PONTIFICAT D’ALEXANDRE III
Après les funérailles du Pape défunt, les évêques et les cardinauk
s’assemblèrent à Saint-Pierre pour J'élection du successeur. Voï quels étaient alors les principaux règlements en vigueur touch
l'élection du Pontife romain. D’après la règle ancienne et commun
il fallait, le consentement du plus grand nombre des cardinaux. IL plus, en 1059, il y avait juste un siècle, le pape Nicolas IL av
rendu en concile le décret suivant : Appuyé de l'autorité de m8
prédécesseurs et de celle des saints Pères, nous statuons et 0 donn, üs que, le Pape venant à mourir, les cardinaux-évêques trà
tent ensemble, les premiers, de l’élection ; qu'ils y appellent ensuitk
les cardinaux-clercs, et enfin que le reste du clergé et du peuple
donne son consentement. Nous devons surtout nous souvenir 4
cette sentence de Léon, notre prédécesseur : Aucune raison ne pe
met de compter entre les évêques ceux qui ne sont ni élus par clergé, ni demandés par le peuple, ni consacrés par les évêques la province, avec le jugement du métropolitain. Or, comme le Siéyk apostolique est supérieur à toutes les églises du monde, et qu'il x peut pas avoir de métropolitain, les cardinaux-évêques en tienne <
la place 1,
Les cardinaux assemblés à Saint-Pierre ayant donc délibéré perf dant trois jours, ils s’accordèrent tous, hormis trois, à choisir le ca dinal Roland, chancelier de l’Église romaine. Il était de Sienne, ft
de Rainuce, et fut premièrement chanoine de Pise. Comme il éti
à Bologne dans le temps même que le fameux Gratien y était ? k bienheureux pape Eugène le fit venir à Rome et ordonna d’abonl! diacre du titre de Saint-Côme, puis prêtre du titre de Saint-Marc, à
enfin chancelier ; car il était éloquent, bien instruit et bien exe
dans les sciences divines et humaines; en outre, prudent, débor naire, patient, miséricerdieux, doux, sobre, chaste, libéral enve les pauvres et toujours appliqué à de bonnes œuvres. Son électi
1 Labbe, t, 9, p, 11. — 2? Sarti, 1, 1, c, 2 et 5.
[Liv. LXIX. — De {y
1181 de l’èr
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lexandre I abine, ave hape d’éca:
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église, ferme u'Octavien :
"uit l'épée à ayant pour ulace en arn lil avait pot utale et con Alexandre e
A à ji ; : nee tyranniq en grande réputation, chéri de tout le monde, enseignant la théologi@M
ierre, Où ils « ar des gens à
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Ÿ Acla et Vita .
gun ialic.,t 3,
. LAIX. — De ty 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
ut approuvée par le clergé et le peuple de Rome, et on ie nomma Alexandre IT. Aussitôt les évêques d'Ostie, d’Albane, de Porto, de abine, avec les cardinaux-prêtres et diacres, le revêtirent de la hape d'écarlate, qui était l’ornement particulier du Pape ; et cette érémonie était comme l'investiture du pontificat. Alexandre résisit et s'enfuyait, protestant de son indignité ; mais enfin il fut reêtu de la chape rouge par Odon, le premier des diacres. | Les trois cardinaux qui ne consentirent pas à son élection furent
4 Dctavien, du titre de Sainte-Cécile ; Jean de Morson, du titre de
. ant-Martin, et Gui de Crème, du titre de Saint-Calixte, tous trois
uccesseur. Voï pudinaux-prêtres. Les deux derniers donnèrent leur voix à Octa-
gueur touchup ien, le cardinal impérial. Octavien donc, qui depuis longtemps ne et COMME irait à la Chaire apostolique, se voyant frustré dans son espénc, ne se posséda plus de dépit ; à tel point que, de ses propres ains, comme un frénétique, il arracha la chape des épaules d’Aandre, et la voulut emporter. Un sénateur, qui était présent, in-
Aigné de cette violence, lui ôta la chape d’entre les mains. Octavien,
ors de lui-même, tourna les yeux avec furie vers son chapelain,
priant et lui faisant signe de lui apporter la chape rouge qu’il avait éparée exprès; puis, ayant ôté son bonnet et baissant la tête, il s’en vètit avec tant de précipitation que, ne pouvant trouver le capuce, mit le devant derrière, ce qui tit rire tous les assistants, et dire aux tholiques qu'il était élu à rebours. Aussitôt on ouvrit les portes de église, fermées par les sénateurs ; et des troupes de gens armés,
Au'Octavien avait engagés à prix d'argent, entrèrent avec grand
Jruit l'épée à la main, pour lui préter main-forte. Le schismatique,
B'ayant pour lui ni évêques ni cardinaux, se fit entourer d’une po-
Qulace en armes. Comme il était d’une famille puissante de Rome et
Qu'il avait pour lui les deux envoyés de l’empereur, cette violence
utale et concertée n’a rien qui surprenne 1.
à Alexandre et les cardinaux qui l'avaient élu, craignant cette vionce tyrannique, se retirèrent dans la forteresse de l'église de Saintierre, où ils demeurèrent neuf jours enfermés et gardés jour et nuit
par des gens armés, du consentement de quelques sénateurs, gagnés ar l'argent d’Octavien. Ensuite, pressés par les clameurs du peuple,
mêmes sénateurs les tirèrent de la forteresse; mais, grâce à l’arent d'Octavien, ce fut pour les transférer dans une prison plus roite au delà du Tibre, où ils furent environ trois jours. Toute la ile en fut émue , les enfants même criaient contre Octavien : Mau-
‘autorité de ny statuons et or.
Ix-évêques tra ppellent ensuit et du peupk; us souvenir (k > raison ne pe ni élus park les évêques à 5omme le Siéy ide, et qu'ilx les en tiennel
> délibéré per à choisir le car.
de Sienne, filk Comme il étl ant la théolog en y était ?,k donna d’aboril Saint- Marc, 4Bi et bien exexil ‘udent, déborde libéral enva , Son électioik
gun italic.,t 3, p. 448.
