V. LXIX, — De1tyM 1181 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
: de janvier Hühé à brûler des villes, à pendre les prisonniers et 1 eleur; mais louer à ses machine: de guerre des enfants et des e vendredi avis été prudent à des évêques de cour : à faire.
ule contienBf Comme, dans ses lettres de convocation, l'empereur annonçait à ir au juste cons prélats qu'il invitait également les évêques de France, d’Angleénérale des cnMibrre et d'Espagne, on devait croire naturellement que, dans une ins non suspælrcasion aussi solennelle et pour une affaire aussi grave les évêques e, de Neubriyriveraient par centaines de tous les pays. Deux écrivains non susher. Le premiMlkcts, l'Allemand Radevic et l'Italien Otton Morena, tous deux, le int comme poicond surtout, favorables à Frédéric, nous apprennent qu'il s’y en om de jugemerouva, tout compté, environ cinquante, savoir : un patriarche, neuf à non-seulenachevéques et trente-huit ou trente-neuf évêques. Encore verronses donc, tantilous que sur ces cinquante, ou plutôt ces quarante-huit, il y en eut rande multitu@Bus d’un, non-seulement d’absent, mais encore d'opposant. Et tous’assemblèrentiMBtois, le conciliabule, dans sa lettre synodale, avance que le nombre errible, avec as évêques qui furent présents et qui consentirent par écrit, fut de re, personnen@int cinquante-trois ; ce qui montre quelle confiance mérite cette par le silenyBèce; car, de quarante-huit ou quarante-neuf à cent cinquante-trois à parti, ils y«pMn'y a que cent cinq ou cent quatre de différence 1, orain Guillauy L'empereur Frédéric étant donc arrivé à Pavie > après avoir tinuait l’histonMrilé Crème, exhorta les évêques à se préparer au concile par des e Otton, ci mines et des prières ; puis, les ayant assemblés et s'étant assis , il rrivé à l'afnBur dit : Quoique je sache que j'ai, comme empereur; le pouvoir s pièces prinéPassembler des conciles, principalement en un si grand péril de at point faire lise, je vous laisse toutefois la décision de cette affaire impor- 1e brusquemaute. Dieu vous a donné l'autorité de nous juger nous-même, et chantait en di n'est pas à nous à vous juger en ce qui regarde Dieu. Conduisezédéric, va phiious donc en cette affaire comme n'ayant à en rendre compte qu’à pprouve l'élkBBi. L'empereur, ayant ainsi parlé, sortit du concile, qui était comn ?, Cette coMBosé de cinquante archevêques et évêques, ei d’une grande multitude ar fait honnew'abbés et de prévôts. Il y avait aussi des envoyés du roi de France , que FrédéifS du roi d'Angleterre, et des députés de divers pays, lesquels propour examieBheltaient, dit-on, que tout ce que le concile aurait décidé serait reçu er la décisiuMhez eux sans difficulté 2.
vitation, et M Pour l'examen sérieux et l'éclaircissement de cette affaire, il y avien de pap ait deux pièces importantes et officielles : les deux lettres respecien décider Hres et contradictoires, d’un côté, des cinq cardinaux de l’antipape
se par un deMfctavien, et, de l’autre, des vingt-deux cardinaux du pape Alexandre. despote habiles
es otages, à prètres, cela n’eût ils n’eurent donc garde de
}'Radevic, 1, 2, c. 64. Voir Otton Morena et la lettre synodale tout entière. Bansi, Concil., t. 21, p. 1130-1128. — 2 Radovie, 1, 2, c. 62, 63,71 et 72, Apud Blron., Labbe et Mansi.
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138 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 11
Le bon sens et la bonne foi demandaient que l'on commençit nl confronter et vérifier ces deux pièces capitales : ce qui était d'auty plus aisé, qu'il y avait présent au moins un signataire de chaey près que | d'elles. L’évêque Imar de Tusculum, le premier signataire des ci assistait au concile; Guillaume de Pavie, cardinal-prêtre de Saint. Pierre-aux-” ‘ons, un des vingt-deux signataires, se trouvait à Panavait des dé dans sa faille, et assistait, comme curieux, à l’assemblée des 4 r, qui ne m ques impériaux. On avait donc un moyen facile de vérifier ces di pièces décisives et d’en éclaircir les contradictions. Le bon sens dise ; l'empe bonne foi demandaient avant tout qu'on en profitât : il n’en futnait de cher même question, au moins d’après la teneur des actes. baisa les pi L'unique pièce dont on s'occupât à Pavie fut une espèce de tir d'après, il tum ou de mémoire, au nom de certains chanoines, prêtres ou ceiiglise un ana de l’église de Saint-Pierre de Rome, apporté par deux d’entre enMivirent une 1 et adressé à l’empereur et aux prélats du concile. Ce mémoire M fidèles. Ils tient à peu près les mêmes choses que la lettre des cinq cardinuMues dans leu schismatiques. I1 y a cependant ceci de plus : les chanoines convi orze cardin nent qu'Otton, cardinal-diacre de Saint-Georges; Adeldald, carduMjorité au pre des Saints-Apôtres, et Jean de Naples avaient pris la. chape et sus de ces ne taient efforcés d'en revêtir le chancelier Roland ; mais ils soutieneluction de l’a que la plus saine et la meilleure partie des cardinaux les en aval empereur, empêchés pour élire Octavien. Ils disent la plus saine partie, n'oslleur, accuse le dire la plus grande, Par où l’on voit, d’après le témoignage mti et des sout des schismatiques, que le pape Alexandre fut élu le premier, qu'iliiichesse ei la fut par le plus grand nombre, que les cardinaux de la majorité st se condam: forcèrent de le revêtir de la chape, que la minorité s’y opposa 4 lettre syno force, et qu’Octavien fut élu par cette minorité factieuse. Telle el patriarche d’ conclusion que le bon sens et la bonne foi tireront naturellement! es, de Colo, ce fait. Les chanoines schismatiques citaient pour témoins de ce ai Ravenne ; de s'était passé, Otton, comte palatin, Gui, comte de Blandrate, eMhemark ; ains prévôt Hébert, envoyés de l'empereur, c'est-à-dire qu'ils citaslle, de Bergam Pour témoins leurs complices. mi certaineme Après qu’on eut agité pendant cinq jours la question importai@Bres. Ainsi no: des deux élections, le sixième, on lut publiquement une espèce d'Are reconnaitr formation assez singulière. On n’y examinait point lequel avait us verrons to élu le premier et par le plus grand nombre, seul moyen et moyllade en chen facile de terminer l'affaire : on s'y attache uniquement à soutaiffrons encore qu qu'Alexandre n'avait pas été revêtu solennellement de la chap que ceux d Touge; on cite pour cela plusieurs témoins, tant clercs que laïqualvirent pas pur mais dont la plupart ne parlent que par ouï-dire. Certainemalitensure à ven quand des évêques réunis en concile, au lieu de s’attacher aux poïik Capitaux, décisifs et certains d’une affaire, ne s’attachent qu'à po —
181 de l'ère «
Mansi, t. 21, p,
. LXIX, — De 118: de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 139
} COmmençât paBconstance minutieuse et équivoque, ils prouvent contre euxqui était d'autnbmes et contre le parti qu'ils prennent. aire de chacm Après que l'affaire eut été examinée de cette façon pendant sept nataire des Coprs, le conciliabule prononça contre le pape Alexandre. absent et prêtre de SanMh représenté, et en faveur de l'antipape Octavien, qui était présent trouvait à Paavait des défenseurs de sa cause. La sentence fut portée à l’empeemblée des éy r, qui ne manqua pas, le lendemain, 49me de février 1160, de la vérifier ces debevoir et de l'approuver : c'était la sienne. On appela l’antipape à Le bon sens dise ; l'empereur le reçut à la porte, lui tint l'étrier comme il des- +: il n’en futpdait de cheval, le prit par la main, le conduisit jusqu’à l’autel et CA baisa les pieds : les évêques schismatiques en tirent autant. Le > espèce de fr d'après, ils firent plus, et lancèrent contre le véritable chef de prêtres ou clylise un anathème qui ne tomba que sur eux. De tout quoi ils eux d’entre eivirent une lettre synodale à tous les rois, princes, évêques et sime mémoire cs fidèles. Ils y prétendent, comme les cinq cardinaux schismas cinq cardingWhues dans leur lettre, qu’Alexandre avait été élu seulement par noines conviaMhtorze cardinaux, et Octavien par neuf, ce qui donnait toujours la leldald, carduMjorité au premier et tranchait la question. Ils ajoutent que, si plula. chape et sur de ces neuf se sont ensuite attachés à Alexandre, ce fut par la is ils soutiemaMuction de l'argent. Oui, pour excuser son petit no mbre, le parti x les en avai l'empereur, c'est-à-dire le parti de la force, de la richesse, de la e partie, n'oufeur, accuse le parti d'Alexandre, le parti de la faiblesse, dela paunoignage métis et des souffrances, de s’attirer le grand nombre par la faveur, premier, qu'iichesse ei la force. Certes, se défendre par de pareilles raisons, la majorité st se condamner soi-même 1.
