XII
PAS 74 K RER \S ge «+ , € e$” N Ps:
Ÿ ü © ae æ SE EEE
RON rs Een Va
Co rs ee
370 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII. — Deoy
en 985, peu après avoir été élu. Jean XVII, nommé autrement Sicco, ne tint le Saint-Siége qu’environ cinq mois, et mourut le dernier d'octebre de la même année 1003. I1 fut enterré au monastère de Saint-Sabas. C’est tout ce que l’on sait de son pontificat. Il eut pour successeur Jean XVIII, comme lui Romain de naissance, qui fut or. donné Pape le 26 décembre de la même année 1003, comme Je prouve Pagi. L'an 4009, sur la fin de mai, il abdiqua la papauté pour.se retirer à l'abbaye de Saint-Paul de Rome, où il embrassa la vie monastique. C'est lui qui accueillit avec tant de cordialité et prit en si grande affection saint Elphége, archevêque de Cantorbéry, quand il vint à Rome pour recevoir le pallium. Son successeur fut Sergius IV, évêque d’Albane, élu Pape entre le 47 juin et le 24 août de l'an 1009. Il s'appelait Pierre ; mais, par respect pour le prince
des apôtres, il prit un autre nom. H tint le Saint-Siége jusqu’en 1042: È
parmi ses vertus, on loue particulièrement sa. charité pour le pauvres 1,
Saint Nil, de son côté, avait quitté son monastère d'auprès de |
Gaëte, pour venir mourir auprès de Rome. Il avait perdu Étienne, son cher disciple, qui lui servait de modèle ou d'instrument, si l'on peut ainsi parler, pour corriger les autres. Car si quelqu'un s’endormait dens l'église pendant qu’il parlait : C’est sans doute Étienne qui ronfle, disait-il, et il le mettait dehors ; souvent il le faisait lever de table, comme mangeant indécemment ; enfin, il së prenait à lui de tout ce que faisaient les autres, afin de les instruire en exerçant la vertu d’Étienne. Il fut sensiblement touché de sa mort, et lui fit faire un sépulcre double des autres, pour y être enterré avec lui quand il mourrait. Mais le prince de Gaëte, qui était fort pieux et avait une grande foi au mérite de saint Nil, ayant appris la raison de ce double sépulcre, dit à ceux qui étaient présents: Pensez-vous, quand ce père mourra, que je le laisse là et que je ne l’apporte pas dans ma ville pour lui servir de sauvegarde? Saint Nil, ayant appris ce discours, en fut fort affligé et résolut de changer de demeure, pour aller en un lieu où il ne fût connu de personne ; car il eût mieux aimé mourir misérablement que d’être estimé saint par qui que œ fût. Au contraire, il affectait de paraître colère et emporté, jusqu'à scandaliser en effet plusieurs ignorants. Voulant donc quitter le monastère de Serperis, où il avait demeuré environ dix ans, il monta à grand'peine sur un cheval, tant il était affaibli de vieillesse, et s'en alla vers Rome. Comme les frères s’afiligeaient de son départ, il leur dit : Je vais préparer un monastère, où je rassemblerai tous mes enfants dispersés.
1 Baron., Pagi, Mansi.
lieu Il ci : del pag!
d'y: dign
def L lum:
n ct de gran viteu Maît voilà nez-e prier.
resie
Mai ayant plus € reste « veau | appris ayez. p rez-y.
aller à A se sen & et Paul tribua:
recevoi meurs, rez pas coratio!
demeur paraiss:
main di
Le c& rut, lui moribor quoi m’ péchés.
plus de
(Liv. LXII. — De 99,
mé autrement Sicco, mourut le dernier ré au monastère de ntificat. Il eut pour aissance, qui fut or.
e 4003, comme Je abdiqua la papauté e, où il embrassa là de cordialité et prit ue de Cantorbéry, Son successeur fut 7 juin et le 24 août
pect pour le prince
iége jusqu’en 1012: È
à charité pour le
astère d'auprès de |
ait perdu Étienne, ‘instrument, si l'on si quelqu'un s’ensans doute Étienne nt il le faisait lever ‘il sè prenait à lui struire en exerçant sa mort, et lui fi e enterré avec li était fort pieux et appris la raison de its : Pensez-vous, e ne l’apporte pas & Nil, ayant appris de demeure, pour car il eût mieux int par qui que œ emporté, jusqu'à onc quitter le moix ans, il monta à e vieillesse, et s'en son départ, il leur mblerai tous mes
| et de sens, vint trouver saint Nil, se jeta àses
| appris, s'en réjouit et leur manda : C'est assez,
se sentit près de sa fin. Il appela d à et Paul, destiné. depuis longtemps { tribua ses haillons, qui étaient tout
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
Il arriva à Tusculum, à douze milles de. Rome lieues, près d'un petit monastère de Grecs, nommé Il choisit, ce lieu pour sa dernière demeure,
; Mais quand on a tant soit peu er ici. Grégoire, comte de Tuscumais homme d'esprit
x pieds et lui dit : Mes grands péchés me rendent indigne de recevoir
viteur de Dieu zomme vous : toutefois, puisqu' Maitre vous m'avez préféré voilà mr maison, ma ville ef tout son terri
il lui demanda un lieu pour C'était un petit a Grotte-Ferrée.
ayant appris au bout de deux mois que le plus chez eux, prirent leurs manteaux, leurs peaux de Mouton et Je reste de leurs petits; meubles, et vinrent au lieu destiné pour le nouveau, monastère, c'est-à-dire à ja Grotte-Ferrée. Saint Ni, l'ayant
mes frères, que vous ayez. pris ‘la peine de venir jusque-là pour l'amour de moi; derneurér-ÿ jusqu’à ce que j'aille vous tr
ouver. Il se disposait:en effet à y aller à-pied de Sainte-Agathe, qui en était à trois Milles, quand il
onc les: frères qui l'avaient suivi, à être leur supérieur ; il leur disson bien, et les Pria de lui faire recevoir les saints mystères: puis il leur dit: Je vous prie, si je meurs, de-ñe point-tarder à couvrir mon corps de terre; ne m'enterlez pas dans.une église, et ne faites sur moi ni voûte ni aucune décration, Il leur donnasa bénédiction, puis s'étendit sur son lit, et demeura deux jours :sans. parler.ni ouvrir les yeux; seulement il paraissait prier, car on lui voyait remuer les lèvres, et faire de la main droite lé signe de la croix.
Le comte Grégoire, ayant appris qu'il était à l'extrémité, accourüt, lui amenant un excellent médecin. Grégoire moribond, fondant en larmes et disant : Mon père, mon père, pourquoi m’abandonnez-vous sitôt C’est que vous avez péchés. Et, lui baisant les mains, plus de vous baiser les mains,
372 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII, — De 991
disant : Je ne suis ni évêque, ni prêtre, ni diacre, je ne suis qu'un pauvre petit caloyer. Grégoire , ‘parlant ainsi, répandait tant de larmes, qu'il en tivait des yeux de tous les assistants. Les médecins, tâtant le pouls du saint vieillard, assuraient qu'il n'avait ni fièvre ni aucun signe de inort. DL À 5 re
Après qu'ils se furent retirés et que l'heure de vêpres fut venue, les frères résolurent de porter le saint homme dans l'église ; car c'était la fête de saint Jean l'Évangé:.ste, que les Grecs célèbrent je 26me de septembre ; et ils savaient quelle dévotion il'avait pour les fêtes des saints, et qu’it disait toujours qu’un moine doit mourir dans l'église. Ils le firent donc ;'et, l'office de vêpres étant dit et le soleil couché, le saint expira. C'était l’an 1005. Les moines passèrent toute la nuit à chanter les psaumes et les prières des funérailles ; et, le matin, ils prirent le lit où était le corps et l'emportèrent, avec les cierges et l’encens, jusqu’au lieu où !és autres frères Fattendaient, c'est-à-dire à la Grotte-Ferrée. La rencontre des deux troupes de moines renouvela leur douleur; et le comte Grégoire, avec les gens du pays qui étaient accourus en foule, suivaient le convoi en pleurant. Toute la communauté, avec J’abbé Paul, demeura auprès du tombeau de saint Nil, travaillant de leurs mains et gagnant leur vie avec peine, à eause de la pauvreté du lieu; mais il devint bientôt un célèbre monastère qui subsiste encore, et qui est encore occupé par des moines grecs. L'Église honore la mémoire de saint Nil le jour de sa mort, et sa vie a été fidèlement écrite par un de ses disciples!.
En France, saint Abbon de Fleury était mort l’année précédente 1004, en travaillant à la réforme du monastère de la Réole en Gascogne. Ce monastère s’appelait proprement la Règle. Mais à la fin du dixième siècle, il ne méritait plus ce beau nom: car à peine ; connaissait-on la règle qu'on professait. Pour remédier à ce scandale, Guillaume, comte de Gascogne, le soumit à Richard, abbé de Fleury; mais ni Richard, ni ses deux successeurs, Albert et Oybokk, ne purent venir à bout d'y établir la réforme. Saint Abbon ayant été élu abbé de Fleury, on le pressa d'y faire un voyage pour arrêter l licence scandaleuse des moines de la Réole. Il répondit en riant qu'i irait quand il serait las de vivre ; car on publiait que ses prédéces seurs étaient morts peu de temps après avoir tenté de réformer ces moines. Abbon ne laissa pas d'y aller quand ses affaires le lui per mirent. Il trouva ls monastère dans un dérangement qui demandait de prompts remèdes. Pour les rendre plus efficaces, il commenc par se faire autoriser par les comtes du pays, qui étaient eux-mêmes
1 Acta SS., 26 sept.
ques ( étaien eut bi de sai Aneza sion. , blant « l'instai étaient par les bâton :
pierres
Abb s'avan( Le sain
| ment :
mitàn qui le s l porte C'est m ment sa en sorti toute re témoign vous éti donnez tiques d Soigner, moi et
(Liv, LXII, — De 99 e; je ne suis qu'un répandait tant de nts. Les médecins, n'avait ni fièvre ni
> vêpres fut venue, dans l’église; car Grecs célèbrent Je n il'avait pour les moine doit mourir pres étant dit et le s moines passèrent des funérailles ; et, portèrent, avec les ères l’attendaient, > deux troupes de ire, avec les gens le convoi en pleuemeura auprès du t gagnant leur vie 1 devint bientôt un encore occupé par e saint Nil le jour de ses disciples!.
l’année précédente > la Réole en Gasègle. Mais à la fin om; car à peine y médier à ce scan- | Richard, abhé de Albert et Oybokde, 1t Abbon ayant été ge pour arrêter la ondit en riant qu'il que ses prédécesté de réformer ces affaires le lui perent qui demandait ces, il commenti taient eux-mêmes
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 373
scandalisés de la vie licencieuse des moines. Ensuite, après avoir fait les règlements que son zèle lui dicta, il laissa à la Réole quelques moines de Fleury qu'il avait amenés avec lui, afin que leur exemple et leur vigilance y maintinssent l’observance de la règle. Mais après
| son départ, les moines gascons, qui ne voulaient pas. de réforme,
firent tant d'insultes et de menaces aux moines français qu’on avait mis à Jeur tête, qu’ils les obligèrent de quitter bientôt la partie et de s'en revenir à Fleury.
Saint Abbon ne se rebuta pas de ce mauvais succès. Il retourna quelque temps après à la Réole,. où il arriva la veille de Saint-Martin, l'an 4004. Les moines réfractaires, qui ne s’attendaient pas à le voir sitôt, se portèrent à de nouvelles violences pour éviter la punition des premières. Le jour de Saint-Martin, les Gascons, domestiq-e8 ou vassaux du monastère, prirent querelle avec les Français qui étaient de la suite d'Abbon. On en. vint aux mains, et le saint abbé eut bien de la peine à séparer les combattants. Le lendemain, fête de saint Brice, il fit nne réprimande à.un moine de la Réole, nommé Anezan, de ce qu’il avait.mangé hors du monastère sans sa permission. Anezan, qu'on accusait d’être à la tête des : :voltés, fit semblant de recevoir avec humilité les avis de‘son supérieur; mais dans l'instant on entendit des: cris séditieux : c'étaient les Gascons qui étaient encore aux mains avec les Français. La querelle recommença par les injures; un-domestique d'A bbon ayant déchargé un coup de bâton à un Gascon qui parlait mal du saint abbé, on courut aux pierres. é
Abbon entendit du bruit, sortit pour l'apaiser ; mais un Gascon, savançant au-devant de lui, lui donna un coup de lance dans le côté. Le saint abbé ne changea de couleur ni de posture, mais dit seule-
| ment ; Celui-ci y va tout de bon, et, appuyé sur un des frères, il se
mit à monter au logement de sés domestiques, Le moine Aimon, qui le suivait et qui a écrit sa vie, ayant vu du sang sur le seuil de h porte, lui demanda ce que c'était. Il répondit tranquillement : Cest mon sang ! On ne le croyait pas atteint lui-même, mais seulement sa robe. Ayant donc levé: le bras Pour montrer sa blessure, il en sortit une grande quantité de sang dont la manche de sa robe fut oute remplie. À ce spectacle, Aimon ne pouvant s’empécher de témoigner sa douleur, Abbon lui dit : Eh! que feriez-vous donc, si vous étiez blessé vous-même ? Allez plutôt faire cesser le combat, et donnez ordre à nos gens de rentrer. Aimon obéit, et tous les domestiques du saint abbé s'étant rendus auprès de leur maitre pour le Soigner, il expira entre leurs bras, en disant : Seigneur, ayez pitié de Moi et du monastère que j'ai gouverné, C'était le lundi 13 novem-
374 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIT. — De 991
bre 1004. Il y eut encore quelques-uns des siens de tués et de‘blés: sés, 11 fut enterré dans l'église du même lieu ethonoré comme mar: tyr; son biographe rapporte même plusieurs miraclés faits à son tombeau dès les premiers jours 4. Bernard, duc. de Gascogne, fit punir lés coupables de ce meurtte, dont les uns furent pendus, les autres brûlés, et adjugea au monastère de Fleury’célui del Réole, qui lui appartenait de droit, mais dont la possession était disputée ?, L'année suivante 1005 mourut le bienheureux Adalbérôn, évêque de Metz. Ilétait fils de Frédéric, duc de la Basse-Lorraïne, et de Béatrix, sœur de Hugues Capet. Sa naissance lui donnait lieu d'aspirer aux dignités de l'Église, et sa piété l’en rendait digne. 1 fut élu évêque de Metz, le 46 octobre l'an 994, ét il reçut l'ordination épiscopale des mains d’Ecbert de Trèves, le jour’ des Saïnts-Inhocents de la même année, lequel tombait en effet au dimanche. Adaïbéron crut qu'un pasteur, pour étré en état de faire du bien, devait com: mencer par se faire aimer. H avait pour cela tous les dons de la ne: ture et de la grâce. Des manières douces et polies, des inclinations bienfaisantes, des services effectifs lui gagnèrent bientôt tous les cœurs, et même ceux des Juifs, qui dès lors étaient établis à Metz. Il témoïgna surtout une grande affection pour l’état monastique. ]l fit rétablir l’église de Saint- Symphorien, et y plaça des moines-de saint Benoît. | du Adalbéron eut la dévotion d’aller à Rome visiter les tombeaux dés saints apôtres. Sa’ piété se renouvela à-la vue de ces sacrés monuments, etil y fit, avec les sentiments d’une humble et vive compontction, une confession générale de ses péchés. Ce ne fut point une ferveur passagère. A son retout de Rome, ce saint évêque s’appliqua plus que jamais à la pratique des œuvres les plus capables de mortifier l’amour-propre. Sa maison était celle des péler: et des pauvres; il les recevait avec bonté, leur lavait les pieds et ss croyait honoré de les servir de ses mains. Une maladie contagieuse qu'on nomma le feu sacré, lui donna occasion de faire éclater l’héroïsme de « charité. Plusièurs provinces furént alors affligées de cette peste. Ceux qui en étaient atteints venaient à Metz, au tombeau de saint Goëric, y chercher un prompt secours à un mal si cruel. Adaïlbéron recevait chez lui tous les malades, lavait leurs ulcères, malgré l'infection, et leur donnait lui-même à manger. Celui qui raconte ces particularités dit qu’il aida ce saint évêque dans cette bonne œuvre sept jours durant, et que, pendant ce temps-là, Adalbéron soignait et nourrissait chaque jour environ cent malades, s’estimant glorieux de
1 Act. Bened., sect, 6. — ? Ademar , Chror.
à 1024 d voir ain
| héroïqn En e
la pers pour le messe « entre se les arro sans pr prière e ce temp naireme Ce ‘sa Saint-At par une une par atigué I du jour] pour réc frappé d' bres. On voulut qu ll'récouv guir penc lout ce qr de Tours Mairie de monastèr enterré di L'anné.
de Lodèv Langüedo glance ps marques € trouva « sous l’inve nastère dé Ce saint lusqu’au s jour qu'ur
! Labbe, 1
Av. LXIT, — De 991
le tués et de'blesnoré: comme mar:
racles faits à son de Gascogne; fit urent pendus, les celui de la Réole, n était disputée ?
dalbérdn, évêque rraine, et de Béanait lieu d'aspirer digne. Il fut élu | l'ordination épi- Saints-Innñocents anche. Adaïbéron en, devait com:
es dons de la na- , des inclinations ‘bientôt tous les nt établis à Metz.
at monastique. Il ca des: moines-de
les tombeaux des ces sacrés monuet vive compontne fut point une
évêque s’appliqu apables dé mortiet des pauvres;
& croyait honoré se qu'on nomma l'héroïsme de sa
cette peste. Ceux 1 de saint Goëric, dalbéron recevait algré l'infection, onte ces particuonne œuvre sept déron soignait et mant glorieux de
LA
à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 375
voir ainsi son palais épiscopal changé en un hôpital, Une charité si
[ héroïque suppose bien d’autres vertus. +
En effet, Adalbéron, qui aïmiait si tendrerent Jésus-Christ dans la personne des pauvres, avait une tendre et respectueuse dévotion pour les mystères de ce Dieu sauvenr. Il ne célébrait jamais la sainte messe sans s'être revêtu auparavant d’un cilice, et il né pouvait tenir entre ses mains le sacré corps et le sacré sang de Jésus-Christ, sans les arroser de ses larmes. I} passait les villes et les principales fêtes sains prendre aucune nourriture ; et, pour mieux sanctifier par la prière et le récueillement le jeûne du carême, il se retirait pendant c temps-là dans quelque monastère de son diocèse, et plus ordimairement dans celui de Gorze. |
Ce saint évêque voulant terminer ün procès entre les moines de Saint-Arnoulfe et le due Thierri, son frère, entreprit un voyage par une chaleur si grande, qu’on ne sé souveniait pas d’en avoir vu ine pareille. Il marcha tout le jour sans rien prendre, et arriva fort atigué bien avant dans la nuit. Il soupa bien, et, malgré la fatigue du jour précédent, à peine avait:il pris quelque repos, qu'il se leva pour réciter l'office avec ses clércs. Aussitôt qu'il l'eut achevé, il fut frappé d’une paralysie qui lui ôta l'usage de la parole et des membres. On le reporta à Metz. Avant que d'entrer dans l'évêché, il voulut qu’on le portât à la cathédrale, où il tit une prière fervente. l'récouvra la parole, mais il demeura paralytique et ne fit que languir pendant plus de six mois. Il distribue aux églises et aux pauvres out ce qu’il possédait. Il envoya même des aumônes à Saint-Martin de Tours, à Saint-Denis de Paris, à Saint-Remi de Reims, à Sainte-
lie de Verdun, à Saint-Pierre de Cologne et à plusieurs autres monastères. Il mourut un véndrédi' 44 de décembre 1005, et fut enterré dans l’église de Saint-Symphorien, qu'il avait fait bâtir 1.
L'année 1006 vit mourir un autre saint évêque de France, Fulcran de Lodève. Saint Fulcran, issu d’une des plus nobles familles du languedoc, se distingua également par sa tendre piété, par sa vilance pastorale et par sa généreuse charité, dont il donna des narques éclatantes en un temps de famine. Malgré ses libéralités, lltrouva encore des fonds pour faire rebâtir son église cathédrale, sous l'invocation de Saint-Genès d'Arle » €t pour y joindre un moastère dédié au Sauveur.
Ce saint évêque portait quelquefois la délicatesse de conscience lqu’au scrupule : en voici un trait. Quelqu'un lui apprenant un jour qu’un évêque qu'on lui nomma avait apostasié de la foi pour
‘ Labbe, Biblioth. nov., t. 1, Fit. Adalb,
376 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII, — De 99:
embrasser le judaïsine, au grand scandale des fidèles, il en fut si indigné, qu'il dit publiquement que cet apostat méritait d'être.brûlé, Ayant appris, peu de temps après, que le peuple, s'étant saisi de ce malheureux, l'avait effectivement brûlé, il craignit que la parole qui lui était échappée n’y eût donné occasion, et, pour expier cette faute, il fit le pélerinage de Rome en pénitent. Avant d'entrer dans la ville. il quitta ses vêtements, s'enveloppa les épaules de ronces, et se fit frapper en cet état jusqu'à ce qu'il fût arrivé à l’église de Saint- Pierre, où il fit une confession de ses péchés et reçut l'absolution. Cependant le saint évêque ne fut pas encore tranquille, et il fit le même pélerinage jusqu’à trois fois, en vue d’expier cette prétendue faute.
Saint Fulcran, étant tombé malade l'an 1006, eut révélation de sa mort prochaine et ne pensa plus qu'à s’y disposer. Ilordonna qu'on préparât son tombeau dans l’église cathédrale ; et, s’y étant fait porter le 4me de février, jour de l'anniversaire de son ordination, il le bénit. Après quoi il se tit administrer l'extrêéme-onction, fit si confession aux prêtres qui étaient présents et à Magfroi, évêque de Rodez, et reçut ensuite le saint viatique. Quoiqu'il s’avouât coupable de plusieurs péchés, il déclara qu'il avait toujours conservé si virginité, Dès que ce saint évêque sentit les approches de la mort, il ordonna qu'on le mît à terre sur un cilice et qu’on récitât les litanies. Quand elles furent finies, il pria un des assistants de lui soutenir la main, et il donna ainsi la bénédiction à son peuple, qui.était inconsolable de perdre un si digne pasteur. Il expira le 13 de février de l’an 1006, après cinquante-huit ans et neuf jours d’épiscopat!.
Tandis que la France perdait ainsi plusieurs de ses plus saints € plus illustres personnages, elle voyait s’en élever d'autres. L'un d'eux fut le bienheureux Richard, élu abbé de Saint-Vannes de Verdun, l'an 1004. Issu d’une noble famille française, il vouhi joindre la science à la noblesse, et la piété à la science. Il étudia le lettres dans l’école de Reims, qui était alors une des plus renommée: des Gaules, et les rapides progrès qu'il y fit en même temps dans les sciences et dans la vertu engagèrent l'archevêque de Reims à lui donner les dignités d’archidiacre et de précenteur de son église. Richarl s’acquitta de ces charges avec zèle et édification. Il menait, parmi les chanoines, la vie du plus austère religieux. Non content d'assister exactement à l'office, il récitait tous les. jours le psautier en entier | disant les cinquante premiers psaumes à genoux, les cinquante suivants debout, et les cinquante derniers prosterné dans la posture
1 Acta SS., 13 febr,
propre s'offrir pos; n avanta
) seilla à
cation exempl connu.
Ilsr joie au le mor doué. . de Sail eut le homm mainte et insit adouci mait G
(Liv. LXII, — De 90
dèles, il en futsi sritait d’être brûlé, , s'étant saisi de ce t que la parole qui expier cette faute, ntrer dans la ville, > ronces, et se fit à l’église de Saintreçut l’absolution.
nquille, et il fit le er cette prétendue
eut révélation de r. Îlordonna qu'on et, s’y étant fai son ordination, il me-onction, fit sa [agfroi, évêque de qu'il s’avouât couujours conservé sa oches de la mort on récitât les litaints de lui soutenir uple, qui était inra le 13 de février rs d’épiscopat!.
ses plus saints et er d'autres. L'un e Saint-Vannes de ançaise, il voulut ience. Il étudia les >s plus renommée:
me temps dans les e Reims à lui donson église. Richari | menait, parmi les content d'assister psautier en entier. | les cinquante surdans la posture k
à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 377
plus gènante, ne se tenant appuyé que sur les mains et sur les orteils des pieds.
