LXI. — De
car ils obtien- 'ession, que sa cvoli la peine > amende, Le ffrayante, on > Dieu, dit-il.
eine capitale, saint par les t à la juridicitaux et ceux ces personnes 1s les villes de >rocès relatifs à l'idolâtrie et les Grecs de ixième siècle, atholiques au pendant tout des progrès de Vladimir, ne, épousa sa Jne vingtaine rius, roi des égoire VII à uzième siècle catholiques.
ins schisma-
à 991 de l'ère chr.] LE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 241
aux pauvres et aux malades, surtout à ceux qui tombaient du mal caduc, pour lesquels il avait toujours eu plus de compassion. Il fit la confession de ses fautes à Nicolas, évêque d’Andrinople, en versant beaucoup de larmes. Il implora à haute voix le secours de Ja sainte Vierge, la priant de l’assister dans le jugement redoutable qu'il allait subir. Pénétré de contrition, il expira le 10 janvier de l'année suivante 976, âgé de cinquante et un ans, dont il avait régné six et un mois.
Basile et Constantin, fils de Romain IT, étaient alors âgés, l'un de dix-huit ans, l’autre de quinze. Leur éducation avait été négligée :; ils n'avaient aucune connaissance ni de l'empire, ni d'eux-mêmes. Basile avait reçu de la nature un esprit vif, une âme active et couragéuse, les exploits de Nicéphore et de Zimiscès avaient allumé dans Œ son cœur l'amour de la gloire : mais ses bonnes qualités n'étaient pas réglées par l'éducation. L’eunuque et grand chambellan Basile, qui voulait régner, profita des passions ardentes du jeune empereur pour le plonger dans la débauche, Toutefois, par la vigueur naturelle de son âme, le prince finit par secouer tes chaînes honteuses ; mais Constantin, son frère, d’un caractère plus faible et plus indolent, ne s'en affranchit jamais et passa toute sa vie, qui fut longue, avec le nom d'empereur, sans en faire aucune action. /
Sous le règne des deux frères, par suite de la politique de l’eunuque Basile, il y eut d’abord une guerre civile, où un habile général, Bardas Sclérus, prit le titre d'empereur. Il fut vaincu, l’an 976, par Bardas Phocas, et se retira chez le califo de Bagdad, où, sur la demande de l’empereur Basile, il fut tenu plusieurs années en prison. | Bardas Phocas lui-même avait pris le titre d'empereur sous Zimiscès,
et avait été vaincu par ce même Sclérus, contre lequel il fut rappelé, | après avoir porté six ans en exil la tonsure cléricale. Cette guerre
dvile terminée, l'empereur Basile marcha en personne contre les
Bulgares, qui, depuis la mort de Zimiscès, avaient rétabli leu: | royauté et leur indépendance nationale. C'était en 981. L'entreprise
du jeune empereur échoua par la perfidie d’un de ses généraux, qui
craignait que l'empereur ne prit goût à la guerre et ne voulût corhmander et régner par lui-même. L'eunuque Basile en murmurait plus haut que les autres. L'empereur Basile disgracia l'orgueilleux
| nuque, qui en mourut de chagrin. C'était l'an 984. De ce moment, le jeune empereur changea entièrement de conduite. Tout occupé des affaires du gouvernement, il renonça aux plaisirs, à la magni-
licence des habillements » des équipages. Il devint sobre ; vigilant, kborieux ; mais en même temps hautain, triste, défiant, inexorable
| dans sa Colère, ne laissant à son frère que le nom et la parure d'en:- AUTRE 16
in régnaient année précé- > les auteurs
empoisonné de punir les it, il se hâta n diligence le eur, Il respion retour se itait sa mort ibua l'argent
1, mat, — De 0 cart, Vladimir.
242 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LE, — De 962 pereur, avec une garde modique et assez mal entretenue, Mais Constantin, énervé par la mollesse, consentit volontiers à n'être compté pour rien, pourvu qu'il eût la liberté de se livrer à li débauche.
Il n’en fut pas de même de Bardas Phocas. Mécontent de voir que Basile voulait régner et commander tout de bon » il prit pour la $econde fois le titre d'empereur., Bardas Sclérus, échappé des prisons de Bagdad, le reprend de son côté et propose à Phocas de partager l'empire. Phocas accepte la proposition et invite Sclérus à venir le trouver pour conférer ensemble sur leurs intérêts communs. Sclérus s’étant fié à ses serments, Phocas l’emprisonne dans une forteresse. C'était l'an 987. Deux ans après, en 989, Phocas est vaineu par l’empereur Basile, et périt sur le champ de bataille, Sclérus, sorti de prison, reprend le titre d'empereur ; mais bientôt, las de tant de traverses et d'ailleurs déjà vieux, il sollicite et obtient son pardon de Basile, avec la dignité de curopalate, la seconde de l'empire, et meurt peu de temps après.
Au milieu de ces guerres et de ces révolutions, le siége patriarcal de Constantinople fut occupé par des hommes recommandables, d'après le témoignage de Léon, diacre , auteur contemporain, Le patriarche Basile Ier, solitaire du mont Olympe, monté sur le siége de Constantinople le 13 février 970, le remplit environ quatre ans. Ilen fut chassé l'an 974, par l'empereur Zimiscès, sur une fausse accusation. En vain réclama-t-il un concile œcuménique pour le juger suivant les canons; loin de déférer à une si juste demande, on le relégua dans un monastère qu’il avait fondé. Il y finit saintement ses jours. Antoine II, moine studite et syncelle, fut mis à la place de Basile en 974. L'austérité de sa vie, son savoir et son désintéressement l'avaient fait juger digne de cette place. Il abdiqua l'an 97, pour retourner dans sa retraite, où il mourut vers l'an 983. Il eut alors pour successeur Nicolas surnommé Chrysoberge, qui tint le siége douze ans et demi. En 976, les Arméniens, ayant reçu le concile de Chalcédoine, se réunirent avec l’église grecque, et, par là même, avec l'Église romaine, avec qui les Grecs étaient alors unis. Cette réunion des Arméniens fut l'œuvre de leur patriarche Vahanie, qui mourut peu après qu'elle fut terminée.f,
Dans le temps même que la Russie entrait dans l'humanité chrétienne par la conversion de.son grand-duc Vladimir et de ses principaux seigneurs , il s’achevait en France une révolution politique
1 Hist, du Bas Empire, 1. ?5 et 76. Hist, chron, patriarch. Const, Acta S5. t 1, aug.
à 991 de l'ère
dont les rés demi. La se troisième, ce entre ces dei manière peu temps, il se En 888, penc pour roi Euc cette ville co gneurs du ro En 929, les I frère du roi ] Son fils, H accepter la r
L son beau-fri
Raoul, étant Simple, lui s:
et les autres & l'an 954, son cède par l’éle lui-même dar de Saint-Rem Le roi Lot Louis à son meurt l'anné royaume à so français, qui € Tels sont les j Pour la bier l'origine, la ro Goths, Lomba naturel. Natio tution territor leur tête et de cable, Aussi, ils le roi Chile Romain Égidi:
solennelles, ra] ! Dom Bouque!
