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l'argent au défaut de raisons, fit remettre l'affaire à l'assemblée plus nombreuse qui devait se tenir à Quedlinbourg pour la fête de P4. ques. Sa maladie l'empêchant de s'y trouver, il envoya s’excuser par un de ses clercs et par le prévôt de l’église de Magdebourg, et fit encore remettre l'affaire au concile qui se tiendrait à Aix-la-Chapelle, en présence de l’empereur. Gisiler y vint, en effet, avec cer qui le favorisaient ;.et le légat du Pape, archidiacre de l'Église romaine, le pressa jusqu’à trois fois de faire juger sa cause. Gisiler eut encore l'adresse de la faire remettre à un concile général qui devait se tenir à Rome, car l’empereur se disposait à y aller 1. Pendant ce concile d’Aix-la-Chapelle, Othon HI fit ouvrir le tombeau de Charlemagne. La chronique d'Hildesheim dit que ce fut par une pure curiosité, et que Charlemagne, lui étant apparu, le menaça d'une mort prochaine en punition de sa témérité. Ademare, auteur contemporain , raconte la chose plus en détail et d'une manière un peu différente. Il assure que l'an 1000, l’empera Othon IT fut averti en songe de lever le corps de Charlemagne, qui reposait dans r’église d’Aix-la-Chapelle. Comme cette église avait été pillée. et ruinée par les Normands, il n’y avait plus sur le tombe de ce prince aucune marque extérieure qui püt le faire reconnaitre. On jeûna. trois jours, après lesquels on creusa la terre à l'endroit qui avait été désigné en songe à l’empereur. On y trouva, en eftet, dans un caveau fait exprès, le corps de Charlemagne entier et sans corruption. Il'était assis sur un siége d’or, ayant sur la tête une couronne d’or, le Sceptre à la main avec une épée d’or. On le leva pour le montrer au peuple, ct il parut d'une grandeur extraordinaire. Us chanoine d’Aix-la-Chapelle, qui était fort grand et fort gros, voulut se mesurer avec lui. Il en prit la couronne et se la mit sur la tête; mais sa tête parut trop petite. Il mesura ensuite sa cuisse avec celle de Charlemagne, laquelle se trouva plus grande que là sienne. On crut que ce chanoine avait été puni de sa témérité ; car il se cassa cuisse peu de temps après, et il en resta incommodé le reste de sa vie. L'empereur fit placer le corps de Charlemagne dans l'aile droite de l'églisefd’Aix-la-Chapelle, derrière l'autel de Saint-Jean-Baptist, et il y fitélever un couronnement d’or. Depuis ce temps-là, il com-
mença à se faire des miraeles au tombeau de ce prince. Cependant, |
dit l’ancien: historien qui rapporte ces faits, on ne lui rendit aucun culte et l'on se contenta de faire tous les ans, pour le repos de sot âme, l'anniversaire des morts. Othon envoya le siége d'or de Charlemagne à Boleslas, duc de Pologne, en le priant de lui faire présent,
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à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 325
en échange, de quelques reliques de saint Adalbert. Boleslas lui envoya un bras du saint martyr ; ct l'empereur, pour placer plus honorablement cette relique, fit bâtir à Aix-la- Chapelle une église en l'honneur de saint Adalbert, avec un monastère de religieuses 1,
En la même année 1000, l’empereur Othon III passa les Alpes et ft quelque séjour à Pavie. Alors, par le conseil de saint Romuald, il fonda près de Ravenne un monastère en l’honneur. du même saint Adalbert de Prague, Et comme saint Romuald le pressait d’embrasser la vie monastique, suivant la promesse qu'il lui en avait faite à l'autre voyage, l'empereur lui assura qu'il le ferait après qu'il aurait soumis Rome révoltée contre lui, et qu'il serait revenu victorieux à Ravenne. Mais saint Romuald lui dit : Si vous allez à Rome, vous ne verrez plus Ravenne, Il lui déclara nettement que sa mort était proche; et, ne pouvant le détourner de son entreprise, il se retira ?,
