Acta SS., 26 juiti. — ? Adaim Brem., i. 2, c
1,45. — 3 Apud Sur., 4 nov. Acta SS., 20 aug.
152 HISTOIRE UNIVERSELLE, [Liv. LAN. — De 1024
cette perte ; et, afin d'attirer sur lui la miséricorde de Dieu, il augmenta ses aumônes, déjà très-grandes,, surtout envers les étrangers. ll avait «ne confiance particulière: en un saint ermite nommé Gonthier, retiré en Bohème ; et quand ce saint er: venait le voir, il le laissait maître de son trésor. Enfin le saint roi Etienne, ain été longtemps malade et sentant approcher sa fin, appela les rues etles seigneurs de sa cour, qui étaient Chrétiens, et leur recomman a l'élection du nouveau roi ; mais surtout de conserver la religion nouvellement établie en Hongrie. Après quoi, levant les mains et les yeux, il s'écria : Reine du ciel, réparatrice du monde, c'est à votre patronage que je commets la sainte Église avec les tes et le clergé, le royaume avec les grands et le peuple ; leur disant e dernier adieu, je remets mon âme entre vos mains. Ayant ensuite reçu en leur ;:*" ‘sence l'extrême-onction et le saint viatique, il expira le ague d'août, jour de l'Assomption de la très-sainte Vierge, rene il avait toujours désiré et demandé avec larmes. Il fut jee dur l'église qu'il avait fait bâtir à cette sainte patronne à si è : Sa sainteté fut attestée par plusieurs miracles. Son corps ut us e terre quarante-cinq ans pus sa a Real IX le canonisa, et Innoent X sa fête au 2 de septembre ”. pe tt ou Gonthier, dont il vient d'être parlé, était un seigneur de Thuringe, illustre paï sa naissance et sa dignité, a touché de repentir des péchés de sa jeunesse, alla trouver ma 30dehard, depuis peu abbé de Hirsfeld'et ensuite évêque de Hil esheim. (junther lui découvrit le fond de sa conscience, etl abbé lui persuada d'embrasser la vie monastique. Îl renonça à ses biens, qui sua srands, et les donna au monastère de Hirsfeld, du cansanienen de ses héritiers, se réservant toutefois pour sa subsistance le mure de Guelling, dont il jouissait étant séculier, suivant | AU: e ce temps-là, ce qui fut cause que l'abbé différa quelque temps sa ns fession. Après l'avoir faite dans le monastère d Altaha, sue À même abbé, il alla, par sa permission, demeurer à celui de E ing, qu'il s'était réservé; mais, comme il n'était aecoutumé ni à la pape vreté ni au travail, il trou ait de grandes difficultés css : gouise nement de certe maison et venai. ouvent demander aus au ie abbé Godehard, qui lui dit enfin d’un ton terre et sévère, qu'il se oumit à l'obéissance et à la stabilité qu'il avait RrAmpiReR à ie u qu'il quittât l'habit et retournât dans le siècle. Ilen parla Le fi l'empereur saint Henri, qui fit venir Gunthec et lui d es a ee ment qu’il ne pouvait servir deux maitres. Ainsi il abandonna Gu ling et revint à Altaha se ranger à la vie commune.
1 Acta SS., ? sept.
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En avec où il meur pauvi l'eau, homn mais disco:
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1 Act
KI. — De 1024
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évêques et le
disant le dernt ensuite reçu ae, il expira le erge, comme il t enterré dans à Albe-Royale.
orps fut levé de sonisa, et Inno-
parlé, était un sa dignité, qui, ouver saint Gode Hildesheim.
bé lui persuada ns, qui étaient onsentement de ce le monastère nt l'abus de ce e temps sa proaha, soumis au elui de Guelling, imé ni à la paudans le gouver- » conseil au saint sévère, qu'il se mises à Dieu, où n parla même à représenta forteabandonna Guel-
à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 153
Il s"y distingua bientôt par sa ferveur et son austérité, en sorte que saint Étienne de Hongrie, son pârent, en entendit parler et désira ardemment de le voir. Il envoya deux fois, mais inûtilement, l'en prier; enfin Gunther se rendit à la troisième, et, avec la permission de son abbé, il alla avec les envoyés du roi, qui le reçut avec une joie extrême. Il le fit manger à sa table ; mais il ne put jamais le i<’suader de manger de la viande.
