‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 25 sur 72 · USE · texte numérisé non relu

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Église honore sa mémoire. Elle fut énterrée -« monastère de Qued- |

limbourg, dans l’église de Saint-Servais, à côté du tombeau du roi Henri, son époux, où elle avait résolu d'attendre le jour de la ri

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surrection et du jugement: Sa vie fut écrite par ordre de l'empé-.

reur saint Henri, son arrière -petit:fils 1, . |

L'empereur Othon, par sa piété et son zèle, n'était pas indigne d'une aussi sainte mère, Ayant reçu quelqués plaintes de monastère de Saint-Gall, où l’on prétendait que le relâchement s'était glissé parce que les abbés, ne pouvant toujours fournir du poisson à la communäuté, avaiént quelquefois permis l'usage de la Viande, il y envoya, l'an 968, huit évêques et autant d’abbés pour y faire la visite et informer des abus qui se seraient introduits contre la règle. Après une information exacte, ces seize commissaires rapportèrent à l’emperéur qu'ils avaient été fort édifiés des moines de Saint-Gall ; qu’il n'avait pas de religieux plus réguliers dans ses États ; que personne parmi eux ne possédait rien en propre et que toute leur richesse était la charité et l'humanité. ” :

Othon ne fut pas encore satisfait de ce rapport, et il craignit que les commissairés n'eussent été trompés, ou n’eussént voulu le tromper. Îl renvoya donc à Saint-Gall Kebon, abbé de Lauresheim, avec un saint moine de Cologne nommé Sandraté, pour y faire pratiquer la règle de saint Benoît à la lettre. Sandrate ne trouva rien à reprendre, sinon qu'on célébrait le dimanche à l'église par un chant trop haut, et le vendredi au réfectoire par un jeûne trop rigoureux et par l'abstinence du vin. L'empereur rendit alors justice aux moines de Saint-Gall ; et, pour les consoler des peines qu'il leur avait faites, il voulut lui-même leur rendre visite. N admira la régularité qui régnait parmi eux, et surtout la modestie avec laquelle ils célé-

| braient l'office. Étant au chœur au milieu d’eux, il laissa exprès

tomber le bâton qu’il tenait à la main, et il fut extrêmement édifié que ce bruit n’eût fait ni lever les yeux, ni tourner la tête à aucun des moines 2,

Dès le commencémant dé son pontificat, suivant une chronique anonyme, le pape Jean XIII traita les grands de Rome avec tant de

| hauteur, qu’il s'attira leur inimitié, Rotfrède, comte de Campanie,

etle préfet Pierre, aidés des chefs du peuple, l’arrêtèrent et l’enfer-

À mèrent au château Saint-Ange ; puis ils l’envoyèrent en Campanie, | til demeura onze mois ; mais le comte Rotfrède ayant été tué avec £ ‘on fils, les Romains rappelèrent le Pape ét lui demandèrent pardon

de ce qui s'était passé. Uné autre cause encore les déterminait à cette démarche. Pendant l'automne de l'année 966, l'empereur Othon

vint en Italie pour punir certains seigneurs italiens qui, l’année pré-

l'Acta SS,, 14 mart, — ? Ekkecard, De casib. mon. $, Gal. Hepidan. apud

144 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — Dep!

cédente, s'étaient déclarés contre lui pour Adalbert, Les Romains eurent donc peur. Et de fait, l’empereur étant à Rome et apprenant ce qui s'était passé, fit pendre douze des premiers de la ville, qui avaient été les auteurs de l'expulsion du Pape. Quant à leur chef, Pierre, préfet de Rome, il l'abandonna au Pape. Celui-ci ne le con. damna point à mort, mais lui fit couper la barbe, et le fit suspendre par les cheveux au cheval de bronze de Constantin, pour l’exposer en spectacle et apprendre aux autres à ne pas suivre son exemple. Ensuite on le dépouilla, et on le mit à rebours sur un âne qui avait une clochette au cou : le patient lui-même portait sur sa tête une outre avec des ailes, et deux autres à ses cuisses. On le promena ainsi par toute la ville de Rome, le fustigeant et le bafouant; il fut ensuite mis en prison, où il demeura longtemps ; enfin il fut remis à l’empereur, qui l’envoya au delà des monts. L'empereur fit même

déterrer et jeter à la voirie les os du comte Rotfrède, qui avait fait |

arrêter le Pape !, .

Après avoir ainsi exercé la justice à Rome, où il célébra la fête de Noël 966, l'empereur Othon alla à Ravenne et y célébra, avec le Pape, la fête de Pâques de l'an 967, qui était le 34me de mars. Pour l'utilité de l'empire, il fit tenir un concile dans l'église de Saint-Sévère, où se trouvèrent plusieurs évêques d'Italie, de Germanie et de Gaule, eton y régla aussi plusieurs choses pour l’utilité de l'Église. L'empereur rendit au Pape la ville et le territoire de Ravenne, qui lui avaient été ôtés, ou plutôt il en confirma la restitution. Il reste deux actes de ce concile de Ravenne : le premier est la déposition d'Hérolde, archevêque de Salzbourg. On lui avait fait perdre la vue en punition de ses crimes, pour avoir dépouillé les églises et donné leurs trésors aux païens, avoir conspiré avec eux pour tuer et piller les Chrétiens, et s’étrerévolté contre l’empereur. Les Papes précédents l'avaient déposé et avaient fait ordonner à sa place Frédéric, sur le choix de tous les nobles de Bavière, clercs et laïques. Cependant Hérolde, aveugle et déposé, continuait de célébrer la messe et de porter le pallium. C’est pourquoi le pape Jean, dans ce concile, confirma sa déposition et l’ordination de Frédéric, excommuniant tous les adhérents de Hérolde. Cet acte est daté du 23me d’avril 967, et souscrit par cinquante-sept évêques, le Pape compris. L'empereur souscrit après le Pape ; puis Rodoalde, patriarche d’Aquilée ; Pierre, archevêque de Ravenne; Valpert de Milan ; Landward, évêque de Minden ; Otker de Spire ; les autres sont d'Italie. L'autre acte de œ concile est l'érection de la métropole de Magdebourg, ou plutôt la

1 Faron., 966. Papebr. In Joan, XIII.

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à 99! de l'ère chr.] : DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 145 confirmation de ce qui avait élé fait à Rome pour cet effet, en 962, et qui fut alors exécuté, comme nous avons vu 1."

