IS
refusant de se faire moines, ils se retirèrent aussitôt ; mais il en revint trois qui embrassèrent la vie régulière. Il n’y avait alors en Angleterre de régularité parfaite qu'aux deux monastères de Glastonbury et d'Abbendon.
Le monastère de la cathédrale de Winchester s'augmenta considérablement de ceux que le bon exemple des moines y attirait. Ce que les clercs qui en avaient été chassés ne pouvant souffrir, ils firent donner du poison à l'évêque Éthelwold, comme il mangeait avec les hôtes. Il se'leva, se jéta’si son lit, se croyant frappé à mort. Puis il dit en lui-même : Où est ta foi? Jésus-Christ n'a-t-il pas dit de ceux qui croiraient en lui : S'ils’ boivent un poison mortel, il ne leur nuira point ? Dès lors il ne sentit plus de mal, il se trouva guéri, et pardonna à celui qui l'avait empoisonné 1.
Saint Oswald était très-noble, de race danoise, fils du frère de saint Odon, archevëque de Cantorbéry, à qui ses parents le donnèrent à instruire dans les lettres et la piété. Il lefit chanoine de Winchester, et, peu de temps après, il en fut doyen; mais voyant qu'il travaillait inutilement à corriger les mœurs déréglées des chanoines, il renonça à Sa dignité, et, résolu de quitter le monde, passa en France et vint à Fleury-sur-Loire, chargé de lettres et de présents à l’archevèque, son oncle, qui y était fort connu. C'était alors la coutume des Anglais qui voulaient suivre ‘l’observance la plus exact, de la chercher en ce monastère, qu'ils regardaient comme une source, Oswald y prit donc l'habit monastique et fit un grand progrès dans la vertu et dans la pratique de l'oraison mentale, Saint Odon, son oncle, l'ayant appris, en rendit à Dieu de grandes actions de grâces, etenvoya beaucoup deprésents à l'abbé et aux moines de Fleury, pour les en remercier. Il déclara aussi à son neveu qu'il désirait ardemment de le revoir, tant parce que son âgé avancé lui faisait connaître que sa mort était proche, que parce qu'il se proposait de se servir de lui pour instruire les Anglais de la discipline monastique, Les moines de Fleury renvoyèrent Oswald à regret ; lui-même écrivit plusieurs fois à son oncle, s’excusant sur le peu de temps qu'il avait passé dans l’observance monastique, et il n’y eut que la nouvelle de la maladie de son oncle qui le détermina à partir. Il apprit sa mort à Douvres, et s’en serait retourné aussitôt à Fléury, si ceux qui l’accompagnaient ‘ne lui eussent réprésenté qu’il devait son sccours à sa famille. Il revint donc en Angleterre l'an 961.
Après avoir rendu les derniers devoirs à saint Odon, il se rétira auprès d'Osquetul, évêque de Dorchester, dont il était aussi parent,
[Liv. LXL æ De 969
1 Aci. Rened., sect, 5, Acta SS., 1 aug.
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et qui, cl mais Osq Dunstan f le prit en Worcheste tère de do ensuite un l'an 974, 1 où présida mettant de rite était le chaque jou douze pau avec un lin et les serva plir cet off il avait d’a Un jour, ment le ci dans cette à regarde où je vous le d de demain :
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1 Acta S$,, 9
NI. æ De 962
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l se rétira si parent,
à 991 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 183
et qui, charmé de ses vertus, le retint avec lui plusieurs années : mais Osquetul ayant été: transféré à l’archevéché d'York, saint Dunstan fit connaître le mérite de saint Oswald au roi Edgar, qui le prit en amitié et lui donna l'évêché de Wigorne, c'est-à-dire de Worchester. Oswald, étant évêque, établit premièrement un monastère de douze moines à Westbury, où il se retirait souvent lui-même, ensuite un autre plus considérable à Ramsey, dont l'église fut dédiée l'an 974. Tel était donc saint Oswald, qui, en exécution du concile où présidait saint Dunstan, établit dans son diocèse sept monastères, mettant des moines à la place des clercs mal vivants: Sa vertu favorite était la charité pour les malheureux. Outre un nombre infini que chaque jour il nourrissait, chaque joùr encore il lavait les pieds à douze pauvres, leur baisait les pieds et les essuyait, non-seulement avec un linge, mais avec ses cheveux, leur donnait à laver les mains et les servait à table. Nulle maladie ne put jamais:l'empécher de rémplir cet office ; au contraire, plus il se sentait faible de corps, plus il avait d’ardeur à les servir.
Un jour, étant sorti de l'oratoire avec les siens, il regarda fixement le ciel, priant avec ferveur. Comme il resta très-longtemps dans cette attitude, on lui demanda ce qu'il voyait. Il répondit : Je regarde où je vais, et demain l'événement vous l'apprendra sans que je vous le dise; car le salut éternel pour lequel j'ai travaillé et le jour de demain ne passera pas que le Seigneur ne my introduise, comme ila promis. Rentré dans l’'oratoire, il convoqua les frères, et les pria de lui administrer l'extréme-onction et le saint viatique. La nuit suivante, oubliant sa langueur, il entra dans l'église, y demeura tout l'office et employa le reste de la nuit à louer Dieu. Le matin, à son ordinaire, s'étant ceint d’un linge, il lava et baisa les pieds des pauvres, chantant comme de coutume quinze psaumes : il ajoutait le dernier Gloria Patri, les pauvres se levaient pour le remercier, quand il expira à leurs pieds, en disant : £ Spiritui sancto 1, C'était le 29me de février 992, la trentième année de son épiscopat.
Le roi Edgar étant mort l'an 975, son fils Édouard lui ‘succéda, malgré la résistance de :!n rcine, sa belle-mère, et de quelques seigneurs qui voulaient faire régner Éthelred, fils de cette princesse, Mais saint Dunstan, faisant porter à l'ordinaire sa croix devant lui, vint au milieu de l'assemblée, leur présenta Édouard, le fit élire, le sacra et lui tint lieu de père tant que ce jeune prince régna , ce qui ne fut que de deux ans et demi. Alors les clercs qui avaient étc chassés des églises cathédrales pour leur vie scandaleuse, renouve-
lAcla SS., 99 febr, Act, Bened,, sect, 5,
184 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXE, = De 969
lèrent leurs plaintes, disant qu'il était bien rude de se voir chasser de leurs anciennes demeures par de nouveaux venus, et que chacun avait sujet d'en craindre autant. Ils étaient appuyés de plusieurs seigneurs, entre autres d’Alfier, très-puissant dans le pays des Mer. ciens, qui renversa presque tous les monastères qu'avait établis saint Éthelwold, évêque de Winchester. On attaquait principalement saint Dunstan, comme l’auteur de cette réforme.
Pour apaiser ce trouble, or assembla un concile à Winchester, et saint Dunstan y présida. Les clercs y perdirent leur cause ; et, ne pouvant soutenir leur prétention par aucun droit, ils en vinrent aux prières, et, faisant intercéder pour eux le jeune roi et les seigneurs, ils supplièrent saint Dunstan de les rétablir. Le saint homme demeura quelque temps en suspens sans. leur répondre ; mais il fut déterminé par un miracle, 1] y avait un crucifix attaché contre h muraille, au fond du réfectoire où se tenait le concile. Un des biographes du saint rapporte que ce crucifix parla, et dit distinctement : [n’en sera rien, il n’en sera rien ! Le roi et les seigneurs, saisis de frayeur, jetèrent de grands cris et commencèrent à louer Dieu : les clercs furent confondus 1.
La même année 975, mourut Turquetul, abbé de Crovland. Neuf ans auparavant, c'est-à-dire en 966, il fit un dernier voyage à Londres, où il fut reçu avec une joie incroyable par saint Dunstan, son élève et son ancien ami, et par Osquetul, son parent, archevêque d'York. En ce voyage il obtint deux privilèges pour la liberté et la sûreté de son monastère, l’un du roi Edgar pour le temporel, l’autre des deux archevèques pour le spirituel. Osquetul, archevêque d'York, mourut six ans après, en 972, et eut pour successeur saint Oswald, évêque de Worchester. Le roi Edgar et l'archevêque Dunstan l'obligèrent à prendre cette dignité, et ce saint voulut qu'il gardit son évèché, afin que les moines qu’il avait mis dans la cathédrale persévérasseni dans leur profession, outre que les Danois avaient ravagé le Northumbre.
