evenaient tristes à leur cellule, En effet, depuis soixante ans, les guerres civiles et les ravages: des Normands. avaient ruiné la plupart des monastères. Les moines avaient été partie tués, partie mis.en fuite, emportant leurs reliques et le peu qu'ils pouvaient sauvor de leurs livres et du trésor de leurs églises, Ils se retiraient aux lieux les plus sûrs, ou demeuraient errants, menant. une vie Vagabonde et méprisable, S'ils pouvaient, respirer quelque, part, ils. y bâtissaient des cabanes, où ils cherchaient plutôt à subsister qu'à pratiquer. leur règles, Quelques maisons abandonnées par les. moines furent occupées par quelque peu, de clercs, qui ne laissèrent pas. de les garder quand les temps furent devenus meilleurs. |
Les deux amis ne trouvant point en France de monastère. à leur gré, Adegrim résolut d'aller à Rome. Mais en passant par la Bourgogne, il arriva à la Baume, ce nouveau monastère du bienheureux Bernon. 11 y fut reçu, selon la règle, de saint Benoît, dans la maison
des hôtes, et voulut y demeurer quelque temps, pour apprendre les
mœurs et les usages. des religieux. C'étaient les institutions de saint Benoît d’Aniane. Adegrim, les ayant considérées, en donna avis à saint Odon, qui aussitôt alla le trouver, portant ses livres, au nombre de cent volumes. Adegrim se renferma dans une cellule, par la peraission de l'abbé Bernon, et y demeura trois ans; Odon,. comme
savant, fut chargé de l'école, c'est-à-dire de la conduite des enfants È
qu'on élevait dans le monastère. Il avait alors trente ans; ce qui mon tre que c'était l'an 909, Adegrim, suivant son attrait pour la solitude, se retira avec permission en un désert et se. logea daps une petite caverne. Il vécut ainsi plus de trente ans, venant. seulement les dimanches au monastère de Cluny, dont il n'était qu'à. deux milles, I! y prenait de la farine pour faire son. pain et quelque. peu de fèves, et retournait aussitôt À son désert, souffrant les incommodités
du,chaud et du froid, et quelquefois des tentations violentes d’ennui M qui avait l'air
et de désespoir.
Pour saint Odon, il eut beaucoup à souffrir dans le monastère, de
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la part de qué se plafgnaient même dés rep une extrérie f prosterné ‘à le ce qu'ils désire Ayant'un'gran permission d'a fit recevoir, abbé Bernon, | le fit ordunner ges, prélat dist envoyé Odôn à entretien sur la Odon s'étendit
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| thie. Dés lors le
tous les autres vertu entre les pauvres 1,
La charité e avait coutume c portiers du cie porte sur la ter leur importuni trée, il les répr:
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D à 062 de l'ére chr.] DE'L'ÉGLISE CATHOLIQUE, ‘9
la part dé quéiques mauvais moines, ui, poùr ébranlér sa vocation,
se plafgnaient de là dureté de l'abbé Ou lui füisaient à üimême dés reproches et des insultes, dont il ne se défendait que par une extrére patience. T1 les tirait à part; leur demandait pa
‘"'Teurs pieds, et ne laissait pas’ ensuite de leur
ce qu'ils désiraient’et de léur faire tous les plaisirs qu'il pouvait. Ayant'un'grand'sèlé pour la conversion de ses parents, il obtint la permission d'aller chez son père, et l'amena au monastère, où il! le fit recevoir. Ï! ft'aussi prendre le voile à sa mère. Le biénheureux abbé Bernon, prévoyant qu'Odon serait un-jour'un-homme illustre, le fit ordunner prêtre contre son gré, par Turpion, évêque de Limoges, prélat distingué par sa vertu et par sa science. Bernon lui ayant envoyé Odôn à quelque ‘occasion, l'évêque’ eut avec lui un grand entretien sur la dignité du sacerdoce et sur l’état présent de l'Église. Odons'étendit beaucoup à déplorer les désordres des ‘prêtres, et
g Turpion fut si touché de ce discours, qu’il le pria de le lui donner par
écrit. Othon refusa de le faire sans l'ordre de son abbé : mais l’évéque l'ayant facilement obtenu, il rédigea ce discours en trois livres, qui portent le titre de Conférences.