L'an 966 mourut le roi Bérenger IL dans son éxif, à Bamberg, en

Allemagne, où il reçut une sépulture royale. Sa veuve, Villa, prit aussitôt le ‘voile de religiéuse, même avant les funérailles de son

époux. Leur fils Adalbert, dont l'empereur Othon dompta les par: |

tisans italiens la même année, ayant été forcé de quitter l'Italie, erra trois ans sur mer, fut fait captif, et mourut à Autun sans être reconnu ?. E’année suivante 967, le jour de Noël, d’après les instances de l'émpereur Othon, le pape Jean XIII donna la couronne impériale à Othon IE, fils du premier. Le Pape et le vieil empereur l'avaient fait venir pour cela d’Allemagne, ainsi que le raconte le continuateur de Réginon ?. La chronique de Hildesheim, après avoir

L dit qu'Othon lé Grand envoya aux princes d'Allemagne pour qu'ils | anenassent en Italie, avec une royale magnificence, son fils, de

} même nom que lui, ajoute que ce prince étant venu, son père le » conduisit à Rome, le recommanda au pontife Jean, afin que, rece- D vant de lui la bénédiction augustale, il füt appelé auguste et empe

reur comme son père #, Othon le Grand lui-même, dans une lettre écrite aux Germains, leur mande que, le jour de la Nativité du Seigneur, son fils avait reçu du Seigneur apostolique la dignité de l’empire5, De ces témoignages, il résulte clairement qu'Othon IE fut associé à l’empire, créé auguste et empereur, non par un droit héréditaire, ni parce qu'il était roi d'Italie, mais par la concession du Siége apostolique, sur la demande de son père, après lequel il tint l'empire seul bien des années. tiré

Othon [er avait en vue de soumettre toute l'Italie et d’expulser les Sarrasins et les Grecs de la partie méridionale. Sur ce dernier point, il comptait pouvoir réussir par des voies pacifiques, en mariant son fils à une princesse grecque. Par ce mariage, il espérait encore atteindre un autre but. Jusqu’alors les empereurs de Constantinople n'avaient pas voulu reconnaître à ceux d'Occident le titre d'empeteur, mais uniquement celui de roi. Othon espérait lever cette difficulté politique par une alliance de famille. Il résolut donc de deman-

E der pour son fils la princesse Théophano, fille de Romain le Jeune,

et de même nom que sa mère, épouse en secondes noces de l’em-

| pereur Nicéphore. C'était une négociation délicate et difficile ,

d'autant plus que les princes de Bénévent et de Capoue, regardés jusque-là comme vassaux de l'empire grec, venaient de faire hom-

! Labbe, t. 9, P. 674, — 3 Baron., an, 966, édit. et notes de Mansi. — 3 Cont.

à légin., an. 967. — + Chron. Hildesh., an. 967, — 5 Baron., an. 968, n. 1.

ee

116 HISTOIRE UNIVERSELLE dens Ja pertie. méridionale de l'ftalie. 2: à sun à Pour cette importante ambassade, Othon choisit Luitprand, qui hi étaît'entièrement dévoué, L'évèque de Crémone avait beaucoup d'es. pritet de connaissances, avecun certain usage. des affaives ; il posé. ait fort bien la langue grecque, avait déjà.été à Constantinople comme Mt de Bérenger, et,en était revenu fort content des Grecs et de lui-même. Sous ce rapport, l'empereur Othon ne ponvait, ce sem ble, faire un meilleur choix: mais ce même Luitprand avaitune dose non commune de vanité et d'amour-propre, jointe à une vivacité de

caractère qui, pour peu qu'elle. fût irritée, ne connaissait plus de À

mesure et se iépandait non rarement en des torrents de paroles offensantes, Souple devant son maitre seul, d'autant plus fier et plus arrogant partout ailleurs, il n’était aucunement propre à négocier une affaire de famille qui. demandait les plus grands ménagements et que venaient compliquer des intérêts politiques qui n'étaient pas moins difficiles à concilier,

Aussi su mission eut-elle le résultat qu'on pouvait en attendre. Nicéphore refusa la princesse demandée ; et si ensuite il voulut l'accorder, à des conditions qu'Othon ne pouvait accepter, ce n'était point sérieusement, mais uniquement pour, se moquer de. l'ambassadeur, qui lui devenait toujours plus odieux. Si Othon, disaient Ni céphore et ses ministres, souhaite obtenir une princesse, il doit auparavant nous céder Ravenne, tout l'exarchat avec la Pentapole, evfin la ville de Rome avec tout son territoire.et tous:les autres pays jusqu'aux frontières des États grecs en Apulie et en Calabre, Que si Othon voulait simplement avoir l'amitié de l'empereur, sans plus parler de mariage, il doit avant tout. renoncer au titre d'empereur romain, ainsi qu'à tous les droits et prétentions, comme souverain protecteur de Rome et de son Siége. Bref, après un séjour de quate mois à Constantinople, qu'on ne lui rendit rien moins que trèsagréable, après qu'il eut dit à l'empereur et aux Grecs plus d'une grossièreté, et reçu d'eux autant d'impolitesses, Luitprand s’en retourna vers son maitre en Italie, sans avoir rien fait.et presque malade de chagrin, Pour se consoler du mauvais.succès de son ambassade, i en écrivit Jui-même une relation, où il épuise toutes les formules de

fatterie envers l'empereur OL in et l'impératrice.. Adélaïde ; tandis

que, Comme nous l'avons, déjà observé, il prodigue aux Grecs et à l'empereur Nicéphore les injures mème les plus populacières. Comme il avait rénssi dans sa premibre comme les Grecs et Constantinople: comme il, n'avait pas réussi dans sa seconde anbassade, rien n’est détestable conne les Grecsel

(Liv. LA, — eve mage à l'empereur Othon, qui.séjournait avec une armée ‘puissants

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Constantinople !, Tel était Luitprand. Saint Jean de Vandières sc montra plus cépable ct plus habile dans son ambassade auprès.du calife de Cordoue, s D.

Dans lemême temps qüe Lüitprand allait partir de Constantinople, où il avait empiré l'état des esprits et des choses, bien loin de l'améliorer, y arrivèrent des nonces du pape Jean XIII, avec des lettres par lesquelles’ |

il priait l'empereur N icéphore de faire avec l'empereur Othon le traité d'alliance el de mariage proposé. Les Grecs furent extrêmement itrités de ce qué le Pape, dans ses lettres, donnait à Othon le titre'd'empéreur des Romains, et ne qualifiait Nicéphore qu'empereur des Grecs. 1 IS s'emportèrent à des paroles outrageantes el mirent les nonces en prison jusqu'au rétour de l’empereur, qui était absent, Luitprand disait aux Grecs : Mais le Pape, bien loin de vouloir offenser.yotre empereur, a cru lui faire plaisir, Comme Vous avez changé la Pile 1 mœurs et l'habit des Romains, il a cru que le nom de Romain vous déplairait aussi, mais il changera à l'avenir la suscription de ses lettres. Luitprand apaisa les Grecs par cette réponse, et ils Jui donnèrent deux lettres, une de l'empereur Nicéphore à l'empéreur Othon, une autre du frère de l'empereur au Pape,

D on disant: Nous ne jugeons pas votre Pape digne de recevoir des

lettres de l'empereur; le curopalate lui écrit une lettre qui lui con-

| vient, et l'envoie, non par ses pauvres nonces, mais par vous. S'il ne

se corrige, il doit savoir qu'il est perdu sans ressource. Tel était,

| d'après Luitprand, lé langage des Grecs.