NE — Dogs
retenue, Mais iers à n'être se livrer à la
nt de voir que it pour la seé des prisons s de partager ‘us à venir le auns. Sclérus ne forteresse, neu par l’emérus, sorti de e tant de traon pardon de l'empire, et
‘ge patriarcal mmandables, mpcrain, Le sur le siége à quatre ans.
r une fausse pour le juger mande, on le intement ses à la place de lésintéresseua l'an 979, | 983. Il eut >, qui tint le 2eu le concile Jar là même, unis. Cette Vahanie, qui
nanité chréde ses prinon politique
nst, Acta 55. à
au de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 243
dont les résultats subsistent encore, après plus de huit siècles et demi. La seconde dynastie, celle de Charlemagne, s’en allait ; et la troisième, celle de Hugues Capet, se mettait à sa place. L’alternative entre ces deux dynasties dura tout un siècle, et se consomma d’une manière peut-être unique dans l'histoire, sahs que, pendant tout cc temps, il se commit aucun meurtre politique ni de part ni d'autre. En 888, pendant la minorité de Charles le Simple, les Français élisent pour roi Eudes, comte de Paris, et qui avait si vaillamment défendu cette ville contre les Normands. 11 meurt l'an 898, en priant les seigneurs du royaume de reconnaître Charles le Simple ; ce qu'ils font 1. En 9292, les Français se donnent Pour roi le duc Robert de France, frère du roi Eudes : il est tué dans une bataille l’année suivante 2. Son fils, Hugues le Grand, étant trop jeune et ne: voulant point accepter la royauté que les Français lui offrirent, ils élisent pour roi
[ son beau-frère Rodolfe, duc de Bourgogne ?, Le roi Rodolfe, ou
Raoul, étant mort l’an 936, Louis d'Outre-mer, fils de Charles le Simple, lui succède, étant rappelé d'Angleterre par Hugues le Grand et les autres seigneurs du royaume à, Louis d’Outre-mer étant mort l'an 954, son fils Lothaire, beau-frère de Hugues le Grand, lui suc cède par l'élection de tous les seigneurs de France, comme il le dit lui-même dans une charte octroyée l'année suivante au monastère de Saint-Remi de Reims,
Le roi Lothaire meurt l’an 986, après avoir recommandé son fils Louis à son cousin Hugues Capet $, Louis, cinquième du nom, meurt l'année suivante 987, le 21 mai 7, après avoir donné le royaume à son cousin Hugues Capet 8, le plus puissant des seigneurs français, qui est élu roi par les autres ?, et favorisé par le Pape 1, Tels sont les principaux faits de cette révolution séculaire. :
Pour la bien apprécier, il faut se rappeler avant tout que, dans l'origine, la royauté était élective chez tous les peuples germaniques, Goths, Lombards, Francs, Saxons, Allemands et autres. Et c'était naturel. Nations guerrières, conquérantes, émigrantes, sans constitution territoriale, il leur fallait des hommes capables de marcher à leur tête et de les. commander. Une hérédité stricte était impratiable, Aussi, à leur entrée dans les Gaules, les Francs renvoientis le roi Childéric, de race franque, et mettent-ils à sa place le Romain Égidius. Charlemagne et son fils, dans les chartes les plus
| solennelles, rappellent et confirment ce caractère électif de la royauté
! Dom Bouquet, t. 9, p. 48, h; 49, a; 73, d. — * Ibid. P.71,a,—3pP,51,h; 139, D, — 4 D, 77, €; 90, €. — 5 P. 617. — 6 P. 82, b. — 7 D. Bouquet, t.x ; D. 165, a; 922, b; 243, D, — à Ibid, p. 360, c; 387, a. — 9 Tbid., p. 184,c; #10, c; 213, a; 280, ce; 281, 9, cle. — 10 Ibid,, p. 392, e, d; D: 553, n.
chez les Francs. Charles le Chauve reconnait la même chose au concile de Toul, en 859. Enfin, l'an 955, le roi Lothaire, avantdernier roi de la race de Charlemagne, rappelle encore spontanément, dans un diplôme particulier, qu’il a été élu par tous les sei. gnéurs frariçais 1, Sans doute, comme où ne choisissait que pour trouver un homme utile. et capabie, ‘si le plus proche l'était, on choisissait naturellement le plus proche. Cela devenait avec le temps, si l’on peut ainsi dire, une hérédité éléctive, une élection héréditaire. À mesure que les nations, devenues chrétiennes; s'attacheront au sol, s’adonneront à l’agriculture et au commerce, vivront en paix les unes avec les autres, auront un moîndre besoin d’avoir toujours à leur tête un homme capable de les commander en personne, les choses, une fois réglées par le temps et l'usage, marcheront comme d'elles-mmêmes ; la royauté, comme le sol même, deviendra de plus en plus héréditaire, et cela naturellement. Une chose y contribuera entre autres : le système féodal, autrement le système militaire implanté dans le sol pour mieux le défendre. Les incursions des Normands et des Sarrasins firent de ce système une nécessité en France. Les descendants de Charlemagne, particulièrement Charles le Chauve, n'étant plus en état de défendre contre eux les Français, chacun fut réduit et formellement autorisé à se défendre soi-même? De là, tant de forteresses et de seigneuries particulières, autour des: quelles se groupèrent les populations pour trouver sécurité et protection. Paris, avec son valeureux comte, en donne le plus illustre exemple ; Paris devient ainsi le cœur dé la France, et son comte la tête. : | Sous le règne de Lothaire, avant-derniet roi carlovingien, le comte de Paris et duc de France Hugues Capet était plus puissant que le roi même. Gerbert écrivait l'an 985 à un seigneur d’Allemagne, sur les moyens de prévenir la guerre civile et étrangère dans ce pays, après la mort de l’empereur Othon li : Le roi Lothaire es! le chef de la France de nom seul; Hugues l’est non pas dé nom, mais de fait et en réalité. Si vous aviez sollicité son amitié d’un commun accord, si vous aviez lié son fils avec le fils de l'empereur, il y a longtemps que vous n’auriez plus pour ennemis les rois des Français ? Nous vous le disons confidemment, dit-il dans une autre lettre, si vous vous conciliez l'amitié de Hugues, vous pourriez facilement éviter toute attaque de la part des Français #, Hugucs Capet était ainsi dès lors le roi de fait et par la nature. Le nom et le droit s’y joignirent par
1 Dom Bouquet, t, 9, D. 61%. — 2 Jhid., & 7, pe 107 ct alibi, = 5 Bibi, PE, & 17, Gerbert, Æpist, 48, = + Eprit, b1,
LBiv, LXE — be gg
à 91 de l'è
la donatior de la natio jeune roi 1 gues, le du ais !, Cett de la troisi deux chroi quable qu’ etavec rai mère Hedv les chronic Noyon, pal Richard, d véque Adal année, Rol Orléans.