Ce saint homme ne soupirait qu ‘après la retraite, lorsque le comte Frédéric, parent de l'empereur Henri, vint s’ouvrir à lui sur le dessein que Dieu lui avait inspiré de renoncer au monde. Ils prirent en-
) semble la résolution de se retirer au monastère de Saint-Vannes, où
la discipline monastique était fort en vigueur par les soins d’un saint abbé irlandais nommé Fingen. Ils y allèrent sans découvrir leur dessein, afin d'éprouver par eux-mêmes si ce qu’on publiait de la régularité de cette maison était véritable. Quand ils furent arrivés à Verdun, ils eurent quelque envie d'entrer dans un autre monastère de la même ville, bâti par l'évêque Vicfroi, dans un lieu dont la situation leur parut plus commode et plus agréable que celle du monastère de Saint-Vannes, Cependant, comme ils craîgnirent l'illusion de l’amourpropre, ils prirent la résolution d'aller consulter saint Odilon et de s'offrir dé demeurer à Cluny sous sa conduite, s’il le jugeait à propos; mais Odilon fit voir en cette occasion qu’il cherchait moins les avantages particuliers de son monastère que la gloire de Dieu. Il con-
| silla à Richard et au comte Frédéric de suivre leur première vo-
cation et d'entrer au monastère de Saint-Vannes, parce que leur exemple pourrait rendre célèbre ce lieu, qui était encore assez peu connu.
Ils retournèrent- donc à Verdun, où l'abbé Fingen les reçut avec joie au nombre de ses religieux. Richard ne fut pas longtemps dans le monastère sans laisser voir les riches talents dont le ciel l'avait doué. Après la mort de Fingen, arrivée l'an 4004, il fut établi abbé de Saint-Vannes par Heimon, évêque de Verdun !: Le nouvel abbé eut le don, dans cette charge, de se rendre agréable à Dieu et aux hommes; car, en même temps que par sa vigilance et son autorité il maintenait la règle dans sa vigueur, il savait, par ses manières douces et insinuantes, rendre aimable et facile l’obéissance qu'il exigeait, et adoucir à ses inférieurs le joug qu'il leur imposait. On le surnommait Grâce de Dieu, pour marquer le rare talent qu'il avait de gagoer les cœurs. La réputation du nouvel abbé de Saint-Vannes se répandit en peu de temps dans toute la Gaule et lui attira un si grand nombre de disciples, que sa communauté retraça dans la France, par le nombre et la ferveur de ses religieux, une image des anciens monastères d'Égypte et de Nitrie.
Les princes et les prélats, édifiés de ce qu'on publiait de la vertu et de la sagesse de l'abbé Richard, s’empressèrent dé mettre sous
1 Acta SS,, ï octob, Act, Bened., sect, G.
378 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIT, — De 991
sa conduite les monastères de leur dépendance qui avaient besoin de réforme. Baudri, évêque de Liége, lui donna le monastère de ‘Lobes pour y rétablir la discipline monastique. Le roi Robert le chargéa de réformer celui de Corbie. Baudouin, comte de Flandre, lui soumit pour le même sujet ceux de Saint-Pierre de Gand, de Saint-Amand, de Saint-Bertin, de Saint-Riquier et de Saint-Josse-sur-mer. Gérard, évêque d'Arras, lui donna pareillement le monastère de Saint-Vaast, et Roger, évêque de Châlons-sur-Marne, celui de Saint-Pierre, qu'il avait fait bâtir. L'abbé Richard &ouverna encore les monastères de Breteuil, d'Homblières, du Mont-Saint-Quentin, de Saint-Vandrille, de Saint-Hubert, de Saint-Remacle, de Malmédi, de Vassor, de Beaulieu, de Saint-Urbain, de Saint-Vincent de Metz et de Saint-Èvre de Toul. On peut juger ce qu’il dut lui en coûter de soins et de travaux pour établir la réforme en tous ces lieux. C'est un ouvrage que Île zèle ne consomme point sans essuyer de grandes contradictions et sans s’exposer même à de grands dangers; car la fermeté d'un supérieur vigilant paraît quelquefois à des moines irréguliers un crime inipardonnable.
C'est ce que le saint abbé Richard éprouva en travaillant à réformer le monastère de Saint-Vaast d'Arras. Deux moines, qui craignaient la réforme, concertèrent ensemble le détestable complot d’assassiner celui qui venait l’établir ; et, afin qu’il ne manquât rien à la noirceur de l'attentat, ils choisirent pour le commettre la nuit du jeudi au vendredi saint. Richard reposait dans le dortoir sans défianée, lorsque Leduin, un des deux assassins, s’approcha de son lit et leva le bras pour le percer d’un coup d'épée. Mais, soit que ce malheureux fût: frappé lui-même de l'horreur de son crime sur le point de le consommer, soit que ce füt un miracle de la Providence, qui veillait à la conservation du saint abbé, le bras de l'assassin de-
. Mmeura comme immobile ; et ce religieux, si indigne de ge Nom, se retira plein de trouble et de frayeur,
Il ne laissa pas de se rendre avec les autres à l'office de la nuit; mais l'idée de son crime l'y suivit, et les remords de sa conscience le tourmentèrent si cruellement que, quand on eut éteint toutes les lumières, il'alla se jeter aux pieds de l’abbé et lui dit : Mon pèrè, ayez pitié de moi! L'abbé le conduisit à l'écart pour le faire expliquer. Alors le moine tira de dessous sa robe l'épée dont il avait voulu le percer, lui confessa son crime et lui demanda pardon, lui promettant de le réparer par la régularité de sa conduite, Richard le lui pardonna avec bonté. Cependant, pour s’assurer de la sincérité de sa conversion, il l'emmena avec lui à Saint-Vannes; et Leduin y montra tant de sagesse et de ferveur, que le saint abbé le renvoya à Arras quelque
temps :
nastère
pratiqu de l'em qui étai dans ut abbé oc nant le de Rich plus ho: milité d chard.
On re Le duc | vant les répondi service glise, ét d'y être les moir pour ser dans ce Caractèr Si ell comme
à domptal
jou. C'é lents dé de Saint la mais l'horreu des sain place, e
1 Act, |
Liv, LXIT, — De 91
avaient besoin de ynastère de Lobes bert le chargéa de andre, lui soumit de Saint-Amand, sur-mer. Gérard, e de Saint-Vaast, aint-Pierre, qu'il es monastères de > Saint-Vandrille, Vassor, de Beaude Saint-Ëvre de ins et de travaux vrage que le zèle adictions et sans é d'un supérieur un crime impar-
vaillant à réfornoïnes, qui craile complot d’aslanquât rien à la lettre la nuit du lortoir sans dérocha de son lit fais, soit que ce son crime sur le e la Providence, le l'assassin dele ge nom, se re-
flice de la nuit:
sa conscience le nt toutes les lu- Mon père, ayez faire expliquer.
il avait voulu le lui promettant le lui pardonna é de sa conver- | y montra tant à Arras quelque
à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 379
temps après, et lui donna, Jous lui abbé, le gouvernement du monastère de Saint-Vaast 1,
Le comte Frédéric, qui avait embrassé la vie monastique avec Richard, parut oublier tout ee qu'il avait été dans le monde, pour ne travailler qu'à se rendre petit et humble dans la religion. Plus il avait té élevé dans le siècle, plus il cherchait à s'abaisser au-dessous de «s frères. La première leçon qu'il se fit à lui-même en entrant dans le monastère, c'est que la vraie grandeur d'un religieux consiste dans l'amour de l'humiliation et du mépris, et il la mit constamment en pratique: Richard, son abbé, l'ayant un jour mené avec lui à la cour de l'empereur Henri, ce prince fit de grands honneurs à Frédéric, qui était Son parent, et, par distinction, il le fit asseoir auprès de lui dans un cercle de seigneurs. Mais Frédéric ayant remarqué que son abbé occupait uné des dernières places, il quitta la sienne, et, presant le marchepied qui était sous lui, il alla s'asseoir dessus aux pieds de Richard, disant qu’il était peu séant qu’un simple moine fût placé plus honorablement que son abbé. L'empereur, édifié de cette humilité de Frédéric, fit donner une place plus honorable à l'abbé Richard.
On rapporte plusieurs autres exemples de l'humilité de Frédéric. Le duc Godefroi de Lorraine, son frère, l'ayant trouvé un jour servant lés maçons et portant l'oiseau, lui en fit des reproches. Frédéric répondit que tout ce qu’on faisait dans la maison de Dieu, et pour le service de saint Pierre et de saint Paul, dont on bâtissait alors l’éslise, était d’un mérite si grand qu’il ne s’estimait pas même digne d'y être employé aux plüs vils ministères. I ne pouvait souffrir que les moines lui reridissent le moindre service, disant qu’il était venu pour servir les autres et non pour s’en faire servir 2. Voilà jusqu'où, dans ces siècles que nous appelons de fer, la religion adoucissait le ractère de ceux que nous appelons des Barbares.
Si elle ne les transformait pas tous en des modèles d'humilité comme le comte Frédéric, elle savait modérer du moins les plus in-
2 domptables. On en voit ün exemple dans Foulque Nerra, comte d'An-
jou. C'était un des seigneurs les plus puissants, mais des plus violents dé France: Vers l'an 993, il entra à main armée dans le cloître de Saint-Martin de Tours, en viola l’asile et fit énfoncer les portes de là maison d'un chanoine. Les autres chanoïnes, voulant témoigner l'horreur qu'ils avaient de cet attentat, descendirent toutes les châsses des saints et les mirent à terre avec le crucifix, qu'ils Oôtèrent de sa place, et jetèrent des épines autour des châsses, du crucifix et du
! Act, Bened., sect. 9, Acta SS., 14 junit, —? Labbe, Biblioth. nov., t. 1.
à after Vi
380 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXN, — De 99;
tombeau de saint Martin ; après quoi ils fermèrent les portes de l'é. glise, avec défense de les ouvrir à personne qu'aux pélerins étrangers. Le comte Foulque, frappé de cet appareil lugubre, voulut ré. Parer avec éclat la faute qu'il se reprochait.-Il se rendit à la maison de Sicard, qui présidait à l'école de Saint-Martin, s'y déchaussa ei alla pieds nus, avec quelques seigneurs de sa cour, faire une espèce d'amende honorable, premièrement devant le tombeau de saint Mar. tin, ensuite devant les châsses qu'on avait déposées, et enfin devant le crucifix, promettant que, dans l& suite, il aurait plus de respert pour ce qui appartiendrait à saint Martin. Rainald, évêque d'Angers, et un évêque espagnol qui était venu en pèlerinage à Tours, furent ses cautions !. —.
Plus tard, vers l'an 1007, le même comte, touché de la crainte de l'enfer pour avoir répandu beaucoup de sang en divers combats, fi le pélerinage de Jérusalem ; et, au retour, résolut de bâtir un monastère dans une de ses terres, où les moines priassent jour et nuit pour le salut de son âme. 11 fonda donc le monastère de Beaulieu, à mie pas de Loches; el l'église, qui était très-belle, ayant été promptement achevée, il envoya prier Hugues, archevèque de Tours, dans ke
diocèse duquel elle était, de venir en faire la dédicace. L'archevéqur |
répondit : Je ne puis offrir à Dieu les vœux d'un homme qui a pris à mon église plusieurs terres et plusieurs serfs ; qu’il commence par rendre aux autres ce qu’il leur a ôté injustement. L'archevêque aurait peut-être mieux fait d'accueillir avec plus de condescendance k prière d'un homme violent qui était en voie de retour. Il eût peutêtre obtenu par douceur ce qu'il manqua par rudesse. Le comte, choqué de la réponse, résolut de faire dédier la nouvelle église indé: pendamment de l'archevêque. Il fit le voyage de Rome ; et, à force de présents, c'est du moins ce que dit le moine Glaber, il obtint dn pape Jean XVIII un légat, qui fut le cardinal Pierre, lequel vint faire la dédicace de la part de Sa Sainteté. Les évêques de France, au rapport du même Glaber, trouvèrent fort mauvais ce procédé, et ils se plaignirent de ce que le Pape donnait par là atteinte aux droits de l'évêque diocésain. Le légat ne laissa pas de faire la dédicace avecun grand appareil ; il ne s’y trouva cependant que les évêques des États du comte Foulque, et un accident imprévu troubla la fête, Un oursgan qui s'éleva tout à coup renversa une partie.de cette église : œ qui parut justifier les plaintes des évêques; mais Foulque ne s’étonns pas de cet événement : il fit rebâtir l’église, et obtmt du Pape un pri-
vilége pour exempter le monastère de Beaulieu de la juridiction de
1 Annal. Bened., t. 4, p. 108.
l'arche:
et il la | soumet bâti sur Foulk Les vict Bretons et les di d'autres pèlerins assez sil temps q à des pè la suite pour de:
trois foi treisièm lieu, qu’ Un pr fique qu que plu:
le père « là coutu née, il tint sa ci solu dan avec les Navarre saint Her laume él à Rome des accle dable pa l'abbaye duc avai dans son employa de l'hive donna de de Limo
1 Glab.,
[Liv, LXH, — De 991
it les portes de l'é.
ux pélerins étranugubre, voulut ré.
rendit à la maison , S'Y déchaussa ei r, faire une espèce beau de saint Mares, et enfin devant ait plus de respect , évêque d'Angers, ge à Tours, furent
hé de la crainte de divers combats, fit le bâtir un monasit jour et nuit paur e Beaulieu, à mix jant été promptede Tours, dans ke ace. L'archevêque | omme qui a pris à lil commence par L'archevêque aucondescendance là tour. Il eût peutdesse. Le comte, uvelle église indé- Rome ; et, à force laber, il obtint da e, lequel vint faire le France, au rapprocédé, et ils se nte aux droits de | dédicace avec un évêques des États la fête. Un ourae cette église : ce ulque ne s'étonna t du Pape un prila juridiction de
1 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 381
l'archevêque de Tours. Ce prélut 1 à Rome pour déféndre sa cause, et il la plaida avec’ chaleur, On lui dit qu'il était libre au comte de soumeltre immédiatement au Saint-Siége un monastère qu'il avait bâti sur ses terres 1,
Foulque Nerra était ur des plus grands guerriers de son temps. Les victoires qu'il remporta sur Odor, comte de Tours, st sur les Bretons, lui firent donner par quelques auteurs le surnom de Martel, et les divers voyages qu'il fit à la terre sainte lui firent donner par d'autres celui de Palmier, à cause des palmes que rapportaient les pèlerins de Jérusalem, On voyait en effet dañs ce prince un mélange assez singulier d’une férocité martiale et d'une tendre dévotion. Le temps qu'il ne donnait pas à des expéditions militaires, il l’employait à des pèlerinages ou à faire des établissements de piété. Il fonda dans k suite deux autres monastères : celui de Saint-Nicolas, à Angers, pour des hommes, et celui de Ronceray, pour des filles. 11 fit jusqu’à trois fois le voyage de Jérusalem, et mourut à Metz en revenant du troisième : son corps fut transporté et enterré au monastère de Beaulieu, qu'il avait fondé 2, se ni
Un prince tout à la fois plus puissant, plus religieux et plus pacilique que Foulque d'Anjou, était le duc d'Aquitaine, Guillaume V, que plusieurs nomment le Grand. C'était le défenseur des pauvres, le père des moines, le protecteur des églises. Dès sa jeunesse, il prit là coutume d’aller à Rome tous les ans, et, s’il y manquait une année, il allait à Saint-Jacques en Galice. Soit qu'il marchât, soit qu’il tint sa cour, il paraissait un roi plutôt qu’un duc : aussi était-il absolu dans toute l'Aquitaine. Il était lié d'amitié avec le roi Robert et ivec les princes étrangers ; Alphonse, roi de Léon ; Sanche, roi de Navarre ; Canut, roi de Danemark et d'Angleterre, et l’empereur saint Henri: ils se faisaient réciproquement des présents. Le duc Guilkume était surtout chéri du Pape et des Romains; quand il arrivait à Rome, il y était recu comnre un empereur, et le sénat lui faisait des acclamations comme à‘un père. S'il trouvait un clerc recommandable par sa science, il en prenait un soin particulier ; ainsi il donna l'abbaye de Saint-Maixent au moine Raïinald, surnommé Platon. Le duc avait été bien instruit dans sa jeunesse, il avait quantité de livres dans son palais, lisait lui-même, et, à l’imitatinn de Charlemagne, y employait sés heures de loisir, principalement dans les longues nuits de l'hiver. 11 n'était guère sans quelques évêques auprès de lui. Il donna des terres à plusieurs monastères, entre autres à Saint-Martial de Limoges, à Saint-Michel-en-l’Herm et à Cluny; car il honorait
1 Glab., 1. 2, c. 4, Hist. de l'Eglise gallic., 1. 19. — ? Glab., 1. 4, c. 9.
382 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIT. — De sp,
singulièrement les moines réguliers et les abbés, et se servait de leurs M cette r conseils dans le gouvernement de son État. Il chérissait surtout sain M Const: Odilon, abué de Cluny, qu'il s’attacha par de grandes libévalités, je MR en dou
considérant come un temple du Saint-Esprit, et lui donna à réfor. M Angeli
mer plusieurs monastères de son obéissance 1, d'un p Vers l'an 1004, le duc Guillaume convoqua un concile à Poit'ars, MR exp0se On y vit l’archevêque de Bordeaux, les évêques de Poitiers, de Li. M bientôt moges, d'Angoulême et de Saintes, avec douze abbés. On y fit troi M c'e de canons, dont le premier, touchant la paix, fut recu par le duc et ls BR et y off seigneurs, qui .promirent de l'observer, sous peine d'excommunie. BW ments | tion,. et ils:en dosnèrent des otages. Il porte que, pour toutes les cogne; choses qui, ont été usurpées depuis cinq ans ou qui le seront à l'ave. évéques air, on viendra demander justice au prince ou au seigneur partien. M € Proc lier. Celui qui ne voudra pas s’y soumettre, le prince ou le seignew M Martial, en fera justice, ou perdra son otage, Que s’il ne peut en faire justice, On d il assemblera les seigneurs et les évêques qui ont assisté au concile: peuples : ils marcheront contre le rebelle et feront le dégât chez lui jusqu'à ce M coyait è qv’l se soumette à la raison. Les otages furent donnés et l’excom- MR ‘en r ë Mmunication prononcée, conformément aux trois canons du conrile de BR les saint: > Charroux, tenu dans la mêm2 province en 989. Ils portaient 4m. BP nous ave thème contre ceux qui briseraient les églises, pilleraient. les pauvres M €! en e: ou frapperaient les clercs désarmés. Les deux autres canons ducon. mages al cile de Poitiers défendent aux évêques de rien prendre pour la péni M 11 que tence ou pour la confirmation, et aux prêtres et aux diacres d’avoir iasard, | des femmes chez eux ?. + B Unan Le duc Guillaune fonda de nouveau, l’an 4010, le: monastère de BR personne Maillezais, en Poitou, qui fut érigé en évêché trois cents ans après. Chartres, - Il fonda l’abbaye de Bourgueilen Anjou, dans ure terre de so Æ à ses ricl } domaine. De son temps et la même année 4010, Alduin, abbé di MR ment qu monastère d'Angeli en Saintonge, trouva dans la sauraille de son princes église un petit coffre de pierre fait en. forme de tour, et dans ce petit PA naissance coffre un reliquaire d’argent de la même figur2, avec cette inscriptica: Chartres Ici repose le chef du précurseur du Seigneur. On ne put découvrir de tous c
ni par qui ni quand il avait été apporté .en France. Il est'vrai qu'on
18 trouva marqué dans un écrit, qu’un nommé Félix avait apporté cet: È relique d'Aiexandrie, sous, le règne de Pepin, roi d'Aquitaine, « tandis que Théophile, à qui saint Luc adressa les Actes des apôtres, L: gouvernait l'église d'Alexandrie. Mais un si énorme anacbronisme fi à IF dès lors mépriser cet écrit ; et quelques auteurs du temps, comnt Cétait l'a l Guibert de Nogent, opposèrent à ce qu’on publiait de la vérité de nétropoli
1 Ew Chron. Adem. Bouq., t. 10, p. 149. — ? Labbe, t, 9, p. 780 et 758, ! Chron,
[läv. LXIT. — De sp;
t se servait de leurs rissait surtout saint ndes libéralités, Je , lui donna à réfor-
concile à Poit'ors, de Poitiers, de Libbés. On y fit trois
u par le duc et le BR :
ments précieux. Sanche,
Le d’excommuniea.
le, pour toutes le ai le seront à l'ave.
seigneur particuinçe ou le seigneur eut en faire justice, assisté au concile:
chez lui-jusqu’à œ lonnés et l’excomanons du conrile de
Ils portaient sw.
eraient les pauvre |
res canons du con
LS
11024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 383
cette relique, que le chef de saint Jean-Baptiste était alors honoré à Constantinople, Cependant où ne parut pas, en Aquitaine, révoquer en doute que ce ne fût le chef du précurseur qui avait été trouvé à Angeli. Le duc Guillaume, ayant appris cette découverte à son retour d'un pèlerinage de Rome, en témoigna une grande joie et il fit exposer la nouvellerelique à la vénératien des peuples. On ÿ accourut bientôt, non-seulement de toutes les parties de la Gaule, mais encore des Pays étrangers, Le roi Robert y vint avec la reine Constance et y offrit une conque d'or du poids de trente livres, avec des orneroi de Navarre, y vint aussi, le duc de Gascogne, le comte de Champagne et tous les autres seigneurs, les évêques et les abbés, tous avec de riches Offrandes. On y apportait en procession les reliques les plus fameuses, même celles de saint Hartial, tenu pour l'apôtre de l'Aquitaine 1, On demandera peut-être ici : Que penser de cette dévotion des peuples, au cas que les reliques ne fussent pas du saint dont on les croyait? Le protestant Leibnitz répond à cet égard, dans son 7és-°
L lament religieux : En montrant que l'on peut avec justice honorer
ndre pour la péni- B
aux diacres d’avoir
, le: monastère de
is cents ans après.
ure terre de sor , Alduin, abbé du a sauraille @e son
les saints, en se renfermant dans les bornes que nous avons assignées tous avons montré que l'on peut vénérer de même leurs reliques, et, en eur présence, ainsi que devant les images; rendre des hommages aux saints à qui elles appartiennent. Or, comme il ne s’agit Ki.que de pieuses affections, peu importe, lors même que, par
hasard, les reliques que l’on croit véritables seraient supposées 2,
Un ami cordial du duc Guillaume d'Aquitaine et de tous les grands personnages de son temps, était le bienheureux Fulbert, évêque de Chartres, Il dut ces avantages et cette dignité, non à sa nai,sance ni
D 2 ses richesses, mais à son seul mérite ; lui-même reconnait humble-
ur, et dans ce peli 2
c cette inscriptici:
ne put découiri e. Il est'vrai qu'on
avait apporté cetti à oi d'Aquitaine, et
Actes des apôtres, e anacbronisme fi
du temps, comni it de la vérité de
, D. 180 et 733,
bles Juifs, qu'il n'ignorait pas l’hébreu.
[C'était l'an:4007. 11 fut sacré par métropolitain, Les fonctions de
ment qu'on le tira de la poussière pour le faire asseoir avec les princes de l'Église. On ne connaît ni ses parents ni le lieu de sa naissance. Il fit ses études à Reims, sous Gerbert, d’où il passa à Chartres pour présider à l'école de cette ville. Son habileté lui attira de tous côtés des disciples, dont plusieurs furent élevés à l’épiscopat ou à d’autres dignités ecclésiastiques. Outre les lettres divines et humaines, il possédait la médecine : on voit par son 7raité contre
Comme il était estimé des mis, des évêques et des peuples, son mérite le fit élire évêque de Chartres, après ls . mort de Rodolphe, quoiqu'il fût encore jeune. Léotheric, archevêque de Sens, son l'épiscopat ne lui firent point dis.
