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148 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIL. — De 1044
« J'ai envoyé par avance cette lettre, afin que tout le peuple de mon royaume se réjouisse de ma prospérité ; Car , COMME Vous le savez vois-mêmes, jamais je n'ai épargné ni ma personne ni mon travail, et jamais ie ne les épargnerai pour l'utilité nécessaire de tout mon peuple. Laine nant je conjure tous les évêques et les magistrats de mon royaume, par la fidélité que vous me devez ainsi qu’à Dieu, de faire en sorte qu'avant mon arrivée en Angleterre toutes les re. devances que nous devons suivant la loi ancienne soient acquittées, savoir : l’aumône pour les charrues , la dime des animaux produils pendant l'année, et les deniers que vous devez à Saint-Pierre de Rome par chaque maison des villes et des villages ; de plus, à la mi-août, la dime des moissons , et, à la Saint-Martin, les prémices des semences. Que si, à mon prochain débarquement, ces redevances ne sont pas entièrement payées, la puissance royale s’exercera contre les délinquants , selon la rigueur de la loi et sans aucune grâce !,»
Voilà ce qu'écrivit l’an 1027, en partant de Rome , le roi le plus puissant de ces terribles hommes du Nord , qui, sous les noms de Danois et de Normands, ravagèrent plus d'un siècle l'Europe chrétienne. On y voit le changement prodigieux que la piété chrétienne avait opéré dans ce chef de Barbares et de pirates. On ne le voit pas moins dans le préambule suivant d’un de ses diplômes en faveur du monastère de Crovland Canut, roi de toute l'Angleterre, du Danemark, de la Norwége et d’une grande partie de la Suède, à toutes les provinces, nations et peuples soumis à ma puissance , petits et grands, salut. Comme mes ancêtres et mes parents ont souvent
opprimé l'Angleterre par de dures extorsions et des déprédations È
cruelles, et qu’ils y ont versé fréquemment, je le confesse, le sang innocent, mon application a été depuis le comm:ncement de moi règne et le sera toujours à Vavenir , tant devant Dieu-que devant les hommes, de satisfaire pour ces miens péchés et ceux de mes parents, de réparer avec la dévotion que je dois l’état de toute la saint Église, notre mère, ainsi que de tous les monastères situés en mo royaume et qui aurañent besoin en quelque chose de ma protection, et de me rendre ainsi secourables dans mes nécessités el favorables à mes prières tous les saints de Dieu ?. C'est avec cette pieuse humilité que parlait le roi Canut au faite de la puissance et de la gloire, lui qui, au commencement de sa conquête d'Angleterre, disait encore: Qui m’apportera la tête d’un de mes ennemis me sera plus cher qué s’il était mon frère 5.
1 Wilkins, Concil. mag. Brit.,t.1, p. 297. Labbe, t. 9, p. 861. — ? Act. Btned., sect. 6, pars i, p. 449. — © Florent. Wigorn, Chron,, p. 619, édit. Frantfort, 1C01.
