‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 27 sur 72 · TR NS · texte numérisé non relu

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104 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXI, — Deggn

qui lui demandaient l'aumône, il vint un aveugle qui dit avoir eu révélation de saint Pierre qu'il recouvrerait la vue en lavant ses you de l'eau dont l'abbé Mayeul aurait lavé ses mains, L'abbé le renvoya avec une forte réprimande, et, sachant qu'il avait demandé de cette eau à ses domestiques, il leur défendit avec menaces de lui en donner. L'aveugle ne se rebuta point ; mais, après avoir été rebuté plusieurs fois, il attendit l'abbé sur le chemin, prit son cheval par bride, et jura qu'il ne le quitterait point qu'il n'eût obtenu ce qu'il demandait. Et, atin qu'il n'y eût point d’excuse, il portait de l’eau dans un vase pendu à son cou. Le saint en eut pitié, il descendit de cheval, bénit l'eau selon l'usage de l'Église, en fit le signe de la croix sur les yeux de l’aveugle, puis, avec les assistants, se mit à genoux et pria la sainte Vierge avec larmes. Avant qu'il se fût relevé, l’aveugle recouvra la vue. Syrus, auteur de la Vie du saint, dit avoir appris ce miracle de ceux qui en furent témoins. Dans une terre de l’abbaye de Cluny, un paysan s'étant fait donner secrètement de l’eau dont l'abbé s'était lavé les mains, en lava les yeux de son fils aveugle, qui recouvra la vue aussitôt, Le saint homme, l'ayant su, faisait depuis répandre en sa présence l’eau dont il s'était lavé ; mais on ne laissait pas de lui en dérober qui guérissait les malades. On raconte de lui un grand nombre d'autres miracles.

IL augmenta considérablement les biens temporels de Cluny, et en étendit l’observance à plusieurs monastères qu’on le chargea de réformer en France et ailleurs. L'empereur Othon le Grand, connaissant son mérite par le rapport de plusieurs personnes, désirait ardemment de le voir ; car les soins de l'empire ne l’empéchaient pas d'avoir une grande affection pour les monastères, et il gémissait souvent de voir les moines mener une vie séculière. Heldric, qui, comme nous l'avons vu, après avoir été un seigneur considérable en Jtalie, avait tout quitté pour se rendre moine à Cluny, procura à l'empereur la connaissance particulière de l'abbé Mayeul. Ce prince le fit donc venir près de lui, et le prit tellement en affection, qu'il voulut lui donner le gouvernement de tous les monastères qui dépendaient de lui en Italie et en Germanie. L'impératrice sainte Adélaïde aurait voulu le servir comme la moindre femme : il était aimé et respecté de tous les seigneurs ; c'était le confident de l'empereur, et tous ceux qui avaient des affaires auprès du prince recherchaïent sa médiation. En ce temps-là, c'est-à-dire vers lan 966, il réforma l’abbaye de Classe, près de Ravenne, dédiée à saint Apollinaire, et y mit un abbé ; et, à la prière de l’impératrice, il rétablit le monastère de Saint-Sauveur, près de Pavie, nommé le Ciel-d'Or, fondé parleroi Luitprand, et fameux par lesreliques desaint Augustin,

àont de l'ère c

Saint Mayer il prédit aux | mourrait cette rasins de Frais pays, qui se c Sarrasins mir:

en voyant un ses serviteurs, cicatrice toute siblement affli, occasion, Tou firent mourir principaux d' quaient et par!

Alors le sai sons, l'exceller les irrita à tel } mèrent dans u du martyre ; m vré, et il trouva attribué dès lor par mégarde, e restait de jours vingt-quatre, « pria la sainte célébrât cette :

et, à son réveil, de ce miracle, 1 respecter, Ils pour se rachete en ce monde qu qui avaient de l'exhortèrent eu rançon, et la tax d'eux en eût une avec une lettre d seigneurs et me:

Les torrents de 1 L prévenu, Mainte Moi et pour ceu:

Là Cluny y Causa On vendit tout c«

| avoir eu

1t sés youx le renvoya lé de cette de lui en té rebuté Val parla à ce qu'il t de l'eau scendit de le la croix à genoux 6, l’aveuoir appris à l’abbaye eau dont ugle, qui it depuis 1e laissait e de lui

Cluny, et argea de nd, condésirait Jéchaient zémissait lric, qui, rable en r'ocura À Je prince on, qu'il ères qui e sainte : il était le l’emà: recher- 1 966, il

Apollitablit le el-d'Or, igustin,

4001 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 109

Saint Mayeul fit un autre voyage à Rome en 973, et, à son retour, il prédit aux frères qui l’accompagnaient que le roi Othon le Grand mourrait cette année, Au passage des Alpes, il fut pris par les Sarrasins de Fraissinet, avec une grande troupe de personnes de divers pays, qui se croyaient en sûreté à la suite d'un si saint homme. Les Sarrasins mirent aux fers tous ceux qu’ils prirent ; et le saint abbé, en voyant un qui, du haut d’une roche, lançait un dard sur un de ses serviteurs, mitla main au-devant, reçut le coup et en porta la cicatrice toute sa vie, Il ne craignait point la mort; mais il était sensiblement affligé de ne pouvoir secourir tant de captifs arrêtés à son occasion. Toutefois il obtint, par ses prières à Dieu, qu’ils n'en firent mourir aucun. Comme ils le menaient à leur logement, les principaux d'entre eux lui rendaient honneur, d'autres s'en moquaient et parlaient avec mépris de la religion chrétienne.