! Chror, Ademar. = ? Leibnitz, Syst. theol., p. 198.
384 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIT. — De 99! à 1024 d
continuer lesleçons publiques ; mais il cessa de se mêler de la méde- Een cine. On voit, par le grand nombre de ses lettres, qu'il était regardé M pvait « comme l'oracle de la France, et qu’on s'adressait à lui de toutes Æ ns l'é parts pour le consulter sur toutes sortes de matières. Au moisde LE ;fnt pl mai de l’an 1008, qui était le second de son épiscopat, il assista.au D bort de concile que le roi Robert avait assemblé à Chelles ; et, quoiqu'il fût Aur un des derniers suivant le rang de son ordination, on le ft souscrire, Æ site de par respect. pour son mérite, immédiatement après les métropo: Æ ;; afilig litains. Il rebâtit son église cathédrale, qui, en 1020, avait été réduite Æ souvent __en.cendres avec une partie de la ville de Chartres. 0 M prit de f Foulque, évêque d'Orléans, étant mort, Thierri fut élu à sa place, M nort éte Il était fils du seigneur de Château-Thierri-sur-Marne, et petit-fil Rome: : de celui qui bâtit cette forteresse, dont elle a gardé le nom. Thieri DL 97 q avait été élevé à Sens, dans le monastère de Saint-Pierre-le-Vii sens, et sous les yeux de l'abbé Raïinard et de l'archevêque Séguin, sx pare parents. Sur la réputation de sa vertu, le roi le fit clerc de son palais, D serrer et il suivait volontiers ses conseils. Ce prince crut que personne me EE urs m serait plus propre pour remplir dignement le siége d'Orléans. Kai BE Thierri k un clerc de cette église, nommé Odalric, y forma opposition-par se Fulber brigues, y ajoutant des calomnies qui allèrent jusqu’à Rome. Coper Æ ainte q dant l'autorité du roi et le mérite de Thierri l’'emportèrent. Mais a Créateur jour indiqué pour l’ordination, Fulbert de Chartres refusa de sy oi votr rendre, parce que Thierri était accusé d'homicide par sesadver- EL crains saires, et que le Pape, en étant averti, avait défendu de l'ordomer; Es ani de plus, on se plaignait que son élection avait été -extorquée pa der à c l'autorité du prince contre la liberté du clergé et du peuple. Thiers pui de s'étant justifié de ces calomnies, Fulbert consentit à son ordinati D mme 1 qui fut faite par Léotheric de Sens. Pendant qu’on le sacrait, Odalri maire de entra dans l’église avec une troupe de ses partisans, et excilau in qu grand tumulte pour empêcher l’ordination ; mais, malgré ce trouble, Vous save on ne laissa pas d'achever la cérémonie. Les partisans ne sais Lou tinrent pas là. Ils dressèrent des embûches au nouvel évêque dax l'exécuter un voyage qu’il fit, et le battirent avec tant de cruauté qu'ils ke A de Cluny, laissèrent pour mort. Cependant, après qu'ils furent retirés, ook, point trouva sans blessure. Il consulta Fulbert, pour savoir s’il n'était Be deme: à propos d’excommunier les auteurs de cet attentat. Fulbert répond qu'il était qu'il n’était ni avantageux ni sûr d’en venir à ce remède extréme us tout qu’il fallait plutôt attendre patiemment les coupables, et les exhort Les lett paternellement de venir à: résipiscence. Le saint évêque Thier prit, d’un suivit ce conseil et n’opposa que la douceur à la violence de sa luifs mor ennemis. Sa bonté désarma Odalric, l’auteur de ces troubles. (] ambitieux alla se jeter aux pieds de Thierri, et lui demanda hun-à
L'Actu S:
SAR ET PR 11021 de l'ère chr.] , DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 385
mèlerde la méde- Æ }Lment pardon. Thierri le lui accorda ; et, pour le convaincre qu'il qu'il était regardé ME avait oublier les injures, il lui donna la première place après lui it à Jui de toutes À pns l'église d'Orléans, afin que, -quand l'évêché viendrait à vaquer, tières. Au moisde Æ fût plus.en état de l'obtenir, comme il l’otint en effet après la pat, il assista.au D nort de Thierri. Ÿ a A s; et, quoiqu'ilft D Au reste, si Thierri avait commis quelques fautes dans la pouron le fit souscrire, Æ uite de l'épiscopat; Dieu les lui fit expier par les maladies dont il près les métropo: M ut afiligé le reste de sa vie. Malgré ses infirmités habituelles, il allait 0, avait été réduite E souvent au monastère de Saint-Pierre-le-Vif, pour y reprendre l’es.. | = prit de ferveur et de recueïllement. Il y eut d'à jour révélation que sa | fut élu-à sa place, D nort était proche. Pour s'y préparer; il voulut faire le pèlerinage de Marne, et petit-fils WE Rome; mais il tomba malade en arrivant à Tonnerre, et il y mourut lé le nom. Thier: L 27 de janvier 1022. 11 avait ordonné que son corps füt porté à saint-Pierre-le-Vi ns, et enterré auprès de l'archevêque Séguin et de Pabbé Rainard, vèque Séguin, ss M &s parents. Mais Milon, seigneur de Tonnerre; s’y opposa, et le fit clere de son palais, D :terrer dans l'église de Saint-Michel de Tonnerre, où il se fit plutque personne me D jours miracles à son tombeau. L'Église honore la mémoire de saint ge d'Orléans. Ha EE Thierri le 27 de janvier, jour de sa mort 1. | | opposition-parss EE Fulbert témoigne lui-même, dans une petite pièce de vers, la qu’à Rome. Ceper Ærinte qu'il avait de n'avoir pas été bien appelé à l’épiscopat. Mon portèrent. Mais a DE Créateur, dit-ài, Ma vie, mon salut, mon unique confiance, donnezrtres refusa de sy ooi votre conseil et la force de le suivre dans l'incertitude où jé suis. ide par sesadver 2 crains qu'étant entré témérairement dans l'épiscopat , je ne sois ndu de l’ordonner; pus nuisible qu’uiüile au troupeau ; c’est pourquoi je crois devoir été -extorquée pa der à ceux qui en sont plus dignes. Mais quand je pense que, sans du peuple. Thieri appui de richesses ou de naissance, je suis monté sur cette chaire, it à son ordinetio mme le pauvre élevé de son fumier, je crois que c’cst l'effet ordin le sacrait, Ode de votre Providence, et je n'ose changer de place sans ‘votre isans, et excilau ina] quoique j'en sois sollicité par le reproche de ma conscience. ; malgré ce trouble BE yous savez, Père saint, ce qui vous est le plus agréable et le plus s partisans ne Sal le pour moi; inspirez-le-moi, je vous en supplie, et aidez-moi à nouvel évêque dif exécuter 2. Fulbert fut rassuré dans ses craintes par saint Odilon le cruauté qu'ils el de Cluny, avec lequel it était lié d’une étroite amitié, et qu’il estimait furent retirés, on =, point de le nommer larchange des moines. Odilon lui conseilla avoir s’il n'était PS demeurer évêque; après quoi Fulbert concluait amicalement at. Fulbert réponl Qu'il était obligé de lui donner ses prières, ses conseils et ses secours e remède extrème ns toutes ses peines 3.
ables, etles exho® Les lettres de Fulbert sont écrites avec beaucoup de grâce et d'esaint évêque Thier prit, d’un style aisé et délicat. Ses discours ou son traité contre les
la violence de si lifs montre également beaucoup de sagacité et de justesse. Pour le ces troubles. &
lui demanda hun-à
"élu SS., 25 jun, 2 Bibl, PP, à 18, p. 54. — 3 Jid. Epist, G6, 68.
XuI, ;
386 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII. — Dei
échapper à cette prophétie dé Jacob : Le sceptre ne sortira point de ke Juda, ni le chef d’entre ses descendants, jusqu’à ce que vierine celui E de Jud. qui doit être envoyé, et il sera l'attente des nations, les Juifs du de lui onzième siècle recouraient à divers subterfugés. Les uns disaient ‘Ne Lanqu
peut-on pas dire que ce sceptre est entre les mains de ces Juifs sages libue et puissants qui gouvernent leurs maisons et leurs fainilles avec le pan 2, verge de la prudence ? Si cela est, leur répond Fulbert, Combien k d'Israël Juifs ne sont-ils pas fortunés dans leur infortune ! Tant que vous avie dune 4 une pririe, Vous n’aviez qu’un roi ; mais depüis que vous avez perdt qu'on s l’une et l'autre, vous avez trouvé des rois par milliers! Par malheur, Enfin
nul d’entre eux n’est sacré suivant la loi, nul n'est suivi du peuple; Aa qu par conséquent nul n'est ni roi , ni pontife, ni prophète, ni chef de He) la tribu de Juda; car, où il n’ÿ a plus de cause, il n’y a plus d'effet. ana Juifs aveugles! en multipliant à l'infini les rois, ils prouvent qu'ils n'en D pérance
ont aucun. Enfin, si la prophétie s'entend de rois pareils, il s'ensuit répond que le Messie, non-seulement n'est pas encore venu, mais ne viendra hui, n que quand tous les Juifs auront péri ou qu'il ne s'en trouvera plis le up) un seul capable de gouverner sa famille ; c'est-à-dire, le Messie ne “aires viendra qu’à la fin du monde, non pour guérir les malades, mais anal pour ensevelir les morts! Et voilà quelle serait l'attente des nx È Le ; tions ? Et voilà comme cétte grande promesse se réduirait à néant! ps e. Non, non, Dieu ne saurait mentir, lui qui a promis qu’à une certaine ie ha époque, avant la fin du monde, son Christ viendra pour sauver le NS humain.
Fpaiis Juifs disaient : Le sceptre n’est pas sorti de Juda; «r < ie EL qui sait si quelque roi juif ne règne pas quelque part, peut-être dans On ER Et LE l'Inde ? Fulbert répond : Ce-qui est d'abord certain, c'est que nu Peu Ti entendu dire que, de nos jours, il règne quelque roi juif dans aucune Ne :] partie du monde. Ensuite, y eût-il un roi juif dans l'Inde, le sceptre Fine. serait toujours ôté de Juda ; car le royaume de Juda est:un royaunt sn doc: distinct de tous lés autres, ayant sa terre, son peuple et sonrû Donne propre. Pour une maison, il faut trois choses : les fondements, les Re murs et letoit. Pour un royaume, il faut également trois choses +1 pa terre, le peuple, le roi. Où de ces trois choses il en manque HA Î de U x n'y a plus de maison, il n’y a plus de royaume, à plus forte raison l'archevé si toutes les trois viennent à manquer. Or, la terre du royaume de no. Juda est la province de Jérusalem, et le peuple de ce LOU à verses af
la tribu de Juda, les rois de ce royaume ont été de cette tribu jus Pie . : FA re, € l qu'au Messie. Depuis ce temps, le royaume de Juda a perdu sa ter ressentir : A : ia le, qui acte :
qui est occupée par les étrangers ; Ha perdu ren ui
dispersé parmi toutes les nations; il n’a plus de roi légitime, n C
ayant plus eu, même assez longtemps auparavant. Le royaume d° |
(Liv. LXII. — De991 ne:sortira point de
ce que vienrie celui R
tions, les Juifs du es uns disaient : Ne s de’ ces Juifs sages rs failles avec là 1lbert, combien l'ant que vous avie ue vous avez perdit iers! Par malheur, st suivi du peuple; rophèté, ni chef de l n’y a plus d’eftet.
rouvent qu'ils n’ei pareils, il s'ensuit u, mais ne viendra s'en trouvera plus “dire, le Messie ne les malades, mai
t l’attenté des ns B
réduirait à néant!
IS qu’à une certaine dra pour sauver le
sorti de Juda; cr art, peut-être dans n, c’est que nuln'i oi juif dans aucüre ns l'Inde, le sceptre da est:un royaume peuple et sonrû es fondements, les nt trois choses : lt en manque une, i \ plus forte raison e du royaume de de ce royaume 6 de cette tribu ju là a perdu sa terre, peuple, qui a til roi légitime, n'en it. Le royaume de
D Judt, ayant ainsi perdu toutes ses parties,
1102 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 387
a donc cessé d'être, et les royaumes étrangers, n'ont-rien à prétendre au sceptre qui a été ôté de Juda. D'appeler royaume de Juda tout pays où un Juif règne sur des Juifs, c’est une extravagance réfutée par le fait et par l'Écriture Lorsque les: Juifs avaient deux rois, l’un à Jérusalem, sur dix Wibus, l'autré à Samarie, il n'y avait de roi de Juda, et par le fait et par le nom, que celui de Jérusalem ; l’autre était et s'appelait roi d'Israël. Si donc le sceptre de Juda ne regarde en rien celui st règne sur dix tribus à Samarie, combien moins regardera-t-il Fa qu'on suppose faussement qui règne sur quelques Juifs dans l'Inde ?
Enfin, d'autres Juifs disaient : 11 n'est. pas surprenant que nous soyons réduits en captivité, et que, ne possédant plus la ville de Jérusalem, nous n'ayons point de roi de notre nation. Il en a été de même dans le temps de la captivité de Babylone, et nous avons espérance de retourner en notre patrie quand il plaira à Dieu. Fulbert répond que la situation de la nation juive, telle qu’elle est aujourd'hui, n’a rien de semblable à ce qu'elie était à Babylone ; qu'alors le peuple juif était réuni, qu’il avait avec lui son roi, ses prêtres et «s prophètes, et que le térme de son retour à Jérusalem était fixé : qu'en attendant, sa terre demeurait déserte, sans être donnée à des étrangers ; au lieu que depuis la mort de Jésus-Christ les Juifs sont dispersés, n’ont ni roi, niprêtre, ni prophète, ni aueune promesse de Dieu de retourner jamais à Jérusalem ; au contraire, le Seigneur 4 prononcé la sentence que cette désolation serait perpétuelle, et les mat que déjà elle dure montrent assez qu’elle durera jusqu’à a fin 1, \
On voit que, pour la. doctrine, Fulbert de Chartres mérite de compter parmi les Pères de l'Église. Ce qui l’en rénd encore digne,
| c'estson zèle, à la fois prudent et ferme, pour le maintien de. la dis-
cipline ecclésiastique. Le roi Robert lui ayant fait demander son consentement pour l'election de Francon à l'évêché de Paris, il répondit à son très-débonnaire seigneur et roi qu'il y consentait, en cas que ce füt un homme de beaucoup de lettres et qui préchât facilement : à quoi, dit-il, tous les évêques ne sont pas moins obligés qu’à ré tion. Il suppose encore que l'élection ait été jugée canonique par l'archevêque de Sens et par les évêques de la province. Depuis que Francon fut ordonné évêque, Fulbert l'aida de ses Conseils en diverses affaires, le consolant dans les persérations que les églises souflraient de la part des seigneurs, et l’exhurr nt à ne pas céder à son rssentiment jusqu’à prendre les armes, de eur, ajoute-t-i}, que
U Bibl. PP., t. 18, p. 42-46.
388 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIL, -— De99t
si vous empioyez un glaive étranger, vous nefassiez qu'on ne craigne plus le vôtre. Il l'exhorte à retirer, en faveur des pauvres, l'usufruit
des autels que ses prédécesseurs avaient accordé à des laïques f, Toutes ces lettres respirent l'amitié et la piété la plus tendre. :- Après la mort d'un sous-doyen -de l'église de Chartres, Robert, évêque de Senlis, demanda cette place pour lui ou pour: Gui, son frère. Fulbert répondit qu’elle ne convenait ni à Robert, parce qu'il était évêque, ni à Gui, parce qu'il était trop jeune; et il la donnaà un de ses prêtres nommé Évrard, savant et vertueux. L’évêque de Senlis et sa mère en furent siirrités, qu’ils firent de terribles menaces à Évrard, en présence de plusieurs témoins. En effet, quelques-uns de leurs domestiques vinrent à Chartres, où, $étant tenus cachés pendant le jour, ils attaquèrent de nuit le prêtre Évrard, comme il allait à matines, et le tuèrent à coups de lances et d'épées, dans le parvis de la grande église. Ses clercs, qui vinrent un peu plus tard, le trouvèrent qui, en expirant, priait pour Ses meurtriérs, à l'exemple de saint Étienne. Quelque soin qu’ils eussent pris de se cacher, le crime fut découvert par des indices qui, joints aux menacès précédentes, frisaient une entière conviction. Fulbert en écrivit à Adalbéron, évêque de Laon, comme au plus ancien de la province de Reims, dont apparemment le siége était-vacant, l’exhortant à faire justice d’un tel crime et à excommunier les coupables. Pour lui, i les excommunia et refusa ce qu'ils offraient pour se faire absoudre, nonobstant les conseils et les instances de l'archevêque de Sens. Quant à l’évêque de Senlis, il ne voulut faire aucune satisfaction de ce meurtre, ni avouer qu’il en fût coupable ?, Le siége de Reims ayant vaqué quelque temps après la mort de l'archevêque Arnoulfe, Ébäle, encore laïque, fut élu.pout lui succider, par le clergé et le’ peuple de la ville, du consentement du ni
et de la plupart des évêques de la province ; mais Gérard de Cam-
brai s'y opposa, insistant sur ce qu'Ébale était néophyte, et prétendant qu’il n’était point instruit de la discipline, et ne, savait qu’un pe de dialectique, pour imposer aux ignorants. Gui, nouvel évêque de
Senlis, faisait difficulté de prendre part à son ordination, craignant
entre autres d’être réprimandé par le Pape. Fulbert !e rassura, hi apportant les exemples de saint Ambroise et de saint Germain
d'Auxerre, et lui disant que le Pape ne le trouvera pas mauvais, |
quand il saura que c'était le moyen de relever l’église de Reims, notiblement déchue. Ébale, fut en effet, sacré archevêque l’an 1024, €!
1 Epist. S8, 11, 19, 20. — ? Epist. 29, 60, 48, 49.
remplit dignement ce siége pendant neuf ans. Fulbert le consola dans BR
à 1026 les tra:
etle re disant A la les pril d'amiti particu ginelle D occasio vu. Chi contre comtes.
L'hume hors, 8’ pour la:
tempor Plus d'u verrons Jean XI L'inte lences F à cette ment, n Papes, là chrét chrétien Au ca mais qu vêque d gneur, e pieux ro termes :
quoique eflurciez les servi!
le sang donnaut Notre-Se me, ave:
puisqu'il
i Epist,
[Liv. LXH, -— De9o!
Z qu'on ne craigne pauvres, l'usufruit é à des laïques !, lus tendre. :-
Chartres, Robert, u pour: Gui, son obert, parce qu'il e; et il la donna à eux. L'évêque de terribles menaces et, quelques-uns tant tenus cachés Évrard, commeil et d'épées, dans le un peu plus tard, rtriérs, à l'exemple s de se cacher, le 1x menacès. précéa écrivit à Adalbéde la province de l’exhortant à faire ables. Pour lui, il se faire absoudre, hevêque de Sens, une satisfaction de
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 389
les traverses qu'il souffrait de la part d'Eudes, comte de Champagne, et le reprit amicalement de ce qu’il voulait abandonner son troupeau, disant que ce ne serait pas agir en pasteur 1,
A la fiu du dixième et au commencement du onzième siècle, tous ls princes de l'Europe chrétienne étaient en paix et en relations d'amitié les uns avec les autres ; mais dans chaque pays les seigneurs particuliers se faisaient ou pouvaient se faire la guerre. La cause originelle en était au natürel martial de ces jeunes nations : une cause | occasionnelle fut l’irruption des Normands, ainsi que nous l'avons
vw. Charles le Chauve, ne se trouvant point assez fort pour défendre
contre eux toute la France, autorisa formellement les villes, les comtes, les-seigneurs, à se fortifier et à se défendre eux-mêmes.
L'humerr guerrière ainsi réveillée, ne trouvant point d'issue au de-
hors, s’exerçait au dedans : le roi n’était pas toujours assez puissant
pour la contenir ; les évêques, qui étaient en même temps seigneurs lemporels, avaient, souvent à souffrir dé ces guerres particulières.
Plus d'une fois les contestations étaient déférées au Pape. Nous en
verrons un exemple, l’an 1024, dans üne lettre de Fulbert au pape
Jean XIX.
L'intervention pontificale remédiait presque toujours à ces violences particulières ; mais enfin, pour apporter un remède universel à celte surabondance d'ardeur martiale, qui se consumait inutilement, même nuisiblement, en des guerres privées, nous verrons les Papes, dans ce même siècle, lui donner un emploi légitime, utile à k chrétienté et à l'humanité, en la dirigeant contre l'empire antichrétien et antihumain de Mahomet.
Au commencement du onzième siècle, on vit quelques erreurs, mais qui, pour le moment, n’eurent point de suite. Léotheric, archetêque de Sens, était dans une erreur touchant le corps de Notre-Seigneur, et s’en servait quelquefois pour éprouver les coupables: Le pieux roi Robert en fut extrèmement indigné, et lui écrivit en ces lermes : Je suis surpris de ce que vous, qui. passez pour savant, quoique vous n’ayez pas la lumière de la véritable Sigesse, vous efurciez, par des ordres iniques et pour satisfaire votre haine contre ls serviteurs de Dieu, d'établir une sorte d'examen par le corps et k sang de Notre-Seigneur. Pourquoi, au lieu de vous servir, en donnant la communion, de la formule ordinaire : Que Le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit le salut de votre corps et de votre me, avez-vous la témérité de dire : Si vous en êtes digne, recevez-le,
E puisqu'il n’y a personne qui en soit digüie ? Pourquoi attribuez-vous
après la mort de lu pour lui succéisentement: du ri s Gérard de Camophyte, et préten- 1e, savait qu’un peu nouvel évêque de lination, craignant bert !e rassura, li de saint Germain vera pas mauvais, | se de Reims, notaêque l'an 1024, € »ert le consola dans
À Epist., 38, 54. Chron. Alber,, an. 1928, Marlot, 1, 1,c. 20.