Le bienheureux Bernon se- voyant, comme il a'été dit, près de sa fin, pria les frères de lui choisir un successeur, et ils lui amenèrent Odon comme par’ force, criant tous qu'il devait être leur abbé. Comime il ne:se rendait pas encote, il céda à la menace d'excommunication des évêques qui étaient présents. Il reçut la bénédiction abbatiale étant âgé de quarante-huit ans. Après la mort de Bernon, il vint s'établir à Cluny, le principal des trois monastères dont il avait la conduite, ét én acheva les” bâtiments avec des ‘éecours qu'il crut miraculeux; entre autres trois mille sous d’or qui lui vinrent de Go-
| thie. Dès lors le monastère de Cluny commença à se’ distinguer de
tous les autres par l’exacte observance de la règle, l’émulation de vertu entre les frères, l'étude de la religion et la charité envers les pauvres {,
La charité et la conversation du saint abbé étaient aimables, 11 avait coutume de dire que les aveugles et les estropiés seraient les portiers du ciel, qu'il fallait donc hien se garder de leur fermer la porte sur la terre. Quand il voyait quelque domestique, ennuyé de leur importunité, leur dire quelque mot dur ou leur refuser l’entrée, il les réprimandait sévèrement, et disait au pauvre : Quand il viendra à la porte du paradis, rendez-lui la pareille. Quelqu'un,
qui avait l'air de n'être pas trop à l'aise, lui apportait-il quelane
Act. Bened., sect. 5. Vit. S. Odon., 1. 1,
80 |: MISTOIRE UNIVERSELLE présent, il lui demandait s’il avait besoin de quelqne chose, et, su
sa réponse.gflirmative, lui faisait donner le double de ce qu'il avai apporté. Dans ses voyages, lorsqu'il rencontrait des enfants, il la obligeait de chanter, pour avoir occasion de leur. donner une récom.
- pense. Rencontrait-il en route une vieille femme ou une personn:
impotente, il descendait de cheval et les y faisait monter, ordonnan
à un domestique de s6 tenir à côté d’eux pour les empêcher de tomber. Quand ses compagnons de voyage voulaient faire la même chose, il ne le souffrait pas, persuadé qu’on le faisait à cause de lui et non à cause du pauvre. Cette bonté et cette charité inspiraient; tout le monde, pour lui, un tel amour, une telle vénération, que non-seulement le peuple, mais ses propres moines, ‘en particuli l'historien de sa vie, baisaient avec respect et en cachette le bord de son vêtement. |
Tant de vertus attirèrent à Cluny un grand nombre d'homme distingués par leur naissance et leur dignité. Non-seulement da laïques de la première qualité y. venaient pour pratiquer la péni tence, mais des chanoines et même des évêques quittaient leu églises pour y éinbrasser la vie monastique. Les comtes et les due s’'empressaient de soumettre les monastères. de leur dépendance: celui de Cluny, afin que le saint abbé y miît l& réforme; car bientt il ne‘se borna plus à sa communauté, Il travailla avec:un zèle inf
tigable au rétablissement de la discipline monastique dans toute
France et: même dans l'Italie. Les principaux monastères où il mi la réforme sont : Fleury-sur-Loire, au diocèse d'Orléans ;-Saint Pierre-le-Vif de Sens, Saint-Julien de Tours, Carlieu, âu diocèse de Mâcon ; Saint-Paul de Rome et Saint-Augustin de Payie. Ce furen là les comrnencements de la célèbæ congrégation de Cluny:
Où iltrouva le plus de résistance pour la réforme, ce fut à Fleury, autrement Saint-Benoît-sur-Loire. Le comte Élisiard, ayant obten cette abbaye du roi Raoul, la donna à saint Odon pourla réformer Le saint abbé, ayant accepté la commission, se mit en chemin, ave quelques évêques qu’il avait priés de l'accompagner, pour se rendn à ce monastère. Mais dès que les moines eurent appris le sujet pour lequei il venait, ils s’armèrent de casques.et d'épées, et firent la garde aux porws du monastère pour l'empêcher d'entrer: et empêcher réforme d'entrer avec lui. Ils se fondaient sur d'anciens priviléges
selon lesquels l'abbé d’un autre monastère ne pouvait l'être di
leur. Cependant, pour paraître prendre les voies de la douceur avai que d'en venir à la violence, ils députèrent un d'entre eux au-deva!
