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À Rome, le pape Jean XI, étant mort l'an 936, eut pour successeur Léon. C'était un serviteur de Dieu qui, suivant toute apparence, avait pratiqué la vie monastique sous la règle de saint Benoît, qu'il appelle notre bienheureux Père. Bien loin de rechercher la dignité
pontificale, il fit ce qu’il put pour l'éviter, et y fut élevé malgré lui; |
il continua sa manière de vivre, appliqué à la prière et à la méditation des choses célestes, affable, sage et agréable dans ses discours. Flodoard, qui le décrit ainsi, l'avait vu dans son pèlerinage de Rome; il avait mangé et conversé - : lui, Léo tint le Saint-Siége trois ans et demi, le prince Albé:, toujours maitre de Rome, norobstant les vains efforts du roi : .gues d'Italie pour la reprendre.
Le Pape, voulant accorder les deux princes, fit venir à Rome, la Ê
même année 936, saint Odon, abbé de Cluny, dont le crédit était grand auprès du roi Hugues. Le saint abbé fit le voyage, et réussit si bien dans son entreprise, que le roi Hugues donna sa fille en mariage au prince Albéric, Ce dernier conçut tant de respect pour
Odon, qu'il voulut faire couper les mains à un paysan qui avait pensé à
le frayper; mais le saint homme l'en empécha. Le Pape et tout le clergé de Rome l'obligèrent à rétablir le monastère de Saint-Paul comme il avait été autrefois, et il y faisait ordinairement sa demeure
tant qu'il fut à Rome. En ce voyage, Odon fit paraître sa patience et ss
sa charité, répe::dant partout d’abondantes aumônes. Passant à Sienne, où régnait la famine, il vit dans la rue trois hommes qui pa raissaient de qualité ; pour leur épargner la honte de recevoir l’au-
mône, il fit semblant d’avoir envie des grains de laurier qu’il trouva
à leur porte, et les acheta bien cher.
Deux ans après, c'est-à-dire l’an 938, la guerre s’étant rallumée
entre Hugues et Albéric, Odon fit un second voyage à Rome avec le
même succès. Dans un de ces voyages, il rencontra un voleur, qui, frappé de la sainteté qui reluisait sur son visage, se prosterna à ses pieds en le priant de l’admettre au nombre de ses moines. Le saint abbé, avant que de le recevoir, s’informa quel homme c'était, et ayant appris que c'était un insigne voleur, il lui dit que quand il aurait des preuves qu'il se serait corrigé, il le recevrait volontiers dans sa communauté. Le voleur fit instance et protesta au saint abbé que, s’il ne le recevait pas sur l'heure, Dieu lui demanderuit compte de son âme. Saint Odon, touché des heureuses dispositions où il vit ce voleur, l'admit sur-le-champ et l’envoya avant lui à Cluny, où il devint un des plus fervents religieux de son temps. Il y mourut saintement quelque temps après. Odon, le voyant au lit de la mort, lui demanda si, depu's qu'il était moine, il se reprochait quelque faute,
Il répondit qu’il avait donné sans permission sa tunique à un pauvre M
à 962 de l'ère cl qu'il avait trot crin dont il s'é tout ce qu'il a beauté, qui se vait assuré qu’ li y a lieu d avait pour la £ qui se glissait ç commençait à | Hugues le Gra pape Léon fait et il dit qu'aprè pèlerinage le pl les plus éloign
| non-seulement
comme nous l’a sion d'entrer di
A sions des païen:
les serviteurs d pourraient pas e lieu d’une mura que pour empê tère. Mais tout de prétexte por demeurer.
Le Pape défe:
commande au F tenir la main à 1 janvier 938 1, L'
à de la ville; mais
des pèlerins que suite, les Tourar nople, c’est-à-1i
En 942, le pa] en 939, fit venir
à Cluny, afin dep
trice Albéric ; ca que saint Odon
à Saint-Élie, à Sup
y mit pour abbé
1 Labbe, t, 9, p. !
— De 922 succes-
à 962 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. #1
qu'il avait trouvé nu, et qu'il avait pris au monastère une corde de
'parence, D crin dont il s'était ceint la chair. On la trouva en effet sur lui : c'était oit, qu'il DS tout ce qu'il avait à se reprocher. Il ajouta qu'une dame de grande à dignité MS beauté, qui se disait la mère de miséricorde, lui avait apparu ‘et l’agré lui; DS vait assuré qu'il n'avait plus que trois jours à vivre.
médita-
discours. DD avait pour la gloire de saint Martin, avertit le pape Léon d’un abus e Rome; DS qui se glissait dans le monastère de Saint-Martin de Tours, dont on trois ans commençait à permettre l'entrée aux femmes. Le Pape en écrivit à ; nOnOb- DS Hugues le Grand, duc des Français, qui en était abbé séculier. Le re. pape Léon fait d’abord dans cette lettre un bel éloge de saint Martin, tome, la ME et il dit qu'après les tombeaux des apôtres, celui de saint Martin est le dit était DS pèlerinage le plus célèbre et où la dévotion attire les fidèles des pays réussit D les plus éloignés. Ce saint lieu, ajoute-t-il, a toujours été révéré > en Ma- DE non-seulement du pouple, mais encore des plus grands rois; car, ct pour BE comme nous l'avons appris, jamais aucune femme n’a eu la permisait pensé DS sion d'entrer dans l'enceinte de ce monastère, et, quand les excuret tout le MX sions des païens ont obligé de placer ce précieux dépôt dans la ville, int-Paul BE les serviteurs de saint Martin pleuraient, dans la pensée qu'ils ne demeure BE pourraient pas en éloigner les femmes. C'est Pourquoi on entoura ce tience et ÆN lieu d’une muraille, tant pour mettre l'église à couvert des incendies, assant à DS que pour empêcher les femmes d'entrer dans l’enceinte du monass qui pa: DS tère. Mais tout le contraire est arrivé, et ces fortifications ont servi oir l’au- DS de prétexte pour permettre aux femmes d’y entrer ou même d’y il trouva BS demeurer.
Le Pape défend cet abus, sous peine d'excommunication, et reallumée PS commande au ‘prince-abbé Hugues et aux prévôts du monastère de e avec le BE tenir la main à l'exécution de ses ordres. La lettre est du mois de ur, qui, DE janvier 938 1. L'église de Saint-Martin de Tours était d’abord hors na à ses DS de la ville; mais la crainte des Normands et le concours continuel Le saint D des pèlerins que la célébrité du lieu y attirait, engagèrent, dans la était, et BE suite, les Tourangeaux d’y bâtir une ville, qui fut nommée Martiad il au- BE nople, c'est-à-dire la ville de Saint-Martin.
s dans D En 942, le pape Étienne VIII, qui avait succédé à Léon VII, mort bé-que, BF en 939, fit venir à Rome, pour la troisième fois, saint Odon de mpte de EE Cluny, afin de procurer la paix entre Hugues, roi d'Italie, et le pail vit ce ES trice Albéric ; car la guerre avait recommencé entre. eux. Pendant y, où il À que saint Odon fut à Rome, Albéric lui donna le monastère de ut sain- DS Saint-Élie, à Suppenton, près de Népi, pour y établir la réforme. Il 1ort, lui ES y mit pour abbé un de ses disciples nommé Théodard, qui, voyant e faute,
pauvre "1 Labbe, t, 9, p. 594.