390 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXIE. — De 991
s Cepe
à la divinité les misères du corps, aussi bien que les infirmités et les société douleurs de la nature humaine ? Jen jure par la foi du Seigneur, si derné
vous ne venez à résipiscence, vous serez privé de l'épiscopat, et vous d'aborc serez condamné avec ceux qui ont dit au Seigneur : Retirez-vous de piété, €
nous ?, On voit que le bon roi Robert ne manquait pas d'énergie et quand.
de fermeté pour la cause de Dieu. L'aréhevéque profita de cette dm réprimande, et cessa d'enseigner sa mauvaise doctrine, qui com- œurs | mençait à s'étendre dans le monde. On ne sait point au juste quelle plusieu
était cette: doctrine. pen
Vers la fin de l'an 4000, il y eut dans le docti de Châlons un fx mahièh
natique assez ‘étrange. C'était un homme du peuple, nommé Leu- permit
tard. S'étant un jour endormi de lassitude dans les champs où il Uh.sË travaillait, il s’imagina qu’un essaim d'abeilles lui entrait par le.ba Norma
du corps et lui sortait par la bouche, puis le piquait, lui parlait à alibet
lui donnait des ordres. Il se crut prophète, entra duns l'église, bris chat, il
la croix et l’image du crucifix, persuada à quelques paysans simple d'Orléar
qu'il faisait tout cela par révélation; il parlait beaucoup, et voulait lhéictiré paraitre un grand docteur. Gébuin, alors évêque de Châlons, vieil- Lisoie é
lard trèsisavant, le fit venir et l’interrogea sur tout ce qu'il avait oui qu'on à
dire de ses discours et de ses actions. Leutard voulut cacher sx cb bi erreurs et employer des autorités de l’Écriture, qu'il n'avait pas étu- devint.
diée; mais l’évêque ‘le’ convainquit de éontradiction et d'extrava- die, il té gance, et désabusa le peuple qu’il avait séduit. Le malheureux Leu- Aréfa
tard, se voyant confondu et abandonné, se précipita dans un puits! ciel
Vers le même: temps de Leutard, il parut à Ravenne un autre près. du fanatique nommé Vilgard, grammairien de profession, suivant l'u- l'ablaee. sage des Italiens, qui préféraient alors cette étude à toutes les autres. pria d'é Fe Une nuit crut voir en songe les trois poëtes Virgile, Horace et Ju- 1oyaumi Lino vénal, qui lui rendaient grâces de l'affection qu'il avait pour lue er ‘Ep écrits et du succès avec lequel il publiait leurs louanges; lui prome- D |, roi, tant qu'il aurait part à leur gloire. Enflé de cette vision, il commeng dit à Or. à débiter plusieurs dogmes contraires à la foi, et à soutenir qu'il boite: 0 fallait croire en tout ce qu’avaient dit les poëtes. Ce fanatisme pour Arefa
à Virgile, Horace et Juvénal prouve au moins qu'on les connaissait Chirtrés © Enfin Vilgard, étant convaincu d'hérésie, fut condamné par l'arche pour sa: vêque de Ravenne. On en trouva plusieurs autres en Italie infecté tion, Il s
‘de cette erreur, qui périrent par le fer et par le feu. Vers le même homme “temps, sortirent des hérétiques de l’île de Sardaigne, fértile en sem demand: Blables maux, qui corrompirent une partie des Chrétiens set] se garan et furent aussi exterminés par les catholiques ®, matins à se fortifi
1 Helgald, Vita Rob. — * Glab., L. 9, e. 11, — # Jbid., ©. 12.
(Liv. LXIL. — De 99
es infirmités et les foi du Seigneur, si ’épiscopat, et vou r : Retirez-vous de it pas d'énergie et le profita de cette ctrine, qui comint au juste quelk
de Châlons un fx ple, nommé Leules champs où il entrait par le.bas jait, lui parlait & dans l’église, bris es paysans simples aucoup, et voulait de Châlons, vieilt ce qu'il avait oui voulut cacher se d'il n'avait pas étution et d’extrava- > malheureux Leuita dans un puits’, Ravenne un autre ssion, suivant l'uà toutes les autres.
ile, Horace et Ju-
| avait pour leur Ba
anges, lui prometision, il commenç et à soutenir qu'il Ce fanatisme pour on les connaissait.
damné par l’arches en Italie infectés feu. Vers le même me, fertile en sem rétiens d’Espagnt,
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 391
Cependant une femme, venue d'Italie, avait formé à Orléans une société secrète où l’on professait les erreurs es plus monstrueuses des manichéens et des gnostiques. Cette femme urtificieuse s’attacha d'abord aux principaux du elergé par une apparence hypocrite de piété, et elle fit semblant de les: prendre pour ses directeurs ; mais quand elle eut gagné leur confiance én leur donnant la sienne, elle commença elle-même à les diriger, s'appliquant à corrompre les cœurs pour séduire les-esprits ; et elle ne réussit que:trop. Depüis plusieurs années, les principaux du clergé étaient infectés des er-
à reurs les plus-absurdes et adonnés aux pratiques les plus infâmes du :
manichéisme, et rien ne paraissait au dehors, lorsque la Providence permit que ce mystère d'iniquité fût dévoilé de la manière suivante.
Un seigneur normand, nommé Arefaste, de la famille des ducs de Normandie, avait chez lui un clerc. nommé Herbert, qui était allé achever ses études à Orléans ; mais, au lieu de ia vérité qu'il y cherchait, il y suça le plus subtil poison de l'erreur. Deux ecclésiastiques d'Orléans, Étienne et Lisoie, auxquels il eut le malheur de s'attacher, hi eurent bientôt inspiré les pernicieux sentiments qu’ils avaient. Lisoie était chanoine de Sainte-Croix, qui est la cathédrale; Étienne, qu'on appelait aussi Herbert, présidait à l'école d’un monastère. Le derc normand; séduit par la réputation de ces. deux hérétiques, devint un des plus entétés de leurs disciples. De retour en Normandie, il tâcha adroitement de, gagner son maître à la secte.
Arefaste était homme de probité, de bon conseil et éloquent ; par tte raison, il avait été souvent employé dans des négociations auprès du roi de France et des autres seigneurs. Ayant donc aperçu l'erreur de son clerc, il en avertit Richard, duc de Normandie, et le pria d'écrire au roi Robert, pour lui découvrir le:mal caché dans son royaume, avant qu'il y fit plus de progrès, et pour l’exhorter à donner à Arefaste lui-même le secours nécessaire pour y remédier. Le roi, surpris d'une si étrange nouvelle, manda qu’Arefaste se rendit à Orléans en diligence avec Herbert, son clere, lui promettant toute sorte d'assistance.
Arefaste sé mit en chemin, suivant l'ordre. du roi, et, passant à Chartres, il voulut consulter sur cette affaire l’évêque Fulbert, célèbre pour sa doctrine; mais il apprit qu'il était allé à Rome, par dévotion, Il s’adressa au trésotier de l’église de Chartres, nommé Évrard, Lomme sage; et , lui ayant découvert le sujet de son voyage, il lui demanda conseil sur les moyens de combattre ces. hérétiques et de & garantir de leurs artifices. Évrard lui conseilla d'aller tous les matins à l’église faire sa prière, pour implorer le secours de Dieu, et & fortifier par la sainte communion; puis, ayant fait le signe de la
302 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv, LXI, — Depp,
croix, d'aller trouver ces hérétiques, de les écouter sans les contre. dire en rien, et de faire semblant d'être leur disciple,
Quand Arefaste fut arrivé à Orléans, ‘il pratiqua de point en point ‘tout ce qu'Évrard luivait conseillé ; et dans la maison de cés nou. ‘veaux maitres, auprès desquels il. fut introduit par son clerc, ilg tenait assis le dernier, comme le moindre de leurs disciples. D'a. bord, ils lui donnaient des exemples et des comparaisons tirés de l'Écriture, et l'exhortaient à rejeter la mauvaise doctrine qu’il avait crue jusqu'alors, pour recevoir la leur, comme venant: du Saint. Esprit, Le voyant qui rendait grâces à Dieu de tout ce qu'ils lui disaient, ils crurent l'avoir gagné et commencèrent à lui découvrir leur doctrine, sans l’envelopper, comme auparavant, d'expressions de l'Écriture. Ils traitaient donc de rêveries tout ce qu'on lit dans l'Ancien et le Nouveau Testament, touchant la Trinité et la création du monde, disant que le ciel et la terre avaient toujours'été comme nous les voyons, sans avoir ni auteur ni commencement. Ils niaient que Jésus-Christ fût né de la vierge Marie, qu'il eût souffert pour les ‘hommes, qu'il eût véritablement été mis dans le sépulcre, ni qu'il fût ressuscité. Ils lisaient encore que le baptême n'effaçait point les péchés ; que le corps et: le sang de Jésus-Christ ne se faisaient point par la consécration du prêtre; qu'il était inutile de prier les saints soit martyrs; soit confesseurs ; enfin, que les œuvres de piété étaient un travail inutile, dont il n'y avait aucune récompense à espérer, ni
. . \ aucune peine à craindre pour les voluptés les plus criminelles. Ik
condamnaient le mariage et défcndaient de manger de la chair.
Arefaste leur demanda alors en-quoi donc il devait mettre sa confiance, puisqu'ils lui défendaient de croire la passion de Jésus-Christ et l'efficace des sacrements de baptême et d’eucharistie; Hs lui répondirent : Vous avez été jusqu'ici dans l'abime de l'erreur avec les ignorants, et vous venez d'ouvrir les yeux de l'esprit à la lumière deh vérité. Nous vous ouvrirons la porte du salüt; et, quand vous y sera entré, vous serez purifié de tous vos péchés par l'imposition de no mains,.et vous serez remph des dons du Saint-Esprit, qui vous fen pénétrer la profondeur des Écritures. Euisuite, étant nourri d'une viande céleste, vous verrez souvent avec nous les anges ; et, par k secours de ces visions, vous pourrez en un moment vous transporter où il vous plaira, et vous ne manquerez jamais de rien, parce que Dieu sera toujours avee vous.
Ce qu'ils appelaient la viande céleste se faisait en cette manière. Ils s’assemblaient certaines nuits dans une maison marquée, chacun
üne lampe à la main, et récitaient les noms des démons, en fornt js
de litanie, jusqu’à ce qu'ils vissent un démon descendre tout d'un
coup éteigt vait s était 4 un gr garde de Jé telle :
avait Su diren Sens ; ils ét Saints fut ar parol qui es vous.
afin q innoc piété’ venu évêqu Les tendu ment.
« eUx-n évêqu s'expl n'entr plus il qu'ils de bel la vér propo vous mort VOUS ] roiet vez er des pe ni sou
Liv, LXIT, — De 90;
ter sans les contre.
iple.
a de point en point maison de cés nou:
par son clerc, ile urs disciples. D'a.
paraisons tirés de doctrine qu’il avai venant du Saint:
out ce qu'ils lui di.
à lui découvrir leur » d'expressions de qu'on lit dans l'Ané et la création du Jujours été comme cement. Ils niaient ût souffert pour les e sépulcre, ni qu'il n'effaçait point les e se faisaient point de prier les saints, res de piété étaient pense à espérer, ni R lus criminelles. Îk er de la chair.
vait mettre sa conion de Jésus-Christ 'istie; Hs lui réponrreur avec les ignot à la lumière del quand vous y sera imposition de nos prit, qui vous fer étant nourri d'une s anges ; et, par k nt vous transporter de rien, parce qu
en cètte manière.
n marquée, chacun démons, en fort à lescendre tout d'un
à 1024 de l'êre chr ] DÉ L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 393
cœouùp au milieu d'eux, sous la forme d’une petite bête. Aussitôt ils éteignaient toutes leslumières, et chacun prenait la femme qu'il trouvail sous sa muin pour en abuser. Un enfant né d’unetelle conjonction était apporté au milieu d'eux, huit jours après sa naissance, mis dans un grand feu et réduit en cendre. Ils recueillaient.cette cendre et la gardaient avec autant de vénération queles Chrétiens gardentle corps de Jésus-Christ ponr le viatique des malades. Cette cendre avait une telle vertu, qu'il était presque impossible de convertir quiconque en avait avalé, pour peu que ce fût.
Sur les avis d’Arefaste, le roi Robert etla reine Constance se rendirent à Orléans, avec plusieurs évêques, entre autres Léotheric de Sens ; et; le lendemain, on tira tous les hérétiques de la maison où ils étaient assemblés, et on lesamena dans l’église cathédrale de Sainte-Croix, devant le roi, les évêques et. tout le clergé. Arefaste fut amené avec eux comme prisonnier, et, prenant le premier la parole, il dit au roi : Seigneur, je suis vassal du duc de Normandie, qui est le vôtre, et c'est sans sujet qu’on me tient enchainé devant vous. Le roi lui répondit : Dites-nous pourquoi vous êtes venu ici, afin que nous voyions s’il faut vous garder ou vous renvoyer comme innocent, Arefaste répondit : Ayant oui parler de la science et de la piété’ de. ceux que vous voyez ici avec moi dans les fers, je suis venu en cette ville pour profiter de leurs instructions. C'est aux évêques qui sont assis avec vous à voir si, en-cela, je suis coupable.
Les évêques dirent :, Si vous nous expliquez ce que vous avez entendu de ces gens-ci touchant la religion, nous en jugerons facilement. Arefaste répondit : Commandez-leur, le roi et vous, de dire
«eux-mêmes en votre présence ce qu'ils m'ont enseigné. Le ro: et les évêques le leur ordonnèrent ; mais les hérétiques ne voulaient point s'expliquer : ils disaient autre chose que ce qu'on leur demandait, ils n'entraient point dans le fond de leur doctrine, et plus on les pressait, plus ils employaient d'artifices pouréchapper. Alors Arefaste, voyant qu'ils ne cherchaient qu'à gagner du temps et à couvrir leurs erreurs de belles paroles, leur dit : J'ai cru avoir des maitresqui enseignaient l vérité et non pas l'erreur, vu l'assurance avec laquelle vous me proposiez cette doctrine, que vous nommiez salutaire, soutenant que vous n'y renonceriez jamais par la crainte des tourments ni de la mort même, et je vèis. maintenant que vous n’osez l'avouer, et ne Yous mettez pas en peine du péril où vous me laissez. 11 faut obéir au roi et aux évêques, afin queje sache ce que je dois rejeter. Yous m'avez enseigné que, par le baptême, on ne pouvait obtenir la rémission des péchés ; que. Jésus-Christ n'était point né de la Vierge, n'avait ni souffert pour les hommes, ni été enseveli, ni ressuscité ; et que le
394 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIS, — De 991
pain et le vin, qui, étant mis sur l'autel par les mains des prêtres, deviennent le sacrement par l'opération du Saint-Esprit, ne pouvaient être changés au corps èt au sang de Jésus-Christ.
Après qu’Arefaste eut ainsi parlé , Guérin, évêque de Beauvais, s'adressa à Étienne-et à Lisoie, comme aux docteurs des autres, et leur démanda si c'était là leur créance. Ils déclarèrent hardiment qu’ils croyaient ainsi et depuis longtemps : Et nous nous attendons, ajoutèrent-ils, que vous el tous les autres embrasserez cette doctrine, qui esta pure vérité. L'évêque leur dit : Jésus-Christ a voulu naître de la Vierge, parce qu’il l'a pu, et il a voulu souffrir en son humanité pour notre salut , afin de ressusciter par la vertu de sa divinité et nous montrer que nous ressusciterons aussi. Ils répondirent : Nous n’y étions pas présents,.et nous ne pouvons croire que cela soit vrai, L'évêque de Beauvais leur dit : Croyez-vous avoir eu un père et une mère ? Hs en convinrent, et il reprit : Si vous croyez être nés de vos parents, lorsque vous n’étiez pas, pourquoi ne voulez-vous pas croire que le Dieu engendré de Dieu, sans mère, avant tous les siècles, soit né d’une Vierge, à la fin des temps, par l'opération du Saint-Esprit! Ils répondirent : Ce qui répugne à la nature ne s'accorde point avec la créatioh. L'évêque reprit : Avant que rien-se fit par nature, ne croyez-vous pas que Dieu le Père a fait tout de rien par son Fils? Ils répondirent : Vous pouvez dire ces contes à ceux qui ont des pensées terrestres et qui croient les inventions des hommes charnels, écrites sur la peau des animaux, Pour nous, qui avons une loi écrite par le Saint-Esprit dans l'homme intérieur , et qui n’avons d’autres sentiments que ceux que nous avons appris de Dieu même, c'est en vain que vous nous parlez ainsi ; finissez, et faites de nous ce que vous voudrez. LEE
On disputa contre eux depuis la première heure du jour jusqu'à trois heures après midi, et on fit tous les efforts possibles pour les tirer de leur erreur.-Comme on les vit endurcis, on leur déclara que s'ils ne changeaient, ils seraient aussitôt brûlés par ordre du roi et du consentement de tout le peuple. Hs dirent qu'ils ne craignaient rien, et qu’ils so:tiraient du feu sans aucun mal; 5 50 mioquaient même de ceux qui voulaient. les convertir. Alors où les ft revêtir chacun des ofnements de son ordre, et ‘aussitôt les évêques les déposèrent. La: reine Constance, par ordre du roi, se tenait à la porte de l'église, de peur que le peuple ne se jetât dedans pour les tuer; mis curud, au moment où on les faisait sortir, elle aperçut Étienne, q'i & 2 * été son confesseur, elle en fut si indignée, qu’elle Jui creva ua <%, d'une baguette qu’elle tenait à la main. On les éonduisit hors de }: ville, sous une cabane où on avait allumé un grand feu. Ils y
allaier De tre conve ila ét à criet timen touch.
temps même 10mm hérési même jeter à On partic d’Ang techri:
cachai et fen comn) de dir tiens.
par le:
Il mo auteur la sou:
prescr entre | relle, fait de tures vrage nous « de qui ensuit l'imag des sa chart.
Dan cune |
Gla
(Liv. LXI, — De 99
18 des prêtres, deprit, ne pouvaient
que de Beauvais, surs des autres, et irèrent hardiment s nous attendons, rez cette doctrine, rist a voulu naître ren son humunité | de sa divinité et spondirent : Nous que cela soit vrai, eu un père et une ez être nés de vos eZ-VOUS pas croire us les siècles, soit du Saint-Esprit} ccorde point avec it par nature, ne \ par son Fils ?Ils 1i ont des pensées charnels, écrites e loi écrite par le ons d’autres senu même, c’est en ; de nous ce que
> du jour jusqu'à ossibles pour les leur déclara que r ordre du roi et ls ne craignaient ls 56 moquaient où les ñt revêtir s évêques les détenait à la porte ns pour les tuer; aperçut Étienne, , qu’elle Jui creva les éonduisit hors grand feu. Ils y
allaient gaiemént , disant tout haut qu'ils ne désiraient autre chose. De treize qu'ils étaient, il n’y eut qu’un clerc et une religieuse qui se convertirent ; les autres furent brûlés avec la poudre abominable dont il a été parlé, Quand ils commencèrent à sentir le feu, ils se mirent à crier qu'ils avaient été trompés et qu'ils avaient eu de mauvais sentiments de Dieu, Seigneur de l’univers. Quelques-uns des assistants, touchés de leurs cris, voulurent les retirer du feu; mais il n’était plus temps, et ils furent tellement réduits en cendres, qu’on ne trouva pas même leurs os. On découvrit que le chantre de l’église d'Orléans, nommé Théodat, et mort trois ans auparavant, était de la même hérésie, suivant le témoignage des catholiques et des hérétiques mêmes. (est pourquoi l’évêque Odalric le fit ôter du cimetière et jeter à la voirie. Cela:se passait en 1022,
On brûla de même ceux de cette secte qui furent trouvés ailleurs, particulièrement à Toulouse, comme témoigne Ademar, évêque d'Angoulême, auteur du temps. Il ajoute que ces émissaires de l'Antechrist étaient répandus en différentes parties de l’Occident et se cachaient avec soin, séduisant tous ceux qu'ils pouvaient, hommes et femmes. Il les nomme expressément manichéens, et dit qu'ils commettaient en secret des abominations qu’il n’est pas même permis de dire, et toutefois, à l'extérieur, ils feignaient d’être vrais Chrétiens. On voit encore que c’étaient des manichéens ou gnostiques, par les raisons qu’emploie le moine Glaber pour réfuter leur doctrine. Il montre premièrement la nécessité de croire en Dieu, souverain . auteur de toutes les substances corporelles et incorporelles. 11 niarque la source du mal, en ce que la créature s’est écartée de l’ordre prescrit par le Créateur. Il dit que l'homme , étant placé au milieu, entre la créature purement spirituelle et celle: qui n’est que corporelle, s'est abaissé au-dessous de lui; que Dieu, pour le relever, a fait de temps en temps des nuracles et lui a donné les saintes Écritures dont il était l'auteur ; que quiconque blasphème contre l’ouvrage de Dieu ne connaît point Dieu ; que, par les saintes Écritures, nous connaissons la sainte Trinité, particulièrement le Fils de Dieu, de qui, par qui et en qui est tout.ce qui est véritablement. Il vient ensuite à l'incarnation, dont le dessein est de rétablir. en l’homme l'image de Dieu, effacée par le péché ; et enfin ilmontre quele mérite des saints n’est que de s'être attachés à Jésus-Christ par la foi et la charité 1,
Dans le même temps, l’église de Rouen était affligée, non d’aucune hérésie, mais de la vie scandaleuse de son premier pasteur.
à 1024 de l'ère chr.]
Glaber, Adem, Chronic. S. Pet. Bouquet, t. 10.
HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIT. — Depg;
Après la mort de Gunhard, successeur de Francon, le duc Guil. village:
laume Ier donna cet archevêché à Hugues, moine de Saint-Denis, D :treba
plus distingué par sa nofilesse que par sa piété et les autres talents Il'ét
propres de l'épiscopat. Hugues oublia qu'il avait été moine; maisil À d'étudi
n’oublia pas qu'il était homme de qualité, et il vécut en grand sei. entrer :
gneur. Cependant son faste ne fut pas son plus grand crime; il se sa nobl
livra avec tant de scandale à l'amour des femmes, qu'il en eut plu. À scevoi
à sieurs enfants. Robert, son successeur et fils de Richard Ier, duc de péchés ÿ Normandie, tit d'abord autant d'honneur à l’épiscopat par ses vertus rieux l' que par sa haute naissance. Mais il se démentit bientôt de cette piété: proches
et, tout archevêque qu'il était, il prit une femme nommée Herlève, D ourr
dont ik eut plusieurs enfants, auxquels il donna des comtés. Ayant pieux 1
eu ensuite de grands démélés avec le duc Robert, il se retira sur les hition,
terres de France, d'où il jeta un interdit général sur toute la pro- D L faire
vince de Normandie. Le Seigneur lui fit la grâce de se reconnaitre fusa tou
avant sa mort il pleura ses péchés, n’employa plus ses grands biens Il eut
qu'au profit de son église, qu'il fit rebâtir, I mourut en 1037, après D et quoi
1] avoir tenu ce grand siége quarante-huit ans !, qu'il po 14 Les ducs de Normandie montraient plus.de zèle pour la religion continue que les arthevêques de Rouen. Le duc Richard Ler avait fait rétablir aumône
le monastère et l'église de Fécamp, et.y avait placé des chanoines à plus gra
la place des religieuses pour lesquelles cette célèbre abbayè avait été dements
bâtie d'abord. Mois, comme déjà nous l'avons vu, la vie relâchée l'invite
des chanoines lui fit naître l'envie de mettre des moines à leur place fester s0
Son fils, Richard IL, suivit ce projet; et, pour l'exécuter, il jeta les En. M:
yeux sur le saint abbé Guillaume, qu’il manda à sa cour, Le saint racles qu
abbé accepta ce monastère et y plaça.une colonie de ses religieux, demand
qui donnèrent autant d’édification au pays que les chanoines auxquels Pour mo
ils succédèrent y avaient donné de scandale, Le duc Richard y allait souvent s'y édifier de la vertu de ces saints moines. Il les servait lui même à table, après quoi il prenait la dernière place au réfectoire 1,
Près de trois ans après, l'an 1000, dit Glaber, dans presque tout l'univers, surtout dans l'Italie et dans les Gaules, les basiliques des : églises furent renouvelées, quoique la plupart fussent encore assez js belles pour n’en avoir pas besoin. Mais les peuples chrétiens sem- A à blaient rivaliser à qui élèverait les plus magnifiques. On eût dit que le monde se secouait et dépnuillait sa vieillesse pour revêtir la robe blanche des églises. Les fidèles renouvelèrent donc presque toutes les cathédrales, les monastères et jusqu'aux moindres. oratoires des
D cneur {a ques-uns même à Marlin, 1 près de | après, il personne quelque qu'ils ne ment l’ar moi 2!
Ces ca
Gall. christ. — Hist, arch, Rot, — Orderie, Vit.,1, 5, Guill. gemet., |. 6, CC. 13. — 2? Fita Grnllelm.