S s’y oppose a lettre synodale du conciliabule de Pavie porte les souscriptions use. Telle et patriarche d’Aquilée: des archevêques de Mayence, de Brême, de aturellementé@ves, de Cologne, de Magdebourg, d’Arles, de Lyon, de Vienne, moins de ce aie Ravenne ; des rois d'Angleterre, de Hongrie, de Bohême et de Blandrate, ctemark ; ainsi que des évêques de Fermo, de Ferentine, de Man- > qu'ils citaa@he, de Bergame et de Fayence. Mais plusieurs de ces souscriptions m'certainement fausses : ce qui rend douteuses la plupart des Lion importai@@res. Ainsi nous avons vu et nous verrons encore le roi d’Anglene espèce dre reconnaître le pape Alexandre et ryeter l’antipape Octavien. lequel avait 4fus verrons tout à l’heure que l’archevêque de Trèves, demeuré oyen et moyBlade en chemin, envoya seulanent des lettres d’excuse. Nous nent à soutefrons encore que le patriarche d'Aquilée, plusieurs évêques d'Italie, it de la chili que ceux de Bamberg, de Passau et de Ratisbonne, ne sousres que laïquairent pas purement et simpiement, mais avec cette clause : sauf
CertainemaBtensure à venir de l'Église catholique, et qu'ils n’obéirent qu’à cher aux poitk
hent qu'à UE Mansi, t. 21, p. 1133-1138.
que le pape Alexandre, le roi de Sicile et les Milanais avaient fait, conspiration contre l'empereur ; conspiration qui se réduisait toy plus à une ligue défensive : chose très-permise et très-sage contr pareil homme, r
L'empereur Frédéric écrivit lui-même à saint Éberhard, arche que de Salzbourg, et à ses suffragants, une lettre où il insiste ns cipalement sur cette prétendue conjuration faite contre lui du vi du pape Adrien, par le chancelier Roland, et il en apporte y preuve : Comme nous délibérions sur ce qu'il y avait à faire touc) le schisme, l'archevêque de Tarentaise, les abbés de Clairvaux Morimond et dix autres survinrent, comme si Dieu les eût envoy demandant la paix pour les Milanais. Nous leur dtmes notre ink tion, et ils retournèrent à Milan pour savoir celle du peuple, quik répondit : Nous sommes engagés par serment au Pape et aux « naux, de ne point faire de paix avec l'empereur sans leur cons ment. Les abbés répliquèrent : Vous n'êtes plus engagés au Py puisqu'il est mort. Mais, reprirent les Milanais, nous sommes eng aux cardinaux , et eux à nous. L'empereur avoue ensuite qu'on prochait à son pape Victor d’avoir été élu par le plus petit non des cardinaux, et il n’y donne aucune réponse. La lettre est 15 février 1160 1,
Éberard, évêque de Bamberg, qui était auprès de l'empèr écrivit en son particulier au saint archevêque de Salzbourg ce 4 s'était passé à Pavie. D'abord, dit-il, presque tous étaient d'avis différer jusqu’à une plus grantfe connaissance de l'affaire et unt
cile plus général ; toutefois, le parti du seigneur Victor a fini ff
l'emporter, principalement à cause de la conjuration contre l’empi Ainsi, nousl’avons reçu, par l'espérance de la paix et de l’unione le royaume et le sacerdoce. L'évêque de Bamberg convient que neuf cardinaux que l'on prétendait avoir consenti à l'élection d'k tavien, l’avaient abandonné ensuite. Il ajoute : L'envoyé du roi! France a promis que son maître ne reconnaîtra ni l’un ni l'a jusqu’à ce qu’il ait reçu les envoyés de l'empereur; l’envoyé | roi d'Angleterre a promis qu'il ferait la même chose 2. Les art vêques d'Arles, de Vienne, de Lyon et de Besançon ont « senti par leurs lettres et leurs députés. Celui de Trèves et seul de cette partie d'Allemagne qui n'ait pas encore consent
1 Radevic, 1. 2, c. 69. — ? Donc c’est un faux, ce qu’on lit à la suite de la lei synodale : Henricus, Rex Anglorum, per litteras et legatos consensit. — 31 c’est encore un faux, ce qu’on lit parmi les souscriptions : Ego Hellinus, verensis archiepiscopus, cum meissu ffraganeis consensi, apud Radevic., 1,9, 0!
(Liv, LXIX, = by, raison des nécessités de l'empire. C'est qu'on ne cessait de leur ÿ
181 de l'ère «
js ses su Henri, pré
bourg sur jvantes : Le se des bes f la censur rg, de Pass:
nfirmation :
rhevêque d e, et celui :
ssi aux rois reur Manuel
Quant à ses publia un é nnaître son l, Cette orc s ceux qui il et la pers e d'adhérer | urs et des ri ns l'Église, r patrie. À | l'antipape. !
s la perséct Lertit l'empere eur :ille tr s la ville « xcoMmmMmUuNnIa bplise ; et, jus
D fidélité tou:
pe
enne coutum xCOMmMuNniIca r les menson es légats en di Si, dans cette t parmi ses n juivoque, me suscita de sor
1 Radevic, 1. 2, la, apud Baron.
Liv. LXIX, = p, Mist de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, it
essait de leurs Mis 55 suffragants l'ont tous fait. Il ne reste que vous 1, ais avaient fin Henri, prévôt de Berthesgade, écrivit aussi à l'archevêque de se réduisait to Mzbourg sur le même sujet, et sa lettre contient les particularités rrès-sage contre jantes : Le patriarche d Aquilée et quelques autres ont obéi à
se des besoins et des périls de l'empire dont il a été parlé, et berhard, arc Mu la censure à venir de l'Église catholique. Les évêques de Bam-
où il insiste pre, de Passau et de Ratisbonne ont imité le patriarche, Pour la ontre lui du vggipirmation de ce qui à été fait, on envoie des députés, savoir : Len apporte rchevéque de Cologne, en France ; l'évêque de Verdun, en Espait à faire tou ie, et celui de Prague, en Hongrie. L'empereur Frédéric envoya de Clairvaur ssi aux rois d'Angleterre, de Danemark et de Bohême, et à l'emu les eût envodireur Manuel ?.
