‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 59 sur 72 · LXII. — De · texte numérisé non relu

LXII. — De

arre, qui monta on, dont il avait )38, Ferdinand re, et remporta it la vie à cette ale, se présente > reconnaît pour de Léon et de ès avoir affermi armes contre les Lamego, Viseu, eu du Portugal, aux deux États.

Lux Mahométans de Tolède et de n de Séville à se

ir, l'an 1050, un tèrent neuf évéde Palencia, de d'Iria. Il y avait ne. La reine Sanson époux, parce

lques règlements assemblée natio- | du roi Ferdinand et aux abbesses mission aux évé- cleres. Toutes les de l’évêque; les sur les clercs. Les tres et les diacres, 2cclésiastiques ; en bois ou de terre.

l'amict, l'aube, la u diacre : l’amict, anipule. La table ques. L'hostie doit tre pur, ainsi que y ait une significament et recouvert

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d’un linge propre ; sous le calice et dessus, un corporal de lin propre et entier. Les prêtres et les diacres qui servent dans l’église ne porteront voint les armes, ils auront toujours les couronnes patentes, se raseront la barbe ; n'auront point de femmes dans leur maison, si ce n’est leur mère, leur sœur, leur tante ou leur belle-mère. Ils auront le vêtement d’une seul: couleur, et convenable. Les laïques mariés n’habiteront point dans le pourtour privilégié des églises et n'y posséderont aucun droit. Les clercs enseigneront les fils de l’église et les enfants, en sorte qu'ils sachent par cœnr le symbole et l’oraison dominicale. Si un laïque viole cé décret, il sera anathème ! Le prêtre ou le diacre qui le ferait payera soixante pièces d'argent à l’évêque et sera privé de son grade. Tous les archidiasres et les prêtres, ainsi que les canons l'ordonnent, appelleront à la pénitence les adultères, les incestueux, les voleurs, les homicides et ceux qui se rendent coupables de maléfice ou de péché contre nature. S'ils ne veulent faire pénitence, on les séparera de l'Église et de la communion. Les archidiacres présenteront aux ordres, dans les Quatre-Temps, des clercs tels, qu’ils sachent parfaitement tout le psautier, les hymnes, les cantiques, les épîtres, les oraisons et les évangiles. Les prêtres n’iront point aux noces pour y manger, mais seulement pour y donner l« bénédiction. Les clercs et les laïques qui viennent au repas d’un défunt n’en mangeront pas le pain sans faire quelque chose de bien pour son âme; on y invitera cependant les pauvres et les débiles pour l’âme du défunt.

Tous les Chretiens, le samedi au soir, se rendront à l’église; entendront les matines du dimanche, la messe et toutes les heures : n'exerçceront aucune œuvre servile ; ne feront aucun voyage, si ce n'est pour prier, pour ensevelir les morts, visiter les malades, ou par ordre spécial du roi, ou à cause d’une incursion de Sarrasins. Nul Chrétien ne demeurera dans une même maison avec les Juifs, ni ne mangera avec eux. Si quelqu'un viole cette constitution, il en fera pénitence pendant sept jours ; s’il ne veut pas, et que ce soit une personne considérable, elle sera privée de la communion une année entière; une personne inférieure recevra cent coups de fouet.

Tous les comtes et les officiers du roi gouverneront selon la justice le peuple qui leur est soumis ; ils n’opprimeront pas injustement les pauvres, ne recevront de témoignage en justice que de personnes présentes, qui ont vu ou entendu. Ceux qui sont convaincus de faux témoignage subiront le supplice des faux témoins, tel qu’il est marqué dans le livre des Juges. Dans la ville et la province de Léon, dans la Galice, les Asturies et le Portugal, on suivra toujours la jurisprudence décrétée par le roi Alfonse ‘‘uchant l'homicide, la

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dépréd.tion, les outrages et les calomnies. En Castille, elle sera la même que du temps de notre aïeul le duc Sanche. Un laps de trois ans ne preserira pas les droits ecclésiastiques ; mais chaque église pourra en tout temps récupérer et posséder ses droits, ainsi que l'ordonnent les canons et la loi gothique.

