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Les derniers chapitres regardent les peines que l'on doit imposer aux cleres qui ont rendu de faux témoignages, les devoirs de ceux qui portent les armes matérielles, de ceux qui sont enrôlés dans la milice spirituelle, c'est-à-dire des clercs. S'ils ne sont pas contents, dit Abbon, de ce qu'ils tirent de l'autel, suivant l’ordre du Seigneur, s'ils font quelque commerce, s'ils vendent leurs prières, s'ils reçoivent volontiers des présents des veuves, ils sont plutôt des négociants que des clercs 1.
Le roi Hugues Capet, à qui saint Abbon dédia ce recueil, mourut le 24 octobre 996, la dixième année de son règne. Il eut toujours une grande dévotion à saint Benoît et une grande affection pour les moines. Il leur rendit plusieurs monastères occupés par des chanoines séculiers, et les rétablit dans la liberté d’élire leurs abbés. Luimême, n'étant encore que duc de France, s'était démis des deux grandes abbayes de Saint-Germain et de Saint-Denis, pour mettre des abbés réguliers à sa place. En mourant, il conjura son fils, le roi Robert, d'avoir le même zèle pour la régularité des monastères et la même dévotion pour saint Benoît. :
Un savant contemporain d'Abbon de Fleury et du roi Robert, qui le prit même en affection particulière, fut le moine Odoramne. Séguin, archevêque de Sens, ayant rétabli le monastère de Saint-Pierrele-Vif, vers l’an 999, y mit pour abbé, Rainard, lequel y fit revivre la discipline régulière et les études. Ce fut sous cet abbé qu’Odoramne fit profession de la vie monastique, et qu’il étudia les belleslettres. Il était en même temps habile orfévre. En 1098, le roi Robert et la reine Constance le firent venir au château de Dreux pour le charger d'exécuter une châsse à mettre les reliques de saint Savinien martyr, qui jusque-là n'étaient couvertes que de feuilles de plomb. Ils lui mirent en main l'or, l'argent et les pierreries qu'ils destinaient à cet ouvrage. Odoramne rapporta le tout à son monastère et en composa la châsse. L'ouvrage ayant plu au roi, ce princes lui fit donner la matière nécessaire pour en faire une seconde, à mettre les reliques de saint Potentien, aussi martyr.! C'est ce qu’Odoramne raconte lui-même dans sa chronique, où l’on voit qu’il vivait encore l'an 1045 et qu'alors il avait soixante ans.
!Mabill., Vet, anal., p. 134, in fine. Ceillier, t. 20.
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