äcla et Vita Alexand. III , apud Baron., an. 1159, (ct Muratori) Scriptores re-
118 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 11 dit! fils de maudit! Arracheur de chape ! tu ne seras point Pape, #
Nous voulons Alexandre, que Dieu a choisi ! Les femmes répétaiea
les mêmes paroles, l'appelant hérétique, le chargeant d’injures 4 Li
faisant contre lui des chansons. Un nommé Brito s’approcha de h à
et lui dit hardiment ce distique : Que fais-tu , insensé.Octavien, tiéy à
de la patrie? Pourquoi oses-tu déchirer la robe du Christ ? BientbA inegrande,
tu seras poussière : aujourd’hui vivant, demain tu mourras ! Enfl le peuple, ne pouvant plus souffrir cette horrible iniquité, mary au lieu où les cardinaux étaient enfermés, conduit par Hector Fr gipane .et d’autres nobles romains. Ils obligèrent les sénateurs à ouvrir les portes, et mirent en liberté Alexandre et. les cardinan qui traversèrent la ville avec des acclamations de joie et au son toutes les cloches, accompagnés de grandes troupes de Romains 4 armes; et, le 20me de septembre, veille de Saint-Matthieu, ils arrix rent au lieu nommé les Nymphes, aujourd’hui Saricéa-Nympha treize milles ou quatre lieues de Rome, Le même jour, qui étaity dimanche, le pape Alexandre fut sacré, suivant la coutume, pui Hubald, évêque d’Ostie, assisté de cinq autres évêques, savoir : G goire de Sabine, Bernard de Porto, Gautier d’Albane, ceux de Si et de Terracine, de plusieurs cardinaux-prêtres et diacres, . de ph sieurs abbés et prieurs, en présence d’un grand nombre d’avouik: de scriniaires, de chantres, de nobles, et d’une grande partiet peuple romain. En cette cérémonie, on mit sur ia tête du Pape, si vant la coutume, le règne, c’est-à-dire la mitre ronde et pointue hs cône, entourée d’une couronne 1, Les deux ambassadeurs impériaux, le comte palatin Otton alt comte Gui de Blandrate, ayant été témoins de ce qui s'était paye ne doutaient nullement de l’élection canonique d'Alexandre ; mi. is avaient peur de l’empereur, qu'ils savaient très-ami d’Octarialhi et hostile aux fauteurs de l'Église romaine : ils en agissaient du avec le nouveau Pape d’une manière dissimulée et fraudulew Alexandre cependant était à Terracine. De là, par le conseil 4 évêques et des cardinaux, il envoya desnonces à l’empereur Frédér encore occupé au siége de Crème. Dans sa lettre, que nous n'ait point, le Pape employait tous les moyens de douceur pour ramen l’empereur à l'amour de r'Église; mais Frédéric était tellement boit d’orgueil, que non-seulement il dédaigna de lire la lettre, mais qu comme un furieux, il allait faire pendre les nonces, sans lar tance du duc de Guelfe et du duc de Saxe. A la persuasion d deux princes, il consentit à donner audience aux nonces, écoutl
1 Actaet Vita Alex., apud Baron. et Muratori,
1181 de l'èt
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} 1 Acta et Vita
v. LXIX, — De {1 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 119
ras point PapBecture des lettres du Pontife, mais ne daigna pas leur adresser une mmes répétainB@arole agréable 1. Tels sont les détails consignés dans les Actes et ant d’injures ans la Vie du pape Alexandre, Actes et Vie qui se trouvent confirmés ‘approcha de hour les autres monuments de l’époque.
é.Octavien, ta si nous n'avons pas la lettre du Pape à l'empereur, nous en avons 1 Christ ? Bien ne grande, qu'il écrivit à Gérard, évêque de Bologne, aux chanoines mourras ! EniBe son église, aux docteurs en droit et aux autres de la même ville, iniquité, mar d'ailleurs lui-même avait enseigné. Dans cette lettre, Alexandre par Hector Fri pporte les mêmes f. !s et de la même manière qu’ils sont rapporss sénateurs À s dans ses Actes et dans sa Vie, Il ajoute qu’Octavien, quoiqu'il eût & les cardinanPmployé les menaces de l’empereur et la violence des laïques, n’avait oie et au son jas encore pu trouver d’évêque.qui voulût lui imposer les mains et de Romains @%8e rendre complice de son impiété. Les deux auteurs de sa présompthieu, ils arr Bon sacrilége, Jean et Gui, ne venaient point à résipiscence ; mais, ñcta-Nympla, Eébstinés dans leur perfidie et se séparant de l’unité de l’Église, condur, qui était nuaient d’adore leur idole. Lui-même, préfigurant les temps de a coutume, mAntechrist, s’est tellement élevé au-dessus de lui-même, qu'il s'est
es, savoir : GMEMssis dans le temple de Dieu, comme s'il était Dieu ; en sorte que >, ceux de SénEBeaucoup de fidèles, voyant de leurs yeux l’abomination de la désodiacres, de phältion dans le lieu saint, ne pouvaient s'empêcher d'en verser des mbre d'avoe
Pprues. C'est que l’antipape occupait sacrilégement l’église de Saintrande partie Wicrre. Le pape Alexandre finit sa lettre par exhorter le elergé et les te du Pape, BMocteurs de Bologne à demeurer fermes dans l’unité de l'Église rode et pointue naine et à rejeter tous les écrits qui pourraient leur venir de la part
- Pel'apostat et du scrismatique. Sachez, ajoute-t-il, sachez aussi que, latin Otton e@uit jours après notre sacre, qui est le terme que nous lui avions ui s'était pa @onné pour se reconnaître, du conseil et de la volonté de nos frères lexandre ; miles évêques et les cardinaux, nous l'avons excommunié solennelleami d'Octavia@hent, les cierges allumés, lui et tous ceux qui oseront lui imposer
agissaient duWfies mains pour lui donner une ordination sacrilége, et que nous les
et fraudulewE@vons condamnés avec Satan, leur auteur 2,
r le conseil MS Comme l'ordination du pape Alexandre est du 20 septembre, pereur Frédén ; excommunication de l'antipape fut prononcée le 28, et alors même ue nous n'a n'avait pas encore trouvé de consécrateur.
r pour rame Les cardinaux catholiques, c’est-à-dire les cardinaux attachés au tellement bal@ape Alexandre, écrivirent aussi une lettre à l’empereur Frédéric, ettre, mais quétWans l'inscription de laquelle ils se nomment au nombre de vingt- , Sans la réfeleux, savoir, cinq évêques : Grégoire de Sabine, Ubald d'Ostie, Jules rsuasion de tie Préneste, Bernard de Porto, Walter ou Gautier d’Aibane, c'estnces, écout:M8-dire tous les cardinaux-évêques, excepté Imar de Tusculum, qui,
+ } 1 Acta et Vita Alexandr., apud Baron. et Muratori, — ? Alexandre I, epist, 1.