li y a lieu de croire que ce fut ce saint abbé qui, par le zèle qu'il
42 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. UX. — Den
ses-anciens moines fort :attachés à manger de la chair, leur fais) apporter, à grands :frais, du poisson! des lieux d’alentour: Mais torrent, qui passait près du! imonastère, forma : un :étang qui dll exempta, de cette peine : ce qui fut regardé comme an miracle attribué aux prières dessaint Odon. 11 avait égalément misila-réfo dans un: monastère de Salerne et dans uryautre:de Pavic. :
Étant à Rome en de dernier voyage, il fut attaqué d'une fit violénte et continue, iqui le :réduisit à l'extrémité ; mais eomme : souhaitait ardemment de finirises jours au tombeau dé saint Marti: ioù il avait commencé à goûter :la piété, lil vit en songe un’pers page respectable qui lui dit que sa mort était proche, et que, tou tefais, saint Martin lui avait obtenu un délai pour-retonrnérenis pays. En effet, son mal diminua considérablement, et, :enpeu ti temps, il se trouva assez de forces pour entreprendre un si 4nÿ voyage. Îl'arriva-à Tours vers la fête de Saint-Martin, et:ilila-céléb avec un redoublement de ferveur. Le quatrième jour de:l’octave, fièvre lui reprit. Il ne songea plus qu'à:se disposer àla mort, à 1 ‘quelle toute:sa vie avait.été une excellente préparation. Hdonna (bénédiction.et des instructions salutaires’aux moines qui étaient ‘Courus de tautes: parts pour profiter de ses ‘derniers avis. El dite particulier au moine Jean, qui a écrit sa vie : Écoutez, mon: fils, « que je vous dis : Je rends grâces à Dieu dece:qu'il m'a: puni en: monde de tous les péchés .que j'ai faits dans ma jeunesse, exeep de ceux que j'ai commis autrefois à l'égard de mon abbé. J'ai tou jours soupiré après le moment où je suis, et je conjure‘le:Seigne de ne pas attendre à l’autre monde-à mé-puni?, Et maintenant j: confiance qu’il m'a exaucé.:Odon, ayant reçu le saint viatique, mouri en invoquant Jésus-Christ ét saint Martin, Fan: 949, dle18 de vembre, jour de l’octave de ce saint 1.
Hnous reste plusieurs ouvrages de saint Oden, :savôir : lu Vi de saint Gérauld, en quatre/livres ; troisilivres de Conférences à là vêque Turpin de Limoges; trente:cinq !livres de Morales: sur Jo tirées pour la plus grande :partie de celles de saïnt Grégoire ; plu sieurs traités ousermons.en l'honneur de saint Martin, de saint B noit, de sainte Magdeleine,:avec des hymnes en:l'honneurdu sail - Sacrement, de saint Martin et de sainte Magdeleine 2. 11 eompt mênie unehymne en l'honneur desaint Martin, durant:sa dernit maladie. Il eut pour saccesseur, dans le gouvernement du :monastil de ‘Cluny, saint Aimard, homme d’une grande innocence:et d'un aimable simplicité.
1 Act. Bened., sect. 5. — ? Bibl, PP.,t, 17,
à 962 de l'ère ch L'on 04, le subit uh nouv depuis huit.an:
d'Outresmer,c battre monnaie roi, le:comte | plusieurs terre avait été élu p son attpcheme:
l'an 940, vint :
Guillaume, du Bourgogne.iLe presque :tous :
bert, étant en seignäurs et | crainte, an le Reims, Foblige d'Avenai, et de told se-retira a à qui Héribert g'ise. Quand Charles le Cha:
pour un litige pêcher de reca nité:chrétienne L'année suiv rentles évêque à Soissons dan men£ de l'arcl vais, qu'Artolt autres députés lui ordonnant aller où ses ‘en lieu pour confé pour l'amour € à lui. Ils le p mettant d'obte Atold, après < dans leur résôl feudait, sous p de Reims de :
Siége. Cette pr
un’perso | que, tou
à 962 de l'ère chr.] !DE'L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 43
L'en049, l'église e Reims, pour.des eauses purement politiques, subit uh nouveau chanñgèment, L'arehevèque ‘Artold ‘Ja: gouvernait depuis buitians,et sept mois. IL était fortement attaché; au roi Louis d'Outresmpr; qui lui avait donné) le duehé délReims; avec le droit de battre nionnaie. Artold avait ‘méme excommunié, en -présénce du roi, le comte iHéribért de Vermandois, parce qu'iliretenait encore plusieurs terres ide son église, par suite de ce que son: fils Hugues avait été élu pour l’archevêché de Réims. Cette fermeté d'Artold et son attpchement pour:le toi irritèrent fort le cofnte Héribert, qui, l'an 940, vint assiéger Reims avec Hugues le Grand, comte de Paris, Guillaume, due de Normandie, et quelques évêques de/France et de Bourgogne.ILe siége ne dura que six jours. Artold, abandonné de presque tous ses vassaux,:fut obligé de 5e rendre. Le :comte Héribert, étant éntré dans la ville, ‘lelfit venir à Saint-Remi, devant les seigneurs et les évêques, où, ‘partie par persuasion, partie par crainte, an le ifit renoncer à l'administration de l'archevêché de Reims, lobligeant de se contenter des abbayes de Saint-Basle, et d'Avenai; ét de demeurer à 'Baint-Basle Quelque temps après, ‘Artold se retira auprès du roi Louis, avec quelques-uns dleses parents, à qui Héribert avait ôté'les bénéfices ou fiefs qu'ils tendient de l’égiise. Quand :on se rappelle que l'archevêque :Hinemar etle roi Uharles le Chauve firent creverles yeux à l’évêque-Hinemar de Laon, pour un :litige politique beaucoup ’mdins grave, on'ne peut:s'enpêcher de reconnaître iei un: grand progrès de douceur et: d'humanité:chrétienne dans les mœurs publiques.
(L'année suivante 944, des comtes ‘Hugues et Héribert assemblè rent les évêques de la provinee de‘Reims, et firent tenir un-conciie à Soissons dans l’église: de Saint-Cyprien, pour :régler’le gouvernemen£ de l’archevêché. ls envoyèrent Hildegaire, évêque deiBeauvais, qu'Artôld ‘lui-même avait ordonné Van 9338, avée quelques autres ‘députés, vers Artold, qui était à Laon à la cour du roi Louis, lui ordonnant de:se rendre au concile. Il répondit qu'il ne pouvait aller où ses ‘ennemis étaient assemblés, étils-eonvinrent d’un autre lieu pour conférer ensemble. Là ilse :jéta à leurs pieds, les priant, pour l'amour de Dieu, de'lui donner:un éonseïl convenable à eux ct à lui. ‘Ts le pressèrent de consentir à l’ordination de Hugues, promettant d'obtenir pour lui quelqüe partie de: biens de l’arehevéché. Artold, apfès avoir longtemps différé de répondre, les voyant fermes dans leur résôlution, se leva etleur déclara touthaut qu’illleur défeudait, sous paine d’excommunication, d'ordonnér ‘un iarehevêque de Reims de :son vivant; s’ils le faisaient, il appellerait au Saint- Siége. Cette protestation les ayant irrités, pour se retirer deilours
tion qu’il prendrait avec la reine et son conseil :
fidèle de ce qu'il venait d'entendre.