limes notre indQuant à ses propres États, c'est-à-dire l'Allemagne et l'Italie, il u peuple, quidiipublia un édit par lequel il ordonnait à tous les évêques de re-
ape et aux cdnnaître son antipape Victor , sous peine de bannissement perpéins leur consul. Cette ordonnance retentit durement par toute l'Italie. Alors engagés au Pis ceux qui avaient l'esprit de ferveur aimèrent mieux souffrir s sommes engaxil et la persécution pour Dieu et pour maintenir l'unité de la foi,
ensuite qu'ondiie d'adhérer pacifiquement aux schismatiques, et de jouir des honlus petit nonBurs et des richesses de ce siècle. Il se fit donc un trouble extrême La lettre es ns l'Église, les catholiques fuyant et abandonnant leurs églises et r patrie. À leur place, on introduisait par violence les complices
s de l’emperd l'antipape. Mais le pape Alexandre ne faiblit point ; au contraire,
alzbourg ce | s la persécution devenait violente, plus il se montra ferme. Il étaient d'avis@ertit l'empereur {plusieurs fois et avec bonté de revenir de son affaire et uno@reur : il le trouva rebelle et opiniâtre, Alors, le jeudi saint 41160, Victor a fini us la ville d’Anagni, assisté des évêques et des cardinaux, il i contre l’emxcommunia solennellement comme le principal persécuteur de t de l'union aelise ; et, jusqu’à ce qu’il vint à résipiscence®, il délia du serment
convient que fidélité tous ceux qui le lui avaient prêté, et cela, suivant l’an- \ l'élection d'piBenne coutume de ses prédécesseurs. En même temps il renouvela nvoyé du ri xcommunication contre Octavien et ses complices; et, pour dissii l'un ni l'air les mensonges qu'ils avaient répandus de tous côtés, il envoya ur; l’envoyé As légats en diverses provinces #,
se ?, Les arf Si, dans cette persécution, comme dans toutes les autres, l'Église ançon on Gt parmi ses ministres et ses pontifes plus d’un individu faible, le ‘Trèves st uivoque, mercenaire, plus courtisan que prêtre ou évêque, Dieu core consenii suscita de son. côté plus d’un homme puissant en œuvre et en pa-
la suite de la let
onsensit. — "DES: Radevie, 1. 2, c. 11. — 21hid., c. 70. — 3 Joan. Sarisb., epist, —= + Acta et
Ego Hellinus, ia, apud Baron, an. 1160, Apuë Muratori, t. 4, Radevio.,!,2,01! ee:
142 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX. — 1j
role; comme les prophètes d'autrefois, comme les Athanase 4 Basile des premiers siècles chrétiens. De:leur nombre et à Jeuri se montra saint Éberhard, archevêque de Salzbourg, dont il été question. Au Il était né, vers l'an 4090, d’une des plus nobles familles: de y
conie. Son père était très-chrétien; mais dans les honneurs du ÿ cle. Sa mère, presque continuellement ‘appliquée à l'aumône, } prière et au jeûne, mangeait rarement autre chose que des léouf Voici un trait de sa vertu. Ayant résolu avec son mari de bâtir leur ‘château une église en l’honneur de la sainte Vierge; elles coutume d'aller elle-même, nu-pieds; à près d'un quart d’heuri
loin, chercher les pierres sur ses épaules. Son exemple entrainsi
seulement:ses suivantes, mais encore un grand nombre de fems tant de la noblesse que.du peuple. La pieuse dame formait les ag à son image et à sa ressemblance. On en séntit les heureux eff loin dans tous les environs. Telle fut la mère de saint Ébérh digne mère d’un digne fils, Placé tout jeune aux: écoles de Bambi il s’y rendit bientôt habile dans les trois parties dela philosoi savoir : la physique, la morale et la logique. Enfant par l’âge,i raissait un vieillard par la douce gravité des. mœurs. Devenu noine de l’église cathédrale, probablement encore du vivant de Otton; évêque de Bamberg, il-embrassa, quelque temps apré vie monastique dans l’abbaye de Saint-Michel; que le même 5 évêque. avait considérablement agrandie, Mais les ‘chanoines | retirèrentmalgré lui et l’envoyèrent, avec son préespteur, étui en France, jusqu’à ce que sesscheveux, qu’il avait coupés pour faire moine, lui fussent revenus. Parti savant, il revint plus:ss encore. De retour dans.sa famille, is vocation religieuse ne le m point. Enfin, vers l'an. 4430, à l’âge de quarante ans, ayant obt l'agrément de saint Otton et des chanoines, il rentra dans le mi tère. Il.y macérait son corps par les jeünes, passait les nuits enpriè tout: occupé des choses divines : bien loin de murmurer den’ pes de superflu , il ambitionnait d’être pauvre avec Jésus pau Cependant ses frères Conrad : Erpon, avec sa sœur Berthe, sy fondé-un monastère dans une de leurs terres nommée Bibourg, demandèrent pour abbé; mais ils furent cinq ans sans pou l'obtenir. Son unique pensée était de former des religieux, de bi des églises, et puis d’aller se cacher dans un désert ; car l’humil est insatiable, Enfin, emmené à Rome par l'évêque de Bamberg, saint prélat le fit connaître au pape Innocent II, ainsi que le dé
des moines de Bibourg de l'avoir Pour abbé. Le Pape l'obligea dis
cepter, et lui donna lui-même la bénéd'- ::n abbatiale. Éberta
1181 de l’èr
puverna cet udence, ex > grandes a j était néc Dès lors ur oi du schis int rendrai
Brsécutait u
jun moine jul il parais tet d'autr erquait sa ntre lui qu angé en chi Dé hard, do:
ge de Salzb stiques de < temps-là su Cependant ns Ja chair, é augmen jauté de re arité, sa pru
svertus, étai
\lé craignai ne la connai omprenait € sctères gén:
sure des pau noux la tête iser leurs pic eu sait, s’écr hs que tradu contraire, j Ig ; je dirai c
Band nombre
ion était me:
mes. Il port anoine de Fr:
a valet dema
avait qu’à ven
Dligea l'hôtelic
Liv, LXIX, — pis de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
es Athanace gbuverna cette maison naissante avec beaucoup de régularité et de nbre et à leur tudence, exerçant libéralement l'hospitalité, et répandant au dehors urg, dont il à grandes aumônes, en sorte qu'il ne gardait de provisions que ce at i était nécessaire d’une récolte à l’autre.