120 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXIX, — Dei
1181 de l’èr
après avoir reconnu d'abord Alexandre, s'était ensuite tourné VabBe peut ni O Octavien. Après quoi viennent les noms de huit cardinaux-prétre Ba el; consid de neuf diacres. C'est tout ce qu'il y avait alors de cardinaux, ar it impéi les cinq du parti d'Octavien ;.Car il n’y en avait pas de neutres. Vo æ ovens, CC en quels termes les vingt-deux cardinaux fidèles parlent à l'empera î. hismatiqu Frédéric : onorer de t Plus est grande la puissance que Dieu a conférée à votre Ex Balise rom lence et plus vous êtes élevé en dignité au-dessus des autres mortiBÆotre gloire Plus aussi votre Majesté impériale doit honorer en tout la sa lions instar Église romaine, votre mère spéciale et unique, la secourir en omaine, de
temps, mais surtout dans le temps de la nécessité. ces jours derniers dans cette même Église romaine, quel atten aucune fac .inouï y a été commis depuis peu par ceux qu’elle regardait connBæ D'après le ses enfants, il nous a paru digne, et même très-digne, de le ma e pape Alex . par lettres à votre Altesse impériale. Notre seigneur de bonne mon de trois
moire , le pape Adrien, ayant payé la dette de la nature le 4er su tembre, et étant passé de la terre au
Ce qui est art ui sont au |
Par itim ciel, trois faux frères, saw on nom et « Octavien, Jean de Saint-Martin et Gui de Crème, qui sont sortis (BBoniquement -NOUS, mais n'étaient pas de nous, se transfigurant en anges deb Mablement p .mière, quoiqu’ils le soient de Satan, ont. cherché à déchirer ET à L'antipape ‘mettre en pièces la tunique sans couture du Christ, cette robe quel@ui voulusser Christ lui-même demande à son Père, dans les Psaumes » de dimanche d’ vrer des lions et des chiens. Mais le Christ, l’auteur et le chef de lil ape Alexanc glise, la protége par sa providence, comme son unique épouse, de Melfi et
ne permet pas que la barque de l’illustre pêcheur, quoique souva Alexandre. C battue des flots, essuie un naufrage. A Paris, avan
Les cardinaux racontent ensuite ce qui s'était passé dans lé
électinBMntre ses ami employant les mêmes termes que le Fape Alexandre dans sa lettre Ce ne fut q l'évêque et aux docteurs
de Bologne. Après quoi ils ajoutent: Vote Victor, éc Majesté doit savoir de plus que le comte palatin Otton, prenant « vêques, abbé Casion de l’intrusion d'Octavien, nous a persécutés, le pape Alexxhe l'empereu
dre et nous tous, et s’est efforcé de diviser et de troubler de miB&jre, et les pr manières, sans aucune cause raisonnable, l'Église de Dieu. Car ile lise en ce ter entré violemment, avec l'intrus et l’apostat Octavien, dans la Ca
panie et le patrimoine de Saint-Pierre, et a fait tous ses efforts pou luisoumettre ces provinces. Nous donc, et avec nous toute l'Égli É de Dieu, nous supplions votre Majesté, qu’après avoir bien CompAÈ et pesé toute la violence de cette intrusion, vous regardiez müremal près notre él de quelle manière vous avez à procéder dans cette affaire, pour Hi salut de votre âme et l'honneur de l'empire. Considérez de quel manière vous devez vous conduire envers la sainte Église romain
Christ, sans lequel nf : Radevie, 1.
el envers son époux, Notre-Seigneur Jésus-
ne, quel atten
regardait connB®
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 121
e peut ni obtenir le royaume terrestre, ni acquérir le royaume éter- Bel: considérez jusqu'à quel point vous devez, par l'office de la di-
Mnité impériale, protéger et défendre cette Église, par tous les
oyens, contre ceux qui l’attaquent, principalement contre les hismatiques et les hérétiques. Quant à nous, nous cherchons à vous onorer de toutes manières comme le spécial défenseur ct patron de Église romaine, et nous souhaitons, avec l’aide de Dieu, augmenter otre gloire par tous les moyens possibles, Mais aussi nous VOUS Süpions instamrient d'aimer et d'honorer votre mère, la sainte Église omaine, de procurer sa paix et sa tranquillité par tous les moyens ui sont au pouvoir de votre Excellence impériale, et de ne favoriser ‘aucune façon l'énorme iniquité de l’envahisseur et du schismatique.
D'après le concert de ces divers monuments, il est certain : 4° que e pape Alexandre fut élu par tous les cardinaux présents, à l’excepjon de trois ; 2° que les cardinaux qui le reconnurent comme seul
MPa zitime étaient au nombre de vingt-deux, désignés chacun par Mon nom et son titre; 3° que le pape Alexandre fut élu et sacré ca-
oniquement avant l’antipape. Il n’y avait donc aucun doute raisonablement possible sur la légitimité de l’un et l’intrusion de l’autre. L'antipape Octavien, ayant cherché pendant un mois des évêques ui voulussent le sacrer, en trouva enfin trois, et fut sacré le premier imanche d'octobre, quatrième jour du mois, quinze jours après le ape Alexandre, par Imar, évêque de Tusculum, assisté des évêques e Melñi et de Férentine. Imar avait d’abord reconnu le pape
DAlexandre. C'est lui qui avait été moine à Saint-Martin-des-Champs,
Paris, avant que de devenir cardinal; saint Bernard le comptait
“tre ses amis.