Depuis ce voyage de Londres, l'abbé Turquetul ne sortit plus de Crovland; mais il s’entretenait tous les jours avec les cinq anciens, touchant le premier état de cette maison, et, sur leur rapport, il en fit écrire l’histoire que nous avoñs, recueillie et continuée par Ingulfe. Il établit dans son onastère un règlement digne de servir de modèle aux autres. Il divisa toute la communauté en trois ordres : les
jeunes, depuis l'entrée jusqu’à la vingt-quatrième année de profession; les autres, jusqu’à la quarantième année ; les anciens jusqu'à la
1 Labbe,t, 9, p. 721,
à 991 de l'à
cinquantiè fectoire et grâces des de content ordre étaie cipaiemen ciens étaie et dispense diences ex rier; mais leur donna pour les se pour son il allait au ch il lui plaisa laissait atte Tels étai tère de Cr nommé Cle la consolati suivit de pt d'œuvres d fants noble:
et, pour en sins secs e penses. En pauté de qi Le jeune gens et se marâtre, fa Édouard pe leur rendre marâtre lui buvait, elle put toutefoi:
leste et l’hoi transporter martyrs. L’] C'était l’an demi. Elfrit
1 Act, Bened
LXI, — De 969
voir chasser que chacun de plusieurs 1ys des Mer.
établis saint lement saint
nchester, et ause ; et, ne vinrent aux S Seigneurs, homme de.
; mais il fut é contre la Un des biotinctement :
S, Saisis de r Dieu : les
vland. Neuf age à Loninstan, son archevêque liberté et la orel, l’autre archevêque esseur saint êque Dunsqu'il gardât , Cathédrale ois avaient
tit plus de nq anciens, pport, il en ar Ingulfe, ir de moordres : les de profes s jusqu'à la
à 991 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 185
cinquantième. Les jeunes portaient tout le travail du chœur, du réfectoire et des autres offices, s'appliquant en tout à gagner les bonnes grâces des supérieurs ; que s’il s’en trouvait quelqu'un de rebelle ou de contentieux, il était séparé et sévèrement puni. Ceux du second ordre étaient dispensés de la plupart des offices, et appliqués principaiement aux affaires et au gouvernement de la maison. Les anciens étaient déchargés des fonctions du chœur, excepté les messes, et dispensés d’aller au cloitre ou au réfectoire et de toutes les obédiences extérieures, comme de proviseur, de procureur, de cellerier; mais pour ceux qui avaient cinquante ans de profession, on leur donnait à chacun une chambre dans l'infirmerie, avec un garçon pour les servir, et un jeune frère qui mangeait avec le père, tant pour son instruction que pour la consolation du vieillard, et celui-ci allait au chœur, au réfectoire et par toute la maison, quand et comme il lui plaisait, On ne lui parlait d’aucune affaire fâcheuse, et on lui laissait attendre en paix la fin de sa vie.
Tels étaient les cinq qui avaient vu la ruine du premier monastère de Crovland, et qui vécurent plus de cent ans; le premier, nommé Clerembault, alla jusqu’à cent querante-huit, et tous eurent la consolation de mourir entre les bras de l'abbé Turquetul. 11 les suivit de près, et sur la fin il n'était plus occupé que de prières et d'œuvres de charité. Toutefois il visitait tous les jours les jeunes enfants nobles que l'on élevait chez les clercs dépendant du monastère ; et, pour encourager ces enfants, il faisait porter des figues, des raisins secs et d’autres fruits, dont il leur donnait de petites récompenses. Enfin il mourut le 41m de juillet 975, laissant sa communauté de quarante-sept moines et quatre frères convers !.
Le jeune roi Édouard étant un jour à la chasse, s’écarta de ses gens et se trouva seul près d’un château où la reine Elfrith, sa marâtre, faisait alors sa résidence avec son fils Éthelred. Comme Édouard portait une sincère affection à l’un et à l’autre, il voulut leur rendre visite. Tourmenté de la soif, il demanda à boire; sa marâtre lui en présenta avec de grandes caresses ; mais tandis qu'il buvait, elle le fit poignarder et jeter son corps dans un marais. Il ne put toutefois y rester caché. Dieu le découvrit par une lumière céleste et l’honora de plusieurs guérisons miraculeuses ; ce qui le fit transporter à une sépulture plus honorable et compter entre les martyrs. L'Église en fait mémoire le jour de sa mort, 18me de mars. C'était l’an 978. Édouard avait quinze ans et en avait régné deux et demi. Elfrith, sa marâtre, déchirée de remords et frappée des mi-
1 Act, Bened., sect, 5.
186 HISTOIRE UNIVERSELLE ELiv, EXT, — De 9ç9
racles qui s'opéraient par l'intercession du saint, rentéa en ellemême, quitta le monde, se retira dans ‘un des monastères qu’elle fonde, pour y pleurer son crime et finir saintement sa vie 1.
Le roi Édouard avait ure sœur qui est aussi honorée comme sainte, savoir : Édith, fille du roi Edgar ct de Wilfreth, cette per. sonne dont il abusa dans un moment de passion, quoiqu'elle ett pris le voile pour s'en garantir, comme il a été dit. Sitôt qu'elle ent fait ses couches; elle se retira dans le monastère de Wilton, où elle reçut l'habit de ‘la main de saint Éthelwold, et fut dépuis ahbesse. Elle prit soin de l'éducation de sa fille Édith, et, du consentement du roi, lui donna l'habit monastique. Édith ne se distingua dans le monastère que par ses vertus; elle refusa trois abbayes que le roi son père voulut lui donner, et mourut à l'âge de vingt-trois ans, le 16% de septembre 984. L'Église honore sa mémoire le jour de sa mort ; et on compte pour saintes trois autres princesses du même nom, qui vécurent en Angleterre dans lé même siècle 2,
Après la mort de saint Édouard, son frère Éthelred fut reconnu roi. Saint Dunstan répugnait fort à cette élection, tant à cause du crime qui y avait donné lieu, qu'à cause de la jeunesse de ce prince, Toutefois il ne voulut pas s'y opposer, parce que c'était le plus proche héritier ; mais le‘ jour du sacre, lui mettant la couronne sur la tête, on dit qu’il lui fit cette prédiction : Parce que vous avez aspiré a royaume par le meurtre de votre frère, le glaive ne cessera point de frapper dans votre maison et de détruire votre race, jusqu'à ce que votre royaume passe à des étrangers, dont vos sujets ne connaissent ni les mœurs ni la langue. Ce furent les Danois, comme on verra dans la suite.
Sous ce règne, qui fut de plus de trente:sept ans, les enfants des clercs qui avaient été chassés des églises à agleterre renouvelèrent la prétention de leurs pères qui étaient morts. Ils avaient à leur tête un évêque écossais, hardi et grand parleur, avec lequel ils vinrent trouvèr saint Dunstan. Le saint archevêque, affaibli par l’âge et par les grands travaux qu’il avait soufferts pour l'Église, ne s’appliquait plus qu’à la prière. Il leur dit : Puisque vous renouvelez cette querelle après un si long temps, et venez m’attaquer lorsque je ne chérche que le repos et le silence, je ne veux point disputer contre vous, je laisse à Dieu à juger la cause de soh Église, Aussitôt la maison croula, le plancher de Ja chanbré manqua sous leurs pieds; ces séditieux tommbèrent, plusieurs furent écrasés par les poutres; mais l'endroit où Dunstan était avec les siens ne fut point endommagé.
