‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 8 sur 72 · X.'— Dé 021 962 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

X.'— Dé 021 962 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE

8 pratique ommença à apprendre l’alphabet comme les enfants, et fit de grands à Fleury-Brogrès dans les lettres, et de plus grands encore dans la vertu. Il laccalan fuRemeura dix aus à Saint-Denis, et fut ordonné prêtre la neuvième vertus qu'iBBnnée par Adhelme, évêque de Paris, successeur de Fuldrade. Après erminèrenuoi, ayant enfin obtenu les reliques de saint Eugène, il retourna à int KadroëlBrogne, où il mit douze moines de Saint-Denis à la place des clercs er. Vingt ui desservaient cette église® IL y fonda un.monastère qu'il gouverna, nt Forann@t qui devint célèbre par les vertus des moines et par celles del’abbé, aussi abbé Gislebert, duc de Lorraine, et Arnoulfe le Grand, comte deFlandre, n furent si édifiés, qu'ils chargèrent Gérard de mettre la réforme e royaumeBlans tc .tes les abbayes des terres de leur obéissance, Les principaux 1é au terri monastères qu'il réforma et gouverna dans la Flandre, furent Brogne, ès son enMPaint-Guislain, Saint-Pierre et Saint-Bavon de Gand, Saint-Martin ent de touile Tournai, Marchiennes, Hasnon, Saint-Vast d'Arras, Saint-Bertin, es sous BéPaint-Omer, Saint-Amand, Saint-Vulmer ou Samer, outre les mo- 16 atteinte Mhastères de Lorraine et plusieurs de France, tels que Saint-Remi de mieux échReims et Saint-Riquier. D'éclatants miracles augmentèrent l'autorité onfident due la vertu et la sagesse donnaient à saint Gérard. ns vers | Arnoulfe, comte de Flandre, était cruellement tourmenté de la pierre, et il ne pouvait se résoudre à se faire tailler, quoique les mé- > de Saintiecins et les chirurgiens lui eussent déclaré que c’était l’unique re- | faire méliimède, et que, pour le rassurer contre la crainte d’une si dangereuse uirépondippération, ils l’eussent faite en sa présence à dix-huit ‘personnes atté pren.ideintes du même mal, dont une seule mourut. Malgré ces expéait souffuMriences, le comte ne voulut pas éprouver un remède qui lui pareis on cons#fait plus douloureux que le mal même. Il eut recours à saint Gérard, nstammenBet ce saint abbé lui obtint, par ses prières, une guérison parfaite, ur le place LE Sur la fin de sa vie, Gérard fit le voyage de Rome pour obtenir de Brognell Mes priviléges en faveur de son monastère de Brogne, Après quoi il voulait visita tous les monastères soumis à son obéissance, et se démit endemand suite du gouvernement pour mieux se préparer à la mort. Elle arriva r la vie run lundi 3° d'octobre 959. Après qu'il eut reçu le saint viatique Namur, quevec de grands sentiments de piété, il donna ordre que l’on sonnât ‘ à Étiennune cloche qu’il avait fait bénir par l’évêque, et, dès qu'elle eut it de s'opicommencé de sonner, il expira. Nous avons vu que saint Sturme, énédictionmabbé de Fulde, fit aussi sonner les cloches pour avertir qu’il était à r de sa vl'agonie 1.

Un autre saint de même nom illustrait le royaume de Lorraine, nonastiqsavoir, saint Gérard, évêque de Toul et successeur.de saint Gauzelin. x barbe, II était né d'une noble famille du territoire de Cologne, et. son édu-

1 Acta SS,, 3 octob. Act. Bened., sect. 5.

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cation répondit à sa naissance. Il fut élevé avec grand soin à Cologne, |

dans un monastère de clercs ou de chanoines répaliers;‘et les semences de piété qu'on y jéta dans son-cœur ne tai lèrent pas à pro:

duire d'excellents fruits. Sa mère ayant été tuée d'uvcoup de foudre, :

il imputa ce malheur à ss propres péchés, et.ce ut pour lui un

motif de redoubler ses macérations. Il était cellérier de la comtnunauté, lorsque saint Brunon, archevéque"de Cologne et viceiroi de ‘|

Lorraine, jeta les yeux sur lui pour remplir le siégé de Toul, vacant

par la mort de saint Gauzelin. Gérard était en pénitence pour quel. |

que faute assez légère, lorsqu'on lui apporta la nouvelle de son élection. Son humilité résista longtemps; mais il fallut céder aux

ordres de Branon. 1 fut ordonné l'an 965, le 29 de-mars, qui, cette À

année, étaitun dimanche.