Ensuite le saint homme se retira, par la permission de son abbé, avec quelques moines d’Altaha, dans un désert des forêts de Bohême, où il fonda un ermitage ou nouveau inonastère l’an 1008, et y demeura trente-sept ans. Lui et ses disciples vivaient dans une extrême pauvreté; leur nourriture était grossière, ils ne buvaient que de l'eau, et encore par mesure. Gunther, qui les gouvernait, était un homme sans lettres, qui n'avait rien appris que quelques psaumes : mais il avait été si attentif aux lectures de l’Écriture sainte et aux discours des autres, que souvent il en expliquait les sens les plus mystérieux, tantôt en souriant, tantôt sérieusement, en sorte qu'il se faisait admirer. L'auteur de sa Vie dit avoir entendu de lui un discours sur saint Jean-Baptiste, qui tira les larmes de tous les assistants.
Le duc Bradislas de Bohême, étant un jour à la chasse, poursuivait un cerf d'une merveilleuse grandeur; le cerf se véfugia dans un endroit de la forêt où tout d’un coup ‘ s'arrêta tranquille. Le duc, étonné, aperçut bientôt une pauvre cellule, etentendit une voix du ciel qui lui dit qu'un trésor de Dieu était caché là. Le duc, ayant fait le signe de la croix, entra dans la cabane. Et voilà qu’un beau vieillard à cheveux blancs, semblable à un ange, était prosterné en prières sur sa couche. Le duc en demeura stupéfait; mais le vieillard, l’ayant régardé, lui dit avec douceur : Ne craignez pas; au contraire, bénissez Dieu : car je suis Gunther, qui vous ai tenu sur les fonts de baptême ; et il lui en rappela des preuves. Le duc, hors de lui, demandait à son bienheureux parrain comment donc il était venu dans cette affreuse solitude, et à une vie si pauvre, lui qui était d'une si haute noblesse ; et il le pressait de venir à sa cour. Le saint homme l'en remerci, et lui dit que, s’il voulait assister à su mort, il n'avait qu'à revenir le lendemain avant neuf heures. Le duc revint en effet de grand matin, avec Sévère, évêque de Prague, lequel célébra la messe, et communia le saint ermite, qui mourut à neuf heures, au milieu des cantiques et des pleurs des assistants. C'était le 9 octobre 1043, jour auquel l'Église honore la mémoire de saint Gunther 1,
1 Act, Bened., sect, 5, pars 1, p. 489.
454 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXII. — De 10% |}
Lorsque le roi Conrad passa les Alpes pour aller à Rome recevoir la couronne impériale du pape Jean XIX, il y avait dans son cortége un clerc de l’église de Toul, qui devait un jour, sous le nom de saint Léon IX, commencer pour l'Église romaine une ère nouvelle et être le premier d'une série de Papes plus grands l’un que l'autre. Ce clerc se nommait Brunon. Il était né le 24 juin 4002, dans le diocèse actuel de Nancy et de Toul, au château de Dachsbourg ou Dabo, sur les confins de la Lorraine et de l'Alsace. Sa famille, ainsi que celle de Hugues Capet, remontait, par sainte Mathilde, femme de
Henri l'Oiseleur, à Charlemagne et à Witikind. Un de ses ancêtres, |
le comte Hugues 4er, qui embrassa la vie monastique en 940, fut la tige commune des princes de Lorraine, des princes de Hohenlohe et des comtes de Habsbourg, quisubsistent encore. Le comte HuguesIW, père de Brunon, était cousin de l'empereur Conrad. La piété n'était pas moins héréditaire dans sa famille que la noblesse. Son aïeul paternel et son aïeule maternelle, le comte son père et la comtesse sa mère, après s'être distingués dans le monde, y renoncèrent pour se dévouer à Dieu daus les monastères qu'ils avaient fondés, et parmi lesquels était celui de Hesse, près de Sarrebourg. Le jeune Brunon n’avait que cinq ans, lorsque sa mère, qui l'avait nourri elle-même,le mit entre les mains de Bertold, évêque de Toul et troisième successeur de saint Gérard, pour l’instruire dans les arts libéraux et les lettres,
Sous le gouvernement éclairé de Bertold, la ville de Toul était devenue une école plus florissante que jamais, où affluaient les enfants des nobles, et où le jeune Brunon trouva deux de ses cousins, l'un fils du duc de Lorraine, l’autre du duc de Luxembourg. Ils s'ap-
pelaient Adalbéron tous les deux. Le premier mourut jeune encore; à
le second, qui devint depuis évêque de Metz, joignait à l'étude des sciences la pratique des vertus, la mortification, les jeûnes, les veilles. Il fut le précepteur particulier de son cousin Brunon, comme étant plus avancé en âge et dans les études. Unis par les liens du sang et de l'amitié, les deux cousins faisaient des progrès merveilleux. Ils étudièrent d'abord ce que l'on nommait dans ce temps le Trivium, qui comprenait la grammaire, la rhétorique et la dialectique : ils se distinguèrent en prose et en vers, s'exercèrent même plaider et à juger des causes. Ils étudièrent ensuite, avec non moins de succès, le Quadrivium, c’est-à-dire l’arithmétique, la musique, là géométrie et l'astronomie. Le progrès dans les sciences n’empêchait point le progrès dans la piété. Le jeune Brunon déployait avec les années un caraetère de plus en plus aimable. La grâce divine petfectionnait en lui un heureux naturel. Nonobstant son illustre naissance, ses richesses, ses avantages de corps et d'esprit, on ne voyall
en lui tout le et à se Un ; châtea s'endo suivit | tendai put po guérisc monas temps changé la dem L’év même :
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à 1054 de l’ère chr.] DE L’ÉGIHISE CATHOLIQUE. 455
en lui ni orgueil ni prétention. i! était affable et prévenant envers tout le monde : il obéissait volontiers, non-seulement à ses supérieurs et à ses égau:”:, mais encore à ses inférieurs.