d'Odon. Ce moine, ayant rencontré le saint abbé à quelque distantgé du monastère, lui présenta les priviléges en question, et lui demand
{[Liv.Ax. æ— De 02)
à 962 de l'ère le sujet de qu'il ne ferai règle : c'était Cette répo fit recourir à le saint abbé, par leurs émi ilne manque gnaient euren retourner. Ti moines, lorsq coup sa réso nastère. Les | mort certaine moires ne fu gneur, qui lu | cœurs des rel armes et vinre bonté qui ach réforme dès :( blir. Pour en.
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bien de la: pei à bout par ses C'était part Odon introdui:
règnent dans uw daient si relig nastère, qu'un la nuit, tandis le cheval per u:
lendemain mat cheval, près d
R conduisit, lui fi S récompenser la
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Deux autres 1
1 it. S. Odon.,
X..— De 0 à 062 de l'âre chr.]) DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 31 se, et, le sujet de son voyage. Il répondit qu'il venait apporter la paix, qu'il avai qu'il ne ferait de mal à personne, et tâcherait seulement de rétablir la
ants, il les
règle : c'était justement ce que los moines craignaient le plus. 1ne Cette
, réponse, leur ayant été rapportée, répandit l'alarme: et les fit recourir à d'autres strâtagèmes. lis n'omirent rien pour intimider
pins ii le saint abbé, tantôt en le menaçant du roi, tantôt en le faisant assurer npécher dé par leurs émissaires que, s’il osait mettre le pied dans le monastère, re la mêm il ne manquerait pas d'y être assassiné. Les prélats qui l'accompaause de lil gnaient eurent peur pour lui et pour eux, et lui conseillèrent de s'en nepiraienti retourner. Trois jours s'étaient passés en ces négociations avec les ation, que moines, lorsque saint Odon, n’écoutant que son zèle, prit tout à particule coup sa résolution, monta sur:son âne et marcha-droit au mole bord dé nastère. Les prélats eurent beau lui représenter qu'il courait à une
mort certaine et qu'il n’y avait point de crimes dont de mauvais -moiries ne fussent capables, il continua seul sa route, Mais le Seigneur, qui lui avait inspiré cette résolution, changea tellement les cœurs des religieux de :Fleury à son arrivée, qu'ils jetèrent leurs armes et vinrent lui embrasser les pieds. 11 les reçut avec un air de bonté qui :acheva: de dissiper les alarmes. Ils craignirent moins la réforme dès qu'ils eurent connu celui qui était chargé de l'établir. Pour en jeter les premiers fondements, Odon travailla à leur persuader de ne plus manger de chair, et de remettre en commun les biens du monastère, qu'ils avaient partagés entre eux. H eut bien de la: peine à obtenir ces deux articles ; mais enfin il en vint à bout par ses douces insinuations, et le reste suivit de près. C'était particulièrement par l’observance du silence que saint Odon introduisait la réforme. 11 savait que la paix et la charité règnent dans une communauté où règne le silence. Ses moines le gardaient si religieusement aux heures marquées, même hors du'mo-
d'homme lement dei er la péni aient leun et les duc pendance:
car bientt zèle inf ins :toute li » où il mi ns ;-Saint diocèse de Ce furen my:
t à Fleury,
ant obtenu nastère, qu’un d'eux étantun jour à la campagne, en prières, pendant + réformerR la nuit, tandis que son cheval paissait, aima mieux laisser prendre emin, ave le cheval par un voleur que de rompre le silence en criant. Mais le r se rendre lendemain matin le voleur fut trouvé comme immobile sur le
sujet pouf cheval, près du lieu où il l'avait pris ; et saint Odon, à qui on le nt la gard conduisit, lui fit donner cinq sous d’argeut, disant qu’il était juste de mpêcher LES récompenser la fatigue qu’il avait essuyée toute la nuit 1; C'était le privilégeS fils d’un meunier du monastère. Dans la suite, chaque fois que le t l'être di
meunier se montrait révêche, les moines, pour iui donner une leçon, lui faisaient redemander les einq sous.