Gérard conserva dans l'épiscopat toutes les vertus qu'il avait ac-" quises dans la retraite, et il sut les allier‘avec celles qui étaient pro- ‘

pres à sa nouvelle dignité, Il donna surtout ses soins à réparer les

ég.ises de son diocèse. Il fit rebâtir celle de Saint-Mansuet, premier:

évêque de Toul, celle de Saint-Étienne, qui est la cathédrale, et celle

de Saint-Gengoulfe, où il établit une coilégiale de chanoines. Ces |

deux églises subsistent encore. Il n’avait as moins de zèle pour les reliques des saints. Il fit l'élévation de celle de saint Aper ou Êvre,

et obtint-de Troyes celle de sainte Apronie, sœur dé ce saïnt évêque.

Il eut la dévotion d’aller honorer les tombeaux des saints apôtres, et il fit le pèlerinage de Rome avec douze de ses clercs. Le voyage ne fut qu’une procession continuelle; car on portait la croix devant cette troupe de pèlerins, et ils chantaient sans cesse dés psaumes. Sa réputation, qui l'avait précédé à Rome, y attira de grands honneurs à sa vertu. Gérard tint le siége de Toul trente-un ans et quelquesse- Imaines, et mourut saintement le 23 d'avril 994 1.

La vie monastique commençait aussi à refleurir dans la partie de la Neustrie qui avait été cédée aux Normands. Guillaume, surnommé Longue-Épée, fils et successeur de Rollon ou Robert, premier duc

de Normandie, avait hérité de toutes les belles qualités de:son père,

sans en avoir les défauts. Il avait plus de bonté pour ses peuples, plus de piété envers Dieu, et, quoiqu'il aimât moins la guerre, il n'avait pas moins de bravoure. Il profita de la paix dont jouissaient ses États pour rebâtir plusieurs monastères, et entre autres celui de Jumiéges détruit par Hastingue. Voici ce qui engagea ce prince à rebâtir ce célèbre monastère.

Le duc Guillaume, chassant un jour dans la forêt de Iumiéges,

1 Acta SS., 93 april.

962 de l’ère chr

ouva deux mc astère, pour @ hissements con eau. Il les refu anglier, l'ani uc, qui fut sec Jumiéges, dem promit de fai ent. Il prit de:

it, dès que les ers, Sa sœur, € yprien, avec M olonie, et la mi Jonna à toute la notif d'embrass Ce prince ava enoncer aux gr!

eligion. Les ints ieux dessein ; n umiéges, il se s ieuse, et il fit uvrit à l’abbé, |

oine, qu’il em] ren teanps et 1 à religion avait ( Le duc Guillar omte de Flandr

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962 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 23

ouva deux moines occupés à relever les anciennes ruines du moastère, pour en bâtir quelques cellules. Ils lui offrirent des rafrat. hissements conformes à leur pauvreté, savoir, du pain d’orge et de eau. Il les refusa; et, s’étant enfoncé dans la forêt pour chasser un anglier, l'animal furieux revint sur lui et le renversa de cheval. Le uc, qui fut secouru à propos, ayant échappé à ce danger, retourna Jumiéges, demanda les rafraîchissements qu’il avait d’abord refusés,

promit de faire rebâtir le monastère ; ce qu'il exécuta incessam-

ent. Il prit des mesures en même temps pour y rétablir la’ règle ; 4, dès que les bâtiments furent en état, il pria la comtesse de Poiers, sa sœur, de lui envoyer douze moines du monastère de Saintyprien, avec Martin, leur abbé. Le duc reçut avec joie cette sainte olonie, et la mit en possession de Jumiéges, où l'édification qu’elle. lonna à toute la province devint pour le duc Guillaume un nouveau notif d'embrasser la vie monastique.