Un jour, après avoir terminé ses études, il se délassait dans un des châteaux de son père en Alsace. C'était pendant l'été. Conime il s’endormit le soir, un reptile venimeux lui piqua le visage. Il s’ensuivit une enflure considérable, qui mit ses jours en péril : on n’attendait plus que sa mort, quand un vieillard vénérable, qu’il reconput pour être saint Benoît, lui apparut et lui procura une prompte guérison. Brunon conçut dès lors une grande affection pour l'état monastique ; il paraît même l'avoir embrassé : car il disait quelque temps avant sa mort : J'ai vu la cellule que :’habitais étant moine, changée en un vaste palais ; et il me faut rentrer en ce moment dans la demeure étroite du tombeau.
L'évêque Bertold, qui l'avait élevé, étant mort, il se soumit de même à son successeur Hériman. Il compatissait à ceux qui avaient à souffrir, particulièrement aux moines de Saint-Ëvre, contre lesquels des flatteurs et des envieux avaient prévenu le nouvel évêque. Brunon tantôt les défendait avec courage, tantôt pleurait avec eux. Il procura surtout, par son autorité, le maintien de la vie canonique dans le cloître de Saint-Étienne, qui était la cathédrale. Ses parents l'ayant mené à la cour de l'empereur Conrad, qui était de leur famille, il s’y attira la bienveillance de tout le monde ; il était de s: bonne mine, si plein de grâces et de prudence, que pour le distinguer des autres qui portaient le même nom que lui, on y ajoutait l’épithète de Bon. L'empereur et l'impératrice avaient une telle confiance en ses lumières et sa discrétion, qu'ils l’admettaient dans leurs conseils les plus secrets, et ne faisaient rien sans son avis. Ils pensaient dès lors à l'élever à un des postes les plus éminents de l'Église et de l'empire. Brunon s’en aperçut ; mais, tout jeune qu'il était, promit à Dieu d'accepter avec plus de joie l’église la plus pauvre, si sa Providence l’y appelait, que le poste le plus éminent et le plus riche auquel l'empereur voudrait l’élever par affection charnelle.
Il'était âgé de vingt-trois ans et diacre, quand il suivit le roi Conrad dans son voyage de Lombardie. L'évêque Hériman, étant malade, le chargea de conduire les troupes de l'évêché de Toul au service du prince. Dans cette milice séculière, Brunon déploya une sagacité et une prévoyance telles, qu'on eût dit qu’il ne s'était jamais Occupé d'autre chose : traçant lui-même les camps, fournissant à tous et à chacun, en temps et lieu, les subsistances nécessaires ; de telle sorte que et nobles et particuliers n'avaient à s'occuper que de leur personne. C'était en 1096.