Le concile de Soissons ne laissa pas de passer outre, On prétendi qu’Artold, ayant une fois renoncé avec serment à l'administration de son église, ne pouvait plus y revenir. On fit valoir les plaintes du clergé et de la noblesse sur la vacance de ce siége ; enfin l'on juge qu'on devait ordonner archevêque Hugues, fils du comte Héribert, qui y avait été destiné depuis longtemps, et qui était demandé pa le clergé et par le peuple, c'est-à-dire par une partie. Il n’avai qu'environ vingt ans ; et, pendant les quinze années qui s'étaient passées depuis son élection, il avait demeuré à Auxerre et y avai
fait ses études auprès de l’évêque Gui, qui l’avait ordonné diacre; et Gui, évêque de Soissons, l’ordonna prêtre, trois mois après son retour à Reims. Suivant la résolution du concile de Soissons, les évêques se transportèrent à Reims, et en ordonnèrent Hugues arche. vêque, dans l’église de Saint-Remi. On peut se rappeler que saint Remi lui-même fut fait évêque à l'âge de vingt-deux ans.
Le nouvel archevêque de Reims, Hugues, fils du comte Héribert, envoya des députés à Rome pour demander le pallium au pape ÉtienneVIIL. Il accorda le pallium à Hugues pourl’archevéché deReims, et les députés revinrent, en 942, avec un évêque nommé Damas, que le Pape envoya légat en France. Ce légat était chargé d’une négociation que les écrivains modernes n’ont point assez remarquée, | portait des lettres apostoliques à tous les princes du royaume et à tous les habitants de France et de Bourgogne, pour qu'ils eussent : reconnaitre le roi Louis et à envoyer des députés à Rome, avec menace d’excommunication s'ils ne satisfaisaient avant Noël et s’ik continuaient de lui faire la guerre : c’est ce que dit Flodoard, histo-
rien du temps et témoin oculaire des faits. Il paraît que le roi lui- |
même avait demandé cette médiation du Pape ; car Flodoard observe que le légat ne vint que quand le roi n’eat pu réussir à faire obtenir lui-même la paix. !l ajoute que, sur ces lettres du Pape, les évêques de la province de Reims, dans une conférence avec le comte Héribert, le prièrent d’intercéder auprès du comte Hugues de Paris pour lui faire reconnaitre le roi. Enfin il nous apprend que, la même année 9492, et le comte Hugues et le comte Héribert se soumirent à
(Liv. LX. — Deÿy
mains et pour pouvoir retourner à Laon, il adoucit sa réponse, et le pria d'envoyer avec lui quelqu'un qui pût leur rapporter la résolu.| ; Car le roi n’y étai pas. Ils “nvoyèrent Dérolde, évêque d’Amiens ; mais quand Artoli se vit. Laon, en sûreté, devant la reine et les seigneurs de la cour, il réitéra la menace d'excommunication et d'appellation au Pape, excommuniant Dérolde lui-même, en cas qu'il ne fit pas un rapport
962 de l'ère chr.!
ouis, et que l’a japtéme une fill ec toute la Bo On voit que si
archevêque Hu, our la doctrine lus graves : c'ét aissance du roi ce but si digne scendance. Qu:
‘ment de paster it; car jamais el chef de l’Église Baronius, et F ait Allemand de algré le clergé r irent en telle av rrèrent de telle s rons, avec Mura en légèrement u arquent positive ailleurs, à cette é à Rome, qui €
Bande d’Étienne
ardés comme une En Allemagne, ] t à combattre, | avière. Il le vain:
ésence, Henri lu tait pour un due > voir le monarq artait du cœur, lt tre les princes « loyauté, lui offr ur la Bavière. L > même avec ler brraine. En 995, :
Allemagne, Hen e en bataille rang
E Flod., Chron., an
> de l ] DE L'ÉGLISE AQUE. !
— Den 002 de l'ère chr.] E L'ÉGLISE CATHOLIQUE 45
nse, et Louis, et que l'année suivante le comte Hugues tint sur les fonts de la résolu. Meptéme une fille du roi, et reçut de ce prince le duché de France ji n°y étai MR" toute la Bourgogne 1,
nd Artolii 0n voit que si le pape Étienne VIII condescendit à l’ordination de le la cour MRerchevéque Hugues, à qui d'ailleurs on ne fait aucun reproche ni au Pape our la doctrine ni pour les nœurs, il avait pour cela les motifs les
lus graves : c'était la pacification de la France, c'était la recon-
1 Fappon aissance du roi Louis par les seigneurs qui lui faisaient la guerre ;
rétendi M °° but si digne du chef de la chrétienté fut obtenu par sa con- | ri ation Mescendance. Quant à l’église de Reims, si elle souffrit par ce chanlaintes d MR Ment de pasteur, jamais elle n'éprouva de schisme proprement
it; car jamais elle ne reconnut d’archevêque en titre que celui que
l'on juges chef de l'Église catholique lui donnait pour tel.
Héribert,
Baronius, et Fleury à sa suite, disent que le pape Étienne VIII
andé pari . : “k ; :
1 n'avait Allemand de naissance, qu'il fut élu par le crédit du roi Othon, Prin algré le clergé romain, et que, pour cette raison, les Romains le
s'étaient. : F FL ‘
rent en telle aversion, qu'ils lui découpèrent le visage et le défi-
et y avai Dr : < é diacre.MRrèrent de telle sorte, qu'il n’osait plus paraître en public. Nous après de rons, avec Muratori et Kerz, que Baronius et Fleury ont adopté sons, le MPen légèrement une idée fausse , car les monuments les plus anciens wa ru arquent positivement qu’Étienne VIII était Romain de naissance :
ailleurs, à cette époque, le roi de Germanie n'avait aucune autoé à Rome, qui était au pouvoir du prince Albéric. L'origine alle- Héribert, Bande d’Étienne VIII et ce qui s’y rattache doivent donc être resi pape krdés comme une fable 2, , leReims En Allemagne, Henri l'Oiseleur, devenu roi de Germanie l’an 919, Dani tà combattre, l’année suivante, l'insurrection d'Arnoulfe, duc de Pod à n avière. Il le vainquit par sa générosité, Les deux armées étant en rquée, I ésence, Henri lui demanda une entrevue. Arnoulte, persuadé que am ab ‘tait pour un duel, y vint armé de toutes pièces. Il fut bien étonné ussent ; BR Yi" le monarque sans armes. Celui-ci, avec une éloquence qui vec me- M'tait du cœur, lui représenta les suites funestes de la désunion Let s'ils MPtre les princes et les peuples de l’Allemagne, et, pour preuve de }, histo- loyauté, lui offrit sa vie durant les prérogatives de la royauté roi lui- Mu! la Bavière. La paix fut conclue avant la bataille. ll s’entendit observe M Même avec le roi de France, Charles le Simple, qui lui céda la obtenir Maine. En 995, une armée de Hongrois ayant fait une irruption évêques Allemagne, Henri, qui ne se sentait pas assez fort pour les vain-
jue saint
te Héri. Me en bataille rangée, eut l'adresse de leur prendre leur principal ris pour à même EE Flod., Chron., an 542 et 963. — 2 Murat., Ann. d'{talïa; an. 939. Kerr,
nirent à M8, p. 314.