Ce prince avait pris, dès sa plus tendre jeunesse, la résolution de : enoncer aux grandeurs du monde pour se consacrer à Dieu dans la eligion. Les intérêts publics ne lui permirent pas d'exécuter alors ce ieux dessein ; mais il ne le perdit point de vue. Quand il:eut rebâti umiéges, il se sentit plus fortement que jamais appelé à la vie reliieuse, et il fit vœu de sc faire moine dans ce monastère. Il s'en : uvrit à l’abbé, lequel, préférant le bien public à celui de sa .com-

unauté, s'opposa constamment à ce dessein. Il représenta au duc ue son fils Richard étant encore enfant, il serait responsable des roubles qui ne manqueraient pas d'arriver cm son abdication. es raisons ébranlèrent Guillaume Longue-Épée ; mais -elles ne : urent empêcher qu'il ne prit à l'abbé un cuculle et une tunique de

oine, qu’il emporta et qu’il enferma sous la clef, afin de s’en revéren tanps et lieu. On voit, par ce trait, quel heureux changement à religion avait déjà fait dans les mœurs féroces des Normardés 1.

Le duc Guillaume fut indignement assassiné l'an 943. Arnoulfe, omte de Flandre, qui était en guerre avec ce prince, lui proposa ne conférence à Piquigni, dans une île de la Somme. Guillaume s’y : endit, et, après quelques contestations, la paix fut jurée de part et ‘autre, Mais on vit, pour cette fois, la confiance et la bonne foi du

Dté des Normands, et la plus noire perfidie du côté des Flamands.

peine le duc Guillaume fut-il rentré seul dans sa barque avec un ameur, que quatre des gens du comte le rappelèrent, disant qu’Arpoulfe avait oublié de lui parler d’une affaire de la dernière impor-

once. Guillaume revint à bord, et, à l'instant, il fut assassiné par ces

1 Guillelm. gemet., 1, 3, c. 7 et 8.

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quatre scélérats, à la vue de son armée, qui était à l'autre bord, le 17. de décembre de l'an 943. Comme on le déshabillait pour visiter ses plaies, on trouva sur lui une petite clef d'argent, qu’on crut être celle de.son trésor. Son chambellan dit que c'était la clef d’une cassette oùétait l'habit de. moine qu'il avait résolu de prendre à Jumiéges après cette malheureuse conférence, et c'était à ce qu'il gar-

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dait.comme son plus précieux trésor. Il futenterré à Notre-Dame de #

Rouen; et: son fils Richard, encore jeune, fut reconnu due de Nor-

mandie 1; AÉEE AS &v$ li Ce qu'il aurait fallu à cette province; c'était un archevêque de Rouen-qui ressemblät au duc Guillaume. Il en fut bien-autrement.

L'année:même avant sa. mort, le duc Guillaume mit sur ce grand }s

siége un moine de Saint-Denis, nommé Hugues. IL était d'illustre À naissence; mais il-oublia tellement la sainteté de sa profession, qu'il À s'abandonne à la débauche et eut grand nombre d'enfants. Il dissipa |

les biens de l'église et donna à Raoul, son frère, seigneur très-puissant, ue terre, considérable du domaine de l’archevéché 2. Pour le malheur de la Normandie, Hugues tint. le siége de Rouen quarantesept.ans.et ne mourut qu’en 989.

Au moins le jeune Hugues, fils du comte de Vermandois, élu dès l'âge dé cinq ans, par la puissance de son père , à l’archevêché de Reims, ne donna jamais de pareils scandales. En attendant l’âge

d'être ordonné, il lui faisait donner une éducation cléricale chez l’é- B vêque Gui d'Auxerre, où il étudia quinze ans. Quant à son père, le Æ

comte Héribert, il jouit pendant plus de six ans du temporel de l’église de Reims, sous le nom de sc fils ; mais, quoiqu'il eût promis au roi Raoul, quand il obtint de lui cet archevéché, d’en bien user tant avec les cleres qu'avec les laïques, et de conserver à chacun ses droits, il disposa de tout comme il lui plut. 11 dépouilla plusieurs clercs de leurs bénéfices, c’est-à-dire des fonds dont les évêques précédents

leur avaient donné l’usufruit, en considération de leurs services, et à

il donna ces terres à qui bon lui .sembla. Pour faire les fonctions spirituelles, Héribert reçut en l’église de Reims Odalric, archevêque d’Aix en Provence, qui avait quitté son siége à cause des incursions des Sarrasins, et il lui donna l’abbaye de Timothée avec la prébende, c'est-à-dire la portion d’un clerc. C'était en 998. Cependant Héribert

jouissait de tout le temporel, logeant même dans l’évéché avec sa |

em me. Enfin, l’an 934, il se brouilla avec le roi Raoul, qui résolut

de satisfaire. aux plaintes des évêques ; car ils lui témoignaient leur

indiguation de voir si longtemps cette église sans pasteur.

4 962 de l'ère cl

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