458 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIIT. — De 10% Durant cette expédition, l’évêque Hériman vint à mourir pendant
le earême. Aussitôt le clergé et le peuple de Toul, d'une voix una- À
nime, choisæent Brunon pour leur évêque. Ils en écrivirent deux
lettres, l’une au roi Conrad, l’autre à Brunon lui-même. Ils repri-
sentaient au roi les déprédations journalières auxquelles ils étaient exposés sur les confins des trois royaumes de Lorraine, de Bourgogne et de France : le roi de Lorraine et de Germanie étant trop loin pour les déferdre, tandis que les rois des Français revendiquaient leur ville par toutes les machinations possibles, il teur fallait donc un pasteur noble et sage, capable de repousser tous les ennemis : ce pasteur n’était pas difficile à trouver, puisque le suffrage unanime du clergé et du peuple avait désigné Brunon, parent du prince, chéri de Dieu et des hommes, élevé dans cette église, instruit dans les lettres, d’une conduite exemplaire, et qui, passant par les divers degrés, avait été canoniquement élevé au diaconat : non-
seulement les habitants de la ville et des faubourgs, mais toutes les
popuiations du voisinage, les évêques de la province, s’accordaient à le demande: : le roi devait donc leur accorder celui-là, ou aucun: car nouûs avons cette parole du bienheureux pape Célestin : Chacun] doit recevoir de fruit de sa milice dans l’église où il a passé sa vie dans tous les offices ; il ne doit aucunement usurper la solde ouh récompense due à un antre; que les clercs aient la faculté de résister, lorsqu'ils voient qu’on les acceble ; qu’ils ne craîgnent point de repousser ce qu'on leur impose ; et, s’ils n’ont pas la récompense qu leur est due, qu'ils aient au moins le libre jugement sur celui qui doit les régir. Saint Léon parle dans le même sens quand il dit: Nul ne doit être ordonné pour ceux qui ne le veulent ni le demun: dent, de peur que la ville ne méprise ou ne haïsse un évêque qu'elié n’a point souhaité, et qu'elle ne devienne moins religieuse qu'il ne convient, si elle ne peut avoir celui qu’elle voulait. C’est ainsi qu l'église de Toul parlait au roi Conrad, ajoutant que, si la puissancè
terrestre pouvait faire prévaloir la violence contre une si évidente (à
si canonique autorité, elle ne pourrait néanmoins jamais leur ôle leur affection pour leur élu. Enfin ils conjura’ent tous le prince dé considérer plutôt l'utilité de l'Église de Dieu que l'intérêt de sa pa renté. : | Dans la seconde lettre, ils informaient Brunon qu'ils l'avaient cll d'une voix unanime et qu’ils le demandaient au prince : par crainté et par amour de Dieu, il ne devait en aucune façon s'opposer à leif demande; ils le conjuraient par celui qui s'est fait pauvre pour l'ig
mour de nous et qui s'est humilié jusqu'à la mort, de ne point, 4
cause de la richesse et de la noblesse de sa famille, mépriser leuë
‘église p avait qn d'éleve afin qu elles m sidérat:
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8 Célestin :
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‘à 4064 de l'ère chr.]
Chacun®@
église pauvre et'humble; cette église, l'ayant nourri dès son enfance, avait quelque droit d'en être nourrie à son tour; ayant eu la gloire d'élever un tel: personnage, elle méritait de l'avoir pour pasteur, afin qu'il pût dire d’une manière spéciale : Je connais mes brebis et elles me connaissent. On n'ignorait pas que le roi de la terre, en considérati sn de sa parenté et de son mérite, le destinait à quelque chose de plus grand : si donc il écoutait néanmoins leur prière, eux conjuæraient le Roi du ciel de lui accorder; et au ciel et sur la terre, des honneurs d'autant plus magnifiques ; si au contraire il les méprisait par l'ambition terrestre d’une dignité plus éminente, la juslice divine, se vengeant de ses mépris, nor-seulement lui ferait manquer la dignité qu’il ambitionnait, mais encore l’empêcherait “e parvenir jamais à un honneur quelconque.