Une histc de Gerbert de nouveat que nous * Le roi L Gerberge, e:
manie et l’a llugues le € Lothaire su quence, il « sique, mêm Le duc des princes de ] ques des di hreine Gex son père d Lothaire, 4 Artold dans [les autres r Laon, antiqu #NON Insépar reine sa mè dans toute ]:
?Chron, Gdo PS1, h
Av. LXL — Deggo
nême chose au Othaire, avantcore spontanéar tous les sei- Issait que pour oche l'était, on t avec le temps, lection hérédi.
8, S’attacheront vivront en paix l’avoir toujours | personne, les heront comme iendra de plus > ÿ contribuer e militaire imsions des Norsité en France.
nt Charles le les Français, re soi-même?
es, autour des:
écurité et pro-
le plus illustre
et son comte
rlovingien, le plus puissant igneur d’Alleétrangère dans oi Lothaire est s de nom, mais d’un commun ur, il y a longdes Français *.
autre lettre, si cilement éviter , était ainsi dès joignirent pa
— 5 Bibl, PE,
à 991 de l'ère chr, | DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 245
la donation du dernier roi, Louis V, son petit-cousin, et par l'élection de la nation française. En 987, dit un auteur contemporain, mourut le jeune roi Louis, qui ne fit rien, après avoir donné le royaume à Hugues, le duc de France, qui, la même année, fut fait roi par les Franais !, Cette donation du dernier roi de la seconde dynastie au chef de la troisième, attestée par un auteur contemporain et répétée dans deux chroniques postérieures ?, est une chose d'autant plus remarquable qu’elle a été moins remarquée. Une autre chronique obsèrve, etavec raison, que Hugues Capet destendait de Charlemagne par sa mère Hedwige, fille de Henri l'Oiseleur et de sainte Mathitde, Toutes ls chroniques s'accordent à dire qu'il fut élu et proclamé roi à Noyon, par les seigneurs de France, notamment par son beau-frère Richard, duc de Normandie, et ensuite sacré à Reims, par l’archevêque Adalbéron, le 3 juillet 987. Le 30 décembre de la même année, Robert, fils de Hugues et d'Adélaïde, est couronné roi. à Orléans. es
Une histoire contemporaine, écrite à Reims même par un disciple de Gerbert, mais retrouvée depuis peu, nous donne sur ces faits de nouveaux renseignements, qui confirinent pour le fond ceux que nous venons de résumer.
Le roi Louis d'Outre-mer étant mort en 954, sa femme, la reine Gerberge, envoya des députés à ses deux frères, le roi Othon de Germanie et l'archevêque Brunon de Cologne, ainsi qu’à son beau-frère llugues le Grand, duc des Gaules, pour leur demander que son fils Lothaire succécât dans le royaume à son père défunt. En conséquence, il arriva de la part du roi Othon tous les princes de Belsique, même quelques-uns, de Germanie, ayant Brunon à leur tête. Le duc des Gaules, Hugues, s'y trouve de son côté, ainsi que les princes de Bourgogne; d'Aquitaine et de Gothie ; de plus, les évéques des diverses provincés. Tous s’assemblent à Reims, auprès de hreine Gerberge. Leur vœu unanime est que Lothaire succède à son père défunt, Du consentement et aux acclamations de tous, Lothaire, âgé de douze ans, est donc créé roi par l'archevêque Artold dans la basilique de Saint-Remi où son père reposait avec
[les autres rois. Les princes le conduisent avec grand honneur à
Laon, antique séjour des rois. Le due de France est son companon inséparable. Pour preuve dé sa fidélité il pria le roi et la “eine sa mère de vouloir bien visiter ses villes et ses forteresses dans toute la Neustrie. Il les reçut en effet magnifiquement à Paris,
!Chron, Odoran. Bouquet, t, 10, p.165, ? Ibid, p.222, h; 248, h, — 8 Ibid. P.st,
246 HISTOIRE UNIVERSELLE [LIN EXE, = Degç?
Orléans, Chartres, Tours, Blois, et en beaucoup. d’autres villes, | les accompagna avec ses troupes en Aquitaine, contre le duc Guil. laume, qui fut battu. La ville de Poitiers se rendit au roi après un long siége, mais fut épargnée par l'intervention du duc de France, Après cette glorieuse campagne le roi revint à Laon ; mais le due, de retour à Paris, y tomba malade et mourut en 956. On l'enseveli dans la basilique du martyr saint Denis.
Il laissait deux fils, Hugues et Othon ou Eudes. En 961 ils pré. tèrent serment de fidélité au roi Lothaire, qui fit Hugues duc de France à la place de son père et ajouta le Poitou à sa principauté : il donna la Bourgogne à Eudes.
Dans l’année 978, le roi Lothaire se brouilla avec le nouveau roi de Germanie Othon IL, au sujet de la Belgique, que chacun prétendait être à lui. Lothaire convoqua le nouveau duc de France, ainsi que les autres princes du royaume, et, de leur avis et avec leurs SeCOurS, fit une irruption soudaine dans la Belgique et surprit à Aix-la. Chapelle le roi Othon, qui faillit tomber entre ses mains. Othon, ayant rassemblé üne armée nombreuse, se jeta en France et vint camper jusqu’auprès de Paris, mais il se retira quand il sut que les Français se réunissaient de leur côté. Lothaire, voyant qu'Othon était sur seS gardes et capable de se défendre, se réconcilia secrètement avec lui, et lui céda le pays en litige, le tout en cachette du duc de France, qu'il avait consulté pour commencer la guerre et qui l'y avait soutenu de toutes ses forces.
