‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 21 sur 63 · V. LXIX, — De · texte numérisé non relu

V. LXIX, — De

achaient ou bit ersaient les mk nt la guerre ue) ibles, lorsqu'y nivre !. :

te, un des pus

> et la confif

, entre la ville di termes :

a convention y lans la grâce à re assez avant e sans honte. Rs Lo et de Lodi.h un palais à lui euf mille mat es otages ; en t. De son «à Milan, et qu

ès qu'on lui

iité les alliés 8 laires du lac

leur. alliance;b urs consuls dé ils lui prétasd:

*e ceux qui lé de février, réf re pour fairel les de Crémos » Sous condil ; mais il perd paix, les Itali çuement, reg# plaindre ?. k

gé et les ma ereur ; leclrts | Croix ; les ni

du traité ay

ux députés &

42 ct 43,

1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 95

Le 23 novembre de la même année 1158, Frédéric tint une asemblée générale ou diète à Roncaille, Son but était d'y faire valoir on titre de maître du monde. Les légistes de Bologne entraient dans Les vues. Ces nouveaux docteurs, enthousiasmés du droit romain, ie voyaient en tout que l’empereur, comme Arnaud de Bresce, en-

ousiasmé de l’histoire romaine, ne voyait en tout que le sénat et le euple romains. Pour les uns et les autres, les changements qui, Jepuis dix-huit siècles, avaient eu lieu dans le monde, dans les emires, dans la religion, dans les mœurs, dans les relations des indiidus et des peuples, ne comptaient pour rien. Une seule idée, l’emereur, voilà sur quelle règle de fer les légistes de Bologne voulaient amener ét réduire non-seulement l'Italie et l'Allemagne, mais toute humanité chrétienne. Quatre docteurs fameux enseignaient alors à ologne le droit romain, savoir: Bulgare, Martin, Jacques et Hugues, isciples tous les quatre de Garnier ou Yrnerius, qui avait renouvelé ette étude. Frédéric les manda tous les quatre à la diète de Ronaille, pour en être l’âme.

Un jour que l'empereur allait à cheval entre le docteur Bulgare et

æ docteur Martin, il leur demanda s'il était de droit le maître du honde. Bulgare répondit qu’il ne l'était point quant à la propriété ; Mais Martin soutint qu'il l'était. Alors l'empereur, descendant de

on cheval, en fit présent à Martin. Sur quoi Bulgare fit ce jeu de hots : Amisi equum, quia dixi æquum, quod non fuit æœquum. C'estdire, autant que cela peut se traduire en français : J’ai manqué un heval, pour avoir dit juste, ce qui n’est pas juste 1. L’auteur conemporain qui rapporte cette anecdote est. Otton :orena, magistrat e Lodi, ami et confident de l’empereur Frédéric. On y voit que les irisconsultes étaient d'accord à soutenir que Frédéric était le maître u monde, quant à la souveraineté ; ils différaient seulement sur la uestion de savoir s’il l'était quant à la propriété. En un mot, que empereur allemand fût l’unique souverain du monde, et que, conequemment , les rois de France, d'Angleterre, d'Espagne, les emereurs des Grecs et même des Chinois, n’étaient que ses feudataires des usurpateurs, c'était là une chose hors de doute parmi les juisconsultes de Bologne ; mais qu'il fût l’unique propriétaire de haque maison, de chaque fauchée de pré, c’est sur quoi il y avait ncore quelque dissentiment. :

L'empereur Frédéric ayant donc fait venir à Roncaille les quatre octeurs de Bologne, leur ordonna de lui déclarer en vérité tous les

froits régaliens qui lui appartenaient en Lombardie, comme empe-

4! Olton Morena. Hist. Laud. Muratori, Script. rer, ital., t. 6, p. 1018.

96 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXVIII, —De | reur. Ils s'excusèrent de le faire sans prendre conseil des auin

juges. L'empereur leur en adjoignit encore vingt-huit, deux de chan ville de Lombardie. Les trente-deux jurisconsultes, ayant confén

ensemble, déclarèrent à l'empereur, en présence des seigneurs des consuls des villes, que les régales n’appartenaient qu’à lui seu

et que, sous le nom de régales, on devait entendre les duchés, 18 marquisats, les comtés, les consulats, le droit de battre monnaie, péages, le droit d'approvisionnement, les tributs, les ports, lesmw lins, les pêches et tous les revenus qui pouvaient provenir “

fleuves 1.