Le roi Conrad et le diacre Brunon, ayant reçu ces lettres, furent dans de. grandes perplexités. Le roi était charmé de voir son jeune parent ainsi loué et chéri de tout le monde ; mais il était fâché de ne pouvoir plus, comme il en avait dessein, lui procurer une dignité plus haute. Il craignait d’offenser Dieu s’il résistait au vœu si unaaime de cette église ; il regrettait de ne pouvoir rien faire qui ré-
- pondit au mérite de la personne. Dans cette fluctuation de pensées,
ilsollicita Bruno, par des intermédiaires, de ne pas accepter, lui représemtant le ravage de cette église, sa pauvreté, sa position à l'extrémité de l’empire, où l'empereur ne viendrait jamais guère. Il devait songer à sa propre sûreté et à son propre repos, ainsi qu'à l'amitié du prince, et former l'oreille aux insiraces de ceux qui avaient plus à cœur leur nécessité et leur consolation à eux, que sa sûreté et son honneur à lui. Voilà ce que le roi faisait dire; mais Brunon était plus touché des lettres que luï- avait écrites l’église de Toul ; plus cette église était pauvre, plus il se rappelait le Maitre divin de l'humilité, qui s’enfuit quand on veut le faire roi, et qui vient à la croix de lui-même ; plus il se rappelait sa première résoltion, d'aimer mieux servir le Christ dans l'humilité, que de se voir élevé dans le monde au péril de sa conscience. Plus donc on Sefforçait de le détacher de ce parti, plus il s’y attachait. A la fin, il présenta au roi, Conrad les lettres qu'il avait reçues de l'église de Toul, Le roi les ayant 1r : fut touché jusqu’à répandre un torrent de larmes, et lui ai près quelques moments de silence : Je vois bien, mon très-cher neveu, que mes desseins sur vous sci! contrariés et vaincus par les desseins de Dieu : je n'ose ni ne Gois résister; car ce serait pour le malheur de nous deux et de beaucoup d'autres. F'approuve ce que je ne puis éviter. Pour vous, content de la grâce de Dieu, qui ‘-u! vous a préélu au gouvernement de cette
458 HISTOIRE UNIVERSELLE Liv. LXU, — De 102
église, sans aucune manière de vénalité, ne cherchez point à vou concilier la bienveillance ni de mon épouse ni d'aucun mortel q ce soit, de.peur de vous entacher, ne fût-ce que d’une ombre de si monie ; car, sans aucun doute, ce que Dieu a commencé en vous d bien, il l’achèvera au plus tôt. Jetez vos inquiétudes en sa gratui bonté, lui-même. vous nourrira, suivant sa divine et infaillible pro messe. Quant à notre conseil et à notre secours, quel qu'il pui être, comptez bien qu'il ne vous manquera point; car je m'intére à votre prospérité plus qu’à celle de qui.que ce soit de votre ordre tant à cause de votre fidélité pour notre service, qu’à cause de l'af fection qui m'unit à vous comme parent. Seulement ayez soin d servir fidèlement le Tout-Puissant, et d augmenter les bonnes quai lités qu'on loue en vous depuis votre enfance.
Brunon, ayaut ainsi le consentement du prince, se disposait partir pour son diocèse. On lui’ représenta d’autres difficultés c'étaient les hostilités de la Lombardie. Pour les éviter, on lui co seilla la route la plus longue, mais. la plus sûre. Il répondit: Re mettonus-nous-en à la divine Providence; nul ne saurait nuire à celui qu’elle nrotége. Si elle veut me purifier de mes fautes par feu de la tribulation, je ne m’y refuse pas. Marchons par le gran chemin, et souffrons avec joie tout ce que le souverain arbitre dé cidera de nous. Il traversa donc la Lombardie en droiture avec u cortége considérable. Mais comme la simplicité de la foi n’exclu point les règles de la prudence, Brunon, accompagné seulement cinq personnes, précédait toujours d’un jour d’avance son cortége Il traversa ainsi toutes les villes, sans que personne le reconnût n lui dit un mot. Les ennemis, qui comptaient le trouver parmi soi escorte, virent toutes leurs manœuvres déjouées: Il arriva heureuse ment à Toul le jour de l’Ascension, 15 mai 1026, et fut intronisé mêine jour par son cousin Théodorie, évêque de Metz, frère de l'in pératrice sainte Cunégonde.
Les premiers jours de son arrivée, il déposa les deux abbés dé Moyen-Moutier et de Saint-Mansui, lesquels, négligeant le salut def âmes qui leur étaient confiées, ne se croyaient établis que pour do miner sur le temporel, et il recommanda leurs monastères au vêné rable Vidric, prévôt du monastère de Saint-Ëvre, qui, par son al et son industrie, y établit en peu de temps la régularité monastique Le roi Conrad était ravi d'apprendre de la renommée les heure succès du jeune évêque. Il en ressentait d'autant plus de joie, qu voyait dès lors en lui le futur instrument de la Providence pour té taurer l’état de la religion et de l'empire. Comme le roi devait ret voir du Pape la bénédiction impériale le jour de Pàques 1021,
41064 de
voulait, p ipiscopal l'humilité su que ce larchevê alla trouv
on arrive têque me ufragant ment de r par SON O1 pr l'Écri déclara fe pour ne P juré. Apri Conrad, a où, après promit se sastiques.
