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toutes les conditions. l’empereur, irrité, assiégea Presbourg avec une puissante armée. Les assiégés, soutenus de Dieu, qu'ils invoquaient dans leur détresse, se défendirent si bien, que l'empereur fit de vains efforts pour prendre leur ville. Cependant le roi André avait imploré la médiation du Pape, promettant de payet à l'empereur le même tribut que ses prédécesseurs, pourvu que l’on pardonnât le passé. Le Papé, étant arrivé à Presbourg, trouva l’empereur personnellement disposé. à la paix; mais quelques courtisans, jaloux du crédit et des succès du saint Pontife, en détournèrent ce prince, qui, dans l'intervalle, fut obligé de lever le siége. Alors le roi André devint, à son tour, plus difficile; le Pape le menaça de l'excommunication et lui envoya saint Hugues, abbé de Cluny, qui conclut enfin la paix, mais à des conditions beaucoup moins avantageuses pour l'empire que les premières 1. On voit par ce fait, ainsi que par l'exemple de l'évêque Nizon de Frisingue et de l'archevêque Humfroi de Ravenne, qu’il fermentait parmi les évêques de Lombardie et d'Allemagne un esprit d'envie et d'opposition contre le saint Pape. La raison en était que le saint Pape voulait sérieusement la réforme du clergé, à commencer, par les évêques. Tel fut le principe originel de cette longue guerre que ferontaux Papes les empereurs allemands, qui méconnurent complétement leur vocation providentielle.
L'Allemagne avait perdu son plus saint évêque, et le Pape un de ses plus intimes amis : c'était saint Bardon, archevêque de Mayence. Prêchant une fois à Paderborn, le jour de la Pentecôte, devant plusieurs évêques, il prédit sa mort. Mes pères et mes frères, leur ditil, je vais faire un voyage pour lequel je ne me suis pas assez préparé. Je suis sur le point de paraître devant mon juge, et je ne sais que lui présenter pour l’apaiser. Je vous conjure de lui offrir pour moi vos prières; et si je vous ai prêché des vérités salutaires, soyez fidèles à mettre mes leçons en pratique, pour vous rendre dignes du royaume de Dieu ; mais surtout ne vous affligez pas de ce que vous m'entendez pour la dernière fois. Ces paroles tirèrent les larmes de ses auditeurs.
Sa prédiction ne tarda point à se vérifier. En retournant à Mayence, il fitune chute dont il fut dangereusement blessé. Il envoya aussitôt appeler un évêque de ses suffragants nommé Abellin, qui était alors à Fulde, et un de ses neveux, nommé Bardon comme lui, qui était moine de cette abbaye. Aussitôt qu'ils furent arrivés, il dit à l'évêque: Le jour de ma mort, que j'ai souvent souhaité et toujours craint, approche; mais il ne faut pas affliger mon peuple; et, quoique je
1 Pagi, an. 1052,n. 1 et 2. Herm. Hildeb. W'ib.
r, LXIII. — De 1024
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à 1054 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 559
sache certainement que je n’en reviendrai point, faites semblant dé ne pas le savoir et administrez-moi au plus tôt l’extréme-onction, Ensuite il se fit mettre à terre sur un cilice; et, pour consoler les assistants, il prit un visage riant et leur tint même quelques discours propres à les égayer ; mais rien ne put charmer leur douleur. Un de ceux qui étaient présents. lui dit: Mon père, mettez votre espérance en -Dieu, il ne vous abandonnera pas. Et qu'ai-je fait jusqu’à présent, répondit-il, sije n'ai pas fait cela ? Je suis son ouvrage, et il est mon espérance. En même temps, levant les yeux au ciel, il dit : Seigueur, proportionnez vos miséricordes à la vive confiance que j'ai en vous! et, en prononçant ces paroles, il expira. C'était le 41 juin 1054 1,
Son successeur fut Liupcld, prévôt de l’église de Bamberg, qui ne lui fut pas tout à fait semblable. Le pape saint Léon et l’'empereur Henri célébrèrent à Worms la fête de Noël l’an 1082. Le Pape dit la messe solennelle le jour de la fête, et le lendemain fit officier Liupold, parce que c'était dans sa province. Après la premi oraison de la messe, un de ses diacres chanta ‘une leçon ; car c'était l'usage de quelques églises d'en chanter plusieurs aux fêtes | solennelles. Mais comme cet usage était contraire à celui de Rome; quelques-uns des Romains qui étaient auprès du Pape lui persuadèrent d'envoyer défendre au diacre de chanter. Le diacre, qui était un jeune homme fier, refusa d’obéir ; et, quoique le Pape: lui eût défendu une seconde fois, il n’en chanta pas moins haut la leçon jusqu'au bout. Quand elle fut achevée, le Pape le fit appeler et le dégrada pour sa désobéissance. L’archevêque de Mayence lui envoya redemander son diacre, le Pape le refusa, et l'archevêque prit patience pour lors; mais après l'évangile et l’offertoire, quand ce vint au sacrifice, l’archevêque s’assit dans son siége et protesta que ni lui ni autre n’achèverait cet office, si on ne lui rendait son diacre. Le Pape, voyant cela, céda à l’évêque et lui renvoya aussitôt son diacre revêtu de ses ornements, et le prélat continua l'office. En quoi, dit l’auteur original, on doit considérer la fermeté de l'évêque à soutenir sa dignité, et l'humilité du Pape, qui, bien que d’une dignité plus grande, pensait qu'il fallait céder au métropolitain dans sà province ?,
Sur quoi il est bon d'observer que cet auteur original est un icrivain schismatique. La réflexion par où il termine s’en ressent. Si le saint pape Léon crut devoir céder, ce fut pour éviter le trouble et le scandale dans un oflice public, et non pour autre cause. Car,
1 Acta SS., 11 juni. —? Abd. Ursp.
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dans toute l'Église catholique, le Pape est le Pape, c'est-à-dire le premier père et pasteur, comme, dans tout le diocèse, l’évêque est l'évêque, c’est-à-dire le premier pasteur et père. Sans doute, les Romains auraient mieux fait d'attendre après la messe pour faire faire au Pape des remontrances sûr l'usage antiromain de l’église de Mayence ; maisl'insolence du diacre et la persistance de l'archevêque n’en décèlent pas : oins dans le clergé allemand un mauvais levain d’instbordination et de schisme dont nous verrons les funestes effets. Se trouvant encore à Worms avec l'empereur, le Pape le pressa de nouveau de restituer au Saint-Siége l'abbaye de Fulde et quelques autres lieux qui, d’après le vœu des fondateurs, anpartenaient à l'Église romaine. L'empereur n’y consentit que quand le Pape se montra disposé à faire un échange. Le Pape céda donc à l’empereur l'évêché de Bamberg et l'abbaye de Fulde, contre le dr:ché de Bénévent et quelques autres lieux d'Italie. Toutefois Bamberg devait chaque année payer au Saint-Siége une haquenée ou bien douze livres d'argent. Mais pour défendre Bénévent contre les Normands d'Italie, l'empereur accorda au Pape quelques troupes allemandes, avec lesquelles celui-ci espérait mettre un terme aux déprédations des Normands dans la Pouille. Ces troupes se mettaient déjà en marche lorsque l’empereur, d'après les conseils de Guebhard, évêque d'Eichstædt, rappela ses chevaliers, en sorte qu'il n'en resta auprès du Pape qu'environ trois cents, la plupart de ses parents où vassaux de ses parents. ILavait compté, par la vue seule d'une armée nombreuse, ramener les Normands à la raison sans aucune effusion de sang. Cette espérance était évanouie par la mesquinerie de l’empereur et de son conseil. Dans des occasions tout à fait semblables, Pepin et Charlemagne conduisaient eux-mêmes les Français au service de saint Pierre et à la défense de son Église. Jamais les empereurs allemands n’ont rien compris à cette magnanimité chrétienne de Pepin et de Charlemagne, lors même qu'il s'agissait d’un Pape de leur nation et de leur famille.
C’est dans ces circonstances que le pape saint Léon IX quitta le pays de ses pères, qu'il ne devait plus revoir, et s'en retourna en Italie par Padoue, où il eut quelque consolation. L'évêque de cette ville était Bernard, des comtes de Padoue, mais dont la piété l’emportait encore sur la naissance ; car il distribuait son patrimoine aux orphelins, aux veuves et aux pèlerins, restaurait les églises en ruine et en bâtissait de nouvelles, s'appliquant sans cesse à la prière. aux jeûnes et aux veilles. Ce pieux évêque eut une révélation sur
les endroits où étaient enterrés les corps des saints Julien, Maxime, Félicité et de plusieurs enfants innocents. Après un jeûne public de
une Juill
IV. LXIII. — De 1024 pe, c'est-à-dire le Jcèse, l’évêque est ans doute, les Rose pour faire faire ain de l’église de ce de l'archevêque un mauvais levain les funestes effets.
le Pape le pressa de Fulde et quelurs, appartenaient > quand le Pape se donc à l’empereur le drché de Bénés Bamberg devait \ée ou bien douze tre les Normands oupes allemandes, aux déprédations mettaient déjà en Guebhard, évêque | n’en resta auprès parents où vassaux d’une armée nomaucune effusion de quinerie’ de l’empe- L à fait semblables, es Français au ser- . Jamais les empeimité chrétienne de it d'un Pape de leur
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à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 561
tnt pr lois jours, terminé par une messe et une communion solennelle, il : ?
fit creuser dans l'église de Sainte-Justine, aux endroits indiqués, et : ?