Comme les arguments des légistes étaient appuyés de cent mi : épées allemandes, on n'y trouva rien à répondre. Au contraire, tk ; tait à qui louerait la condescendance du prince. L’archevêèque #4 Milan, dans sa harangue, le qualifia d'empereur unique de Romegt du monde. Votre Majesté, ajouta-t-il, a daigné nous consulter, nou les fidèles et votre peuple, sur les lois et la justice, ainsi que sl l'honneur de l'empire. Sachez que tout le droit du peuple pour établi des lois nouvelles vous a été accordé. Votre volonté est le dro & suivant ce que l’on dit : Ce qui plaît au prince a force de loi, attend que c'est à lui et en lui que le peuple a remis tout son empire etg puissance; car tout ce que l’empereur constitue, décrète ou ordonk par une lettre, par une sentence, par un édit, devient à l'instant w à

loi. Il est selon la nature, en effet, que la récompense suive le

vail, et que, chargé du fardeau de nous protéger tous, vous puissi {

aussi nous commander à tous ?.

mille marcs d'argent de revenu annuel 3.

En cette assemblée de Roncaille, l'empereur Frédéric fit plusieun

lois, principalement pour établir la paix et la sûreté publiques. Il fit une en particulier pour les étudiants, à l'occasion, sans doute,

l’école de Bologne, qui était célèbre. Cette constitution porte : (X

biter sûrement, eux et leurs messagers, aux lieux où l’on exerce

1 Otton Morena, p. 1017-1020. Radevic, 1. 2, c. 5. — ? Radevic, 1. 2, c 3 Ibid., c, 5,

181 de l’ère

des; que p à représaille tré provine es. Si quelq à plaider der vilie, SOUS [ ge, de perd:

Comme la « té du princ pnséquences.

ser ses mur ion croissan rdaigne, et € Ériaux, avec es s'en dispe il menaça le té, réclamèr ns. Ils faisaie bsquels ils ét ison de là pa aient de défe d'on apprit à es et enfants à fortifier le:

Pierre. En mêr D'après la décision des jurisconsultes, l'archevêque de Milan et é consuls de la ville, ainsi que tous les autres évêques et seigneurs Lombardie, renoncèrent publiquement, entre les inains de l'en É reur, à tous ces droits qui avaient été déclarés régaliens. Mais l'el pereur en confirma la possession à tous ceux qui en purent montr ; des titres valables ; et, toutefois, il s’en trouva d'usurpés pour trail

agistrats, fure oyèrent tour :

soumission ;

nè somme ( Dès que la \ spenser de te

a largement

ï imposait sot

aire Monza à

pressément «

Ma réserve de les écoliers qui voyagent à cause de leurs études, et principalemels les professeurs des lois divines et impériales, pourront venir et hf

s deux comtés Duveau seigner au de Trezzo :

! Radevie, 1, 2,

* LXVIII. —Dei,

nseil des autre , deux de chaq , ayant conf les seigneurs it qu'à lui seul les duchés, tre monnaie, dé ports, les mot t provenir di

181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 97

des ; que personne ne soit assez osé pour leur faire injure, ni user représailles contre eux pour les crimes ou les dettes de quelque tré province; de quoi les gouverneurs des lieux seront responsaes, Si quelqu'un intente un procès contre eux, ils auront le choix } plaider devant leur seigneur, ou leur professeur, ou l’évêque de vilie, sous peine, à celui qui voudrait les traduire devant ün autre ge, de perdre sa cause 1,