1 Acta SS., 18 mart. — ? 4et, Bened., sect, 5. Acta SS., 16 sept.
à 991 de l'ère
L'an 982 Cantorbéry grande joie, instruits et € passé plusiet les conduisit à fondre en deux évêque sais, dit-il, Rochester, é ladie violent.
chester tomt le 4er d'août L'Église hon plusieurs éci
Après la pour l’électic de l'église de avaient été n corps. Saint de lui faire ce André lui ap | et de le sacre et il fut depui
Le jour di vangile, sain!
messe et don exhorta encor après avoir d | et leur dit de l'appellerait. ; de larmes ; et puis évêque, Dunstan qu'il
Après le din sépulture. Co | accoutumé pe | virent élevé d L venu à bas, il : ne doit déses en tout à prati de paraître bo
XE, Ln: De 962
Fa en elleères qu’elle e 1, rée comme , cette per.
iqu’elle et qu'elle ent Lon, où elle is abbesse, nsentement gua dans le que le roi t-trois ans, jour de sa du même
ut reconnu à cause du ce prince, ait le plus uronne sur 1S avez asne cessera ce, jusqu'à ets ne concomme on
enfants des ouvelèrent à leur tête ils vinrent âge et par appliquait cette queque je ne ter contre Aussitôt lu urs pieds; s poutres; lommagé.
} de paraître bons, mais de l'être, ni de ne paraitre pas méchants, mais
à 991 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 187
L'an 982, saint Éthelwold, évêque de Winchester, étant venu à Cantorbéry avec l'évêque de Rochester, Dunstan les reçut avec grande joie, parce que c'était par ses soins qu'ils avaient été nourris, instruits et élevés aux premiers honneurs de l'Église.’ Après avoir passé plusieurs jours ensemble én douces conversations, l'archevêque les conduisit hors la ville ; et, quand ik fallut se séparer, il commença à fondre en larmes, en sorte qu’elles lui coupèrent là parole. Les deux évêques, étonnés, lui en demandèrent la cause. C’est que je sais, dit-il, que vous devez mourir bientôt. En effet, l’évêque de Rochester, étant à peine rentré dans sa ville, fut attäqué d'une maladie violente qui l'emporta en peu de jours, et l'évêque de Winchester tomba malade avarit même que d'arriver chez jui. Il mourut le 4er d'août, l’an 984, la vingt-deuxième année de son épiscopat. L'Église honore sa mémoire le jour de sa mort : et on lui attribuait plusieurs écrits que nous n’avons plus.
Après la mort de saint Éthelwold, il y eut une grande division pour l'élection du successeur, entre les clercs qui avaient été chassés de l'église de Winchester pour leurs déréglements, et les moines qui avaient été mis à leur place; car chaque parti en voulait un de son corps. Saint Dunstan, s'étant mis en prière pour demander à Dieu de lui faire connaître celui qui était digne de remplir ce siège, saint André lui apparut et lui ordonna de prendre Elfège, abbé de Bath,
| et de le sacrer évêque de Winchester. C'était un grand personnage, | etil fut depuis archevêque de Cantorbéry. :
Le jour de l’Asc:nsion, 17 mai 988, après la lecture de l'Évangile, saint Dunstan précha à son ordinaire: puis il continua la messe et donna la bénédiction solennelle avant la communion. Il
| exhorta encore son peuple à se détacher des choses de la terre ; et,
après avoir donné le baiser de paix, il ne put se contenir davantage,
| et leur dit de se souvenir de lui, et que le jour était proche où Dieu
l'appellerait. Alors il s’éleva de grands cris, on vit couler des torrents de larmes ; et un prêtre nommé Elgar, docte et vertueux ; qui fut depuis évêque, déclara que le matin mêmeil avait vu des anses dire à Dunstan qu'il se tint prêt pour partir le samedi. Ù
Après le diner, l'archevêque revint à l'église et marqua le lieu de sa sépulture. Comme il rémontait pour aller se reposer, ainsi qu'il avait
| accoutumé pendant l'été, ceux qui le suivaient, en grand nombre, le | virent élevé de terre et monter en l'air: ils en furént effrayés. Re-
venu à bas, il leur dit : Vous voyez où Dieu m'appelle, ‘et personne ne doit désespérer de venir au ciel en suivant mes traces: Chérchez en tout à pratiquer la volonté de Dieu. Ne vous mettez pas en peine
188 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — De 962
de ne l'être pas. Je vous prédis que la nation anglaise souffrira beau. coup et longtemps de la part des étrangers; mais à la fin la miséri. corde de Dieu se répandra sur elle. En parlant ainsi, le saint prély sentit que les forces de son corps diminuaient peu à peu. Néanmoins il continua tout ce jour-là et le vendredi suivant à instruire et à con. soler.tous ceux qui venaient se recommander à lui et lui demarde sa bénédiction.
Le samedi, 49me de mai, il fit célébrer devant lui les saints mystères ; et, ayant reçu le saint viatique, il fit une fervente action de grâces, après laquelle il expira plein de joie. Il fut enterré dans
l’église de Saint-Sauveur, sa cathédrale, au lieu qu’il avait marqué À
devant les degrés de l'autel. Les regrets de son peuple furent ex. trêmes ; et il se fit depuis à son tombeau un grand nombre de mi. racles, dont nous avons une histoire fidèle, par le moine Osbern de Cantorbéry, qui vivait dans le siècle suivant, et qui a écrit une des cinq vies que nous avons du saint archevêque, pari lesquelles il en estune par un prêtre contemporain et témoin oculaire. Saint Dun. Stan rétablit les lettres en Angleterre, aussi bien que la discipline monastique; on lui attribue plusieurs écrits, dont il reste peu qui soient certainement de lui. L'Église honore sa mémoire le jour de sa mort. 1,
En Espagne, le roi Sanche le Gros mourut après douze ans de règne, en 967, et Ramir IIL, son fils, lui succéda; mais comme il n'a. vait que cinq ans, sa tante Elvire, princesse pieuse et prudente, qui s'était consacrée à Dieu, gouverna pour lui. Il eut la paix aveclesSar. rasins et retira d'eux le corps du martyr saint Pélage, que son père leur avait demandé, et l'enterra à Léon avec les évêques. Les comtes de Galice, de Léon et de Castille, ennuyés du gouvernement faible de Ramir, reconnurent pour roi Bermond ou Vérémond, son coush, fils d'Ordogne IIL : ce qui causa une guerre civile; mais Ramir mou rut la quinzième année de son règne, et Bermond II demeura seil roi en 982. Ce roi donna à l'église de Compostelle les biens d'un martyr tué par les Sarrasins ; car les infidèles, ayant pris Simancas dans le royaume de Léon, passèrent au fil de l'épée la plupart des h+bitants, et emmenèrent captifs le peu qui restaient, les chargèrent de chaînes et les tinrent en prison deux ans et demi, pendant lesquels ils louaient Dieu, et, demeurant fermes dans la foi, ils furent enfin mis à mort par ordre du roi-et souffrirent le martyre. Un d'eux, nommé Sarrasin, et au baptême Dominique, avait quelque héritage à Zamora ; et, comme il n'avait point d’héritiers, le roi Ramir s'en
! Acta SS., 19 mait, Act, Bened., sect. 5,
à 001 de l’ère | cmpara ; Mai unecharte de Du temps de Dume. Il et petit-fils d' de Rudesind sa naissance.
piété par Sa:
Rodrigue, sa siége, quoiql l'an 935, le 1 Franquilan,
| sinde fit dep
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! Baron., an.
> LXI, nn De 962
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fin la misérile saint Prélat 1. Néanmoins ‘uire et à con.
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ne Osbern de écrit une des squelles il en >, Saint Dunla discipline este peu qui le jour de sa
douze ans de omme il n'arudente, qui aveclesSarque son père . Les comtes ement faible , Son Cousin, Ramir mouemeura setl s biens d'un is Simancas 1part des haargèrent de ant lesquels furent enfin Un d'eux, que héritage
Ramir s'en
à 91 de l'ère chr.] LE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 189 empar'a ; mais le roi Bermond les donna à l'église de Compostelle, par unecharte datée du mois de février 975, et souscrite par cinq évêques.