en ces ter:
année 409
À son r bre, à la monastère deux ince
probation Picité de dent cor Chérissaie
Liv. LXU, — De 102
d'aucun mortel q d’une ombre de si mmencé en vous (
, qu’à cause de l'af ement ayez soin d ler les bonnes qua
nce, se disposait l’autres difficultés s éviter, on lui co re. Il répondit: Re ne saurait nuire le mes fautes par chons par le gran ouverain arbitre dé n droiture avec u é de la foi n’excl pagné seulement d avance son cortége nne le reconnût nl : trouver parmi sol . I arriva heureuse 6, et fut intronisé | Metz, frère de l'in
les deux abbés di gligeant le salut def tablis que pour do nonastères au vêné re, qui, par son zl ularité monastique »mmée les heure nt plus de joie, qu 'rovidence pour ré 1e le roi devait rec de Paques 1027, |
1064 de l'ère chr.]
soulait, par amitié, que Brunon en reçût le même jour la consécration piscopale, et qu'il la différât jusqu'alors. Mais Brunon, qui aimait l'humilité et gardait fidèlement les commandements de Dieu, ayant a que cet honneur lui attirerait des envieux, et qu’en particulier l'archevêque de Trèves songeait à y opposer un certain privilége, il ila trouver le prince et le supplia de se départir de son dessein, prokstant qu'il se passerait volontiers de cet honneur, pour ne pas donner lieu à des difficultés à venir. Le prince ayant cédé, mais avec kaucoup de peine, Brunon revient à Toul et convient avec l’arche-
ttque de Trèves du jour de son ordination. Cet archevêque était Poppon, fils de Léopold, margrave d'Autriche. Le jour convenu,
marrive à Trèves; mais une autre difticulté se présente. L’arche-
têque met en avant un prétendu privilége, d’après lequel tous ses ufragants, avant que de recevoir l’ordination, devaient prêter serment de ne jamais faire quoi que ce soit, sans rien excepter, que pr son ordre ou son conseil, tel qu’un serviteur. Brunon, qui savait
mr l'Écriture qu’une promesse infidèle et insensée déplait à Dieu, déclara fermement qu'il ne ferait point cette promesse inconvenante,
pour ne point se mettre en cas de ne pouvoir tenir ce qu'il aurait
jé. Après un long débat, il revint à Toul sans avoir rien terminé.
Conrad, ayant appris ce différend, les manda l’un et l’autre à Worms, où, après quelques négociations, l'archevêque consentit que Brunon
pomit seulement qu'il prendrait son avis dans les affaires eccléastiques. Brunon n'eut pas de peine à faire la promesse conçue
a ces termes, et il fut ordonné le 9 de septembre de la même
anée 1026.
À son retour à Toul, le saint évêque établit Vidric abbé de Saintbre, à la prière de saint Guillaume de Dijon, et il fit rebâtir ce monastère, qui tombait en ruine et qui avait beaucoup souffert de deux incendies. Plusieurs contribuèrent à cette bonne œuvre, et Brunon en dressa un acte, pour consacrer la mémoire de ses bienhiteurs. L'empereur Conrad est à la tête de la liste, pour avoir donné quinze livres d’argent et trois onces d’or. Brunon donna le même Vidric pour abbé aux monastères de Moyen-Moutier et de Saint- Évre.
Le saint évêque de Toul était le plus bel homme de son ter-ps. letextérieur était rehaussé par une merveilleuse élégance de mœurs dde caractère. Tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il disait, avait l’aplobation universelle. A la prudence du serpent, il joignait la sim- Plicité de la colombe, de telle sorte que les sages du siècle le regarent comme le plus prudent de tous, et que les sages de Dieu le dérissaient merveilleusement pour l'innocence de son âme. Sa
D es A AE mu 2 PA de Du 2 4
HÉSRCÉTS
Ki
160 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv, LXUL, — Deus de l'ère
charité était si expansive, que bien des fois, à force de distri jeux; po tout aux autres, il se trouvait lui-même pauvre au milieu de le je etlap richesses. Sa vertu principale était la compassion ; jamais afläreS sine Con:
put l'empêcher un seul jour de servir chaque matin une foule nme valar pauvres de ses propres mains, de leur laver les pieds, à l'exem gèrent ( du Christ, et de leur donner à manger. Sa piété était si tendre, q mandant < ne vaquait à la prière, soit en particulier, soit en public, de plus e que son visage et sa poitrine fussent baignés de larmes. Il excel sccession dans les sciences divines et humaines, spécialement dans la nue Co! sique, et il composa plusieurs morceaux de chant . | si able. C saint martyr Cyriaque, du saint évêque Hidulphe, sp en Reims, le reuse vierge Odile et du pape Grégoire, l'apôtre des nglais. duc de ] humilité et sa patience étaient telles, que s’il lui arrivait pour quel sion par faute de reprendre un de ses inférieurs, et que . emporté Bi, se lig l'impatience, répondit par des injures, le saint y répliquait non NES m: des coups, mais par la compassion et les pleurs. A ere plus 4 Avec cela, il était d'une constance invincible dans les ot et égard Quelques-uns des principaux du pays, envieux de son mérite es devez v sa renommée, essayèrent de le décrier à la cour de L omperau j savez fai ayant pu réussir, ils lui suscitèrent des traverses à l'étranger. se, d'auta excitèrent un comte des frontières de France, Eudes, comie de ui traité pa pagne, à faire la guerre au saint prélat pour le draeher: à la né le jour lité à l'empereur. Brunon fut inébranlable ; ni les violences ne pu Let se con! l'abatire, ni les ruses le surprendre ; sa courageuse ut nces revin seulement soulageait les souffrances de son peuple, mais faisait Après que bien à ses ennemis mêmes. Le Tout-Puissant le fit enfin tion, qu'à s’a
de tous ses envieux. Le comte, qui avait allumé cette guerre, n par le duc Gozilon de Lorraine. Le saint évêque de Youl, “ en ambassade auprès du voi Robert de France, se concilia » l'amour et la vénération &e tout le monde par sa sagesse et sa & teté, qu'il établit une paix durable, non-seulement wie be l'empereur Conrad, mais encore entre les deux Henri, k * qui leur succédèrent. Il réussit mème à joindre — le royaume de la Bourgogne transjurane, occupé par le
We Robert de France avait perdu, l'an 1025, son fils alé, gues, qu'ilavait associé à la couronne, et qui s'en anses ses belles qualités. Il lui restait trois autres fils, mn s Robert ?, Le premier des trois, Eudes, se trouvant imbécile,
OA à fe ht Étienne li de saint li de saint ui de sain int abbé ; où il revin ents à to Huvres qui.
tient le plu ent ceux
n ; il cons ans, eten.
sur eux
1 Vita 8. Leon. LT, tcta SS., 19 april. — 2D Bouquet, t. 10, p. 2%, WEnporain dé
215, 217, 250, 283, etc, DD Bouquet
Liv. LXUL. — Des de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 161
\ force de distrib@yeux, pour la succession au trônc, sur les deux autres, Le roi > au milieu de lBiert et la plapartdes seigneurs étaient pour Henri, l'aîné des deux ; on ; jamais aflareyine Constance, par un entétement de femme, voulait le cadet matin une foule me valant mieux que son frère. Les évêques et les seigneurs se es pieds, à l'exenygèrent entre les deux princes ; quelques-uns restèrent neutres, > était si tendre, (ÉSnandant qu'on ne fit de choix qu’à la mort du père. Ce qui monsoit en publie, Sie plus en phis que, dans la première moitié du onzième siècle, de larmes. Il ex secession au trône par ordr. de primogéniture n'était pas-encore lement dans la nnnue comme une loi par les Français, du moins comme une loi hant en l'honneurkS;;hble, Cependant le prince Henri fut sacré roi par l’ archevèque phe, de la bienb@S Reims, le j jour de la Pentecôte, 14 mai 1027 ; son frère Robert fut re des Anglais. We que de Bourgogne. Leur mère Constance chapstialt:) à mettre la arrivait pour quel@S;sion parmi eux; pour résister à ses intrigues, ils se jurèrent celui-ci, emporté Bis, se liguèrent ensemble et prirent même les armes en 1030. y répliquait non Br père marche contre eux en Bourgogne, ce: qui occasionne une S. ere plus que civile. Mais elle ne dura guère. Le roi ayant consulté le dans les épreu@ut égard saint Guillaume de Dijon, reçut de lui cette réponse : x de son mérite fx devez vous souvenir, Ô roi, des injures et des opprobres que r de l’empereur. BR avez fait essuyer à votre père et à votre mère pendant votre jeurses à l'étranger. Re, d'autant plus que, par la permission de Dieu juste juge, vous ades, comie de Chi traité par vos enfants comme vous avez traité ceux qui vous ont > détacher de la né le jour. Le roi écouta très-patiemment ces paroles, convint du ès violences ne pue se confessa hautement coupable. Quelque temps après, les deux rageuse charité 0nees revinrent à la paix ?.