M énioasque Sn avec les inscriptions respectives, Il s'y un grand nombre de miracles, beaucou ralad, and noin p de malades Pare Lu de les Le Y affluèrent bientôt de toute l'Italie qui attira le saint pape Léon, qui fut 'évéque avec les plus grands honneurs. À ha bi 1e 4 s plus g + Ayant appris de lui tout ce qui S était passé, il célébra la messe dans l'église de Sainte-Justine, ve
nér reli Ù a les reliques des saints nouvellement retrouvées, et fixa leur fête
au 2 août 1.
IL n'eut pas la même consolati t :
nsolation à Mantoue. Y étant arrivé s lat , ivé pou a bi 1053, ilvoulut tenir un concile : pod fat l'a faction de quelques évêques, qui crai i j says | > Qui craignaient sa sév érité. Car leurs domestiques vinrent insulter ceux du Del se croyaient en sûreté, étant devant l’église où se tenait le a à en sorte que le Pape fut obligé de se lever et de sortir devant la
porte pour faire cesser le bruit. Mais sans respecter sa ‘présence, ils ils.
s'opiniâtraient de plus en plus à poursuivre à main armée ses désarmés, et à les arracher de la porte de l’église où ils rare sauver, en sorte que les flèches et les pierres volaient autour de la tête du Pape, et que quelques-uns furent blessés en voulant se cach . Sous Son manteau. On eut tant de peine à apaiser ce tumulte " fallut abandonner le concile; et le lendemain » COMme on devait ds miner les auteurs de la sédition pour les juger sévèrement. le Pape leur pardonna, de peur qu'il ne‘parût agir -par had ont M ge violences des évêques coupables montrent pp té : Lt a et quels efforts prodigieux il fallait encore pour le Un autre événement attristait le saint Pape. En sortant de Ro
il y avait laissé, pour gouverner à sa place, le saint et savant a ne vêque de Lyon, Halinard, singulièrement chéri des Rômains vs “ Halinard était venu l’ancien évêque de Langres, Hugues dont avons déjà parlé, et qui, par son sincère repentir, obtint lbs atlar du Pape. Hugues étant donc sur le point de quitter Rome pour pe retourner en France avec quelques autres, Halinard leur ie Bi repas d'adieu. On y servit un poisson qui avait été empoisonné de un faux ami d'Halinard et qui en voulait à sa vie. Tous ceux és mangèrent moururent, les uns dans les huit jours, les nine ns une longue maladie: L’archevêque Halinard en mourut le pi sx Juillet 4052 ; il avait toujours souhaité mourir à Rome. Les es
1 Acta SS., 2 aug —2 VitasS, Leon., 1.2, c. 4,n.21. XH, 36
562 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXUN. — De 1024
romains le firent enterrer à Saint-Paul avec grand honneur. Il laissa ses ornements et son argenterie à. Saint-Bénigne de Dijon, dont il était abbé depuis vingt ans; il y donna beaucoup de livres, et entre les sciences auxquelles il s’appliquait, il étudiait particulièrement la géométrie et la physique. Son suecesseur dans l’archevêéché de Lyon, qu'il avait tenu sept ans, fut Philippe, premier du nom LETTRE Le pape saint Léon avait encore fait une autre perte bien sensible.
- Le puissant marquis Boniface de Toscane avait été tué le T mai
1032, près de Mantoue, dans le moment qu’il se préparait au pèlerinage de Jérusalem. Comme c'était pour le Pape un homme dévoué et de bon conseil, sa mort dut l'affliger beaucoup. IL laissait une veuve, Béatrix; avec des enfants en bas âge, entre lesquels était.la comtesse Mathilde, si célèbre. depuis par son héroïque dévouement à la cause de l'Église.
Âu milieu de ces épreuves que lui ménageait la Providence, le saint Pape fut encouragé quelque peu par le succès des Pisans contre les Mahométans de Sardaigne. Dès la fin du dixième siècle, la république de Pise sé distinguait par son énergie et sa puissance, et préludait aux grandes expéditions de la chrétienté contre le mahométisme. Dès 974, les Pisans firent une expédition contre les Sarrasins de Calabre. En 1002, les Sarrasins s’emparèrent de la Sardaigne, firent une descente sur le territoire de Pise et emmenèrent beaucoup de prisonniers. En 1005, la ville de Pise même tomba entre leurs mains. En 1006, les Pisans battirent les Sarrasins à Reggio, en Calabre. En 1042, une flotte de Sarrasins d'Espagne surprit la ville de Pise et la réduisit en cendre. L'an 1016, les Pisans et les Génois conquirent la Sardaigne. L'an 4017, les Sarrasins d'Afrique, conduits
par leur rei Muset ou Mouza, revinrent en Sardaigne. Le pape Benoît envoie un légat à Pise, a : l'étendard de. saint Pierre, et ün privilége qui assurait la Saroaigne aux Pisans, à condition d'en chasser les Sarrasins. L'évêque, les magistrats et le peuple tombèrent d'accord, promirent de le faire et reçurent l’étendard de saint Pierre avec le privilége. Les Pisans et les Génois chassent les Sarrasins de la Sardaigne, et puis s'en disputent la possession, qui reste aux Pisans. L'an 1021, Muset revient en Sardaigne : les Pisans et les Génois le mettent de nouveau en fuite, s'emparent de son trésor, qui est laissé aux Génois d’après les conventions qui avaient été faites. En 4030, Pise est brûlée le jour de Noël. En 1035, les Pisans arment une flotte considérable, s'emparent de Bone, l’ancienne Hippone en Afrique, et envoient à l’empereur la couronne du roi.
1 Acta Bened., sect. 6, pars 2.
GR 3 ra NT RS
y. LXI, — De 1024
onneur. Il laissa le Dijon, dont il le livres, et entre rticulièrement la hevêché de Lyon, nom 1, | rte bien sensible.
té tué le 7' mai réparait au pèlen homme dévoué >. Il laissait une e lesquels était.la ique dévouement
la Providence, le des Pisans contre ne siècle, la répupuissance, et préontre lé mahornéontre les Sarrasins : de la Sardaigne, \enèrent beauconp tomba entre leurs s à Reggio, en Caà surprit la ville de s et les Génois conl'Afrique, conduits igne. Le pape Besaint Pierre, et un ; à condition d'en s et le peuple tom- | l'étendard de saint chassent les Sarraossession, qui reste igne : les Pisans et arent de son trésor, jons qui avaient été En 1035, les Pisans e Bone, l’ancienne la couronne du roi.
Ils prennent également Carthage :
pure) 7 et son roi, et en envoi E prog se ir, al l'an 1050, le roi Muset MN Hide CoWPOteN of. sé ie signe, y batit des forteresses et s'en fait Lucques étaient dé sd qui'avaïent la guerre avec ceux de les ee pr sie agés : le pape saint Léon ne le fut pas. Il dsrphealg éd ms avec l'étendard de saint Pierre, et les conjura ei rs 4h ee Pre et de l'Italie, leur la possession de l'île, moyennant do tribut em re
a ..* paroles du saint Pape et de son légat, les Pisans mettént une flotte
en mér; mais à peine a-t-elle quitté le :
te | port, qu’une grosse : da 4 eee en Sardaigne, la bob chtté 1 EN, y ps es it succès de l'expédition. Les Corses pros cha rare Pain crurent qu'elle était dirigée tontre pr ie ee aussitôt, et soumirent leur île aux Pisans. Ceux- M ni Es NT de saiite Restitute, et cinglèrent pleins de Pr “a aigne. Ils n’y trouvèrent plus d’énnemi, Muset MU pb A e, donna ordre de mettre à feu et à sang toute phases onna avectous les siens ; de façon que les Pisans pr . hs er celevèrent promptement les forteet si rit deux îles au lieu die " A DA “Re € succès inespéré des Pisans fit espérer au pape Léon qu’il Int sr la mettre de même à la raison ls Nabniätié Hub. rot de premier établissement dans l'Italie méridionale, sir ñ . ie \ Le ef A eurent vaillamment aidé le Ire sa ville contre les Sarrasins. En :
le EE fut établi comte d'Averse par la ie . vs » les fils ainés d'un seigneur normand, Tancrède oi ne | “3 . pr Ft Fe en Italie et entrent au vice de Guaims PI e Salerne et de Capoue i in ns e x bien servi par les premiers de Le à di Re : 1 . Éenett au service de Michel le Paphlagonien, je PE Georges Maniacès, patrice grec, faisait M alabre pour reconquérir la Sicile sur les Arabes ne Hs : guerre civile, et il prit à sa solde les trois fils an e, : uillaume Bras-de-fer, Drogon et Onfroi, avec Hal ae jan s- À l'aide de ces étrangers, Maniacès bat le e Sicile, ainsi qu’une armée de cinquante mille hontiéé
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561 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LANT. — De 1024
venus d'Afrique. Pour toute récompense, il est rappelé à Constantinople et jeté en prison : les Normands, au lieu de leur part au butin, ne reçoivent que des insultes des Grecs pour les avoir aidés à conquérir cette île importante. De retour en Italie, les Normands entreprenuent d'en chasser les Grecs. Pour cela ils se choisissent douze chefs sous le nom de comtes, entre lesquels ils partagèrent l'autorité ; mais ils donnèrent au Lombard Ardouin, dont ils connaissaient la bravoure ainsi que la haine implacable contre les Grecs, le commandement de leur petite armée, à laquelle Rainolfe, comte d'Averse, avait joint trois cents hommes. Ils s’avancèrent jusqu’à Melphes, au centre de la Pouille, et s'en emparèrent, ainsi que de Venosa, d’Ascoli et de Lavello; ils livrèrent successivement trois grandes batailles aux Grecs, et remportèrent sur eux trois victoires signalées. Ils se fortifièrent par des alliances ; et, pour récompense des secours qu'ils obtenaient, ils décernèrent l'honneur de les commander à de nouveaux chefs, Aténolfe et Argyre : le premier, frère du prince de Bénévent, leur avait procuré l'assistance des Lombards ; le second, fils de Mélo, riche citoyen de Bari qui avait puissamment aidé les premiers Normands, les appuyait de son crédit dans la Pouille, et de celui du parti que son père avait formé dans les villes grecques. Dans cette guerre, la bravoure la plus signalée, secondée souvent encore par la ruse et l'intrigue, se trouvait du côté des Normands; les Grecs, au contraire, étaient lâches, désunis et découragés. En deux campagnes, la Pouille presque entière fut conquise ; en 1042, elle fut partagée entre les conquérants. Melphes devint la capitale de leurs États; la propriété de cette ville demeura commune entre Ardouin et Guillaume. Bras-le-fer, chef des Normands ; leurs douze comtes furent mis en possession de douze autres villes. Ils établirent ainsi dans la Pouille une espèce de république militaire et oligarchique. ;
Quoique les Normands se fussent donné pour chef Guillaume Bras-de-fer, ils daignaient rarement recevoir ses ordres; ils ne vivaient que de pillage; et, sans se tenir liés par aucun traité ou par aucun ordre public, ils. exercaient autour d’eux le brigandage à la tête de leurs satellites, plutôt qu'ils ne faisaient la guerre. Les couvents, les églises et même les lieux saints qui avaient été l'objet de leurs pèlerinages, n'étaient pas à couvert de leurs déprédations !.