Les Chrétiens jeùmeront tous les vendredis, prendront leur repas à l'heure convenable et.s’occuperont de leurs travaux. Quiconque, pour quelque faute que ce soit, se sera réfugié à une église, nul ne sera assez osé pour le tirer de là par violence, ni de le pours:: /re dans le pourtour privilégié, qui est de trente pas ; mais, après lui avoir garanti la vie et l'intégrité du corps, on fera ce que la loi gothique ordonne. Quiconque fera autrement, il sera anathème el payéra à l'évêque mille sous d'argent très-pur.

En treizième lieu, mandons que ni grands ni petits ne méprisent le droit et le privilége du roi, mais qu'ils lui demeurent fidèles et respectent sa prérogative comme dans les jours du roi Alfonse. Les Castillans, dans la Castille, rendront au roi la même fidélité et le même service qu’ils ont fait au duc Sanche. Le rui, de son côté, leur

fera la même vérité que leur fit ledit comte Sanche. Je confirme à !

tous les h:bitants de Léon tous les priviléges que ieur a donnés leroi

Alfonse, père de la reine Sancha, mon épouse. Quiconque violera ?

notre présente constitution, roi, comte, vicomte, maire, oflicier, tant ecclésiastique que séculier, il sera excommunié, séparé du commerce des saints, condamné à la damnation éternelle. avec le diable et ses anges et privé de sa dignité temporelle 1.

Ce dernier article est important pour bien connaître la constitution politique et le droit public de l'Espagne, et en général de toutes les nations chrétiennes au moyen âge. On y voit un pacte social entre les provinces ou royaumes de Léon et de Castille d’un côté, et le roi Ferdinand de l’autre. S'il viole ce pacte, le roi même est sujet comme les autres, non-seulement à l'excommunication, mais encore à la privation de sa dignité. Voilà des choses qu’il faut savoir et ne pas oublier, si l’on veut apprécier avec justice les événements des siècles et des peuples chrétiens.

Après.le concile de Verceil, le pape saint Léon repassa dans les Gaules. Il se rendit à Toul, où il fit, ainsi qu’il l'avait promis, l’élévation des reliques de saint Gérard, qu’il avait canonisé au concile de Rome, et dont le corps fut trouvé presque entier, La cérémonie commença le 21 d’octobre et fut achevée le jour suivant. Nous avons

l'acte d’un privilége qu’il accorda, le jour même de cette translation,

1 Labbe, t. 9, p. 1063.

v. LXHI. — De 1024

stille, elle sera la . Un laps de trois ais chaque église its, ainsi que l'or-

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à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 551

à Dodon, abbé de Saïnt-Mansui, Il est daté de la seconde année de son pontificat et de la 26me de son épiscopat de Toul; car le Pape avait conservé jusqu'alors le titre d’évêque de Toul. Il le quitta l’année suivante et nomma évêque de cette ville Udon ou Vidon, primicier de l’église de Toul et chancelier du Saint-Siége, qu’il envoya à l'emsereur pour avoir son agrément. Le Pape alla de Toul à Remiremont, où il fit la dédicace de l’église. C’est ce que nous apprend Lanfranc, qui y assista et qui était revenu en France avec le Pape. On assure que Léon canonisa alors solennellement les ssints Romaric, Amé et Adelphe.

Le Pape se rendit ensuite en Allemagne et célébra, à Augsbourg, la fête de la Purification avec l’empereur. Il ftait né un fils à ce prince, qu'il voulut que saint Hugues baptisât, par estime pour la vertu de ce saint abbé de Cluny. Saint Hugues leva le jeune prince des fonts sacrés et le nomma Henri, comme son père. Le saint abbé célébra la fête de Pâques à Cologne, où les Allemands ne pouvaient se lasser d’admirer la douceur de sa conversation, les grâces de son visage et la gravité de ses mœurs dans un âge si peu avancé ; car ve saint abbé n'avait pas encore trente ans. Le Pape lui donna en même temps une marque éclatante de l'estime singulière qu’il faisait de sa prudence et de sa dextérité dans le maniement des affaires. Il l’envoya en Hongrie pour ‘pacifier les troubles de ce royaume et négocier, entre l’empereur et le roi André, la paix qui fut, en effet, conclue l'an 1052.