Comme la diète de Roncäille avait admis en principé que la voté du prince faisait loi, Frédéric sorigea tout de bon à en tirer les pnséquences. La ville de Plaisance avait été alliée de” Milan ; il fit ser ses murailles, "combler ses fossés et abattre ses tours. Son amion croissant avec le succès, il revendiqua les îles de Corse et de rdaigne, et envoya aux Pisans et aux Génois des commissaires imfriaux, avec ordre de les transporter dans ces iles. Ces deux-peues s'en dispensèrent ; la colère de Frédéric s'enflamma contre eux,

ilmenaça les Génois de tout son courroux 2, Les Génois, dé leur

s de cent mis 1 contraire, cd archevêque & que de Romegi onsulter, nou , ainsi que si

ple pour étaliité, réclamèrent contre la loi portée à la diète sur les droits régaté est le dfns. Ils faisaient valoir d'anciens priviléges des empereurs, en vertu de loi, attend @squels ils étaient dispensés de tout impôt ét de tout se

Im rvice, en ison de là pauvreté de leurs montagnes et du soin dontils sechar-

aient de défendre les côtes contre les ‘infidèles. Cependant, dès l'on apprità Gênes les menaces de Frédéric, on vit hommes, femes et enfants travailler nuit et jour avec une ardeur égale, à relever à fortifier les murs de la ville, à les couvrir de machines de kerre. En même temps, l'historien Caffara, ainsi que plusieurs des

n empire et ète ou ordomk L à l'instant us se suive le tri , VOUS puis

de Milan etk i ngistrats, furent envoyés en députation vers l'empereur ; ils emet seigneurs Soyèrent tour à tour, avec adresse, les raisonnements, le courage ct . ins de l'empai

soumission ; ils apaisèrent sa colère, et l'engagèrent à-se contenter nè somme de douze cents marcs d'argent, qu'ils lui pâyèrent 3. Dès que la volonté du prince est la règle de la justice, il-peut se spenser de tenir sa parole toutes les fois qu’il lui plaît. Frédéric a largement de ce privilége pour s'affranchir des obligations que

iimposait son traité avec les Milanaïs. Il se permit donc de souspire Monza à leur juridiction, quoique, par ce traité, il les eût pressément confirmés dans la possession de tout leür territoire, Da réserve de Lodi et de Como. Peu après, !l leur enleva également

s deux comtés dé la Martésana et de Séprio, dont il investit un Duveau Seigneur ; puis il mit une garnison allemande dans le chàau de Trezzo ; enfin il donnä ordre de détruire celui de Crème,

ns. Mais l'enfs urent mont pés pour trenf

ic fit plusien ubliques. Il sans doute, dé on porte : (4 rincipaleme t venir et hf l'on exerce a

vie, 1. 2, c.4, DA Radevic, 1. 2, e. 7, Authent. ad tit. ne fil. propat. 4, cod 13, — 2? Radévie, I. 2, rs 9.—3 Caffari, Annal. Genuens.,|, 1, p.210 et 271, Muratori, Script. rer. ital., t. 6, x: XVI, 7

98 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX, — Dei!

pour complaire aux Crémonais, Vers le même temps, il avait envor® à Milan son chancelier, pour y établir un juge impérial ou podestés à la place des consuls; ce qui était contraire à la lettre même he. traité de paix !. Le peuple ne put supporter ce nouvel outrage; prit les armes avec un mouvement de fureur, et força le chanceli 4 à sortir en hâte de la ville. Les Crémasques avaient traité de ménb les messagers qui leur avaient porté l’ordre d’abattre leurs murs. (} Frédéric n'entreprit point une seconde fois le siége de Milan, t ii à il dévasta les campagnes du Milanais, à plusieurs reprises, pendalM toute la durée de l'été 1159 ; il brûla les moissons, il fit abattre ki arbres fruitiers ou enlever leur écorce, il détruisit toute espèce (M comestibles; en même temps il fit garder toutes les routes qui ch duisaient à Milan, et il soumit aux peines les plus sévères ceux q porteraient des munitions dans cette ville 2, | Vers la mi-août, à la persuasion des Crémonais, qui lui promiral pour cela onze mille livres d'argent, Frédéric alla assiéger la villed Crème, parce qu'elle demeurait fidèle à l'alliance des Milanais. La Ê Crémasques se défendirent avec un courage incroyable. Une de .:1M sorties, pendant l'absence de l'empereur, fut si violente, que, quil qu'ils n’eussent guère que six cents chevaux, ils conservèrent l’ava à tage, jusqu'à la fix de la journée, sur l'armée impériale. Frédéri f fut si outré de l'insolence des Crémasques qui avaient osé battre si troupes, qu'il fit pendre , en face des murs, un certain nombre prisonniers. Les assiégés usèrent de représailles et livrèrent même supplice, du haut de leurs créneaux, le même nombre de pre sonniers allemands 3. Ë Frédéric les fit alors avertir, par un héraut, que désormais, BA aucune condition, il ne les recevrait en grâce, et qu’il était résoBi à les traiter avec la dernière rigueur. En même temps il envoya als supplice quarante otages qu'il avait levés précédemment du | Crème ; il fit pendre également six députés que les Milanais el voyaient à Plaisance, et dont l’un était le neveu de l'archevêque dfi Milan. Ce n’est pas tout. Il restait encore d’autres otages de Crè entre les mains de Frédéric : c’étaient des enfants; il les fit attach à une tour qu'il faisait avancer contre la ville, tandis que les assiégé avec neuf catapultes, s’efforçaient de la repousser. Les pères de cs malheureuses victimes, en armes sur la muraille, poussaient des cr 1 lamentables, et ne cessaient cependant de combattre et de dirig'pA les catapultes contre la tour qu'on faisait approcher. L'un d'eux, él