C'est à cet état de choses que le pape saint Léon cherchait un remède. Une. première fois il s'était porté vers l'Italie méridionale, accompagné de l'archevêque Halinard de Lyon, pour mettre fin à
1 Leo Ost., 1, 2. Gaufrid, Malat., Hist. sicula, 1. 1. Guillelm. Apul., 1. 1.
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le NN NS, OP OT
ps me
v, LAN. — De 1024
pelé à Constande leur part au 1. les avoir aidés ie, les Normands ils se choisissent ls ils partagèrent n, dont ils con- » contre les Grecs, > Rainolfe, comte ancèrent jusqu'à nt, ainsi que de cessivement trois ‘ux trois victoires pour récompense ineur de les com- : le premier, frère istance des Lomri qui avait puisait de son crédit avait formé dans la plus signalée, +, se trouvait du nt lâches, désunis resque entière fut quérants. Melphes ette ville demeura fer, chef des Norn de douze autres èce de république
w chef Guillaume es ordres; ils ne ucun traité ou par le brigandage à la guerre. Les couent été l’objet de déprédations {.
n cherchait un retalie méridionale.
pour mettre fin à
m. Apul., |, 1.
à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 565
ces brigandages par les voies de la persuasion et de la douceur; mais en vain. Peut-être que si le saint Pape n'avait eu affaire qu'aux Normands, il serait parvenu à son but. La politique grecque vint envenimer la chose, Argyre; que les Normands avaient choisi pour un de leurs chefs, s'était remis au service des empereurs de Con- Stantinople, Ceux-ci, qu’il était allé trouver, le renvoyèrent à Bari en qualité de gouverneur général, avec quantité d'or, d'argent et d’étoffes précieuses, pour gagner les chefs de la nation normande et les engager à passer en Grèce, sous prétexte de secourir l'empire contre ies Turcs et les Petchenègues, autrement les Cosaques. Le véritable but était de faire sortir les Normands d'Italie. Non moins fins que braves, les Normands s'y réfusèrent. Alors Argyre emploie ce qui lui reste de trésors à corrompre les principaux habitants de la Pouille, pour les porter à se défaire des Normands. Il aposte un assassin, qui tue à coups de poignard le comte Drogon dans une église où il venait de sé rendre suivant:.sa coutume. Son frère, Guillaume Bras-de-fer, était mort quelque temips auparavant. On fit main basse sur les Normands en plusieurs lieux de la Pouille, et ce massacre en fit périr plus que n'en avaient détruit toutes les guerres précédentes. Le comte Onfroi, frère de Guillaume et de Drogon, ayant rassemblé
ses troupes, se vengeu de ces assassinats et fit mourir les meurtriers
dans les plus rigoureux supplices. Il marcha ensuite contre Argyre, qui, lui ayant livré bataille près de Siponte, perdit un grand nom-
bre de soldats, tant Grecs qu'Italiens, et se säuva couvert de blessures 1,
Ce fut dans ces circon.tances qu'il envoya à Constantinople Jean, évêque de Trani,.pour rendre compte à l’empereur du mauvais état des affaires et pour demander du secours. En même temps il dépêchà des courriers au Pape, qui était alors en Allemagne, pour le mettre dans les intérêts des Grecs. Il lui représentait les Normands comme une nation barbare et impie, qui violait également les lois de la religion et de l’humanité, Comme les Normands avaient donné quelque lieu à ces accusations, le Pape n'eut pas de peine à y ajouter foi. 11 obtint donc de l'empereur Henri des troupes assez considérables ; mais à peine étaient-elles en marche, que, sur l'avis de l’évêque d’Eichstædt, l’empereur les rappela presque toutes. Cet évêque disait qu'avec cent chevaliers des moins braves il se faisait fort d'anéantir toute la puissance des Normands. 1 ne connaissait guère ceux dont il parlait. Le Pape n’amena done en Italie que quelques
! Guillelm. Apul., 1. 2, P. 259. Gaufr, Malat., Hist. sicula, |. 1, p. 553, t. 5. Murat., Script. rer. italic.
566 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXI. — De 1024
centaines de chevaliers, la plupart de ses parents, auxquels se joignirent des Italiens en assez grand nombre.
Léon IX, étant parti de Rome, se rendit au Mont-Cassin, où il se recommanda humblement aux prières des moines. À mesure qu'il avançait, les populations italiennes venaient grossir son armée. Les Apuliens surtout prirent avec joie les armes; plus que personne, ils avaient eu à souffrir des Normands. Le Pape s'entendit encore avéc le gouverneur grec Argyre, afin de ne rien négliger, et se rendit dans la province de Capitanate , où les Normands concentrèrent leurs forces. Ces derniers se trouvaient dans une position telle, qu’une victoire ne pouvait guère l'améliorer, mais une défaite, l'empirer de beaucoup. Comme presque toutes les villes étaient en insurrection, ils manquaient de vivres et se voyaient réduits à couper les blés encore verts, pour les sécher et s’en nourrir, Ils eurent donc recours aux négociations. Ils envoyèrent des députés au Pape et promirent de vivre en paix et en repos, et de lui payer un tribut annuel, s’il voulait leur donner l'investiture des pays qu'ils avaient enlevés à l'Église et à l'empire. Le Pape, comme l’atteste un auteur contemporain 1, était disposé à leur faire une réponse favorable ; mais il ne put vaincre l'opposition des Allemands, qui, fiers de leur. haute stature, méprisaient les Normands comme. plus petits. On répondit donc aux députés qu'ils devaient rendre sans condition tout ce qu'ils avaient pris et s’en retourner d’où ils étaient venus. Sur cette réponse,; les Normands se décidèrent pour une prompte-bataille.
C'était le 18 juin 4053, près de Dragonara. D’un côté se trouvaient les chevaliers allemands venus de la Souabe, mais qui, d’après les Normands eux-mêmes, ne passaient pas sept cents, sous le commandement de deux ducs ; à côté d’eux, une multitude considérable de Lombards et d’autres Italiens, sous le commandement de trois comtes. De l’autre part, trois mille cavaliers normands et quelques fantassins, sous les ordres de trois chefs, le comte Onfroi, son jeune frère Robert Guiscard, nouvellement arrivé,-et Richard, comte d’Averse. Richard devait attaquer les Italiens, Onfroi les Allemands, et Robert le soutenir avec la réserve. Richard, qui commença le combat, mit les Italiens en fuite sans béaucoup de peine ; mais Onfroi trouva d’autres hommes dans les Allemands : le combat fut meurtrier. Robert, venu au secours de son frère, fut renversé de cheval jusqu’à trois fois. La victoire était encore indécise, lorsque Richard, revenu de la poursuite des Italiens, fond sur les Allemands d'un autre côté. Les Allemands ne cédèrent pas pour cela et moururent l'épée à la
1 Guillelm. Apul.
v. LXIN. — De 1024 , auxquels se joi-
nt-Cassin, où il se , À mesure qu'il ir son armée. Les que personne, ils tendit encore avéc +, et se rendit dans ncentrèrent leurs n telle, qu'une vicfaite, l'empirer de at en insurrection, ouper les blés enrent donc recours Pape et promirent tribut annuel, s’il avaient enlevés à an auteur contemvorable ; mais ilne ers de leur. haute etits. On répondit lition tout ce qu'ils nus. Sur cette rémpte.bataille.
n côté se trouvaient is qui, d’après les s, sous le commanide considérable de andement de trois mands et quelques e Onfroi, son jeune ichard, comte d’Ai les Allemands, et mrença le combat, mais Onfroi trouva L fut meurtrier. Ro- de cheval jusqu'à que Richard, revenu nds d’un autre côté.
ururent l'épée à la
4 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 567
main jusqu'au dernier. Si l'empereur les avait laissés venir en nombre, la victoire eût été à eux.