Glaber
(Liv. LXIL. — Depp on, le duc Guil-
ie de Saint-Denis, |
les autres talents
été moine; maisil À
cut en grand sei.
rand crime; il se , qu'il en eut pluichard er, duc de pat par ses vertus tôt de cette piété; nommée Herlève, les comtés. Ayant il se retira sur les sur toute la prode. se reconnaitre 1s ses grands biens ut en 1037, après
e pour la religion avait fait rétablir é des chanoines à e abbayé avait été 1, la vie relâchée ines à leur place, kécuter, il jeta les sa cour, Le saint de ses religieux, lanoines auxquels © Richard y allait Il les servait lui ce au réfectoire ?, ans presque tout les basiliques des sent encore assez »s chrétiens sems. On eût dit que ur revêtir la robe : presque toutes res. oratoires des
Guill, gemet., À. 6,
à 1024 de l’èrc chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 397
villages. Entre autres, l’église de Saint-Martin de Tours fut abattue etrebâtie par les soins d'Hervé, son trésorier 1,
Il était des plus nobles d’entre les Français, et avait commencé d'étudier les arts libéraux, quand le désir d'assurer son salut le fit entrer secrètement dans un monastère ; mais les moines, à cause de sa noblesse, craignant le ressentiment de ses parents, n’osèrent le recevoir, et Ini promirent seulement de le faire s'ils n’en étaient empéchés par violence, Son père ayant appris où il était, vint tout fueux l'arracher du monastère ; et, après lui ‘avoir fait de grands reproches, le mena par force à la cour du roi Robert, qu'il pria de le détourner de ce dessein par les promesses de ses bienfaits ; mais le peux roi l’exhôrta au contraire à persévérer dans sa bonne résolutin, et le fit trésorier de Saint-Martin de Tours, se proposant de le faire ensuite évêque, cé qu'il tenta plusieurs fois ; mais Hervé refusa toujours l’épiscopat. jet
Il'eut même de la peine à accepter la trésorerie de Saint-Martin;
[et quoiqu'il portât l’habit blanc de chanoine, il pratiquait, autant
qu'il pouvait, la vie monastique. Il avait un cilice sur la chair, jeûnait continuellement, veillait et priait avec assiduité, et faisait de grandes aumônes. Enfin, il forma le dessein de rebâtir l'église de Saint-Martin plus grande et plus magnifique ; et, l'ayant commencée dès les fondements l’an 1001, il l’acheva l’an 4008. Pour en faire la dédicace, invita un grand nombre de prélats, et pria saint Martin de manifster son pouvoir pendant celte solennité par quelque miracle éclakm. Mais le saint évêque lui apparut et lui dit : Mon tils, les miracles qui ont été faits jusqu’à présent doivent suflire ; vous pouvez demander à Dieu des choses plus utiles, savoir : le salut des âmes. Pour moi, je ne cesse de m'y intéresser. Je demande surtout au Sei-
R soeur la conversion de ceux qui servent dans cette église ; car quel-
ques-uns d’entre eux se livrent trop aux affaires du siècle, et vont même à la guerre. La dédicace se fit le jour de la translation de saint Martin, le Ame de juillet. Hervé se retira ensuite dans une cellule, près de l’église, redoublant ses austérités ct ses prières. Quatre ans après, il sut que sa mort était proche et tomba mälade. Plusieurs. personnes venaient le voir, s’attendant qu’à sa mort il se ferait quelque miracle; mais il leur dit qu'ils n'en verraient point et qu'ils ne songeassent qu'à prier Dieu pour lui. Il mourut saintement l'an 1042, en répétant cette prière : Seigneur, ayez pitié de moi ?!
Ces cathédrales du onzième siècle et des suivants apparaissent au-
EGlaber, 1, 3; €, 4, —3 Glaber, 1. 8, c. 1.
ES Er
398 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LAN. — De 991
jourd’hui, non-seulement comme des prodigés d'architecture, mais comme d'immenses poëmes. C’est là pensée, c’est la prière, c'est la piété chrétienne, qui s'élance vers le ciel et qui tien’ à la:terre le moins possible. L'ensemble de l'édifice s’élève à une ‘auteur telle, que des demeures de: l’homme ne. paraissent que des taupinières à côté. Le portail, avec ses mnombrables statues, offre d’un coup d’œil l'ensemble des.faits, des personnages, des mystères de l'Ancien et du Nouveau Testament ; la tour, quien sort comme une tige, avec sa flèche, qui réellement s’élève au-dessus des nuages, emporte l vue et le pensée du Chrétien jusqu’au-dessus des astres. Cette tour n'est point muette : elle parle,par le son des cloches, voix puissante comme celle du tonnerre, comme celle de l'Océan, mais sans inspirer d’effroi; c’est, au Chrétien qui l’entend, la voix de Dieu qui l'appelle. Dans l’intérieur, c'est comme trois nefs, trois églises dans une; c’est comme une forêt de colonnes, qui ont hâte d’atteindre.au ciel, mais qui s’épanouissent dans les hauteurs, qui s'unissent entre elles en firr :ament nouveau et semblent redescendre vers la terre, comme si elles y avaient aperçu ce qu’elles cherchaient dans les cieux. En effet, où conduit cette trinité de, nefs éclairées de ce jour mystérieux ? Vers le sanctuaire où est l’autel, où est réellement Dieu avec nous. Le ciel y est sur la terre, mais avec ie jour mystérieux de la foi. Les saints avec leurs chapelles, leurs tableaux, leurs statues, sont le cortége:visible de ce roi, invisible. Les vitraux parlent au yeux, et racontent, dans leurs peintures, les mystères du Christel de sa sainte Mère, les combats des martyrs, les vertus des confesseurs. Sous le pavé du temple reposent, en attendant la résurrection. générale, les princes, les pontifes, les prêtres, les nobles, les bienfaiteurs de la basilique. Agenouillés sur la tombe des générations et des grandeurs passées, élevant leurs regards vers là
gloire future des saints, les fidèles unissent leurs voix et leurs
cœurs pour louer ensemble le Dieu du passé, du présent et de l'avenir. L’orgue vient y mêler:sa voix, comme un-écho du ciel. L'esprit s'élève, le cœur s’épure, les passions mauvaises sont mises dehors, comme ces animaux bizarres, ces êtres fantastiques qu servent de gouttières aux toits de ces cathédrales. Pour construire cette espèce de monde, les arts et les métiers s'unissent en confreternité pieuse. Partout c’est la variété dans l'unité, et l’unité dans la variété. Et l'architecte qui a conçu le plan de cette merveille ot qui l’a exécuté, reste à jamais inconnu ; il ne s'agissait pas de l'homme, mais de Dieu ; et puis, cette merveille n'est pas la pensée
d’un seul, mais la pensée de tous. Et ces diverses provinces, et cts R divers peuples, qui rivalisent entre eux à qui aura la plus bell
à 1024 église par u vérs | Tel vertus guerri titeurs ville el à Hen stance douce:
jé m'a Consta double son âr pour ] Herma genoux abbaye Hen:
contre mière, évêque là seco:
Bolesla Gothese de Swi troisièn Bolesla victoire de Kio ne sait :
D qu'il pa
de l'évé pape B porter :
Henr contre contre | mort d
1 Baro
[Liv. LXIL. — De 99:
architecture, mais t la prière, c'est la tien‘ à la: terre le une auteur telle, e des ‘taupinières à , Offre d’un coup ystères de l'Ancien nme une tige, avec uages, emporte la ; astres. Cette tour Les, voix puissante , mais sans inspirer : Dieu qui l'appelle.
églises dans une; d'atteindre. au ciel, unissent entre elles ers la terre, comme dans les cieux. En le ce jour mystéellement Dieu ave r mystérieux de l ux, leurs statues, traux parlent au stères du Christ et vertus des confesndant la résurreces, les nobles, les tombe des géné.
rs regards. vers là eurs voix et leurs du présent et de
, un-écho du ciel.
auvaises sont mises es fantastiques qui es. Pour construire nissent en confriaité, et l’unité dans cette merveille où > s'agissait pas de n'est pas la pensét
s provinces, et cts Æ
aura la plus bell k
à 1024 (le l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 399
église, forment eux-mêmes tous ensemble une église vivante, animée par un Dieu réellement présent, ayant sés âmes d'élite qui s’élancent vérs le ciel comme des tours et des flèches aériennes. ERPATT
Tel nous apparaît l'empereur saint Henri avec son époque; Aux vertus d’un saint il joignait les qualités d’un héros. Il-eut plusieurs
guerres à soutenir: une première en 1002, contre un de ses compé-
fiteurs, Herman duc de Souabe.: Herman ayant surpris et pillé la ville et l’église de Strasbourg, qui tenaient pour Henri, on. donnait à Henri le conseil d’en faire autant de la ville-et de l’église-de Consance, ‘qui tenaient pour Herman. Le rouveau roi répondit avec douceur : À Dieu ne plaise que, pour punir l’'emportement d'Herman, je m'attaque à celui qui m'a donné la couronne royale. En pillant Gnstance pour Strasbourg, je ne diminuerais point ma perte, je la doublerais. D'ailleurs, c'est mal acquérir un royaume que d'y risquer son âme. Dieu m'a couronné, non pour violer les églises, mais pour punir ceux. qui les violent. Avant la fin de l’année, le. duc Herman vint se présenter à lui nu-pieds, et lui demanda pardon à genoux ; ce qu’il obtint en cédant à l'église de Strasbourg une abbaye en. dédommagement.
Henri eut à soutenir successivement trois guerres assez difficiles contre Boleslas le Grand ou le Brave, duc de Pologne. Dans la première, Henri vit se tourner contre lui son propre frère Brunon " évêque d’Augsbourg, qui ne tarda pas de reconnaître sa faute, Dans k seconde guerre, Henri rétablit Jaromir, ‘duc de Bohême, que Boleslas avait dépouillé et chassé ; en même temps, à la prière de Gothescaic, évêque de Frisingue, il pardonna au margrave Henri de Swinfurt, qui avait fait cause commune avec: Boleslas. Enfin la roisième guerre se termina, l'an 1019, par une pacification durable. Boleslas porta aussi la guerre chez les Russes, remporta plusieurs victoires sur leur duc Jaroslaf, fils de Wladimir, et se rendit maître de Kiow. Béleslas cherchait à obtenir du Pape le titre de roi : on ne sait s'il réussit dans sa demande. Ce qu'il y a de certain, c’est
D qu'il payait tribut à l'Église romaine, puisque, suivant le témoignage
de l'évêque Ditmar, qui écrivait dans ce temps, il se plaignit au Pape Benoît VIIL de ce que l’empereur empéchait ses envoyés de porter à Rome le tribut ordinaire 1,
Henri fit encore trois expéditions en Italie : les deux premières contre un compétiteur au royaume des Lombards, la troisième contre les Grecs. Le 15me de février 1002, trois semaines après la mort d’Othon I, les seigneurs d'Italie, ou du moins une partie
? Baron., an. 1000, n. 15; an. 1019, n, 2. Ditm., 1. 6,
nn ir a cast a eee re LE TE D er em
100 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LAIT. — De 991
d’entre eux, élurent et couronnèrent roi, à Pavie, le marquis d'Ivrée, Ardouin-ou Hartwic. Mais il paraît qu’il ne sut pas sè concilier les autres, qu’il s’aliéna même plusieurs des siens par ses hauteurs et ses brutalités. Les uns allèrent trouver Henri en Allemagne, les autres l'invitèrent par écrit à venir recevoir la couronne de Lombardie. En conséquence, Henri entra, l'an 1004, par la frontière de Vérone, fut reçu sans combat dans toutes les villes, élu et couronné solennellement à Pavie, Ardouin s'étant enfui de la plaine et renfermé dans les forteresses des. montagnes. Mais le jour même que Henri venait d’être couronné roi des Lombards, il s'éleva une sanglante querelle entre les habitants et les troupes allemandés ; Henri, qui n’avait avec lui que ses gardes, se vit assiégé dans son. palais; son armég;, qui campait hors de la ville, apprenant le péril où il se trouvait, escalada les murs ; et, comme elle rencontrait de la résistance, elle mit le feu aux maisons, ce qui réduisit en cendre une partie de la ville. Henri retourna peu après en Allemagne. Depuis son départ jusqu’à sa seconde expédition, en 1013, plusieurs. villes de Lombardie se firent la guerre, les: unes au’ nom de. Henri, les autres au nom d’Ardouin, mais sans recevoir celui-ci dans leurs murs. Au fond, ce qu’elles.avaient le plus à cœur, c'était leur liberté et leur indépendance.
Nous avons vu que l’empereur Othon Ier, à la sanglante bataille de Lech contre les Hongrois, avait fait vœu-à saint Laurent, dont c'était la fête, de fonder. un évêché à Mersebourg en son honneur, s’il remportait la victoire. Il ne put accomplir sa promesse que vers la fin de sa vie. Son fils Othon IT, oubliant ce qu’il devait à son père, défitce monument de sa piété et de sa reconnaissance ; il supprime l'éêché de Mersebourg, pour complaire à son ambitieux évêque Gisiler, qui passait à l'archevêché de Magdebourg. L'impératrict sainte Adélaïde en ressentit beaucoup de peine. Dans le dessein de réparer cette faute, Othon III obtint du pape Grégoire V des lettres qui ordonnaient le rétablissement de l'évêché de Mersebourg et la mise en jugement de l'évêque Gisiler; mais celui-ci eut toujours l'adresse d'en éluder l'exécution. En 1004, comme il était malade depuis longtemps, le roi saint Henri lui manda de rentrer en lutmême, de reconnaître la main de Dieu qui le châtiait si visiblement, de quitter le siége de Magdebourg qu'il avait usurpé, de reprendre celui de Mersebourg qui lui appartenait légitimement, et de répartt tout le mal qu'il avait fait en le détruisant. Mais Gisiler était si éloigné
de le faire, qu’il avait peine même à en écouter la proposition ; tol- le
tefois il réponditen peu de mots que, dans trois jours, il irait rendre au roi une réponse certaine. IL n’en eut pas le temps ; car, s'étant
envoy:
pour à bourg, mort e leur av voix qh corps « ensuite persua mon. | l'électic de leur fir au répons:
debour qu'ils é l'évêqu l'install Ensuite Tagn qui l’av avancé, dans l’e point qi ile fit :
du Seig de la je de ma « grande.
une v l'emper donna 1 fraila h mais la
à longtem
vière, q qui, étar
1 Dit
Av. LXII. — De 991
marquis d'Ivrée, is sè concilier les ses hauteurs et | Allemagne, les uronne-de Lomar la frontière de , élu et couronné la plaine et ren- > jour même que | s’éleva une sanlemandès ; Henri, dans son. palais ; it le péril où il se trait de la résisit en cendre une Ilemagne. Depuis 3, plusieurs villes om de. Henri, les elui-ci dans leurs c'était leur liberté
sanglante bataille int Laurent, dont ; en son honneur, \romesse que vers devait à son père, ance ; il supprima ambitieux évêque 1rg. L'impératrice Jans le dessein de soire V des lettres Mersebourg et la lui-ci eut. toujours me il était malade de rentrer en luijait si visiblement, rpé, de reprendre nent, et de répare!
silex était si éloigné proposition ; toupurs, il irait rendre emps ; car, s'étant
“102 de l'èrcchr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
misen route, tout malade qu'il était, il mourut au bout de deux jours.
Le roi Henri, l’ayant appris, se rendit. auprès du défunt, pour accompagner ie corps jusqu'à Magdebourg; en. même temps, il y envoya devant son chapelain N ipert, avec ordre de faire élire Tagmon
pour archevêque. Cependant Waltherd, prévôt de l’église de Magdebourg, assembla le clergé, Pour leur déclarer que l'archevêque était mort et que le roi venait les visiter,-leur demandant en même temps leur avis sur l'élection d’un successeur. Ils déclarèrent tout d'une voix qu’ils l'élisaient lui-même, quoiqu'il le refusât humblement. Le corps dé l'archevêque Gisiler étant arrivé à Magdebourg, et le roi ensuite, il envoya le lendemain Arnoulfe, évêque d'Halberstadt, pour persuader au clergé et aux vassaux de l’église vacante d’élire Tagmon. Le prévôt Waltherd répondit : Qu'il renonçait volontiers à l'élection faite en sa faveur ; mais qu'il priait le roi, au nom de tous, de leur laisser la liberté d’une élection canonique, et de ne pas.souffr aue la dignité de leur église fût avilie de leur temps. Sur cette réponse, le roi fit venir le prévôt et lés principaux de l'église de Magdebourg séparément, et fit si bien, par prières et par promesses, qu'ils élurent Tagmon, à qui aussitôt il donna le bâton pastoral de l'évèque Arnoulfe, pour signe de l'investiture de cette église, et il linstalla dans la chaire pontificale, avec les acclamations ordinaires. Ensuite, on célébra les funérailles de Gisiler,
Tagmon était disciple de saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne. qui l'avait élevé dès l'enfance comme son fils; et, quand il fut plus avancé, il lui donna l'intendance de tous ses biens. I 1e mit si bien dans l'esprit de l’empereur et du duc de Bavière, qu’il ne doutuit point qu’il ne fût un jour son successeur. Mais étant près de mourir, ile it venir et lui dit : Mettez votre bouche sur la mienne et recevez du Seigneur le souffle de mon esprit, pour tempérer en vous l’ardeur de la jeunesse par celle de la charité. Si vous êtes maintenant privé de ma dignité, sachez que dans dix ans vous en recevrez une plus grande. Saint Wolfgang mourut en 994 ; et Tagmon, étant élu tout
une voix pour lui succéder au si, 3e de Ratisbonne, vint trouver l'empereur ; mais il n’obtint pas son consentement, et ce prince donna l’évêché de Ratishonne à Guebhard, son chapelain. Celui-ci traia honnêtément Tagmon, que l’empereur lui avait recommanc : mais la diversité de leurs mœurs ne permit pas qu'ils demeurass:nt
F longtemps ensemble ; et Tagmon s’attacha à Henri, alors due de L:-
vière, qui l'aima particulièrement à cause de la pureté de sa vie, ct qui, étant devenu roi, le fit archevêque de Magdebourg au bout de
! Dit , 1.5. Chros. sar., an. 1003.
sin.
HISTOIRE: UNIVERSELLE (Liv. LXII. — Deg
‘dix ans, suivant la prédiction de Wolfgang. Pour témoigner sare connaissance, il fit de grands présents au roi et à la reine, et à ce qui les servaient aveé lui ?.
Le roi Henri passa ensuite à-Mersebourg pour consoler cette église, veuve: depuis si longtemps, et la rétablir dans sa première dignité Ce fut là que Tagmon fut sacré aréhevêque de Magdebourg, le jou de la Purification, 2me de février, l’an 4004, Il fut sacré par sai Villegise, archevêque de Mayence, du consentement des suffragants de l’un et de l’autre, qui se trouvèrent présents, ainsi que du légl du Pape, qui y-assista. Ilaurait dû être ordonné par le Pape même mais l’état des affaires ne lui permettait pas d'aller à Rome. & même temps, le roi donna l'évêché de Mersebourg à Vigbert, su chapelain, lui rendant tout ce que Gisiler avait injustement ôté à cette église; et, pour signe d’investiture, il lui mit en main publiqu ment le bâton pastoral de l'archevêque Tagmon, qui sacra le nou vel évêque ce jour-là même, assisté de quatre de ses suffragant Pour récompenser l’église de Magdebourg de cette distraction, len lui donna une terre de son domaine et’ une partie considérable da reliques de saint Maurice, qu’il tira de sa chapelle. On les transfé solennellement du Mont-Saint-Jean dans la ville ; et, quoique l'hie fût très-rude et la terre couyerte de neige, le roi porta lui-mêm cette relique nu-pieds.
Vigbert, évêque de Mersebourg, naquit dans la Thuringe ef instruit par Otric dans l’école de Magdebourg. Son beau natur étant cultivé par une bonne éducation, l'archevêque Gisiler le pri
son service, le tint longtemps auprès de lui dans une intime cn fiance, et le fit archiprêtre. Enfin, ayant écouté contre lui de mu vais rapports, il aliéna tellement Vigbert, que celui-ci quitta tous 4 avantages qu’il avait auprès de lui et s’attacha au roi saint Hem dont il gagna les bonnes grâces. Vigbert était bien fait et de he taille, la voix très-belle, de bon conseil, éloquent, agréable en co versation, d’une libéralité sans bornes. Il enrichit son église de pl sieurs terres, de quantité de livres et d’autres meubles nécessa au service divin.
Quant à l’archevéque Tagmon, il était d’une vie très-pure, pli de justice et de charité, doux, mais ferme et prudent ; sous l'hl de chanoïne il menait la vie d'un moine. Aucun évêque de son ten} n’était plus familier avec son clergé ; il les aimait et les louait der le peuple. Il disait tous les jours la messe et le psautier, s'il nt était empêché par maladie ; et, ne pouvant jeûner, il y suppléait}
1 Ditmar, 1. 5.
à 1024 de gra sérieu:
mépris une te Les d'érige cette 1 douair.
mença nécess:
de Wu toire, 1 mais il archeve
Le roi son de d'enfan faire Di tructior proche.
Waurtzb échang:
senteme au non deux de de Wur!
M tion. Le tous les du mois église, € l'Église son mét:
n'aurait d'après | Les ct concile à de Wur!
le titre d Les évêc prostern:
Ditmar
(Liv. LAN. — Degy
sur témoigner sa re à la reine, et à cer
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOL:QUE. 403
de grandes aumônes. Ses veilles étaient très-grandes. Il était trèssérieux avant la messe, et plus gai ensuite; il aimait les nobles sans mépriser ceux qui ne l’étaient pas. Il acquit à son église trois villes, une terre et des ornements épiscopaux magnifiques 1,
Le saint roi Henri avait encore une autre chose plus à cœur : c'était d'ériger un évêché à Bamberg en Franconie. Il aimait dès l’enfance cette ville, qui était de son patrimoine et qu'il avait assignée pour douaire à sa femme sainte Cunégonde ; et, quand il fut roi, il commença à y bâtir une superbe église et à y amasser tout ce qui était nécessaire pour le service divin. Comme Bamberg était du diocèse de Wurtzbourg, le roi pria l’évêque de la lui céder avec son territoire, lui offrant d’autres terres en échange, L'évêque y consentit ; mais il prétendait y mettre une condition, savoir, qu’il deviendrait archevêque et que le nouvel évêché de Bamberg lui serait soumis. Le roi donc, célébrant la Pentecôte à Mavence, en 4007, déclara son de. in touchant l'érection de cet évêché. N espérant point d'enfants, puisqu'il gardait la continence avec la reine, il voulait faire Dieu même héritier de son patrimoine et contribuer à la destruction du paganisme chez les Slaves, dont Bamberg se trouvait proche. Pour lui faire un diocèse, il reçut de Henri, évêque de Wurtzbourg, un comté et partie d’un autre territoire, lui donnant en échange cent cinquante manses ou familles. Ce traité se fit du consentement des évêques, qui assistèrent à l’assemblée de Mayence, au nombre d'une vingtaine. Ensuite le roi Henri envoya à Rome deux de ses chapelains chargés de ses lettres et de celles de l'évêque ans une intime con de Wurtzbourg, pour obtenir du Pape la confirmation de cette érecé contre lui de muÂM tion. Le pape Jean XVIII l’accorda dans un concile, et en écrivit à elui-ci quitta tous tous les évêques de Gaule et de Germanie. Dans ses lettres, qui sont à au roi Saint Heu du mois de juin de la même année 1007, il marque que la nouvelle bien fait et de WE église, dédiée à saint Pierre, sera sous la protection spéciele de nt, agréable en cf l'Éclise romaine, et toutefois soumise à l’archevêque de Mayence, hit son église de pli ;6n métropolitain; que, dans tout son ter-‘toire, nul comte ni juge
meubles nécessaà d'aurait d'autorité, sinon celui que l’évêque aura choisi, et cela d'après la concession du roi Henri lui-même ?.
Les chäpelains du roi étant revenus en Allemagne, il tint un grand concile à Francfort, le 4er de novembre de la même année. L'évêque de Wurtzbourg y fut appelé ; mais sachant qu’il n’avait pas obtenu le titre d’archevêque, il refusa de venir et d'accomplir sa promesse. Les évêques étant assemblés au nombre de trente-cinq, le roi se
à D'oslerna devant eux jusqu’à terre ; mais il fut relevé par saint Vil-
consoler cette église sa première dignité,
, ainsi que du Jlégl ; par le Pape même d'aller à Rome, & Jourg à Vigbert, sx t injustement ôt | it en main publique n, qui sacra le nou e de ses suffragank te distraction, len tie considérable de lle. On les transfé >; et, quoique l'hire
roi porta lui-mêm
e vie très-pure, pli prudent ; sous l'hil | évêque de son tenf it et les louait der le psautier, sil nt ner, il y suppléai}
Ditimar, {, 5, = 2 Labbe, t, 9, p. 785.