FA ‘ile fui
PA te no mi tr ati mue CNRS MERE
46 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LX, — De 92%
chef; il ne le:leur rendit qu'après leur avoir fait jurer: une trêve de neuf ans, durant laquelle il leur payerait un tribut sous le nom de présent ou de pension, tant était redoudable la nation dés Hongrois,
Henri profita de ces neuf ans da trêve pour'mettre l'AHemagne en état, de défense et y former des troupes bien aguerries. Il obligoa:ses grands vassaux à entretenir des corps de milites destènés à maintenir
la tranquillité: publique et à prntéger les voyageurs, que les plus pe:
tits seigneurs se croyaient en droit de rançgonner. Avant, lwi; les villes n'étaient que'des bourgades défendues par quelques fessés ; il les fit environneæ demuts garnis de tourset de boulevards. On y établit des. magasins où les:cultivateurs devaient apperter le tiers de leurs récoltes, pour faire sabsister les armées en temps de guerre. C'est ainsi qu'il bâtit Brandebourg, Sleswig, Meissen, Gotha, Erfurt, Goslar et plusieurs autres, etienfin il établit, sous lenom de margra-
ves où comtes des frontières, des gouverneurs chargés spécialément Ë
de s’opposeraux nouvelles invasions des Barbares, Pour aguerrir ses troupes, il se mit à châtier les: Slaves et autres peuples limitrophes desravagesqu'ils avaient faits plus d’une fois dans la Saxe ; il prit leurs forteresses et en:bâtit de nouvelles au milieu d'eux pour les contenir.
Henri avait une armée exercée et habituée à la victoire ; par sa sagesse et sa modération, la paix’ régnait dans toutes les provinces de l'Allemagne. Mais:la trêve conclue avec lès Hongroisiétait expirée; Henvi assembla son peuple, et dit : Je vous ai dépouillés jusqu'ici, vouset vosenfants;’ pour remplir les trésors des Hongrois, Mainte nant je suis obligé de dépouiller les églises. et léurs:ministres. Que me conseillez-vous ? Prendrai-je l'argent destiné auiservice de Dieu,
pour le'donner à ses ennemis.et nous: racheter de leurs maine, où
bien n’attendrons-nous d’être rachetés:que de Dieu? Tout le peupk s'écria qu'il. n’attendait son salut que de Dieu, ét, levant les mains
au ciel, il: promit de servir-en cette guerre. Bientôt arrivèrent ls
députés des Hôngrois réclamant le tribut. aecoutumé. Pour toute réponse, Henri leur:fit donner un chien galeux auquel: on avai coupé /la’ queue et les: oreilles/ C'était l'an 934, La même année, pour venger: cet affront, lés Hongrois:s’avancèrent en deux armées
innombrables ; elles. furentbattues toutes les deux, plusieurs def
leuts rois démeurèrent: surle champ de\bataille, Ces Barbares revinrent l’année suivante, plus nombreux encore ; ils -essuyèrent: une défaite plus sanglante: encore; et laissèrent l'Allemagne tranquill pendant vingt ;ans. Lerroï Henti appliqua au service de: Dieu et at soulagement des pauvres le tribut qu’on leur payait 1.
‘Le grand étendard du roi Henri, qu'il faisait porter devant lui
1 Script. rerum germanic. Reginon, Herman., Marian., Vitiq.
902 de l'ère chr,] ans les combats, av
ogue, qui le: roi H ompense, Rodolée :
Jenri l'ayant menacé » feu, il. se rendit:; :
onna au roi Rodolfe opne partie de:la: So Le roi: Henri. travail aptiser un roi des A eur prineipal roi, na
eur des Chrétiens ::il
anisme dans ses Éta
xs Hongrois, il fit deu
epri s'avança dans le aix et à lui, céder le
axONS; avec un mor rchevêque de Brême, rit de rétablir. l'église ‘solut de faire>par: lu euple de Brême, ne p urses, prêt à s’expos anois, ne put rien g:
Dn fils; le roi Harold u christianisme, quoi
L'archevêque;, ayant è Danemark; recomn
Pcours et un :ambasésac vis, préchant 'Évangi
rétiens qu'iltrouvait
aire, son prédécesseur irc; car pendant soi, ort de saint Anscain uède que le: seul prêtr.
rivé, trouva que la re iée pendant les règne til bien de la peine :
se préparait:au retou:
rs la mi-septembre 93
M ' Script. rerum. germ., ii
902 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 47
o-de Mans les combats, avait le nom et l'image d’un ange, et ce prince A de Diva grande confiance en; une lance que l'on disait: avoir été celle du rois.
and Constantin, ornée, en forme de croix, des clous de Notreseigneur. Cette lance était en possession de Rodolfe H, roi de Bourc ogne, qui le. roi Henri la fit démander, offrant: uno grande r6ompense: Rodolée répondit. qu'il ne s'en. déferait jamais ; mais Jenri l'ayant menacé de désoler tout:son royaume par le fér et par » feu, il: se rendit:; etle roi Henri, ravi: enfin. d'avoir ce trésor, onna au roi Rodolfe de grands présents.en or et en argent, et'une onne partie de la. Souabe, Le roi: Henri travaillé aussi à. la Conversion des: infidèlés, et fit aptiser un- roi des Abodrités et un roi des Danois ou Normands. furt, eur principal roi, nommé Gourm, était grand ennemi! et pefsécugra- Mur des Chrétiens ; il avait détruit presque tous les signes de chris nent Manisme dans ses États, et pendant que Henri était occupé contre rss Hongrois, il fit deux irruptions dans la Saxe. Pour l’enchâtier, phes BRonri s'avança dans le Danemark, réduisit Gourm à demander la aix et à lui, céder le pays de Slesvig; Hentiy mit uné colonie de
enir. MBaxons, avec un morgravelou comté de la frontière. Alors Unni, ® 5 Mrchevêque de Brême, voyant la porte ouverte à l'Évangile, entre-
rit de rétablir l'église de Hambourg, négligée depuis longtemps. 11 ‘solut de faire par lui-même la visite de son vaste diocèse ; et le euple de Brême, ne pouvant souffrir son absence, le suivit dans ses Durses, prêt à's’exposer à tout avec lui; Unni, étant arrivé chez les anois, ne put rien gagner sur leur roi Gourm; mais il convertit Dn fils; le roi Harold, en sorte qu’il ‘permit la profession publique Mu christianisme, quoiqu'il ne fût pas ‘encre baptisé. L'archevêque, ayant donc ordonné des prêtres dans chaque église
è Danemark; recommanda les fidèles au roi Harold, et, avec son D Cours et un ambassadeur de sa part, il Parcourut les îles des Dai
vis, préchant l'Évangile aux: infidèles et affermissant dans la foiles rétiens qu'iltrouvait captifs. Puis, suivant les traces de saint Ans- Rire, son prédécesseur, il passa là: mer Baltique et vint au port de irc; car pendant soixante-dix: ans qui s'étaient: écoulés depuis la ort de saint Anseaire, aucun missionnaire n'avait osé passer en uède que le: seul prêtre Rimbert. L’archevêque Unni, y étant done rivé, trouva que la religion chrétienne y avait été entièrement ouiée pendant les règnes courts et sanglants de plusieurs rois : aussi il bien de la peine à se fairé écouter: IL avait achevé sa mission se préparait:au retour, quand'il fut attaqué de maladie et mourut (ETS la mi-septembre 936 1,
N' Script. rerum. germ., iidem et Adam Brem.