L'empereur Othon, n’ayant rien obtenu d'eux par la voie des né-

4 3, gociations, voulut leur faire sentir la puissance de ses armes. 11 poussa là guerre avec vigueur contre eux dans l'Italie méridionale, Il trouva

L plus de résistance qu’il ne s’y attendait. Il y ent des sièges et des

combats meurtriers. Le pays était ravagé par lun et l'autre parti. L'empereur Othon avait souvent l'avantage, mais pes toujours. Ce qui lui manquait, c'était une flotte pour empêcher les nouveaux renforts des Grecs. Vers la fin de l'an 970 , il se trouvait dans une position assez critique, lorsqu'il en fut tiré par un événement inattendu, qui changeait complétément l’état des affaires. Au mois de décembre 970, l’empereur Nicéphore fat assassiné, à l'instigation de

Est femme, l'impératrice Théophano, née fille d'un cabaretier, le; tandis D

L'empereur Nicéphore était homme de guerre, et remporta des avantages considérables sur les Musulmans, par lui-même et par ses Capitaines. Avant que d'étre empereur, et sous le règne de Romain le ieune, il reprit lle de Crète et la ville de Candie, que les infidèles

!Luitpr,, légat,

118 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — Le 96

en avaient faite la capitale, La seconde année de son règne, au mois de juillet 964, il passa en Cilicie et prit Anazarbe, Rosse et Adane, puis Mopsueste et Tarse, et apporta à Constantinople les portes de l'une et de l’autre. Ïl rapporta aussi de Tarse des croix, autrefois prises sur les Romains, et il les mit à Sainte-Sophie. La même année 964, les Romains, c’est-à-dire les Grecs, reprirent l'ile de Chypre et en chassèrent les Sarrasins, sous la conduite du patrice Nicétas. L'année suivante 968, troisième de son règne, l'empereur Nicéphore passa en personne en Syrie. Il eût pu prendre Antioche: mais il ne le voulut pas, à cause d’une opinion répandue dans ke penple, que sitôt qu’elle serait prise l'empereur mourrait; car tous ces Grecs étaient étrangement frappés des prédictions, et, sous « rapport, bien plus superstitieux que les peuples de l'Occident. Il ne laissa pas de faire de grands progrès en Syrie et en Phénicie; il al

jusqu'au mont Liban, prit Laodicée et Alep, et mitffripoli et Damw !

à contribution. Il laissa une garnison au mont Taurus, commandée par le patrice Michel Burzès, avec ordre de tenir Antioche bloquée, sans l'attaquer. Mais le patrice ne put se résoudre à perdre unes beile occasion, et se rendit maître d’Antioche. Les Sarrasins furent tellement irrités de. ses conquêtes, qu’ils firent mourir Christophe, patriarche d'Antioche, et brülèrent Jean, patriarche de Jérusalem, croyant que Nicéphore avait marché contre eux à sa persuasion. Ik brûlèrent aussi la belle église du Saint-Sépulcre:

La conquête si importante d'Antioche » qui même ne coûla pas une goutte de sang, semblait mériter les plus glorieuses récompenses.

L'empereur, au contraire, irrité qu'on n’eñt pas suivi ses ordres, fat

revenir le patrice Burzès, lui reproche sa désobeéissance, lui ôtele commandement et lui donne sa maison pour prison. Cette sévéril intempestive fut attribuée à la jalousie, et excita des murmures ui versels. Nicéphore, malgré ses exploits , se rendait. de plus en plus odieux à ses sujets. De particulier généreux, devenu empereur avar, on ne lui pardonnait point la misère publique. Plus propre à com: mander une armée qu’à gouverner un empire, il permettait tout aux gens de guerre. qui, abusant de cette licence, vivaient à discrétion

aux dépens de leurs compatriotes. Les plaintes qu'on lui portait de ER

leurs pilleries n'étaient pas écoutées ; il se divertissait même de le insolence. A ces mécontentements se joignaient la surcharge des impôts de toute espèce et le retranchement des pensions, sous prétexte des besoins de la guerre. 11 s'emparait des rentes constituées a

profit des églises et des monastères par la piété deses prédécesseurs. R

Ii fit une loi qui défendait de léguer des immeubles aux églises, apportant pour raison que ces biens, destinés au soulagement de:

à 991 de l'ére ct

pauvres, né sé ceux qui vers nécessaire. Ce quelques évêq sans un ordre nouveaux règ main tous les envoyait à sa réservant tout vertu que le n à Phocas, de f à à la guerre, P opposèrent av Basile, qui, lo en guerre, aur la participatior

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à 901 de l’êre chr.]

pauvres, né servaient qu'à entretenir le luxe des évêques, tandis que ceux qui versaiént leur sang pour lé salut de l'État manquäient du nécessaire. Ce qu'il y eut de pire, fut une loi à laquelle souscrivirent quelques évêques de cour : qu'aucun évêque ne serait élu ni ordonné sans un ordre de l'empereur: Ceux qui refusèrent de souscrire à ces nouveaux règlements furent exilés. Son but était de mettre en sa main tous les revenus ecclésiastiques. A la mort d'un évêque, il envoyait à sa place un économe; auquel il assignait une pension, se réservant tout le reste des revenus de l'évêché. Ne connaissant de vertu que le mérite militaire, il lui vint en pensée, comme autrefois À Phocas, de faire méttre au nombre des martyrs ceux qui mouraient à la guerre. Plusieurs prélats, soutenus du patriarche Polyeucte, s’y opposèrent avec force, lui mettant sous les yeux le canon de saint Basile, qui, loin de canoniser les armées, conseille à ceux qui, même en guerre, auront tué un ennemi, de s'abstenir pendant trois ans de la participation aux saints mystères.

Pour achever de ruiner ses sujets, il fit battre de la monnaie où il n'entrait qu'un quart de fin or. I se faisait payer les impositions en pièces de bon aloï, et ne payait Ini-même qu’en fausse monnaie. Depuis le commencement de l'empire, la monnaie frappée au coin des empereurs ne cessait d’avoir cours sous les princes suivants, sans diminution de valeur, pourvu qu’elle n’eût rien perdu de son poids. Il décria toutes les monnaies de ses prédécesseurs, pour donner cours À la sienne : ce qui fit hausser les marchandises à un prix excessif,

Des accidents fâcheux, auxquels il n’eut aucune part, contribuèrent encore à augmenter la haine qu’il avait d’ailleurs méritée, Un jour de Pâques, il s’éleva une querelle sanglante entre les soldats de l flotte et la garde arménienne. Il y eut de part et d’autre un grand carnage. Le bruit se répandit que l’empereur s’en prenait à toute la ville, et qu’il avait dessein de la punir tout entière. Quelques jours après, il donna des jeux dans le cirque, et, pour divertir le peuple, ‘

| il voulut lui faire voir l'image d'un combat de cavalerie. Dès que les

cavaliers, partagés en deux corps, eurent tiré l'épée, les spectateurs, qui n'étaient pas prévenus, s'imaginant que c'était le moment de la ‘engeance, et qu'on allait fondre sur eux, prennent l'épouvante et se sauvent en confusion ; hommes, femmes, enfants , toùs se pressent, (ous s'écrasent les uns les autres dans les passages étroits ; il en tomba un grand nombre, qui furent foulés aux pieds, et il en aurait

à péri davantage, si la contenance pacifique’et los cris de l'empereur,

qui tâchait de calmer cette alarme, n’en eussent retenu une partie.

Cependant les parents de ceux qui avaient perdu la vie en cette ren-

150 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXE = De 94

contre ne purent être désabusés ; ils continuèrent d'imputer à l'empereur la perte de leurs proches ; et, le jour de l'Assomption, comme il accompagnait une procession solennelle, ils l’accablèvent d'injures, l'appelant un cruel homicide, un monstre altévé du sang,de ses sujels; ils 19 suivirent ainsi à coups de pierres jusqu'à la place de Constantin, et c'en était fait de sa vie, si les principaux citoyens, s'attroupant autour de lui, n’eussent écarté cette multitude insolente et ne l'eus. sent reconduit à son palais.

