LXII. — De
ssaire pour leur u’à la fin de la
\ 4034. Herluin ivant l'usage de à apprendre les ès, qu'il.étonnait xpliquait le sens ais aussi de son
études presque ournée.
un certain moavec grand resla porte du paà gravité de leur | genre de vie il r plus avant et le ute sa force et le ouffrit cet affront nonastère de plus la procession, sate, montrer avec ser à qui entrerait | le pressait un tel int les mœurs dos uit suivante, étant vec grande consoe auprès de lui et é, tantôt à genoux.
é, il revint à celui lerbert, évêque de onastique, et, trois rs disciples, il l'orr l'exemple du traaarchait le premier r, soit pour porter s épines; tous trares de l'office. Leur cuites au sel et à euse. La mère de le lui pour laver les services.
ille pour transférer
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son monastère à un lieu plus commode nommé le Bec, du nom d’un ruisseau qui y passe, ct, en peu d'années, il y bâtit une église et des lieux réguliers. Mais comme les besoins du monastère l’obligeaient d'agir beaucoup en dehors, il lui fallait un homme capable de contenir les moines en dedans; et il était fort en peine de le trouver, quand Dieu lui envoya Lanfrane, l'an 1041, de la manière qu'on a vue. Herluin crut d'abord que ses prières avaient été exuucées; ct ils se respectaient mutuellement. L'abbé admirait l’hurnilité d’un si savant homme, qui lui obéissait en tout avec une soumission parfaite. Lanfranc admirait la science spirituélle de ce laïque converti et élevé au sacerdoce depuis si peu de temps, et il reconnaissait que l'Esprit souffle où il veut. Herluin était d’ailleurs très-habile pour les affaires de dehors, pour les bâtiments, pour les soins de la subsistance, sans que cette application portât préjudice à son intérieur. Comme il savait très-bien les lois du pays, il soutenait parfaitement ses droits et était l'arbitre des différends entre les autres.
Lanfranc passa trois ans dans une entière solitude, s'instruisant des devoirs de la vie monastique et particulièrement des divins offices, suivant la promesse qu’il avait faite à Dieu quand il fut pris par des voleurs. Il parlait à peu de personnes et était peu connu, même dans le monastère. Mais ensuite le bruit de sa retraite se répandit, et la réputation qu’il avait déjà acquise rendit fameux le monastère du Bec et l'abbé Herluin. Les clercs y accouraient, les grands, -les ducs mêmes y envoyaïent leurs enfants, les maîtres des
écoles les plus fameuses venaient l'écouter, et, en sa considération,
plusieurs seigneurs donnèrent des terres à l’abbaye. Il n’en était pas moins humble ; et un jour, comme il lisait au réfectoire, le supérieur le reprit sur un mot qu'il avait bien prononcé, et il le prononça mal par obéissance. Il songea même à se retirer, voyant l’indocilité et la grossièreté des moines du Bec, dont quelques-uns, envieux de son mérite, craignaient de lavoir pour supérieur. Il se proposait donc de vivre en ermite ; mais l'abbé Herluin en fut averti par révélation, etle conjura tendrement de ne pas l’abandonner. Lanfranc, se voyant * découvert, lui demanda pardon, promit de ne le quitter jamais et de lui obéir en tout. Herluin lé fit prieur, lui donnant toute l’'intendance du monastère, et depuis ils vécurent toujours dans une parfaite union !.
Pendant cé temps-là, Bérenger, chagrin de se voir abandonné par une partie de ses disciples, essaya de se soutenir par des leçons sur l'Écriture sainte, quoique jusque-là il ne l'eût point étudiée, appliqué
! Acta Bened., sect, 6, pars 3, p. 843.