48 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LX. — De 922
Quarante ans auparavant, en 939, il avait assisté au concile que le roi Henri fit tenir à Erfurt, par les conseils d’Hildebert, archevêque de Mayence. Hildebert, auparavant abbé de Fulde, où il avait été élevé et instruit, était un prélat d’une grande vertu et d’un grand
esprit naturel, cultivé par l'étude. On lui attribue même le don de À
prophétie. Dans ce concile, on fit cinq canons qui portent : que l'on célébrera les fêtes des douze apôtres, et que l’on jeünera les: vigiles observées jusqu'alors. Mais il est défendu de s'imposer un jeûne
sans la permission de l’évêque, parce que c'était une superstition |
pour deviner. L'on ne tiendra point les audiences ou assemblées séculières les dimanches, les fêtes ou les jours de jeûne, et le roi défend aux juges de faire citer personne à leurs audiences sept jours devant Noël, depuis la Quinquagésime jusqu’à l’octave de Pâques et sept jours devant la Saint-Jean. On ne sera sujet à aucun ban ou
revenant {.
Parmi les dix évêques qui assistèrent à ce concile, outre trois archevêques, le plus illustre était saint Udalric, évêque d’Augsbourg
depuis 924 que mourut son prédécesseur Hiltin. A la sollicitation de à
Burcard, duc d'Allemagne ou de Souabe, neveu d’Udalric, et d’autres de ses parents, il fut alors présenté au roi Henri pour être pourvu
de cet évêché, que le roi lui accorda en considération de sa doctrine. È
On l’amena donc à Augsbourg, où il fut ordonné le jour des Saints-
Innocents. Il s’appliqua d’abord à rebâtir son église, brûlée sous son À
prédécesseur , ce qu'il eut bien de la peine à exécuter, parce que les païens, c'est-à-dire les Hongrois, avaient brûlé et pillé les villes voi: sines, tué la plus grande partie des serfs de l’Église, et laissé les autres dans une extrême pauvreté. Cependant le saint évêque allait de temps en temps à la cour rendre ses services au roi Henri 2.
Ce prince mourut le second jour de juillet 936. Pendant qu'il était à l’extrémité, la reine sainte Mathilde, son épouse, alla se mettre en prière dans l'église. Les cris du peuple lui ayant appris qu’il était mort, elle demanda s’il y avait quelque prêtre encore à jeun qui püt célébrer la messe pour lui. Adaldague s’offrit. C'était un prêtre de famille noble, parent et disciple d’Adalvard, évêque de Werden, qui
prêchait chez les Slaves dans le temps que l'archevêque Unni préchait À
chez les Suédois. Adalvard était connu à la cour, et fit connaître ke jeune Adaldague, qui était bien fait de sa personne, mais bien plus aimable par ses mœurs. Quand il se fut donc. offert à dire la messe
pour le roi Henri, la reine Mathilde lui donna sur-le-champ des bra-È
1 Labbe, t, 9, p. 591. —3 Acia S£, 4 julié,
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de Mayence: s’ava vers le peuple « Voici Othon que signé depuis lon,
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à 902 de l'érechr.] DE L'ÉGLISE/CATHOLIQUE. se
celets d'orqu’elle portait ; elle lui:sut gré toute sa vie d’avoir dit la première messe pour l’âme du roi, son époux ; et l'archevêque Unni étant mort deux mois après, élle obtint pour lui, du roi Othoïi, sén fils, l'archevêché de. Brême. Elle fit porter le corps du roi Henri à Quedlimbourg, près d'Halberstadt, : où elle avait résolu avec lui de fonder un monastère de filles, ce qu'eile exécuta incontinent., C'étaient toutes personnes nobles, et sainte Mathilde se retira avec elles pour y achever ses jours ?. [us
Elle avait eu du roi Henri trois fils, Othon, Henri et Brunon. Elle avait une prédilection singulière pour le second, ce qui fut la source de grands malheurs; car, après la mort de son époux, elle souhaitait de faire reconnaitre ce fils pour son successeur; et il: y avait un prétexte de le préférer à Othon, son ainé, en ce que celui-ci était né avant que le père füt roi, Othon >. déjà désigné par le père, l'e k porta suivant le suffrage des Francs et des Saxons ; mais Henri, s | fut duc de Bavière, garda toujours des prétentions et se révolta plusieurs fois. Le troisième frère, Brunon, dès l'enfance appliqué à l'étude et destiné au service. de l'Église, devint un grand saint.
Le lieu du couronnement d'Othon fut marqué à Aix-la-Chapelle, où premièrement les seigneurs lui prétèrent serment de fidélité hors de l'église, dans laquelle Hildebert, archevêque de Mayence, l'attendait avec tout son clergé. L'archevêque de Trèves, à cause de l’antiquité de son. siége, et celui de Cologne, comme diocésain, prétendaient faire cette cérémonie ; mais ils cédèrent au mérite de l’archevêque de Mayence. Celui de Cologne était Vicfred, qui avait succédé à Herman, mort en 995. L’archevéque de Trèves était Robert, oncle d'Othon et frère de la reine Mathilde, sa mère ; il avait succédé: à Roger, mort en 934. Quand Othon entra dans l’église, l'archevêque de Mayence s’avança et lui toucha la main droite ; puis, se tournant vers le peuple «ui remplissait les galeries hautes et basses, il dit : Voici Othon que je vous: amène ; Dieu l'a choisi, le roi Henri l'a dé-
signé depuis longtemps, tous les seigneurs viennent de le faire roi.
Si cette élection vous est agréable, témoignez-le en élevant les mains au ciel. Tout le peuple leva la main, avec de grandes acclamations ) pour souhaiter au nouveau prince toute sorte de prospérité,
Alors l'archevêque s’avança avec le roi, qui était revêtu d’une tu-
Lnique étroite à la franque, et le mena derrière l'autel, sur lequel
élaient les ornements royaux, savoir : l'épée avecle baudrier, le maneau avec les bracelets, le bâton avec le sceptre et le diadème. L'ar-
à chevèque prit l'épée, et se tournant vers le roi, lui dit : Recevez cette
1Vila B. Mathild, Acta SS,, 14 mart, Acta Bened., sect, 5, PAL 4
50 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LX, = De 91
‘épée pour repousser tous les ennemis du Christ, Barbares et mau- ‘vais Chrétiens, puisque Dieu vous donne la puissance de tout l'empire des Francs, pour afférmir la paix de la chrétienté. En lui mettant les bracelèts et le-manteäu royal, il dit : (les ornements, qui pendent jusqu'à terre, vous montrent l'étendue du zèle que vous devez avoir pôurles:intérêts de Dieu, et avec quellé constance vous devez jus qu’à la fin persévérer dans leisoin de procurer la paix. En lui mettant en main le sceptre et le bâton appelé depuis la main de justice, il dit : Que’ces symboles vous fassent souvenir sans cesse de régner sur vos sujets avec une douceur paternelle ; de tendre surtout une main secourable aux ministres du Seigneur, aux veuves et aux or. phelins ;:et que l'huile de la miséricorde rie doit jamais cesser de coulér de votre tête, afin. que vous méritiez de recevoir, non-seule. æ* la couronne temporelle maintenant, mais encore la couronne mpérissable dans l'éternité.