uple, mais Hisal@iprès que le calme eut été rendu à l'État, le roi Robert ne songea e fit enfin trim qu'à s’adonner aux exercices de piété. Il passa le carême de é cette guerre, 1031 à faire plusieurs pèlerinages. Il visita, à Bourges, l'église de que de Toul, ent Étienne ; à Sauvigny, le tombeau de saint Mayeul ; à Brioude, e, se concilia Si; de saint Julien ; à Castres, celui de saint Vincent ; à Conques, sa sagesse el Sà SW; de sainte Foi ; à Toulouse, celui de saint Saturnin ; à Pamiers, ment entre © T0}; de saint Antonin; au monastère de Saint-Gilles, celui de ce ux Henri, leurs De; bp ; enfin il visita celui de saint Gérauld d’Aurillac. Après lre à l'empire TOR; ;! revint célébrer la fête de Pâques à Orléans. Il fit plusieurs cupé par le 10 is à toutes les églises et de grandes aumônes aux pauvres. Les res qui, par leurs maladies ou par leur extérieur dégoûtant, tient le plus de quoi rebuter sa délicatesse, comme les lépreux, Bent ceux qu'il chérissait le plus et qu'il servait avec le plus d’affec- D ; il considérait en eux Jésus-Christ souffrant, il leur baisait [58 ins, eten guérit même plusieurs en touchant leurs plaies et en fainisur eux le signe de la croix. C’est ce que rapporte l'auteur connporain de sa Vie.
DD Bouquet, t. 10, p. 504, epist. Odor. — ? Glab., |, 3, €. 9, p. 40.
25, son fils ainé, À ‘en montrait digne fils, Eudes, Hen vant imbécile, on!
uquet, t. 10, p. 2%,
PRE br RE
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Le pieux roi tomba malade à Melun, et dès lors ne songea plus qu’à profiter du peu de temps qui lui restait pour enrichir la couronne qu'il espérait dans le ciel. Il désirait ardemment s’unir à Jésus- Christ, qu'il invoquait sans cesse. Pour le voir, il appelait continuellement à son secours les anges, les archanges et tous les saints de Dieu; continuellement il faisait le signe de la croix sur son front, sur ses yeux, sur ses narines, sur ses lèvres, sur son gosier, sur ses oreilles, en l'honneur des principaux mystères de la vie du Sauveur. Îl prenait aussi fort souvent de l’eau bénite, selon sa pieuse coutume ; car, quelque part où il fût, il voulut toujours en avoir dans sa chambre, La fièvre augmentant, il demanda le saint viatique, et il le reçut avec de grands sentiments de piété. À peine l'eut-il reçu, qu'il expira un mardi, 20 de juillet, l’an 1034. On porta son corps à Saint-Denis, où il fut enterré auprès du roi Hugues, son père. Il fut vivement regretté de son peuple. Le clergé, les moines, les veuves, les orphelins, énumérant ses bienfaits, s'écriaient en pleurant : Roi du ciel, Dieu bon, pourquoi nous faire mourir en nous enlevant un si bon père pour l’unir à vous ? Sous l'empire de Robert nous étions en sûreté, nous ne craignions personne. Au tendre père, au père du sénat, au père de tous les hommes de bien, félicité, gloire, demeure éternelle avec Jésus-Christ, le Roi des rois ‘ !
Une des plus cruelles famines dont l’histoire fasse mention désolait alors le royaume de France. Elle commença l'an 4030, et dura trois ans, pendant lesquels des pluies presque continuelles empéchèrent les moissons et les autres fruits de la terre de venir à maturité, Les éléments paraissaient tellement altérés et les saisons si dérangées, qu’il semblait que le monde allait rentrer dans le chaos. On s’imaginera aisément ce que les peuples eurent à souffrir d'une indigence qui ne fit qu’augmenter pendant trois années consécutives ; mais 01 aurait peine à croire les détestables attentats que la rage de la faimfit alors commettre, si un auteur contemporain, le moine Gi ber, n'avait pris soin de nous en instruire. Cependant, comme cet auteur exagère volontiers pour faire de l’éloquence, on ne doit peut-être point ajouter une foi entière à tout ce qu'il dit de ce fléau.
Cette stérilité et cette famine, qui avaient commencé en Orient, se firent sentir en Grèce, en Italie, dans les Gaules, et enfin en Angle-
terre. En France, les grands et ceux d’une fortune médiocre pälissaient de faim aussi bien que les pauvres, et la misère universelle ft cesser les rapines des puissants; mais d’autres calamités en prirent la ‘place. Après avoir mangé les cadavres des bêtes mortes, on vint
1 Helgald, Vita Rob. Bouquet, t 10, p. 116.
h 1054 de l'èr qu'à déte ssérables. « kurleur de pecés Une sant prof ute-huit, « (on, Lar ché de ant été co i, On fit e hmé , qui it surpris Mais si la + fut pas m ls abbés, kuvres ; pa ent libé:
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