Ce ne fut que le 28 octobre que l’antipape Octavien , sous le nom
le Victor, écrivit une lettre adressée aux patriarches, archevêques, œrèques, abbés, ducs, marquis, comtes et autres seigneurs de la cour De l'empereur Frédéric. Il y proteste de son dévouement pour l’em- Pire, etles prie d’exhorter ce prince à prendre la protection de l'Éise en ce temps de trouble. Il raconte succinctement sa promotion,
ans en marquer les circonstances, et de manière à faire croire que ui seu) a été élu primitivement; puis il ajoute : Quant à ce Roland,
Bi-devant chancelier, qui, étant attaché à Guillaume de Sicile par
ne conjuration contre l'Église et l'empire, s’est intrus douze jours rès notre élection, ce qui est chose inouie depuis des siècles, s’il ous vient quelques écrits de sa part, rejetez-les comme pleins de lensonge et envoyés par un schismatique et un hérétique 2. Telle
! Radevie, 1, 2, ec, 53, — 2 Ibid, c, 50,
129 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De | 191 de l'ère
est en somme la lettre de l’antipape, Il n’ose y articuler combBire Octavic de cardinaux étaient pour lui et combien pour Alexandre : le cn Lolique, étai traste eût été trop humniliant pour le parti du schisme, Me Saint-Pie Les cardinaux de l’antipape écrivirent aussi une lettre adressé vec les par tous les prélats, à la tête de laquelle ils mettaient ainsi leurs nonsBbhanifeste, ils Imar, évêque de Tusculum, le premier des évêques ; Jean, du tin de Saïnt-Silvestre et de Saint-Martin, et Gui de Crème, du titre Saint-Calixte, cardinaux-prêtres ; Raymond, cardinal-diacre, {fn Sainte-Marie in vid (atd, et Simon, de Sainte-Marie in Dominic, 4 l'abbé de Sublac. Ce ne sont en tout que cinq cardinaux. C'est hub Voilà ce c fait capital et décisif. I1 est donc certain qu'après plus de deux mil @alistes cont d'intrigues, de promesses et de menaces, l'empereur et son antipyiut vrai, il s ne purent gagner que cinq cardinaux en tout ; tandis que, malgrékment avaie intrigues, les promesses, les menaces, les persécutions, vingt-dBMosait comme cardinaux tenaient pour le pape légitime Alexandre IIL. Cette pru'ils avaient portion de vingt-deux à cinq suffit à qui a des yeux pour vciré 4 quel côté était le vicaire du Christ, de quel côté le vicaire de l’AnsBe christ ; le premier avait plus des trois quarts des voix, le second érité de l'un avait pas le quart. A cela, le comte palatin Otton, principal am Voici comr sadeur de Frédéric à Rome, Opposait ce principe plus nouveau : élection. Le majorité de cardinaux, qui se montre hostile à l'empire teutoniquB@vant que de n’est pas une majorité 1, Otton était violént et brusque, mais il él ferait selon franc. Son mot décèle la vraie cause des violences de Frédéric conrBléparerait que l'Église romaine. L'empire allemand et son chef devaient être it les écrire, € règle de l'Église et du monde. Dtant assembl La lettre des cinq cardinaux schismatiques le fait voir égalemeuBlement, et le t Elle commence ainsi : Dès le temps que le pape Adrien fit allianeBge la conjurs Bénévent avec Guillaume de Sicile contre l'honneur de l’Église et ombre de n l'empire, il y eut une assez grande division entre les cardinauB@onvenable pc c’est-à-dire entre nous qui n'approuvions point cé traité et.les autr Aors, voyant qui le soutenaient, étant engagés au Sicilien par l'argent et les proBhous avions fa messes dont il les avait aveuglés, et qui en attiraient à leur pa Personne de | plusieurs autres. Quand donc on eut avis que l’empereur était entr 22 Roland, del en Italie et qu’il en avait subjugué une partie considérable, ces pa-ÆMis se mettaie: tisans du Sicilien commencèrent à solliciter puissamment le Pape dt Î prendre quelque prétexte pour excommunier l’empereur et ses ad: hérents. Nous disions, au contraire, qu’il fallait excommunierk Sicilien, qui avait ôté à l'Église, par violence, tous ses droits sp rituels, plutôt que l'empereur, qui travaillait à recouvrer .les droit de l'empire et à tirer l'Église de servitude. Ensuite, pendant que notr
1 Raumer, t, 2, p. 130; deuxième édition,
ve LXIX, — Den 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 123
ticuler combh ère Octavien, alors cardinal, maintenant Pontife du Siége apoexandre : le cnbgtolique, étaiten légation près de l'empereur avec Guillaume, cardinal le, 0e Saint-Pierre-aux-Liens, le Pape sortit de Rome, et vint à Anagni lettre adressé vec les partisans du Sicilien. Ce fut là que , par une conspiration insi leurs non Bbaniteste, ils s'engagèrent avec serment à faire excommunier l’em- 8 ; Jean, du titereur et à s'opposer jusqu’à la mort à sa volonté, et que, si le Pape
ème, du titre BMbourait, ils n’éliraient, pour lui succéder, qu’un de ceux qui avaient linal-diacre, 4BMhit ce serment. Ils firent aussi jurer aux évêques voisins de ne sacrer in Dominic, ŒBour Pape que celui qui serait élu par la faction du Sicilien.
aux. C'esthu@ Voilà ce que disent les cinq carainaux schismatiques et impé-
us de deux mialistes contre les vingt-deux cardinaux catholiques. Supposé le r et son antipayput vrai, il s'ensuit que les vingt-deux cardinaux fidèles, non-seuque, malgrékEnent avaient pénétré les. vues ambitieuses de Frédéric, qui se ons, vingt-deBosait comme la loi, comme le maître du monde et de l'Église, mais > TIL. Cette prBqu'ils avaient encore pris tous les moyens en leur pouvoir pour s’opax pour voir doser à ce despotisme teutonique, et conserver la liberté: et l'indéicaire de l’AnBBendance de l'Église et du monde : en quoi certainement ils ont bien , le second n'aBhérité de l’un et de autre.
rincipal ambBf Voici comme les cardinaux schismatiques racontent l’histoire de S nouveau : mBÆélection. Le pape Adrien étant mort et son corps porté à Rome, pire teutoniquvant que de l'enterrer, nous convinmes tous par écrit que l'élection ue; mais il él ferait selon la coutume de l'Église romaine, c’est-à-dire que l’on Frédéric conBKparerait quelques personnes d’entre nous pour recevoir les suffrages levaient être ME les écrire, et que tout se ferait d’un commun consentement. Nous Dftant assemblés dans l’église de Saint-Pierre, l'élection procéda lenvoir égalemeuBement, et le troisième jour étant presque passé, quatorze cardinaux en fit alliance la conjuration nommèrent le chancelier Roland; et nous, au le l'Église etéBMombre de neuf y nous élûmes-Octavien , sachant qu'il était le plus les cardinanBMonvenable pour la paix et pour l’union entre l'Église et l'empire. té etles auteMiors, voyant que le parti contraire voulait violer la convention que ent et les pohous avions faite, nous leur défendimes, de la part de Dieu, d'investir nt à leur paiBersonne de la chape, sinon du commun consentement de tous, et reur était ent Roland, dela recevoir. Et comme, au mépris de cette protestation, rable, ces pas se mettaient en devoir de le revêtir , avant qu'ils l’eussent fait, ent le Pape &Ehous revêtimes notre élu, à la prière du peuple romain, sur l'élection reur et ses aile tout le clergé et du consentement de presque tout le sénat, de communier lEous les capitaines, les barons et les nobles: nous l'intronisâmes dans ses droits spi Chaire de Saint-Pierre, et nous le menâmes au palais, avecles acvrer les drolfÆlamations du peuple et toutes les solennités requises. Les cardinaux dant que not Blu parti opposé se retirèrent au château de Saint-Picrre et y deeurèrent enfermés plus de huit jours ; puis, en ayant été tirés par S sénateurs, ils sortirent de Rome, et, étant au château nommé la
124 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Dei; 1181 de l’ère
Citerne, entre Aricie et Terracine, ils y revôêtirent de la Chape chancelier Roland, et, le dimanche suivant, ils le sacrèrent, Aussi, # | ils envoyèrent par toute l'Italie, pour détourner les évêques de vo@une Aistoir au sacre de notre élu, les menaçant d'excommunication et de dén BR Que le jug sition, et toutefois il a été sacré le 4er dimanche d'octobre. Tel est très-juste, récit des cardinaux schismatiques, qui ajoutent qu'ils omettent encylait encore 0 beaucoup de choses, pour n'être pas trop longs 1, | Dur anéantir Nous avons vu que chez les catholiques, et dans la Vie et dans Milise, et faire Actes du pape Alexandre, et dans les lettres de ce Pape et dans cej@ipe Alexand des cardinaux fidèles , tout se tient, tout est d'accord, tout est dm ses États d et précis; ce sont les mêmes faits, dans le même ordre, et presqnnce suivan toujours dans les mêmes termes. Dans les récits des schismatiquaWie de la Puri qui furent pourtant un mois à les rédiger, rien n’est claif ni préule crêques de il y a des variations d’une pièce à l’autre et quelquefois dans la ménMnemark de Ainsi l’antipape Octavien, dans sa lettre aux prélats et aux seignenipe légitime. de la cour de l’empereur, insinue que lui seul fut élu primitivemelins plus tard ( et que Roland ne le fut que douze jours après. Et voici les cinq cx plutôt à lui dinaux schismatiques qui conviennent, bon gré, malgré eux, qi l écrivit en Roland ou Alexandre fut élu le premier et par le plus grand nombMien, pour le et que leur antipape put à peine, au bout d'un mois, trouver taux ; mais il évêques qui consentissent à le sacrer. Ils objectent à leurs adversar@ns sa lettre 3 une convention vraie ou prétendue, et ils conviennent l'avoir viok jcrivait au pa eux-mêmes, quoiqu'ils fussent la minorité. Voici qui est plus sdéctlion seule gulier peut-être : Dans l'inscription, où certes ils n’ont dû ometcile n'était q Personne, ils se nomment eux-mêmes jusqu'au nombre de cinqe ir à son am tout; et, dans le corps de la lettre, ils disent : Mais nous, au nonMquestion, suf
de neuf. À moins que le schisme n’ait une arithmétique à part, cnison d’en cor ne font que cinq, et non pas neuf.