Du temps de ces rois vivait saint Rudesinde ou Rosende, évêque
de Dume. Il était de la plus haute noblesse, fils de Gutière Mendès :
et petit-fils d'Erménégilde, parent du roi Alphonse le Grand. La mère de Rudesinde était [lduara ou Aldara, illustre par sa piété comme par sa naissance. Î1 naquit l'an 907, et fut instruit dans les lettres et la piété par Savaric, évêque de Dume, qui mourut vers l'an 920. Après Rodrigue, son successeur, Rudesinde fut ordonné évêque du même siége, quoiqu'il n'eût encore, dit-on, que dix-huit ans. Il fonda, l'an 935, le monastère de Celle-Neuve en Galice, et y mit pour abbé Franquilan, qui avait déjà gouverné un autre monastère. Rude-
| sinde fit depuis ce temps sa résidence à celui de Celle-Neuve, dont
on croit que les moines étaient son clergé et le soulageaient dans ses fonctions.
Sisenand, parent de Rudesinde, était alors évêque d'Iria, dont le siège fut depuis transféré à Compostelle. Comme il négligeait ses fonctions, ne s'adonnant qu'aux jeux et aux vanités du siècle, ses désordres le rendirent odieux, non-seulement à son clergé et à son peuple, mais aux grands et au roi Sanche le Gros, qui, après l'avoir
| averti plusieurs fois, le mit enfin en prison, et, du consentement du
dergé e’ du peuple, lui substitua Rudesinde : c'est-à-dire qu'il
l'obligez de prendre soin de cette église et de suppléer à l'absence
de son pasteur ; mais Rudesinde n’en fut jamais pasteur titulaire, et,
| dans tous les actes qui restent de lui, il ne se nomme qu'évêque de
Dume. La Galice étant alors attaquée par les Normands, et le Por-
| tugal par les Arabes, Rudesinde, en l'absence du roi, assembla les | troupes, marcha contre les ennemis, chassa les Normands de Galice
ctrepoussa les Arabes dans leurs frontières. Après quoi il rentra victorieux à Compostelle, aux acclamations du peuple.
Le roi Sanche étant mort, l’évêque Sisenand rompit ses fers, sortit de sa prison, et, la nuit de Noël, vint trouver Rudesinde comme il
dormait, le menaçant, l'épée à la main, de le tuer, s’il ne quittait la
D ville et ne lui cédait la place. Rudesinde le reprit avec beaucoup de
gravité, et lui prédit qu'il mourrait bientôt de mort violente. Pour lui, il sortit sur-le-champ de Compostelle et se retira au monastère de Saint-Jean de Cabère, qu’il avait fondé. Cependant, la troisième
j «née du règne de Ramir IE, c’est-à-dire l'an 970, cent bâtiments
lormands, sous la conduite de leur roi Gondrède, abordèrent en Ga-
à lice, y firent de grands ravages autour de Compostelle et tuèrent
! Baron., an, 975. Sampir,
190 HISTOIRE UNIVERSBLLE (Liv. LL. — Do 9:
l'évêque Sisenand, Saint Rudesinde eut soin de lui faire donner un successeur,
Il continua de vivre dans son. monastère de Celle-Neuve, où l'on dit même qu'il renonça à sa dignité, prit l'habit monastique et se soumit à l’obéissance de l'abbé Franquilan, après la mort duquel il fut lui-méme élu abbé de ce monastère. Il en gouverna plusieurs autres en Galice et en Portugal; et ayant établi Mamillan pour son successeur à Celle-Neuve, il mourut Agé de soixante-dix ans, le jeudi 4er jour de mars 977. On rapporte un grand nombre de mira. cles faits à son tombeau 1,
Sainte Segnorine, sa parente, était abbesse de Baste, au diocèse de Brague. Elle avait été élevée à Vicira, par Godine, sa tante, qui en était abbesse, et se consacra à Dieu, refusant la recherche d'un comte qui la voulait épouser. Étant abbesse, elle transféra le monsstère à Baste, et vécut en grande liaison avec saint Rudesinde, dont on dit même qu’elle apprit la mort aussitôt par révélation. Elle mourut à cinquante-huit ans, le 22me d'avril 989 2.
Tandis que l'Espagne chrétienne, resserrée dans ses montagnes par les Mahométans, continuait à produire des saints et des martyrs, le christianisme s’avançait dans le Danemark et les autres pays du Nord, mais péniblement et avec des fluctuations de hausse et de baisse, comme la grande mer. Parmi les Danois, le roi Harold, ayant reçu le baptême en 948, avec sa femme et son fils encore enfant, dont le roi Othon voulut bien. être le parrain, fut le premier qui établit le christianisme chez ce peuple, et remplit le septentrion d'églises et de prédicateurs de l'Évangile. Il régna cinquante ans. Mais son fils Suen, le voyant vieux et affaibli par l’âge, chercha les moyens de le priver du royaume ; et, devenu apostat, prit conseil de ceux que son père avait contraints d’embrasser le christianisme. La conjuration éclata tout d’un coup ; et une grande partie des Danois, renonçant à la religion chrétienne, reconnurent Suen pour leur roi et déclarèrent la guerre à Harold. Quelque répugnance qu'il eût à prendre les armes contre ses sujets et contre son fils, il résolut de se défendre, mettant sa confiance en Bieu, comme il avait toujours fait. Toutefois il fut vaincu et blessé dans le combat; et, s'étant embarqué, il se sauva dans une ville des Slaves, qui, bien que païens, le reçurént, contre son espérance ; quelques jours après, il mourut de sa blessure, toujours fidèle dans la foi de Jésus-Christ. C'était le jour de la Toussaint 980. Son corps fut rapporté dans son royaume
! Acta SS., 1 mart. Acta Bened., seet, 5, — ? Arta SS., 22 april. Act Benced, seet. 5,
à 91 de l'ère à Rotschild, bâtie : la ca Suen ou tiens de Da successeur « présents pot tarda point :
temps après, et emmené ( désastres ne pour lui fair:
apostasie, de l'attendaient armée innorr livré un com s'enfuir chez n'eut aucune se réfugia en des maux qu également. I veillance, et Hérie, C’est Adam de Br en punition d Adaldague 28me d'avril, cesseur saint très-vertueux Benoit V, lors Libentius auq bourg. Il reçu l'empereur O!
sacré par ses par celui de M le pouvoir d'o pays du Nord leur dépendan La pureté femmes que r
ï humilité le fai:
Ubaron., ar, 9
LXL, — Do (y:
e donner un
uve,.où l'on stique et se ort duquel il na plusieurs an pour son -dix ans, le bre de mira.
, au diocèse à tante, qui herche d'un ‘a le monasesinde, dont lation. Elle
montagnes et des mart les autres s de hausse roi Harold, fils encore t le premier septentrion juante ans, chercha les it conseil de ristianisme, des Danois, ur leur roi qu'il eût à
résolut de ait toujours et, s'étant que païens, il mourut k. C'était le n royaume
. Act Bened,
à 991 de l'ère chr:.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 191 à Rotschild, et enterré dans l'église de la Sainte-Trinité qu'il avait bâtie : la cause de sa mort le fit regarder comme martyr.