L'empereur Othon étant arrivé à Rome, y célébra la fête de Noël etiit bâtir dans l'ile du Tibre une église en l’honneur de saint Adalbert de Prague, dont il avait apporté les mains ornées d'or et de pierreries ; et, voulant enrichir cette église de plusieurs autres reliques, il en fit chercher partout. On lui dit qu'il y avait plusieurs corps de martyrs dans l'église des saints Abundius et Abundantius, près du mont Soracte ; il y envoya des évêques, des clercs et des moines, et les fit apporter avec grande solennité à l'église de saint Adalbert 3. ne
Othon fit aussi rapporter de Hambourg à Rome les os du pape Benoît V, suivant sa prédiction ; car on dit que, pendant son exil, il avait dit : Je dois mourir en ce pays, ensuite il sera désolé par les armes des païens et deviendra l'habitation des bêtes sauvages. Il d'aura point de paix solide avant ma translation ; Mais quand je serai relourné chez moi, j'espère que, par l'intercession des saints apôtres, les païens demeureront en repos. L'événement fut conforme à cette
E prédiction ; car les Slaves ravagèrent longtemps les églises de Saxe.
Celui qui prit soin de la translation de Benoît, par ordre de l'empeteur, fut Racon de Brême, un des chapelains de ce prince, qu’il vouhit faire évêque. Il lui donna même le bâton pastoral, comme il était au lit grièvement malade ; mais il mourut avant d'être sacré #, Comme l'empereur Othon II était à Rome, saint Bernard, évêque d'Hildesheim, y arriva le 4me de janvier, l'an 1001. L'empereur, ravi de la venue de ce prélat, qui avait été son précepteur, alla au-devant
‘Bouquet, t. 10, p. 165, 319. — 3 Vit. Rom. Acta SS.,7 febr. Act. Bened.,
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de lui jusqu’à Saint-Pierre, à deux milles de son palais. L'ayant embrassé tendrement, il l'entretint longtemps; et, pendant les six semaines qu'il demeura auprès de lui, il le fit défrayer libéralement.
Le sujet du voyage de l’évêque était un différend: avec l'archovêque de M»- ace, son métropolitain, pour le monastère de Gandersheim, illusué par la religieuse-poëte Roswith. L'évêque d'Hildesheim y avait toujours été reconnu pour diocésain, jusqu'à ce que Sophie, fille de l'empereur Othon IE, étant près de s'y consacrer à Dieu, dédaigna de prendre le voile de la main d'un prélat qui ne portait pas le pallium, et désira que ce fût Villegise, archevêque de Mayence, L'évêque s'y opposa autant qu'il lui fut possible ; mais enfin, à la prière de l'impératrice Théophanie, mère de la religicuse, il consentit que l'archevêque et lui fissent la cérémonie en commun ; ex sorte que l'on vit, ce qui parut très-nouveau, deux évêques revêtus pontificalement, assis des deux côtés d’un même autel. L'évêque ne laissa pas de demander au roi Othon HI, qui était présent, s’il consentait à l'engagement de sa sœur; puis il lui demanda à elle-même si elle lui promettait obéissance, à lui et à ses successeurs; et protesta publiquement que l'archevêque n'avait aucun droit dans cette église. Cet orgueilleux entêtement d'une princesse au moment d'embrasser l'humilité du cloitre, n'était pas d'un bon augure et sentait bien fort la vanité byzantine, qu'elle ayait peut-être héritée de sa mère. Les choses demeurèrent en cet état sous cet évêque et son successeur, et les sept premières années de saint Bernward, Mais Sophie, se regardant plus comme princesse que comme religieuse, sortit du monastère, malgré l’abbesse, pour aller à la cour, où elle demeura un an ou deux, aux dépens de sa réputation. Saint Bernward l’avertit doucement de rentrer dans son devoir ; et, comme il continuait, elle évita sa rencontre et chercha l'appui de l'archevêque de Mayence, disant que c’était de lui qu’elle avait reçu le voile, que le monastère était dans $on diocèse et qu'elle ne dépendait en rien de Hildesheim. Étant de retour à. Gandersheim, elle sema ces discours parmi les religieuses, et réussit si bien à les aliéner de l’évêque, que, quand il vint, il fut reçu avec indifférence, comme un évêque étranger, et ses remontrances ne furent pas écoutées. Enfin, pour faire la dédicace de l’église du monastère, les religieuses appelèrent l'archevêque Villegise, et l’évêque Bernward fut seulement averti de s’y trouver.