104 HISTOIRE UNIVERSELLE [Live EXT — Deoo hi 102 de |
legise, archevêque de Mayence, qui présidait à ce concile au nom Parmi | de l'Église romaine, comme il le dit lui-même dans sa souscription fort, il y Le roi dit alors devant tout le monde : Pour en être récompensuuitres, A dans l'avenir, j'ai choisi le Christ pour héritier, n'ayant nul espoir] était tré de laisser des descendants. Et ce qui est le principal, depuis long rique de temps, dans le secret de mon cœur, je me suis offert en sacrifice a slon sa n Dieu le Père, avec tout ce que j'ai pu et tout cé que je pouralal'emper acquérir. J'ai désiré jusqu’à présent ériger un évêché à Bamberg alière: C avec la permission de mon évêque, et je veux aujourd'hui parfirŒuait une ce juste désir. Je prie donc votre sérénissime piété, que l'objet dd diètes ou ma volonté ne soit point empêché par l'absence de celui qui avouuh lecture obtenir par moi ce qu’il ne m'était pas permis de. lui accorder ; HS fut com confirmation qu'il a signée précédemment fait bien voir que, siljilages. s'enfuit maintenant, ce n’est point à cause du Seigneur, mais àcau®S Ilfonda de la. douleur qu'il ressent de n'avoir pas obtenu la dignité qu'il ren, dont convoitait. Tous les assistants doivent bien considérer que c'est pi mère s'y 1 ambition qu’il s'efforce d'anéantir l'augmentation de la sainte Église rouvant 1 notre mère, au moyen d’une députation illusoire. Pour établir ave@ Bandri, éx fermeté! ces choses, vous avez l’assentiment cordial de mon épouse hi donna ici présente, ainsi que de mon unique frère et cohéritier ; ils savent, et av: avec certitude que je leur rendrai les mêmes biens par ailleurs. QuanS pouvant ri à l'évêque, lorsqu'il voudra bien venir et réaliser les promesses, init sur l’a me trouvera indubitablement prêt à tout ce que vous trouverez bond qr'ici j'ai: : Alors Berniger, chapelain de l’évêque de Wurtzbourg et son déauvres ; c puté, dit que la crainte du roi avait empêché son maître de veniraWrelle digni concile ; qu'il n’avait jamais consenti au dommage de l'église qui let se retire était confiée, et qu'il conjurait les assistants de ne pas permelt pris l'habi qu’elle souffrîit en son absence. Puis on fit lire à haute voix les prianx diètes viléges de cette église. Les évêques s'étant mis à délibérer, le ail Dans le roi se prosternait devant eux chaque fois qu'il les voyait balancRE étonnante dans leurs avis. Enfin l'archevêque de Mayence demandant ce quÉatrement fallait décider, Tagmon, archevêque de Magdebourg, répondit fa parent « premier que l'on pouvait légitimement accorder ce que le roi dés Giddon le rait. Tous les autres s'y accordèrent, et souscrivirent la lettre (Evema cette confirmation donnée par le Pape. “e roi Henri donna le nou wii, il serv: évêché de Bamberg à Éberard, son chancelier, qui fut sacré M tndremen même jour par l'archevêque de Mayence ; et, dans la suite, sa cour, ete Héribert, archevêque de Cologne, remit l’évêque de Wurtbottavail de dans les bonnes grâces du roi. Outre l'église cathédrale dédiée à Semaine, Pierre et à saint Georges, le roi bâtit à Bamberg un monastère quelquefoi chanoines en l'honneur de saint Étienne, etun monastère de mo rande arc en l'honneur de saint Michel et de saint Benoît. Act, Den
(Liv: LXIL — Dep
11024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 406
ce concile au nom ans sa souscription, en être récompensé n'ayant nul espoir cipal, depuis long.
offert en sacrifice à cé que je pourra vêché à Bamberg, sjourd'hui parfaire iété, que l'objet de de celui qui a voul le. lui accorder ; k bien voir que, sil jgneur, mais à caus nu la dignité qu' dérer que c'est pa | de la sainte Église . Pour établir avec dial de mon épouse ohéritier ; ils saven s par ailleurs. Quan er les promesses, | vous trouverez bon rtzbourg et son dé | maître de venira ge de l’église quil ne pas permellr haute voix les pr
à délibérer, le sai les voyait balance
demandant ce qu bourg, répondit | r.ce que le roi dés crivirent. la lettre ( nri donna le nou er, qui fut sacré | dans la suite, sall que de Wurtzbotr édrale dédiée à sul rg un monastère nonastère de moiné
Parmi les trente-cinq évêques qui assistèrent au concile de Francit, il y en a plusieurs qui sont honorés comme suints; entre utres, Ansfrid, évêque d'Utrecht, que d’autres nomment Aufrid. llétait très-noble, et fut élevé par son oncle paternel Robert, archeque de Trèves. Ensuite, ayant embrassé la profession des armes, wlon sa naissance, il servit saint Brunon, archevêque de Cologne, l'empereur Othon le Grand, qui avait en lui une confiance partialière, Comme il était fort instruit des lois divines et humaines, il wait une grande autorité, soit dans les jugements, soit dans les ètes ou assemblées ; mais les ignorants, voyant qu'il employait à hlecture ses heures de loisir, disaient qu'il menait la vie d’un moine. Il fut comte de Louvain, et employait les armes pour réprimer les plages.
Il fonda avec sainte Hilsuinde, son épouse, le monastère de Thoæn, dont leur fille, sainte Bénédicte, fut la première abbesse : la nère s'y retira et y mourut saintement. Alors le comte Aufrid, se touvant libre, avait résolu d’embrasser la vie monastique ; mais, Budri, évêque d'Utrecht. étant mort l'an 995, l’empereur Othon III
hi donna cet évêché, JL. s'en défendait sur ce qu'il était avancé en
ie, el avait passé sa vie dans l'exercice des armes ; mais enfin, ne pouvant résister aux instances de l’empereur, il prit son épée, la mit sur l'autel de la Vierge, c'était à Aix la-Chapelle, et dit : Jusqu'ici j'ai employé ma puissance temporelle contre les ennemis des pauvres ; désormais je recommande à la sainte Vierge et ma noule dignité et mon salut. Sur la fin de sa vie, il devint aveugle, ds retira dans un monastère qu'il avait fondé ; mais, quoiqu'il eût pis l'habit monastique, il ne laissait pas d'assister aux conciles et
ax diètes. Il mourut le 3me de mai 10401,
Dans le même temps, l'Allemagne admirait une sainteté plus donnante encore dans un de ses grands seigneurs, savoir, Brunon, ditrement nommé Boniface. Il était de la première noblesse de Saxe parent des rois. Sa mère l'envoya à Magdebourg étudier sous Giddon le Philosophe ; et, après saint Adalbert de Prague, il gou- "ma cette écule. L'empereur Othon HI l'ayant fait venir auprès de
hi, il servit quelque temps à sa chapelle, et l'empereur l’aimait si lndrement, qu'il l'appelait son âme; mais Brunon quitta bientôt la
Qur, et embrassa la vie monastique vers l'an 997. Il vivait du
nvail de ses mains, et souvent ne mangeait que deux fois la
#maine, le dimanche et le jeudi; il allait toujours nu-pieds, et Baclquefois se roulait dans les orties ou les épines, témoignant une
gande ardeur pour le martyre.
Act, Bened., s°et, 6. Acta SS., 3 mat.
406 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIT. — De 991
En quittant l'empereur Othon, il s'attacha à saint Romuald, qu'il suivit d’abord au Mont-Cassin, puis à Pérée, près de Ravenne; et, après avoir longtemps mené la vie érémitique, voulant. prêcher aux infidèles, il alla à Rome en. demander la permission au Pape, Il fit ce voyage, non-seulement à pied, mais nu-pieds, marchant loin devant les autres, et chantant continuellement des psaumes, Il mangeait tous les jours pour soutenir le travail du voyage; mais seulement un demi-pain, y ajoutant, les jours de fête, des fruits on des racines, et ne buvait que de l’eau. Le Pape lui accorda la permission, non-seulement de prêcher, mais de se faire consacrer archevêque, lui donnant par avance le pallium. En retournant en Allemagne, il allait à cheval, mais toujours nu-pieds, même par les plus grands froids; en sorte qu’il fallait quelquefois de l’eau chaude pour détacher son pied gelé à l’étrier.
Il vint à Mersebourg trouver le saint roi Henri ; et, par sa permission, Tagmon, archevêque de Magdebourg, le sacra et lui donna le pallium, que lui-même. avait apporté, Depuis sa consécration, il récitait tous les jours l'office monastique et l'office canonial, et continuait deimortifier son corps par les jeùnes et les veilles, nonobstant ses grands voyages. Boleslas, duc de Pologne, et les autres seigneurs, lui firent de grands présents ; mais il donna tout aux églises, à ses amis et aux pauvres, sans se rien réserver.
Enfin, la douzième année de sa conversion, il alla prêcher en Prusse, mais sans effet. Il s’avança sur les confins de la Russie, et commença à y annoncer l'Évangile, sans s'arrêter à la défense des habitants qui voulaient l’en empécher. A la fin, comme il continuait toujours, ils le prirent et lui coupèrent la tête .avec dix-huit des siens, le 44me de février, l'an 1009. Les corps de ces martyrs demeurèrent sans sépulture, jusqu’à ce que Boleslas les racheta à un prix
considérable pour être la protection de sa maison. L'Église honore |
ce saint martyr sous le nom de Brunon, le 45m° d'octobre {.
En 1012, l'église cathédrale de Bamberg étant achevée, le voi Henri la fit dédier solennellement le jour de sa naissance, 10we de mai. Il s’y trouva ps de trente-six évêques ; et, en cette joie pur blique, le roi accorda le pardon à plusieurs et le promit à plusieurs autres. Il céléura la Pentecôte de la même année à Mersebourg: Tagmon, archevêque de Magdebourg, devait y chanter la messe le jour de la fête ; mais il tomba malade, et l’historien Ditmar, évêque de Mersebourg, eut ordre de faire cette fonction. Tagmon mourut le ne de juillet ; et le roi, en ayant été averti, envoya Henri, évêque de
1 Act. Bened., sect. 6, Ditm., I. 6.
41024 de |
Wurtzbot touchant
Le sam Waltherd
us, par ve keur toute.
res, Je vo
otre conf
hirent tou:
Le saint inq ans de à regreéta
‘Ditm., 1.
Liv. LXIT, — De 991
| Romuald, qu'il de Ravenne; et, ant, prêcher aux n äu Pape, Il fit s, marchant loin saumes, Îl manage; mais seuledes fruits ou des da la permission, crer archevêque, en Allemagne, il r les plus grands aude pour déta-
t, par sa permisa et lui donna le | consécration, il “anonial, et coniles, nonobstant autres seigneurs, ux églises, à ses
‘alla prêcher en de la Russie, et à la défense des nme il continuait vec dix-huit des s martyrs demeu- ‘acheta à un prix
. L'Église honore |
octobre 1.
achevée, le roi aissance, 10we de en cette joie puromit à plusieurs e à Mersebourg:
anter la messe le n Ditmar, évêque agmon mourut le , Henri, évêque de
41024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE .CATHOLIQUE. 107 ::
Wurtzbourg, pour apprendre l'intention du chapitre et des vassaux buchant le choix du successeur, sans, qu'ils fissent d'élection en hrme. Ils témoignèrent tout d'une voix souhaiter pour archevêque k prévôt Waltherd ; le roi le manda, le fit entrer seul dans sa, ambre et l'entretint longtemps. En sortant, Waltherd montra à œux qui l'avaient accompagné l'anneau qu'il portait à Ja main, diant: Voilà le gage de la grâce que le roi m'a faite, Ensuiteils vinrent tous devant le roi, qui s’étendit sur les louanges de Waltherd ; il'élurent en forme, et aussitôt le roi lui donna le bâton pastoral. Après lui avoir prêté serment, il fut conduit à l'église, où les assisas chantèrent les louanges de Dieu.
Le samedi suivant, Arnoulfe, évèque d'Halberstadt, intronisa Waltherd par ordre du roi, et le dimanche, 22me de juin, il fut sacré par ses cinq suffragants; mais il ne remplit le siége de Magdebourg qu sept Semaines, et mourut 13 12me d'août, la même année 1019. était sévère en apparence, mais doux en effet, juste et ferme dans wsrésolutions, et courageux à défendre les droits de l'Église, Quand on le vit prêt à rendre l’âme, on le tira de son lit, on le mit sur un lice avec de la cendre dans.les mains, une croix sur la poitrine et kscierges allumés. Il avait une immense quentité de livres, qui tent pillés à sa mort avec le reste des meubles. Thierri, neveu de évêque Ditmar, avait été élu archevêque de Magdebourg ; mais le ditélire Géron, son chapelain, et prit Thierri à sà' place 1.
Au commencement de l’année suivante 1013, mourut saint Lintius, archevêque de Brême et de Hambourg, après une longue aladie. La nuit de devant sa mort, il dit à ceux qui'étaient auprès k lui : Mes enfants, apprenez .par mon exemple à né jamais vous léfer de la providence divine. J'ai suivi le pape Benoit-V, exilé en xs quartiers, quoi que l'on fit pour m’en détourner. Je l'ai servi ant qu'il a vécu, et après sa mort j'ai rendu toutes sortes de serices à mon seigneur Adaldague. II me donna le soin de ses pauvres, üs il me fit son camérier; je lui ai succédé, tout indigne que je ui, par votre choix et par la grâce du roi. Remettons-nous de bon eur toutes les fautes que nous avons faites les uns contre les aures, Je vous conseille d'élire pour gouverner notre église, Othon, gore confrère, et de prier Dieu que le roi l'ait agréable. Ils prouirent tous de suivre ce conseil ?.
Le saint prélat mourut le lendemain, 4e de janvier, après vingtiq ans de pontificat. Le saint roi Henri , en ayant appris la nouvelle,
* regrefta beaucoup et témoigna une grande confiance en ses
1Ditm., 1. 6. — ? Acta SS., 4 jan.
ee tolé Pa
408 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LI, — De 99
prières ; mais quand Othon vint se présenter à Jui avec les députés de l’église vacante, il refusa de confirmer son élection, donna l'ar. chevêché de Hambourg à Unvan, son chapelain, et ‘y fit consentir les députés, quoique avec répugnance. Puis, prenant Othon par la main, il promit de lui faire quelque autre grâce, 11 donna donc à Unvan le bâton pastoral, et le fit sacrer en sa présence par Géron, archevêque de Magdebourg, assisté de deux évêques. Unvan tint le siége de Brême et de Hambourg pendant seize ans. Il était d'une grande noblesse, riche et libéral, particulièrement envers son clergé, et se faisait aimer de tout le monde.
Pendant les dernières années de l'archevêque Libentius, la basse Saxe souffrit beaucoup de la part des Slaves ; car, après la mort de l'empereur Othon HE, ces peuples, prenant avantage de la division qui fut entre les Saxons pour la succession du royaume, secouèrent le joug ét prirent les armes pour recouvrer leur liberté. Ils y furent encore poussés par la dureté des gouverneurs chrétiens ; car Bennon, duc de Saxe, homme distingué par sa vertu et protecteur des églises, étant mort, son fils Bernard mit le pays en trouble par sa révolte contre le roi Henri et attaqua toutes les églises, particulièrement celles qui n'avaient pas voulu suivre son parti. D'ailleurs, oubliant la prudence avec laquelle son père et son aïeul avaient ménagé les Slaves, il les opprima par avarice et les traita si cruellement qu'il les mit au désespoir, tandis que le margrave Théodoric ne 1es traitait pas mieux dans la Saxe orientale.
Ces peuples donc, encore barbares et faibles dans la foi, renoncèrenten même temps au christianisme et à l’obéissance des Saxons. Ils ravagèrent premièrement, par le fer et par le feu, le pays qui est au nord de l'Elbe. Ils brülèrent toutes les églises et les ruinèrent jusqu'aux fondements ; ils firent mourir par divers supplices les prêtres ct les autres ministres des autels ; enfin ils ne luissèrent au delà de l’Elbe aucune trace de christianisme. A Hambourg, ils emmenèrent plusieurs captifs, tant du clergé que des habitants, et en tuèrent encore plus en haine de la religion. A Aldinbourg, qui était la ville la plus peuplée de Chrétiens, après avoir tué le reste comme des bêtes, ils gardèrent soixante prêtres pour s’en jouer cruellement; et, après leur avoir coupé en croix la peau de la tête, ils leur ouvrirent le crâne, en sorte que la cervelle paraissait ; puis ils les promenèrent par toutes les villes des Slaves, les mains liées derrière le dos, les frappant et les tourmentant jusqu’à la mort. On eût fait un livre des martyrs qui souffrirent en cette occasion. C'est ainsi que ta iés Siaves d'entre l'Elbe et l’Eider renoncèrent au christianisme après l'avoir conservé plus de soixante et dix ans, c'est-à-dire durant tout
a 104 di
k temp Unvan, avec le ville de pieux a christia employ:
des autr dociles ; Il sut ai lier leur Parm üiré du Othon blesse, s'etant en souri répondi cet Cvêc meilleur subrenie Je l'acce de Maye présents figieme ruinée ; la pauvr tant en !
siurs s un ci gr:
la dévot pas moi ks serfs ls pare dèles.11 seul par l'état de de la jeu seur, l'é sept arts
1 Adam
Liv. LXII, — be dpt
avec les députés ction, donna l'ar et y fit conseniir ant Othon par la . I donna donc à sence par Géron, 1e8. Unvan tint le ns. Ïl était d'une nvers son clergé,
ibentius, la basse après la mort de ige de la division aume, secouèrent erté. Ils y furent ens ; car Bennon, éteur des églises, ble par sa révolte particulièrement ailleurs, oubliant aient ménagé les cruellement qu'il oric ne 1es traitait
ins Ja foi, renonsance des Saxons.
u, le pays qui est s et les ruinèrent ers supplices les s ne laissèrent au mbourg, ils emhabitants, et en nbourg, qui étail é le reste comme uer cruellement; te, ils leur ouvriis ils les promes derrière le dos, n eût fait un livre st ainsi que tous ristianisme après -dire durant tout
à 1021 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
k temps des Othons. Mais le nouvel archevêque de Hambourg, Unvan, sut réparer un si grand désastre, Il réconcilia le duc Bernard avec le roi Henri; ils travaillèrent ensuite tous deux à rétablir la ville de Hambourg, à ramener à l'obéissance les Slaves révoltés ; le pieux archevêque travaillé surtout et avec succès à les ramener au christianisme ; il établit pour cela un collége de douze chanoines ; il employa les trésors de son église à gagner les princes des Slaves et des autres peuples du Nord, afin de les rendre plus soumis et plus dociles ; il les attirait à Hambourg, où il les traitait magnitiquement. I sut ainsi établir une paix solide avec tous ces péuples et se concilier leur amitié jusqu'à sa mort, qui arriva l’an 1098 1,
Parmi les chapelains du saint roi Henri, était saint Meinwérc, tiré du clergé de Halberstadt pour venir à la cour de l'empereur Othon HE, dont il était parent. Ses richesses égalaient sa noblesse. L'évêque de Paderborn étant mort en 1009, le roi Henri, setint consulté avec plusieurs évêques, fit appeler Meinwerce, et, en souriant, il lui donna un gant, et dit : Prenez ! Que prendrai-je répondit Meinwerc. L'évêché de Paderborn, dit le roi. Que me doit œt évêché ? reprit le chapelain : j'ai assez de biens pour en fonder un meilleur, C'est ce que je considère, dit le roi, et je désire que vous subreniez à la pauvreté de cette église. Meinwerc répondit gaiemént : de l'accepte à cette condition, et il fut sacré par Villegise, archevêque de Mayence, son métropolitain, assisté des évêques qui se trouvaient. présents, Sitôt qu'il eut pris possession, il commença à rebâtie magnifiquement, dès les fondements, sa cathédrale, que les Barbares avaient ruinée ; il. fortifia la ville d'une enceinte de murailles. Pour réparer k pauvreté de son église, il obtint du roi Henri plusieurs bienfaits, lant en terres qu'autrement. Il fit aussi donner à son église, par plusieurs seigneurs, par des ecclésiastiques et par divers particuliers, un si grand nombre de fonds de terre, qu’il y a de quoi s'étonner de k dévotion de ce peuple et de l'industrie de l'évêque. Elle n’était pas moindre pour conserver que pour acquérir ; il avait soin que ls serfs qui cultivaient ces terres ne manquassent de rien ; ilchtiait ls paresseux, ct: récompensait ceux qu'il trouvait läborieux et fidèles.11 visitait son diocèse avec tant de soin, que quelquefois il allait seul par les villages, déguisé en marchand, pour connaître mieux l'étit des peuples. Il eut grand soin des études et de l'instruction de là jeunesse, en ‘sorte que, sous Imade, son neveu et son succesæur, l'école de Paderborn fut très-flurissante. On y apprenûit les sept arts libéraux, on y étudiait les poëtes et les historiens, on s’ap-
1 Adam Brem., apud Baron., an. 1015.
« #10 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII. — De 991
pliquait à bien écrire et à à peindre. De cette. école sortirent saint Annon, archevêque de Cologne, Frédéric de Mayence, saint Altman de Passau et plusieurs autres. Saint Meinwerc gouverna sept ans l'église de Paderborn, et mourut l'an 1036, le 5me de juin, jour auquel l'Église honore sa mémoire !,
Le saint roi Henri célébrait à Polden, en Saxe, la fête de Noël 4042, lorsqu'il y vit arriver, suivant les uns, le pape, Benoît VIN, suivant d’autres et suivant nous, un antipape nommé Grégoire. Voici les faits. Le pape Sergius IV, successeur de Jean XVIII, était mort la même année 4019, le 13me de juillet, après avoir tenu le Saint-Siége deux ans et neuf mois. Il fut enterré à Saint-Jean de Latran; et, après sa mort, les Romains se partagèrent : les uns élurent un nommé Grégoire ; les autres Jean, évêque de Porto, fils de Grégoire, comte de Tusculum. Celui-ci l'emporta ; et, étant reconnu Pape, il prit le nom de Benoît VIH, et tint le Saint-Siége près de douze ans. Voici, à cet égard, les paroles de l'évêque Ditmar, auteur contemporain et le plus souvent témoin oculaire. Au pape Jean succèdent Sergius et Benoit, tous deux illustres et nos bienfaiteurs. Tous les souverains Pontifes désirent ardemment l’arrivée du roi, mais il est retardé par les embarras de divers ennemis. Béni soit dans toutes ses œuvres le Dieu tout- puissant, qui, par. un tel pasteur, a daigné consoler et pacifier Rome, déprimée depuis si longtemps; car le pape Benoît prévalut dans l'élection contre un certain Grégoire, C'est pourquoi celui-ci, à la Nativité du Seigneur, vint trouver le roi à Polden, avec tout l'appareil apostolique, fäisant connaître à tous son expulsion, avec de grandes plaintes. Le roi reçut sa croix en garde et lui ordonna de s'abstenir des autres choses, lui promettant que,. quand il y serait arrivé, il finirait promptement cette affaire, suivant l'usage de Rome. Le temps désiré arriva bien vite ; et, au mois de février, le roi Henri fut reçu à Rome par le pape Benoît, qui y dominait avec une autorité beaucoup plus grande que tous ses prédécesseurs ; il en fut reçu avec un honneur indicible, et mérita de devenir l'avocat, le défenseur de saint Pierre 2. Telles sont les paroles de Ditmar.