ce

1 Sir Raul, p. 1181 et 1182. Otton Morena, p. 1021. Radevic, 1. 2, c. 21. NPA ratori, t. 6. — ? Radevic, 1. 2, c, 33, — 3 ]bid., ce. 45. - 4 . Æ

1181 de l'èr

ant la voix, a patrie et lésormais ve 'auriez-vou:

encontrer a os épouses, lemandent « Puisse aucur ité ! puisser atrie tombe Tels sont 1 e l'empereu n souverain es gens et d ule aux pie pères à tuer | rien de plu:

onnait pour ateur néces I y avait d int à corrom ans son cam ttaquer: la..v ombats acha fe et au du ntrer en nég itions qui fu pur ville avec paules ceux eule fois. Ce ommes, fem:

rent de cette ereur livra C eu. Les.Crém e qui avait, € out l'empire ] bien: voulu ]

Mout le reste 2.

Après cette est la constar

1 Radevic, 1, 2,

.LXIX, — Dei 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 09 , il avait envoyant la voix, criait à ses enfants : Bienheureux ceux qui meurent pour rial ou podes@ patrie et la liberté ! Ne craigne’ point la mort, elle seule peut lettre même dMMésormais vous rendre libres ÿ Si vou

s étiez parvenus à notre âge, ne 'auriez-vous pas bravée avec nous pour la patrie ? Heureux de la

ça le chanceli “encontrer avant d'avoir, comme nous, à redouter l'infamie pour traité de mémos épouses, ou à résister aux gémissements de vos enfants qui vous leurs murs. Memandent de les épargner ! oh ! puissions-nous bientôt vous suivre ! e de Milan, mibuisse aucun vieillard d'entre nous n'être assis sur les cendres de: sa prises, pendu Cité ! puissent nos yeux être fermés avant d’avoir vu notre sainte il fit abattre kPMatrie tomber entreles mains impies des Crémonais e ute espèce (M Tels sont les détails qui se lisent dans deux outes qui comble l'empereur Frédéric, Radevic de Frisingu vères ceux qu Mo souverain qui, contre ses peuples mêmes, foule aux pieds le droit

es gens et de l'humanité en égorgeant les otages ; un souverain qui i lui promiraP mule aux pieds les plus saintes lois de la nature; en réduisant les