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entièrement aux arts libéraux. Mais en ne cherchant dans les livres saints qu’à satisfaire son orgueil, il n'y rencontra point la vérité que Dieu fait connaître à ceux qui la cherchent avec simplicité. Il se mit à combattre les mariages légitimes, le baptême des enfants et surtout la foi de l'Ég'is touchant la présence réelle dans l'eucharistie, C'était vers l'an 4047. 1! vépandit d’abord ses erreurs à Tours ; mais on ne fut pas longtemps sans en être informé dans les pays étrangers. Adalmann, son condisciple, Jui écrivit que toute l'Allemagne en était scandalisée, de même que l'Italie, et on y disait hautement que Bérenger s'était séparé de la sainte Église catholique et de sa foi. Vous avez, lui dit-il, des sentiments « ntraires à sa doctrine, croyant, comme vous faites, que l’eucharistie n'est pas le vrai corps de Jésus- Christ, ni son vrai sang, mais une similitude et une figure !. Adalmann se contenta d'exhorter Bérenger à faire cesser le scandale et à renoncer aux erreurs dont il était accusé. Mais Hugues, évêque de Langres, qui voyait le mal de plus près et qui le conpaissait mieux, parce qu'il l'avait découvert dans un entretien avec Bérenger, se hâta d'y apporter du remède. On le regarde comme le premier qui ait combattu cette nouvelle hérésie. Son écrit est en forme de lettre et adressé à Bérenger même, qu'il traite avec honpeur, l'appelant très-vénérable prêtre à certains égards, parce que l'Église n’avait pas encore prononcé contre. C'était donc avant le concile de Rome, en 1050, et même avant le concile de Reims, en 1049, où l'évêque Hugues fut excommunié par simonie, crime qu'il expia d’une manière si exemplaire l'année suivante.
Il commence son écrit par l'exposition du sentiment de Bérenger, en ces termes : Vous dites que le corps de Jésus-Christ est dans le sacrement de l'eucharistie de telle sorte, que la nature du pain et du vin n’y est point changée ; et, après avoir dit que le corps de Jésus- Christ y est, vous voulez qu'il n'y soit qu'intellectuellement. Vous scandalisez toute l'Église par cette erreur; car si la nature et l'essence du pain et du vin demeurent encore après la consécration par une existence réelle dans le sacrement, on ne peut comprendre qu'il } ait rien de changé dans la substance ; et si ce qui y survient de nouveau n’y est que par la puissance de l'entendement, on ne saurai! concevoir comment il se peut faire que le Gurps intellectuel de Jesns- Christ, qui ne subsiste pas réellement, est le même que son corp” véritable qui a été crucifié. L'en endement n’est que l'examinateur des substances et non pas l'auteur; il n'en est que le juge et noù le créateur; et, quoiqu'il nous montre el nous représente les figures
1 Biblioth. PP.,1. 18, p. 488.
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t dans les livres int la vérité que plicité. I se mit nfants et surtout charistie. C'était aps ; Mais on ne pays étrangers.
lemagne en était tement que Bét de sa foi. Vous octrine, croyant, i corps de Jésusfigure !.
re cesser le scansé. Mais Hugues, ès et qui le conun entretien avec egarde comme le Son écrit est en | traite avec hongards, parce que ait donc avant le ncile de Reims, ar simonie, crime vante.
rent de Bérenger, Christ est dans le ture du pain et du le corps de Jesustuellement. Vous nature et l'essence sécration par une omprendre qu'il } y survient de nouent, on ne saura tellectuel de Jesnsme que SO cui que l'examinateur re le juge et no le résente les figures
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et les images des choses créées, il n’est pas néanmoins capable de produire aucun corps matériel, C’est pourquoi il est nécessaire, ou que vous fassiez changer le pain de noture, ou que vous n'ayez plus la hardiesse de dire que c’est le corps de Jésus-Christ. Or, comme vous ne comprenez point comment le Verbe a été fait homme, vous ne sauriez aussi comprendre comment ce pain est changé en chairet ce, vin transformé en sang, si la foi de la loute-puissance de Dieu ne vous l'apprend.