. Couverts, de poussière et de sang, et furieux d'une victoire si chèrement achetée, les. Normands coururent à Civitella pour achever la victoire par la prise du Pape. C'était une ville à plus d'une lieue de Dragonara, où le Pape s'était retiré avec son clergé en attendant l'issue de la bataille, A l'approche des Normands, les habitants montèrent sur les murailles pour les repousser; mais les Normands mirent le feu aux chaumières d’alentour, pour contraindre les habitants, par la fumée, à quitter les murailles. Déjà les habitants, obligés de reculer et se croyant perdus, pillaient la chapelle et les bagages du Pape, et demandaient en tumulte qu'il se rendit, à travers da porte en feu, parmi les assaillants, et qu'il se livrât au pouvoir. de ses ennemis. Le Pape commanda de porter la croix devant lui, pour aller essuyer lui-même la fureur des ennemis, lorsque tout d’un coup le vent tourna et poussa le feu contre les Normands, qui furent ainsi contraints d'abandonner l'assaut. Le lendemain matin, le Pape envoya des messagers au camp des Normands, pour exhorter les comtes à considérer avec repentir ce qu'ils avaient fait et à penser à leur salut, Si c'était lui qu'ils chenchaient, il était prêt. Ilne craignait personne, et sa vie ne lui était pas plus chère que la. vie des hommes qu'ils avaient tués. Les Normands, dont la fureur faisait insensiblement place à la vénératiôn pour le chef de l'Église , répondirent humblement que, s'il. leur était possible d'offrir au Pape une digne satisfaction, ils subiraient volontiers la pénitence qu'il lui plairait de leur prescrire. Le Pape ordonna d'ouvrir. les portes de. la ville, délia:les Normands de l’'excommunication et se rendit au milieu d'eux. A'la vue du saint Pontife, qui les avait toujours traités avec la plus grande mansüétude, et dont les vertus brillaient d’un nouvel éclat dans le malheur, ces guerriers, naguère si fiers, se jetèrent à terre en pleurant. Vêtus de leurs habits de triomphe et de fête, plusieurs se tratnèrent à genoux jusqu'à-ses pieds pour recevoir sa bénédiction et entendre les paroles qu’il leur adressait. Sans aucune amertume dans le cœur pour l’affliction qu'ils lui avaient causée, et avec la simplicité de la colombe, le Pape s'arrêta au milieu d'eux , leur recommanda de faire de dignes fruits de pénitence, et les congédia.en leur donnant sa bénédiction et après avoir reçu d'eux le serment qu'ils seraient ses fidèles vassaux à la place des chevaliers qu'ils avaient tués.
La plupart d’entre eux s’empressèrent de se rendre de nouveau maîtres des villes qui les avaient expulsés pendant l'insurrection ; mais le comte Onfroi, le plus doux des fils de Tancrède après Drogon, demeura auprès du Pape pour lui servir de sauvegarde, et promit,
568 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXIN, — De 1024
quand il voudrait retourner à Rome, de l'accompagner jusqu'à Capoue. Le Pape se rendit alors sur le champ de bataille où gisaient un si grand nombre de ses amis et de ses parents. Quand il vit leurs cadavres mutilés, il fut saisi d'une afllietion extrême, les appelait en pleurant par leurs noms et souhaitait d'être mort avec eux; mais quand il observa que les corps des siens étaient intacts et ceur des Normands entamés par les bêtes sauvages, il y vit une assurance de leur salut éternel et une consolation-pour lui: Il passa deux jours sur le champ de bataille, à jeûner et à prier; et, par les mains des Normands eux-mêmes, fit enterrer les corps dans une église voisine, qui avait été détruite depuis longtemps, et y célébra lui-même l'office des morts. Ensuite, accompagné d'Onfroi, il se rendit à Bénévent, où il arriva la veille de la Saint-Jean-Baptiste, non sans quelque crainte que les habitants ne voulussent profiter du malheur des circonstances ; mais ce malheur même avait touché leur cœur. Jeunes et vieux, hommes et femmes allèrent à sa rencontre bien loin de la villé, et attendaient son arrivée au milieu de” gémissements et des larmes; mais quand ils aperçurent le cortége, d'abord les ciercs et les évêques, s’avançant avec toutes les marques du deuil et de l’affiction, enfin le saint Pape, qui, avec une résignation chrétienne et des regards affectueux, leva sa main au ciel pour bénir ceux qui l'attendaient, alors pas un ne put retenir ses larmes ; de toutes parts on entendait dés gémissements et des sanglots. Cependant nul n'était . plue profondément afiligé que le Pape. Chaque jour il disait la messe . pour les âmes des défunts, jusqu’à ce qu’une vision lui ordonna de ne plus prier pour ces morts, mais de les tenir: au nombre des bienheureux. Ils apparurent aussi à beaucoup de personnes et leur recommandèrent de ne point les pleurer, puisqu'ils avaient part à la gloire des martyrs. Les Normands ‘eux-mêmes bâtirent une belle basilique sur leurs tombeaux, où il s’opéra plusieurs miracles ; et ce que la puissance de leurs adversaires n'avait pu obtenir, la victoire si chèrement achetée l’effectua : ils traitèrent avec plus d'humanité les vaincus et gardèrent, jusqu’à sa mort, la fidélité qu'ils avaient jurée au Pape 1.
. Tout bien considéré, la défaite si douloureuse de Dragonara profita au bien de l'Église ét de l'humanité, plus que n'aurait pu faire la victoire la plus signalée. Ce que le saint Pape avait toujours demandé pour les provinces méridionales de l'Italie, la sécurité et un gouvernement plus humain, elles l'eurent dès lors. Ce que le saint Pape n’avait peut-être pas osé prévoir, toutes les conquêtes présentes et à
4, Vita S. Leon., 11 april.
lv, LXII, — De 1024 mpagner jusqu'à pataille où gisaient Quand il vit leurs né, les appelait en t avec eux; mais ntacts et ceur des une assurance de issa deux jours sur es mains des Noréglise voisine, qui lui-même l'oflice rendit à Bénévent, non sans quelque 1 malheur des cirleur cœur. Jeunes tre bien loin de la missements et des abord les ciercs et du deuil et de l’afation chrétienne et bénir ceux qui l’atde toutes parts on pendant nul n'était ur il disait la messe ion lui ordonna de 1 nombre des bienrsonnes et leur res avaient part à la bâtirent une belle eurs miracles ; et ce obtenir, la victoire c plus d'humanité lélité qu'ils avaient
le Dragonara profita n'aurait pu faire la it toujours demandé ‘urité et un gouvere que le saint Pape quêtes présentes et à
à 1054 de l'ère chr.] LE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 569
venir des Normands étaient des fiefs de l'Église; et ces terribles Normands dé: ‘eraient les humbles soldats de saint Pierre. C’est ainsi, conclut un .storien protestant, qu'une défaite donna au Saint-Siége ce qu'il n'aurait jamais pu obtenir par une victoire, et que la faiblesse d'un Pontife pieux et étranger à la politique humaine effectua une conquête que les plus hardis des prédécesseurs de Léon IX n'auraient osé tenter !, à
Le saint'pape Léon passa à Bénevent le reste de l'année 1053 et le commencement de l’année suivante, continuellement occupé de prières et de mortifications. Toujours il portait le cilice ; son lit était un tapis étendu sur le plancher, son oreiller une pierre ; il ne donnait au sommeil que quelques moments de la nuit, et employait la plus grande partie à prier à genoux et à chanter des psaumes. Chaque jour il disait tout le psautier, offrait le saint sacrifice et récitait une longue suite de prières. Une multitude innombrable de pauvres trouvaient leur refuge dans son incroyable libéralité ; d'autres œuvres de miséricorde montrèrent la plénitude de ses ‘vertus avec plus d'éclat- encore. Un jour qu'il traversait, la nuit, son palais en priant, il aperçut dans un coin un lépreux dont les plaies hideuses et sans nombre perçaient à travers les haillons déchirés. L'infortuné ne pouvait remuer de douleur ; à peine pouvait-il bégayer quelques mots, Aussitôt le Pape se mit à genoux près de luiet le consola, jusqu’au moment où le dernier de ses domestiques se fut retiré ; alors, malgré tous ses ulcères, il prit le lépreux sur ses épaules, le porta dans le lit de parade qui était préparé pour lui, mais où il ne montait jamais, et puis continua d’achever le psautier. Lorsque enfin il voulut se coucher sur son tapis pour prendre quelque repos, il ne lui fut plus possible de trouver le lépreux. Étonné, le Pape réveilia le domestique et lui en demanda des nouvelles ; mais celui-ci avait dormi profondément et chercha vainement dans tous les coins du palais, dont il trouva les portes bien fermées. Le Pape, qui eut pendant la nuit quelque révélation à cet égard, défendit le lendemain au domestique, de la manière la plus sévère, de jamais rien dire de cet événement pendant sa vie. Je suis persuadé, dit son biographe contemporain Wibert, qui rapporte ce fait, que Jésus-Christ lui apparut pendant le sommeil, comme autrefois à saint Martin ?.