éger la ville dires à tuer leurs enfants pour se défendre eux-mêmes, non, il n'y s Milanais. Le è

uvel outrage : PM

tdes Pavesans 1; panégyristes allemands e, et le poëte Gunther,

2 rien de plus.atroce dans l'histoire des sauvages. Et cet homme se e. Une de MS onnait pour l'unique souverain légitime de l'univers, pour le réfor: nte, que, quifhateur nécessaire de l'Église! En

rvèrent l'aval riale.. Frédéng t osé battre si ain nombre 4 t livrèrent afl nombre de pli

i (9 Il y avait déjà six mois que le siége durait, lorsque Frédéric parint à corrompre le, principal ingénieur des Crémasques, qui passa ans son camp et dirigea la construction de nouvelles machines pour ltaquer. la. ville qu’il avait longtemps défendue, Après plusieurs ombats acharnés,; les habitants s’adressèrent au patriarche d'Aquiée et au duc de Bavière, et;demandèrent, par leur'entremise, à Motrer en négociation. Ces deux personnages leur obtinrent des con- > désormais, Pitions qui furent acceptées. L'empereur leur permit de sortir de d'il était résour ville avec leurs femmes et leurs enfants, et d’emporter sur leurs s il envoya al Æpaules ceux de leurs effets dont ils pourraient se charger en une emment dubleule fois. Ce fut le 26 janvier 1160. que les habitants de Crème. s Milanais « Mpommes, femmes et enfants, au nombre de vingt mille environ, sôrarchevêque rent de cette ville malheureuse et s'acheminèrent vers Milan. L'emges de Crèmbereur livra Crème au pillage de ses soldats, qui y mirent énsuite le les fit attache, Les Crémonais prirent soin de raser jusqu'aux fondements tout e les assiégh Be qui avait, échappé à l'incendie, Frédéric notifia son triomphe à s pères de Bout l'empire par une lettre où il relève sa souveraine clémence, qui saient des PS bien voulu laisser la vie à ceux qu'il dépouillait, sans sujet, de et de dirigBMout le reste 2.

un d'eux, ékM Après cette singulière clémence de Frédéric, ce qui étonne le plus, ‘est la constance des Italiens à défendre leur liberté et leurs droits,

1. 2, 0. 21. MP LE ! Radevic, 1, 2, c. 47. Gunther Ligur., 1. 10. — 2 Radevice, 1. 2, c, 58.63.

100 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX: — De 15h

surtout depuis la diète de Roncaille, où leurs évêques, leurs abbéh

et leurs seigneurs avaient reconnu le nouveau dogme des légistes.i que l'empereur était le seul maître de l'univers, la seule loi de l'en:

pire, le seul propriétaire de l’Italie: C’est qu’au-dessus des évêqu et des abbés se trouve le Pontife romain, qui, avec la liberté et lb droits de l'Église -universelle, protége naturellement la liberté et la droits des individus et des peuples. :

Le pape Adrien IV blâma'donc la faiblesse des évêques .et d abbés de Lombardie, et leur fit connaître son mécontenternent de qu'ils avaient reconnu tenir de l’empereur tous les droits régalien De plus, corame ies officiers du prince, animés de l'esprit de Je maître, exigeaient avec insolence les nouveaux droits, jusque s les terres de l’Église romaine > ie Pape’s’en plaignit à l'empereur ] même par une lettre qui n’est pas venue jusqu’à nous. Suiva l'Allemand Radevic, elle était douce en apparertce ; mais en la lisa avec attention, on y trouvait une admonition bien âpre ; en -outr elle fut apportée par une personne peu considérable, qui dispan a\ .nt.que la lettre füt lue 1. Bi HAUT,

Quelque temps auparavant, Anselme, archevêque de Raven précédemment évêque d'Havelsberg, étant mort, Frédéric fit élire sa place Gui, fils du comte de Blandrate, jeune homme que | Pape avait reçu dans le clergé de Romé à la prière de l'empereur,4 ordonné sous-diacre. À son élection pour l’archevéché de Raven assista le cardinal Hyacinthe de la part du Pape. Deux fois l'empe reur pria le Pape de confirmer cette élection ;: deux fois le Pa s'y refusa, disant qu’il ne pouvait se résoudre à éloigner de lui k fils du comte de Blandrate, tant à cause de son mérite que des avar tages que ses parents pourraient procurer à l'Église romaine, etqu'i se proposait d'élever ce jeune homme, avec le temps, à de plus hauté dignités, lui ayant déjà assigné un titre comme s’il était diacre 2.