Cette division, dit un historien an
ème, Guilla
glais de l'époque, aurait pu els étaient deu tainement se guérir en peu de temps, et le petit nombre céder ei agni, Où ét réunir à la multitude, si l'empereur Frédéric, par une vieille hasMissirent devan contre Roland, ne pouvant Supporter Alexandre, n’eût entreprises que laïqu protéger et favoriser de toutes manières le parti d’Octavien. Aprité Parce qu quoi il ordonna aux évêques de ses États, c’est-à-dire aux Italiense pp Commissior aux Allemands, de se réunir à Pavie comme pour discuter et examie#lait, non con
quel parti était le meilleur, mais, dans la réalité, pour écrase: 1
ge et maître, e parti d'Alexandre, approuver l’autre et célébrer prématurémentiliipe. On y lut c
victoire du soi-disant Victor. Il manda également les parties poholiques de ci
recevoir le décret du concile 2, Ainsi s'exprimait, dans le tempmtendants de s
Plane, afin d die cour,
2 —- 2 Wilhelm, Neubrig., 1. 2,c.9, a ud Pagi, an. 11!
; celte lectur
! Radevic, 1, 2, c. 8 n, 10.
Ve LXIX. — De ist de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 125
t de la chape ième, Guillaume de Neubrige, né en 1196, dans le comté d'York, crèrent. Aussanoine régulier dans le monastère de Neubourg, et auteur estimé évêques de vyune istoire d'Angleterre, qui va de l'an 1066 à 1197. tion et de dép Que le jugement de cet auteur anglais sur l'empereur Frédéric tobre. Tel es Mt très-juste, la suite des événements le fait voir. Ce prince, qui omettent enciait encore occupé au siége de Crème, voulut profiter de l’occasion ur anéantir la liberté que le Seigneur lui-même a donnée à son a Vie et dans lise, et faire un Pape à son gré. Ce sont les paroles des Actes du pe et dans cape Alexandre. Frédéric manda donc, le 23 octobre, aux évêques rd, tout est dd ses États de se trouver à Pavie pour l'octave de l'Épiphanie de rdre, et prespinnce suivante 1160, époque qui fut reculée jusqu'au 2 février, s schismatiqualie le la Purification. Il ajoutait dans sa lettre qu’il priait également L claif ni pré évêques de France, d'Angleterre , d'Espagne, de Hongrie et de is dans la ménnemark de s’y trouver, afin de juger en commun quel était le et aux seignedpe légitime. Mais c'étaient là des paroles en l'air ; car nous le ver. u primitivemelins plus tard déclarer nettement que c'était aux évêques allemands, ici les cinq «M plutôt à lui seul, à décider cette affaire. algré eux, gl écrivit en même temps au pape Alexandre et à l’antipape Ocgrand nombien, pour leur ordonner de se rendre au concile avec leurs caris, trouver taux ; mais il affectait une différence essentielle entre l'un et l’autre; eurs adversan@ns sa lettre à Octavien, il lui donnait le nom de Pape, tandis qu'il nt l'avoir vidEcrivait au pape Alexandre que comme au chancelier Roland. Cette ii est plus sctation seule montrait clair comme le jour que la convocation du ont dû ometgircile n'était qu’un jeu pour tromper le monde chrétien et le faire ibre de cinge ir à son ambition sacrilége ; cette affectation seule, qui préjugeait ous, au nonigquestion, suffisait pour le récuser, et lui et son concile, y eût-il [ue à part, cmison d'en convoquer un. La conduite de ses ambassadeurs le firme.