Alors le saint abbé commença à leur montrer, par de fortes raisons, l'excellence de notre religion et la fausseté de la leur; ce qui les irrita à tel point, qu’ils lui mirent les fers aux pieds et l'enfermèrent dans une grotte affreuse. Là, il demandait à Dieu la grâce du martyre; mais il eut un songe qui lui fit croire qu'il serait délivré, et il trouva sur lui lé 7raité de L'Assomption de La sainte Vierge, attribué dès lors à saint Jérôme, que les Sarrasins lui avaient laissé par mégarde, en lui ôtant les autres livres. Il compta combien il restait de jours jusqu’à l'Assomption, et il trouva qu’il y en avait vingt-quatre, c'est-à-dire que c'était le 29me de juillet. Alors il pria la sainte Vierge d’'intercéder auprès de son Fils, afin qu’il célébrât cette fête avec les Chrétiens ; après quoi il s’endormit, et, à son réveil, il se trouva libre de ses fers. Les infidèles, étonnés de ce miracle, n'osèrent l’attacher davantage et commencèrent à le respecter, Îls lui demandèrent s’il était assez riche dans son pays pour se racheter lui et les siens. Il répondit qu'il ne possédait rien en ce monde qui lui fût propre, mais qu'il commandait à des gens qui avaient de grandes terres et beaucoup d'argent. Alors ils l'exhortèrent eux-mêmes à envoyer un des siens pour apporter sa rançon, et la taxèrent à mille livres pesant d'argent, afin que chacun

| d'eux en eût une livre, L'abbé Ma yeul envoya donc un de ses moines, F | ‘ec une lettre de sa main, qui ne contenait que ces mots : À mes

stigneurs et més frères de Cluny, frère Mayeul, malheureux captif. Les torrents de Bélial m'ont environné, les filets de la mort m'ont

L prévenu. Maintenant donc envoyez, s'il vous plaît, la rançon pour

Moi et pour ceux qui sont avec moi. Cette lettre ayant été apportée À Cluny y causa une extrême affliction, ainsi que dans tbut le pays.

D On vendit tout ce qui servait à l’ornement du monastère ; plusieurs

170 HISTOIRE UNIVRRSELELE

gens de bien contribuèrent de leurs libéralités, eton amassa promp. tement la somme promise.

Cependant le saint abbé s’attirait de plus en plus la vénération des.

Barbares. L'heure du repas étant venue, ils lui offrirent de ce qui mangeaient, c'est-à-dire de la chair et du pain très-rude. Il répondit : Si j'ai faim, c’est au Seigneur à me nourrir ; ce que vous m’ofte n'est point à mon usage. Alors un d'eux eut conipassion de lui: j releva ses manches, lava ses mains et un bouclier, sur lequel il pétrit un pain assez proprement en présence de l'abbé, le fit promptement cuire et le lui apporta. Le saint le reçut, fit sa prière et le manga avec action de grâces. Un autre Sarrasin, voulant polir un bâton, mit le pied sur une Bible que Mayeul portait toujours avec lui. Le saint homme en gémit, et les autres reprirent leur camarade, disant qu'il ve fallait pas traiter ainsi les paroles des grands prophètes. Le mêm:: jour, ce Sarrasin ayant pris querelle avec d'autres, ils lui cox. pèrent le pied dont il avait foulé la Bible. Enfin la rançon étant venue, saint Mayeul fut délivré, ainsi que tous ceux qui avaient ét pris avec lui, et il célébra la fête de l’Assomption chez les Chrétiens, comme il l'avait demandé. Les Sarrasins ne demeurèrent pas longtemps sans être entièrement chassés de leur poste de Fraissinet par les troupes de Guillaume, duc d’Arles ; ce qui fut regardé comme une punition divine de la prise du saint abbé. On lui renvoya ses livres, qui furent trouvés dans leur bagage 1.

Dans un de ces voyages, saint Mayeul fit connaissance de saint Jean, abbé de Parme, dont la naissance fut assez extraordinaire. & mère, qui était d’une très-noble famille, venait de mourir en couches, ses obsèques venaient d'être faites, on allait la mettre dans ke sépulcre, lorsque les femmes du voisinage firent à son corps la section césarienne, et en tirèrent un enfant vivant et bien fait, Ce fut saint Jean de Parme. Dès l'âge de sept ans, il fut appliqué à l'étude des lettres, et ensuite ordonné chanoine de Parme par l’évêque de cette église. Deveru jeune homme, il se mit à penser en lui-même

comment il abandonnerait le monde avec ées plaisirs. 11 commeng, |

comme Abrahan, par quitter sa patrie et sa famille, et fit jusqu'à six fois le pèlerinage de Jérusalem. La sixième fois il y reçut l’habit monastique. Dans le même temps, l’évêque de Parme ayant bâtiun monastère, y rassemblait des clercs de bonne vie; mais il lui.manquait un abbé capable de former la communauté naissante, Il jeta les yeux sur le bienheureux Jean ; il dressa un acte de fondation, lei approuver par le concile de Ravenne et par le saint abbé Mayeul, qui

4 Act, Bened.’sect, 6. 4cta SS., ti mari.

(Liv, LXL en De 10°

à 991 de l'ëre ch

contribua bear nouvelle comn encore par l'e:

dement. D'un tout le monde.