Après ces instructions, l'archevêque de Mayence et célui de Co-B logñe firent les onctions au prince, lui placèrent la couronne sur h@ tête ; ensuite ils, le conduisirent au trôneélevé entre deux colonne de miürbre, afin qu'il fût vu detout le peuple. La messe ayant été célébrée, le roi descendit au palais et s’assit à la table de marbre, avec les pontifes et avec tout le peuple, pour le festin solennel: les ducs servaient. Ce sont les paroles d’un auteur contemporain. Le duc Gisélbert de Lorraine, qui avait épousé une sœur d'Othon; était chargé de coordonner tout l’ensemble, et, comme Aix-la-Chapelk : était dans son gouvérnement, de pourvoir à tout ce qui était nécessaire pour la fête. Le magnanime duc Éberhard de Franconie, frère du roi Conrad et ami intime du roi Henri, s'était chargé particulière mént de ce qui regardait ie manger, le duie Herman de Souabe de cl qui regardait le boire, et le duc Arnoulfe de Bavière de loger et dk défrayer les chevaliers sans nombre qui se trouvèrent présents. C'é tait en 936, et Othon régna trente-six ans !. Hildebert, archevêque de Mayence, qui avait présidé à cette im: portante solennité, n’y survécut pas longtemps ; il mourut l'an 937,8 le dernier de mai. Il eut pour successeur Frédéric, comme lui moine de Fulde. Cefut par le conseil de ce prélat, d'Adaldague, archevèque de Brême, et de plusieurs autres évêques, que le roi Othon, voulu}
établir la religion chrétienne chez les Slaves voisins de l'Elbe, qu'l avait vaincus, fortifia la ville de Magdebourg et y fonda un monastère
à quoi il fut excité et aidé par la pieuse reine Édithe, son épouse. | ÿ fit apporter les reliques de saint Innocent, martyr, apparemmel!
1 Vitiq., 1, 2.
à 962 de l'ère ç
celui de la.lég de Bourgogne seconde année rice et saint :Î premier abbé Wurtzbourg !
De l'an 936 le pallium du sulter. le mêm nom des préla une lettre .adr aux comtes, p de Ratisbonne et généralemer d'Allemagne o Si les Ponti:
dans leur intés été transmises versité dans le croit devoir te propos, on voi versité des lie lorsque, dans 1 canons de l'Ég réformer, s'ils
choses séculièr
religion et corr apostoliques no bien de toutes | que Gérard, a prier aux tomb.
sence apostoliq a fait connaître choses répréher à notre autorité les décrets des | gneur lui-même et à ses vicaires Tu es Pierre, et il confia ses br
1 Act. Bened., s
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à 962 de l'ère chr.] DK L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 51 celui de la légion Thébaine; qui lui farentenvoyées par Rodolfe, roi de Bourgogne. Le monastère fut. établi le 23° de septembre 937, la seconde année du règne d'Othon,.et. dédié à saint Pierre, ‘saint Maurice et saint Innocent, :et mis sous la protection du Saint-Siége. Le premier abbé du nouveau monestèré fut Amnon; depuis évêque de Wurtzbourg 1, l ep De l'an 936 à l'an: 939, Gérard, archevêque de Lorch, qui le pallium du pape Léon VH, fit:un pèlerinage à Rome, pour consulter. le même :Pontife sur Plusieurs articles; en son, nom et au nom des prélats des Gaules.et de Germanie. Le Pape répondit ‘par une léttre adressée aux rois, aux dues, aux ‘évêques, aux abbés et aux comtes, particulièrement aux évêques de Juvave ou Saltzbourg, de Ratisbonne, de Frisingue, de Sebone, transféré depuis à Brixen, et généralement à tous ceux de Gaule, de Germanie, de Bavière et d'Allemagne ou de Souabe.
Si:les Pontifes du Seigneur, y dit Léon VIE, voulaient conserver
dans leur intégrité les institutions ecclésiastiques, telles qu'elles ont été transmises par les bienheureux apôtres, il n’y aurait aucune-diversité dans les ordres et les consécrations ; mais, parce que chacun croit devoir tenir, non ce qui a été transmis, mais ce qu'il juge à propos, on voit des ‘usages et des cérémonies divers, suivant la diversité des lieux et des églises. De là scandale pour les peuples, lorsque, dans votre province, on voit faire bien des choses contre les canons de l'Église et les décrets des Pères; abus qu'il serait facile de réformer, s'ils n'avaient pour auteurs des évêques qui, appliqués aux choses séculières et ambitionnent la faveur des hommes, violent la religion et corrompent les ordres. Pour nous, les préceptes divins et apostoliques nous excitent à veiller, avec une affection infatigable, au bien de toutes les églises. Nous faisons donc savoir à votre fraternité que Gérard, archevêque de la sainte église de Lauriac, étant venu prier aux tombeaux des apôtres, il s’est empressé de visiter notre présence apostolique et de solliciter la grâce de notre bénédiction. Il nous a fait connaître, avec des paroles entrecoupées de larmes, bien des choses répréhensibles ; et, du fond de son cœur, il a demandé conseil à notre autorité apostolique sur ce qui se fait contre la règle et contre les décrets des Pères dans vos provinces. Car vous savez qüe le Seigneur lui-même a confié au bienheureux Pierre, prince des apôtres, et à ses vicaires le soin de toutes les églises, la vérité même disant : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; Pièrre auquel il confia ses brebis, disant : Si tu m'aimes, pais mes brebis. C’est
reçut
1 Act. Bened., sect, 6, p.578,
à 902 de l'ère chr 59 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LX; — De 992
pourquoi nous portons la sollicitude de toutes les églises, et, posés D ar ve comme en sentinelle, nous examinons avec une grande vigitance ce et le rétablissen qui se fuit par toutes les provinces de l'univers. Sur quels articles il de Bavière, de. nous a consultés et quelles réponses nous lui avons données, nous La soi Othon vous le faisons connaître par les présentes. à Boleslas, duc On demande s'il faut mettre en pénitence ceux qui ont fait mourir | he D xs a; les sorciers, les augures et les enchanteurs. La loi de Moïse marque fils de Borzivoi qu'il faut exterminer ces sortes de personnes. Nous devons cepen- homire, leur pt dant, par nos exhortations, tâcher de les porter à la pénitence; mais ceslas avait été. s'ils méprisent les jugements de l'Église, il faut qu'ils éprouvent ha trhs-binuseibe rigueur des lois humaines, et celui qui les condamne n'est pas cou- Mhomire s'empar: able.
; On demande si les évêques doivent dire Pax vobis, ou bien Domi. Med nus vobiscum. Vous devez vous conformer là-dessus, dans votre Pr0: ES des États de Bo vince, à l'usage de l'Église romaine. Les fêtes et lés dimanches, nous pouvant souffrir disonsle Gloria in excelsis etle Pax vobis; mais en carême, aux Quatre. BR qui est honore c Temps, aux vigiles des saints et autres jours de jeûne, nous disons voulant secouer | seulement Dominus vobiscum. L'archevêque Gérard nous a ensuite était fidèle, se la demandé si l'on doit dire l'oraison dominicale dans la bénédiction Li ratisiiains ju de la table. On ne doit pas la dire, parce que les apôtres la récitaient È on dit même qu’ pour la consécration du corps et du sang de Notre-Seigneur. Malgré Ë Q8me de septemb: cétte décision de Léon VIE, on dit aujourd'hui le Pater dans la béné- | Ensuite Bolesle diction de la table, même suivant la rubrique romaine; mais on le elui-ci envoya ( dit à voix basse. envoya et comme Il nous a proposé une autre question bien digne de larmes, conti- en 950, par la so nue le Pape, savoir, si les enfants des prêtres qui se sont mariés pu- Mirent de payer t bliquément peuvent être promus aux ordres. Ces mariages sont un EE cours nouvel crime condamné par l'Écriture et par les canons, qui défendent aux emmes ; le pays prêtres de demeurer avec des femmes, à plus forte raison de se ma- sèrent la foi chrét rier. Cependant les enfants de ces prêtres ne participent pas à leur En Saxe, Adald crime, et, d’ailleurs, le baptême remet tous les péchés. Il a demandé Ps dès l'an 936 reçt si un chorévêque peut consacrer les églises, ordonner les prêtres, a ape Léon VIL: a faire l'onction du chrême et l'imposition des mains. Nous défendons, archevéque de M selon les canons, toutes ces fonctions aux chorévêques. Il a demandé M sufiragants. IL con si un homme et une femme, s'étant mariés au troisième et au qe la ville de Bréi trième degré de parenté, sans le savoir, peuvent, quandils l'ont connu s'appliqua à la mis et s’en sont confessés, } :<ister dans ce mariage. Ils ne le peuvent LS, prédécesseurs pas sans encourir l'excommunication portée par les canons. Pour h ppuyé par vas manière dont il convient d'agir-envers ceux qui pillent les églises, sur À quoi il nous a aussi consulté nots ne répondrons que ces mots de Es l'Apôtre à Timothée : Reprenez, priez, menacez. Le Pape, en finis- | sunt sa lettre, avertit les évêques de Gaule et de Germanie qu'il a éta- É
! Labbe, t, 9,p. 59 3, Act, Bened., sect
articles il ses, nous
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à 962 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 53
bli l'archevêque Gérard. son vicaire dans leurs provinces, et il leur ordonne de lui obéir en toutes choses concernant l'ordre ecclésiastique et le rétablissement de la discipline. Enfin il enjoint à Éverard, duc de Bavière, de lui-prêter secours 1.