Le duc, connu sous le nom de Hugues Capét, ayant deviné Ja politique de Lothaire, alla lui-même à Rome trouver le roi Othon, dont il était cousin par sa mère Hedwige, sœur d’Othon ler, Les deux princes renouvelèrent ensemble leur ancienne amitié. Dans l'intervalle, le roi Lothaire et la réine Emma sa femme écrivirent en Allemagne, en particulier à l’impératrice Adélaïde, pour faire arrêter Hugues au passage des Alpes. La reine donna pour cela son signa-
lement détaillé. Mais Hugues, averti du piége, se déguisa en valet,et R
revint en France plus promptement qu'on ne s’y attendait. Cette mésintelligence entre lé roi et le duc n’éclata point en guerre ouverte, mais en guerr” d’embâûches, qui fit beaucoup de mal. A la fin æpendant, par 1 Latremise des seigneurs de l’un et l'autre parti, les deux princes se réconcilièrent sincèrement. :
En effet le roi, ayant à cœur que son fils Louis lui succédât dans le royaume, désira que le duc arrangeñt cette affaire. Le duc répondit qu'il le ferait volontiers. Les princes du royaume ayant donc
été convoqués à Compiègne, Louis y fut prociamé roi par le duc à à
les autres princes et promu au royaume des Francs le jour de
4 991 de l'èr
Pentecôte, Ces deu:
distingua empressem dignité roy même de f:
sur des nat celles quin les faire do les bornes rois, Pend quelques-u dèrent secr marier leur Goths, décé des Francs dissimula }’ faire une It donc convo en Aquitain lit couronn.
donner auc pas plus sur une vieille 1 taient poin!
dans des m:
plein air, et Leurs mœu Louis, n'ayc un jeune hc prendre un gradé par s guère roi pt se voyait ré appris ces « lils, de peur déplorant s:
core, épous un adultère L'empere
!Richer,
ENT, — Dego
autres villes, || re le duc Guil. A roi après un luc de France, ; mais le duc,
On l'ensevelit
on 9641 ils pré.
Hugues duc de à principauté ;
e nouveau roi cun prétendait nce, ainsi que leurs secours, prit à Aix-la.
nains. Othon, 'rance et vint Lil sut que les qu'Othon était à secrètement tte du duc de rre et qui l'y
; deviné la po- >i Othon, dont ler, Les deux , Dans l'interirent en Alle- » faire arrête ela son signasa en valet,et à ait. Cette mésaerre ouverte, I. A la fin ceatre parti, les
succédât dans , Le duc ré- Le ayant donc par ie duc à e jour de ht
Pentecôte, 8 jnin 979, par le métropolitain de Reims Adalbéron.
Ces deux, Lothaire et Louis, régnant donc ensemble, le duc'se distingua bien des jours par une grande affabilité et par un grand empressement à les servir de bien des manières ; élevant partout ln dignité royale, et se montrant soumis aux deux rois ; promettant même de faire en sorte qu'ils régnassent tous deux souverainement sur des nations déjà soumises, et qu'ils apprivoisassent efficacement celles qui n'étaient pas encore domptées. II méditait encore ceci, de ks faire dominer royalement en des royaumes divers, de peur que ls bornes étroites d'un seul ne dérogeassent à la majesté de deux rois, Pendant qu'il disposait ces choses avec beaucoup d’efforts, quelques-uns, jaloux de la gloire qui devait lui en revenir, persuadèrent secrètement à la reine Emma ct par elle au roi Lothaire de marier leur fils Louis avec Adélaïde, veuve de Raymond, duc des Goths, décédé tout récemment. Cela se préparait en cachette du duc des Francs. Celui-ci, s’en étant aperçu, n'y mit aucun obstacle, et dissimula l'injure qu'on lui avait faite, pour ne pas avoir l'air d'en aire une lui-même aux deux rois. Les princes du royaume furent done convoqués avec leurs troupes. Les deux rois entrèrent avec eux en Aquitaine. Le roi Louis épousa solennellement Adélaïde, et la lit couronner reine par les évêques. Mais le nom royal ne put leur donner aucune autorité sur les princes. L'amour conjugal n’en eut vas plus sur eux-mêmes. Louis était un tout jeune homme, Adélaïde une vieille femme ; leurs mœurs étaient en désaccord. Ils ne supporaient point de se trouver dans la même chambre. Ils couchaient dans des maisons différentes. Quand ils avaient à se parler, c'était en plein air, et en moins de mots possible. Cela dura près de deux ans. Leurs mœurs étaient si discordantes, qu'ils divorcèrent peu après. Louis, n'ayant point de mentor pour le guider, s'appliquait comme un jeune homme à des futilités. JL quitta l'habit national pour en prendre un d'étranger. Ses affaires tombèrent si bas, qu'il parut dégradé par son inconduite et avili par son impuissance à régner. Naguère roi puissant par la naissance, la renommée, et les troupes, il se voyait réduit à n'avoir ni argent ni soldats. Le roi Lothaire, ayant appris ces choses de.plusieurs côtés, alla chercher et ramener son ils, de peur qu’il ne se dégradât encore davantage. La reine Adélaïde, déplorant sa seconde viduité et craignant quelque chose de pire encore, épousa Guillaume d’Arles : en sorte que le divorce finit par un adultère public 1.
L'empereur Othon If mourut en 983, ne laissant qu'un fils de
4 991 de l'ère chr.]
URicher, Hise,, 1. 3, n, 90-95.
248 HISTOIRE UNIVERSELLE (LAV, LXE, — Deggs
cinq ans, qui fut Othon JII, Lothaire crut l'occasion favorable pour reprendre la partie de la Belgique qu'il avait cédée, C'était lu Basse. Lorraine, qu'Othon 1f avait donnée à Charles, frère de Lothaire, qui se fit son vassal en l'acceptant, Lothaire y ft donc une invasion, et se rendit maitre de la ville de Verdun. IL se préparait à poursuivre ses succès, lorsqu'il mourut en 986. Son corps fut porté par les princes, Les évêques et le clergé précédaient, avec les | M a les croix et la couronne royale ; les militaires suivaient dans leur r'ang ; tout le monde pleurait, et les larmes interrompaient le chant funèbre, Lothaire fut enseveli à Reims, dans le monastère de Saint- Remi, avec son père et sa mètre, comme il avait ordonné,
Après les funérailles de Lothaire, son fils Louis lui fut subrogi: dans la royauté par le dug de France, Hugues Capet, et les autres princes, Bientôt le nouveau roi accusa près d'eux l'archevêque Adalbéron de Reims, d'avoir trahi son père et appelé l'empereur Othon en France. Son discours ne Persuada personne, Cependant, pour ne pas donner un démenti formel au roi, on eut l'air de le croire en partie. Le duc prit même part à sa criminelle entreprise, sans l'approuver, Car le roi, dans son emportement, l’entraina avec son armée contre l'archevêque de Reims, et Campa devant la ville, Toutefois, de l'avis des princes, on envoya des députés au métropolitain lui demander s'il comptait résister au roi, Où s’il était disposé à se justilier en temps et lieu. Adalbéron s'étonna de la facilité avec laquelle les princes voulaient bien croire ce qui n'avait été ni discuté ni juge, et de ce qu'au lieu d'une discussion ils commençaient par la guerre, Toujours il a honoré les rois et désiré l'avantage des princes, Quant au présent, il exécutera les ordres du roi, lui donnera les otages qu'il voudra, et rendra raison des reproches qu'on lui fait. Sur cela, le roi Louis retire son armée et s'en vient à Senlis. Peu après il se blesse à la chasse et meurt le 22 mai 987.