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| avoir reçu le sa des pleurs des :

I y avait al choisi ces mont | nard de Mentho de la privation (

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ce de saint linaire, Sa n couches, e dans le rps la secfait, Ce fut 6 à l'étude évêque de lui-même ommenç(t, | usqu'à six habit mont bâti un | Jui .man- . Il jeta les tion, le ayeul, qu

à 991 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 174

contribaa beaucoup par ses bons conseils à l'établissement de la nouvelle communauté. Jean de Parme la gouverna sept ans, plus encore par l'exemple de ses vertus que par l'autorité du commandement. D'une tendre charité envers les pauvres, il était chéri de out le monde. Chaque année il faisait le pèlerinage de Rome. Il fit,

« pendant sa vie et après sa mort, plusieurs miracles, que son Ë Legraphe rapporte d’après la déposition de témoins oculaires et qui

souvent en avaient été l'objet. La veille de sa mort, il dit aux deux moines qui l'assistaient : Allez-vous-en au réfectoire, mangez avec

L les autres ; fermez seulement la porte de ma cellule. Isle firent, mais

reslèrent à la porte pour voir ce qui arriverait. Aussitôt la cellule et

| les alentours se remplirent d’une si grande lumière et d’une odeur

si suave, que les deux moines en furent singulièrement effrayés. Ils

| entendirent le saint homme s’écrier tout haut : Je vous rends bien

grâce de ce que vous daignez me visiter. Vous savez vous-mêmes que

| je vous ai toujours aimés beaucoup, et que, autant que j'ai pu, je | vous ai été fidèle. Maintenant aidez-moi de vos saintes oraisons, afin

que je puisse paraître avec assurance à ce terrible tribunal, et priez pour moi le Juge de l'univers. Après qu’il eut dit plusieurs fois ces

paroles, la lumière disparut peu à peu, mais la bonne odeur demeura.

Alors les deux moines , auxquels s'étaient réunis quelques autres, entrèrent dans la cellule et demandèrent à qui donc il venait de parler, puisqu'il n’y avait personne autour de lui. Il répondit : C'est ma dame, Marie, que j'ai toujours aimée, qui est venue me visiter en compagnie d’autres vierges, et m’a prévenu que dans l'instant je vais sortir de cette vie. Assemblez donc tous les frères, et priez instamment pour moi, pécheur, à l’heure de mon passage, qui est proche. Tous les religieux s’assemblèrent avec l'évêque et le clergé ; et, après avoir reçu le saint viatique, le saint homme, au milieu des prières et des pleurs des assistants, rendit son âme au ciel le 22 mai 989 1,

Il y avait alors dans les Alpes un saint ecclésiastique qui avait choisi ces montagnes pour être l’objet de sa mission. C'est saint Ber-

| nard de Menthon, archidiacre d’Aoste. Il fut touché de l'ignorance et

de la privation de secours où vivaient les häbitants de ces montagnes

à ct de ces vallées. Il se dévoua à leur instruction, et rien ne fut inac-

œssible à son zèle. Il abattit les idoles qui étaient encore sur le sommet des plus hautes montagnes , et laissa des monuments de sa piété sur celles qu'on nomme encore de son nom, le grand et le petit Saint-Bernard. Cesaint missionnaire est honoré le 45me de juin ?.

Quelque temps après le retour de saint Mayeul à Cluny, l'empe-

Act. Bened., sect, 5, Acta SS., 22 ait. — ? Aït SS,,15 jun,

172 HISTOIRE UNIVERSELLE [lv LXI, = Dogg

reur Othon Il et l'impératrice sainte Adélaïde, sa mère, l'ayant fait venir, le prièrent instamment d'accepter le Saint-Siége de Rome, qui était vacant. L'abbé Mayeul refusa constamment cette dignité, disant qu’il voulait vivre panvre et ne quitter jamais son petit troupeau, Comme l'empereur et l'impératrice le pressaient fortement, il de. manda du temps pour y penser, 11 se mit en prière et se trouva ensuite fortifié dans sa résolution. Il dit donc aux seigneurs et aux évêques qui voulaient lui persuader de se rendre aux désirs de l'empereur : Je sais que je manque des qualités nécessaires à une si haute dignité, et les Romains et moi nous sommes autant éloignés de mœurs que de pays. Enfin il demeura ferme dans son refus, et ce n’est peut-être pas le moindre de ses miracles.

On ne sait point au juste à la mort de quel Pape ceci arriva, Jean XII mourut le 5 ou le 6 septembre 979, avec la renommée d’un bon Pape, après avoir tenu le Saint-Siége six ans onze mois et cinq Jours. Vers la fin de la même année, il eut pour successeur un autre bon Pape, Benoit VI, Romain de naissance, Nous avons de lui une lettre à Frédéric, archevêque de Salzbourg, et à ses suffragants, qui est conçue en cés termes : Le père du genre humain et sa race étant tombés dans une double mort par la séduction du serpent, le Dieu de miséricorde envoya dans le monde plusieurs médecins et remèdes, savoir : les patriarches, les prophètes, Moïse et la loi; tout cela ne pouvant sauver le monde, il daigna enfin envoyer son Fils, revêtu de la chair humaine, pour être la rédemption du genre humain, Le Sauveur, vivant donc parmi les hommes, choisit douze apôtres qu'il envoya par tout l’univers semer la parole de Dieu dans les cœurs des fidèles ; il en établit prince, aussi bien que de toute l’Église, saint Pierre, auquel il confia tout le troupeau ecclésiastique, bai disant jusqu'à trois fois : Pais mes brebis, fl lui donna aussi le pouvoir de lier et de délier, disant : Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Et ce n'est pas seulement à saint Pierre que cette puissance 1 ête accordée, mais encore à ses successeurs, lesquels, tenant sa place dans l’Église, ont reçu de Dieu la même puissance de lier et de délier. Les successeurs dé saint Pierre, ne pouvant régir toutes les églises, y ont établi des archevêques pour tenir leur place, suivant les lieux et les besoins. Nous aussi, tenant dans l'Église la place de saint Pierre, autant qu'il est possible aux hommes de notre temps, nous désirons de tout notre cœur confirmer les statuts de nos prédécesseurs

à 991 de l'ère chr

Norique et dan puissance qui | nul autre ne pu donner d'évêqu Après la mo ayant voulu ma tius, fils de Thé s'étant mis à la jeta dans une p ni le jour de sa de Jean X, c’est ne le dit nine le il y eut un antip mais il fut chass cesseur légitime dort obscur, On modestie et d’ur

| cembre 974, Sc

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Benoît VI fit :

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tution adressée à quelle il défend « depuis celui de |

à ce sujet le trenti

doine, il avertit métropolitain qu

ordres, on s’adre Llique et apostoli

Le même Pontif pour refuge à Se chassé de son & nastère dépenda Monastique.