Suen ou Swein, son fils apostat, persécuta violemment lés Chrétiens de Danemark. L'archevéque de Hambourg, saint Libentius, successeur d'Adaldague, lui envoyait souvent des députés avec des présents pour l’apaiser ; mais il fut inexorable. La justice divine né tarda point à se faire sentir au prince apostat et parricide. Quelque temps après, faisant la guerre aux Slaves, il fut pris par deux fois et emmené chez eux, et les Danois le rachetèrent par deux fois. Ces désastres ne suffirent point encore pour le faire rentrer en lui-même, pour lui faire reconnaitre la main qui le frappait en punition de son apostasie, de son parricide et de ses persécutions. De nouveaux coups l'attendaient, Héric, roi de Suède, entra en Danemark avec une armée innombrable ; et Swein, qui espérait dans ses idoles, lui ayant livré un combat, fut vaincu, dépouillé de son royaume et réduit à s'enfuir chez les Normands, Mais leur roi Thruccon, étant paien, n'eut aucune pitié de lui. Malheureux et repoussé de toute part, il se réfugia en Angleterre ; mais Éthelred, fils d'Edgar, se souvenant des maux que les Danois avaient faits jadis aux Anglais, le repoussa
également. Il n'y eut qu’un roi écossais ‘qui l’accueillit avec bien-
veillance, et il y resta quatorze ans en exil, jusqu’à la mort du roi Héric. C’est ainsi qu’un petit-fils de Swein déduisit à l'historien Adam de Brême la série de calamités qu'éprouva son grand-père en punition de son apostasie 1.: Nous ‘en verrons la suite et la fin. Adaldague, archevêque de Brême, était mort dès l'an 988, le 28e d'avril, après cinquante-trois ans d’épiscopat ; il eut pour successeur saint Libentius, autrement Lievizo. Ce prélat, très-savant et très-vertueux, était venu d'Italie avec l'évêque Adaldague et le pape Benoît V, lorsqu'il fut relégué en Saxe, et Adaldague ne trouva que Libentius auquel il pût confier le gouvernement du diocèse de Hambourg. Il reçut le pallium du pape Jean XV, et le bâton pastoral de l'empereur Othon III, et fut le premier archevêque de Brême consacré par ses suffragants ; car jusque-là cet archevêque était sacré
| par celui de Mayence ; mais Adaldague ayant obténu du pape Agapit
le pouvoir d'’ordonner des évêques en Danemark et dans les autres pays du Nord, ses successeurs furent ordonnés par les évêques de leur dépendance.
La pureté de Libentius était telle, qu’il ne se laissait voir aux
E femmes que rarement; ses jeûnes le rendaient toujours pâle, son à humilité le faisait paraître dans le cloître comme un simple moine ;
Ubaron., ar, 980. Adaim, 1, 2,
192 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXL — De gs
car c'étaient des moines qui servaient l'église de Brême, comme les autres qu’ils avaient fondées. 11 se contentait des biens de son église, et n’allait guère à la cour pour les augmenter, Il demeurait en repos chez lui, tout occupé à gouverner son diocèse et à gagner des âmes, et tenait dans une exacte discipline toutes les communautés de sa dépendance. 11 prenait soin par Ini-même des hôtes et des malades, ét les servait en jersonne, quoiqu'il eût chargé son neveu Libentius du gouvernement de l'hôpital. Tant que le pays des Slaves fut en paix, il visita souvent les peuples au delà de l'Elbe, et s’acquitta fidèlement de sa mission chez les païens 1, Tel était saint Libentius, aux exhortations duquel le roi Swein s'étant rendu inexorable, fut puni comme nous avons vu.
D'un autre côté, le roi Héric étant devenu maitre des deux royaumes de Danemark ‘et de Suède, Poppon, évêque de Sleswig, alla vers lui en ambassade, de la part de l'empereur et de l’archevêque de Hambourg, pour traiter de la paix. C'était un saint homme; et comme les Barbares lui demandaient un miracle, à leu: ordinaire, on dit que, sans hésiter, il prit un fer rouge avec la main et n’en fut point brûlé. Pour les persuader encore mieux, il se fit revêtir d’une chemise cirée ; et, se tenant au milieu du peuple, il y fit mettre le feu. Ensuite, levant les yeux et les mains au ciel, il la laissa brûler entièrement, et, d'un visage gai, assura qu’il n’en avait pas même senti la fumée. Plusieurs milliers de païens se convertirent à ce miracle, et le non de Poppon demeura célèbre chez les Danois.
Un autre missionnaire illustre du Danemark fut Odincar l'Ancien, qui précha en Finlande, en Zélande, en Schonen et en Suède, et convertit plusieurs infidèles. Odincar le Jeune, son neveu et son disciple, était de la race des rois de Danemark, et si riche en fonds de terre, que de son patrimoine il fonda l'évêché de Ripen en Jutland. Comme il étudiait à Brême, l’archevêque Adaldague le baptisa de sa main ; et son successeur, Libentius, l'ayant ordonné évêque pour la conversion des gentils, il mit son siége à Ripen. La sainteté de sa vie le rendait agréable à Dieu et aux hommes, et il soutint courageusement la religion en Danemark. D'autres saints personnages allèrent jusqu’en Norwége et y firent plusieurs Chrétiens 2, Comme on voit, le zèle pour la propagation de la foi chrétienne n’était point éteint, ni même refroidi dans le dixième siècle.
A Rome, le pape Benoît VII mourut le 10me de juillet 984, après huit ans et demi de pontificat, et fut enterré à Sainte-Croix-de-Jérusulem. Son successeur fut Pierre, évêque de Pavie, qui avait été
l'Acta SS., 4 jan. Act, Bened., sect, 6,jprurs L, — 2 Jbid,
à #1 de l'ère
chancelier d comme l'on tint le Saint:
nom de Bo mourir Benc mois. Après de fuir de R:
mort de Ben cet homme ; ricide comm mourir dans conde fois le fruit de ses c nique, il fut !
tellement, qu trainèrent toi Le lendemain et l'ensevelire face VIE, cer compté parm de Robert, q pape Franco:
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paint été can qui n'est doi naissance, fut ans. Ce fut lui L'empereur d'enlever aux femme, l'impe les Sarrasins d grande bataill au Moment mi Corps de rése:
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Lombardie, oi
! Baron, et Pag xu,
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984, après ix-de-Jérui avait été
à #91 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 198
chancelier de l'empez#:: Othon II. 11 changea de nom par respect, comme l'on croit, pour saint Pierre, et prit celui de Jean XIV. Il ne tint le Saint-Siége que huit mois. L'antipape Francon, qui, sous le nom de Boniface VIF, avait usurpé le pontificat, après avoir fait mourir Benoît VI dans le château Saint-Ange, n'avait siégé qu'un mois. Après ce temps, il avait été obligé, comme nous avons vu, de fuir de Rome et de se retirer à Constantinople. Ayant appris la mort de Benoît VII et celle de l'empereur Othon If, son protecteur, cet homme sanguinaire retourna à Rome ; et après un second parricide commis en la personne de Jean XIV, qu'il fit pareillement mourir dans les prisons du château Saint-Ange, il envahit une seconde fois le pontiticat suprême: mais il ne jouit pas longtemps du fruit de ses crimes ; car après quelques mois de possession tyrannique, il fut frappé de mort subite. Les siens mêmes le haïssaient tellement, qu'après sa mort ils le percèrent à coups de lances, le trainèrent tout nu parmi la ville et le jetèrent au pied du Capitole, Le lendemain matin, quelques clercs ramassèrent ce cadavre déchiré et l'ensevelirent. Si des historiens donnent à Francon le nom de Boniface VIE, ce n'est point à juste titre, puisqu'il ne doit point être compté parmi les Pontifes romains. On n'y comprend pas Jean, fils de Robert, que l'on rapporte avoir été choisi après la mort de l'antipape Francon. Il faut que ce Jean soit mort incontinent après son élection, sans avoir été consacré, ou que son élection même n'ait point été canonique ; autrement il aurait porté le nom de Jean XV, qui n'est donné qu'au Pape qui suit. Jean XV, aussi Romain de naissance, fut sacré le 23me d'avril 986, et tint le Saint-Siége dix ans, Ce fut lui qui accorda le pallium à saint Libentius de Brême 1. L'empereur Othon II était mort l’an 983. Dès l'an 980, il entreprit d'enlever aux Grecs l'Italie méridionale, comme étant la dot de sa femme, l'impératrice Théophanie. Les Grecs appelèrent à leur aide les Sarrasins de Sicile et d'Afrique. En 982, il y eut en Calabre une grande bataille, Les Allemands y eurent d'abord l'avantage; mais au moment même de la victoire, ils sont surpris en désordre par un Corps de réserve et complétement défaits. Il y périt beaucoup de seigneurs et d’évêques, entre autres Pandolfe » duc de Bénévent, et Henri, évêque d'Augsbourg, à qui son ère, le comte Bouchard, avait. procuré cet évêché par de mauvaises voies. L'empereur lui-même eut grande peine à se sauver des Sarrasins sur une galère grecque, d'où il s'échappa ensuite à la nage. Après cette défaite, il revint en
Lombardie, où il fit élire roi son fils Othon II, qui était en Alle-
! Baron. et Pagi, an, 984 et seqq: Xu,
EE ere een nn RE
magne , et qui fut couronné en cette jour de Noël, {a même année 983, par Villegise, Mayence, et Jean, poraines disent positivement qu'il fut couronné roi, pereur, comme suppose Fleury.