I fait voir que, ‘s'il n'y a rien dans l’eucharistie que ce qui se fait par la seule puissance de l'entendement, on pourra en dire autant du baptême et de tous les autres sacrements. Bérenger n'avait raisonné ainsi qu'en voulant mesurer ce mystère sur les principes et les lumières de la philosophie. C’est pourquoi Hugues lui conseille de s’en tenir aux lumières de la foi et à ce qui est écrit dans l'Écriture et dans ies Pères, nommément dans saint Ambroise et dans saint Augustin. Le premier dit nettement : Le corps que nous consacrons est. Je même que celui qui est né de la Vierge. Le second dit aux Juifs : Que vous reste-t-il, sinon de croire, de recevoir le baptême et de boire le sang que vous avez répandu ? Hugues ajoute que, comme Dieu s’est formé un corps de.la substance de la Vierge, par la même puissance qu’il avait formé du limon un corps à Adam, de même il forme, par la vertu secrète de sa divinité, son corps et son sang des fruits de la ter’e offerts selon les rites de l’Église catholique. Entrant ensuite dans le motif de l'institution de l’eucharistie, il dit : Comme le Verbe de Dieu était invisible dans sa chair et dans son humanité, encorequ'il se füt fait homme, ainsi cette même chair, étant devenue en quelque façon invisible, parce qu’elle repose maintenant et habite dans le Verbe, a été de nouveau cachée, par un conseil de miséricorde, sous les qualités du pain et du vin, comme un moyen nécessaire pour pouvoir être mangée pa: les hommes : ce qui ne cache pas toutefois la vérité de cette mêmx chair de Jésus- Christ aux yeux fidèles et spirituels. Mais ce n’est pas ainsi que Bérenger le voyait. Je la vois, dit-il, avec d’autres yeux que le commun. Je ne le croirais bas, dit Hugues en finissant, si je ne vous l'avais entendu dire dus l'entretien que nous avons eu ensemble !. Lanfranc, alors prieur de l’abbaye du Bec, se déclara aussi contre Bérenger. Celui-ci, l'ayant appris, lui écrivit une lettre qui ne lui fut pas rendue, Il disait dans cette lettre : S'il est vrai, comme on me l'a rapporté, que vous teniez pour hérétiques les sentiments de Jean Scot sur le sacrement de l'autel, qui ne s'accordent pas avec
Apud Lanfr.,in Append , p.68,
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ceux de votre favori Pascase, c'est une preuve que vous n'usez pas bien de l'esprit que Dieu vous à donné et qui n’est pas méprisable, et que vous n'avez pas encore assez étudié l'Écriture sainte avec ceux que vous estimez les plus habiles. Etmaintenant, quelque peu instruit que je sois, je voudrais vous entendre sur ce sujet, en présence de tels juges convenables ou de tels auditeurs-qüe vous voudriez. En attendant, ne regardez pas avec mépris ce que je vous dis : Si vous tenez pour hérétique Jean, dont nous approuvons les sentiments sur l'eucharistie, vous tenez pour hérétiques saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, pour ne point parler des autres 4,
Cette lettre étant tombée entre les mains de quelques clercs, ils soupçonnèrent Lanfranc d'être aussi dans l'erreur. L'un d’eux, qui était du diocèse de Reims, l'ayant portée à Rome, le pape Léon IX, à qui cette nouvelle hérésie avait été déférée, la fit lire dans le concile qu'il tint en cette ville l'an 1030, après Paques. La doctrine de cette lettre ayant été trouvée contraire À celle de l'Église, on en condamna l’auteur, et on le priva de la communion. Lanfrane, qui avait suivi le Pape à Rome, était présent à ce concile. On lui ordonna de se justifier des mauvais soupçons que cette lettre avait occasionnés contre lui; ce qu’il fit, non par des raisonnements, mais par l'exposition de ses sentiments; auxquels personne ne trouva rien à redire. Ensuite le Pape, ayant indiqué ‘un concile à Verceil pour l’année suivante, retint Lanfranc auprès de lui jusqu'à ce temps-là. Bérenger y fut cité.
Ayant ‘appris Sa condamuation, il passa en Normandie. Ansfroi,
* abbé de Préaux, le reçut avec politesse; mais ayant examiné avec soin sa doctrine, il la trouva erronée én plusieurs points. De là Bérenger alla chez Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, dans le dessein de l’engager dans ses erreurs. Le duc, quoique jeune, ne se laissa pas surprendre ; mais il le retint jusqu’à ce qu’il allât à Brionne, oil il invita les plus habiles de toute la Normandie. Bérenger avait avec lui un clere sur lequel il faisait beaucoup de fond. La conférence se tint. Bérenger et son clerc furent réduits au silence et à faire profession de la foi catholique. De Brionne il vint à Chartres, où on
lui proposa diverses questions sur l'eucharistie. Il ne voulut point y
répondre de vive voix ; et, croyant qu'il réussirait mieux par écrit, il
écrivit aux cleres de cette église une lettre où, entre autres absur-
dités, il accusait d’hérésie l'Église romaine et le pape saint Léon qui |
la gouvernait.