Le Pape donna bourg, et à Pélég inciens droits de

‘Labbe, t, 9, p,?

XI, — De 96

l'ayant fait > Rome, qui nité, disant L troupeau, nent, il de.

trouva en- 2urs et aux rs de l’emne si haute éloignés de refus, et ce

eci arriva, mmée d’un lois et cinq ir un autre de Jui une agants, qui race étant it, le Dieu t remèdes, ut cela ne revêtu de n. Le Sau- S qu'il encœurs des lise, saint disant jusoir de lier a lié dans 6 dans les naissance à it sa place

et de détoutes les e, suivant \ place de re temps, os prédé-

de Salz-

à 991 de l’ère chr.]

Norique et dans toute la Pannonie haute et basse, avec la même puissance qu leurs prédécesseurs ont eue des nôtres, savoir : que ul autre ne puisse, dans ces provinces, ni porter le pallium, ni or-

donner d'évêques, ni faire aucune fonction d’archevêque 1.

Après la mort de l'empereur Othon le Grand, le pape Beroît VI ayant voulu maintenir les droits de l'Église et de l'empire, Crescentius, fils de Théodora, que l’on suppose être la fameuse patricienne, s'étant mis à la tête d’une troupe de séditieux, se saisit de lui et le jeta dans une prison, où il fut étranglé l'an 974, On ne sait ni le mois ni le jour de sa mort. Quand Fleury dit que ce Crescentius était fils de Jean X, c’est une assertion tout à fait grat.:ite; car aucun ancien ne le dit nine le suppose. A la mort, ou même du vivant de Benoît VI, il y eut un antipape nommé Francon qui prit le nom de Boniface VII; mais il fut chassé après un moiset s’enfuit à Constantinople. Le suc cesseur légitime de Benoît VI fut Donus II , de qui le pontiticat est lot obscur. On sait seulement que ce fut un homme d’une grande modestie et d’une intégrité parfaite, et qu'il mourut avant le 20 dé-

cembre 974. Son successeur fut Benoît VIT, Romain de n neveu du patrice Albéric et évêque de Sutri, intr

aissance,

onisé dès le 28 dé-

cembre 974, ainsi que Mansi l’a prouvé par des diplômes. Il tint le Saint-Siége environ neuf ans, et commença son pontificat par un con-

| cile où il excommunia l’antipape Francon 2,

Benoît VI fit assembler un autre concile à ñome, dans l’église de

à Saint-Pierre, contre les ordinations simoniaques. Il y fit une consti-

lution adressée à tous les prélats, princes et fidèles Chrétiens, par la-

quelle il défend de prendre la moindre chose pour le prix des ordres, depuis celui de portier jusqu’au sacerdoce. Et après avoir rappelé à

L ce sujet le trentième canon des apôtres et le deuxième de Chalcé-

doine, il avertit et ordonne que, s'il se trouve quelque évêque ou métropolitain qui ne veuille point conférer gratuitement les saints

Lordres, on s'adressera à notre mère la sainte Église romaine, catho- | lique et apostolique , pour y recevoir l'ordination sans simonie ?. Le même Pontife donna l'église de Saint-Alexis, pour refuge à Serg

au mont Aventin, ius, évêque de Damas, que les Sarrasins avaient

chassé de son siége. Ayant rassemblé des religieux dans le mo-

nastère dépendant de cette ég

Monastique.

Le Pape donna le bourg, et à Pélégrin

lise, Sergius y rétablit la discipline

pallium à Gisler, second archevêque de Magde- » archevêque de Lauréac, qu’il rétablit dans les

‘nciens droits de son église, et qu'il fit son vicaire apostolique dans

| Lubbe, t, 9, p.711, — 2 Baron., édit, Mansi, = 5 Sommier, L, Le

174 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXE — be gg

les provinces de sa dépendance. Pélégrin, dans une lettre à Benoit, l'avait informé que les Hongrois, devenus favorables au Christia. nisme, en permettaient l'établissement et l'exercice dans les provinces dont ds s'étaient emparés. II lui remontrait qu’il était absolu. ment nécessaire d'établir des évêques parmi cette nation, surtout dans la Pannonie orientale, où autrefois, sous la domination des Romains, il y avaiteu sept évêchés, tous suffragants de son église de Lauréac, dont quatre subsistaient encore dans la Muravie. Qu'il le suppliait de rétablir cette métropole dans ses anciens priviléges, et de lui envoyer le pallium, dont les seuls Pontifes romains ont droit de décorer les archevêques, afin qu’étant muni de cette autorité et bénédiction apostolique, il pt légitimement faire ses fonctions dans les provinces qui étaient sous sa conduite, et procurer à «4 Sainteté, devant Dieu, le mérite de la nouvelle conquête que l’Église allait faire de cette nation païenne prête à entrer dans son sein,