La plupart des critiques eh ont conclu que c est le pape Benoît qui fut chassé de Rome, que c’est le pape Benoît qui vint se réfugier près du roi à Polden, et que le roi Henri fut obligé de le rétablir à Rome. Nous croyons fermement que tous ces critiques se tromvent, et se trompent complétement. Ditmar ne dit pas un mot de ce qu'ils lui font dire, ik dit même le contraire. Il dit en toutes lettres, que le pape Benoît prévalut dans l'élection contre un cersain Gré-
1 Acta SS., 5 junii., — ? Ditm., 1. 6, in fine, p. 399.
goire ;
vrier À décesse pour li de Tu:
à Benoît
ajoute trouver signe, € qui vin
D plus en
lique, $ roi, qui recevoi de s’ab qu'au | teur et Le rc de Noël Pierre, négond là barb arriva & Mais av le fidèl.
età ses voteme empere de saint jour, le dans le Le m circons!
deux ce La pom l'emper doit êtr monde, Vous v verner,
1 Ditm
Àv. LXII. — De 991
e sortirent saint ce, saint Altman uverna sept ans le juin, jour au-
, la fête de Noël pe, Benoît VII, Grégoire. Voici (VII, était mort nu le Saint-Siége Latran; et, après rent un nommé Grégoire, comte u Pape, il prit le ouze ans. Voici, contemporain et cèdent Sergius et s les souverains il est retardé par tes ses œuvres le igné consoler et * le pape Benoît . C'est pourquoi oi à Polden, avec s son expulsion, garde et lui ornt que, quand il , suivant l'usage 1ois de février, le y dominait avec rédécesseurs ; il devenir l'avocat, s de Ditmar.
tle pape Benoît qui vint se réfuligé de le rétablir itiques se trompas un mot de ce en toutes lettres, un cerain Gré-
à 1024 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 111
goire; et que, quand le roi Henri arriva à Rome au mois de tévrier 1043, le pape Benoît y était plus puissant qu'aucun de ses prédécesseurs : ce qui d’ailleurs est tout naturel, le pape Benoît ayant pour lui sa puissante famille, ia famille prépondérante des comtes de Tusculum. Il y a plus : Ditmar ne dit pas seulement que le pape
{ Benoît prévalut dans l’élection contre un certain Grégoire, ais il
ajoute immédiatement : A cause de cela (ob hoc) celui-ci (iste) vint trouver le roi à Polden, li est évident, surtout par la cause qu'il assigne, que ce n’est pas le pape Benoît, mais son compétiteur Grégoire, qui vint trouver le roi, Les autres circonstances le confirment de plus en plus. Le fugitif vint à Polden avec tout l'appareil apostolique, se plaigrant à tout le monde de son expulsion; mais le saint roi, qui sans doute était bien instruit de toute l'affaire, au lieu de le recevoir avec honneur, lui demande sa croix pontificale; il lui ordonne de s'abstenir des insignes et des fonctions analogues, c'est-à-dire qu'au lieu de le reconnaitre pour Pape, il le reconnaît pour usurpateur et le traite comme tel ; aussi n'est-il plus question de ce Grégoire. Le roi saint Henri passa donc en Italie et célébra à Pavie la fête de Noël de l'an 1013. Le 22 février 1014, fête de la Chaire de saint Pierre, il fit son entrée à Rorne, accompagné de la reine sainte Cunégonde, son épouse, et entouré de douze sénateurs, dont six avaient k barbe rase, et six la barbe longue, avec des bâtons à la main. Il ariva ainsi à l’église de Saint-Pierre, où lé pape Benoît l'attendait. Mais avant qu’il y fût introduit, le Pape lui demanda s’il voulait être lk fidèle patron et défenseur de l’Église romaine, et lui garder, à lui et à ses successeurs, la fidélité en toutes choses. Le roi répondit dévotement qu'il le voulait. Et alors le Pape le sacra et le couronna empereur, avec la reine son épouse, et fit suspendre devant l'autel de saint Pierre la couronne que Henri portait auparavant. Le même jour, le Pape donna un grand festin à l'empereur et à l’impératrice, dans le palais de Latran 1, C’est ainsi que le raconte l’évêque Ditmar. Le moine Glaber, qui écrivait dans le même temps, ajoute une drconstance : que le Pape avait fait faire une pomme d'or, ornée de deux cercles de pierreries croisés, avec une croix d'or plantée dessus. La pomme représentait le monde, la croix figurait la religion dont l'empereur doit être le protecteur, et les pierreries les vertus dont il doit être orné. Le Pape donna.cette pomme, en présence de tout le monde, à l’empereur Henri, qui la reçut avec plaisir et dit au Pape : Vous voulez, saint Père, m’apprendre par là comment je dois gou- Yerner, Puis, en regardant la pomme, il ajouta : Ce présent ne peut
1 Ditmar, 1, 7, p. 400.
112 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXII — De 994
mieux convenir à personne qu'à. ceux qui ont foulé aux pieds les pompes du monde pour suivre plus librement la croix, et il l'envoya au monastère de Cluny , estimé alors le plus régulier de tous, et auquel il avait déjà fait de riches présents. Glaber dit au même endroit, à l’occasion du couronnement de saint Henri : Ce nous paraît un décret extrêmement convenable et excellent pour maintenir la paix, savoir : qu'aucun prince n’entreprenne audacieusement de porter le sceptre de l'empire romain ; qu'aucun ne puisse s'appeler empereur ni l'être, sinon celui que le Pape du Siége romain aura choisi pour son mérite comme propre à la république, et auquel il aura donné les insignes de l'empire {.
Ces paroles et ces faits nous’ montrent de plus en plus ce que les empereurs d'Occident étaient aux Papes. Ces empereurs étaient les défenseurs titulaires de l’Église romaine contre les infidèles, les hérétiques, les schismatiques et les séditieux. Défendre l'Église romaine, voilà ce qu'ils promettaient à leur sacre. D’après cela, il était tout naturel, comme le remarque Glaber, que le chef de l'Église romaine, le Pape, choisit celui des princes chrétiens qu’elle devait avoir pour protecteur.
A l’exemple d'Othon Ier, l'empereur saint Henri donna au pape Benoît un diplôme, souscrit de lui, de douze évêques, trois abbés et plusieurs seigneurs, dans lequel il reconnait, ratifie et confirme tous les droits temporels appartenant au Saint-Siége, toutes les donations qui lui avaient été faites par Pepin et Charlemagne. Dans ce diplôme, comme dans celui d’Othon qu'il copie, on voit la reserve, non pas de la souveraineté de l’empereur, comme dit Fleury, mais de la puissance qui était attribuée aux empereurs dans la constitution du pape Eugène et de ses successeurs, savoir : que tout le clergé et toute la nobiesse de Rome s’eñgageraient par serment à n’élire de Pape que d’une manière canonique, et que le nouvel élu, avant d’être sacré, s’engagerait de même par serment, en présence des envoyés de l’empereur ou en présence de tout le peuple, à conserver les droits de tous. On voit, par ces paroles du diplôme, qu'il n’est point ici question de souveraineté proprement dite, mais du droit réservé par les Papes mêmes aux empereurs, coinme défenseurs de l’Église romaine, de veiller à ce que l'élection du Pape se fit canoniquement, et à ce que le nouveau Pape jurât de conserver les droits de tout le monde ?.
Pendant que l'empereur saint Henri était à Rome, il demanda aux prêtres pourquoi, après l'Évangile, ile ne chantaient pas le symbole,
3 G'aber,L. 1,6, 5, —? Lable,t, 9, p. 815, Mansi, t. 19, p. 331.
com!
rom:
besoi suad C'est sent L' à 50 putée le Pa siége ricie.
depu saint de la saint lébré 95me de pi ravi ( Léon veau mala coup tienn.
les sa L'e l'abbe sitait donn:
impél avoir mand Saint profit afin d poids etun derbo puis 1
Ba
iv. LXIE — De 99f
é aux pieds les ix, et il l’envoya lier de tous, et it au même en- : Ce nous paraît our maintenir la lacieusement de puisse s'appeler ége romain aura que, et auquel il
| plus ce que les reurs étaient les infidèles, les hédre l'Église roprès cela, il était chef de l’Église ns qu’elle devait
| donna au pape ques, trois abbés tifie et confirme re, toutes les doemagne. Dans ce à voit la reserve, dit Fleury, mais
dans la constiir : que tout le it par serment à ue le nouvel élu, ent, en présence le peuple, à conlu diplôme, qu'il nt dite, mais du , cotnme défenction du Pape se irât de conserver
, il demanda aux t pas le symbole,
à 1024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 413
comme on faisait dans les autres églises. Ils répondirent que l'Église romaine, n'ayant jamais été infectée d'aucune hérésie, n'avait pas besoin de déclarer sa foi par ie symbole. Toutefois l'empereur persuada au pape Benoît de le faire chanter à la messe solennelle. C'est ce que témoigne Bernon, abbé de Reichenau, qui était présent {.
L'empereur saint Henri avait déjà donné l’archevéché de Ravenne à son frère Arnoulfe; mais comme la possession lui en était disputée, il le fit alors introniser de nouveau et consacrer sur le lieu par le Pape. Il voulait aussi faire dégrader Adalbert, usurpateur de ce siége; mais, à la prière des gens de bien, il lui donna l'évêché d’Aricie. Le Pape déposa quatre évêques ordonnés par l’archévêque, depuis qu'il avait perdu la parole. Pendant ce séjour en Italie, le saint empereur fonda un évêché à Bobio, par le conseil des évêques de la province, qui le jugèrent nécessaire. C’est !e lieu où mourut saint Colomban, et où reposent ses reliques. L'empereur, ayant célébré à Pavie la fête de Pâques, qui, cette année 1014, était le 25me d'avril, repassa les Alpes et visita avec peu de suite les lieux de piété. Alors Ardouin, qui se prétendait toujours roi de Lombardie, ravi du départ de l’empereur, s’empara de Verceil, dont l’évèque Léon eut de la peine à se sauver; mais bientôt, ayant perdu de nouveau cette ville, se voyant privé du royaume, épuisé de travaux et de maladie, il se retira, l'an 1015, dans le monastère de Frutare, s’y coupa les cheveux, y prit l'habit monastique et y mourut si chrétiennement, le 2 mars 1018, que quelques auteurs le comptent entre les saints 2, à
L'empereur Henri, retournant en Ailemagne, vint à Cluny voir l'abbé saint Odilon, pour lequel il avait une telle affection, qu'il le visitait souvent et le menait quelquefois à sa cour. A cette visite, il donna au monastère sa couronne, son sceptre, sa pomme, son habit impérial et un crucifix, le tout d'or, du poids de cent livres. Après avoir obtenu d’être associé à cette sainte communauté, il se recommanda à leurs prières et leur donna des terresconsidérables en Alsace. Saint Mcinwere, évêque de Paderborn, qui accompagnait l’empereur, profita de cette occasion pour demander à saint Odilon des moines, afin de fonder un monastère près de sa ville. Il emporta aussi le poids du pain, la mesure du vin, le livre de la règle, celui des hymnes etun antiphonier ; et quand il fut de retour, il fonda, près de Paderborn, une chapelle en l'honneur de saint Benoît, qui devint depuis un monastère fameux, Il introduisit également la réforme, mais
Bern, Aug., De Missé, ce, 8. — ? Ditm., 1. *. 4et, Bened., sect. 6, p. 350.
414 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXI, — Degg
non sans peine, dans le monastère de Corbie en Saxe, où la vie des |
moines était extrêmement relâchée. -
Au milieu deses grandeurs, de ses richesses, de ses guerres, de ses victoires, de ses bonnes œuvres et de ses maladies, car plus d’une vint éprouver sa patience, l’empereur saint Henri aspirait à quelque chose de mieux : c'était de quitter toutes ces richesses et toutes ces grandeurs, pour embrasser l'humilité du cloître. Il'aimait. particulièrement le bienheureux Richard, abbé de Saint-Viton ou Vannes de Verdun; il lui avait fait bien des fois de riches présents en or, e argent et en ornements. Un jour donc il vint voir les nouveaux bâti. ments des lieux réguliers que le saint abbé avait rétablis ; et, en entrant dans le cloître, soutenu d'un côté par l’évêque Haimon, et de l’autre par l'abbé Richard, il dit ces paroles du psaume : C'est ici mon repos pour toujours, c’est ici l’habitation que j'ai choisie ! L. vêque remarqua cette parole de l’empereur, et dit à l’abbé en part. culier : Si vous retenez ce prince et le faites moine, comme il le désire, vous perdrez tout l'empire ! L'abbé y fit une sérieuse réflexion et trouva un expédient pour contenter l'empereur sans nuire à l'État,
Il le fit venir au milieu de la communauté, et l’interrogee sur son dessein, L’emperet v répondit aveclarmes qu'il avait résolu de quitter l'habit du siècle et de servir Dieu en ce lieu même, avec les moines. Voulez-vous, demanda l'abbé, suivant la règle et suivant l'exemple de Jésus-Christ, être obéissant jusqu’à la mort? L'empereur répondit qu'il le voulait de tout son cœur. Et moi, reprit l’abbé, je vous re. çois pour. moine, et, dès ce jour, je me charge du soin de votre âme. C’est pourquoi je veux que vous fassiez, avec la crainte de Dieu, tout ce que je vous ordonnerai. L'empereur le promit, et Richard continua: Je veux donc, et je vous ordonne, que vous retournez gouverner l'empire que Dieu vous a confié, ‘et que, par votre fermet à rendre justice, vous procuriez, selon votre pouvoir, le salut de tout l'État. L'empereur obéit, quoiqu’à regret, et reprit le gouvernement de l'empire ; mais il visitait souvent l’abbé Richard, et réglait par son conseil les affaires les plus importantes de l’État 1.
L'année 1016, les Serrasins venant par mer en Italie, prireit Lune en Toscane, chassèrent l’évêque et se rendirent maîtres du pays. Le pape Benoît, l'avant appris, assembla tous les évêques eults défenseurs des églises, et leur ordonna de venir avec lui attaquer les ennemis, espérant, avec l’aide de Dieu, les mettre à mort. En même temps, il envoya secrètement une grande multitude de navires pour
leur couper le chemin à leur retour. Le roi des Sarrasins, s’en étant BR
4 Act, Bened., sect, 6, n. 533.
apel d’ak fin hom des :
puni men pere Chré à Die perte lui fi de s0 que, saint plus Ve comr de la les Ji étant damn capite Ce qui, avec | pape prises ordor lui re en ex la pre trouv.
s'y ofl ltalier Les ravan pèleri dssiés
1 Dit 1, 3,c,
[Liv. LXI. — Degp Saxe, où la vie des |
> ses guerres, de ses es, car plus d'une i aspirait à quelque hesses et toutes ces Il'aimait particut-Viton ou Vannes présents en or, en les nouveaux bâti.
rétablis ; et, en enêque Haimon, et de psaume : C'est ici
ie j'ai choisie ! L'é
it à l’abbé en parti.
joine, comme il le le sérieuse réflexion sans nuire à l'État, l’interroges sur son ait résolu de quitter ie, avec les moines, t suivant l'exemple ’empereur répondit l'abbé, je vous re- | soin de votre âme.
la crainte de Dieu, promit, et Richard ue vous retourniez e, par votre fermeté oir, le salut de tout it le gouvernement hard, et réglait par État 1.
r en Italie, prirat idirent maîtres du us les évêques eults vec lui attaquer les e à mort. En même de de navires pour
arrasins, s’en étant à
à 1024 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 419
aperçu, se Sauva avec peu de suite ; ses troupes, s’assemblèrent, et d'abord eurent grand avantage sur les:Chrétiens, trois jours ; enfin elles prirent la fuite et furent toutes tuées jusqu’au dernier homme, en sorte queles Chrétiens ne pouvaient compter le nombre des morts ni la quantité du butin. Leur reine fut prise, et, pour punir son audace, eut la tête coupée ; le Pape prit pour lui l’ornement d’or et de pierreries qu'elle portait sur sa tête, et envoya à j'empereur sa part du butin, estimée mille livres. Le butin partagé, les Chrétiens victorieux s'en retournèrent chacun chez eux rendre grâces à Dieu. Le roi des Sarrasins, irrité de la mort de sa femme et de la perte de ses troupes, envoya au Pape un:sac plein de châtaignes, et lui fit direpar le porteur que, l'été suivant, il lui amènerait autant de soldats. Le Pape lui envoya un petit sac plein de millet, en disant que, s’il n’était pas content du tort qu'il avait fait au patrimoine de saint Pierre, il vint une seconde fois, °et qu'il trouverait autant ou plus de gens armés 1, es "
Vers le même temps, il y eut à Rome un tremblement de terre qui commença le vendredi saint, après l’adoration de la croix. Un Juif de la synagogue grecque donna avis au Pape qu’à la même heure les Juifs traitaient avec dérision l'image du crucifix. Le Pape, $’en étant informé exactement, et ayant trouvé qu'il en était ainsi, Condamna les coupables à perdre là tête; et, après qu'ils eurent été décapités, la fureur des vents cessa 2.” F
Cependant il vint à Rome un seigneur normand, nommé Raoul, qui, s'étant âttiré l'indignation du duc Richard, était sorti du pays avec tout ce qu'il avait pu emporter. Il expliqua son awenturé au pape Benoit, qui, le jugeant brave guerrier, lui exposa les entreprises des Grecs sur l'empire d'Occident ; car l’empereur Basile avait ordonné au catapan, c’est-à-dire au gouverneur général de ce qui lui restait en Italie, d'exiger le tribut qu'il prétendait lui être dû, et, en exécution de cet ordre, le catapan avait subjugué une partie de la province de Bénévent. Le Pape se plaignit donc à Raoul qu'il ne trouvait personne dans le pays capable de repousser les Grecs. Il s'y offrit, et le Pape l’envoya à Bénévent ; et il conduisit si bien les aliens, qu'il leur fit remporter des avantages considérables 8,
Les Normands étaient déjà connus en Italie ; car, seize ans auparavant, c’est-à-dire vers l'an 1000, quarante Normands, revenant du pèlerinage de Jérusalem, arrivèrent à Salerne, qu'ils trouvèrent assiégée par les Sarrasins. Les Italiens admirèrent la grande taille
1 Ditmar, 1. 7, p, 411, — 2 Chron. Adem. Bouq., t. 10, p. 154, — 3 Glab.,
416 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LA, = De ggs
de ces étrangers, leur bonne mine et leur adresse à manier les armes, Guimar, prince de Salerne, leur donna des armes et des chevaux: et ils firent sur les intidèles une sortie si imprévue et si vigoureuse,
enr de P
qu'ils les forcèrent à se retirer, Le prince de Salerne les comblu de ae louanges, leur offrit de grands présents et les pressa instamment de R vu demeurer avec lui; mais ils répondirent que, dans ce qu'ils avaient À Sy fait, ils n'avaient eu d'autre motif que l'amour de Dieu et de la tell. A Mais gion, refusèrent les présents et retournèrent en leur pays. Le prince We ! ; de Salerne envoya avec eux des AÉPUIES en Normandie, avec de oi ” citrons, des amandes et d'av’" : ©: d'italie, des étoifes précieuses l'Égli et des harnais dorés pour les . X, afin d'exciter d’autres Nor. Tout mands à venir dans un pays qui produisait ces richesses !, 1 nr Le bruit des victoires do Raoul s’étant répandu de tous côtés, une une multitude innombrable de Normands sortirent de leur pays avec cathol leurs femmes et leurs enf8nts, non-seulement par la permission du que le due Richard, mais par ses ordres pressants. Après plusieurs \ ictoires Au sur les Grecs, Raoul, voyant que les Italiens étaient peu propres à l ÎR ‘°nte guerre, passa les monts avec peu de suite, et alla trouver l’ empereur ASE saint Renzi pour lui exposer l'état des choses. L'empereur, qui, sur l'arche sa réputation, désirait de le voir, le reçut très-bien et lui fit divers rige présents ?, bel, a D'autres Normands, sous là conduite de Roger, marchèrent contre Depuis les Sarrasins d'Espasae, en tuèrent.une multitude'innombrable, leur MR 2 #ait prirent un grand nombre de villes et de forteresses, Dès son arrivée, l'emper Roger usa de cet effrayant stratagème. Ayant pris quelques Sarri-W "2Ux ; sins, il gun coupait un par morceaux chaque jour, en faisait cuire hi " autr moitié dans une chaudière, à la vue des autres, pour leur servir de "nr à nourriture, feignant, de son côté, de manger l’autre moitié avec les ne put | siens. Quelques prisonniers, qu'il laissa échapper exprès, ayant ld- colère ‘ conté à leurs compatriotes ces horribles repas, répandirent parade % il eu eux une si grande terreur, que les Sarrasins du voisinage demandi-Wi & l'arc rent la paix à la comtesse Ermensède de Barcelone, dont Roger av Quan épousé la fille, et s'engagèrent à lui payer tribut #, a moble. L Cependant les Normands et les Italiens coalisés, après avoir ball able, r plusieurs fois les Grecs, furent battus à leur tour près de Canne.f tnperer De plus, le prince de'Capoue était d'intelligence avec les Grecs; if un hom avait même envoyé à Constantinople, comme témoignage de sa so nfaillib} mission à l'empereur, les clefs de sa ville, en or. Rome elle-mémel l'archové se trouvait menacée. Dans ces conjonctures, le pape Benoît VIS paindre : passa les Alpes, se rendit en Allemagne auprès de l'empereur sait & levant Son éton
! Chron. Cassin, 1.2, — ? Glab., ibid. — 8 Cron. Adem., p. 156.
Liv, LAUL = De gg
e à manier les armes, + et des chevaux: el ue et si vigoureuse, lerne lès comblu de
ressi instaminent de à
lans ce qu'ils avaient de Dieu et de Ja reli.
leur pays. Le prince ormandie, avec de les étotfes précieuses xciter d'autres Norrichesses !,
du de tous côtés, une t de leur pays avec pur la permission du ès plusieurs victoires ent peu propres à la à trouver l’empereur empereur, qui, sur -bien et lui fit divers
r, marchèrent contre de innombrable, leur ses, Dès son arrivée, ris quelques Sarnir, en faisait cuire h , pour leur servir de autre moitié avec les er exprès, ayant ri- , répandirent parni voisinage demand ie, dont Roger arità Le,
és, après avoir batlu our près de Cannes avec les Grecs; i moignage cle sa sotr, Rome elle-mên le pape Benoît VII de l'empereur sai
lem., p. 156,
41024 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
Henri. Ils célébrèrent ensemble, à Bamberg, de Pâques de l'an 1020, qui était le 47me d’ ant, le Pape consacra l'église de Saint-Étien
h ville et l'évêché de Bamberg à l'Église romaine, avec une rede-
tance annuelle d'une haquenée blanche et de cent livres d'argent 1, Mais la principale affaire que le Pape et l'empereur traitèrent ensemble fut sans doute d'expulser de l'Italie et les Grecs et les Sarrasins, eld'assurer ainsi, à perpétuité, l'indépendance, même temporelle 'de l'Église romaine. Cela intéressait plus que l'Italie : cela importait à l'univers entior ; car l'expérience des siècles a fait voir et fait voir encore que les Grecs, par leur penchant incurable à Ja division, au shisme et'à l’hérésie, ne sont Pas Moins nuisibles à la foi et à l'unité atholiques, c'est-à-dire à Ja véritable civilisation du genre humain, que les Mahométans par leur fanatisme et leur férocité.
Au commencement de l'an 1021, l'empereur Henri assiégea le comte .Othon dans son château de Hamerstein, près de Coblentz,
> de Mayence, en haine de
dans un concile, pour un marage illicite, L'empereur, étant done à ce siége, manda à saint Héri-
gne, de venir le trouver avec ses troupes.
rchevêque, qui » étant occupé aux funérailles de
le jeudi saint et la fête avril, Le dimanche suine ; et l'empereur donna
ps même qu’il fut mandé de venir avec ses troupes, Héribert était malade d'une grosse fièvre et
me put y aller. L'empereur, croyant que c'était un prétexte, dit en colère : Eh bien, puisqu'il est malade, j'irai le visiter ! En effet, sitôt qu'il eut soumis le comte, il marcha vers Cologne, et les ennemis de l'archevêque ne Mmanquaient pas de l’échauffer encore contre lui.
Quand il y fut entré, l'archevêque le reçut avec l'honneur convenable, La nuit suivante, l'empereur vit en Songe un homme vénénble, revêtu d'orneents pontificaux, qui lui dit : Prends garde, empereur, de rien faire contre mon frère Héribert ! Sache que c’est un homme agréable à Dieu, et que, si tu l’offenses, tu en porteras ifailliblement la peine! Le matin , l’empereur envoya chercher l'archevêque, qui se présenta les yeux baignés de larmes, voulant se Paindre de ce qu'il était irrité contre lui sans sujet. Mais l'empereur, & levant de son siége, courut l’embrasser, et, pour le remettre de on étonnement, il lui dit : j'avoue, mon Père, que depuis que je
| Baron., 1019, édit. ct notes de Mansi. Concil, Mansi, t. 19, p. 327.