C'était l'époque où l’archevêque devait se justifier dans l'assemblée, Adalbéron déplora la funeste mort du roi, qui fut entemi à Compiègne, Après les funérailles, les princes s'assemblèrent pour délibérer sur les intérêts du royaume. Le duc de France rappel sommairement l'affaire de l'archevèque, et en somma trois fois les accusateurs de se présenter : trois fois l'assemblée répondit qu'iln'y en avait point. Le duc de France en conclut qu’il était d'autant plus convenable d’honorer l'archevêque et de s’en rapporter à lui principalement pour la succession du royaume, attendu qu'il avait une Connaissance profonde des choses divines et humaines et qu'il était distingué par son éloquence. Les autres princes furent du même avis, L'archevêque observa Qu'il n'y avait point dans l'assemblée
à 901 de l
tous les p à l'admin férer que pussent & pesées pl membres duc de F ne fussen approuvé Dans l Lothaire « manie la | chevèque à mon frè expulsé d vêque, Ad jours été 1 criminels, pauté avec donner se:
L'archavac toute digni séparer d' bons s'il ét ne pouvait il le congé:
Au temf Senlis. L'. mort sans remplacera tbandonné guère qu'il exposer ici liculier, et lot la d semble, il :
beaucoup « que l'amou ses fauteurs de ses pare
Omnibus |
hué,
ti fut subrogi , et les autres hevêque Adalipereur Othon dant, pour ne e le croire en ise, sans l'apvec son armée
Ile. Toutefois, ropolitain Ini 10S6 à se jus- : avec laquelle scuté ni jugé, par la guerre, rinces, Quant 's otages qu'il ur cela, le roi s il se blesse
r dans l'asai fut enterré blèrent pour ince rappel trois fois les ndit qu'iln'y l'autant plus à lui princiil avait une et qu'il était it du mème
l'assemblée
iv, LXI, De 96:
favorable pour s'était la Basse.
© Lothaire, qui ne invasion, et it à poursuivre porté par les M a les ans leur rang; it le chant fustère de Saint.
à 091 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 249
tous les princes, dont la prudence et le dévouement pouvaient servir à l'administration du royaume, li jui semblait donc à propos de diftérer quelque temps la recherche d’un roi, alin que tous les princes pussent se réunir ensemble, et que les raisons de chacun fussent pesées plus mûrement. En attendant, et l'archevêque, et les autres membres de l'assemblée feraient serment entre les mains du grandduc de France, de ne rien faire pour l'établissement d'un roi qu'ils ne fussent de nouveau tous réunis, Le conseil de l'archevêque fut approuvé de tous, le serment prèté, et Je jour fixé.
Dans l'intervalle arriva à Reims le prince Charles, frère du roi Lothaire et oncle du roi Louis, mais qui avait accepté du roi de Germanie la Basse-Lorraine, et s'était ainsi fait son vassal. Il dit à l'archevêque : Tout le monde sait que je dois succéder par droit héréditaire ü mon frère et à mon neveu 1, Il se plaignit de son frère, qui l'avait expulsé du royaume, Il en appela à la commisération de l'archevêque. Adalbéron répondit en peu de mots : Comme vous avez toujours été livré à des parjures et des sacriléges, ainsi qu'à des hommes criminels, comment pourrez-vous espèrer de parvenir à la principauté avec eux et par eux ? Charles répondit qu'il ne pouvait abandonner ses amis, mais qu'il devait tâcher d'en acquérir d'autres. l'archevêque pensa en lui-même : Si, maintenant qu’il est privé de loute dignité, il est tellement attaché aux méchants qu'il ne veut s'en séparer d'aucune manière, quel malheur ne serait-ce pas pour les hons s’il était élu à la souveraineté ! Enfin, après avoir répondu qu'il ne pouvait rien faire à cet égard sans le consentement des princes, ille congédia. Et Charles s’en retourna en Belgique.
Au temps marqué, les princes jurés des Gaules s'assemblèrent à Senlis. L'archevèque leur dit : Louis d'excellente mémoire étant mort sans epfants, il fallut chercher avec grande délibération qui le remplacerait dans le royaume, de peur que la chose publique, ‘bandonnée sans pilote; ne fût ébranlée. Nous avons donc cru nasuère qu'il était utile de différer cette affaire, afin que chacun püt exposer ici devant nous tout ce que Dieu lui aurait inspiré de parlculier, et que des sentiments comparés de chacun la multitude lrmât la décision générale du conseil. Nous trouvant donc ensemble, il faut considérer la chose avec beaucoup de prudence et beaucoup de fidélité, de peur que la haine ne dissipe la raison ou que l'amour n'énerve la vérité. Nous n’ignorons pas que Charles a ses auteurs, qui le prétendent digne du royaume par la collation de ses parents, Mais s’il est question de cela, ni Le royaume ne s'ac-
!Omnibus notum est, jure hereditario debere fratri ct nepoti me succedere,
&%0 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. XI. — De 969 quiert par droit héréditaire, ni l'on ne doit promouvoir à la royauté sinon celui que rend illustre, non-seulement la noblesse du COrps, mais encore la sagésse de l'âme, celui que munit la foi et qu'affermit la magnanimité. Nous lisons dans les annales que des empereurs d'une race très-illustre, ayant été précipités de leur dignité par leur incapacité, ont eu pour successeurs d’autres, tantôt de leur rang, tantôt d’un rang inférieur. Or, quoi de digne peut-on reconnaitre Charles, lui que la foi ne régit point, que la torpeur énerve, lui qui s'est dégradé à tel point qu’il n’a pas en horreur de servir un roi étranger, et qu'il a pris d’entre les soldats (vassaux) une femme au-dessous de son rang ? Comment le grand-duc souffrira-t-il que la fille d’un de ses soldats devienne sa reine et'sa souveraine” Comment mettrat-il au-dessus de sa tête une femme, dont les égaux et même les supérieurs fléchissent les genoux devant lui et posent les mains sous ses pieds? Considérez attentivement la chose, et‘voyez que Charles a été précipité par sa faute plus que par celle d'autrui. Souhaitez Je bonheur de la république plus que sa calamité. Si vous voule qu'elle devienne malheureuse, promouvez Charles. Si vous la voulez fortunée, coùronnez roi l'excellent duc Hugues. Que l'amour de Charles ne séduise personne, que la haine du duc n'écarte personne de l'utilité commune... En conséquence, promouvez le duc, que ses actes, sa noblesse, ses troupes rendent très-célèbre, que vous troverez le tuteur non-sculement de la chose publique, mais même des choses privées. Par l'effet de la bienveillance, vous l'aurez pour père. Car, qui est-ce qui a eu recours à lui, sans éprouver son patronage? qui est-ce qui, destitué du secours des siens, n'a pas été restitué aux sicns par lui ?