Dans l'intervalle, son père, l’empereur Othon I, retourna à Rome, où il tomba malade, Se sentant à l'extrémité, il partagea en quatre tout son argent. Il en donna un quart aux églises, un aux pauvres, un à sa sœur Mathilde et le quatrième à ses serviteurs. Ensuite ii fit sa confession en latin devant le Pape et les prêtres; et ayant recu d'eux l’absolution, il mourut le vendredi, 7me de décembre, ayant régné dix ans et sept mois depuis ia mort de son père. Il fut enterré dans le parvis de l’église de Saint-Pierre ; et devant son sépulcre, qui est de porphyre, on peignit en mosaïque un Christ debout, qui donnait sa bénédiction à ceux qui entraient dans l'église. Ce prince était fort inférieur en mérite à l'empereur Othon Ier, son père,
Saint Adalbert, qui avait d’abord entrepris la conversion des Russes et fut ensuite premier archevêque de Magdebourg, était morten 981, la treizième année de son pontificat. IL avoux obtenu 0e l’empereur Othon II un privilége par lequel les moines qui composaient le cha. pitre de Magdebourg ‘avaient la permission d’élire l'archevêque. Après la mort de saint Adalbert, le clergé et le peuple élurent tout d’une voix pour archevêque le moine Otric, fameux pour son savoir, qui était au service de l'empereur, quoique saint Adelbert eût déclaré publiquement qu’il ne modait point de ses manières , ce qui fit que plusieurs se retirèrent de la communauté, parce qu’Otric était à la tête de l’école. Les
députés du chapitre de Magdebourg allèrent en Italie trouver l'empereur Othon IL, et s’adressèrent à Gisiler, évêque de Mersebourg, qui avait grand crédit auprès de ce prince ; ils lui dirent le secret dé leur députaticn, et ii leur promit ses bons offices. Mais ayant dit à l'empereur la nouvelle de la mort de saint Adalbert, il se jeta à ses pieds et lui demanda pour lui-mêne l’archevêché de Magdebourg,
et non pas em.
comme la récompense qu’il attendait depuis si longtemps pour ses À
services. L'empereur le lui accorda aussitôt.
Quand il fut sorti, Otric et les autres députés lui demandèrent ce qu'il avait fait dans l'affaire qu’ils lui avaient confiée. 11 leur répondit qu’il avait bien de la peine à faire les siennes propres, tant la cour
était corrompue par Pintérêt, principalement les Romains. Enfnil
leur dit la chose en confidence : ensuite il poursuivit publiquement l
! Baron, et Pagi, an, 893,
(Liv. LXI, — De gg» A
qualiié à Aix-la-Chapelle, le archevêque de archevêque de Ravenne. Les chroniques contem.
serait point son successeur; car il ne s’accom-
à 991 de l'ère
sa prétentio
translation.
É ait passer à de siège et « à Hildevard. L vait. Ainsi i supprimé et chose est rac suppression.
sur Othon II il y tomba nm
D son monastè!
Le plus ilh Adalbert de Slavnitz, étai futnommé at tion de l'arme qui lui survin à être instruit maitre le moi tait environ J’ | lui changea le lu. Pendant D vres et leur f.
temps des. ré humaine.
Après la m E puctant beauc l'évêque Ditm [ane de janvi diacre, servait sembla, pour | duc de Bohên pays ; tous co qu'Adalbert, ] le 19me de fés; l'empereur, q Sarrasins, pou | bert était avec avec les ordre:
l'Act, Bened.,
Ve LXI, — Leger à
la- Chapelle, archevêque de iques contem.
t non pas em.
>urna à Rome, agea en quatre ‘aux pauvres, . Ensuite ii fit et ayant recu cerabre, ayant . Il fut enterré son sépulcre, st debout, qui ise. Ce prince on père {, on des Russes t mort en 981, de l'empereur saient le cha.
l'archevêque.
> élurent tout ur SOn savoir, rt eût déclaré Î ne s’accoms se retirèrent e l’école. Les trouver l'em- Mersebourg, it le secret de is ayant dit à | se jeta à ses Magdebourg, mps pour ses À
nandèrent ce leur répondit tant la cour ains. Enfin il ubliquement
à 991 de l'ère chr.] BE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 19% sa prétention devant le pape Benoît VIL pour faire autoriser sa
translation. Le Pape assembla un concile et demanda si Gisiler pou- É vait passer à l’archevéché de Magdebourg, attendu qu'il n’avait point :
de siége et que celui, de Mersebôurg lui avait été Ôté par l'évêque
L Hildevard. Les juges, qui étajent gagnés, prononcèrent qu'il le pou-
vait. Ainsi il eut l’archevêché; l'évêché de Mersebourg. fut même
supprimé et réuni à celui d'Halberstadt. Voilà. du moins comme la
chose est racontée par la chronique de Magdebourg, qui attribue à la suppression. de l'évêché de Mersebourg les malheurs qui tombèrent sur Othon II. Quant au moine Otric, étant ensuite allé à Bénévent, ily tomba malade et y mourut avec un grand regret d’avoir quitté
D son monastère pour satisfaire à son ambition 1. à di Le plus illustre disciple dé saint Adalbert de Magdebourg fut saint :
Adalbert de Prague. Il naquit en Bohême, et. son père, nommé Slvnitz, était comté et seigneur de plusieurs grandes terres. Le fils utnommé au baptême Voytiech, qui signifiait en esclavon consolation de l’armée. Ses parents l'ayant voué à Dieu dans une maladie
D qui lui survint en son enfance, son père l'envoya à Magdebourg pour E être instruit par les soins de l'archevêque Adalbert ; et il eut pour E maitre le moine Otric, qui avait un grand nombre. de disciples. C'é-
tait environ l'an 973, et il fut neuf ans dans cette école. L’archevéque
| lui changea le nom à la confirmation ; et le nomma Adalbert, comme
ln. Pendant ses études, il se dérobait la nuit pour visiter les pau-
2 es et leur faisait de grandes aumônes et donnait à la prière le
temps des. récréations. 11 se rendit fort sayant dans la philosophie humaine, |
Après la mort du saint archevêque, il retourna. en Bohême, r'ap-
j purtant beaucoup de livres, et entra dans le clergé de Prague, sous | l'évêque Ditmar, quimourut peu de temps après, savoir l’an 983, le R 2 de janvier. Le. jeune Adalbert, qui n'était encore que sous-
diacre, servait avec ies autres aux funérailles de l'évêque. On s’assembla, pour l'élection du successeur, près de la ville de Prague, et le duc de Bohème, Boleslss le Pieux, y assistait avec les seigneurs du
E rays ; tous convinrent qu’ils ne pouvaient choisir d'évêque plus digne
qu'Adalbert, leur compatriote : et, malgré sa résistance, ils l’élurent le 19me de février, la même année 983, Ils envoyèrent des députés à
à empereur, qui était à Vérone, au retour de la guerre contre les
Sarrasins, pour lui demander la confirmation de cette élection. Adal-
| bertétait avec eux, etils portaient la demande du clergé et du peuple,
avec les ordres du duc. L'empereur leur accorda ce qu'ils deman-
l'Act, Bened., sec. b, p. b82,
Fr a PSC A RE
196 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXT, — Deÿgs daient, et donna à Adalbert l'anneau ét le bâton pastoral ; puis il le
fit sacrer par Villegise, archevêque de Mayence, dont il était suffra. gant, et qui se trouva présent. Étant de retour, il entra à Prague nn. pieds et fut intronisé avec une grande joie de tout le peuple.