Une insulte si audacieuse lui fit sentir à quel excès se pouvait porter lu haino de ses sujets. On lui avait prédit qu'il serait assassiné dans son palais : pour,se préparer une retraite, plus assurée en cas de révolte, il fit abattre tous les édifices voisins, entre lesquels il y en avait de magnifiques qui faisaient un des plus grands ornements de Constantinople. Il fit construire à leur place une citadelle dont l vue seule annonçait la tyrannie. C'était une place de défense qui commandait toute la ville ; elle fut abondamment pourvue de toute qui étaitnécessaire pour s'y maintenir, I employa trois ans à la bâtir!,

En 968, Constantinople fut afiligée de divers fléaux. Au mais (e mai, des vents b'ûlants et pestilentiels corrompirent et desséchèreut les fruits de la terre, et une multitude de rats dévora le surplus, d'où s'ensuivit une grande disette. L'empereur profita de la misère deses sujets pour accroître ses trésors. Il envoya de Mésopotamie, où i faisait la guerre, du blé acheté à bas prix, qu'il fit vendre le double du prix ordinuire. On l'avait déjà vu, en une autre occasion, lui et son frère Léon le Curopalate, affamer la ville par un indigne trafic sur ses subsistances, en se réservant le monopole de tous les blésde l'empire. Loin de. rougir de cette sordide et cruelle, avarice, il en lirait vanité comme d'un admirable secret de politique 4,

L'année suivante 969, au moment, qu’on achevait la forteresse auprès du palais, l'empereur se disposait à marcheren Bulgarie contre les Russes, lorsqu'il fut arrêté par un incident extraordinaire. Un inconnu, sous l'habit d’ermite, vint Jui présenter une lettre par la: quelle il était averti qu'il mourrait au mois de décembre, Le porteur de la lettre s'éclipsa aussitôt, sans qu'il fût possible de le découvrir Frappé de cet avertissement, il tomba dans une profonde mélancolie: il renonça à toute la pompe impériale, et ne voulut plus coucher que sur la terre, en habit de moine.

Nicéphore avait épousé en secondes noces l'impératrice Théophano, veuve de Romain le Jeune, qu'elle est accusée d’avoir en-

poisonné. Théophano, née fille d'un cabaretier, s'était lassée de son

1 Hist, du Ras-Fmpire, |. 15, — ® Luitpr,, légat, Léon, diacre, 64, 69.

à 001 de l'ère ahr

premier mari ; criminel avec J sonne. I! avait « Ala prière del” doine, mais avi sait le Bosphor par des voies 8 cette contrainte fril à le servir t Il fait passer ch cache dans une resse du palais clefs à l’empere mettre entre le:

pereur devait uiller l’appar!

Nicéphore dont celui-ci, soit tra qui recélait les.

La nuit suiv:

lais. Il amenait avait été si mal l'un se nomma l'impératrice, q ls tirent sur le reur, Ceux qu’o joignent à eux.

saires pour Jeu | dans son lit, ils se précipiter du parlement des !

céphore. Il s’éts achevée ce jour

Æ péau d'ours. Îl

Limiscès le réve en s'appuyant s On le traine an prochés, lui arr Pommeau des « sans dire autre Théodore l'ache les gardes, aver

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premier mari; elle se lassa du second, ot ontretint n, commerce criminel avec Jean Ziiniscès, grand capitaine et bien, fait de sa personne. Il avait été d'auvacié pour un moment et exilé dans ses terres. Ala prière de MR obtint la permission de venir à Chalcédoine, mais avec défense dé rentrer à Constantinople. Ziraiscès pes-

à 001 de l'ère «hr.]

xit le Bosphore pendant ln nuit, et s'introduisait chez l'impérairice

par des voies secrètes qu'elle lui avait ména ées. Enfin, lasse de celte contrainte, elle le pressa de se faire lui-même empereur, et s'offit à le servir de tout son pouvoir. Zimiseès accepte la proposition. Il fait passer chez l'impératrice les plus bardis de ses soldats, qu'elle cache dans une chambre obscure. C'était le 40 décembre; ia forteresse du palais venait d’être terminée, on venait d'en remettre les clefs à l'empereur. Le soir du même jour, un clerc du palais vint mettre entre les mains de l'empereur un écrit qui portait que l’empereut devait étre assassiné la nuit prochaine, et que, s'il faisait fouiller l'appartement de l'impétatrice, on y trouverait les dssassins. Nicéphore donna ordre au prémier chambellan de faire la visite ; celui-ci, soit trahison, soit négligence, visita tout, excepté la chambre qui recélait les conjurés.

La nuit suivante, Zimiscès aborde au pied de la muraille du palais. Îl amenait avec lui Burzès, qui avait pris Antioche, et qui en

|'avait été si mal récompensé par l'empereur, et quatre officiers, dont

l'un se nommait Léon, un autre Théodore le Noir. Les femmes de l'impératrice, qui les attendaient, leur descendent des corbeilles et les tirent sur le mur. Is vont sans bruit à l'appartement de l'empereur, Ceux qu'on avait retenus cachés dans la chembre obscure.se joignent à eux. L'impératrice avait pris toutes les mesures nécessaires pour leur faciliter l'accès sans être aperçus. Ne le trouvant pas das son lit, ils se croient découverts ; i!s allaient prendre la fuite et se précipiter du haut des murs, si un petit eunnque, sortant de l'apparlement des femmes, ne les eût conduits au lieu.où reposait Nicéphore. Il s'était retiré dans la nouvelle forteresse, qui venait d’être achevée ce jour-là même. Ils le trouvèrent couché par terre sur une

D péau d'ours. Îl venait de s'endormir et ne les entendit pas entrer. { Zimiscès le réveille d'un coup de pied ; et, comme il relevait la tête

ens’appuyant sur son coude, Léon lui fend le crâne d'un coup d'épée. On le traine anx pieds de Zimiscès, qui l’accable d'injures et de rebrochés, lui arrache la barbe, lui fait briser les mâchoires avec le Pommeau des épées. Nicéphore endurait ces horribles traitements sans dire autre chose, sinon : Mon Dieu, ayez pitié de moi! Enfin Théodore l'acheva d’un coup de lance au travers du corps. Comme les gardes, avertis par le bruit, accouraient au secours et qu’une

152 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXI, — De gg

foule de peuple s'assemblait au dehors, on coupe la tête au prince expirant, eton la montre, par une fenêtre, à la lueur des flambeaux, À cette vue, tous prennent la fuite, et Zimiscès demeure maître du palais. Ainsi mourut l'empereur Nicéphore Phocas, âgé de cin. quänte-sept ans, après en avoir régné six et quatre mois cinq jours!

Jean Zimiscès fut aussitôt reconnu empereur, avec les deux jeunes princes Basile et Constantin, fils de Romain le Jeune, encore enfants,

Zimiscès rappela ceux que Nicéphore avait exilés, et premièrement À

les évêques qui n'avaient pas voulu souscrire à le loi qu'il avait faite au mépris de l'Église, La même nuit que Nicéphore cut été assas sine, Jean Zimiscès alla avec peu de suite à la grande église, voulant recevoir le diadème des mains du patriarche Polyeucte. Mais le patriarche dit qu'il était indigne d'entrer dans le temple de Dieu, ayant les mains encore dégouttantes du sang de son parent et de s0a em. pereur; qu'il fit pénitence, et qu’ensuite il pourrait être reçu dans l maison du Seigneur. Zimiscès reçut modestement la réprimande, et promit de faire avec soumission tout ce qui lui serait ordonné ; mais il représenta qu’il n'avait pas mis la main sur Nicéphore, et que tels et tels l'avaient tué par ordre de l'impératrice. Le patriarche or. donna qu'elle fût chassée du palais et reléguée dans une île ; que les meurtriers de Nicéphore fussent bannis, et que la loi qu'il avai dressée au préjudice de l'Église fût cassée, Tout cela fut exécuté, et

Zimiscès promit encore de donner aux pauvres, pour l'ex iation de | » P

ses péchés, tous les biens qu'il avait comme particulier. Il fut alors couronré le jour de Noël.