Deux autres moines de Cluny ayant été pris par les Normands, en
ceuür aval ‘au-devar 1e distant i demand:
1 Vit. S. Odon., 1. ?, n. 30.
0 Re A M HE Sr TE h
32 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LX.— De 028 allant à Tours, se laissèrent conduire et maltraiter sans dire.un seul mot, et jamais ces barbares ne purent les obliger de pro. férer une seule parole, que le temps du silence prescrit par la règle ne füt passé. Ces exemples de régularité, portés peut-être trop loin,
à 962 de l'ère el
à la fin de sa il reçut la conf avoir régné di lui succéda l’a
servent du moins à faire connaitre à quel point la discipline était el En Anglete:
vigueur dans la congrégation de Cluny, sous le gouvernement de rs l'an 922,
saint Odon 1. seur fut Athelr Dans le midi de la France, nommé souvent Gothie, à cause des ViB et à celui-ci sa
sigoths qui y avaient régné et qui formèrent toujours une grande partie de la population , l'état monastique commençait également à refleurir, Pons Raimond , comte de Toulouse, avait fondé, dès l'an 936, un monastère à Tomières, en l'honneur du martyr saint Pons, son patron. L'église en fut dédiée deux ans après, et Aimerie, arche vêque de Narbonne, se trouva à la dédicace. Ce monastère devinl célèbre par les grands hommes qui en sortirent ; depuis, une vilk s'étant formée autour , il fut érigé en siége épiscopal. Nous avons k testament du comte ou marquis Pons, qui est une nouvelle preuve del sa piété et de sa libéralité envers les églises ?.
Gothescalc, évêque du Puy, réforma et rétablit le monastère de Saint-Theoffroi, vulgairement. Saint-Chaffre, et fit venir Arnoulfe abbé du monastère de Saint-Gér:uld, pour y faire observer la règk de saint Benoît. Il donna au même monastère plusieurs terres, i la charge que, tous les jours, excepté les fêtes et ! :5 dimanches, le moines chanteraient à genoux deux psaumes pour lui, pour ses suc cesseurs et les autres clercs de son église, et diraient la messe et l'of fice des morts à la même intention, quand ils le pourraient, L'acte est daté dela deuxième année du roi Louis d'Outre-mer, c'est-à-di de l'an 938, et signé de plusieurs évêques et abbés ?,
En Espagne, le roi Alphonse IV, ayant régné quelques année résolut de quitter le monde et d’embrasser la vie monastique Comme son fils Ordogne était en. bas âge, il envoya chercher s0: frère Ramir, lui découvrit son dessein, : lui céda le royaume ets retira au monastère de Saint-Fagon. Mais quelque temps aprè ayant voulu reprendre la couronne, il fut pris par son frère, qu lui fit crever les yeux. Alphonse le Moine, car le nom lui en est de meuré, régna en tout sept ans et sept mois. Ramir II, son frère commença à régner l’an 933. Il consacra à Dieu sa fille Elvire, d bâtit pour elle, dans la ville de Léon, un grand monastère en l’hon
danois païen , D pour la religio:
voulant pas n Odon ne laissa aporter au logi son père, outré perdre pour Di parents et se m et des plus pieu la bonne inclin:
donna tous les prit le grec et prose. Étant b:
qu'au sous-diac jeunesse ; mais nération au duc à lui et recevaie
Odon fit ave e guérit par ses fait le signe de ] Alfred, il fut .e et du roi Édel:
burne, malgré t Vulfelme, a oie. Édelstan € emporta sur le oi mourut trois it l'évêque Odor antorbéry, étar prendre sa place
neur de saint Sauveur. Il bâtit encore quatre autres monastères, ui condamnent avait été transfér ‘ Vit. S. Odon., n. 12. —?Catel, Mém. sur le Languedoc, — 3 Mabill, De rés diplom., 1. 6, p. 569. 4 Sampir