Irrité de ce refus, mais plus encore de la lettre mentionnée touti * l'heure, Frédéric, suivant l’ardeur de sa jeur isse, résolut de renarb

Re

au Pape la pareille, non par-la qualité de l’envoyé, qui fut une perd

sonne honorable, mais par le style de la réponse. Il ordonna don

son secrétaire de suivre le style des anciens Romains, mettant à k tête de la lettre le nom de l'empereur avant celui du Pape, et, dan la suite, mettant foi au lieu de vous ; car l'usage était établi depui longtemps de nommer au pluriel, par honneur, celui à qui on park. Or, l'empereur disait que le Pape, en lui-écrivant, devait suivre l' sage de ses prédécesseurs, ou qu’il devait lui-même observer le styk

1 Radevie, 1. 2, c. 15, — 2 Ibid, ce. 16 et 17.

à 1181 de l’è

les anciens Frédéric do

Le Pape erviteurs d

ne sentenc.

ous SAVONS

e sommes ous paraïis:

glise roma:

üe VOUS not ar Où vous ance. Que c u bienheure uisque, de « s évêques, odal, metta ant devent eulement de Aux envoyé jme, nous

‘en cherch brdiez ce qu L'empereui Dieu, en;f e de l'Églis encé d’ensei sien. Nous :

D ce royaum tres, que nc St-ce que Sil yal? C’est p téé rendu ent de la libé pe romain, c’ premier, et

! Radevic, 1,

PAnsi, p. 196.

LXIX: — De 11; ues, leurs bb; me des légistes.B eule loi de l'em 4

1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 101

les anciens empereurs 1. Nous n'avons pas la lettre où le Teuton Frédéric donnait des leçons de poiitesse littéraire au Pontife romain. Le Pape y répondit en ces termes : Adrien » évêque, serviteur des Fa à erviteurs de Dieu, à Frédéric, empereur romain, salut et bénédic- "la liberté È ion apostolique. La loi divine, de même qu’elle promet une longue t la liberté ie à ceux qui honorent leurs parents, de même aussi elle prononce ne sentence de mort contre ceux qui maudissent leurs père et mère. ous savons de plus, de la bouche même de la vérité, que quiconque tentement deu élève sera humilié. C’est Pourquoi, cher fils dans le Seigneur, nous droits régaliens| Me sommes pas médiocrement étonné de votre Prudence, en ce que l'esprit de leu ous paraissez ne pas rendre au bienheureux Pierre .et à la sainte its, jusque srbà glise romaine tout le respect que vous devriez. Car, dans les lettres empereur ous nous avez envoyées, vous mettez votre nom avant le nôtre : nous. Su, où vous encourez la note d'insolence, pour ne pas dire d'arromais en alle Que dirons-nous de la fidélité que vous avez promise’ et jurée pre ; EN OURS bienheureux Pierre et à nous ? de quelle manière vous l’observez ? es qui disparu uisque, de ceux qui sont des dieux et les fils du Très-Hant, à savoir Mes évêques, vaus requérez l'hémmage, vous -exigez le .serment e de Ravenis odal, mettant leurs mains sacrées entre les vôtres ; puisque, nous sdéric fit élire devenu manifestement contraire, vous fermez l'entrée nonhomme que tement deg églises, mais des villes de votre royaume aüx cardil'empereur 4. envoyés d’auprès de nous. Rentrez donc, rentrez en voushé de Raven éme, nous vous le conseillons ;- car, après avoir mérité‘de nous la nsécration et la couronne, nous ,craignons pour votre Nobi/ité, ‘en cherchant à prendre . cé qu'on ne vous accorde pas vous ne rdiez ce qui vous a été accordé *. FEU « L'empereur répliqua par la lettre suivante : Frédéric, par la grâce Dieu, enspereur des Romains, toujours auguste, à Adrien, ponfe de l'Église catholique, de s'attacher à tout ce que Jésus a com- Bnoncé d'enseigner ct de faire. — La loi de la justice rend à chacun itionnée touti LE sien. Nous ne dérogeons point à nos parents, à qui nous rendons olut de renar D ce royaume l'honneur qui leur est dû; car c’est d'eux, nos anui fut une per è tres, que nous avons reçu et la dignité et la Couronne royales, rdonna donc if. que Silvestre, au temps de Constantin, avait quelqre chose de s, mettant all ,:12 C’est par la concession-de sa Piété, que la liberté et la paix Pape, et, dt 6,6 rendues à l'Églisé, et tout.ce que votre Papauté a de royal 1 établi depui Bent de la libéralité des princes. Ainsi, quand nous. écrivons au Ponà qui on park. 5, romain, c’est d’après l'ancien droit que nous.mettons notre nom