Depuis qu'il fut évêque, il mena une vie exemplaire et s’acquitta parfaitement de tous ses devoirs. Il partagea en quatre parts les re. venus de l'église, selon les canons : la première pour les réparations et les ornements de l’église, la seconde pour les chanoïnes, Ja troi. sième pour les pauvres, et la quatrième pour lui. Il distribuäit de grandes aumônes à toutes les fêtes et nourrissait tous lés jours douze pauvres. [l avait un lit de parade; mais il couchait sur la terre et tout au plus sur un uilice, dormant peu ét passant la plupart deh nuit en prières. Il observait, comme les moines, le silence depuis complies jusqu’à prime ; après prime, il donnait audience, puisil tra. vaillait de sés mains ou lisait l'Écriture sainte avec ses chapelains, | visitait soigneusement les prisonniers etles malades : il préchait ass. dûment et mélait dans sa conduite la sévérité et là douceur.
Mais son peuple profitait peu de ses instructions : la plupart sem. blaient affecter de commettre les désordres dont il voulait les retirer, et s'obstiner à leur perte. Voyant donc que, loin:de leur être utile, il se nuisait à lui-même, il résolut de les quitter, principalement pour trois sortes de péchés: la pluralité des femmes, les: mariages dés clercs, la vente des esclaves chrétiens aux Juifs. Dans le temps même qu'Adalbert était prêt à partir nour Rome, il se rencontra que le
moine Straquaz vint à Prague. Il était fils de Boleslas le Cruel.et frère À
de Boleslas le Pieux, qui régnait alors en Bohême. Le père, pour expier la mort de saint Venceslas, donna ce tils à Saint-Emméran de Ratisbonne, où il embrassa la vie monastique. Il était done venu après plusieurs années, par la permission de son abbé; voir so pays, ses parents et le duc, son frère. Le saint évêque Adalbert, l'ayant pris en particulier, lui fit de grandes plaintes de la malice de son peuple, des mariages incestueux et des divorces, de la désobéissance et de la négligence du clergé, de l’arrogance et de la puissance intolérables des seigneurs. Enfin il lui découvrit son dessein d’aller à Rome con-
sulter le Pape et de ne jamais revenir à ce peuple-indocile. Il se ren À
contre heureusement, ajouta-t-il, que vous êtes frère du duc : ils vous obéiront plutôt qu’à moi, vous pourrez les réduire par l'autorité de votre frère ; votre noblesse, votre science et la sainteté de votre profession vous rendent digne de l'épiscopat ; je vous le cède volontiers, et je solliciterai le Pape de vous l’accorder de mon vivant. En parlant ainsi, il lui mit entre les bras le bâton pastoral qu’il tenait. Mai Straquaz le jeta par terre avec indignation et dit : Je ne suis ni digue
à 991 de l'ère cel
ni capable de luirépondit : :
pas faire main votre perte, Adalbert vi:
quitter son pe E donc résolu, d D mença par dist phanie, mère ( temps à Rome lerinage à Jéru gent, que le je de terre. Elle 1’ mais lesaint € Ayant renvo âne pour porte seulement, pot reçu avec honn voulait partir, | Lavec les princi voyage très-lor ter le monde, :
les jours. 11 vai nos pères. Ada de s'arrêter at E Mais un des d'affection que ici l'habit mona |éles évêque, vo Adaldert, voya discours, et aus qu'il avait à fan il agissait, et dit lervent dans l’a le vous recevra nuire säns vous
Bsuis Grec et étr.
Due vous quitte:
“ncore plus ince
retourner à Ro
une lettre par I:
gMoIns de vous r
. LXI, — De 96°
ral ; puis il le l'était suffra.
à Prague nu- ‘uple.
et s’acquitta parts les res réparations ines, la troi.
distribuäit de s jours douze sur la terre ct plupart de la ilence depuis ce, puis il tra.
hapelains. |] préchait assi.
céur, plupart semit les retirer, ur être utile, lement pour mariages des temps même ontra que le ruel.et frère È père, pour Emméran de donc venu oir SON pays, , l'ayant pris son peuple, issance et de intolérables à Rome cone. Îl se renue ; ils vous l'autorité de e voire proà volontiers, int. En partenait. Mais uis ni digne
Ruso: de l'êrg chr.] Lu capable de l'épiscopat ; je suis moineet mort au monde.
Ed'affection que de discrétion : Mon père,
B suis Grec et étranger, et le lieu que nous jite vous quittez ; si je vous reçois, ils me chasseront, et vous serez
L'évêque hirépondit : Sachez, mon frère, sachez que ce que vous ne voulez pas faire maintenant à propos, vous le ferez plus tard, etce sera à votre perte. .
Adalbert vint à Rome en 989, ei le pape Jean XV lui conseilla de
quitter son peuple rebelle plutôt que de se perdre avec lui. Ayant
à donc résolu, de passer le reste de sa vie en pays étranger, il com-
mença par distribuer tout son argent aux pauvres. L'impératrice Théophanie, mère d’Othon II, qui régnait alors, se trouva dans le même temps à Rome; et, sachant que l'évêque Adalbert voulait aller en pèlrinage à Jérusalem, elle le lit venir secrètement et lui donna tant d’arsent, que lé jeune Gaudence, frère du saint, le pouvait à peine lever deterre. Elle l'obligeait à le prendre pour la dépense de son voyage ; mais le saint évêque le distribua tout aux pauvres la nuit suivante.
Ayant renvoyé ses gens en Bohême, il changea d'habit, acheta un âne pour porter je bagage, et se mit en chemin, avec trois personnes seulement, pour aller à Jérusalem. II passa au mont Cassin et y fut reçu avec honneur sans être connu. Quelques jours après, comme il voulait partir, l'abbé Manson, successeur d'Aligerne, vint le trouver
javec les principaux du monastère, et lui dit : Vons entreprenez un
voyage lrès-long et plein de grandes distractions ; il est bon de quitter le monde, mais il n’est pas avantageux de changer de place tous les jours. 11 vaut mieux se fixer.en un lieu, suivant les maximes de nos pères. Adalbert reçut ce conseil comme venu du ciel, et résolut de s'arrêter aû mont Cassin pour y passer le reste de sa vie.
Mais un des principaux du monastère lui dit un jour, avec plus vous feriez bien dé prendre ii l'habit monastique et de demeurer avec nous ; Car, COMMe vous
etes évêque, vous consacrerez nos églises et ordonnerez nos clercs.
Adaldert, voyant qu'il était découvert, fut sensiblement afigé de ce discours, et aussitôt il alla à Val-de-Luce consulter saint Nil sur ce qu'il avait à faire. Saint Nil connut dès l'abord par quel mouvement il agissait, et dit, depuis, qu’il n’avait jamais connu personne de plus lervent dans l'amour de Dieu que ce jeune homme. Mais il Jui dit : Je vous recevrais, mon fils, dans ma communauté, si ce n'était lui
nuire säns vous servir. Vous voyez à ma barbe et à mon habit que je habitons appartient à ceux
“cote plus incertain du lieu de vôtre retraite. Je vous conseille de
Biétourner à Rome ot d'aller trouver de ma part l'abbé Léon, avec
june lettre par laguelle je le prierai de vous garder chez lui, ou du sMoIns de vous
recommander à l'abbé de Saint-Sabas.