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Un ho changem wrchevêq aint Du l'an 102 ans aprè par le pa sant à Pé dun ma fut ce ve kroi Ca ltions qi vu, Ce fu que civil mière est le conseil sur les ég l'envoya qui l'en r église qu l'an 1038
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qu'il ne fe de la paix ümentée de Cannt,
, LAINE. — De 10%4 11064 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 449
out le peuple de Un homme surtout avait puissamment contéibué à cet heureux , Comme vous le Æ changement du roi Canut. Ce fut saint Égelnoth, Édelnoth ou Elnoth, personne ni mon D archevêque de Cantorbéry. Issu d’une noble famille et baptisé par nécessaire de tout. D aint Dunstan,, il fut d’abord moine de Glastonbury ; ensuite succéda, : s et les magistrats D an 1020, à l'archevêque Living, successeur de saint Elphége. Deux , ainsi qu'à Dieu, D 5 après, il'alla à Rome, où il fut reçu avec beaucoup d'honneur re toutes les re. D ;r le pape Bénott VILL, qui lui donna le pallium. A son relour, pas-: soient acquittées, D ant à Pâvié, il acheta un bras de saint Augustin cent marcs d’argent nimaux produits x un marc d'or, et enrichit de cette relique l'église d'Angleterre: Ce à Saint-Pierre de ft ce vertueux pontife qui, par l'autorité de sa sainteté, encuurageait es; de plus, à le roi Canut au bien et le détournait du mal. Ce fut par ses exhortin, les prémices D utions que-le prince fit le pèlerinage de Rome, ainsi que nous l'avons nt, ces redevances Œ, Ce fut par ses conseils qu'il renouvela les loistant ecclésiastiques > s'exercer CON D qe civiles, conformes à celles des rois précédents, et dont la preaucune grâce !,» D nière est d'aimer Dieu par-dessus toutes choses 1, Ce fut encore par me , le roi le plus D} conseil du saint archevêque que le roi Canut étendit ses libéralités sous les noms de Mir les églises étrangères, comme on voit par celle de Chartres, où le l'Europe chré- Dj envoya une somme considérable » du temps de l'évêque Fulbert, a piété chrétienne EE i l'en remercia par une lettre, et employa cet argent à rebâtir son On ne le voit pas Œiise qui avait été brûlée, L'archevèque Édelnoth ou Elnoth mourut Ômes en faveur du Win 1038, et est compté entre les saints 2, ri leterre , du Dane- Le ro! Canut, ainsi que déjà nou: l'avons vu, emmenaen Danea Suède, à toutes Œuark plusieurs évêques d'Angleterre, dont il mit Gerbrand er Zéuissance ; petits € Ehnde, Unvan, archevêque de Brême, reçut fort bien l'évêque Gerents ont souvent Erand ; mais il Pobligea à le reconnaitre Pour son supérieur et à Iui . des déprédations Miromettre tidélité, L’avant pris en amitié, il se servait de lui pour e confesse, le sang Buvoyer au roi Canut des députés avec des présents, le congratulant ncement de moi Mis victoires qu'il avait remportées en Angleterre, inais le reprenant
ieu-que devant ls ie ce qu'il avait osé en enlever des évêques. Le roi Can::t priten ux de mes parents, Bonne part la réprimande, et vécut si bien. depuis avec l'arc vêque, de toute la sainte vil ne faisait rien que par son avis : jusque-là qu’il fut le mi diateur
ères situés en mOn ik la paix entre ce prince et le roi Conrad le Salique 5, Cette paix fut de ma protection, iimentée par les fiançailles et depuis par le mariage de Gunilde, fille ssités et favorables Mie Cannt, avec le jeune enri, fils de Conrad, qui fut depuis l'emce cette pieuse ht: Breur Henri HI.
ince et de la gloire. & Vers ce même temps, comme nous l'avons déjà vu, régnaient en erre, disait encoté: B\crwége et en Suède deux rois du nom d’Olaf ou Olaüs, zélés l'un sera plus Chef QUES l'autre pour la’ propagation de la foi et de la piété chrétiennes. Le remier s’appliquait particulièrement à purger la Norwége des de- .p. 861. — * Act. Br , p. 819, édit. Frant- Labbe, t, 9, p. 314 — ? Àcf. Bened., sect. 6, pars 1. — $ Adam Brem., À, C. 38, MIN, >»
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vins, des magiciens et des enchanteurs dont elle était remplie, et il avait auprès de lui de saints évêques, que nous avons déjà appris à connaître, et qui l'aidaient par ieur doctrine et leurs conseils. Il envoya des députés à l'archevêque Unvan, avec des présents, le suppliant de recevoir favorablement ses évêques, et de lui en envoyer, de sa part, pour afferinir la religion en Norwége !. On se rappellera sans doute que l'archevêque de Brême ou de Hambourg était légat du Siége apostolique pour la conversion des peuples du Nord.