Au milieu de ces œuvres d’une dévotion extraordinaire, le saint Pape ne négligeait poim .2s affaires générales de l'Église. La pauvre église d'Afrique en particulier recourut à son autorité paternelle, pour y trouver un remède à ses maux. Autrefois le seul concile de
1 Sismondi, Répubt, italiennes, t. 1, p. 267. —2? Wib., 1.2, c. 6, n. 29.
570 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv: LXHI. — De 1024 Carthage comptait jusqu’à deux cent cinq évêques : maintenant l'Afrique tout entière n’en comptait plus que cinq ; encore étaient-ils divisés entre eux sur là préséance. L'évêque — s’attribuant les prérogatives qui n’appartenaient qu'à l’arehevêque de Carthage, celui-ci, nommé Thomas, et deux autres évêques, Pierre et Jean, s’adressèrent au Pape, lui exposèrent le différend et demandèrent sa décision. Saint Léon lui répondit en ces termes :
Les vénérables canons nous rappellent qu'il assistait deux .cent |
cinq évêques au concile de Carthage; et maintenant votre fraternité nous apprend qu'il en reste à peinè cinq dans toute l'Afrique, qui, cependant, est la troisième partie de ce. monde corruptible. Nous compatissons de tout nutre cœur à votre si grande :diminution ; mais lorsque nous apprenons que ces restes mêmes de chrétienté se divisent et se séparent, et qu’ils s’enflent un contre l'autre par la jalousie ét la contention de la primauté, nous ne pouvons que répé-
er
ter cette parole d’Amos : Pardonnez, Seigneur, pardonnez ! Qui |
suscitera Jacob de la petitesse où il est réduit ? | Toutefois, quelque douleur que nous ressentions d’un pareil abaissement de la religion, nous nousr“ ruissons pendant beaucoup de ce que vous réclamez et attendez la sentenee de la sainte Église romaine, votre mère, sur vos différends, et de ce que, comme des ruisseaux qui, sortis de la même fontaine, se divisent ensuite dans leur course, vous croyez le mienx de remonter à la source première de la
fontaine même, afin de reprendre la règle de direction [à où vous È
avez pris le commencement de toute la religion chrétienne. Vous saurez donc pour certain, qu'après le Pontife romain, le premier archevêque et le suprême métropolitain de toute l'Afrique c'est l’évêque de Carthage ; et que, sars son consentement, l’évêque .de Gurami, quel qu’il soit, n’a aucun droit de consacrer ou de déposer des évêques, ou de convoquer le concile provincial, mais seulement de régler son diocèse particulier : tout le reste, il doit le faire, ainsi que les autres évêques africains, avec le conseil de l'archevêque de Carthage. C'est pourquoi nos frères et coévêqués Pierre et Jean ont raison de peuser commeils font touchant la dignité de l'église de Carthage, et de ne pas consentir à l’erreur de l'église de Gummi. Au reste, je ne veux pas vous laisser ignorer que, sans lo dre du Pontife romain, on ne doit ni tenir de concile universel, x: condamner où déposer d’évêques ; car, quoiqu'il vous soit permis d'examiner queiques évêques, il ne vous est cependant pas permis de porter une sentence définitive sans l'avis du Pontife romain : ce que vous trouverez statué par les saints canons, si vous y cherchez ; car, quoique le Seigneur ait dit généralement à tous les apôtres : Tout ce que vou
Liv: LXHI. — De 1024 s : maintenant l’A- ; encore étaient-ils summi s’attribuant £ vêque de Carthage, 1es, Pierre et Jean, nd et demandèrent
À EH | assistait deux .cent | ant votre fraternité oute. l'Afrique, qui, > corruptible. Nous rande :diminution :
nes de chrétienté se | contre l’autre par la ) pouvons que répér, pardonnez !: Qui |
er
ns d’un pareïl abaisndant beaucoup de Ja sainte Église rote, comme des ruisnt ensuite dans leur urce première de la direction là où vous À chrétienne.
Pontife romain, le | de toute l'Afrique sentement, l’évêque sacrer ou de déposer | cial, mais seulement il doit le faire, ainsi 1 de l'archevêque de is Pierre et Jean ont ignité de l’église de glise de Gummi. Au ns l’o dre du Pontife |, x: condamner ot mis d'examiner queiis de porter une sene que vous trouverez ez ; car, quoique le s : Tout ce que vous
à: 1054 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 571
lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur laterre.sera célié dans leciel, cependant ce n’est point sans cause qu'il a dit spécialement etnommément au prince des apôtres, le bienheureux Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon
| église;ret je te donnerai les clefs du: royaume des cieux. Et, dans un autre endroit : Confirme tes frères. C'est-à-dire que les causes ma-
jeures et plus difficiles de toutes les églises doivent être définies par les successeurs du bienheureux Pierre en son saint et principal Siége 1,
Cette lettre est du 17 décembre 1053. Le Pape en écrivit une autre aux deux évêques Pierre et Jean, où il leur dit pour le fond les mêmes choses. 11 les remercie des prières qu’ils ont faites pour sa prospérité et pour ceile de l'Église romaine, et les assure que, de son côté, il ne cesse de prier pour eux; car ce qu’il y a de plus agréable à Notre- Seigneur, c’est que la tête veille sans cesse au bien de tous les membres, et que-les membres cherchent sans cesse le salut de leur. tête. Vous avez bien fait, ajoute-t-il, d'avoir tenu un concile sur les affaires ecclésiastiques, suivant que nous vous l’avions ordonné ; vous devez faire la même chose tous les ans, au moins une fois dans l’année 2, Ces paroles font connaître qu'avant cela il y avait déjà eu d’autres lettres écrites de part et d'autre.
Lorsque le pape saint Léon IX rappelle aux évêques d'Afrique que, d’après les saints canons, le jugement définitif des causes majeures, nommémént:celles des évêques, appartient au Siége apostolique, il ne fait que rappeler la doctrine de la:première antiquité. Au quatrième et au .cinquième siècle, le pape saint Jules et les historiens
| grecs Socrate et Sozomène rappelaient déjà aux ariens que, d’aprèsune ancienne loi de l'Église, rien ne devait s’y régler nulle bart sans l’as-
sentiment du Pontife romain. Si donc les décrétales d'Isidore disent la même chose, c’est que ces décrétales ne sont en ceci, comme dans tous les poifits principaux, que l'écho de l'antiquité.
Cette correspondance filiale de trois évêques d'Afrique avec l'Église romaine semble comme les derniers adieux de leur église mourante à sa mère. Nous entendrons ses derniers soupirs vingt ans plus tard. Ils sont:encore adressés à sa mère, l'Église romaine. La pauvr2 église d'Afrique meurt par la division. Aujourd'hui qu'elle renaît une seconde fois dans le sein et à la voix de l’Église romaine, deux fois sa mère, puisse-t-elle n’oublier jamais la cause de son premier malheur ! puisse-t-elle toujours puiser la vie, la santé, la furce et la fécondité dans l’unité et dans l’union !
1 Labbe, t. 9, P. 972. —? Ibid., P. 978.
hu 572 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIII, — De 1024 à à 1051
Tandis que l’église d'Afrique, expirant sous le cimeterre de Maho- & coupe met, faisait ses derniers adieux à la mère de toutes les églises, l’église K yeux ; de Constantinople faisait les derniers efforts pour s’arracher des bras È refuse de cette-mère commune, former un bercail hors de l’unique bercail, & Zoé, n et se donner un pasteur autre que l'unique pasteur à qui le Seigneur & de sor a dit: Pais mes agneaux, pais mes brebis. Il semblait que la mial- KE Ron heureuse église de Constantinople, non contente d’avoir été le foyer Kguerri de tant de schismes et 4’hérésies, eût hâte de rompre le dernier lien &Augus qui l’unissait à l'épouse du Christ, à la métropole de l'humanité chré. K de cap tienne, comme pour se rendre digne, par ce dernier forfait, de de- Kconnai venir la capitale du mahométisme, la as de l'empire anti- autres chrétien. quelqu
A Constantinople, l'empire était aussi miataél que l’église ; il était KhRaison malade, non de ces fièvres de jeunesse qui préparent à la maturité Ken sub
du tempérament, mais de cette lente décrépitude contre laquelle il n’y a point de remède. Basile IT était mort en décembre 1095. Libertin dans sa jeunesse, il s'était corrigé avec l’âge, et, devenu grand capitaine sur la fin de ses jours, il avait réduit la Bulgarie ; mais son avarice accablait le peuple d’impositions. Son frère Constantin VIII, qui depuis cinquante ans ne partageait avec lui que le nom seul d’empereur ef les vils plaisirs du libertinage, lui survécut trois ans. Les eunuques et autres ministres de ses débauches devinrent les mi- À nistres ou plutôt les maîtres de l'empire. [ls en profitèrent pour dis-
siper les trésors accumulés par Basile, et pour achever la ruine du Mai peuple par de nouvelles exactions. Leur cruauté égalait leur avarice. Les personnages les plus illustres furent les victimes de leurs vengeances particulières. On en fit périr plasieurs ; la plupart eurent les yeux crevés, et c’est ce qu’on appelait la divine clémence de l’empereur. Épuisé de débauches plus encore que de vieillesse, Constantin tomba malade le 19 novembre 1098, et fut aussitôt désespéré des médecins. Il n’avait point d'enfant mâle, mais seulement trois filles: l’une d'elles, Eudocie, s'étant renfermée dans un monastère, il ne lui restait que Zoé et Théodora. Il destinait l'empire à cette dernière, comme étant la plus capable de régner ; mais il lui fallait un époux. Les eunuques en choisirent un à leur convenance. Ce fut Romain Argyre, d'une famille distinguée. On l'amène au lit de l’empereur, qui lui offre le titre de césar avec la plus jeune de ses filles; mais Romain était marié, et marié à une femme vertueuse. Comme il balançait à cette proposition imprévue, l’empereur moribond lui dit: Je te laisse le choix de perdre les veux ou d'accepter ma fille et l'emvire. Consulte-toi, et rends-moi réponse avant la fin du jour. La femme de Romain, ayant su la position critique de son mari, s&
Be peur
1 Ilisi
Liv. LXIII, — De 1024
cimeterre de Maholes églises, l'église s’arracher des bras de l’unique bercail, ur à qui le Seigneur mblait que la mald’avoir été le foyer mpre le dernier lien de l'humanité chrérnier forfait, de dee de l'empire anti-
que l'église ; il était arent à la maturité le contre laquelle il lécembre 10925. Lie, et, devenu grand Bulgarie ; mais son ère Constantin VIII, ui que le nom seul survécut trois ans.