Le roi Othon, dès le commencement de son règne, fit la guerre à Boleslas, duc des Slaves de Bohême, qui avai
homire, leur mère, était païenne et avait élevé Boleslas ; saint Venceslas avait été élevé par sainte Ludmille, son aïeule, Chrétienne et très-picuse. Le duc Vratislas ayant laissé ses fils en bus âge, Dra-
abomire s'empara du gouvernement, aboilit l'exercice de la religion
chrétienne et excita une violente persécution. Sainte Ludmille, pour en arêter le progrès, fit déclarer duc Venceslas, et on fitun partage fdes États de Bohème entre Ini et son frère. Ce que Drahomire ne pouvant souffrir, elle fit assassiner sainte Ludmille, sa belle-mère, qui est honorée comme martyre le 16 de septembre %, Enfin Boleslas, voulant secouer le joug du roi Othon, à qui son frère saint Venceslas
Httait fidèle, se laissa emporter à l'envie, à l'ambition et à la haine du
christianisme, jusquà entreprendre sur la vie de son saint frère ; et on dit même qu'il le tua de sa main. Saint Venceslas est honoré le 28me de septembre #,
Ensuite Boleslas, craignant un prince voisin, lui déclara la guerre.
elui-ci envoya en Saxe demander du secours ; le roi Othon lui en envoya et commença ainsi une guerre de quatorze ans, qui se termina en 950, par la soumission de Boleslas. La plupart des Slaves promirent de payer tribut et de se faire Chrétiens. On bâtit chez eux plusieurs nouvelles églises et plusieurs monastères d'hommes et de emmes ; le pays fut divisé en dix-huit cantons, qui tous embrassèrent la foi chrétienne, à la réserve de trois 4,
En Saxe, Adaldague, ayant été choisi pour l’archevêéché de Brême
Aus l'an 936, reçut le bâton pastoral du roi Othon et le pallium du
pape Léon VIT; mais il fut ordonné, comme ses prédécesseurs , par
archevêque de Mayence, parce que son siége n’avait point encore de
Sufiragants. IL commença par obtenir du roi la liberté et l'immunité le la ville de Brême, contre l'oppression des seigneurs; ensuite il ‘'appliqua à la mission qu'il avait reçue du Siége apostolique, comme es prédécesseurs, pour la conversion des infidèles. Son zèle fut
+PPpuyé par celui du roi Othon, auprès duquel il avait un grand
! Labbe, t, 9, P. 597.—3 Acta SS., 16 sept, — 3 Tbid., 28 sept. — + Adam, 1,2, . BA Act, Bened., sect, 5, P. 6174,
t fait mourir son |.
frère le, duc, saint Venceslas. lis étaient fils de Vratislas et petits-.
fils de Borzivoï, premier Chrétien entre les ducs de Bohême. Dra-
DR Lo er
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LX: — De 922
c rédit, en sorte qu'il le quittait rarement, sans préjudioe ner du service de son:diôcèse et de saimission 1. :
Les Danois s'étant révoltés contre Othon , ce prince M fit la guerre avec avantage, et réduisit ler roi Harold à demander la paix, à condition de tenir de lui Son royaume et de recevoir la religion chrétienne dans le Danemark. Harold se fit aussitôt baptiéer avec
SR PM PRE 2 AT à SSÈ Et RME à EE PRE SAT TEST SRE eee CS DS Rs s : ne —
rapporte aussiün miracle qui contribua à la conversion du roi Harold,
Les Danois disaient que Jésus-Christ, à la vérité, était un dieu, mais qu'il'y en avait de plus grands, parce qu'ils montraient aux hommes
évêque, soutint que Jésus-Christ était le seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Le roi Harold lui demanda s’il voulait donner en sa personne la preuve de cette créance. Il le promit, et le roi le fit garder. Le lendemain matin il fit rougir un fer très-pesant, et commanda à Poppon de le porter en témoignage de la foi chrétienne. Il le prit
ordonna qu'on rejetterait les idoles et qu’on n’adorerait que Jésus- Christ.
évêchés soumis à l'archevêché de Hambourg; mais le roï Othon les donnait comme suzerain du roi de Danemark. Le pape Agapit, qui'siégea dé 946 à 955, confirma à l’église de Hambourg tous les priviléges accordés par ses prédécesseurs, et donna le pouvoir à
d’Arhus, et il leur recommanda lesvéglises qui étaient au delà de k
ét, depuis cet établissement, la religion chrétienne fit de grands progrès dans tout le Nord 2,
Étienne VII, secondé par le roi Othon de Germanie, la paix fut ré-
une certaine énergie dans le caractère, mais peut-être point assez de
1 Adam, 1. 2, © 1.— 2? Adam, 1, 2, Vitiq., |. 8. Ditmar, L2
sa femme et son fils encore jeune, dont le roi Othon fut parrain. On à
Dans’ un festin où il était, il y ‘eut contestation sur le culte des dieux. B
de plus grands prodiges. Un prêtre nommé Poppon, qui fut depuis À
sans hésiter, après l'avoir béni, le porta autant que le Toi voulut ; h puis montra à tout le monde sa main saine et entière. Le roi Harold |
Alors le Jutland ou Danemark de deçà la mer fut divisé'en trois h
l'archevêque Adaldague d'ordonner des évêques, tant pour le Dane: mark que pour: le reste du Nord. L’archevêque ordonna donc lsk premiérs évêques pour les trois églises de Slesvig, de Rippen ch
mér Baltique, en Finlande ; eñ ‘Zélande, en Schonen et en Suède.| C'était la douzième année de son épiscopat, c'est-à-dire Jan 948; En France, nous avons vu qu'en 942, par la médiation du papt}
tablie entré: le roi Louis d'Outre-mer d’une part, les comtes Huguek de Paris ét Héribert de Vermandois de l’autre. Le roi Louis avath
loyauté ; il voulut user de tromperie, il y fut pris lui-même, et plus
à 962 de l'ère chr,
d’une fois. Il ét France, l’un.et..