Le ptriarche Polyeucte ne survécut que’trente-cinq jours, et ent pour successeur Basile Scamandrin, moine, qui était en réputation d’une vertu parfaite. Pour remplir le siége d’Antioche, qui était aussi vacant, l'empereur Zimiseès nomma un moine de grande vertu, nommé Théodore, qui lui avait prédit l'empire, et l’avait prié de transporter en Occident les manichéens qui infectaient tout l'Orient, et de les mettre dans des lieux déserts ; ce que l’empereur exécuti depuis, et les mit en Thrace, près de Philippopolis, au grand malheur de l'Occident 2,

La conquête de l'ile de Crète sur les Sarrasins donna lieu d’y rétablir la religion chrétienne, at ce fut principalement par les travaux de saint Nicon, surnommé Métanoïte, parce qu’il avait toujours à la bouche ce mot, qui signifie en grec : Faites pénitence. II était né dans le Pont, de parents considérables 3 mais dès qu’il fut un peu grand,

F ifist, du Bas-Empire, |. 15. Cedr., Zon., Manass., Glycas, Joël, Léon, diacre. — ? Jbidem.

à 991 de l’ère il s'enfuit à du Pont et « demeura do suite son ab de plusieurs où il tit de qu'il délivra Depuis il de la domin:

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à 991 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 163

il s'enfuit à leur insu au monastère de la Pierre-d'Or, sur les confins du Pont et de la Paphlagonie. L'observance y était exacte ; et Nicon y demeura douze ans, pratiquant parfaitement la vie monastique. Ensuite son abbé, ayant eu révélation qu’ilétait appelé à la conversion de plusieurs peuples, le fit sortir du monastère, et l'envoya en Orient, où il fit de grands fruits, particulièrement parmi les Arméniens, qu’il délivra de plusieurs erreurs.

Depuis il fut inspiré de passer en l'ile de Crète, Bien que délivrée de la domination des Sarrasins, cette île était encore pleine de leurs superstitions, qui avaient pris racine pendant des cent trente ans qu'ils en avaient été les maîtres. Saint Nicon commença par y crier à son ordinaire : Faites pénitence ! Mais les insulaires, étonnés et choqués de cette nouvelle manière de précher, s'irritèrent furieusement contre lui, et étaient prêts à le maltraiter, Il changea donc de méthode, et, prenant en particulier les plus sensés et les plus dociles, il les apaisa d’abord par des paroles douces, puis il les toucha cù leur découvrant leurs péchés et leurs actions les plus secrètes. Alors leur colère se tourna en vénération : ils le regardèrent comme un apôtre envoyé de Dieu; sa réputation se répandit par toute l’île ; on venait à lui de tous côtés. Ils embrassèrent la foi qu'il leur proposait et reçurent tous le baptême. On rebâtit partout des églises ; on établit des prêtres, des diacres et des portiers, et on régla les saintes cérémonies. Après plus de deux ans de séjour, saint Nicon s’embarqua et passa à Épidaure.

Ce qu'il avait fait en Crète, il le fit à Athènes, à Thèbes, à Corinthe, à Argos, à Lacédémone, faisant partout un grand nombre de conversions et de miracles. À Lacédémone, il acquit. une telle réputation, que, vers l’an 984, Basile, gouverneur de la province, le pria de venir le trouver à Corinthe, pour le consoler dans la maladie dont il était afligé, et dans l’afarme où il était à cause des Bulgares, qui, ayant ravagé l’Épire, menaçaient le Péloponèse. Saint Nicon vint à Corinthe, et guérit le gouverneur, non-seulement desa maladie, mais de sa crainte, l’assurant que les Bulgares avaient tourné leur marche d’un autre côté.

Peu de temps après, le saint homme s'étant retiré à Amyclée, autre ville du Péloponèse, plusieurs des principaux de Lacédémone l’allàrent trouver, le priant instamment de venir secourir la ville aflligée de la peste. Nicon y consentit, mais à condition qu’ils chasseraient les Juifs de leur ville, et il leur promit même, à ce prix, de passer chez eux le reste de sa vie. La chose fut exécutée, et on voyait tous les jours des malades venir en troupes de tout le Péloponèse, chercher le saint homme, qui, en les guérissant, les exhortait à la péni-

154 HISTOIRE UNIVERSELLE [LV LXI, = De 969 tence. Un nommé Jean Aratus était le seul qui se laignait de l'expul. sion des Juifs, et it murmurait hautement contre con. Îl osà inôme en fire entrer uni dans Ia ville, soûs prétexte de quélque ouvrage ; mais Nicon s’y oppôsa vigoureusement, et ayant pris un bAtôn qu'il réncohtra, il en maltraita le Juif'et le mit dehôrs ; car il ne pouvait souffrir cêtte nation. Aratus, fürieusement ivrité de cétté action, commença à chärger Nicon d'injures ; mais il lui dit sans s'émouvoir: Reviens à toi, pleure tes péchés, tu sentiras bientôt ‘quel est le fruit de l’arrogance. La nuit Suivante, Aratus eut un songe terrible, où il se vit fouetté et mis en prison pour avoir injurié le servitéur de Dieu, À son réveil, la fièvre le prit, il demanda pardon à Nieon, et mourut le troisième jour, Cét exemple répandit une grande crainte à Lacédémone, et accrut beaucoup l'autorité de saint Nicon, |?

Un dimanche, pendant les vêpres, le gouverneur, nommé Grégoire, jouait à la paume autour de l'église, en sorté que les cris des joueurs et des spectateurs troublaïent le service. Nicon sortit et les reprit avec beaucoup de liberté. Grégoire, qui aimait le jeu et qui perdait, le chargea d'injures et le fit chasser de la ville ; mais sitôt qu'il voulut lever la main pour recevoir la balle, il fut frappé de paralysie par tout le corps, avec de cruelles douleurs. N'y trouvant point de remède, il appela saint Nicon, par Je conseil de l'évêque Théopempte, et lui demanda pardon, Le saint homme, sans lui faire aucun reproche, lui pardonna et le guérit ; et depuis ce temps Grégoire fut un de ses meilleurs amis. Saint Nicon mourut vers l'an 998, le 26me de novembre, jour auquel l'Église, tant grecque que latine, honore sa mémoire. Il se fit plusieurs miracles à son tombeau, dans son monastère de Lacédémone, et l'on y gardait son portrait, fait par miracle, à ce que l'on croyait, et sur lequel l’auteur de sa vie le décrit ainsi : 11 était de grande taille, le poil noir, les cheveux ntgligés, vêtu d'un habit d'ermite fort usé, ténant à la main un bâton terminé en haut par une croix. Cette vie fut écrite, environ cent cinquante ans après la mort du saint, par l’abbé du même monastère 1,

Le changement de maître avait augmenté les troubles de l'empire grec. Tout était en mouvement sur les frontières, Du côté de l'Orient, les conquêtes de Nicéphore étaient sur Je point d'échapper. Ce prince n'avait pas laissé de troupes suflisantes pour retenir dans le devoir fant de villes prises en Cilicie, en Phénicie, en Célésyrie. En Occident, les Russes, armés contre les Bulgares, menaçaient de tourner leurs armes contre les Grecs, qui les avaient imprudemment