Le pape Benoît VIT répondit par une lettre adressée nommément aux archevêques Robert de Mayence, Dietrich de Trèves, Adalbert de Magdebourg, Géréon de Coiogne, Frédéric de Juvave ou Sabbourg, et Adaldague de Brême ; à l’empereur Othon, à son never Henri, duc de Bavière, et généralement à tous ies autres évêques, abbés, ducs et comtes de Gaule et de Germanie. Le Pape y déclare qu'ayant égard aux prières et aux raisons de l’archevêque de Lauréac, il rétablit son église dans ses anciens droits de métropole ; qu'à cet effet elle sera exempte de toute sujétion envers l'église de Salbourg ; qu'elle aura sous sa juridiction la Pannonie inférieure et h Mésie, qui comprennent les provinces des Avares et des Moraves: que celle de Salzbourg aura pour sufiragants les évêques de la Pannonie supérieure, et qu'à l'égerd de la préséance entre les deux archevêques, celui qui sera le plus ancien d’ordination l'aura sur l'autre ?. Telle fut la décision du pape Benoît VII: mais elle n'eut d'effet que pour la personne de l'archevêque Pélégrin, Après la mor de ce prélat, qui arriva l'an 992. comme la ville de Lauréac nes relevait point des ruines qu'y avaient faites ler Barbares, son églis cessa d'être métrcpole, et tous ses successeurs n’ont porté jusqu présent que le titre d’évêques de Passau ?,

Ce fut probablement après la mort de Benoît VI et de Donus |! |

et avant l'élection de Benoît VII, que l’empereur Othon IE et sa mère l'impératrice sainte Adélaïde pressèrent saint Mayeul d'accepter h papauté. On vit plus tard une autre preuve de ieur grande confiane clans le saint homme. Après la mort d'Othon le Grand, son époux.

Î Labbe 4,

J,P, IG. — 7 Jhid,,p. 119, = 5 Sommier, t. 5:

à 991 de l'ère ch sainte Adélaïd pendant le ba grand, des per de l'impératric cesse imbitieu pas en user.

gogne, chez 1 Vienne. Tous | l'empereur Ot} envoya au roi réconcilier ave:

vint Pas eur l'empereur Otl Jésus-Christ mi aux pieds de s:

beaucoup ‘de la Tels étaient, et saints perso en Allemagne.

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et sa mère accepter là > confiance on époux,

D jusqu’à trois fois. Il lui ééf Donus Il,

LA

à 991 de l’ère chr.]

DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 176 sainte Adélaïde gouverna, avec beaucoup de sagesse et de bonheur pendant le bas âge de son fils Othon II; mais lorsqu'il fut devenu grand, des personnes malintentionnées lui donnèrent de ia jalousie de l'impératrice, sa mère, Ils la lui représentèrent comme une princesse Ambitieuse qui voulait s’attribuer toute l'autorité ct ne savait pas en user. Elle erut devoir céder à l'envie, et se retira en Bourgogne, chez le roi Conrad, son frère, qui faisais sa résidence à Vienne. Tous les gens de bien étaient afiligés de sa disgrâre, Enfin l'empereur Othon, son fils, se repentit de l'avoir ainsi traitée, et envoya au roi Conrad, son oncle, et à l'abbé Ma yeul, les prier de le réconcilier avec sa mère et de l’amener à Pavie pour cet effet. Elle y vint pa, «eur conseil; le saint abbé l'accompagna et représenta à l'empereur Othon le devoir d'honorer ses parents, par l'exemple de lésus-Cärist même. Le jeune prince en fut si touché, qu'il se jeta aux pieds de sa mère ; elle se prosterna de son côté ; ils répandirent beaucoup de larmes et demeurèrent toujours unis 1,

Tels étaient, dans la dernière moitié du dixième siècle, les grands el saints personnages qui honoraient l'Église et l'humanité, surtout en Allemagne. L'Angleterre en possédait qui n'étaient ni moins grands ni moins saints, Le principal était saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry. Depuis qu'il eut été élevé sur ce siège, il visitait toutes les villes du royaume et de ses dépendances pour prêcher la foi à

D ceux qui ne la connaissaient pas, s'il en trouvait encore quelques-

LA

uns, et pour instruire les fidèles de la pratique ues bonnes œuvres. Il n'était pas aisé de lui résister, tant il y avait dans ses discours de sagesse et d'éloquence. Quend il avait quelque repos, il le donnait à la prière et à la lecture de l'Écriture sainte, dont il corrigeait les

| exemplaires ; enfin il était continuellement occupé de ses devoirs.

Tantôt il jugeait des différends, tantôt il apaisait les hommes emportés, il réfutait les erreurs des hérétiques, il séparait les mariages illé-

L sitimes, il réparait les anciens bâtiments ou en faisait de nouveaux,

llemployait les revenus de l'église à assister les veuves, les orphelins

| ct les étrangers. Un comte très-puissant avait épousé sa parente et

ne voulait point s'en séparer, quoique saint Dunstan l'en eût averti ‘3 l'entrée de l’église, et le comte alla trouver le roi Edgar, jcaplcrant sa protection contre la sévérité ixeessive de l'archevêque. Le roi lui menda de laisser le comte en paix et de lever la censure. Dunstan, étonné qu’un roi si pieux se fût ainsi laissé séduire, s’efforça de faire entendre raison au comte

| “de l'exciter à pénitence, lui représentant qu'il avait ajouté à son

+. Majel, Act, Bened,, evct, 5.

176 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — De 962

premier crirne une calomnie auprès du prince ; mais, voyant qu'il ne faisait que s'emporter davantage, il prononça contre lui l’excommunication jusqu'à ce qu'il se corrigeat. Le comte, outré de colère, envoya à Rome; et, par ses largesses, ayant gagné quelques Romains, il obtint des lettres du Pape, par lesquelles il était enjoint à l'archevêque de réconcilier absolument le comte à l'Église. Saint Dunstan répondit : Quand je le verrai se repentir, j’obéirai volontiers aux ordres du seigneur Pape ; mais à Dieu ne plaise que, demeurant dans son péché, il s'exempte de la censure de l'Église et nous insulte encore, ou qu'aucun homme mortel m'empêche d'observer la loi de Dieu !