, aurait pu els étaient deux, l'évêque de Prague et celui de Werden. Arrivés ibre céder et MRnagni, où était le pape Alexandre, ils entrèrent dans son palais, 1e vieille hiMissirent devant lui avec les cardinaux et plusieurs autres, tant ût entrepris dieeres que laïques, sans lui rendre le respect convenable à sa dictavien. ApBBté, parce qu'ils ne le reconnaissaient point pour Pape. Ils dirent aux Italiens@r commission et présentèrent la lettre scellée d'or, où Frédéric ter et examimilait, non comme avocat et défenseur de l'Église, mais cemme jour écrase lee et maitre, et comme ayant puissance sur le. Pape et sur l'antimaturément ie. On y lut comme quoi l'empereur avait convoqué les personnes s parties pubholiques de cinq royaumes, et comme quoi il ordonnait aux deux lans le temp@tendants de se trouver à Pavie en sa présence, en l’octave de l’É- Phanie, afin d'y entendre et recevoir ce qui serait décidé dans e cour,
celte lecture, les cardinaux furent troublés. Ils voyaient à
126 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX, — De: 1181 de l'ère
craindre de toutes parts : d'un côté, la persécution d'un prines Bouver l'ant puissant ; de l’autre, la liberté de l'Église détruite, Ce qui les cyBalatin, qui « tristait surtout, c’est que l'empereur, dans ses lettres, nommait (Bt autant ; ce tavien le Pontife romain, et Alexandre, le chancelier Roland, Am ussi justifia une longue délibération, ils furent tellement inspirés et fortifiés t ettre la cau par la grâce de Dieu dans l’unité de la foi catholique et dans l’obiunal de par sance du souverain Pontife, qu’ils résolurent unanimement, s'ils D Frédéric, « nécessaire, de s'exposer aux plus grands périls pour mainteni 'efforts pour liberté de l'Église. Comme les envoyés du roi pressaient pour aalement le r réponse, le pape Alexandre répondit ainsi devant tout le mon e parenté ; 1 Nous reconnaissons l’empereur, suivant le devoir de sa dignité, n eux, avait pi avocat et défenseur de la sainte Église romaine ; et, si lui-même 188 s'était déjà met obstacle, nous prétendons l’honorer par-dessus tous les prim mps de sain de la terre, sauf l'honneur du Roi des rois, du Seigneur des seignenB@naclet. Dès « qui peut perdre le corps et l'âme et précipiter dans la géhenne étre remarq nelle du feu. C’est pourquoi, l’aimant et désirant l’honorer comilenne des per nous faisons, nous sommes étonné qu'il nous refuse, ou plut({ié Béni soit D saint Pierre, l'honneur qui nous est dû. Car il s’est écarté bien ki conserve s0 de la coutume de ses prédécesseurs et a passé les bornes de sis, avec une gnité, en convoquant un concile à l'insu du Pontife romain, «d'elle soit ve nous ordomant de nous trouver en sa présence, comme ‘un hom pendant de | qui aurait puissance sut nous. Or, Jésus-Christ a donné à siBmais que les Pierre, et par lui à l'Église romaine, ce privilége transmis aux saiest pas exp Pères et conservé jusqu’à présent à travers la prospérité et l'adsolente, ou sité, et jusqu’à effusion du sang lorsqu'il a fallu : c’est qu’elle jumilité et q les causes de toutes les églises sans avoir été jamais soumise au our le bien, 1 gement de personne. Nous ne pouvons donc assez nous étonner a lui profite P ce privilège soit attaqué par celui qui devrait le défendre contrelhdversité la r autres : la tradition canonique et l’autorité des Pères ne nous pnspecte. Qu: mettent pas d'aller à sa cour et de subir son jugement ; les avodé forme d’avar des moindres églises et les seigneurs particuliers ne s’attribuent ilrtu et de cor la décision de ces sortes de causes, mais ils attendent le jugement sachent déjo leurs métropolitains ou du Siége apostolique. C’est pourquoi nBunifeste dans serions très-coupable devant Dieu, si, par notre ignorance ou noel a renversé faiblesse, nous laissions réduire en servitude l'Église que le ChridMiiielle Dieu ou q rachetée au prix de son sang. Nos Pères ont versé le leur pour dæpendant et la fendre sa liberté : nous sommes prêt, s'il le faut, à subir les de une éloquen. niers périls, à l'exemple de nos Pères 1. Monde. Dans « Les deux évêques allemands envoyés par l’empereur Frédilfté, la superbe étant irrités de la réponse ferme du pape Alexandre, allèrent à Sidtriomphé de 1 Monme les cèdi
1 Acta Alexandri III, apud Baron., an. 1159. Buhit plus ; nous
LXIX, — De: 1181 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 127
n d’un prince Souver l'antipape Octavien, et lui baisèrent les pieds. Otton, comte Ce qui les cyalatin, qui commandait tous les Allemands qui étaient à Rome, en es, nommait (Bt autant ; ce qui rehaussa beaucoup le courage de l’antipape, mais v Roland. Apussi justifiait de plus en plus le refus du Pape véritable, de sous et fortifiés iMlhettre la cause de l'Église romaine et de l'Église universelle au tri- 8 et dans l’obiBunal de pareils gens.
nement, s'il Frédéric, s'étant déclaré d’avance pour l’antipape, fit beaucoup our mainteni @S'efforts pour entraîner dans la même erreur les autres rois, spéaient pour aalement le roi d'Angleterre, avec lequel il était lié d'amitié et même
tout le monde e parenté ; mais ce fut en vain. Un digne évêque, Arnoul de Lisa dignité, paileux, avait pris les devants et gagné ce prince à la cause de l'Église, si lui-même 188 s'était déjà distingué par ses lumières, son zèle et son courage, du ; tous les prin ps de saint Bernard, pour le pape Innocent II et contre l'antipape ur des seigne
naclet. Dès qu’il apprit la promotion d'Alexandre, il lui écrivit une la géhenne éeBttre remarquable, et par la beauté du style et par l'élévation chré- "honorer comenne des pensées.
se, ou plutit Béni soit Dieu le Père et Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui aime
; écarté bien \@SS conserve son Église, savoir, l'épouse immaculée de son bien-aimé bornes de s1 is, avec une bonté toujours merveilleuse ; Car, encore qu'il souffre fe romain, et @Br'elle soit vexée de temps en temps par quelques injures, il fait mme ‘un homSpendant de telle sorte que la tentation lui profite, et il ne permet
à donné à siBmais que les portes de l'enfer prévaillent contre elle. En effet, il nsmis aux saest pas expédient que l’état d’une prospérité continue la rende érité et l'adBsolente, ou l'oisiveté négligente, mais que l’affiction conserve 'est qu’elle jumilité et que la vexation donne l'intelligence. Tout iui coopère soumise au jour le bien, lorsqu'elle est éprouvée comme l'or dans la fournaise, ous étonner a lui profite pour augmenter sa couronne, lorsque la violence de endre contre hdversité la rend plus forte et l'infestation de la malignité plus cires ne nous pénspecte. Quant à ce Dieu de bonté et de miséricorde, il procure ent; les av forme d'avance, pour les temps de la tribulation, des hommes de s’attribuent pilrtu et de conseil, qui puissent repousser l’audace de la témérité le jugement@@ sachent déjouer l'astuce de la malignité. C'est ce qui a paru assez pourquoi nBunifeste dans le pape Innocent, de sainte et glorieuse mémoire, leorance ou noel a renversé un hérétique qui s’élerait contre tout ce qu'on apque le Chris@elle Dieu ou qu’on adore comme tel ; un hérétique, que soutenaient e leur pour d@pendant et la noblesse de sa famille, et la grandeur des richesses, subir les dB une éloquence insidieuse, et la prudence du siècle, et la faveur du Monde. Dans cet athlète de Dieu » la vérité a prévalu sur la faus-