‘familles à ÿ | Dès lors un pieux abbé du voisinage, nommé Eppon, eut révéla-
honneurs du gi du schisme qui tourmenterait l'Église, et du service que notre à l'aümône, int rendrait à l'Église afigée. Il lui sembla voir une veuve que > que des légunrsécutait un roi, et il n’y avait personne à secourir cette veuve
nari de bâtir un moine de Salzbourg. Ce moine avait les traits d'Éberhard. * Vierge; elle :@Bul il paraissait combattre pour la veuve, et la lutte était vive de quart d'heixi tet d'autre, jusqu’à ce que le moine fut changé en fer : ce qui nple entraindmarquait sa fermeté invincible. Le roi ne s'emportait pas moins mbre dé femiiBntre lui que contre la veuve, jusqu’à ce que lui-même: parut
> formait les sBangé en chien. L'abbé, comprenant le sens de cette vision, dit à heureux eff@berard, dont il était l'ami intime : En vérité, vous occuperez le e saint Ébérase de Salzbourg, et il ÿ aura un temps où, seul d’entre les ecclé- -oles de BambgBstiques de ces quartiers, vous soutiendrez la cause de l'Église. A:
le la philosopi temps-là suffira son mal. fé
at par l'âge id Cependant Éberhard était petit à ses propres yeux; et, vivant urs.: Devenu dns la chair, il paraissait n’en avoir point. Sa nouvelle commudu vivant de: é augmentait en faveur et en nombre, aussi bien qu’une come temps apni; sauté de religieuses dont il avait la. direction. L'abbé, par sa . id le même s@arité, sa prudence, sa discrétion, sa miséricorde et toutes les aues: chanoines 1: vertus, était pour tous un objet d'amour, de crainte, et un modèle.
écepteur, étui le craignait, mais- d’une crainte filiale ; pour la crainte servile, ‘Coupés pour@ ne la connaissait pas: Ses délicesétaient le travail, etnon le repos ; ‘evint plus snkomprenait cette maxime d'un philosophe : Le travail nourrit les ieuse ne le quiractères généreux. IL: visitait fréquemment par lui-même la dens, ayant oaure des pauvres. Il avait coutume de laver et de peigner' sur ses a dans le momnoux la tête des malheureux, surtout des malades, de laver et de s'nuits enpriBier leurs piéds; de leur donner à manger et à boire de sa main. murer de:n'n@eu sait, s’écrie ici son disciple et son biographe que nous ne fai-
ec Jésus paunns que traduire, Dieu sait que je ne mens en rien de ce qu: je dis. ur Berthe, sy contraire, je passe beaucoup de choses, pour n'être pas trop mée Bibourg te; je dirai ce que j'ai vu, ce que j'ai appris par l'attestation d’un ns sans pour@and nombre et par ma propre expérience. La vertu de sa prédiligieux, de tion était merveilleuse ; elle allait au cœur, et faisait répandre des ,; car l'humines. Il portait l'amour de l'hospitalité jusqu'au scrupule. Un de Bamberg ÆBanoine de Frisingue, passant à cheval près du monastère, envoya insi que le défini valet demander à boire. Le frère hôtelier répondit que le maître pe l'obligea d'avait qu'à venir jui-même, Le saint abbé » informé de cette faute, atiale. Éberhuligea l'hôtelier, qui était un vieillard, de faire trois lieues à pied,
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX. — De
181 de l'ère pour porter jusqu’à Ratisbonne un verre de vin au voyageur, ba es est tem surpris et bien humilié d’une charité aussi délicate. vine. Voilà
11 y avait quatorze ans que saint Éberhard gouvernait ainsi l'abbyoment, dés de Bibourg, lorsque le siége de Salzbourg vint à vaquer par la mo res qui on de l'archevêque Conrad, et il fut élu pour lui succéder, d’un com ice de Diet consentement des évêques de la province, du clergé et du pen qui Dieu vo de l’église vacante. A cette nouvelle, il. voulut s’enfuir et. se cac inteté long mais en vain : il fut découvert, emmené à Salzbourg, sacré s0k Quoique l’e nellement, et revêtu de la mitre métropolitaine, Mais plus il se vol, tife, il n” élevé, plus il s’humiliait en toutes choses. 11 s’adonnait aux Ve était en sa | aux oraisons, à l’abstinence : les Écritures ne sortaient de ses me le ret et de ses yeux ni jour ni nuit, sinon quandil était à table ou à ch: ve l’avou Il partageait son pain avec les affamés, introduisait dans sa mad; ardemme ceux qui n'avaient point d'asile, revêtait ceux qu'il voyait nus, n le occasion rissait les orphelins comme leur père, et arrachait les veuves à ncile de Pa: aflliction. Contrairement à la coutume des pharisiens, il s’étudii@S Je soixar faire toutes ses œuvres de manière qu’on ne le vit pas. Ses servit uieurs mirs qui depuis embrassèrent la vie monastique, rapportaient que, dal en, par un d les pénitences secrètes qu'il faisait à l'église, les jambes nues, M Ie autre c genoux frottaient si rudement le pavé, qu'ils. étaient tout en xl yaume de B Les domestiques ne s'en aperçurent que quand, par hasard, is taise. fl éta trouvaient endormi de lassitude. Quant à sa compassion pour une conditio malheureux, elle surpassait toutes ses autres vertus 1, Loir élevé lex
Tel. était saint. Éberhard de Salzbourg, lorsque, par la polité antichrétienne de empereur Frédéric, éclata le schisme d’ Octark Frédéric mit tout en œuvre pour le gagner au parti de son antipm il ne put y réussir. Le saint archevêque, après une longue délihé tion, reconnut et suivit toujours le pape Alexandre ; et. la ra qui en rendait, était le consentement de toute l'Église. I] lui éci
en ces termes : Le Dieu de gloire se montre toujours aussi admin que tout-puissant dans ses œuvres ; car il dépose les puissants ( trône, et élève les humbles ; il appelle ce qui n’est pas, comme qui est ; nul n’ose lui dire : Pourquoi faites-vous ainsi ? quoiqu'il en ait beaucoup qui tentent de regimber contre ce qu’il fait, Au ces prodigieux soulèvements de la mer qui pensaient briser la bar
l'hospitalité, direction de » frère aîné :
Bis aux étude ais il ne laiss nation ; en s.
eux frères de e de prendre ec le temps, eux frères ch traite; sa mi aient dans le
de Pierre, c’est-à-dire la sainte Église catholique, il les a fait dé 1 y avait un enfler par un signe de sa puissance, et a établi un port tranquix-sept sujets Jà où la tempête était la plus menaçante. Car cette statue de Batevaux de les
lone, nous voyons que les fils de la captivité non-seulement
édée, proch ladorent pas, mais qu'ils s’en moquent, et que l'incendie des n
Ssion , après
? Vita S. Eberh, Acta SS., 22 junit, L' Martène, Thesc
iv. LXIX, — De; 181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
U Voyageur, Dee est tempéré sur les trois enfants
par la rosée de la consolation
e. ,.; Brin. Voilà, très-saint Père, ce que nous vous écrivons pour le nait ainsi l'abbu . ent, désirant que votre Paternité sache que nous, et plusieurs aquer par la ml tres qui ont l'intelligence plus saine, prévenus et secondés par la ler, d’un com ace de Dieu, nous ne nous écarterons point de l'unité de l'Église rgé et du pen ui Dieu vous a donné pour chef. Que le Seigneur conserve votre fuir et. se cad inteté longtemps bien portante 1 !