Le comte voyant Dunstan inflexible, touché de ia honte de l'ex. communicalion et du péril qu’elle attirait quelquefois, se rendit enfin, renonça à son mariage illicite et reçut la pénitence; et comme saint Dunsian tenait un concile général de tout le royaume, le comte vint au milieu de l'assemblée nu-pieds, ne portant que des habits de laine et tenant des verges à la main. Il se jeta aux pieds de l'archevêque en gémisiant. Tous les assistants en furent attendris, et Dunstan plus que les autres; mais il le dissimula quelque temps et montra un visage sévère, jusqu'à ce que, cédant aux prières de tout le concile, il laissa couler ses larmes, pardonna au comte pénitent et leva l'excommunication, au grand contentement de tous.

Le roi Edgar avait une entière confiance en l'archevêque Dunstan, et recevait ses paroles comme des oracles du ciel. Par son conseil, il chassa de son royaume tous les larrons, les sacriléges, les parjures, les empoisonneurs, ceux qui avaient conspiré contre l'État, les parricides, les femmes qui avaient fait mourir leurs maris, en un mot, tous ceux qui pouvaient attirer la colère de Dieu. Il punit sévèrement tous les miaistres de l'Église qui, au mépris de leur profession, s'adonnaient à la chasse ou à des emplois lucratifs, ou vivaient dans l'incontinence ; et, s'ils ne se corrigeaient, il les chassait de leurs églises. Cette exactitude dans la discipline releva tellement en Angleterre l'état ecclésiastique, que plusieurs des plus nobles l’embrassaient, et chacun s’étudiait à avancer dans la vertu, comme le seul moyen d'arriver aux dignités f.

L'autorité de l'archevêque sur le roi parut sensiblement en cette occasion. Ce prince, étant allé à un monastère de filles situé à Wilton, fut épris de la beauté d'une personne noble, qui y était élevée entre les religieuses, sans avoir reçu le voile, Il voulut l’entretenir en parliculier ; et comme on la lui amenait, elle qui craignait ce qui arriva,

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à 901 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 177

prit le voile d’une religieuse et le mit sur sa tête, espérant que ce lui serait une sauvegarde. Le roi, la voyant ainsi voilée, lui dit : Vous êtes bien vite devenue religieuse, 11 lui arracha le voile malgré sa résistance, el enfin il abusa d'elle, Le scandale fut grand, et d'autant plus, dit l'historien, que le roi était marié. Saint Dunstan appris, en sentit une douleur amère et vint tr vança à son ordinaire, lui tendant la main pour le faire asseoir sur son trône. L'archevèque retira sa main, et regardant le roi d'un œil terrible, lui dit : Vous osez toucher la main qui immole le Fils de la Vierge avec votre main impure, après avoir enlevé à Dieu une vierge qui lui était destinée. Vous avez corrompu l'épouse du Créateur, et vous croyez apaiser par une civilité l'ami de l'époux. Je ne veux pas être ami d'un ennemi de Jésus-Christ.

Le roi, qui ne croyait pas que Dunstan eût connaissance de son

péché, fut frappé de ce reproche comme d’un coup de foudre. Il se jeta aux pieds du prélat, avouant son crime avec larmes et lui demandant humblement pardon. Dunstan , étonné de sa soumission, le releva, fondant en larmes comme lui, Il adoucit son visage, entretint hmilièrement le roi du salut de son âme, ‘ui exagéra la grandeur de son péché ; et, l'ayant disposé à toute sorte de satisfaction, il lui imposa une pénitence de sept ans, pendant lesquels il ne porterait point ka couronne, il jeünerait deux jours de la semaine et ferait de trèsgrandes aumônes, De plus, il lui ordonna de fonder un monastère de filles, pour rendre à Dieu plusieurs vierges au lieu d’une ; de chasser des églises les clercs mal vivants, et de mettre des moines à leur place : de faire des lois justes et agréables à Dieu, qui seraient vbservées par tout son royaume. Le roi accomplit exactement tout ce qui lui était prescrit : et la septième année, sa pénitence étant finie, il assembla tous les seigneurs, les évêques et les abbés de ses États, et, en leur présence et en celle de tout le peuple, saint Dunstan lui remit la couronne sur la tête avec une allégresse publique. C'était l'an 973.

Nous avons plusieurs lois du roi Edgar touchant les matières ecdésiastiques, qui semblent être celles qu'il fiten cette occasion. Elles contiennent entre autres des canons ou règles de conduite our les pasteurs, au nombre de soixante-sept, où l’on remarque ce qui suit : Il est ordonné de baptiser les enfants dans les trente-sept nuits après leur naissance ; d'abolir avec grand soin les restes d'idolâtrie, comme là nécromancie, les divinations, les enchantements, les honneurs divins rendus à des hommes ; défendu à tout prêtre de dire plusieurs nesses par jour, sinon trois tout au plus ; défense à tout Chrétien de Manger du sang: ordonné aux prêtres de chanier des psaumes en

» l'ayant ouver le roi, qui s’a-

AU

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distribuant aux pauvres les aumônes du peuple. Suivent les règles touchant la confession, tant pour les confesseurs que pour les pénitents, un, formulaire de confession générale et des canons pénitentiaux. Pour l'homicide volontaire et pour l’adultère, on ordonne sept unnées de jeûne : trois ans au pain et à l’eau, les quatre autres à la discrétion du çonfesseur; puis on ajoute : Après ces sept ans, il doit encore pleurer son péché autant qu'il lui sera possible, puisqu'il est inconnu aux hommes de quelle valeur sa pénitence.a :été devant Dieu. Pour la volonté de tuer, sans exécution, trois années de pénitence, dont une au pain et à l'eau. On appelle profonde pénitence celle d'un laïque qui quitte les armes, va en pèlerinage au loin, marchant nu-pieds, sans coucher deux fois en un même lieu, sans couper ses cheveux ni ses ongles, sans entrer dans un bain chaud ni dans un lit mollet, sans goûter de chair ni d'aucune boisson qui puissent enivrer, allant à tous les lieux de dévotion sans entrer dans les églises, le tout accompagné de prières ferventes et de contrition.