ereur Frédéifté, la superbe ambition a cédé à l'humilité courageuse, la justice allèrent à Sid triomphé de l’iniquité, Nous avons vu son adversaire exalté et élevé œonme les cèdres du Liban ; nous avons passé, Bahit plus ; nous avons cherché, et l’on n’a p
et le voilà qui n’éas même trouvé sa place,
parce qu'il n'a pas même, parmi les morts, un monument et inscription sépulcrale. Quant à Innocent, je me souviens et je perd
[Liv. LXIX. — Den :
que vous n'avez point oublié avec quelle sensation respectueuse gl
ordonnances étaient reçues des princes, combien il était élevé ,
gloire, de quelle majesté a resplendi l'Église, combien la religion Phroyait impo:
pure et sans tache a fait de progrès dans ses jours , à tel point q
les déserts contiennent aujourd'hui plus de religieux qu'ils n’avaie ; PBéatitude, af
autrefois de bêtes sauvages. IL pensait que, dans le gouvernema des hommes, il faut user plutôt de-la discipline d’une sévérité soh
que de la douceur d’une miséricorde relâchée, désirant de plaire Dieu plutôt qu'aux hommes, pour ne point, en cherchant la fav
1181 de l’ère
D lui le jour
pent, nous | eur AUX pri ormais la p:
Je serais
humaine , devenir peut-être méprisable devant Dieu. Aussi sa ver
a-t-elle toujours paru plus grande au milieu des conjonctures les pl
fâcheuses, et les succès de sa prospérité subséquente n’ont jamais dll j
autant d'éclat que n’en ont aujourd’hui les merveilles de sa pré
dente adversité. Car il ne se confiait point à l’homme, il ne s'y puyait point sur un bras de chair; il se confiait au Seigneur, le St
gneur était son appui. :
Or, que ces schismes sont arrivés plus fréquemment dans l'Égii romaine, on Je voit par les peintures du palais de Latran, oùk usurpateurs schismatiques servent de marchepied aux Pères cat liques, où la sagesse, par sa propre vertu, brise et écrase le cou superbes. Ce qui a été fait sans doute pour rehausser la gloriex victoire des saints Pères, en montrant les usurpateurs ou punis (lé leur tyrannie ou demandant pardon de leur usurpation. C’est pou quoi la Chaire de votre apostolat a dû n'être pas sans marchepiil mais être illustrée par un marchepied plus noble. Car, pour vous,l victoire n’est ni incertaine ni éloignée ; mais l'humilité de votre destie est punie un moment, pour avoir différé d'obéir aux Pères: semblés dans le Saint-Esprit ; car c’est se rendre également coup ble, et de prévenir la vocation de Dieu, et d’y résister quand ell4 fait entendre. Cependant sous peu, Dieu le voulant, la sérénité n paraitra, et ce petit nuage se fondra aux rayons du soleil véritabk l'unité catholique rétablie, l’universalité fidèle se rassemblera à toute part à vos pieds.
En attendant, quelles que soient les affections qui arrêtent k autres, quels que soient les désirs qui entraînent la profane amb
Là VOUS reconn
rince, il n’a
ice. C’est po
ale; mais il
erreur, Quan enir les mauv
otre obédienc
|y aura perso:
Ms ordres !,
La lettre de
tion, quelle que soit la témérité qui pousse la détestable envie, mif@t question du
le moindre de tous, je salue avec non moins de joie que les au
votre glorieuse promotion; je vous reconnais pour l’apôtre du Chris le vicaire de Pierre, le pasteur et l'évêque de tous les Chrétiens, e professe avec vous l'unité catholique. Je me réjouis donc, parce l
2! Arnulph, Lex
v. LXIX. — De 1181 de l'êre chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. aonument et m8 lui le jour tant désiré, le jour de l viens et je peent, nous le croyons, la faveur à la respectueuse gBifeur aux princes, la liberté à l'Église, il était élevé dormais la parole de Dieu ne sera plus ibien la relipiglqui est véritable dans votre bouche, > à tel point mroyait impossible, x qu'ils n'avaia@ Je serais donc accouru déj le gouvernemaBBéatitude, afin que l’abondan e sévérité somèrès l'aridité de mon âme, si le zèle même de vos intérêts ne m'avait irant de plairWietenu ; car, sitôt que j'ai appris la vérité de voire promotion et l’ rchant la faveur de l'usurpation opposée, je me suis hâté d’en donner conn 1. Aussi sa veiance à notre prince, pour le prévenir en votre faveur et empê onctures les pui ne se laissât surprendre par le parti mauvais > n’ont'jamais a @ile d'occuper un esprit encore libre, que de le faire revenir de préles de sa prédlitentions une fois reçues. I1 a hésité quelque temps; mais aussitôt, me, il ne syl@fermi par la grâce de l'Esprit-Saint, il a promis, avec une joyeuse Seigneur, le séMonstance et une constante joie, qu’il ne recevrait d'autre que vous. PPepuis peu il a recu des lettres de l'empereur, qui le prie de différer nt dans l'Égidi@ vous reconnaître; et, comme il est lié d’une étroite amitié avec ce
allégresse qui rend effectivevertu, la verge au vice, la ter- Je me réjouis, parce que déenchaînée ; mais cette parole, eifectuera facilement ce que l’on
à pour embrasser les pieds de votre ce de votre bénédiction arrosât de plus
erais cher ; Car il est plus fa-
> Latran, oùdrince, il n’a pas voulu paraître le mépriser ni se hâter à son préjuux Pères catlice. C’est pourquoi il s’est abstenu de faire une ordonnance génécrase le cou dl; mais il n’a pas laissé de vous reconnaître et de parole et de ser la gloriad@it, ni n'empêche aucun d’entre nous de le faire. [l pense que l'éclat
urs ou punis de une ordonnance vaudrait moins
pour vous que la réalité même.
ion. C’est puuprès de lui, l'autorité de votre a
postolat est ferme et indubitable ;
ns marchepié quelque parti que prenne l'empereur, il ne le suivra pas dans r, pour vousiereur. Quant à moi, j'aurai soin de veiller autour de lui , de préité de votremnir les mauvais discours et
de faire en sorte qu’il persévère dans ir aux Pèresaotre obédience. Heureux si jamais je puis, en cette occasion ou
alement cousins une autre, me montrer reconnaissant de vos bienfaits, et si vous ] n e : Q
r quand ellk@*8ntz vous souvenir un jour de mon dévouement. De votre côté, ; là sérénité nfiputes les fois que l'occasion s'en présente, c’est à vous de visiter soleil véritalWèquemment toutes les provinces Par vos ordres, afin que, de toute
rassemblera tt, on s’accoutume à votre nom et À votre obédience, parce qu'il 'y aura personne qui ose ne pas recevoir vos lettres ni résister à , À $ 1 ui arrêtent MMS ordres !,
profane ami La lettre de l’évêque de Lisieux, on le voit, fut écrite avant qu'il ble envie, miB@t question du concile de Pavie et avant qu'on sût que l'empereur que les autttait déclaré pour l'antipape. Suivant les conseils de l'évêque Arôtre du Chris
hrétiens, ES: Amulph, Lexoviens, epist., Biblioth. PP
22, p. 13i1, et Baron., an.