Une autre lumière de l’état monastique commençait à éclairer l’Auvergne; car ce fut cette même année 1052 que le saint pape Léon établit Robert abbé de la Chaise-Dieu. Robert était Auvergnat, fils du comte Gérauld, issu de la famille de saint Gérauld d’Aurillac. Il passa toute sa jeunesse dans une grande innocence ; et, s'étant engagé dans le clergé, il fut chanoine de Saint-Julien de Brioude. On ne tarda pas à le promouvoir à la prêtrise, et cette dignité devint pour lui un pressant motif des plus sublimes vertus. Ses biens étaient cenx des pauvres ; il se dépouillait même quelquefois de ses habits pour les revêtir; et, comme il voulait joindre à l'aumône les exercices de l'humanité, il bâtit un hôpital où il allait servir les malades et panser leurs plaies. Ces pratiques de dévotion ne suffisant pas encore pour saf:'a:,c sa ferveur, il se retira secrètement au iunastère de Cluny: 23 ses amis, ayant découvert le lieu (8 6a retraite, l’en tirèrent malgré lui. Il eut tant de chagrin de se voir ainsi rengagé dans le monde, qu'il en tomba malade.

Dès qu'il fut guéri, il fit un pèlerinage à Rome; et, au retour, il s'associa deux compagnons qu'il avait gagnés à Dieu et qui étaient

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des personnes de qualité. Robert se retira avec eux dans un lieu solitaire, auprès d’une ancienne église à demi ruinée. Cet endroit appartenait à deux frères, chanoines du Puy. Il les pria de le lui céder ; ce qu’il obtint sans peine, et l’un de ces deux frères, nommé Arbert, qui était abbé et chanoine, vint dans la suite se consucrer à Dieu sous sa conduite. Robert eut d’abord beaucoup à souffrir avec ses compagnons dans ce désert. Outre qu'ils manquaient de tout, les habitants des environs leur faisaient tous les jours des insultes. Mais les pieux solitaires triomphèrent de tous les obstacles et gagnèrent leurs ennemis par leur patience.

Leur réputation s’étendit bientôt dans toute la province, et le grand nombre des personnes qui vinrent en ce lieu pour vivre avec eux fit prendre à Robert le dessein d’y bâtir un monastère. Il le proposa à Rencon, évêque de Clermont, qui l’approuva, et Robert alla demander au roi Henri son agrément et les privilèges nécessaires pour le nouvel établissement qu’il méditait. Le roi consentit à tout, aussi bien-que le saint pape Léon IX , qui, en confirmant l'érection du monastère l'an 4089, y établit Robert premier abbé. Quelque répugrance que Robert eût à commander aux autres, il fut contraint d'accepter cette charge. Il n'avait pas encore l'habit monastique; il le reçut de Rencon, évêque d'Auvergne, et le saint abbé le donna ensuite à ses compagnons.

Le nouveau monastère fut nommé la Chaise-Dieu, Casa Dei, c’està-dire /a maison de Dieu, et il devint en peu de temps très-florissant. Le saint abbé Robert y assembla jusqu'à trois cents moines. Cependant il ne borna pas tellement ses soins à cet établissement, qu'il ne s’appliquât aussi à d’autres bonnes œuvres. Il voyait avec douleur, dans l'Auvérgne, un grand nombre d’églises qui tombaient en ruine; il entreprit, sans autre fonds que celui de la Providence , de les rétablir, et il en répara jusqu’à cinquante !.