Cette sentence ayant été promulguée et approuvée de tous, le due fut promu à la royauté par le consentement unanime ; et, couronné à Noyon par le métropolitain et les autres évêques, il est préposé roi aux Gaulois, aux Bretons, aux Danois (ou Normands), aux Aquitains, aux Goths, aux Espagnols, aux Gascons ou Basques, le 1er juin 987. Eniouré des princes du royaume, il fait des décrets et crée des lois suivant la coutume royale, réglant et distribuant tout avec un heureux succès. Pour répondre à tant de prospérité, il s’appliqua beaucoup à la piété. Afin de laisser après son décès un héritier certain dans le royaume, il tint conseil avec les princes. Et de. leur avis il proposa au métropolitain de Reims, d’abord par des députés, ensuite par lui-même, de promouvoir à la royauté son fils Robert à Orléans. Le métropolitain ayant répondu que c'était contre ha
1 Nec regnum jure hereditario acquiritur.
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4 991 de l'ère chr.]: DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 251
règle de créer deux rois en la même année, le roi Hugues lui montra une lettre de Borrel, duc de l'Espagne citérieure, qui demandait du secours contre les Barbares ; ils avaient déjà envahi une partie de l'Espagne ; et si dans dix mois on ne venait à son secours de France, elle passerait tout entière sous leur domination. Hugues demandait donc que l'on créât un second roi, afin que si l’un des deux venait à succomber à là guerre, l’armée ne fût pas incertaine de’‘son chef, I'ajouta que si le roi était tué et la patrie désolée, il en pouvait résulter la discorde des princes, la tyrannie des méchants contre les bons, etentin la captivité detoutela nation. Le métropolitain acquiesca à ces raisons ; et comme les princes étaient assemblés pour la fête de Noël, il couronna solennellement Robert, son fils, dans l’église de Sainte-Croix, aux acclamations des Francs, et l'ordonna roi pour ceux de l'Occident ou de Neustrie depuis la Meuse jusqu’à l'Océan. Robert était tellement remarquable par son industrie et sa capacité, qu'il excellaït dans l’art mäitaire, était célèbre dans les sciences divines et canoniques, s’appliquait aux études libérales, assistait aux conciles des évêques, et y discutait et déterminait les canses ecclésiastiquès avec eux 1, ,
Les deux souverains, Hugues et Robert, furent aussitôt généralement reconnus de toute la France. On' le voit par la lettre suivante, que Gerbert écrivit, au nom du roi Hugues, la première année de son règne, à Séguin, archevêque de Sens, qui ne lui avait pas encore fait serment de fidélité : Ne voulant abuser en rien de la puissance royale, ndus réglons toutes les affaires de la république dans le conseil et de l'avis de nos fidèles, et nous vous jugeons très-digne d’en lare partie. C’est pourquoi nous vous. avertissons honnêtement et iflectueusement de nous confirrer, avant le 4er novembre, la foi que nous ont confirmée les autres, et cela pour la paix et la concorde de la sainte Église du Seigneur, ainsi que de tout le peuple chrétien ; de peur que si, par. la persuasion de quelques méchants, vous négligez de faire votre devoir, vous n’ayez à subir la sentence plus dure du seigneur Pape et des évêques de la province, et que notre mansuétude, que tout le monde connaît, ne déploie, avec la royale puissarice, le très-juste zèle de la correction 2. On voit, par celte lettre, que le pape Jean XV reconnaissait le nouveau souverain de France. Séguin ne tarda point à suivre l'exemple des autres; car on trouve sa signature, avec celles d'Adalbéron, archevêque de Reims, et de Daimbert, archevêque de Bourges, à la fin d’un privilége que le roi Hugues accorda au monastère de Corbie la première année de son règne ?,
!Richer, 1, 4, n, 9-13, — * Gerb., Epist, 107, = 3 Rouq., t. 10, p, 553,
252 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LI, — De 969
Borrel, comte de Barcelone et de la Marche d'Espagne, inquiété par les Sarrasins, avait demandé du secours à Louis V et ensuite i Hugues Capet, auquel il offrit sa fidélité. Hugues lui répondit, par la plume de Gerbert, que, s’il voulait sincèrement garder la fidélité tant de fois offerte, il viendrait à son secours le printemps suivant, attendu que, par la miséricorde de Dieu, Je royaume des Francs était fort tranquille 1. Hugues écrivit vers le même temps aux empe. reurs de Constantinople, en ces termes : À Basile et à Constantin, empereurs: orthodoxes, Hugues, par la grâce de Dieu, roi des Francs. La noblesse dé votre race et la gloire de vos grandes actions nous engagent et nous contraignent de vous aimer ; car on vous voit tels, que, dans les choses humaines, il n'y a rien au-dessus de votre amitié. Cette amitié très-sainte et cette très-juste société, nous les sollicitons de telle sorte, que nous ne demandons ni vos domaines ni vos richesses. Au contraire, ce qui est à nous, sera comme à Vous, et cette alliance, si vous l'agréez, vous vaudra de grands avantages; car tant que nous nous y opposerons, ni Gaulois, ni Germain n’inquiétera les frontières de l'empire romain. C’est pourquoi, pour que ces biens soient perpétuels, comme nous avons un fils unique qui est lui-même roi, et que nous ne pouvons lui unir d’épouse de même rang, à cause de notre parenté avec les rois du voisinage, nous demandons avec une affection particulière une fille du saint empire. Si cette demande vous agrée, informez-nous-en par des lettres impériales ou des envoyés fidèles, afin que nous vous adressions des ambassadeurs dignes de Votre Majesté, pour accomplir par la réalité ce qui aura été convenu par écrit 2, Cette lettre, qui est de la plume de Gerbert, nous parait digne d’un souvetain: On ne sait pas si elle eut des suites. ;
Cependant le duc Charles, compétiteur de Hugues Capet, trouva moyen de surprendre la forteresse de Laon. Adalbéron, évêque ct seigneur de la ville, y avait fait des mécontents par la rigueur avec laquelle il exigeait certains impôts. Charles en gagna quelques-uns, qui firent entrer ses troupes dans leurs murs à la faveur de la nuit, en faisant accroire aux sentinelles que c’étaient les troupes du roi. L'évêque Adalbéron s’échappa au milieu du tumulte, mais fut repris dans les vignes et conduit à Charles, qui le fit garder en prison. Le roi Hugues Capet vint assiéger la ville ; mais comme elle était trèsforte et que l'hiver approchait, il se retira pour revenir dans un temps plus favorable. Charles profita de l'intervalle pour augmenter
les fortifications. il écrivit en même temps diverses lettres à l’arche-
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à 991 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 253