urg,' Sacré s0k Quoique l’empereur Frédéric fût irrité de tout cela contre le saint Is plus il se vo pntife, il n’osait toutefois faire éclater son ressentiment; et quand nnaït aux vel it en sa présence , la dignité angélique qui paraissait sur son ient de ses mg sage le retenait et lui imprimait une crainte respectueuse. Ce table ou à chere l'avouait lui-même ; et le saint prélat,-de son côté, désit dans sa mat srdemment dé souffrir pour Dieu l'exil ou la mort, soit en voyait nus, ne
e occasion, soit en quelque autre. Il mourut quatre ns après le ncile de Pavie , la nuit du dimanche au lundi 29me de juin 1164,
é de soixante-dix-neuf ans, après dix-huit ans d’épiscopat. Il fit pusieurs miracles avant et après sa mort. Sa.vie fut écrite, et très- Den, par un de ses disciples, témoin oculaire de la plupart des faits. ambes nues, a Une autre colonne de-PÉglise, une autre lumière brillait dans le ent tout en Baume de Bourgogne : nous voulons parler de saint Pierre de Taar hasard, ik rtaise, [1 était né dans le diocèse de Vienne, l'an 1102, de parents passion pour Eine condition médiocre, mais d’une vertu éminente, qui, après boir élevé leurs enfants, ‘s’appliquèrent entièrement à l’aumône et
> per la polir l'hospitalité, pratiquant en leur particulier la vie érémitique; sous isme d'Octar direction des chartreux et des Moines cisterciens de Bonnevaux.
les veuves à ns, il s’étudii®é 1s. Ses serviteu
taient que, à
de son antipn frère aîné de Pierre, nommé Eambert, fut destiné à l'église et longue délibé;s aux études 3 pour lui, il était destiné à une autre profession ; re ; et. la ras il ne laissait pas d'étudier par émulation de son frère et par inlise. Il lui écr
ination ; en sorte qu'il fiten peu de temps de grands progrès. Les eux frères devinrent donc tous deux clercs. Pierre, étant venu en ke de prendre parti, embrassa la vie monastique à Bonnevaux. Pas, commerec le temps, toute sa famille suivit son exemple, Son père et ses insi ? quoiquifux frères choisirent le même monastère de Bonnevaux pour leur qu’il fait, ABiraite; sa mère et sa sœur entrèrent chez des cisterciennes qui briser la bargéaient dans le voisinage.
il les a fait dé 11 y avait un an que Pierre avait pris l’habit monastique, lorsque à port tranquix-sept sujets de la plus haute qualité vinrent prier l'abbé de Bonstatue de Beraux de les recevoir dans sa communauté. De ce nombre était n-seulement édée, proche parent de l’empereur Conrad II. Is firent tous proacendie des MEEsion , après les épreuves ordinaires. Mais Amédée, de l'avis de
s aussi admin les puissants (
L'Martène, Thesaur. nov. anecdot., t. 1, p. 452 et 453, # XVI
146 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liy. LXIX, — Def
personnes sages el vertueuses, se retira depuis à Clugni.et y» quelque temps, pour veiller à l'éducation de son fils, qui était él , dans l'école de cette abbaye. De retour à Bonnevaux, il demi bit guère 56 comme une grâce d'être employé aux plus bas offices de la maisg mes de la l'abbé lui accorda sa demande, afin de lui fournir l'occasion der iparait par tiquer l'humilité.et la pénitence. Le comte d'Albion, son.oncle, 4 aflligeait d'( venu le voir un jour, le trouva tout en sueur, occupé à netloyeràe,. voyages souliers dès moines; et si fortement appliqué à la prièré, qu'ilnef point aperçu de lui. La comparaison qu'il fit de :ce :spectacle # l’état queson neveu avait eu dans lémonde letoucha de’la mare. la plus vive: Hquitta Bonnevau:: pénétré d’admiration, et alla blier à la cour le prodige d'humilité qui s'était offert. à ses yeu Amédée fonda quatre monastèrés de son:ordre; du nombre desquif fut celuide Taraiès, au diocèse dé Tarentaise. Il énfitinommer 4 mier abbé, Pierre, son:ami: intime, qui n'avait:point éncore try ans accomplis: Pendant qu'on-bâtissait ces monastères, il se c! lui-même parmi les ouvriers) et travaillait avec eux. H:mourutà 4 nevaux, en :odeur de sainteté, l'an 1440. Son fils, nommé « Amédée, qu'il avait fait élever dans la piété avec'tant:de soin; pà qüciques''atinées à ’la cour de l’empereur. Il -pritiensuite l'hab setfit en: Clairvaux, sôus'saint Bernard, et mourut évêque dé Lausanne. hesque pas: u Les religieux de Tamiès étaient comme autant d'angés terres nt. 11 rebâti ils étaient contiriuéllément unis:à Dieu:par li ferveur de Jéur oraiu Pierre ; avec lé secours d’Amédée TT, comte de Savoie et de M rienne; qui l’appelait'souvent: dans ses’ conseils, fonda dans le ni nastère un hôpital pour lés étrangers étés pauvres malades, et} faisait un plaisir de les servir lui:même.. : } : 49h } Le siége dé Tarentaise étant devenu! vacant; le saiñt abbé del miès fut élu en 4442 pour en être archevêque. Un'autre Pierre! l'ordre” de Citeaux ét abbé dé la Ferté, avait ‘déjà’ rempli ce sd depuis:4494 jusqu’en 4132, qu’il mourüt én odéar de’sainteté. M depuis, cetté église avait été erivahie ét occupée pendant dix ansi un nommé 'Idrael, qui ruina tout le bien qu'avait fait son prédéc seur, tant pour le temporel qué pour le spirituel. Cet indigne ard vêque ayant été déposé par l'autorité du Pape, l'abbé de Tamiës élu unanimément ‘pour lui succédér. Commeil ne voulait poil consentir, le clergé.de Tarentaise attendit le chapitre général de astère de Saï teaux, où l'abbé Pierre, s'étant trouvé comme les autres, ne putMBuérit tant dei sister à l'autorité de tout l’o, re, et principalement de saint Bern pour lequel il eut toujours un respect singulier, Il fut done mis oi endre. Pour les mains du clergé qui le demandait, et ordonné archevéque Tarentaise, ii gouverna cette église trente-trois ans.
1181 de l'ère
à mense. par igneurs, Soi l'argent. IL p«
ière que, san blement agr Le plus gra alades. San Dicrs mois ave ontagnes. D:
‘on lui dem:
Bmouva que ce | aient deux esc
AT LXIX, — De(
Clugni et y px ils, qui était éb vaux, il dem ces de la mais l'occasion de»
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1pé à nettoyer rière, qu'il né/ ce :spectacle ay ha. de:la mani, ation, et allap offert . à..ses yey nombre desqu :fitinommer 1 int :éncore tre ères, il se! ÿL 'Himourut à 4 s, nommé # nt:de soin; pà ‘ensuite l'habt é Lausanne, 'anigés:terresté r de leur oraix avoie et de onda dans le n ‘malades, et}
saint abbé del ‘autre Pierre) ' renvpli ce si le sainteté. X dant dix ans it: Son prédésé et mdigne ard bé de Tamib > voulait poil e général del utres, ne put le saint Bernil t donc mis & archevêque 4
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. a47
Pierre ne changea guère sa manière de:vivre dans l'épiscopat. Son hbit était pauvre, et, si on lui en donnait un meilleur, il ne le garhit guère sans le donner. Sa nourriture était du pain bis et des lé-
mes de la même marmite que: l'on mettait pour les pauvres; Îl iparait par des prières secrètes le long office du monastère, dont il aflligeait d'être privé, et suppléait le travail des mains par la fatigue es voyages et des fonctions épiscopales, donnant quelquefois: la
Dofrmation depuis le matin jusqu’au soir. 11 préchait assidûment ; jais il laissait à d’autres les serions étudiés pour les auditeurs plus licats, et s’appliquait à instruire les simples, à consoler, à exhorter, reprendre et intimider:les pécheurs, Il trouva-dans son église un ergé-composé de nobles; mais peu réglés, etqui faisaient le service égligemment. Il fit si bien, que, sans grand scandale, il mit à leur lace des chanoïnes réguliers, qu’il instruisait et Souvernait comme enfants, assistant avec eux au:chœur, au cloitre, au chapitre} ur donna un révenu suffisant, et ne laissa pas d’augmentér celui de à mense par : les dîimes et les: autres biens usurpés, qu'il retira des igneurs; soit. par la-crainte des censures ecclésiastiques; soit à prix argent. Il pourvut-les églises de meubles et d'ornements nécessais; etfit en sortë, nonobstant là pauvreté du pays, qu'il ne laissa resque pas, une chapelle ‘dans son diocèse qui.n’eût un calice d’ar- Bent. 11 rebâtitses maisons’et.celles de:son clergé, mais de telle maière que, sans attirer l'admiration, ielles étaient commodes et. pasblement agréables. : à «ptit fuel “ig jpetes Le plus grand: soin du saint prélat était ‘pour les pauvres et les alades. Sa maïson était un'hôpital,:principalement les trois der-
ij
Micrs mois avant la moisson; où les vivres manquent le plus dansces
jontagnes. Dans ses visites, il prévenait les besoins, sans attendte
‘on lui demandât. Deux fois, en passant les Alpes, ilôta sa tunique our en: revêtir de pauvres femmes qui mouraient de froid 's'exosant à périr lui-même, et ne gardant que son cilice et sa coulle. En nseul voyage il}dépensa’en: aumônes deux mille’ pièces d'argent, s miracles sans nombre accompagnaient sa:charité, On accouraît étoutes parts pour lui demander les remèdes du corps:et de l'âme, our obtenir la faveur de le.toucher, de recevoir sa bénédiction.