Le concile de Verceil se tint au mois de septembre de l'an 1050.
1 Labbe, t. 9, p. 1051.
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Dadit
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v. LXINI. — De 1024
vous n'usez pas as méprisable, et sainte avec ceux elque peu instruit +, en présence de ous voudriez. En vous dis : Si vous es sentiments sur nbroise, saint Jétres 1.
elques clercs, ils , L'un d’eux, qui le pape Léon IX, t live dans le cones. La doctrine de Église, on en con- Lanfranc, qui avait On lui ordonna de | avait occasionnés s, mais par l'expoouva rien à redire.
il pour l’année suiemps-là. Bérenger
mandie. Ansfroi, vant examiné avec eurs points. De là Normandie, dans le uoique jeune, ne se qu'il allàt à Brionne, die. Bérenger avait fond. La conférence \ silence et à faire it à Chartres, où on Il ne voulut point y t mieux par écrit, il entre autres absur-
pape saint Léon qui À
embre de l'an 1050. |
à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 545
Bérenger n'y vint point, quoi i qui présidait à sai hr ea rs re vi l rt ristie, que l'on trouva si pernicieux, qu'il fut condamné Mer RTL ? at w doctrine de Bévenger sur la ns eV à , ‘onda * mirent en devoir de la défend . ve or a rs ag endre ; mais, dès l’entrée de la dispute. il furent confondus et arrêtés. Ainsi la foi de la sainte Égli cpu Lanfranc prit la défense, du consentement de tout 1 nié rs confirmée d’une voix unanime, arennd it Le roi Henri de France, informé de | se donnait pour établir son hérésie, papier ee Brionne, indiqua, de l'avis des évêques et des seigneurs gs : à Paris pour.le 16 octobre dela méme année 1030 avec M novateur de s’y trouver. Le dessein de celui-ci, en y allant A cer passer par l’abbaye du Bec. Il en donna avis au moine Melle. vs une lettre, où il lui dit : Qu’il n’avait résolu de traiter de l'eu 4 Le avec personne, jusqu'à ce qu’il eût répondu aux évêques vil sv trouver, c'est-à-dire ceux qui devaient s’assembler au mn il r Paris, et que c'était la raison pourquoi il ne s'était presqu nt expliqué sur cette matière dans la conférence de Brionne on 4" ve sur la proposition que Guillaume, alors moine du Bec et de ui re de Cormeilles, avait avancée, savoir : que toute personne doit f procher, à Pâques, de la table sainte. Il ajoute que Guillaum Va. cusait faussement de n'avoir osé nier, dans cette octérene, 4 Jean Scot fût hérétique ; que c'était démentir toutes les Mona Le la nattüre, de la doctrine de l'Évangile et de l'Apôtre, de croire pe que Pascase s’imaginait seul, que, dans le sacrement du cor s du Seigneur, la substance du pain se retire absolument. Il on avoir dit que les paroles mêmes de la consécration prouvaient que la matière du pain ne se retire pas du sacrement; et il soutient LS cette proposition est si claire, qu’un jeune écolier peut la diéis A l'égard de Scot, il proteste qu’il ne l’a jamais condamné, et vie Ascelin de ne pas se rendre faux témoin sur ce sujet. ab Ascelin lui répondit : J'ai reçu votre lettre avec joie, espérant bientôt votre correction ; mais, l'ayant lue, ma joic s’est téunide en iistesse. O Dieu! où est cette vivacité, cette sublimité, ce bon soi dont vous étiez si bien pourvu ? puisque vous avez oublié, si vous ne feignez pas, ce qui s’est passé dans notre conférence. Je veux dire cette proposition de Guillaume : Que tout homme doit à Pâques s'approcher de la table du Seigneur. Car nous sommes témoins qu'il
me ma-
= i na . ’ PT ’ * É à adit seulement : Qu'on devait s'en approcher, à moins que l'on
n'eût commis quelque crime qui obligeât à s’en éloigner; ce qui ne XI. 5]