î Baro., an. 961, 981, 998. Martenne, t, 6, p. 838,

à 991 de l'ère

attirés en Bu rieure ne 8e, désolait l'em par remédier les contrées :

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à 991 de l'ère chr.], DE L'ÉGLISE, CATHONIQUE, 166 attirés en Bulgarie. Îl était encore à craindre que quelque révolte intérieure ne se pol aux périls du dehors; depuis trois ang la famine désolait l'empire, et le murmure était général, Zimiscès commenc par remédier au mal le plus prochain. 11 acheta des blés dans toutes les contrées voisines, et, fort différent de Nicéphore, il les fit. vendre à bas prix, IL se crut bien dédommagé de cette dépense par l'affection de ses sujets, et, après les avoir soulagés, il songea à se faire respecter au dehors. |

IL tourna d'abord ses armes du côté des Sarrasius. Tous les peuples mahométans, égyptiens, perses, arabes, africains, consternés de la perte d'Antioche et d'une aussi grande étendue de pays, s'étaient ligués ensemble, et, réunissant leurs forces, ils avaient formé une armée do cent mille combattants. À la tête de cette ligue étaient les Sarrasins de Carthage, qui passaient pour les plus habiles dans les guerres de terre et de mer. Le commandement général fut donné à l'Africain Zohar, capitaine d'une grande réputation, Cette armée formiduble alla mettre le siége devant Antioche. A la première nouvelle qu'en eut l'empereur, il envoya ordre au gouverneur de Mésopotamie de rassembler en diligence toutes les troupes du pays et de courir au secours. Il fit marcher en même temps ce qu’il avait de soldats à Constantinople et dans le voisinage; et, ayant ainsi formé une armée, il mit à Ja tête Le patrice Nicolas, un de ses eunuques, dont il connaissait les talents militaires. Nicolas, s'étant joint aux troupes de Mésopotamie, quoique très-inférieur en nombre, livra. bataille aux ennemis, et les défit entièrement, avec autant de bonheur que de courage. 11 ne fallut que cette action pour dissiper la ligue: musulmane.

Mais, pour dompter les Russes, les Hongrois et les Bulgares, qui s'étaient ligués de leur côté et menaçaient Constantinople, il fallut deux ans et plusieurs batailles meurtrières. L'empereur Zimiseès, tant par ses généraux que par lui-même, se rendit maître de la Bulgarie et deses principales villes. De soixante mille Russes qui étaient venus en ce pays, il n’en restait que vingt-deux mille, Venceslas, leur chef, demanda par ses députés d'être reçu, sous la foi publique, ami et allié de l'empire. Zimiscès lui accorda sa demande, Les Russes s’en retournent chez eux par le pays des Patzinaces, aujourd'hui les Cosaques, leurs alliés dans cette guerre. Venceslas et ses troupes sqnt surpris et tués dans une embuscade. Les Patzinaces ne pouvaient lui pardonner d’avoir fait la paix avec les Grecs sans leur participation. Il eut pour successeur Volodimir ou Vladimir, son fils naturel, que nous verrons épouser la princesse Anne, sœur du jeune empereur Basile ; et cette princesse achèvera d’étahlir la religion chrétienne en Russie,

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166 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXI, — De no)

Après le départ des Russcs, l'empereur Zimiscès, ayant passé quelque témps à fortifier les places le long du Danube, reprit le cho. min de Constantinople. 1 trouva, en dec des murs, le patriarche, le clergé, lo sénat et tout le peuple, qui le reçurent avec des aéclama. tions! dô joie et des chants de victoire, Les uns lui présentaient des couronnes, les autres des sceptres d’or enrichis de pierrerics, IL recevait ces présents et en faisait de plus riches encore. On lui amena un char brillant d'or et attclé de quatre chevaux blancs ; au lieu d'y monter, il y fit mettre les ornements royaux des princes bulgaros, et au-dessus une statue de la sainte Vierge, qu'il apportait de Bulgarie ; il la At triompher à sa place. Il suivait sur un cheval blanc, la tête ceinte du dindème, 11 traversa ainsi toute la ville, dont les rues étaient tapissées d'étoffes d'or et de pourpre, avec des guirlandes de laurier, Après avoir rendu grâces à Dieu dans l'église de Sainte-Sophie, il y fit suspendre une magnifique couronne qui avait servi aux rois bulgares, et se retira au palais, Il y fit venir Borisès, roi de Bulgarie, et lui fit ôter les ornements royaux ; c'étaient la couronne d'or, la tiare de fin lin et les brodequins de couleur de pourpre. L'ayant ainsi dépouillé de la royauté, il lui conféra la dignité do maître de la milice. Romain, son frère, fut fait eunuque, Le royaume de Bulgarie revint ainsi pour quelque temps à l'empire, et fut souris À Zimiscès tant qu'il vécut. Zimiscès célébra sa victoire par un trait de bonté paternelle plus utile aux peuples et plus glorieux aux princes que tous les monuments de la vanité, 1l déchargea ses sujets

d’un impôt onéreux, qu'on nommait l'impôt de la fumée, établi sur chaque cheminée, depuis plus de cent cinquante ans, par le méchant prince Nicéphore, premier du nom.

En 970, pendant l'hiver, Zimiscès, qui était veuf de Marie, sœur de Bardas Sclérus, l'un des principaux généraux, épousa Théodora, fille de Constantin Porphyrogenète et sœur de Romain le Jeune, Tout au contraire de Théophsuo, elle n'était pas belle, mais chaste et verteuse, Ce mariage fut très-agréable aux Grecs, qui conservaient à la famille de Constantin la tendresse qu'ils avaient eue pour ce prince,

En même temps il cherchait, par un autre mariage, À se concilier l'amitié de l'empereur Othcn : on reprit la négociation manquée par Luitprand, touchant le mariage de la princesse Théophano avec l'empereur Othon IE. Zimiscès lui-même en fit les premières ouvertures, Dès qu'il se vit sur le trône, il commença par tirer des fers Pendolphe, prince de Bénévent et de Capoue, prisonpier depuis {rois ans à Constantinople. J1 lui donna la liberté après lui avoir fait promettre qu'il engagerait Othon à retirer ses troupes des provinces

à 001 de l'ère

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à 001 de l'ère chr.] :‘ DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 157 grecques d'Italie, Pandolphe tint parole, 1 persuada même à Othon

de cimenter la paix par une alliance de famille, en demandant de

nouveau, pour son fils, la princesse Théophano ou Théophanie, devenue la nièce du nonvel empereur par son mariage avec Théodora, tante de la princesse. Les choses étant convenues de part et d'autre Othon envoya une ambassade solennelle, dont le chef était, non plus le vaniteux Luitprand, mais l'archevéque Géro de Cologne. Accompagnée d'un brillant cortége, la princesse vint à Rome, le 1Havril 972, jour du dimanche de Quasimodo. Le pape Jean XIII célébra le mariage, la couronna et lui donna le nom d'Augusie. Elle n'avait de Théophano, sa mère, que le nom et la beauté, Chaste, spirituelle, très-habile dans le gouvernement, son âme élevée et son caractère viril soutint la dignité de sa couronne pendant les neuf ans de la minorité de son fils Othon III. Elle savait également se faire aimer et se faire obéir, On ne lui reproche qu'un peu trop de hauteur. Elle fit, par ses vertus, l'honneur de l'empire d'Allemagne, mourut en 990, et fut enterrée à Cologne, dans l'église de Saint-Pantaléon !,