Un jour que des affaires le firent séjourner.plus d'un mois au moastère de Saint-Eugend , autrément Saint-Claude , dans le Jura, il uérit tant de malades, qu'il aceourut une multitude incroyable, qui
Rnblait avoir juré!sa perte, tant elle s’empressait à le voir et:à l’en-
ndre. Pour empêcher qu’il ne fût étouffé par Ja foule, on ne
rouva que ce moyen, [l monta dans la tour de l’église, où conduiaient deux escaliers ; en haut il s’assit sur un siége, entouré d’une
1418 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX. — De 113
forte balustrade ; les pèlerins, les malades montaient par un des« caliers, recevaient sa bénédiction, l'imposition de ses mains ete conseils, et descendaient par l’autre escalier, sans se gêner les y ime simp les autres. Là, il rendit la vue à tant d’aveugles, l’ouie à tant" Cenénde sourds, la parole à tant de muets, la santé à tant de malades oud 1 d mas firmes de toute espèce, qu'il serait difficile de les dénombrer ou \ “ les écrire. Ce sont les paroles de son biographe, qui ne rapporte LE ceux qui faits que pour les avoir vus, ou du moins appris de témoins oculai 1 À IL était encore au monastère de Saint-Claude, lorsqu'y arrivèra de Lausanne trois hommes, pour le remercier d’avoir rompu lew fers. Ils étaient tous les trois enchainés dans un cachot, lorsque { le monde vint à parler dans la ville des miracles du saint archevim de Tarentaise. Les prisonniers, rentrant en eux-mêmes et se conve tissant, se mirent à invoquer son nom. Un jour donc, en plein mi les gardes jouaient aux dés devant la porte du cachot : les prises niers déploraient leur misère, et invoquent le saint pontife. To coup il apparaît, rompt leurs chaînes, leur donne la main, ouvrill porte et leur commande de sortir. Eux le suivent, passent surk planches où jouaient les gardes, sans en être vus , et ne voient dis raître leur libérateur que quand ils sont en lieu de sûreté: Aussi ils font vœu de ne manger ni boire qu’ils n'aient été le trouver personne, pour raconter les grandes merveilles de Dieu. C’est cc amena ces trois hommes à Saint-Claude. 48 | Comme ce lieu était bien stérile et l'apport des vivrès malaisé, saint homme , touché de compassion pour cette grande. mulituk faisait venir des provisions, de. chez lui et de son diocèse. Or, ila riva qu'un samedi le mauvais temps empêcha les vivres d'arriw Cependant il y avait plusieurs milliers de pèlerins et. de pauve pour toute provision, il ne restait qu’un jambon et une médioa quantité de vesce. Il y avait de quoi remplir une bonne marmite mais qu’était-ce pour tant de monde ? Le saint commanda de fi ce qu'on pouvait et de donner ce qu’on avait, puisqu'il n’y avait moyen de se procurer davantage. Le matin, ayant fait cuire le tolé on fit entrer dans la cour le nombre de pauvres à qui l’on pen que cela pouvait suflire. Ceux-là repus, comme il restait encorik quoi manger, en en fit.entrer d’autres, et ainsi successivement ju qu’à la fin de la journée, où la nourriture manqua avec les pauvre Cependant, affligé et épouvanté de la vénération que lui attirait multitude de ses miracles, le saint pontife se retira de sa ville é scopale, secrètement et de nuit, avec un seul compagnon, par à chemins difficiles et des lieux inaccessibles ; et, après avoir chant; ou qu'il e: plusieurs fois de guides pour mieux dérouter les recherches, il ai
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s religieux 6 ute la comn lui avoir p rmes et lou:
ut de dire le ocèse. À son bles : il réco
tant qu'il per s schismatiqu était ruiner ss fait, qui les :
ème, il leur 1 ulez-vous qu sançon, était, Mempereur éta
buver , et l'ex!
iculièremen des lieux vois
Av, LXIX, Dei, |
nt par un dese ses mains el w se gêner les y
l'ouïe à tant( malades ou dy lénombrer ouÿ i ne rapporte k moins oculaire rsqu’y arrivèr oi rompu le hot, lorsque t saint archevty nes et se conva c; en plein mi ot : les prise ; pontife. Tout a main, ouvre
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
bul dans un monastère de Citeaux en Allemagne, où il était inconnu 3 Dentendait point la langue et n’était point entendu. Il y fut reçu omme simple moine, et y goûta quelque temps le repos qu'il désiit. Cepéndant ses domestiques et son peuple, ne sachant ce qu’il sit devenu, étaient dans une extrême affliction ; on le cherchait de bus côtés, sans en découvrir aucune tracé. Entin, dans le nombre à œux qui le cherchaient de toutes parts, un jeune homme qu’il ait élevé dès son enfance, arrive au monastère où il s'était caché. u moment que les frères vont au travail, illes examine l’un après autre, le reconnaît, l’arrête aussitôt et pousse un grand cri. Tous s religieux de s'étonner. Mais quand ils eurent appris son nom, ute la communauté se jette à ses pieds ét lui demande pardon de lui avoir point rendu le respect qui lui était dû. Tous fondaient en rmes et loüaient son obéissance et son humilité; mais lui pleurait us que tous les autres, dé ce qu’il ne lui était plus donné de jouir ès douceurs de la retraite. La nouvelle de cette merveille se répandans tout le‘ pays; partout on publiait qu’on avait découvert le passent sur ophète , puissant en œuvre et en parole. Le concours du peuple ne voient dis plus considérable et plus empressé que jamais. Impossible sursûreté. AuxiSS ; je dire les transports de joie avec lesquels on le revit dans son ocèse. À son retour, il éteignit des inimitiés invétérées et implables ; il réconcilia des seigneurs et termina des guerres: qui ruiient le pays. Il fit encore des miracles sans nombre. k Le schisme ayant éclaté, comme il était dans les terres de l’ertipire, fut presque le seul archevêque qui résistât ouvertement aux schistiques et demeurât paisible dans son église. Îlen ramena même à grand nombre à l'unité catholique, allant dans les provinces voies et préchant avec une grande liberté. L’empereur le respectait tant qu'il persécutait cruellement les autres catholiques. Et comme s schismmatiques lui en faisaient des reproches et lui disaient que tait ruiner sa propre cause que d’honorer un homme qui la comlait, qui les signalait comme des hérétiques et les frappait d’anaème, il leur répondit : Si je résiste aux hommes qui le méritent, ulez-vous que je m’oppose aussi à Dieu? Herbert, archevêque de sançon, était, en ces quartiers-là, le plus ardent des schismatiques. Aempereur étant venu dans cette ville, l'archevêque Pierre l'y vint buver, et l'exhorta à cesser la persécution contre les catholiques, … riculièrement contre les religieux. Et comme le peuple de la ville je sa ville 6 des lieux voisins venait en foule honorer le saint prélat, il leur gnon; par dk donna de prier en commun que Dieu convertit l'archevêque Herès avoir chair, ou qu'il en délivrât l'Église, Is ptièrent, et Herbert mourut rches, il ar BButre ou cinq jours après.