Le pape saint Léon étant encore à Augsbourg en 1051, fit une prédiction remarquable. Il avait beaucoup à lutter contre les envahisseurs des biens de l'Église romaine, principalement contre Hunfroi, archevêque de l’église de Ravenne, enflé de l'esprit d’orgueil et de rébellion ; plusieurs courtisans le favorisaient , envieux de la gloire du Pape. Le chef de la discorde était Nizon, évêque de Frisingue: que la puissance divine punit de la manière suivante : Envoyé en Italie pour y porter les réponses de l'empereur, il vint à Ravenne. et, en faveur de l'archevêque, dit des paroles insolentes contre le saint Pape, jusqu’à proférer ce blasphème en portant son doigt sur

1 Acta S$., 11 april, Acta Bened., sect. 6, pars 2.

v. LXIÏII. — De 1024

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à 1051 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 553

la gorge : Je veux que cette gorge soit tranchée par le glaive, si je ne le fais pas déposer de l'honneur de l’apostolat ! A l'instant même il fut saisi à la gorge d’une douleur intolérable, et mourut impénitent le troisième jour. L'archevêque de Ravenne, à cause de son incorrigible présomption, fut anathématisé par le saint Pape au concile de Verceil. IL fut donc mandé à Augsbourg par ordre de l’empereur, obligé de rendre ce qu'il avait injustement usurpé et de demander l'absolution. Comme il était donc prosterné aux pieds du saint et que tous les évêques présents intercédaient pour lui, le Pape dit : Que Dieu lui donne l’absolution de tous ses péchés selon sa dévotion! L’archevêque se leva avec un ris moqueur ; et le saint Pape, fondant en larmes, dit tout bas à ceux qui étaient proche : Hélas ! ce misérable est mort ! Et de fait, aussitôt il fut attaqué d’une maladie; et, à peine arrivé à Ravenne, il perdit et la vie et la dignité dont il était: si fier 1.

L'année d’auparavant était mort d’une manière bien différente saint Alfier, fondateur et premier abbé du monastère de Cave. Il descendait d’uné illustre famille de Salerne, dans le royaume de Naples. Il se fit remarquer dès sa jeunesse par la vivacité et la pénétration de son esprit, ainsi que par l'étendue de ses connaissances. Sa réputation précoce lui attira de bonne heure la confiance des princes de Salerne. Après plusieurs missions délicates dont il s’acquitta avec succès, il fut envoyé en qualité d’ambassadeur à la cour de France. Pendant qu’il se rendait à ce poste brillant, il tomba dangereusement malace, et fit vœu, s’il guérissait, d'entrer en religion. Peu après il recouvra la santé et se retira dans lé monastère de Saint-Michel de Cluse, où il vit saint Odilon de Cluny, qui s’y arrêtait en passant et qui le décida à le suivre en France. Alfier se rendit donc avec cet homme vénérable au monastère de Cluny, où il prit l’habit et où il aurait probablement fini ses jours dans la piété et la retraite, si les princes de Salerne, qui voyaient avec peine un homme de son mérite abandonner tout à fait l'Italie, ne l'eussent pressé d'y revenir pour travailler à la réforme des maisons religieuses et rappeler les moines à l’austérité de leurs règles. Un.motif aussi puissant toucha saint Alfier, qui retourna à Salerne et prit aussitôt la direction de toutes les maisons religieuses de. cette ville. Mais désespérant bientôt du succès de son zèle et de ses efforts, tant le mal avait jeté de proiondes racines, il se retira seul sur une haute montagne des Apennins, dans une petite cellule qu'il s'était fait construire au pied d’un rocher, résolu de ne vivre désormais que pour Dieu.