418 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXII, — Degst
suis venu à la couronne, je me suis prévenu d’aversion contre vous etne vous ai pas fait justice ; mais le ciel se déclare pour vous, «t Dieu m'a fait connaître que vous êtes du nombre de ses élus, Ayant ainsi parlé, il l’embrassa encore jusqu'à trois fois, et le fit asseoir À côté de lui. Mais non content de cette satisfaction, la nuit suivante, après matines, il prit un clerc avec lui, et alla à la chambre du prélat, Il ne l'y trouva pas: il était en prière, suivant sa coutume, dans un ‘oratoire de Saint-Jean; qui était proche. L'empereur ôta son manteau, se prosterna à ses pieds, le priant de lui remettre, par sa puissance sacerdotale, tous les péchés qu'il avait commis contre. lui. L'archevêque releva l'empereur et lui donna l'absolution qu'il de. mandait, puis il lui dit en secret : Sachez qu'après votre départ, now ne nous reverrons plus en ce monde ! L'empereur, attendri de cette prédiction, l'embrassa de nouveau en pleurant, et lui baisa les yeux et les mains. Saint Meinwerc, évêque de Paderborn, était à Cologne avec l’empereur lors de cette réconciliation, et il exhorta ce prince à réparer, par quelque aumône, l’injure qu'il avait faite au saint archevêque ; c'est pourquoi l’empereur donna une terre en Westphalie a nouveau monastère de Paderborn. Saint Héxibert mourut, en effet le 46me.de mars, la même année 4094, et fut assisté à la mort pa Élie, abbé de Saint-Martin de Cologne, Écossais de nationet complé aussi entre les saints. Saint. Héribert fut enterré au monastuæ tk Duit, qu'il avait fondé, L'Église honore sa mémoire le jour de mort. Il avait rempli le siége de Cologne vingt-deux ans, et eut poif successeur Pilgrim, chapelain de l’empereur, qui le tint quiué ans 1. NH Il suivit l’empereur Henri en Italie l’année suivante 4022. Car t prince y passa, sur les instantes prières des Normands, des Hali et du Pape, pour s'opposer aux Grecs, qui menaçaient Rome mênt Il marcha le long de la mer Adriatique avec le corps de son arnit qui était immense, et envoya, par le pays des Marses, Poppon, archi vêque de Trèves, avec une division de onze mille hommes, ethi grim, archevêque de Cologne, à Rome, avec vingt mille homme pour prendre le prince de Capoue et l’abbé du, Mont-Cassin, { étaient d'intelligence avec les Grecs. L'abbé, nommé Athenoli s'enfuit, résolu de passer à Constantinople, et s'embarqua à Otranlt mais il périt en mer. Pandolfe, son frère, prince de Capoue, se fl dit à l'archevêque Pilgrim, qui lui sauva la vie, quoique avec pell parce qu'il l'avait pris sous sa foi; car les seigneurs l'avaient 00! damné à mort.
1 Acta SS., 16 mart.
à 1024 L'en lui avai Apulie mois de un soli firent ] criant :
deman corde | que ce moi ! Il viorent pitié de d'orphe J'ai pit la brû] chefs d .mêmes l'exécu reçu d’e Aprè:
mée, | concile:
C'était :
les com:
car l’an concile :
grand di honore de la lib des femr clercs sc défend d
et de sair
diacres, saient st ceux-ci qu'ils ét:
l'Église
tontinen
1 Glab.,
(Liv. LXI, — Deon
version contre vous clâre pour vous, et > de ses élus, Ayant s, et le fit asseoir à on, la nuit suivante, chambre du prélat, , coutume, dans un ereur Ôta son manmettre, par sa puiscommis contre. lui absolution qu'il des votre départ, nous ur, attendri de cette et lui baisa les yeux orn, était à Cologne ‘exhorta ce prince faite au saint archereen Westphalie à ert mourut, en efltt ssisté à la mort pa de nationet compté ré au monastre dé :moire le jour de leux ans, et eut pou , qui le tint qui
uivante 4022. Car « rmands, des Hiali açaient Rome mênt corps de son armit arses, Poppon, arch ille hommes, etPi jingt mille homme du, Mont-Cassin, 4 , nommé Athenol ‘embarqua à Otranlt e de Capoue, se 1t1 , quoique avec pelif neurs l'avaient C0}
Es
B'ontinence perpétuelle. De
41024 de l'ère chr.} DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 19
L'empereur Hent prit Bénévent et toutes les places que les Grecs lui avaient enlevées ; mais il trouva une grande résistance à Troie en Apulie, qui attendait du secours de l'empereur Basile. Après trois mois de siége, les habitants résolurent de se rendre ; et ayant appelé un solitaire, comme il yen avait un grand nombre en Italie, ils lui firent prendre une croix et envoyèrent tous les enfants de la ville, criant : Ayrie eleïson ! Is vinrent jusqu’à la tente de l'empereur, qui demanda ce qu'ils voulaient, On lui dit qu'ils demandaient miséricorde pour la ville. Il répondit : Celui qui connaît les cœurs sait que ce sont les pères de ces enfants qui les font périr, et non pas moi ! 11 répandit des larmes, et les fit reconduiré en sûreté, Ils retinrent le lendemain matin, criant comme la veille : Seigneur, ayez pitié de nous! Aussitôt il sortit: de sa tente, regarda cette troupe d'orphelins, et,touché de compassion, il dit cette parole du Seigneur: J'ai pitié de ce peuple ! Car il avait mens é, s’il prenait la vil'e, de la brûler et de faire pendre tous les hommes. Il manda donc aux chefs de la ville, s’ils voulaient obtenir leur pardon, de détruire euxmêmes cette partie des murs qui était opposée à ses machines. Ils l'exécutèrent à l'instant. Alors il les admit en Sa présence ; et, ayant reçu d’eux des otagés, il leur: ordonna de rebâtir les murs 1,
Après la prise de Troie, la dyssenterie s'étant mise dans son armée, l’empereur Henri revint en Allemagne, où il se-tint plusieurs conciles pour la réforme des mœurs dans le clergé et dans le peuple. C'était un autre objet que le Pape et l’empereur se proposaient dans kscommuns efforts de leur zèle: Le 4er d'août, peut-être l'année 1022, ar l'année précise n’est: pas marquée, le Pape tint à cet effet un concile à Pavie. Les actes qui nous en restent commencent par un grand discours où il se plaint que la vie licencieuse du clergé déshonore l’Église et qu'ils dissipent les grands biens qu’ils ont reçus de la libéralité des princes, les employant à entretenir publiquement des fêmmes et à enrichir leurs enfants. Il montre ensuite que les deres sont obligés à la continence par le canon de Nicée, qui leur défend de loger avec des femmes ; par les décrétales de saint Sirice
jet de saint Léon, dont le premier défend le mariage même aux sous-
diacres, Il réfute l'ignorance ou la mauvaise foi de ceux qui s’excu- &ient sur l'exemple des prêtres de l’ancienne loi; il leur montre que œux-ci même étaient obligés de garder la continence tout le temps qu'ils étaient de service dans le temple. Or, les ministres sacrés de l'Église sont de service chaque jour; donc ils doivent garder une
plus, si le mariage était permis aux
!Glab., 1. 8, c. 1,
130 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LAIT, — Degÿ
prêtres d'Aaron, c'était pour propager Île sacerdoce attaché à leur famille. Cette raison n'existe point pour les prêtres du Christ, le sa. cerdoce chrétien n'étant point attaché à une famille particulière, mais communinué à tous ceux que Dieu y appelle, sans distinction de famille o:: 4e nation.
Après avoir ainsi établi en général que Lous les enfants des clercs, nés depuis leur engagément, sont illégitimes, le Pape vient à ceux qu’un clerc né serf de l'Église avait eus d’une femme libre. On pré.
tendait que ces enfants étaient libres, suivant cette règle du droit,
que, hors le mariage légitime, l’enfant suit la condition de la mère; mais le Pape soutient que cette règle ne doit s'appliquer qu'aux enfants des laïques. Premièrement, parce que les laïques qui ont füit cette loi n’ont aucun pouvoir de régler les droits de l'Église, ce qu'il prouve par une constitution du saint pape Symmaque ; ensuite, parce qu'ils n’ont pu, en la faisant, avoir en vue les enfants des clercs, puisque les clercs ne doivent pas avoir d'enfants. Les clercs concubinaires objectaient ce passage de saint Paul : Que chacun ait sa femme, pour éviter la fornication ; mais le Pape répond que l'Apôtre netparle que des laïques, et que c'est l'hérésie de Jovinien de l'appliquer indifféremment à tout le monde. Il cite encore une constitution de Justinien, qui, par une loi générale, déclarait serfs les enfants des serfs du fisc, quoique nés de femmes libres, et il se plaint hautement des juges qui jugeaient suivant la maxime contraire.
Après cette préface, où l’on ne voit citer aucune fausse décrétal, est le décret du pape Benoît, divisé en sept articles. Il renouvelle la défense d'avoir ni femme ni concubine, et semble l’étendre à tous les clercs sans exception. Il déclare que les enfants des clercs sont serfs de l’église en laquelle servent leurs pères, quoique leurs mères soient libres, et prononce anathème contre le juge qui les déclarera libres. Aucun serf de l'église, clerc ou laïque, ne pourra faire aucune acquisition sous le nom d’un homme libre, sous peine de fouet et de prison, jusqu’à ce que l’église ait retiré tous les titres de l'acquisition. L'homme libre qui a prêté son non: donnera à l'église
ses sûretés, sous peine d’être traité romme sacrilége ; et le juge ou!
le tabellion qui aura reçu le contrat sera frappé d’anathème. Ce décret est souserit par sept évêques, dont les premiers sont le pape Benoît, Aribert, archevêque de Milan, et Re, nald, évêque de Pavit.
Le Pape pria l'empereur saint Henri de confirmer ce décret par une sanction temporelle. L'empereur lui répondit par la lettre suivante: Très-saint Pape, je ne puis rien vovs refuser, vous à qui, pa Dieu, je dois tout ; d'autant plus que vous demandez des choses justes et honorables, et que vous m'sppelez en société de votre sainte
1104 de
gr
(Liv, LXIL. — De gg
loce attaché à leur es du Christ, le sa.
mille particulière, le, sans distinction
11024 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. CT
sllicitude, pour nous rendre participants de la joie comme du traail. C'est pourquoi nous vendons de très-grandes actions de grâces ivotre saint épiscopat, qui règle salutairement l'Église +t commence hréforme par l’incontinence des clercs, d'où s’est répandu tout le ml sur la terre. Tout ce que votre Paternité a institué et réformé snodalement pour la restauration néressaire dé l'Église, je le loue, je le confirme et je l’approuve, comme votre fils ; et pour que tout le monde soit plus disposé à l'observer, je promets, avec l’aide de Dieu,
& l'observer moi-même inviolablement. Et par la présente sanction,
qui, par la grâce de Dieu, vivra autant que l’Église vivante, d'accord
“ec les sénateurs de la terre, avec les officiers de notre alais et les
is de la chose publique, en présence de Dieu et de l'Eglise, nous
wroborons ces ordonnances, qui subsisteront éternellement, seront
rues parmi les droits publics et inscrites solennellement parmi les
bis humaines.
À la suite de cette lettre si remarquable, viennent sept articles wnformes à ceux du Pape, mais plus fermes et plus sévères, sousits par l'empereur et les seigneurs, en ces termes : Moi Henri, par h grâce de Dieu, empereur auguste, suivant le conseï du seigneur pipe Benoît et la suggestion d’un grand nombre d’évêques, j’ai, par l'utorité de Dieu, statué, confirmé déclaré et souhaité éternellement “ble, cette présente constitution de la lo: verpétuelle, et j'ai prié ls grands de mon empire de la confirmer. Moi Othon, margrave, lil assisté, et j'ai confirmé et loué la présente loi, comme très-né- “aire au monde et devant rendre aux églises les yeux qu’elles ont krdus 1. Telle était la politique vraiment chrétienne du saint empekur et de ses princes ; telle était leur cordiale intelligence envers la kinte Église de Dieu.
Des conciles qui se tinrent en Allemagne, nous n'avons les canons fede celui de Selingstadt, près de Mayence, tenu le 41 août 1029, hi l'évêque. de Mayence, Aribon, et cinq de ses suffragants. Ce contle fi vingt canons. On ordonne l’abstinence de la chair quatorze purs avant la Saint-Jean, autant avant Noël, et jeûnes en plusieurs igiles qui sont marquées, entre autres celle de l'Épiphanie. Défense lun prêtre de dire plus de trois messes par jour ; défense de jeter Un corporal dans le feu pour éteindre un incendie ; défense de porter
1e épée dans l’église, excepté celle du roi ; défense de faire dire,
superstition et pour deviner, des messes de la Trinité ou de saint lichel. Ordonné d’abattre les bâtiments attenants aux églises, et dé.
[se à d’autres qu'aux prêtres äe loger dans ie narvis. Qui n’obser-
enfants des clercs, Pape vient à ceux nme libre. On pritte règle du droit, idition de la mère ; Î s'appliquer qu'aux laïques qui ont füit de l'Église, ce qu'il mmaque ; ensuite, rue les enfants des enfants. Les clercs xl : Que chacun ait Je répond que l'Aésie de Jovinien de ite encore une condéclarait serfs les ibres, et il se plaint maxime contraire.
1e fausse décrétal, cles. Il renouvelle semble l’étendre à enfants des clercs res, quoique leurs tre le juge qui les 1 laïque, ne pourra e libre, sous peine iré tous les titres de donnera à l'église ége ; et le juge où ’anathème. Ce démiers sont le pape 1, évêque de Pavie.
mer ce décret par it par la lettre suier, VOUS à qui, par nandez des choses iété de votre sainte
‘Labbe, t. 9, p. 819-838.
122 HISTOIRE UNIVERSELIE [Liv. LXI, — De 9m
vera pas le jeùne énoncé par l’évêque, nourrira un pauvre le même jour. Le pénitent, pendant le cours desa pénitence, demeurera dans le lieu où il l'a reçue, afin que son propre prêtre puisse rendre témoignage de sa conduite, et le prêtre ne pourra lui partager sa pénitence ni le faire rent. dans l’église sans ordre de l'évêque. Et parce que plusieurs, chargés de grands crimes, refusaient de recevoir la pénitence de leurs pasteurs et s'en allaient à Rome, croyant que le Pape leur remettrait tous leurs péchés, le concile des six évêques arrête que telle indulgence ne leur servira de rien, mais qu'ils doivent premièrement accomplir la pénitence qui leur sera imposée par leurs pasteurs ; après quoi, s'ils veulent aller à Rome, ils prendront des lettres de leur évêque au Pape. En général, il est défendu, par ce concile, d’aller à Rome sans la permission de l’évêque ou de son vicaire 1,
Fleury ajoute cette réflexion : On voit ici que le Pape était regardé comme un évêque étranger, quant à l'administration de la pénitence, comme dans le capitulaire d'Eiton, évêque de Bâle, deux cents ans auparavant. Cette réflexion approbative de Fleury est au moins étrange { car, en bonne théologie, le Pape est le propre pasteur de tous les fidèles du Christ, d’après ces paroles du Christ lui-même: Pais mes agneaux, pais mes brebis. L'évêque est le propre pasteur de tous les fidèles que le Pape lui contie, sous le nom de diocèse ; le curé est le propre pasteur de tous les fidèles que l’évêque lui conti, sous le nom de paroisse. Mais il est bon, il est sage que le pasteur su prême nerévoque ou ne restreigne la puissance du pasteur subalterne
que pour le plus grand bien, soit de l'Église entière, soit du diocèse}
Ainsi le Pape se réserve dans toute l'Église l’absolution de certains crimes énormes, et l’évêque dans son diocèse particulier. Fleury
aurait pu serappeler ces choses, pour rectifier les paroles peu exactes
de six évêques ou même d’un seul, au lieu de les prendre pour règle. Il aurait pu se rappeler encore que, d'après le témoignage des Grecs Sozomène et Socrate, c'est une ancienne loi de l'Église, que rien ne peut s’yrégler sans l’assentimentdu Pontife romain, et qu'ainsi pour avoir force de loi, même dans leurs provinces, les conciles particuliers doivent être approuvés par le Pape.
Il se tint, la même année 1022, un concile à Aix-la-Chapelle, en présence de l’empereur Henri, pour accommoder un différend entre Pilgrim, archevêque de Cologne, et Durand, évêque de Liège, touchant le monastère de Burcito, que l’un et l’autre prétendaient ê de son diocèse. Durand avait succédé l’année précédente, dans l'égli®
1 Labbe, t. 9, p. 844.
11024 de de Liège élit un lesques, plus que I mouru enterré À L'an 402 en prései de la Pe comm si paren Outre l'Église e L'an 400 de Franc seurs de
11024 de l'ère ehr,| DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 423
de Liège, à saint Vulbode, qui est honoré le 21 d'avril. Ce dernier tait un saint évêque d’une taille et d'une grosseur presque giganksques, ce qui l'obligeait à manger beaucoup ; mais en mangeant plus que les autres, il ne laissait pas de se mortifier par l'abstinence, I mourut saintement le 20 d'avril, en embrassant le crueifix, et il fut aterré le lendemain dans l'église du monastère de Saint-Laurent. L'an 1023, Aribon tint un autre concile plus nombreux à Mayence, « présence de l’empereur, qui était invité d'y venir célébrer la fête de la Pentecôte. Tout ce qu'on en sait, c'est que l'archevêque y scommunia le comte Othon, à cause de son mariage incestueux avec « parente Irmengarde 1,
Outre ces assemblées d’évêques et de seigneurs pour le bien de l'Église et de l'empire, on vit des assemblées de rois à la même fin. Lan 1006, il y eut, entre les deux rois Henri de Germanie et Robert de France, une entrevue sur la Meuse, qui séparait leurs États. Pluseurs de leur suite disaient qu'il n'était pas de leur dignité de passer lun du côté de l'autre, et qu'ils devaient se voir sur des barques au nilieu de la rivière. Mais l'humilité et l'amitié sincère l’'emportèrent. Le saint roi Henri, s'étant levé de grand matin, passa avec peu de site chez le roi de France, et ils s'embrassèrent avec une cordialité hexprimable : ils entendirent la messe, célébrée par des évêques, et dnèrent ensemble. Après le diner, le roi Robert offrit à Henri des présents immenses d’or, d'argent et de perles précieuses ; de plus, «nt chevaux très-bien enharnachés, sur chacun desquels étaient une tuirasse et un casque ; déclarant, au surplus, que leur amitié dimiuerait à proportion-de ce qu’il lui laisserait de toutes ces choses. Henri, toutefois, accepta seulement un livre des Évangiles , couvert or et de pierres précieuses, avec un reliquaire fait de même, lequel aontenait une dent de’saint Vincent, martyr. Quant à sa femme, sinte Cunégonde, elle reçut seulement des vaisseaux d’or pateils. Le jour suivant, le roi Robert passe avec ses évêques dans la tente du roi de Gerraanie, qui lui fait une réception magnifique. Le diner étre eux étant fini, Henri présente cent livres d’or pur au roi Robert, qui n'accepte que des vaisseaux d’or pareils ; puis, ayant ciménté un lité d'amitié, les deux rois s’en retournèrent chez eux 2. Il existe in diplôme en faveur du monastère de Saint-Bénigne de Dijon, donné par le roi Robert pendant son entrevue avec Henri sur la Meuse, et qui porte expressément la date de 1006, dix-neuvième anée du règne de Robert 3, - | Dix ans après, c’est-à-dire en 1016, ce bon prince , après avoir
(Liv. LXU, — De 9
in pauvre le même e, demeurera dans » puisse rendre téi partager sa pénil'évêque. Et parce ient de recevoir la ne, croyant que le ile des six évêques en, mais qu'ils doir sera imposée par pme, ils prendront il est défendu, par l'évêque ou de son
e Pape était regardé ion de la pénitence, âle, deux cents ans ury est au moins propre pasteur de | Christ lui-même:
t le propre pasteur nom de diocèse ; le l’évêque lui confie, re que le pasteur su- 1 pasteur subalterne ère, soit du diocèse. à solution de certains particulier. Fleury paroles peu exactes les prendre pour s lé témoignage des loi de l'Église, que > romain, et qu’ainsi, es, les conciles par-
Aix-la-Chapelle, en r un différend entre êque de Liège, toure prétendaient êtr ‘édente, dans l'église
Labbe, t, 9, p. 854. — ? Glab., 1. 3, c. 2. — 3 Bouquet ,t. 10, p. 28, n. a.
Sep ion “mere brie PRE Me
Le
RE
a De
pe En
424 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LAIT, — Degp
visité tous les saints lieux de France, eut la dévotion d'aller à Rome visiter les tombeaux des saints apôtres. Il y fut accompagné d'un nombreux cortége d'évêques et de seigneurs. La veille de Saint. Pierre, il offrit quelque chose sur son autel. Tout le monde comptait que c'était quelque offrande de grand prix. C'était, dans une bourse de soie, une antienne en l'honneur de saint Pierre, que le roi luimême avait composée et-notée de sa main. Pendant son séjour à Rome, le roi fit connaître au Pape que plusieurs seigneurs usurpaient les biens du monastère de Cluny ainsi que d’autres. Aussitôt lepape Benoît adressa une lettre circulaire aux évêques de Bourgogne, d’A. quitaine et de Provence, pour leur ordonner d'excommunier ces usurpateurs !, 3
Au mois d'août de l’année 1093, saint Henri, alors empereur de- |
puis neuf ans, eut une seconde et dernière entrevue avec son ami, le roi Robert , qu’il.y avait invité par Gérard, évêque de Cambrai, et Richard, abbé de Verdun. Cette entrevue eut lieu à Ivoy, sur le Cher, aux confins de la Champagne et du Luxembourg. Le jour de Saint-Laurent, l’empereur, averti que Robert venait le voir, alla au. devant de lui jusqu’à Mousson. Dans cette entrevue solennelle, qui dura plusieurs jours, ils rendirent leur amitié encore plus intime, ils établirent solidement la paix et la justice; ils y traitèrent de l’état de l'Église, du royaume et de l'empire : ils cherchent surtout les moyens d'assurer la paix de l'Église, et de mieux subvenir à la chrétienté, exposée à tant de périls; ils conviennent de se retrouver à Pavie, avec le seigneur apostolique, pour lui faire agréer leurs projets 2.
Le saint empereur Henri n'eut pas le temps de les accomplir sur la terre. Affligé de diverses infirmités , il célébra, déjà malade, h fête de Noël 1023 à Bamberg ; il célébra, plus malade encore, la fête de Pâques 1024 à Magdebourg; puis, entouré de tous les grands de l'empire, il mourut saintement dans la petite ville de Grone, âgé de cinquante-deux ans, le 14 juillet 4024, jour auquel l'Église honore sa mémoire. Se sentant près de mourir, il appela les parents de l'impératrice, sa sainte épouse, et leur dit : Je vous la rends vierge, comme vous me l’avez donnée 3!
1 D. Bouquet, t. 10, p. 303 et 305. Labbe, t. 9, p. 810. — ? Ex Chron. Came rac. Bouquet, t. 10, p. 201, —.5 Acta SS., 14 julii.
L'em juillet 4 rad IF, qu'il ét c'est du nom. ( fut élu ronné € de la si
Tous lorsqu’ Gisèle.
égard « On pre qu'il a quitter de Gisè et Gisèl
Len.
grande lorsque de l'ég secours aient | divin a audien( reprit ( m'ont € devoir he sont
(Liv. LXU, — Dep
on d'aller à Rome accompagné d’un a veille de Saintle monde comptait dans une bourse rre, que le roi lui.
idant son séjour à igneurs usurpaient 8. Aussitôt le pape e Bourgogne, d’Aexcommunier ces
11054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. #5