WEST MAIN STREET
É ÊRE
276 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIT, — Dep
bien que l’un de ses prédécesseurs, Ebbon, l'avait été sous Louis le Débonnaire. C'était, par l'exémple d'une première irrégularité d’une première violence, vouloir en justifier une seconde. Quant à cette partie de la défense, que toutes les grandes affaires de l'Église doivent être réservées au Pape, principalement les jugements des évêques, on n’y voit d'autre réponse dars Gerbert, sinon le discours emporté et schismatique qu'il met dans la bouche de l'évêque d'Orléans.
Après ces préliminaires, on fit entrer l'archevêque pour répondre aux accusations. L'évêque d'Orléans lui représenta les bienfaits qu'il avait reçus du roi, et l'ingratitude dont il les avait payés. L'archévèque répondit que, bien loin d'avoir rien fait contre le service du roi, c'était pour lui avoir été. fidèle qu’il avait été pris par les
ennemis, âvec son clergé et son peuple, dans sa propre ville: et qu'au lieu d'avoir été secouru par le roi, il en avait reçu de mauvais traitements pour ses bons services. L'évèque d'Orléans lui dit alors que le prêtre qui avait ouvert les portes par ses ordres était présent L’archevèque répondit que ce prêtre disait .des paroles longuement méditées, que. c'était un calomniateur, et que son innocence ne de. vait point devenir suspecte par ses accusations mensongères. Le prêtre Adalger ayant répété son accusation, l'archevêque dit et ré. péta : Je suis entre les mains de mes ennemis; jamais je n’ai vu un évêque traité de la sorte ; homme docte même pourrait être interdit et paraître stupide au milieu de tant de savants. Cette réponse d'Arnoulfe était d'autant plus juste qu’il était jeune, modéste, et parlait difficilement. On ne voi pas même qu'on lui eùt donné un conseil pour l’assister : on n'aperçoit que des accusateurs et parmi eux cet oflicier qui, d’après Gerbert, lui reproche comme un crime d’avoir dit, en 989, qu'il aimait tendrement son cousin Louis, qui ne vint au monde qu'en 991. Cette séance se termina, comme il a été dit, par amener le pauvre archevêque Arnoulfe à se confesser secrètement aux évêques, à se déclarer indigne de l’épiscopat et à donner un acte d’abdication.
Le lendemain, l'assemblée lui parut plus favorable; on pensait moins à le défendre’ qu’à le plaindre; les uns avaient pitié de sa noblesse, les autres de sa jeunesse. Les évêques surtout étaient fort soucieux de la ruine de leur frère et de l'ignominie de l’ordre épiscopal. Chacun mesurait la chute d’Arnoulfe par lui-même ; chacun se regardait comme délivré de l'infamie, si Arnoulfe était reconnr innocent des crimes dont on l’accusait ; s’il perdait sa cause. Les évêques
prolongeaient ces tristes considérations, quand les deux rois,
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