Pendant le séjour de l’empereur Othon à Rome, un des seigneurs qu'il chérissait le plus füt saisi du démon en présence de tout le monde, ea sorte qu'il se déchirait lui-même à belles dents. L'empereur le ft mener au Pape, pour lui mettre autour du cou la chaîne de saint Pierre, Mais les clercs le trompèrent et lui mirent jusqu'à deux fois une autre chaîne, qui ne fit aucun effet. Enfin on apporta la véritable; et, quand on l'eut mise au cou du furieux, il fut délivré du démon, écumant et jetant de grands cris, Théodoric, évêque de Metz, qui était présent, se saisit de lu chaîne, et dit qu'il ne la quittetait point si on ne lui coupait la main. Enfin, l'empereur termina le différend, et obtint du Pape que l’on séparerait un chaînon pour le donner à Théodoric, Cet évêque, parent de l'empereur et chéri de lui plus que tous les autres, l'accompagna trois ans, le servant à sa guerre d'Italie ; et, à son retour, il emporta de divers lieux plusieurs corps saints et d'autres reliques, dont il enrichit son église et qu'il mit à l’abbaye de Saint-Vincent, qu'il avait fondée 2,

L'empereur Nicéphore, par jalousie contre les Latins, avait ordonné au patriarche Polyeucte d’ériger Otrante en archevêché, et de ne plus permettre qu’on célébrât en latin les divers mystères, daas l'Apulie et la Calabre, mais seulement en grec, disant que les Papes de ce temps-là n'étaient que des marchands et des simoniaques. Polyeucte envoya donc à l’évêque d’Otrante des lettres par lesquelles

! Hist, du Bas-Empire, |, 15. Kerz, — 1 Chron. saxon., an, 968. Sigeb., an.

mg am om

158 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXT, — De 96 ile faisait archevêque etlui donnait pouvoir de consacrer des évêques dans Cinq Villes des environs ?. Le pape Jean XII, de son côté, érigea deux nouveaux archevéchés dans la partie méridionale de l'Italie, qui jusué-Ià n'avait eu d'autre métropole que Rome ; car ce Pape, étant chassé de Rome, se retira à Capoue, et ensuite, à la prière de Pandolfe, qui en était prince, ilérigea ce siége en archevèché, eten consacra premier archevêque Jean, frère du même prince, l'an 968: L'année, suivante, dans un concile tenu à Rome, en présénce de l'empereur Othon, lé même pape Jean XIII érigea aussi en arche: vêché le siège de Bénévent, à la prière du même Pandolfe, quien était seigneur, et en considération du corps de saint Barthélemi, qui y reposait. Le Pape accorda donc à Landolfe, déjà évêque de Bénévent, le pallium et le droit de consacrer ses suffragants, au nombre

de dix, à la char‘ toutefois que l’évêque de Bénévent viendrait à !

Rome recevoir la consécration et le pallium. La bulle est souscrite par le Pape, l’empereur et vingt-trois évêques, et datée du 26m de mai 969, la quatrième année du pontificat de Jean XIII 3.

Vers ce temps} saint Udalric, évêque d’Augsbourg, fit son troisième et dernier pèlerinage à Rome, quoiqu'il sentit ses forces diminuer de jour en jour ; en sorte qu'après avoir fait un peu de chemin en Voiture, à son ordinaire, il fallut le mettre sur une espèce de litière, où il était couché. Ayant fait ses prières à Rome, reçu des indulgences et pris congé du Pape, il passa à Ravenne ; et sachant que l'empereur Othon y était, il envoya l’avertir de son arrivée, et, sans attendre la réponse, il vint à la porte de la chambre. L'empereur avait tant d'affection pour le saint vieillard, qu’il courut le recevoir n'ayant qu'un pied de chaussé, et fit appeler l'impératrice sainte Adélaïde. Ils s'entrelinrent quelque temps familièrement ; et l'évêque, profitant de cette occasion, pria l’empereur de donner à son neveu Adalbéron l'administration du temporel de l'évêché d’Augsbourg pendant ce qui lui restait de vie, afin qu'il eût plus de liberté de s'appliquer à la prière et à ses fonctions spirituelles, le priant de donner à ce neveu, après sa mort, le titre même et la Chaire épiscopale. L'empereur lui accorda ce qu'il demandait, lui donna plusieurs livres d’or, et pourvut à la commodité de son voyage jusqu'à la frontière de la province. Adalbéron accompagnait l’évêque, son oncle ; et, quand ils furent arrivés à Augshourg, il assembla tous les vassaux et les serfs de l’évêque, et se fit prêter serment de fidélité en sa présence. Saint Udalrie commença dès lors à porter un habit sembiabie à celui des moines dont il pratiquait déjà la règle ; mai

! Luitpr,, légal, — ? Chron, l'ass., 1. ?, 6.9, — 5 Labbe, t. 9, Ps 1238.

à,90t de l'ère |

Adalbéron p:

ôter loute es] L'empereu gelheim, l'an béron. Les é quement.-le b les canons, s'était rendu, n'entra point étant, on.exar se fairé.entenc on demanda cç ne parlait poir mands, et par!

en menant la comme vous f cours pour ex prosterna aux.

pas le refuser, toutefois, aprè:

exclu de l’épis une hérésie d’e Ils appelaient | Le lendemai | serment qu’on son maître, sut d'embrasser la aux évêques, i concile ; mais, .

prirent Udalric les canons et qi pas donner occ:

en ordonne un.

seront exposés } et de leurs clerc l'égard d’Adalt E nous n’ordonne rendit à leurs av reur chargea Ad

E ner sous jui l’év

Ce concile fut

la fte de Paque

, — De962 28 évêques son côté lionale de ne ; Car ce à la prière ché, eten l'an 9682 sénce de en archefe, quien lemi, qui de Bénéu nombre iendrait à

souscrite u 26me de

son troices dimie chemin spèce de reçu des t sachant rivée, et, L'empeit le receice sainte l'évêque, on neveu ugsbourg liberté de priant de aire épinna plue jusqu'à que, sn à tous les délité en un habit le ; mais

ajg0t de l'êre ehr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 459 Adalbéron portait publiquement la férule où le bâton pasloral, pour ôter toute espérance à ceux qui prétendaient à cet évêché. L'empereur Othon étant revenu, d'Italie, on tint un concilé à Ingelheim, l'an 972, où saint Udalric fut appelé avec son neveu Adal-

Let

béron. Les évêques furent indignés de savoir qu'il Pia publiquementle bâton pastoral, et disaient que, s'étant attri ué, contre ls canons, les honneurs de l’épiscopat du vivant de l'évêque, il s'était rendu, indigne de l'être jamais. Adalbéron, l'ayant appris, n'entra point dans le concile le premier jour ; et saint Udalric y étant, on,examina l'affaire, Comme il avait la voix trop faible poux se faire.entendre, on fit venir un de ses clercs nommé Gérard, à qui on demanda ce que désirait son maître. I répondit en latin, car on ne parlait point.autrement dans le concile, quoique composé d’Allemands, et parla ainsi : Le désir de mon maître est d’attendre la mort en menant la.viecontemplative et pratiquant la règle de saint Benoit, comme vous pouvez codnaitre par son habit, Il ajouta d’autres dis-

cours pour expliquer les in‘entions de saint Udalric, ei enfin se prosterna aux pieds .de l’empereur et des évêques, les priant de ne pas le refuser, Quelquesévêques prenaient le parti d’Adalbéron ; et

toutefois, après.de longues disputes, ils convinrent tous qu'il serait exclu de l'épiscopat, s'il ne jurait qu’il n'avait point su que c'était

une hérésie d'en usurper la puissance en prenant le bâton pastoral.