1 Vita S. Leon., 1. 2,c. 7.

| | À Di ;

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Cependant sa réputation de sainteté attira auprès de lui un grand nombre de disciples, qui venaient tous les jouré le supplier d'être leur guide dans la voie du salut. Parmi eux on remarquait saint Léon, qui succéda à Alfier dans le titre d’abhé de Cave, et Didier, fils du prince de Bénévent, qui fut depuis abbé du Mont-Cassin, cardinal et enfin Pape, sous le nom de Victor III. Forcé de se rendre à leurs vœux, Alfer fit construire un monastère auprès de sa cellule, les y établit en communauté et les soumit à une règle sévère : telle fut l’origine de la célèbre abbaye deCave, dont la renommée serépandit bientôt dans toute l'Italie. L'afluence des Chrétiens qui se présentaient chaque jour pour se mettre sous la conduite du saint homme devint si grande, qu’il fut obligé de fonder, dans plusieurs parties de la Calabre, des établissements dépendants de celui de Cave et assujettis à la même discipline ; ilenvoyait pour les diriger de pieux moines, qui avaient puisé dans la maison mère l'esprit de régulariié et de pénitence : Alfier avait la direction générale et l'inspection de tous ces monastères.

C'est ainsi que cet homme exemplaire, au milieu des travaux de son abbaye, livré aux pratiques de la piété, de la pénitence, de la mortification, des jeünes et de fréquentes veilles, atteignit l'âge de cent vingt ans. Saint Alfier rendit son âme à Dieu le 12 avril 4050; il avait eu le don de prophétie et celui des miracles !.

On le voit, s’il y avait alors des maux dans l'Église, Dieu y suscitait aussi des hommes puissants en œuvres et en paroles pour y porter remède. Dans leur nombre se distinguait saint Pierre Damien, que nous avons déjà appris à connaitre. Vers l'an 1054, il consulta ‘le pape saint Léon sur la conduite à tenir dans le tribunal de la pénitence à l'égard de certains ekerces, qui s'accusaient de certaines fautes énormes ; s’il fallait leur interdire à tous les fonctions sacrées,

comme l’ordonnaient les aneïens canons, où bien y mettre quelque !

différence. Le saint Pape lui répondit que, selon la sévérité des canons et les degrés de pénitence qu'il avait marqués, tous les cleres en question méritaient la déposition de tous les ordres ; toutefois, usant

de clémence, il ne prononça la peine de déposition que contre les !

plus criminels.

Pendant le carème de l'an 1082, l’empereur Henri donna l’archevêché de Ravenne à Henri, auquel saint Pierre Damien adressa, peu de temps après, un opuseule intitulé Gratissimus, perce qu'il devait être très-agréable à ceux dont les ordinations étaient révoquées en

doute. Le saint docteur y examine si on doit réordonner ceux qui À

1 Acta SS., 12 april.

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à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOï.'QUE. 555%

ont été ordonnés par des évêques simoniaques. Cette question avait été agitée dans trois conciles de Rome ; mais elle était restée indécise jusqu'à de plus grands éclaircissements. Pierre soutient que ces sortes d'ordinations ne doivent point se réitérer, parce que l’évêque n'est que le ministre, et que c’est Jésus-Christ, source de toute grâce, qui consacre; qu’il est de l’ordination comme du baptême, qui ne se réitère point, quoique conféré par un mauvais ministre; que, pourvu que l'ordination se fasse dans l’Église catholique et par un ministère qui profésse la vraie foi, l'ordination est valide, cet évêque fût-il simoniaque; que Balaam, quoique infecté de cette tache, ne laissa pas de prophétiser ; que Saül prophétisa aussi, quoique déjà réprouvé. Îlajoute qu'il y a troissacrements principaux dans l'Église : le baptême, l'eucharistie. et l’ordination des clercs ; que saint Augustin, dans ses Commentaires sur saint Jean, prouve le baptême ; et Pascase, dans son livre du Corps du Seigneur, que ces deux sacrements ne sont pas meilleurs pour être administrés par de bons ministres, ni plus mauvais pour être consacrés par de méchants prêtres ; que, encore que l'on n’ait rien décidé jusque-là sur la validité de l’ordination par rapport au ministère, il faut en raisonner de même que du baptême et de l’euc'aristie, et suivant les principes établis par saint Augustin, savoir : que comme c’est Jésus-Christ qui baptise, qui consacre, c’est lui qui ordonne les prêtres et les évêques. Il rapporte divers exemples d’ordinations faites par de mauvais ministres, même par des simoniaques, et qu’on n'avait ni cassées ni réitérées, et le décret de saint Léon IX, qui se contenta d'imposer une pénitence de quarante jours à ceux qui avaient été ordonnés par des simoniaques, même gratuitement. Il loue l'empereur Henri de s’être opposé aux ordinations simoniaques, contre lesquelles il s'élève luimême avec force 1.