vaif suivre l'i LA premier, et que nous lui accordons d'en faire de même quand il bserver le styl :

ux fois l’empe x fois Ie Papi igner de lui } eque des avar omaine, et qu'i de plus hauts ait diacre ?,

7 Radevie, 1, 2,

C. 15 et 18, — ? Post Radevic., p. 562. Apud Baron, 1159. 4 1 y nsi, p. 196. +

102 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — De {fl

nous écrit. Relisez les annales, si vous avez négligé de le faire ; vou y trouverez ce que nous disons. Et pourquoi n'exigérions-nous px l'hommage et le sérment féodal de ceux qui sont dieux par adoptiy et qui tiennent nos régales? puisque celui qui est notre Maître et} vôtre, qui n’avait rien reçu de l’homme-roi, au contraire lui ava tout donné, a toutefois payé le cens à César pour lui et pour Pierre, vous donnant l'exemple de faire de même, et vous disant : Apprene de moi, parce que je suis doux et humblé de cœur. Qu'ils nous las sent donc nos régales ; ou bien, s'ils jugent qu’elles leur sont uti qu'ils rendent à Dieu ce qui est à Dieu, et à César cé qui est à Cé Nos églises et nos villes sont fermées à vos cardinaux, parce qui nous ne Voyons pas qu'ils viennent précher l'Évangilé et affeemir p Jaix, mais piller et amasser de l'or et dé l'argent avec'une avid -nsatiable. Quand nous lés verrons tels que l'Église désire, / nous » -eur rèfuserons pas le salaire’ et la subsistance: Vous blesse£l’hun lité etla douceur, en proposant aux séculiers ces quéstions peu nt à la’ religion. Que votre Paternité prenne donc garde, eh remiunk cés choses quinous paraissent indignes, qu'elle ne cause tn scandi à ceux'qui reçoivent vos paroles comme uné rosée biénfäisante: nous ne pouvons nous’ dispensér de répondre à ce qu'éh nôus df quand noùûs voyons qué l'orgueil, cette bête détéstable, s’est glis jusque sur le Siége de Saint-Pierre. Pourvoyez toujoûrs ‘bien à paix dé l'Église, et'portez-vous toujours bin 2°! 20 1." Dans cette missive, Frédéric engage: le Pape à relire lès anna de l’histoire. Mais Frédéric aurait bien fait de relire ses propres] tres. Dans une lettre précédente au même Pape, il rappelle que couronne est élective, et que l'archevêque de Mayencè en ést le pr miér électeur'; ici il prétend qu'’elle‘est' héréditaire, et qu'il l'a reubi de ses ancêtres, à partir de Constantin. Quand'on veut remont un Pape, il faut au moins être d'accord avec soi-même. Si Frédé : ou ses conseillers avaient bien lu les annales de l’histoire, ik {bi auraient vu que la dignité impériale rétablie en Occident par le Pogu tife romain n’était plus du tout l'institution païenne dé Romulus, 44 César, de Néron, mais une institution essentiellement chrétienne, que l’empereur d'Occident n’était autre chose que le défenseur am de l'Église romaine et du Pontife romain ; que, par conséquent, «! tait à l'Église romaine et à son Pontife à se choisir ce défenseur paribe les divers princes de la chrétienté ; ils auraient vu et compris qu vouloir ramener cette institution à l’idée païenne de Dioclétien etd Nabuchodonosor, c'était la rendre non-seulement inutile, mais ni

1 Post Radevic., p. 563.

1181 de l’ère

ble et odiet aillaient, sai 'idolâtrie po ropriétaire, éric : Les b é donnés pa prendre sar cations plus s circonstan Les Bédoui stifier leurs otre père, es ers : C’est inj

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