es devinrent les mirofitèrent pour disachever la ruine du égalait leur avarice.
imes de leurs ven:
la plupart eurent les clémence de l’empeieillesse, Constantin sitôt désespéré des ulement trois filles:
in monastère, il ne ire à cette dernière, lui fallait un époux.
ice. Ce fut Romain à lit de l’empereur, e de ses filles; mais use. Comme il bar moribond lui dit:
pter ma fille et l'omla fin du jour. La 1e de son mari, se
+ à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 57:
coupe les cheveux et se retire dans un monastère pour lui sauver les yeux; mais la prineesse Théodora, qu'on n'avait point consultée, refuse d’épouser un homme dont la femme vivait encore. Sa sœur Loé, moins scrupuleuse, épousa Romain Argyre la veille de la mort de son père Constantin, qui expira le 21 novembre 1098,
Romain Argyre, d’un extérieur avantageux, se croyait grand guerrier, profond littérateur, et se flattait de réunir en sa personne
RAuguste, Antonin et Marc-Aurèle. Cependant il ne fit jamais preuve
de capacité ni de valeur dans la guerre, et il n'eut des lettres qu'une connaissance très-superficielle. En quoi il était de niveau avec les autres savants de la Grèce; car le savoir s’y bornait à la lecture de quelques ouvrages d’Aristote et de Platon, qu'ils n’entendaient guère. Raisonneurs éternels, sans dialectique, leues disputes s’évaporaient en subtilités frivoles ; féconds en questions sur l'Écriture sainte, ils ren savaient résoudre solidement aucune. Tel est le portrait que fait de ses contemporains Michel Psellus, l’homme le plus instruit de son siècle.
Cependant Romain Argyre commença son règne par soulager ses sujets, .que les deux derniers empereurs avaient réduits à la misère. l'abolit par tout l'empire le tribut du remplacement, qui faisait maudire la mémoire de Basile. Il fit tirer des prisons ceux qui n’é-
Qaient enfermés que pour dettes ; et, non moins juste que généreux, en leur remettant ce qu’ils devaient au prince, il paya ce qu'ils de- Qraient aux particuliers. Les prisonniers qui étaient entre les mains des Patzinaces, autrement Cosaques, furent rachetés. Les siéges d’Érhèse, de Cyzique et d'Euchaïtes étaient vacants : ils furent remplis par des prélats vertueux et savants. Les malheureux, et surtout les lersonnes consacrées à Dieu, trouvaient dans sa charité une ressource assurée. Il répandit de grandes aumônes pour le salut de l'âme de Constantin, son beau-père, et se fit un devoir de dédomnager par des places honorables et par des libéralités ceux que ce prince avait maltraités 1,
Toutefois, comme si les Grecs n’eussent été capables de supporter in empereur un peu sensé, il y eut deux conspirations l’une sur l'autre, dans la dernière desquelles fut impliquée la princesse Théodora, probablement par l’artifice de sa sœur. Survinrent des accilents fâcheux, de mauvais succès à la guerre. Pour réparer ces dertiers, Romain Argyre marcha lui-même contre les Sarrasins. Il fut lattu. Le chagrin de sa défaite le fit tomber dans une mélancolie dont
BE peuple ressentit les tristes effets, Il ne s'occupa plus que de con-
1 Ilist, du Bas-Empire, |, 77.
de SR EEE RE ver
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574 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIIT. — De 1094
structions, de réparations, d’embellissements d’églises et de monastères, détruisant sans cesse ce qu’il venait de bâtir, soit pour changer K forme, soit pour l'agrandir ou l’élever davantage. Ces ouvrages d’une dévotion mal entendue ruinaient ses sujets par des impositions nouvelles puur fournir aux aépenses, et par les corvées dont on les fatiguait. Compatissant et généreux au commencement
de son règne, il devint un dur exacteur. Quantité de familles se trou- |
vaient de nouveau surchargées et réduites à la misère, tandis que
l’empereur enrichissait des moines, et que, leur abandonnant en propriété des villes et des provinces.entièrés, les plus riches et les plus fertiles de l'empire, il aïdait à les corrompre par l'opulence, qui faisait succéder à l’austérité régulière une vie molle et voluptueuse,
Argyre avait soixante ans lorsqu'il monta sur le trône. Zoé, qu'il fut obligé de prendre pour épouse, était âgée de près de cinquante, mais d’une lubricité insatiable. Comme son vieux mari était pen capable de la satisfaire, elle se passionna pour un jeune Paphlagonien, nommé Michel, de bonne nine, frère du chef des eunuqgues. Leur commerce criminel fut bientôt connu de tout le monde, peut-être même de l’empereur, qui fit semblant de ne pas s'en apercevoir. Cette complaisance ne le ‘sauva pas. Sa femme Zoé lui donna du poison. L'empereur tomba malade; sôn visage devint pâle, livide, enflé; il ne respipait qu'avec peine; les cheveux lui tombèrent; en peu de jours ce ne fut plus qu'un cadavre. Enfin, le jeudi saiit, 11 d'avril 1034, elle le fit étouffér dans un bain par les eunuques. Cette nuit-là même elle fait proclamer empereur le Paphlagonien Michel, et mande le patriarche Alexis, au nom de l’empereur, pour
les marier ensemble. Le patriarche, étonné, ne sait quel parti
prendre. La vue de cinquante livres d’or le décide. Zoé et Michel sont
mariés dans la nuit du jeudi au vendredi saint, en présence du ca-
davre empoisonné et noyé de Romain Argyre.
Michel le Paphlagonien était bel homme, mais épileptique. Ce |
mal, qui s’accrut avec les années, lui affaiblit encore l'esprit, que
déjà il n'avait pas merveilleux. Son frère, l'eunuque Jean, gou-! verna l'empire à sa place. L'impératrice Zoé fut tenue captive comme à
dans le palais. Michel, beaucoup moins mauvais que se femme, se reprocha bientôt la mort de Romain ; et, pour expier ce forfait, il
répandeit beaucoup d'aumônes, fondait des monastères:et faisait | quantité de bonnes œuvres, jusqu’à panser et servir les lépreux. Tourmenté par des remords plus cruels encore que sa maladie, il fit, | pendant son règne, de fréquents voyages au tombeau de saint Dé-$ Thessalonique. Plus il sentait sa fin approcher, plus i|
métrius, à redoublait de dévotion. Il épuisait ses finances en bâtiments pieux.
Ce n de Ce porte cherc les er faisai chait tête.
L’e signe mait ouvri dron.
l'eun:
dès k vécut le pal tes de les ch ses jo l'adul nouve au m jour 1 duire dans du pl Mic le trôt par 56 frère
| lui er
adopt tira d procl mort
stanti creva
pour naval
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à 1054 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 575
Ce n'étaient qu'églises, monastères, hôpitaux qui s’élevaient autour de Constantinople. Bizarre jusque dans ses pratiques religieuses, il portait à l'excès sa vénération pour les anachorètes; il les faisait À chercher dans les déserts, les cavernes, et amener .à son Palais. Il 1h les embrassait, leur lavait les pieds, se revétait de leurs habits, les ‘oi faisait asseoir sur son trône, reposer dans le lit:impérial, et cous l chait à côté d'eux sur une planche, n'ayant qu’une pierre sous sa |A
iv. LXIIT. — De 1024
églises et de moe bâtir, soit pour er davantage. Ces ses sujets par des À et par les corvées u commencement de familles se trou- | nisère, tandis que À r abandonnant en plus riches et les par l'opulence, qui lle et voluptueuse, e trône. Zoé, qu'il À près de cinquante, mari était pen caune Paphlagonien, es eunugues. Leur e monde, peut-être 1s s’en apercevoir.