ferme, il le mena au Pape, pour ne rien faire que de son consente. ment et de l’avis des cardinaux. Enfin il lui donna l’habit le jeudi saint, l'an 990, . sans savoir qui il était. Déux de ceux qui avaient suivi Adäibert l'abandonnèrent, voyant qu’il voulait se faire moine ; il n'y eut Que son frère Gaudence qui lui demeura fidèle et embrass, la méie profession. Adalbert s'exerçait à l'obéissance et à l'humilt: servant ax travaux les plus bas dans le monastère. Cependant, en Bohême, le duc Boleslas voyant le désordre où celte église était tombée depuis l’absence de son saint évêque, tint conseil avec son clergé, et'envoya dire à Villegise, archevêque de Mayence : Ourenvoyez-nous Adalbert, notre pasléur, Ce que nous aimons mieux, ou ordontéz-nous-en un autre. L'archevêque, craignant que ce peuple, nouvellement converti, ne retombât dans ses anciennes erreurs, en. voya à Rome deux députés, savoir : Radla, disciple du saint, « Straquaz, moine, tous deux frères du duc, avec des lettres par les. quelles il pridit le Pape de renvoyer Adalbert. Le pape Jean XV tin ün concile à Rome, pour ce sujet, l'an 994. II y eut une grande contestation entre les députés, qui rédemandaient leur évêque, «t les’ Romains, qui voulaient le retenir. Enfin, les députés l’emportèrent, et le Pape dit : Nous vous le rendons, à condition que son peuple le conservera, profitant de ses instructions ; mais s'ils demeurent dans leurs péchés, il pourra les quitter en sûreté. Les députés ramenèrent done Adalbert, après qu'il eut mené cinq ans là vie monastique ; et, quand il arriva à Prague, tout le peuple vint au-devant de lui et le reçut avec une extrême joie, promettant de suivre en tout ses avis. Mais ils retombèrent bientôt dans leur pre. mière négligence et dans tous leurs vices. La femme d’un homme noble étant accusée d’avoir commis adultère avec un clere, les par rents du mari voulaient la décapiter, suivant la coutume. Elle s'erfuit à l'évêque, qui, pour lui sauver la vie, l'eñferma dans un mo nastère de réligieuses dédié à saint Georges, et donna à un homnt fidèle Ja clef de l’église où elle était. Ceux qui poursuivaient l femme vinrent à la maison de l’évêque pendant la nuit, se plaignant qu'il voulait empécher l'exécution des lois et demandant la cou pable avec menaces. Il embrassa les frères qui étaient avec lui, « recommandant à leurs prières, et se jeta au milieu de ces furieux en disänt : Si c'est moi que vous cherchez, me voici : Un d'entre eut lui dit : Tu te flattes en vain de la gloiré du martyre ; mais si on nt nous rend promptement cette malheureuse, nous avons tes frères.
[EIV, LXI, — Desç à 991 de l’èr
Adalbert, étant revenu à Rome, s’informa du monastère de l'ab; Léon, et apprit que c'était celui de Saint-Alexis. Léon, voulant l4. prouver, lé rebuta d’abord et lui parla durement ; mais, le voyani
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NUM. = De 962
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D'aoot de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 199
et nous nous vengerons sur leurs femmes, sur leurs enfants et sur leurs terres. Cependant un traître leur ayant découvert celui à qui l'évêque avait confié la garde du lieu où était la femme, ils l'intimidèrent tellement, qu'il leur en donna l'entrée ; ils arrachèrent la femme de l’autel et lui firent couper la tête.
Depuis son retour, saint Adalbert commença à travailler à la conversion des Hongrois, voisins de la Bohême; il y envoya des missionnaires et y alla lui-même, et y établit un faible commencement de christianisme ; mais, dans ce faible commencement, il posa le principe d’une conversion parfaite de la nation entière, en baptisant le fils du duc Geisa ; car cet enfant fut, depuis, l’illustre saint Étienne, roi et apôtre de la Hongrie 1,
Le saint évêque, afligé de l'indocilité de son peuple, le quitta une seconde fois et retourna à Rome, dans son monastère de Saint- Alexis et Saint-Boniface, sous la conduite de l'abbé Léon, qui fut légat en France. En ce monastère, il y avait des Grecs qui suivaient la règle de saint Rasile, et des Latins qui suivaient celle de saint Benoît, et, de chacune des deux nations, on en remarque quatre distingués par leur mérite. Les quatre Grecs étaient : l'abbé Grégoire, le père Nil; Jean, infirme; Stratus, homme d’une simplicité angélique. Les quatre Latins étaient : Jean, remarquable par sa sagesse ; Théodore, par son silence ; Jean, par son innocence; Léon, simple, mais toujours prêt à précher. Ce dernier avait été abbé de Nonantule en Lombardie ; et, après avoir gouverné ce monastère deux ans, il l'avait remis à l’empereur Othon, lui rendant le bâton pastoral. 11 était venu à Rome se rendre simple moine à Saint-Boniface, où il finit ses jours, et il est compté entre les saints. Il ne faut pas le confondre avec Léon, abbé du même monastère. .
Saint Nil, que saint Adalbert alla consulter, était né à Rossane, capitale de la Calabre, la seule ville que les Grecs y avaient conservée, le reste du pays étant désolé par les courses des Sarrasins. Son beau naturel fut cultivé par l'étude ; il lisait continuellement l'Écriture sainte et prenait un plaisir singulier aux Vies des Pères, œ qui lui inspira une grande aversion du vice et des mauvaises curiosités, comme des caractères et des paroles superstitieuses contre divers accidents. Ayant perdu ses parents, il demeura sous la conduite d’une sœur aînée, qui étrit aussi très-pieuse. Mais, étant arrivé à la fleur de la jeunesse, il atür.. les désirs de toutes les filles par sa beauté et l'agrément de sa voix; et, de son côté, il fut épris de la plus belle d’entre elles, quoiqu'elle fût de basse naissance, et le
1 Act. Bened., sec, 5. Acta SS., 93 april,
DE LS es»
200 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — De 96,
premier fruit de leur union fut upe fille. Toutefois, la pensée de la mort et des supplices éternels commença à le relever dé cette chute, et ces sentiments devinrent bien plus vifs dans une fièvre ardente dont il fut attaqué.
Un jour donc, sans avoir rien dit à personne, il alla chez des gens qui lui devaient de l'argent, et leur dit qu'il avait trouvé une très. beile vigne et qu’il voulait l'acheter. II prit d'eux ce qu'ils avaient, et, nonobstant sa fièvre, il partit accompagné d’un moine nommé Grégoire, qui le conduisait à son monastère. En passant une rivière, il fut tout d'un coup délivré de sa maladie, ce qu'il prit pour une marque assurée que ce voyage était agréable à Dieu. II arriva donc au monastère de Mercure, et, entre autres grands personnages, il y trouva Jean, Fantin et Zacharie. Il fut surpris de leur extérieur et de la pauvreté de leur habit, et son zèle pour la perfection en fut plus ardent. Eux, de leur côté, voyant la sagesse de ce jeune homme, douceur de sa voix dans la lecture, et la pénétration de son esprit, jugèrent dès lors que non-seulement il ferait un grand progrès dans la vertu, mais qu’il serait utile au salut de plusieurs autres.
Mais peu de temps après, il vint des lettres menaçantes de Ja part du gouverneur de la province, portent que, si quelqu'un était assez hardi pour imposer les mains à ce jeune homme, il aurait le poing coupé et le monastère serait confisqué. Les supérieurs résolurent donc de l’envoyer Sous une autre domination, pour recevoir le saint habit, et il se détermina à entrer dans le monastère de Saint-Nazaire, En chemin, il rencontra un Sarrasin, qui lui demanda qui il était, d'où il était et où il allait. Nil lui dit simplement la vérité, et le Sarrasin fut surpris de lui voir prendre une telle résolution, étant si jeune ; car il n’avait pas trente ans, et il portait encore son habit séculier, qui était très-riche. Tu devais attendre, dit-il, à la vieillesse, pour t’engager dans la vie monaslique, si tu l'as résolu. Non, répondit-il, Dieu.ne veut pas que nous soyons bons par nécessité ; un vieillard n’a plus la force de le servir, non plus que de nurter les armes pour son prince. Je veux servir Dieu dans ma jeunesse, afin qu'il honore ma vieillesse. Le Sarrasin, touché de ce discours, lui montra le chemin et le quitta, en lui donnart des bénédictions et en l'encourageant à suivre son dessein. Nil fut saisi de crainte, songeant au péril qu'il avait évité, et sa peur augmenta quand il entendit le Sarrasin revenir en courant et criant qu’il l'attendit. Celuici, l'ayant rejoint, lui donna des pains fort blancs qu’il avait apportés, voyant qu'il n'avait aucunes provisions, et lui fit excuse de n'avoir rien de meilleur à lui donner; mais en même temps ii biâäma sa crainte et la mauvaise opinion qu'il avait de lui.
à 991 de l'ère
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