vêque Adalbéron de Reims, comme pour le consulter. L’archevêque lui fit la réponse suivante :
Au duc Charles, Adalbéron, archevêque de Reims. Comment arive-t-il que vous me demandiez conseil, vous qui m'avez rangé parmi vos pires ennemis ? commént m'appelez-vous votre père, vous qui avez voulu m’arracher la vie? Je ne l'avais point mérité, il est vrai, mais j'ai toujours fui et je fuirai encore les conseils des hommes pervers. Ce n’est pas pour vous que je le dis. Vous qui me demandez d’avoir de la mémoire, souvenez-vous des conférences que nous avons eues ensemble sur votre sort, du conseil que je vous ai donné de rechercher-les principaux du royaume; car qu étais-je, pour imposer à moi seul un roi aux Français ? Ce sont Ià des affaires publiques ét non privées. Vous me supposez de la haine pour la race royale ; mais j’atteste mon Rédempteur que je ne nourris point de haine, Vous me demandez ce que vous devez faire. La chose est difficile à dire : je ne le sais point ; rt si je le savais, je n’oserais point le dire. Vous me demandez mon amitié ; plût à Dieu que le jour arrive où je puisse avec honneur vous servir ! Car, quoique vous ayez envahi le sanctuaire du Seigneur ; que vous ayez arrêté la reine après les serments que nous savons que vous lui avez faits ; que vous ayez jeté'en prison l’évêque de Laon ; Que vous ayez méprisé les anathèmes des évêques, sans parler dé mon seigneur (Hugues Capet), contre lequel vous avez formé une entreprise qui dépasse vos forces : je n’ai cependant point oublié votre bienfait, quand vous m'avez soustrait au fer de mes ennemis. Je vous en dirais davantage : je vous dirais surtout que vos partisans vous trompent, et que vous éprouverez bientôt que, sous:votre nom, ils ne s'occupent que de leurs seuls intérêts ; mais le moment n’est Pas venu:: cette crainte même m'a empêché de répondre à vos précédentes lettres. Nous avons lieu de nous défier de tous ; mais si (un nom en chiffres) peut venir jusqu’à nous et donner des otages tels que nous puissions lui accorder confiance, nous pourrions traiter de toutes ces choses, et les examiner à fond : autrement nous ne pouvons et ne devons rien faire de semblable 1,
On voit, par cette importante lettre, la confirmation de ce que ous avons déjà vu et remarqué plus d’une fois : que pour monter sur le trône de France le droit héréditaire ne suftisait point, et qu'il fallait avec cela les suffrages des principaux seigneurs ou électeurs du royaume ; que le duc Charles négligea de les solliciter à temps ; qu'au lieu de faire oublier sa mésalliance domestique avec une
!Gerhert, Epist, 12? (26). Dom Bouquet, t, 10, p, 391,
254 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXI, — Dog
femme au-dessous de son rang et sa mésalliance politique en se rendant vassal du roi de Germanie, il se rendait odieux par sa conduite envers la reine Emma et Pévêque de Laon, et par son peu d’égards pour les droits et les anathèmes de l'Église.
En attendant, l’évêque Adalbéron de Laon parvint à s'échapper de la tour où il était détenu, en se laissant couler par la fenêtre au moyen de cordes. Il se retira près des rois Hugues et Robert, pour les convaincre qu'il n'avait point favorisé Charles ; car on l'en sOupçonnait. Au printemps 989, les rois vont de nouveau attaquer Ja ville de Laon. Ils construisent un bélier, mais la situation de la place ne permet.pas d'en faire usage. Les habitants font une sortie, surprennent le camp.et y mettent le feu. Les rois s'éloignent de Ja ville au mois d'août, dans l'intention de revenir avec de nouvelles troupes.
Peu après, Adalbéron, archevêque de Reims, qui avait. sacré Hugues Capet le 3 juillet 987, tombe malade et fait appeler le roi, de crainte que Charles ne vienne s'emparer de la ville. Hugues rassemble une armée et se met. en route, mais l'archevêque meurt le jour de son arrivée, 23 janvier 990. C’était un prélat d'une autorité proportionnée à sa naissance et à son mérite. Il était frère de Godefroi, comte de Verdun, qui fut la tige des ducs de la Basse-Lorraine. Le siége métropolitain de Reims était d’une haute importance, surtout dans les circonstances présentes. Gerbert, par ses talents, ses connaissances, sa dextérité dans les affaires, la faveur des princes, pouvait y convenir. Lui-même nous apprend qu’on pensa à lui, et que l'archevêque Adalbéron l'avait désigné pour son successeur,
Cependant le roi Hugues, ayant reçu le serment des habitants. de Reims, les laissa libres de se choisir un archevêque, et revint à Paris. Arnoulphe, fils naturel de Lothaire, qui était entré dans le elergé de Laon, lui demande l’archevéché, promettant d'abandonner Charles son oncle, de servir le roi et de lui faire rendre la ville de Laon. Le roi vient à Reims, convoque tous les citoyens et. leur dit : Comme j'ai trouvé en vous des hommes fidèles à leur parole, de même vous me trouverez fidèle à la mienne. La fidélité consiste à faire ce qu’on dit ; c’est ainsi, je le reconnais, que vous avez agi, el je ne crains pas de dire que j’ai fait absolument de même. Arnoulphe, fils de Lothaire et d'une concubine, m'a fait demander, par quelques-unes des personnes qui m'entourent, le siége métropolitain de Reims. Il promet de meremettre en possession de tout ce qui nous a été récemment enlevé, et d'agir puissamment contre mes ennemis. J'ai voulu vous faire juges de ces promesses et de la foi donnée, afin qu'après examen vous puissiez les accueillir ou les repousser, Les citoyens répondirent : Votre Majesté nous ayant accordé la faculti
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à 991 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 255 de choisir notre seigneur, nous devons fidèlement et soigneusement veiller à. ce que la dignité royale ne souffre aucune atteinte, et à ce qu'il ne puisse résulter pour nous ni injuste reproche ni dommages à venir. Celui dont on vient de parler, Arnoulphe, nous a fait il y a peu de temps les mêmes demandes, promettant et engageant sa foi que, si elles étaient accueillies, il agirait dans les intérêts du roi et vouerait aux citoyens une entière affection. Mais comme nous ne faisons pas un grand ford sur le caractère et l'attachement d'un jeune homme, nous ne croyons pas devoir décider la question à nous seuils. Qu ceux donc qui vous ont conseillé se présentent ; pesant les raisons de part et d'autre, que chacun dise son avis, que ce qui peut le plus nous éclairer ne nous reste pas caché, que la gloire d’avoir bien fait nous soit commune, ou que nous portions ensemble la responsabilité d’un mauvais choix.