Zoé lui donna du devint pâle, livide, k lui tombèrent; en | fin, le jeudi saiit, par les eunuques.
ur le Paphlagonien | le l'empereur, pour | ne sait quel parti | . Zoé et Michel sont en présence du ca-
tête. 7
L’eunuque Jean, prévoyant la mort de son frère, l'engagea à désigner pour son successeur son neveu Michel, que le peuple. nommait Calafate, parce que son père avait été calfateur de navires,’ ouvrier bouchant les trous des navires avec de l’étoupe et du gou- | dron. Ce ne fut point assez : il fallut. que l’impératrice Zoé, dont \1 l'eunuque craignait la vengeance, adoptât le fils du calfateur, qui L: dès lors fut déclaré césar. Son oncle, l'empereur: Michel, ne sur- | vécut que peu de jours. Se sentant affaiblir de plus en plus, it quitta (1H le palais et se retira dans un monastère qu’il avait fait bâtir aux por- | tes de Constantinople. Là, il:se dépouilla de la pourpre, se fit couper les cheveux et prit l'habit monastique, résolu de passer le reste de ses jours dans la pénitence, et d’expier par les larmes les deux crimes, l'adultère et le meurtre, qui lui avaient procuré la couronne. A cette nouvelle, l’impératrice éplorée, traversant à pied toute la ville, vint au monastère pour lui dire le dernier adieu. Il refusa de la voir. Le jour même de sa mort, l’heure de l'office étant venue, il se fit conduire presque expirant à l’église. On fut bientôt obligé de le reporter | dans son lit, où il mourut le 10 décembre 1041, dans les sentiments | À
du plus amer repentir !. | Michel Calafate se conduisit en ingrat et en insensé. A peine sur 1 le trône, il chassa son oncle, l’eunuque Jean, qui l’y avait fait monter À Q par ses intrigues ; il chassa tous ses parents, à l'exception de son 1: ais épileptique. Ce à frère Constantin, qu’il fit césar ; il chassa le patriarche Alexis pour qi encore l'esprit, que @ lui en substituér un autre ; il chassa l’impératrice Zoé, qui l'avait 18 unuque Jean, gou- adopté pour son fils. Mais à cette nouvelle, le peuple se souleva ; il | A enue captive comme À tira de son monastère la princesse Théodora, il ramena Zoé et les Ki que se femme, se À proclama impératrices toutes les deux : il demanda à grands cris la expier ce forfait, il & mort du Calafate. Il s'était réfugié dans l’église avec son frère Conmonastères et faisait Æ stantin. Le peuple les en tira de force, les traina par la ville; on leur servir les lépreux. Æ treva les yeux et on les enferma dans deux monastères différents que sa maladie, il fit, & pour le reste de leu: +”. C'était le 24 avril 1042. Michel Calafate mbeau de saint Dé- À n'avait régné que quatorze "nois et cinq jours. in approcher, plus il!
en bâtiments pieux. |
UIlist, du Bas-Empire, |. 77
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L'empire de Constantinople se vit alors gouverné par deux vieilles femmes. Les choses n'en allèrent pas plus mal. Mais Zoé, qui avait soixante-deux ans, fût bientôt jalouse de voir que sa sœur Théodora lui était préférée. Elle proposa aux principaux seigneurs l'élection d’un prince, ajoutant que, pour le bien de l'empire, elle ferait le:sacrifice de l'épouser. Ellé essaya d’un premier ; mais il lui parut trop ferme et elle le congédia ; elle essaya d’un second qui était marié ; mais sa femme, qui ne voulait pas le quitter, le fit périr par le poison. Elle jeta done les yeux sur un troisième : Constantin Monomaque, avec qui elle avait eu autrefois un commerce criminel ; il.était veuf de deux femmes, elle était veuve de deux maris : c'était un double empêchement chez les Grecs, où les troisièmes noces n'étaient point permises. Comme le patriarche Alexis faisait difliculté d’en faire a cérémonie, Zoé la fit faire par le premier clerc du palais ; le lendemain, 42 juin 4042, Alexis ne refusa point de procéder au couronnement. CEA
Constantin Monomaque vivait publiquement avec une autre femme nommée Sclérène. Quand il se vit empereur, il la iogea dans son palais, la traita sur le même pied que l’impératrice : quand il paraissait en public, Zoé était à sa droite, Sclérène à sa gauche. Cet énorme scandale finit par ‘évolter le peuple de Constantinople. Il craignit que, pour régner seule, la prostituée impériale ne se défit de Zoé et de Théodora. Le 9 mars 1044, jour de la fête des Q'rarante-Martyrs, il se faisait une procession solennelle. à laquelle les empereurs ne manquaient pas d'assister. Monomaque s’y rendit, au milieu des acclamations du peuple. Tout d'un coup une voix s’écrie du milieu de la foule : Point de Sclérène ! Vivent nos princesses Zoé et Théodora ! Que Dieu les préserve du malhèur qui les menace Ces paroles bouleversent en un moment l'esprit du peuple ; les acclamations se changent en cris de fureur, on veut tuer ie prince auquel on souhaitait tout à l'heure mille ans de vie, et peut-être l’aurait-on mis en pièces avec toute sa maison, si les deux princesses n'eussent apaisé le tumulte en parlant au peuple du haut d’une fenêtre. Monomaque, confus et tremblant, regagna son palais sans achever la cérémonie. ,
Tout son règne fut agité par des guerres, par des séditions, par des révoltes. En 1049, Mariacès se déclare empereur en Italie, mais il périt dans une bataille. En 4047, on proclama empereur, près d’Andrinople, un général nommé Tornice, qui succomba vers la fin de l’année. En 1051, il y eut une conspiration; en 1052, une autre. Tel était l'état général de l'empire de Constantinople î.
4 Hist. du Bas-Empire, 1. 17.
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Liv. LXIH, — De 1024
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Quant à l'Église, nous avons vu les efforts que fit le patriarche Eustathe pour obtenir du pape Jean XIX le titre de patriarche universel d'Orient, comme le Pape lui-même l'est de toute l'Église. Eustathe eut pour successeur, en 1025, le moine Alexis, abbé du monastère de Stude, qui tint le siége de Constantinople dix-sept ans.
in 1027, il fit une constitution avec le concile des évêques qui se trouvaient à la cour, par laquelle ils réglèrent divers points de discipline. Premièrement, plusieurs évêques faisaient retomber sur les métropolitains les charges de leurs diocèses ; et, pour en éviter le payement, détournaient leurs revenus ét s’absentaient eux-inêmes On croit qu'il s’agit des contributions que l’empereur prenait sur les évêques, et que l'on rendait les métropolitains responsables des nonvaleurs de leur province. Pour remédier à ce désordre, il est ordonné que les métropolitains. établiront des économes dans les diocèses dont leur est venue la perte, jusqu’à ce qu'ils en soient indemnisés ; et que, dans les diocèses dont ils craignent pareil dommage, par la négligence ou la malice des évêques, ils établiront des commissaires pour prendre connaissance, avec les évêques, du revenu des églises en faire rendre compte tous les ans, et employer le revenant-bon à l'indemnité du métropolitain, ou le conserver à l'église 1,
L'épiscopat grec apparait ici comme une régie de contributions : les archevêques y sont des receveurs généraux, les évêques des receveurs particuliers; le concile des archevêques, autrement le syndicat des receveurs généraux, sous la présidence du patriarche, comme d'un ministre des finances, fait la loi aux évêques ou receveurs particuliers, les met en tutelle sous la surveillance d’un commissaire ou d'un économe. Fleury observe, dans ses Discours, que les Grecs n'ayant jamais connu les fausses décrétales d’Isidore, conservèrent mieux l’ancienne discipline. Nous doutons cependant que ce code financier vienne de la discipline des apôtres; nous doutons même qu'on trouve rien de pareil dans les fausses décrétales. Nous verrons bientôt, par des exemples, quel usage les archevêques et même le patriarche pouvaient faire de cette aristocratie financière qu'ils s’attribuaient sur les évêques.
Dans ce même concile on se plaignit des évêques qui dissipaient les biens de leurs églises, qui prenaient des terres à ferme et se mélient indignement d’affaires temporelles ; et on les menace de déposition s'ils ne se corrigent. On se plaint de ceux qui se dispensaient d'assister aux conciles provinciaux, sans excuse légitime, et de ceux qui entreprenaient sur les droits de leurs collègues, en ordonnant des
! Baron., Pagi, Fleury.
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clercs étrangers. On défend aux clercs de passer d'une province à l'autre, sans permission par écrit de leur évêque. Ce qui regardait principalement Constantinople, où venaient de tous côtés des clercs, coupibles ou.non, ordonnés ou non, qui y faisaient impunément leurs fonctions.
. On recommande dobesaxt les bornes de la juridiction ecclésiastique, savoir : que les différends des clercs et des moines entre eux soient jugés par l’évêque; ceux des évêques par le métropolitain, ou, en cas de récusation, par le patriarche et son concile, avec défense expresse à tous clercs ou moines de s'adresser à des juges séculiers, suivant les ordonnances des empereurs mêmes, et nonobstant le privilége prétendu par les monastères impériaux.
La séance des évêques est réglée suivant le rang de leurs métropolitains. Enfin on condamne l'abus des oratoires domestiques, où les personnes puissantes affectaient de faire sonner, d’assembler le peuple, de célébrer l'office et même des baptêmes, suus prétexte qu'on y avait planté une croix par l'autorité du patriarche ou de l'évêque. On défend aux évêques de donner de telles permissions, et aux prêtres, sous peine de déposition, de célébrer en ces oratoires autre office que la messe, et encore aux jours de fête, menaçant d’anathème les laïques qui refuseront de s'y soumettre. Cette constitution, datéé du mois de janvier 1027, porte les noms de vingt-deux métropolitains et de neuf àrchevêques, par qui elle fut acceptée 1.