On marque aussi comment un malade pouvait racheter le jeûne qui lui était prescrit. Un jour de jeûne est estimé un denier ; c'était apparemment de quoi nourrir un pauvre, selon la monnaiedu temps. On peut aussi racheter deux jours de jeûne par deux cent vingt psaumes ou soixante génuflexions et soixante Pater. Une messe vaut douze jours de jeûne. Ainsi l’on commençait à commuer et à racheter la péritence. Un homme puissant pouvait se faire aider'en sa pénitence, faisant jeüner avec lui et pour lui autant d'hommes qu'il en fallait pour accomplir en trois jours les jeùnes de sept ans ; mais on lui prescritd’ailleurs plusieurs œuvres pér ‘bles, comme de marcher nu-pieds, de coucher sur la dure, de laver les pieds des pauvres et de faire de grandes aumônes !.

En 969, le saint archevêque Dunstan convoqua, par l'autorité du pape Jean XIE, un concile général de tout le royaume. Le roi Edgar y assista ei fit un très-beau discours aux évêques, touchant le déréglement du clergé. Après avoir rappelé les bienfaits du ciel, qui lui avait soumis toutes les nations voisines, il dit : Dieu nous les ayant donc soumises, il est juste que nous travaillions à les soumettre à ses lois. C’est à moi de gouverner les laïques équitablement, de leur rendre justice, de punir les sacriléges, de réprimer les rebelles, de défendre le pauvre contre le riche, le faible contre le fort. C'est encore à moi de procurer aux ministres des églises, aux communautés de moines et aux chœurs des vicrgesla subsistance et la sécurité nécessaires. Mais c'est à vous, vénérables Pères, d'examiner et de cor-

Labbe, {, 9, p. 650.

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à 91 de l'ère chr.] DE. L'EGLISE CATHOLIQUE, 479

riger leurs mœurs. Et permettez-moi de vous le dire, si, vous l'aviez fait avec soin,, nous n'aurions pas entendu sur les clercs des choses siabominables. Je ne parle pas de la tonsure, qu'ils ne portent point assez grande ; mais leurs habits dissolus, leur geste indécent, leurs paroles sales montrent que le dedans n’est pas: réglé. Quelle n’est pas leur négligence pour les offices divins ? à peine daignent-ils assister aux vigiles, et ils semblent venir à la messe pour badiner et pour rire; plutôt que pour chanter. Je dirai ce qui: fait pleurer les bons et rire les méchants. Ils s'abandonnent aux débauches de la lable et du lit, en sorte que l’on regardeles maisons des clercs comme des lieux infâmes e\ des rendez-vous de bateleurs. C'est là que l'on joue au jeu de hasard, que l'on danse, que l’on chante et que l’on veille jusqu’à minuit avec un bruit scandaleux. Voilà comme on emploie les patrimoines des roiset des particuliers qui se sor .'é isés pour donner de quoi soulager les pauvres. C’est ce que les hornmes de guerre disent tout haut, c'est ce que le peuple murmure tout bas, c'est ce que les histrions chantent dans leurs farces ; et vous y mettez de la négligence, vous épargnez les coupables, vous dissimulez. Où est le glaive de Livi et le zèle de Siméon, qui ont égorgé les Sichimites pour avoir abusé de la fille de Jacob comme d’une prostituée : Sichimites, figure de ceux ‘qui déshonorent l'Église du Christ par des actions impures ? Où est l'esprit de Moïse, qui, quand on adora le veau d’or, n’épargna pas même ceux de. son sang ? Où est l'épée du pontife Phinéès, qui, transperçant celui qui forniquait avec la Madianite, apaisa la colère de Dien ? Où est l'esprit de Pierre, dont la vertu frappa de mort l'avarice, ct d’anathème l'hérésie simoniaque ?

Réveillez votre zèle, à pontifes ! réveillez votre zèle pour les voies du Seigneur, pour les justices de notre Dieu. Il est temps de vous élever contre ceux qui ont dissipé la loi divine. J'ai en main le glaive de Constantin, et vous celui de Pierre. Joignons nos mains, unissons le glaive au glaive pour purger le sanctuaire. Mettez-vous à l’œuvre, je vous en conjure, de peur que nous ne nous repentions d’avoir fait ce que nous avons fait, d’avoir donné ce que nous avons donné, si Tous VOyons qu'au lieu de l’employer au service de Dieu, on le consume impunément en débauche. Soyez touchés des reliques des saints, à qui ces malheureux insultent ; des saints autels, devant lesquels ils s'emportent. Soyez touchés de la merveilleuse dévotion de nos prédécesseurs, des aumônes de qui l'extravagance cléricale abuse, Notre trisaïeul Edouard, comme vous le savez, voulut que Wute sa terre payât la dime aux églises et aux monastères. Mon

bisaïeul Alfred de sainte mémoire, pour enrichir l'Eglise, n'a épargné

ni son patrimoine ni ses revenus. Combien mon aïeul Édouard à donné aux églises, votre paternité ne l'ignore pas. De quels dons mon père et mon frère ont comblé les autels du Christ, vous pouvez vous en souvenir.