Les pénitences effrayantes d’un ami de Pierre Damien étaient peutêtre plus propres encore à inspirer une grande horreur de la simonie : c'était Dominique, surnommé le Currassé, à cause d’une cuirasse de fer qu’il portait continuellement par pénitence. Comme il était déjà clerc, ses parents donnèrent à l’évêque quelque chose, c’était une peau de bouc, pour le faire ordonner prêtre ; mais cette faute fut cause de sa conversion: car il en fut tellement effrayé, qu'il quitta le monde et se fit moine, puis ermite avec Pierre Damien en un lieu nommé Lucéole en Ombrie, sous la conduite d’un saint homme nommé Jean de Montefeltre; et parce qu'il avait été ordonné par simonie, il s’abstint toute sa vie du service de l'autel. Il garda la vir-

1 Pet, Damn., opuscul. G.

LIRE rt

556 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXII, — De 1021

ginité et eut un attrait particulier pour les austérités corporelles. Les ermites de Lucéole habitaient en dix-huit cellules, et leur règle était de ne boire point de vin, de n'user d'aucune graisse pour assüisonner leur nourriture, de ne manger rien de cuit que le dimanche et le jeudi, de jeûiner au pain et à l’eau les cinq autres jours, et de s'occuper continuellement de la prière et du travail des mains. Tout leur bien consistait en un cheval ou un âne pour apporter leur subsistance. Ils gardaient le silence toute la semaine et ne parlaient que le dimanche entre vêpres et complies. Dans leurs cellules, ils étaient nu-pieds et nu-jambes. Dominique se soumit, du consentement de son prieur, à la direction de Pierre Damien, et demeurait dans une cellule proche de la sienne, en sorte qu’il n”y avait que l’église entre deux. 11 porta sur sa chair, pendant un grand nombre d'années, une chemise de mailles de fer, qu’il ne dépouillait que pour se donner la discipline; mais il ne passait guère de jour qu'il ne chantât deux psautiers en se frappant à deux mains avec des poignées de verges, encore était-ce dans le temps où il se relâchait le plus; car, pendant le carême ou lorsqu'il acquittait une pénitence pour quelqu’un, il disait au moins trois psautiers par jour, en se fustigeant ainsi. Souvent il disait deux psautiers de suite, se donnant continuellement la discipline et demeurant toujours debout, sans s'asseoir ni cesser un moment de se frapper.

Pierre Damien lui ayant demandé un jour s’il pouvait faire quelque génuflexion avec sa cuirasse, il répondit: Quand je me porte bien, je fais cent génuflexions à tous les quinze psaumes, c'est-à-dire mille pendant un psautier. Un soir, il vint le trouver ayant le visage tout livide de coups de verges, et lui dit : Mon maitre, j'ai fait aujourd'hui ce que je ne me souviens point d’avoir encore fait ; jai dit huit psautiers en un jour et une nuit. Il est vrai que, pour dire plus vite le psautier, il avouait lui-même qu'il ne prononçait pas les psaumes entièrement et se contentait d’en repasser les paroles dans son esprit; mais il disait que pour réciter vite, il fallait être fort attentif, Il vécut quelque temps éloigné de son directeur, qui, s'étant ensuite informé de sa manière de vivre, ileut pour réponse qu'il vivait en homme charnel, etque les dimanches et les jeudis il relâchait son abstinence. Quoi! dit Pierre Damien, mangez-vous des œufs ou du fromage ? Non, dit-il. — Mangez-vous du poisson ou du fruit ? — Je les laisse aux malades. Enfin il se trouva que ce relâchenient consistait à manger du fenouil avec son pain, comme il est d'usage en Italie. Ayant su que Pierre Damien avait écrit de lui, qu’il avait récité un jour neuf psautiers avec la discipline, il en fut lui-même étonné et voulut en faire encore l'expérience. Il se dépouilla donc un mer-