Il envoya Ekhard, évêque de Sleswig, qui, étant chassé de son siège par les guerres, s'était retiré auprès de lui et le servait dans ses fonctions. Il déclara que Bernward était retenu par le service de l'empereur, et pria l'archevêque de ne point entreprendre de faire
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à 1024 de l'ère chr.) LÉ L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 327 œtte dédicace à son préjudice. Villegise voulait passer outre étant jloux, de son côté, de la faveur de Bernward auprès de l'empereur ; mais les protestations réitérées de celui-ci l'arrétèrent. Saint Bernward fut conseillé de porter sa plainte au Pape ei à l'empereur ; et telle fut la cause de son voyage à Rome. Saint Henri, duc de Bavière
«t proche patent-de l'empereur, auprès duquel il se trouvait alors,
prenait aussi les intérêts de l'évêque, et pressait le jugement de ce’
différend pour rétablir la paix dans l'Église,
Le pape Silvestré assembla donc un concile de vingt évêques, dixsept d'Italie et trois d'Allemagne, L'empereu: et le duc Henri y as— sistèrent, avec tout ce qu'il y avait à Rome de personnes constiuées en dignité. Après qu’on eut lu l'Évangile et quelques canons, le Pape donna la bénédiction : on s'assit, on fit silence; puis l'évêque saint Bernward expliqua son affaire, se plaignant principalement que, depuis son départ, l'archevêque de Mayence avait tenu un synode dans son diocèse, c'est-à-dire dans le monastère de Gandersheim, malgré ces protestations. Le Pape demanda au concile si on devait tenir pour synode une assemblée que cet archevêque avait lente avec ceux qu'il avait amenés dans une église que les évêques d'Hildesheim avaient toujours possédée, vu principalement que lévêque était absent et était venu se plaindre au Saint-Siége pour le même sujet. Le concile demanda permission de délibérer en particulier; et le Pape l'ayant accordé, les évêques romains sortirent &uls, Puis le concile déclara que ce synode était un acte schismatique, et qu’on devait rejeter, selon les canons, ce qui y avait. été fait.
Alors le Pape prononça ainsi : Par l'autorité des apôtres et des Pères, nous cassons ce qui, en l'absence de notre frère Bernward, à té fait à Gandersheim, dans son diocèse, par l'archevêque Villkgise et ses complices. Puis il ajouta: Notre frère Rernward demände-t-il qu'on lui rende l'investiture que l'archevêque lui a ôtée ? Le concile répondit :, IL n’est pas nécessaire de lui rendre l’inveslue que l'archevêque n'a pur lui ôter ; mais puisqu'il le demande istamment, rendez-la-lui, si cela plait à l'empereur. Le Pape donna done à l'évêque sa férule où son bâton, pastoral, disant : Je vous ends et vous confirme la possession du monastère de Gandersheim, lee ses dépendances, et, par l'autorité apostolique . des saints Pierre et Paul, je défends à qui que ce soit de vous y troubler, sinon en tant que lés canons le permettent.
Enfin on résolut d'écrire à l'archevêque de Mayence, pour le bâmer d’une telle “entreprise et l'exhorter à se désister de sa pré-
à {ention. On convint aussi d'indiquer un concile des évêques de Saxe,
t d'envoyer un légat du Pape pour y présider, Le lieu fut marqué