Olaüs de Suède, nouveau Chrétien, dont Olaüs de Norwége avait
épousé la fille, n’était guère moins zélé que son gendre pour la religion chrétienne. Il fit de grands efforts pour faire abattre le temple d’idoles qui était à Upsal, au milieu de son royaume; et les païens, craignant qu'il n’en vint à bout, convinrent avec lui que, puisqu'il voulait être Chrétien, il choisit le meilleur pays de la Suède pour y établir une église et l'exercice de sa religion, sans faire violence à personne pour quitter le service des dieux. Le roi, fort content de ce traité, fonda une église et un siége épiscopal dans la Gothie occidentale, près du Danemark et de la Norwége. Ce fut à Scaren, ville alors très-grande, à présent peu considérable, où, à la prière du roi de Suède, Turgot fut ordonné premier évêque par l’archevêque Unvan ; et il s’acquitta si bien de son ministère, qu’il convertit à la foi deux peuples célèbres des Goths. Le roi Olaüs de Suède fit baptiser sa femme et ses deux fils, Émond et Amond. A ce dernier, il fit donner le nom de Jacques au baptême ; ce prince, tout jeune qu'il était, surpassa en sagesse et en piété tous ses prédécesseurs, et aucun roi nefut si agréable aux Suédois 2.
Cependant Ol-üs, roi de Norwége, fut chassé de son royaume par la faction des seigneurs, dont il avait fait mourir les femmes, à cause de leurs maléfices. Le roi Canut, qui lui faisait la guerre, se prévalut de cette révolte, et fut reconnu roi de Norwége; ce qui n'était encore arrivé à aucun roi de Danemark. Olaüs, mettant toute son espérance en Dieu, entreprit de se rétablir pour réprimer l'idolâtrie ; et, par le secours du roi de Suède, son beau-père, et des insulaires, il assembla une grande armée, et reconquit son royaume. Alors il crut que Dieu l'avait rétabli afin de ne plus pardonner à personne qui voulüt demeurer magicien ou qui refusât de se faire Chrétien. Ily réussit pour une grande partie. Mais, suivant les uns, quelque peu de magiciens qui restèrent le firent mourir, pour venger ceux qu'il avait condamnés; suivant d’autres, il fut tué dans une bataille; d’autres enfin disaient qu'il fut mis à mort secrètement, pour faire plaisir à Canut,
1 Adam Brem., 1, 2, c. 40. — ? Ibid., c. 41.
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= ‘Adam Brem., 1,9, c.
41054 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 451
qui s'empara de son royaume. Quoi qu’il en soit au juste du genre particulier de sa mort, Olaüs fut regardé comme martyr. On l’enterra avec honneur à Drontheim, capitale du royaume : il se fit à son tombeau un grand nombre de miracles, et il fut depuis en grande vénétion à tous les peuples voisins. Il mourut l'an 1028, le 29me de juillet, jour auquel l'Église honore sa mémoire. Son fils Magnus, ayant récupéré le trône en 1035, contribua beaucoup à étendre la dévotion des peuples envers son père, que la cathédrale de Drontbeim choisit pour patron titulaire 1.
L'archevêque Unvan, profitant de la paix solide entre les Slaves
D «les Saxons d'outre-Elbe, rétablit la métropole de Hambourg, rai-
née par les Normands en 845, et y assembla une grande multitude d'habitants et de clercs. Il y demeurait souvent, jusqu'à y passer la moitié de l’année, et y donnait rendez-vous au roi Canut et aux prin- «s des Slaves. Enfin, après avoir gouverné son église pendant seize ins et s’être dignement acquitté de sa mission chez les infidèles, il mourut le 27me de janvier 4029, et eut pour successeur Libentius IF, xveu du premier, prévôt de la cathédrale. Il fut élu par la faveur lelimpératrice Gisèle, reçut le bâton pastoral de l’empereur Conrad,
tlle pallium du pape Jean XIX. Mais il ne tint le siége de Brême et de Hambourg que quatre ans ?,
tue, qu'il parvint à une haute piété, et, étant une nuit en prières, Ipromit à Dieu de garder la virginité; mais il tint cette résolution
ls-secrète. Aussi le roi » Son père, voulart assurer la succession du tyaume, lui proposa un mariage convenable avec une belle prin- ‘se, Éméric s’en défendit d'abord, puis il céda à la volonté de son pue et se maria, mais sans préjudice de son vœu, et il ne toucha point à son épouse, comme elle en rendit témoignage après la mort lu prince, qui suivit de près son mariage. Il fut enterré à Albe- Royale, et il se fit plusieurs miracles à son tombeau : aussi l'Église lionore-t-elle entre les saints le 4me de novembre 3,
Le roi, son père, ent besoin de toute sa vertu pour se consoler de