, [A one, parce qui "+
XVI 9
130 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX. — Dei
noul le pape Alexandre envoya des légats de tous côtés : en Fran et en Espagne trois cardinaux, deux prêtres, Antoine, du titre 88 Saint-Marc, et Guillaume, de Saint-Pierre-aux-Liens, et avecult Odon, diacre du titre de Saint-Nicolas; en Orient, Jean, du titre Saint-Pierre et de Saint-Paul ; en Hongrie, Jules, évêque de Pak trine, et Pierre de Saint-Eustache, diacre ; à Constantinople, Tibws avec Arderic, diacre de Saint-Théodore. La vérité de l'élection po F titicale ayant été ainsi divulguée et mise hors de doute, le roi #2 chrétien, Louis de France, dont le royaume n’avait jamais été poli L par le schisme, conjointement avec Henri, roi d'Angleterre, recn: nurent Alexandre pour père et pasteur de leurs âmes. Les rois d'El pagne, de Sicile, de Jérusalem, de Hongrie, et l'empereur des lt avec les patriarches, les évêques, les princes, tout le clergé et le mali ple qui leur était soumis, s’accordèrent pareillement à reconnate en lui le Pape, le vicaire du Christ et le successeur catholique di bienheureux Pierre. Le seul Frédéric, dit empereur, avec ses coll plices, demeura dans l’obstination de son erreur, attaquant avec vi lence et persécutant avec fureur le même Pontife, ainsi que tous «1 qui tenaient courageusement pour lui !. Voilà comme les actes s! priment sur les légations que le pape Alexandre envoya dans les verses parties du monde.
Quant aux légats envoyés aux rois de France et d'Angleterre, Ar de Lisieux parle du succès de leur mission dans une lettre adra aux cardinaux qui étaient avec le pape Alexandre. Après avoir m qué les diligences qu'il avait faites pour le faire reconnaître parler d’Angleterre, il dit qu’il était toujours avec les légats, pour proc avec eux l'avantage de l’Église romaine. Il rend témoignage à la vertu, à leur doctrine et à la douceur avec laquelle ils traitaient ii affaires. Ensuite il ajoute : Quant au fait pour lequel le roi de Fran a été scandalisé contre eux, ne doutez point qu’ils ne soient excus bles; car jamais on ne les aurait fait consentir à cette dispense, n’y avaient été engagés par une nécessité invincible et par l’assuran de procurer un bien inestimable. On s’était assemblé par ordre ( roi pour traiter de la réception du Pontife romain, dont on n'ai encore rien ordonné publiquement. Les légats voyaient l'affaire! l'Église en grand péril, parce que plusieurs, n’osant ouvertemd combattre la vérité, disaient, par une politique humaine, qu’il filà différer et attendre l'événement, plutôt que d'exposer la réputé de deux si grands princes ; que l’Église romaine avait toujours été charge aux souverains, et qu'il fallait profiter de l’occasion pour fé,
à 1181 de l’èr
erre, l'Espag On ne sait |
Monque d’élect "erreur ; Mais
MBvertu ni pa
utre, a tourné er du privilége sang, ni rien
1 Acta apud Baron., an. 1159, n. 63.
132 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX. — Deiiy Bi 1181 de l'èr
tendu faire servir l'Église de Dieu, l'épouse sans tache de son bier Bnettant tout aimé Fils, à leur volupté propre, et la transporter de la droite ae dit publiq Monarque suprême dans les embrassements exécrables de Satan, LMration divine liberté que le Christ a rachetée au prix de son sang, eux l'ont y Église rom: stituée, afin que l’Église, qui, par son droit, a toujours dominé sy parti puisse les princes, fût asservie au caprice de son officier 4. Ainsi par Bique et si le : d’Octavien et de ses complices le savant évêque de Lisieux. lecture, qu'e En Angleterre, où l’on ne connaissait pas encore si bien l’état dByalu, tandis choses, il y avait encore de l'incertitude dans les esprits. On le vilition ont eu u par la lettre que l'archevêque Thibaut de Cantorbéri, ou plutôt JeBprévalu cont de Salisburi, son secrétaire, écrivit au roi d'Angleterre, en Normu Burt, Pascal die. Le schisme de l'Église romaine, y est-il dit, excite ceux qui àiptres. Que v ment la nouveauté et encourage les audacieux. Car chez nous, khotre assentir uns prétendent aller trouver Alexandre, les autres Victor. Pour nouBit qui triomr nous ne savons lequel des deux a la meilleure cause : nous ne polians un si gr: vons retenir ceux qui vont par légèreté vers l’un ou l’autre, et nuliroyaume, et | ne croyons pas permis de reconnaître l’un des deux dans vorlergé 1. royaume sans votre conseil, tant que la chose est en suspens. (1 Par ces de ferons-nous donc, nous qui sommes plus soumis à vos ordres m#'il y a eu de
les autres, et plus engagé à l’Église romaine, étant obligé par nohiäniers momen serment à la visit en certain temps ? Or, il serait dangereux pu étaient pass nous d’être prévenu auprès du Pape qui l’emportera, par ceux aB'hésitation di
ont reçu moins d’honneur que nous de l'Église ‘romaine. Nous4 tendons et désirons sur tout cela votre conseil et votre secours. à cette lettre, l'archevêque Thibaut témoigne qu'il n’a plus guère àr vre, à cause de son grand âge et de ses infirmités 2.
Dans une lettre subséquente , l'archevêque supplie le roi deh faire connaître l’état réel des choses, et dit : Nous avons appris cl tainement que l’église gallicane a reçu Alexandre et rejeté Octavia et, autant qu'on peut connaître humainement , il semble qu'elle pris le meilleur parti. Car tout le monde convient qu’Alexandni plus de réputation, de prudence, de lettres, d’éloquence ; tous œ qui viennent de là disent que sa cause est plus juste; et, quoig nous n'ayons reçu ni nonce, ni lettres de l’un ni de l’autre, noust vons que tous les Anglais ont plus d'inclination pour Alexandre (ion lui manda vous y joignez votre consentement. Or, nous avons ouï dire que l'eMfqu’à ce qu'on pereur s'efforce de vous attirer au parti d’Octavien. Mais à Dieureigneurs, ce « plaise que, dans un si grand péril de l’Église, vous fassiez, par M Nazareth, oi pect humain, autre chose que ce qui doit lui être agréable, en sels autres prél. dites latins d
quiétude qu pereur. Ce qu M'rrchevêque, je faire quelqn st dans des « s'égare.
En Orient, prêtre du titre Det avec quel Wermission d’e jit sonder aup:
ant ecclésiast
1 Arnulph. Lexoviens. epist. ad cardinales, Bibl, PP.,t, 99, p. 1315, etBa an, 1159. — ? Apud Joan. Sarisb., epist, 44, Bibl. PP., t. 23.