té le trouver ieu. C'est ce
ivres malaisé, ande. multit 1 ocèse. Or, il 4 vivres d’arrie “et: de pauvr; t-une média Jonne marmite amanda de fi il n’y avait it cuire le toi qui l’on pensi estait encordk essivement ju vec les pauvre ue lui attiraitk
Fi OUR
150 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv..LXIX: —:De jy
Le pape Alexandre étant informé du zèle avec lequel le saint chevêque dé Tarentaise s'était déclaré contre les schismatiques, fit venir auprès de lui. Pierre, se rendant auprès du Pape; consok les catholiques dans la Toscane et le reste de l'Italie, comme il an fait en Bourgogne et en Lorraine, et confondait partout les schi matiques, prêchant publiquement contre eux dans les villes méng üont les évêques étaient du: schisme; car il était écouté: du pe avéc une dévôtion merveilleuse, et soutenait ses discours. par miracles. Le Pape lui rendit plus d'honneur: qu'à aucun autre, « n’y êut point alors d’évêque si admiré; sirespecté, si chéri dé l'Ég romaine : pérsonne, en cette cour, n’attendait de lui des libéralit4 elles n'étaient que pour les pauvres: I yieut toutefois un seige qui l'attaqua au retotr, voulant profiter d’environ-cinq chévaux q avait, et de son petit équipage ; mais, comme il courait après, « cheval'tomba et:se rompit la: jambe. Cet accident-lé fit rentrere lui-même ; il suivit le saint prélat, se jeta à ses pieds et lui dem pardon;’attribuant à sa bonté de ce qu’il n’était pas péri lui-m4 au lieu de son cheval 1. 4 ri Tout l’ordre de Citeaux, dont était saint Pierre de Farentaise, si tait déclaré comme lui pour le pape Alexandre. Cet ordre avait al plusieurs évêques, plus de sept cents abbés et une multitude inn brable de moines. Leur autorité fut très-utile aw Pape. De q l'empereur irrité publia une ordonnance que'tous lés cisterciens 4 étaient dans son royäumé en sortissent, ou réconnussent l'antipn Victor. Ce qui obligea un grand nombre d’abbés, avec leurs comm nautés entières, de se réfugier en France ?.
‘L'autorité des chartreux fut aussi d'un très-grand poids contre schismatiques. Cet ordre fut le premier qui reconnut le pape Aleu$
dre, et il se décida principalement par les soins de deux de ses ral
gieux; l’un se nommait Geoffroi, l'autre était saint Anthelme.l travaillèrent si utilement, que les prieurs et les autres moines leur institut, après avoir longtemps hésité, proimirent chéissance pape Alexandre, et ils affermirent dans le bon parti plusieurs pr lats. L'empereur, l’ayant su, prit saint Anthelme en aversion et lei excomimunier par l'antipape.
Anthelme était de la première noblesse de Savoie, né vers l'an {il Ses parents le firent étudier dès.sa jeunesse, et lui procurèrent de bénéfices considérables à Genève et un à Belley : c’étaient les p cipales dignités de ces deux églises. Elles lui donnaient une gran
1 Vita S. Petri Tarent. Acta SS., mañ, — ® Melmold, Chron, Sclac. Lee ce. 91.
1184 de l'ère posidération enant. plais nd e toutes était aussi 1 issipée et nes$e, ils bartreux, ph ant allé ave ortes, dort L i avait déjà nt Antheln ) firent de nm se recomima en bas dec s frères con Donme d'une aison d’en À juché de leur re reçu parn jour pour s aujourd’ mis pour tout puce avec un IL était enco.
ile nombre ière, à la mé ant tous les jc ant fait proc Dour la condui temporel. E voir exercé Ce me telle réput ccesseur fut | près avoir gc lire à sa plac ant, des avale trainant de 1 eux sous les :
pur la plus gre
Moines qui res Bu bienheureu:
ablir, suivant
“XX: — De 1yssst de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 151
quel le saint Mbnsidération et d'amples revenus, dont ;il usait magnifiquement, chismatiques, ftenant plaisir à bien recevoir ceux qui allaient:le :voir, et à leur 1 Pape;'consoBndre toutes sortes de services; ce qui-lui acquit:beaucoup d'amis. > Comme lan était aussi trèslibéral envers les pauvres, et sa vie était pure, mais
artout les si ssipée et vceupée de :soins temporels. Ayant passé. la. première les villes ménunesse, il:s'adonna à: visiter les religieux, particulièrement les 2outé: du pehartreux, plus par curiosité qu'à dessein:de se convertir.-:Un jour, liscours. par dant allé avec quelques jeunes gens de son âge à la, chartreuse des ucun autre, 4 )Bortes, dont le vénérable Bernard était alors prieur, ce saint homme, | chéri dé l'Égl ji avait déjà fait un grand nombre de conversions, exhorta forteli des libéralthent Anthelme :à penser à soni salut, et quelques: autres chartreux fois un: seigrelh firent de même! Anthelme ne se: rendit pas pour lors; seulement nq Chévaux qi se recommanda à leurs prières et se:retira. Étant venu à la maison urait après, Ben bas de-cette:chartreuse, il fut retenu pour y: passer Ja nuit par lé fit rentrer ds frères convers:et le procureur. Boson;: qui était son, parent et
set lui dema 1 péri lui-mk
Donne d'une industrie: merveilleuse. Le lendemain, il remonta à la aison d’en haut, visita les logements des moines, et fut tellement puché de leur manière de vie et.de leurs discours, qu'il demanda à re reçu parmi-eux. Ils l’exhortèrent à régler,ses affaires et: à prenjour pour revenir; mais:il leur dit : J'ai résolu de demeurer ici ès aujourd'hui; je laisse de quoi payer mes dettes, et j'ai de bons is pour tout exécuter, Il prit donc l’habit, et embrassa leur obserauce avec une grande ferveur, be ILétait encore novice quand il fut envoyé à. la grande chartreuse, le nombre: des moines était, très-petit. Là, il s’appliquait à la ière, à la méditation, au treyail des-mains, à la mortification, preant tous les jours la discipline, et il avait un grand don de larmes. Dan fait procureur, il s’acquitta très-dignement de cet emploi, soit Mour la conduite des frères convers, soit pour les aumônes ét le.soin temporel. Ensuite où le. fit prieur. Le vénérable Guigues, après voir exercé cette charge vingt-sept ans, mourut en 1136, laissant ne telle réputation, qu'on l’appelait simplement le bon prieur. Son ccesseur fut Hugues, sixième prieur de la grande chartreuse, qui, près avoir gouverné deux ans, se démit de sa supériorité, et fit lire à sa place saint Anthelme, en 4138. Quelques années auparaant, des avalanches de neige tombant du haut des montagnes, et itraïnant de la terre et des pierres, avaient accablé plusieurs chareux sous les ruines de leurs cellules. Cet accident emporta en un pur la plus grande partie de cette sainte communauté, et le peu de oines qui restèrent se relâchèrent de l’observance après la mort Bu bienheureux Guigues. Saint Anthelme s'appliqua donc à la ré- Rblir, suivant les constitutions écrites par ce saint prieur. Il em-
>'Farentaise, sé ordre avait al tultitude innor
Pape. De is cisterciens ( issent l'antipy ec leurs comm
poids contre le pape Aleui deux de ses rdi nt Anthelme.| utres moinesi nt Ghéissanc ti plusieurs p aversion et lei
é vers l'an Hi!