Le roi approuva l'avis des citoyens et ordonna qu'il fût délibéré publiquement. Chacun exposa ses raisons, et l’on décida qu’en supposant qu'il tint ce qu’il promettait, Arnoulphe était digne. de l’épiscopat. Il fut donc appeïé et admis devant le roi. Interrogé s’il promettait de ga.der au roi fidélité, il répondit avec modestie, à la satisfaction générale. Le roi et les grands le conduisirent donc au monastère de Saint-Remi, où se faisait depuis longtemps l’ordination des évêques. Là, le roi, entouré des siens, recueillit successivement leurs avis et prononça ensuite ces loyales paroles : Si Louis de sainte mémoire, fils de Lothaire, eût en mourant laissé une lignée, il eût été convenable qu’elle lui succédât ; mais comme il n'existe aucune succession à la race royale, ainsi que chacun le sait, j'ai été choisi par vous et par les autres princes ainsi que par les plus puissants dans l’ordre militaire (celui des vassaux), et je marche à votre tête 1, Maintenant, comme celui dont il s’agit est le seul rejeton de k race royale, vous demandez qu'il soit honoré de quelque dignité, pour que le nom de sou illustre père ne disparaisse pas dans l'oubli. Si donc il promet de conserver fidélité, s'il promet de défendre la ville, de n'avoir aucune communication avec nos ennemis, et même de les poursuivre, je ne refuse point, de lui accorder l'épiscopat, conformément au jugement que vous avez porté, à condition toutelois que, selon la décision des sages, il se liera à moi par la foi du serment. Et pour exprimer entièrement ma pensée, je pense qu'après
! Divæ memoriæ Ludovico Lotharii filio orbi subtracto, si proles superfuissct, Cam sibi successisse dignum foret. Quia verd vegiæ generationi successio nulla est, idque omnibus ità fore patet, vestri cælercrumaque princinum, corum etiam
qui in militari ordine potiores erant, optione assumptus, præmino, Richer, 1, 4, n, 28,
258 HISTOIRE UNIVERSELLE [AV LAT, — De gps
le serment il devra signer une déclaration portant ces paroles d'imprécation : Que toute félicité se Change pour lui en outrage, toute prospérité en ruine, toute action honnête en acte honteux ; que li durée ne soit plus qu'un instant, qu’au lieu d'honneurs il ne reçoive que mépris, et pour tout dire enfin, que tous les maux remplacent tous les biens. Je veux de plus que cette déclaration soit faite en double, l’une pour moi, l'autre pour lui. Elle lui deviendra une censure, si quelque jour il viole hautement sa foi. Tous approuvèrent l'avis ouvert par le roi et demandèrent qu'il fût fait comme il était dit, Arnoulphe s’avance donc: on lui demande s’il accueille la proposition, s’il veut à ces conditions recevoir ce qu'il demande. Avide d'honneurs, il approuve la proposition et dit qu'il peut à ces conditions recevoir l'épiscopat, Sur l'ordre du roi il écrivit la déclaration en double, donna au roi l’une des copies et garda l’autre.
Ces garanties paraissaient au roi tout à fait suftisantes ; Mais, ajoute l'historien Richer, on dit que les évêques ne s’en contentèrent pas, et demandèrent qu'Arnoulphe se soumit encore à recevoir, à la esse, l'eucharistie du prêtre célébrant, et déclarat qu'il voulait qu'elle devintpour lui cause de damnation, si jamais ilviolait traîtreusement sa promesse, Ce qui fut fait, mais blâmé Par quelques-uns des plus sages, comme irrespectueux envers le sacrement 1. Enfin, voici le décret d'élection que les évêques de la province de Reims adressèrent à toute l'Église catholique.
En perdant notre père Adalbéron de pieuse mémoire, nous avois perdu une grande lumière et un digne pasteur, et nous sommes devenus la proie de nos ennemis. Tandis que nous cherchions à réparer cette perte, le temps de l'élection canonique s’est écoulé, et les lois qui défendent de laisser Yaquer un siége plus de trente jours ont été violées. Mais à présent la lumière céleste nous a éclairés, et nous a fait voir qui nous devions choisir, après avoir chassé l’Antechrist et condamné l'hérésie de Simon. Nous done, les évêques de la métropole de Reims, avec le consentement des rois orthodoxes, et aux acclamations du clergé et du peuple, nous élisons pour arche: vêque un homme recommandable pour sa piété, distingué par sa foi, admirable pour sa Constance, prudent dans les conseils, habile dans les affaires : vertus éclatantes qui prouvent que les autres ne sauraient manquer, Nous parlons d'Arnoulfe, fils du roi Lothaire. Il est vrai que le sang qui coule dans ses veines a été, par le malheur des temps, infecté de l'anathème: mais l'Église l'a purifié. Nous l'élisons, ce fils de l'église de Laon, ou plutôt de Reims ; car Laon
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Laon, où nie; qui a ce qui lui Que toute 2 fants de Be de la paix crivant 1 !
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l'archevêque [homme de c que le nouve lui continuer Plus qu'il se s autre lettre d qui n’est pas 2 que la défen:
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