credi nuit douz exerr nonàse saint vant mor un é:

qui } terai tous de st des c le sy la fin Qu de servi la di où il les ja son h ermi le po celle cuiss Cette vieill qu’il comr jour sa ce mais chap Jour Le Voya, And

iv. LXIIT, — De 1024

rités corporelles ules, et leur règle raisse pOur assui- , que le dimanche tres jours, et de | des mains. Tout pporter leur subt ne parlaient que ellules, ils étaient consentement de meurait dans une que l’église entre bre d'années, une pour se donner la ne chantât deux oignées de verges, e plus; car, pen- *e pour quelqu'un, e fustigeant ainsi.

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ait. ? — Je les laisse nt consistait à mange en Italie.

ii, qu’il avait récité it lui-même étonné juilla donc un mer-

1054 de l'ère chr.! )E L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 557

credi, et, ayant pris des verges à ses deux mains, il ne cessa toute la nuit de réciter en se frappant ; en sorte que le lendemain il avait dit douze psauticrs et le treizième jusqu'au psaume trente-un. À son exemple, l'usage de la discipline s'établit tellement dans le pays , ue non-seulement les hommes, mais le: femmes nobles Ph à se la donner. Et l'exemple de Dominique était fondé sur celui de saint Paui ; car, lorsque l’Apôtre ‘it: 1 tie mon corps c'est suivan la force de l'expression ot mme s'il disait : Je meurtris mon corps, je le rends livide de coups. Dominique trouva un jour un écrit portant que, si on disait quatre-vingts fois douze psaumes qui y étaient marqué en tenant les bras levés en croix, on rachèterait un an de pénitence. Aussitôt il le mit en pratique et récitait tous les jours ces douze psaumes les bras en croix quatre-vingts fois de suite sans intervalle. En disant le psautier, il ne se contentait pas des cent cinquante psaumes, il y ajoutait les cantiques, les hymnes

le symbole de saint Athanase et le ‘anies que l’on trouve encore à la fin des anciens psautiers.

Quelques années avant sa mort, ayant trouvé que les lanières de cuir étaient plus rudes que les verges, il s'accoutuma à s'en servir; et quand il sortait, il portait ce fouet sur lui, pour se donner la discipline partout où il couchait. Quand il n’était pas en lieu où il pût se dépouiller entièrement, il se frappait au moins sur les jambes, les cuisses, la tête et le cou ; car, quoiqu'il allât nu-pieds son habit ne lui venait qu'à mi-jambe, au lieu que ceux des autres ermites allaient jusqu’à terre pour les garantir du froid. Le jeûne et le poids de sa cotte de mailles lui avaient rendu la peau noire comme celle d’un nègre. Il portait de plus quatre cercles de fer, deux aux cuisses et deux aux jambes; et ensuite y en ajouta quatre autres. Cette affreuse pénitence ne l’empêcha pas d’arriver à une extrême vieillesse; et, à sa mort, on trouva qu'outre la chemise de mailles qu'il portait ordinairement, il en avait une autre étendue sous lui comme pour lui servir de drap. IlImouruten 1062, le 14me d'octobre, jour auquel l’Église honore sa mémoire. On l’enterra d’abord dans sa cellule, de peur que les moines du voisinage ne l’enlevassent ; mais Pierre Damien le fit ensuite transporter honorablement dans le chapitre, et le corps se trouva entier, quoique ce füt le neuvième jour après sa mort !.

Le pape saint Léon IX fit, l'an 1052, un troisième et dernier voyage en Allemagne, pour négocier la paix entre l’empereur et André, roi de Horigrie. Comme André n’avait pas voulu souscrire à

1 Acta SS., 14 oct. Acta Bened., sect. 6, pars. 2.

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