O Dunstan, père des pères, contemplez mon père vous regardant du haut du ciel. Écoutez ses tendres plaintes ; c'est vous, père Dunstan, qui m'avez donné ie salutaire conséil de construire des monastères et de bâtir des églises ; c’est vous qui avez été mon aide et mon coopérateur en tout ; c'est vous que j'ai choisi pour pasteur, père et évêque de mon âme et gardien de mes mœurs. Quand est-ce que je ne vous ai point obéi ? Quels trésors ai-je jamais préférés à vos conseils? Quelles possessions, quand vous l'ordonniez, n'ai-je point méprisées ? Quand vous pensiez qu’il fallait donner quelque chose aux pauvres, j'étais prêt. Quand vous jugiez qu'il fallait conférer quelque chose aux églises, je n’ai pas différé. Quand vous vous plaigniez qu'il manquait quelque chose aux moines ou aux clercs, j'y ai suppléé. Vous disiez que l’aumône est une chose éternelle, et que la plus fructueuse est celle qui est faite aux monastères et aux églises, pour sustenter les serviteurs de Dieu et donner le reste aux pauvres. 0 précieuse aumône et digne prix de l'âme ! O remède salutaire à nos péchés ! Il sert à payer et à parer une impure sibylle. Voilà, père, le fruit de mes aumônes et l’effet de vos conseils.

Que répondrez-vous à ces plaintes? Je le sais, je le sais : Quand vous aperceviez le voleur, vous ne couriez pas avec lui, et vous n’entriez point en partage avec l’adultèrc. Vous avez averti, vous avez prié, vous avez réprimandé. On a méprisé les paroles, il faut en venir aux coups, et la puissance royale ne vous manquera pas. Vous avez ici le vénérable père Éthelwold, évêque de Winchester ; vous avez le révérend pontife Oswald de Worchester ; je vous comiets à tous trois cette affaire, afin que, par la censure épiscopale et l’autorité royale, vous chassiez des églises ceux qui vivent d'une manière honteuse, nour en mettre à la place qui vivent selon la règle 1,

Soutenu ainsi par l'autorité du Pape et du roi, saint Dunstan ordonna dans ce concile, par un décret solennel, que tous les chanoines, les prêtres, les diacres et les sous-diacres gardassent la continence ou quittassent leurs églises ; et il en donna l'exécution aux deux saints évêques que le roi lui avait marqués, et qui furerit avec lui ies restaurateurs de la discipline monastique en Angleterre.

Saint Éthelwold était né à Winchester de parents chrétiens et vertueux, du temps du roi Édouard le Vieux. Il fut élevé à la cour du

{ Liv. LXE. — bo Ou:

l Labbe, {. U, p, 696, ele.

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à 991 de l'ère chr,] DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 181

roi Édelstan , qui le donna à saint Elfège, évêque de Winchester ; et ce prélat ques années après, l'ordonna prêtre en même temps que saint Dunstan, et leur prédit, à l'un et à l'autre, qu'ils seraient évêque: et de quels siéges. Saint Éthelwold se retira à Glastonbury, sous la ox:duite de saint Dunstan, et recut de Jui l'habit monastique. Là, il étudia la grammaire, et riture sainte et les Pères, ©: pratiqua la règle avec une 41: ierveur, que l'abbé Dunstan l’établit doyen.

Du temps du roi F dred, saint Éthelwold voulut passer la mer, c'est-à-dire venir en rance, pour se perfectionner dans la science des Lcritures et dans l'observance monastique. Mais la reine Edwige, mère du roi, lui conseilla de ne pas laisser sortir du royaume un homme d’un si grand mérite, et de lui donner, pour le retenir, un lieu nommé Abbendon, où il y avait un petit monastère ancien, mais pauvre et négligé. Éthelwold en mc établi abbé, du consentement de Dunstan, vers l'an 944, et fit venir de Corbie en France des hommes parfaitement instruits de la discipline monastique. Ensuite il envoya le moine Osgar, qui l'avait suivi de Glastonbury, pour appreudre dans l’abbaye de Fleury-sur-Loire l'observance régulière, et l'apporter à Abbendon. Enfin le siége de Winchester étant venu à vaquer, le roi Edgar choisit pour le remplir l'abbé Étheiwold, qui fut sacré par l'archevêque Dunstan le premier dimanche de l’avent, 28m de novembre 963.

ILtrouva une grande corruption dans les chanoines de la cathédrale, qui étaient glorieux, insolents et débauchés; en sorte que non-seulement ils prenaient des femmes contre les lois de l'Église, mais ils les quittaient pour en prendre d'autres, s’adonnant sans cesse au vin et à la bonne chère. Le saint évêque commença par eux à exécuter le décret du concile et l'ordre du roi; car, après les avoir avertis plusieurs fois de se corriger, voyant qu'ils promettaient toujours sans effet, il fit venir des moines d'Abbendon pour mettre à leur place. Comme ils étaient à Ja porte de l'église, prêts à entrer, là messe finissait, et l'on chantait pour la communion ces paroles du second psaume : Servez je Seigneur dans la crainte, et ce qui suit; car c'était le samedi avant le premier dimanche de carême, où l'on chante encore cette coinmunion au Romain. Les moines d'Abbendon la prirent pour un bon augure, principalement à cause de tes mots : Recevez la discipline, de peur que vous ne périssiez de la Voie juste. [ls crurent que Dieu même les exhortait à entrer, Le roi avait envoyé avec l'évêque un de ses officiers, qui ordonna aux chanoines de choisir l’un des deux » Ou de céder la place aux moines, où de prendre l'habit monastique. Cette proposition les effraya, et,

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