‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 41 sur 72 · ELITE · texte numérisé non relu

ELITE

du pasteur:

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à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 273

de ses péchés !. Ces paroles de Gerbert nous révèlent deux choses curieuses : qu'avant le concile de Reims les rois avaient pardonné d'eux-mêmes à Arnoulfe ; que ce concile ou plutôt ce concilisbule le condamna pour des faits que les deux rois lui avaient pardonnés, Tout cela donne lieu de conclure que, si les deux rois n'avaient pas été poussés par un moteur secret, ils n'auraient pas poursuivi la condamnation de cet archevèque, qui d'ailleurs était un homme de bien et mudeste. Cette réponse de Gerbert et ce qu'elle laisse à deviner ne lui font pas honneur.

Dans cette lettre à l'évêque de Strasbour ;, Geibert renvoie à son histoire du concile de Reims ; car il en avait fait une à sa façon. On croit même que c’est le mémoire qu’il fit envoyer au Pape par le roi Hugues. Cette pièce est plutôt un plaidoyer qu'une histoire sincère, Gerbert lui-même avoue dans la préface qu'il a ajouté’ quelque chose aux actes originaux, qu’il a changé les termes et fait en quelques endroits une espèce de paraphrase. C’est ce qui parait sartout dans une harangue qu'il attribue à l'évêque Arnoulfe d'Orléans, pour montrer que, sans le consentement du Pape, on pouvait procéder à la déposition de l'archevêque de Reims. 11 dit qu’il a recueilli ce discours de diverses choses qu’Arnoulfe d'Orléans avait dites dans le concile, partie publiquement, et partie en particulier à ses voisins, et que lui Gerbert a cru devoir leslier en un corps de discours suivi, afin qu’elles fissent plus d'impression sur l'esprit deslecteurs. C'esti-dire que cette pièce de rhétorique n'est pas d'Arnoulfe, mais de Gerbert ; et Fleury, qui la suppose tout entière du premier, trompe évidemment ses lecteurs.

Dans cette espèce de plaidoyer sur l’assemblée de Reims, Gerbert ne prend pas toujours garde à ce qu'il dit lui-même. Ainsi, d'après tous les historiens du temps, le duc Charles de Lorraine n'eut ses deux fils jumeaux, Louis et Charles, que dans la prison d'Orléans, où il fut enfermé après avoir été fait prisonnier à la prise de Laon, par Hugues Capet, en 991. Or, dans son plaidoyer, Gerbert lait reprocher comme un crime, à l'archevêque Arnoulfe de Reims, d'avoir dit à un de ses serviteurs , dès l'an 989 et avant que la ville de Reims fût livrée aux troupes de son oncle le duc Charles, qu'il aimait Louis, fils de Charles, préférabiement à tous les hommes, c'est-à-dire qu’il lui fait reprocher comme un crime d'aimer, dès

| Y89, un de ses cousins qui ne vint au monde que trois ans après À.

Un plaideur qui se trompe à ce point sur un fait peut bien se

‘D. Bouquet, t, 10, p. 416. — ? D, Bouquet, t. 10, p. Lxxx et LxxxIV, p, 528

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174 MISTOIRK UNIVERSEL LE (Liv, EX, Le 0!

ompor sur ln doctrine, Aussi, dans le discours que Gerbert fait sou le nom d'Arnoulfo d'Orléu 3, 07 que Fleury a l'attention de citer tout au long comme d'Arnoulfo, trouve-t-on des propositions, non-soy loment sohismatiques, mais hévétiques, I fait d'abord dire à l'évêq d'Orléans : Nous sommes dans ln résolution d'honorer toujour

l'Église romaine en mémoire de saint Pierre, et nous ne prétendon

PAS NOUS opposer aux décrots des Pobtifos rourains, sauf cependant l'autorité du concile de Nicte, quo l'Église romaine elle-même & tou. dours vénérée ; sauf'encore ceux des cunons que nous ordonnons qui soient toujours en vigueur, Nous devons seuloment prendre garde à co que le silence du Papo où quelque nouvelle constitution de sn part ne porte préjudice aux lois des canons qui ont été établis ; cn si lo silence du Pape préjudicie à toutes les lois, il faut que toutes les lois so taisent quand le Pape se tait; et de quoi servent toutes les lois, si une nouvelle constitution pout les abroger ? Quoi donc? déro. ROPONS-NQUS QU privilége du Pontife romain ? Nullement : mis si l'évêque de Rome est recommandable par su science et par sa vertu, Nous N'avons à craindre ni son silence ni ses nouveaux décrets ; s'il est ignorant et vicieux, ou s'il ost opprimé par la tyrannie qui règne À Rome, noûs avons encore moins à craindre, parce que ce qui est Conte les lois ne peut préjudicier aux lois 1,