Elle parle aussi des monastères donnés à des étrangers. On rapportait le commencement de cet ahus aux iconoclastes, particulièrement à Constantin Copronyme, ce mortel ennemi des moines. Après l'extinction de cette hérésie, leurs biens leur furent rendus : toutefois les empereurs et les patriarches s’accoutumèrent à donner des monastères et des hôpitaux à des personnes puissantes et charitables, non pour en profiter, mais pour les rétablir quand ils tombaient en ruine, pour en être les bienfaiteurs et les protecteurs. Ce fut un prétexte pour donner ensuite ces maisons d'une manière absolue, premièrement les moindres, puis toutes généralement, soit à des évêques, soit à des laïques, à des hommes mariés, à des femmes, à des paiens même. Ces donations se faisaient à vie, et quelquefois pour deux personnes de suite. On donnait à des hommes des monastères de femmes, et à des femmes des monastères d’hommes; et une même personne en avait quelquefois plusieurs. Ces donataires, que l’on nommait charisticaires, jouissaient de tous les
1 Jus Græco-Rom., 1. 4. Post Zonar.
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revenus sans en rendre compte, et souvent négligeaient les réparations des églises et des bâtiments, l'entretien du service divin, les aumônes accoutumées, et même la subsistance des moines, qui, faute du nécessaire, tombaient dans le relâchement. Ils étaient les maitres des abbés, et les obligeaient à recevoir tels moines qu'il leur plaisait, ou à loger dans le monastère des séculiers » Presque en aussi grand nombre qué les moines.
Les évêques donc qui se-trouvèrent au concile de Constantinople du mois de janvier 4027 se plaignirent que ces charisticaires, tournant à leur profit les revenus des monastères, les réduisaient à une ruine totale, et les changeaient en habitations séculières, parce que la pauvreté obligeait les moines à les abandonner. C’est pourquoi le concile permit aux moines de se pourvoir contre les charisticaires, pour les obliger à réparer le tort qu’ils avaient fait au monastère ou pour leur en ôter entièrement la jouissance, ordonnant toutefois de ne s'adresser pour ce sujet qu’au concile du patriarche, et non aux luges séculiers 1.
Dans une autre constitution du mois de novembre de la même année 1027, le patriarche Alexis défend aux charisticaires de faire passer leur monastère à d'autres ; car il y en avait qui les vendaient comme des biens profanes. Il défend à toute personne, de quelque condition qu'elle soit, de posséder un monastère de l’autre sexe. Il défend aussi les aliénations des fonds dépendant des monastères, sinon par l'autorité du patriarche qu du métropolitain. Enfin, les évêques qui ont reçu des monastères’ de la libéralité des métropolitains seront obligés de les leur rendre quand les métropoles se trouveront réduites à l’indigence par les contributions nécessaires pour les besoins de l'empire. Cette constitution fut luë en présence de seize métropolitains et de cinq archevêques.
Le patriarche Alexis mourut le 20 février 1043. S'il fit de bons règlements pour les autres, il ne les observa guère bien lui-même. On trouva dans sa maison deux mille cinq cents livres d’or qu'il avait amassées. Ces richesses ne font pas son éloge. L'empereur les fit enlever.
Le métropolitain de Thessalonique n'avait pas donné un plus bel exemple lan 1037. L'empereur Michel le Paphlagonien se trouvait dans cette ville au temps que la famine désolait le pays. On vint ce plaindre à lui de l’impitoyable avarice de l'évêque Théophane, qui, loin de soulager la misère publique, l'aggravait encore en refusant au clergé la rétribution ordinaire. L'empereur le fit venir ; et, l'ayant
! Cateler. Monum. græc., t. 1, p.170.
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vainement exhorté à faire le devoir d'un pasteur, come Théophane se défendait par de mauvaises raisons : Du moins, lui dit |’ empereur, vous ne refuserez pas de m'aider dans le besoin où je me trouve. L'argent me manque ; prêtez-moi sur ma parole cent livres d'or, que je promets de vous rendre dès que j'en aurai reçu de Constantinople, où j’ai envoyé. Le prélat s'en excusa, protestant avec serment qu'il n'avait que trente livres. Le prince le retint dans le palais et envoya fouiller dans sa maison. On y trouva trois mille trois cents livres d'or. On prit sur cet amas de richesses de quoi payer le clergé, qui n'avait rien reçu depuis que Théophane était évêque. On distribua le reste aux pauvres. L'avare prélat, chassé de son siége, fut relégué dans une terre qui lui appartenait, Prométhée fut mis à sa place et chargé de lui faire une pension alimentaire.
Sans doute, ces deux exemples d’avarice ne prouvent pas que tous les évêques grecs fussent des avares. Cependant, un symptôme fâcheux, c’est que l’histoire n’en cite aucun, qui, dans ces temps de calamités, déployât la charité d’un saint Jean l’'Aumônier, d’un saint Chrysostôme; tandis que, pour l'Occident, elle cite plusieurs abbés et évêques qui le faisaient à la même époque et dans les mêmes circonstances, notamment le pape saint Léon IX. Un autre symptôme non moins fâcheux, c'est que, dans la période de trente ans que nous venons de parcourir, l'Orient ne présente aucun saint, même au jugement des Orientaux ; tandis que l'Occident en présente un si grand nombre, que l'historien ne peut les citer convenablement tous. L'Occident, c'est un individu dans la vigueur de l’âge, qui éprouve quelquefois des accès de fièvre, mais qui néanmoins agit et marche, et résiste aux plus terribles maladies, parce qu'il puise dans le centre de l’unité catholique une séve toujours nouvelle de santé, de guérison et de force. L’Orient, au contraire, apparaît comme un moribond toujours plus faible et qui épuise son dernier souffle de vie à repousser le médecin et le remède. C’est le triste spectacle que les Grecs vont nous offrir désormais.
Pendant que le pape saint Léon IX se trouvait à Bénévent et consolait l’église mourante d'Afrique , le cardinal Humbert, évêque de Sainte-Rufine, vit à Trani, dans la Pouille, une lettre écrite par Michel Cérularius ou le Cirier , patriarche de Constantinople, et par Léon, évêque d’Acride, métropolitain de Bulgarie, et adressée à Jear, évêque de Trani. Michel avait été exilé comme conspirateur sous l'empereur Michel le Paphlagonien; s'étant fait moine pendant cet exil, il succéda au patriarche Alexis, le 25 mars 1043. Trente-six jours après son intronisation, l'eunuque Jean, auteur de son exil, eut les yeux crevés et mourut dans les fers. Élevé ainsi au milieu des
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à 1064 de j’ère chr.] DÉ L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 581
dissensions et des intrigues, Cérularins transporta cet esprit de division dans l'Église. Les Grecs, possédant encore quelques évêchés dans l'Italie méridionale, prétendaient que ces évêchés devaient être soumis au patriarche de Constantinople. L'évêché de Trani était de
ce nombre, quand les Normands se rendirent maîtres de la Pouille. Voilà pourquoi Cérularius s'adresse particulièrement à l'évêque de cette ville, Il s’adjoint le métropolitain de Bulgarie, à cause que ce
pays, ayant perdu son indépendance, n’était plus qu’une province de
l'empire byzantin, exposée à ajouter le schisme de Photius à l'hérésie de Manès, qui l’infectait déjà. -Humbert était un savant prêtre de l’élise de Toul, que le pape saint Léon avait emmené avec lui et qu'il avait fait cardinal-évêque.
Le cardinal Humbert, ayant donc lu cette lettre, la tr en latin et la porta au Pape. Elle commencait ainsi : « La grande charité de Dieu et une tendre compassion nous ont engagés à écrire à votre sainteté, et, par vous, à tous les archevêques et évêques des Francs, aux moines et aux peuples, et même au révérendissime Pape, et de vous parler des-azymes et du sabbat, que vous observez d'une manière inconvenantfe, en communiquant avec les Juifs. » Tels sont donc les deux énormes abus sur lesquels le patriarche de Constantinople et le métropolitain de Bulgarie se croient obligés en Conscience de reprendre les Chrétiens d'Occident : l'usage des azymes et l'observation du sabbat.
Pour comprendre la première difficulté,
aduisit de grec
il faut savoir que les Grecs avec du pain non levé ou ple et le métropolitain de é n'e:t pas du pain, mais par conséquent, l’eucharistie des me. Et pour prouver que le pain le passage de l'Évangile où il est es, c'est-à-dire le premier jour où
Bulgarie soutiennent que le pain non lev une pierre ou une brique , et que, Latins est nulle ou du moins illégiti
e bon sens conclut que ce pain était du Rain non levé, et que, par conséquent, le pain non levé ou le pain #yme est du pain. Mais les Grecs concluent tout le contraire. Cette estion, d’ailleurs, était décidée depuis vingt-cinq siècles par l'Antien Testament, qui, et en grec et en hébreu, emploie plusieurs fois lexpression de Pains azymes1, d'où tout le monde conclura, avec les loulangers de tous les Pays, que du pairi non levé est du pain. Eh
ien , c'est pour cette question de boulangerie, décidée contre eux
l'Exod., 29, 2.