Ils appelaient hérésie le mépris formel des canons.

Le lendemain,, Adalbéron vint au concile avec son oncle, et fit le

| serment qu'on lui demandait. Gérard demanda réponse, au nom de

son maître, sur la demande de faire ordonner évêque son neveu et d'embrasser la vie monastique, Quoique cette proposition ne plût pas aux évêques, ils ne voulurent pas la rejeter ouvertement dans le concile ; mais, par un commun avis, les plus habiles d’entre eux prirent Udalricen particulier et lui dirent : Vous qui savez si bien les canons et qui avez toujours vécu sans reproche, vous ne devez pas donner occasion à un tel abus, que, du vivant d’un évêque, on en.ordonne un autre à. sa place ; autrement, plusieurs bons évêques seront exposés à de grands inconvénients de la part de leurs neveux

| et de leurs clercs : il vaut mieux. que Vous demeuriez en place. À l'égard d’Adalbéron, nous vous promettons qu'après votre décès

nous n'ordonnerons point d'autre évèque d'Augsbourg. Udalric se rendit à leurs avis,.et, du consentement de tous les évêques, l’empe- 'eur chargea Adalbéron de prendre sain de son oncle et de gouver-

E ner sous jui l'évêché.

Ce conciie fut tenu en automne ; et, l’année suivante 973, après

la Rte de Pâques, qui futle 23me de mars, le saint évêque, accom-

pour ses bonnes qu de Dieu, libéral et bienfaisant !. | és

Peu de temps après, saint Udalric apprit la mort de l’empereur Othon, arrivée !s mercredi d'avant la Pentecôte, 7me jour dé mai 973. Il avait assisté À matines et à la messe, et fait ses anmOnés à l'ordinaire. Étant à vêpres, après le Magnificat, il se trouva mal; les soi. gneurs qui étaient présents le firent asseoir sur un banc, Il pench la tête comme s'il eût déjà passé ; on le fit revenir, on lui donna le corps et le sang de Notre-Seigneur, et, après l'avoir reçu, il expire tranquillement dans sa soixante-deuxième année. 11 en avait régné trente-six comme roi de Germanie et onze comme empereur ; il est connu sous le non d'Othon le Grand, et fut en effet le plus grand prince de l'empire d'Occident après Charlemagne, Le lendemain matin, son fils, Othon IL, déjà couronné émpereur par le Pape, fut de nouveau élu par tout le péuple, qui lui fit sérment de fidélité ; puis il fit porter le corps de son père à Magdebourg, où il füt enterré à côté de sa première femme, la pieuse reine Édithe®.

Pendant deux mois que saint Udalric lui survécut, il fit beaucoup d’aumônes et de prières pour ce prince, et continua de dire h messe tous les jours, tant que ses forces lui permirent de se tenir debout. Quand il ne put plus dire la messe, il sé faisait mener tous les jours à l’église pour l'entendre. Puis, étant assis dans sa chambre, après avoir achevé l'office et tout le psautier, il se faisait lire les Vies des Pères et les Dialogues de saint Grégoire, par Gérard, prévüt

de son église, et s’en entretenait avec lui. Un jour il dit, comme |

s'éveillant d’un profond sommeil : Hélas ! hélas ! je voudrais n'avoir jamais vu mon neveu Ad&lbéron; parce que j'ai consenti à son désir,

ils ne veulent pas me recevoir en leur compagnie que jen’en aieété À

uni.

* Le jour de la Saint-Jean, fl se fit habiller dès le matin et revêtir des ornements, et alla à l’église, où il célébra deux messes de suite, ce qu'il regarda comme un miracle. La veille de Saint-Pierre, qui était un dimanche/'avant que l'on commencçât vêpres, ayant pris un bain et s'étant revêtu des habits qu’il avait préparés pour ses funérailles, il attendait la mort; mais elle n’arriva que le vendredi sui-

vant. La sentant approcher, il fit étendre de la cendre en croixet Ë

1 Vit, S. Udair. Acta SS., 4 julit. Act, Bened., sect, 5. — ? Vitich., 1, 3, in fin.

[Liv, LXI, = De 962

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à 991 de l’ére chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 161

jeter dessus de l'eau bénite, puis il y demeura couché jusqu'à ce qu'il expirât. C'était le 4me de juillet 973; il avait quatre-vingt-trois ans d'âge et cinquante d’épiscopat. I1 fut enterré à Sainte-Afre, et saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne, officia à ses funérailles. Il se lit plusieurs miracles à son tombeau ; il en avait fait plusieurs pendant sa vie. L'Église honore sa mémoire le jour de sa mort 1. Il est connu sous le nom de saint Ulrie, vulgairement saint Ouri. Sa vie a été écrite par un auteur qui avait vécu dans sa familiarité. Saint Wolfgang naquit en Souabe, de parents médiocres. Après avoir commencé avec beaucoup de succès ses études au monastère de Reichenau, il passa à Wurtzbourg avec Henri, frère de Poppon, qui en était évêque et qui avait fait venir d'Italie un très-habile maitre nommé Étienne. Peu de temps après, c'est-à-dire l'an 956, le roi Othon 4er donna l'archevêché de Trèves à Henri, qui était son | parent, et le nouveau prélat emmena avec lui son ami Wolfgang. 11 voulut le combler de biens et d'honneurs, et lui donner après lui la plus grande autorité dans le diocèse ; mais Wolfgang ne voulut point * d'autre emploi que d’insi uire la jeunesse ; encore le faisait-il gratuilement, refusant même ce qu’on lui offrait et nourrissant à ses dé- | pens les écoliers pauvres. Il n'avait pas moins soin des mœurs de ses | disciples que de leur instruction ; et lui-même s’abstenait de la chair, jeûnait, veillait et priait beaucoup, et ne portait point d'habits précieux. Il refusa des abbayes dont l'archevêque Henri voulait lui donner la conduite, et accepta seulement d’être doyen de quelques cha- RC noines, qu'il réduisit à la vie commune et à l'étude. SEL L'archevêque Henri étant mort en 964, Wolfgang avait résolu de se relirer en son pays, pour quitter le monde entièrement, comme il désirait depuis longtemps. Mais saint Brunon, frère de l’empereur et archevêque de Cu!ogne, le fit venir auprès de lui et lui offrit outes sortes d'avantages, même l'épiscopat. Wolfgang les refusa constamment ; toutefois, il demeura quelque temps auprès de ce prince, et témoigna souvent, depuis, qu'il n'avait guère vu de vertu Pareille à la sienne. Enfin, Brunon lui permit de suivre son inclination ; il retourna en Souabe, il fut reçu avec une extrême joie par | “S parents, qui le regardaient comme le soutien de la famille et lui offraient toutes les commodités temporelles ; mais il les quitta pour aller se cacher dans le monastère d'Einsielden, au fond d’une obscure forêt, et y embrassa la vie monastique, sous la conduite de l'abbé | Grégoire, Anglais de naissance, qui avait tout quitté pour y venir Servir Dieu.

l'Acia SS., 4 Julii, Act, Bened., sect, 5.

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