Réduit à su plus simple expression, tout cé passage veut dire : À Diou ne pluise que nous Manquions jamais au Pape! Nous l'hono- 'erons toujours en mémoire de saint Picrre, pourvu toutefois qu'il soit savant et vertueux. Or, le pape Jean XV n'est pas savant, puis- Qu'il ne pense pas comme nous : il n'est pas vertueux, puisqu'il me condamne, Donc, en mémoire de saint Pierre, nous pouvons nous moquer de lui, Avec ce raisonnement, les schismatiques seront tous fort à leur aise, H N'y à qu'un potit inconvénient, c'est que le Christ a dit, sans aucune condition : Tu es Pierre , et sur cette pierre je btirai mon Église, et los portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délicras sur la terre sera délié dans les cieux.

Gerbert fait encore dire à l'évèque d'Orléans : Qui pensez-vous que sait cet homme, assis sur un trône élevé, éclatant par l'or et Pourpre dont il est revêtu ? S'il est destitué de charité et seulement tañé par ln science, c'est un antechrist assis dans le temple de Dieu Comme une idole, et le consulter c'est consulter le marbre ?.

D'après ces paroles, tout supérieur, Pape ou évêque, roi ou père de fumille, dès qu'il perd la charité ou la grâce divine, dès lors il

© D Ronquet, ?. 10, p, 529, — 2 Jbii » Po,

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Dans la ] ct qui devai contre lui d seurs d'oflic s'olrirent d furent Jean Romulfe, àl des pièces p grandes affa

jugements d propositions qu'étant dép e de fait, à même circo En second 1 encore une v devait être s

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| veut dire : À Nous l'honotoutefois qu'il Savant, puis- , puisqu'il me pouvons nous » seront tous que le Christ ette pierre je udront point ans les cieux, Ps cieux.

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tie do uhir,| DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 279

perd toute autorité, lo P pe dans l'Église, l'évêque dans son dioe se, le voi dans son royaume, le père dans su famille; ce qui est un prin-

l'anarchie universelle et une hérésie manifeste, Dire alors, avec quelques-uns, que duns tout ceci Gerbert Sr les libertés de iglise gallicane, c'est ire à cette église un fért mauvais cor plinent, Getbert défendait une mauvaise cause par des moyens encore plus mauvais,

Quant à l'histoi: erbert a faite’ de l'assemblée du Reims, on y voit trois parties distinctes : une première, où l'on nstrait et oi plaide la cuuse de l'archevêque Arnoulfe, sans qu'il y soit présent une seconde, où on | introduit, pour l'obliger d'avouer son prétenuu crime et de faire un acte d'abdication ; dans la troi. sème, comme les assistants et les évêques eux-mêmes penchaient en sa faveur, entrent les deux rois Hugues et Robert, devant qui on l'oblige de se prosterner pour demander la vie sauve, à condition de rmoncer à sa dignité, T ! est le sommaire de la procédure dans Gerbart lui-même, On voit une certine combinaison de ruse et de violence morale, qui n'est pas rare dans le volutions politiques, mais qui n'en fait pas plus d'honneur à eux qui l'emploient,.

Dans la première séance, où accuse l'archevêque, qui n'y est pas etqui devait y être, puisqu'on était maitre de sa personne; on entend contre Ini des accusateurs ou des témoins; on lui donne trois défenseurs d'oflice, toujours en son absence. Ces trois défenseurs, qui Sollrirent d'eux-mêmes à l'invitation du président de l'assemblée, rent Jean , scolastique ou chef des écoles d'Auxerre ; Ramulfe ou Romulfe, abbé de Sens, et saint Abbon de Fleury. Is produisirent des pièces pour rappeler ectte maxime de tous les temps, que les grandes affaires doivent être réservées au Pape, principalement les jugements des évêques, et réduisirent la défense d'Arnoulfe à quatre Propositions : Qu'avant tout il devait être rétabli sur son siége, parce qu'étant dépouillé et emprisonné, il n'était pas tenu de répondre ; el de fait, nous avons vu saint Chrysostôme et d'autres, dans la même circonstance, réclamer avant tout cette première condition. En second lieu, qu'il devait être appelé juridiquement ; ce qui est encore une vérité de tous les siècles. En troisième lieu, que sa cause devait être signifiée au Pape, et même lui être réservée, Qu’entin, et l'accusé, et les accusateurs, et les témoins, et les juges, devaient étre examinés dans un grand concile. A leur avis, ce n'était que de celte manière qu'on pouvait Canoniquement terminer la cause.

Pour répondre à cette défense, les adversaires de l'archevêque

} dirent entre autres choses que, quoiqu'il fat emprisonné et dépouillé

de tout, Avnoulfo pouvait être accusé, Jugé et condamné, tont aussi

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