une sœur du roi Héribert, con tils, tous parven par la ruse les b oncle; prit leur « leur beau-frère ( de mauvaise foi Guillaume, du un fils âgé de di; eur. Louis, voul mandie, sous pre l'éducation du je et son palais de:
sein, il proposa ( eux la Normandi Hugues celie de | mands se jouèrer Le Normand C élève était réeller veloppe le jeune épaules hors de L.
le mirent bientôt.
gouverneur de Rc toute la Normand province avec Hu
fait son entrée sol point inquiéter B Quelque temps af du jeune duc de
psur le trône, eut u s'éleva entre les s (ais y furent tués s’échapper de la n Bernard l'y fit ar qu'en confirmant
tives, et en donna de sa personne. A entre les mains de
1 Flodoard, Chron.,
— De 922 efois du
à 962 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, | 56
d’une fois. 11 était beau-frère: du comte Hugues le Grand, duc de France, l'un et l'autre ayant épousé, Hugues en troisièmes noces,
de ‘fit la une sœur du roi Othon., 7. Ltd
la paix, Héribert, comte, de Vermandois, mourut l'an 943, laissant cinq
religion MStils, tous parvenus à l'âge d'homme. Louisentreprit de leur énlever
er avec DD par la ruse les biens. de leur pète ; Hugues le Grand, qui était leur: ain. On MRoncle, prit leur défense : les deux princes envoyèrent des députés à
Harold, BNleur beau-frère Othon, devant lequel il fut constaté que Louis usait s dieux. MSde mauvaise foi envers Othon:lui-rnême 1; ({
ti, Mais Guillaume, duc de Normandie, avait été assassiné en 942, laissant
rommes un fils âgé de dix ans, nommé Richard, et surnommé depuis Sans-
t depuis eur. Louis, voulut. profiter de l’occasion pour reprendre la Nor-
ère et le Mmandie, sous prétexte de, pourvoir à la régence. de ce duché:et à
ee en sa l'éducation du jeune duc, qu'il emmena avec lui dans sa forteresse:
garder, Bet son palais de Laon. Pour mieux assurer la réussite de son dess
n'anda à Bsein, il proposa et.convint avec Hugues:le Grand de partager entre
le prit Mieux la Normandie, de manière que le roi eût la ville de Rouen et
voulut ; MR Hugues celie de Bayeux. Par leur courage et leur adresse, les Nor-
Harold MSmands se jouèrent de l’un et de l’autre:
e Jésus- D Le Normand Osmond, précepteur du jeune duc, voyant que son élève était réellement captif à Laon, se travestit en palefrenier, enveloppe le jeune prince dans une: botte de foin et l'emporte sur .ses
épaules hors de la ville de Laon, où des chevaux l'attendaient, qui
‘en trois E thon les
Agapit BBle mirent bientôt.en sûreté 2, D'un autre côté, le Normand Bernard, tous les SSsouverneur de Rouen, offre à Louis la soumission la plus entière de ouvoir à toute la Normandie ; seulement il le prie de ne point partager cette le Dane province avec Hugues de Paris, Charmé de ces dispositions, Louis
donc le fait son entrée solennelle à Rouen, et de là mande à Hugues de ne ippen ctMpoint inquiéter Bayeux, attendu qu’il l'a pris sous sa protection, là de h M Quelque temps après, le roi Harold de Danemark, venu au secours
) Suède.
an 948:k > grands
du jeune duc de Normandie, dont le-père l'avait rétabli lui-même peur le trône, eut une entrevue avec Louis d’Outre-mer. Une querelle s'éleva entre les seigneurs danois et français: dix-huit comtes fran: ais y furent tués avec la plupart de leurs soldats. Louis réussit à s'échapper de la mêlée et à se réfugier à Rouen. Mais le gouverneur Bernard l'y fit arrêter et jeter en prison. Il ne recouvra la. liberté qu'en confirmant au jeune duc de Normandie toutes ses prérogaüves, et en donnant lui-même son second fils pour otage et garant [de sa personne. A ces conditions, les Normands remirent Louis Bcutre les mains de son beau-frère Hugues. le. Grand, qui déclara à
du pape} x fut ré- Hugua® uis avai assez de , et plus
1 Flodoard, Chron.,an.914,— 2 Villelm. Gemet., His. Normann., 1. 4, c. 4:et 5.
er on is be a
rait cédé mmédiat avant de
y résolut À Rouen le s sa fille
»; Dès omte de yn affaire
en hosputé par
n que le B
e regar-
e cet ar- Ë
Orraine, l'an 934, nte, à la premier roi Conà Artold ché. On sglise de session.
Jrouillés >s terres ant l’ars, le roi Igues se npte au fut pris he nous urs son mble la vait réla ville, 1x. Ïl se sain et nt dans vêques,
quet, t.8,
à 962 de l'ère chr.]
deux mains {.
L'archevé vie Hugues se retira à Mousson, et tenta inutilement , l'année suivante, de reprendre Reims avec le secours du comte de Paris. Mais Derolde, évêque d'Amiens, étant mort, il ordonna à sa
place un clerc de Soissons, nommé Tetbauld. La même année 947,
les deux rois Louis et.Othon tinrent une assemblée nationale, où l’affaire des évêques de Reims fut examinée par les évêques. Hugues y produisit de prétendues lettres d’Artold au Pape, portant qu'il renonçait à l’archevêéché ; mais Artold protesta qu'il ne les avait jamais dictées ni souscrites. On ne put terminer l'affaire en cette assemblée, parce que ce n’était pas un concile, et on en indiqua un pour la minovembre. Cependant on ordonna qu'Artold demeurerait en possession du siége de Reims, et on permit à Hugues de demeurer à Mousson. Le concile se tint à Verdun : Robert, archevêque de Trèves, y présida avec Artold et Odalric, archevêque d'Aix, réfugié à Reims: les évêques étaient Adalbéron de Metz, saint Gauzelin de Toul, Hildebald de Munster, et Israël, évêque dans la Grande-Bretagne : c'était sept en tout. Saint Brunon, abbé de Laurcsheim et frère du roi | thon, et deux autres abbés y assistèrent. L'archevèque Hugues, cité à ce concile par deux évêques, n’y ayant pas voulu venir, on confirma à Artold la Possession du siége de Reims, et on indiqua un autre Concile pour le 13m de janvier.
Il se tint à Saint-Pierre, près de Mousson, par Robert, archevéque de Trèves, avec les évêques de sa province et quelques-uns de celle de Reims. L'archevéque Hugues vint lui parler sans vouloir entrer dans le concile ; mais il envoya aux évêques de prétendues lettres du pape Agapit, par un de ses clercs qui les avait apportées de Rome. Elles contenaient seulement un oi ‘re de rendre à Hugues le siége de Reims, et ne parurent point conformes aux canons. Les évêques, ayant pris conseil des abbés et des autres habiles gens qui étaient au concile, répondirent qu'ils avaient un autre ordre du Pape, apporté par Frédérie, archevêque de Mayence, et reçu par Robeï. de Trèves, en présence des évêques de Gaule et de Germanie, et qu'ils l'avaient déjà en partie exécuté. Il n’est donc pas raisonnable, ajoutèrent-ils, d’avoit plus d’égard à des lettres surprises par l'adversaire d’Artold, et il faut achever la procédure canonique que nous avons commencée. On.fit lire. le canon dix-neuvième du concile de Carthage, touchant l'accusateur et l’accusé, et en conséquence on jugea qu’Artold devait conserver la communion ecclésiastique et la possession du siége
1 Flod., Chron., 943. Hist., [A 4, LA 40, etc,
DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 57 Robert de Trèves et Frédéric de Mayence, qui le tenaient par les