rocurèrent def étaient les pri ient une gran
'hron. Sclac. LE
152 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX, — De 14
ploya la douceur et la sévérité, et chassa quelques indociles qu k résistaient : en même temps il réparait les bâtiments, et remit}
Chartreuse dans un état florissant. Un de ses deux frères l'avait pu cédé dans cette communauté sainte, le second l'y suivit ainsi
leur père. Saint Anthelme reçut encore au nombre des frères cg. vers un des plus grands seigneurs de son temps, le comte Guillaun de Nevers, le même que les évêques et les seigneurs de Fra avaient désigné, par la bouche de saint Bernard, pour gouverner}
royaume avec l'abbé Suger, pendant le voyage du roi Louis le Jeux en Orient.
Après avoir gouverné douze ans la grande chartreuse, saint An
thelme fit mettre à sa place Basile, qui en fut le huitième prieur, M
rentra dans le silence de sa cellule. Mais, quelque temps après, Ba nard, prieur des Portes, le demanda pour son successeur, ne y croyant plus en état de gouverner cette maison à cause de son gran âge. Anthelme devint donc prieur des Portes. Y ayant trouvé be coup d'argent et de blé, il en fit de grandes distributions aux Jaboy reurs du voisinage, pour leur donner de quoi semer dans une anné de disette, et ne laissa pas ensuite d'augmenter les revenus du nv!
nactère en défrichant des bois. En ve temps-là, c'est-à-dire nl
l'an 1158 , Gui, comte de Forès, ayant surpris la ville de Lyon, l pilla, et fit sentir son indignation principalement au clergé, préter dant que l’église avait usurpé sur sa famille la Seigneurie de la vile au moins pour la plus grande partie. En cette occasion, l’archevtqu Héraclius et les principaux de son clergé se réfugièrent:à la ch treuse des Portes, où le priear-Anthelme les reçut à bras ouvertsd les défraya libéralement tant que dura cette tempête. Mais à peine avait-il gouverné deux ans cette maison, qu'il se retira encore etn tourna à sa cellule de la grande chartreuse.
Tel était saint Anthelme, quand il eut l’occasion et la gloire de combattre courageusement pour l'unité catholique, contre l’antipae Octavien, qui, aveuglé par une ambition diabolique, envahit le siég du prince des apôtres, et, ce qui‘est plus exécrable encore, lim l'Église à la puissance impériale, Ces réflexions sont du biographe contemporain de saint Anthelme.
L'an 1163, l’évêcné de Belley en Bourgogne étant venu à vaquer, le parti le plus puissant du - hapitre élut un jeune homme noble etk mit en possession de la maison épiscopale ; mais l’autre parti élutw moine, et l’envoya au pape ‘Alexandre, qui était alors en France. pour faire confirmer l'élection. Le Pape différa de donner répons
aux députés, ne doutant point que l’autre parti n'envoyât aussi les siens ; ce qui ne manqua pas. Cepe
Pas. Cependant queiques chanoines plu à
1181 de l’ère
1 odérés, qu proposèrent ( oie, même c aint Antheln rer de sa :
Alexandre, qi tleur dit qu entir, quoiqt unis, il écri Piége apostol
‘était venu qu ontraindre à f:
lise qui le den jence, un misé
nous avez fait x
LXIX, — De 1181 de l'ère chr.] DE L/ÉGLISE CATHOLIQUE. 1453
indociles qu iMinodérés, quoiqu'en petit nombre, voulant réunir les deux partis, nts, et remit iBiroposèrent d'élire le chartreux Anthelme. Tous s'y accordèrent avec ères l'avait péfioie, même celui qui avait été élu le premier; car il était parent de suivit ainsi qMiaint Anthelme. Mais ils savaient tous qu'il serait très-difficile de le des frères cire de sa solitude; ils allèrent promptement trouver le pape omte GuillaumBlexandre, qui, plein de joie, les félicita d’avoir pris un si bon parti, eurs de FrapMit leur dit qu'ils seraient heureux sous un'tel pasteur. Il y fit conur gouverner entir, quoique avec peine, les premiers députés ; et, las ayant-tous i Louis le Jepéunis, il écrivit à saint Anthelme , lui ordonnant, par l'autorité du Piége apostolique, de se charger -de l'église de Belley, et manda au euse, saint Anibrieur et aux religieux de la grande chartreuse de le donner à ceux ième prieur, du le demandaient ; et, s'il refusait d'accepter, de l'y contraindre nps après, Babar autorité.
ccesseur, ne #M Mais saint Anthelme ayant appris ce qui $e passait, et l'arrivée se de son graMie ceux qui devaient l'emmener, résolut de s'enfuir, et sé cacha. Les nt trouvé bewyMBhartreux le cherchèrent si bien, qu'ils le trouvèrent ; et, l'ayant ons aux laboMBmené avec bien de la peine à la communauté assemblée, ils lui lans une ang xposèrent l’ordre du Pape et lui montrèrent ses lettres. Le prieur venus du mot ajouta son commandement, les religieux leurs exhortations, les est-à-dire vaBiéputés leurs prières au nom de toute l'église de Belley. Mais Anle: de Lyon,ifelme demeura ferme à refuser, protestant qu’il ne sortirait jamais clergé, préte We son désert. Enfin, par un pieux artifice, on lui proposa le choix, rie de la vil Bu d'obéir au Pape-et d'accepter, où d’aller trouver le Pape même, 1, l'archevéququi, lui disait-on, connaissant votre. résolution définitive, ne vous nt'à la chaMira point de violence. Flatté de cette espérance, il se mit en chemin bras ouverts dhais les députés se gardèrent bien de-le quitter. + Mais à pen Quand il fut arrivé auprès du pape Alexandre, il fut reçu avec a encore et honneur de lui et de toute sa cour ; car 6n |'y connaissait pour un omme de grand mérite. Ayant eu audience du Pape, il dit qu'il et la gloire dé'était venu que pour lui demander grâce et le supplier de ne pas le atre l'antipapbontraindre à fire ce qui n’était avantageux ni à lui-même, ni à l’éavahit le siégMelise qui le demandait ; qu'il était ux ignorant, un homme sans expéencore, limMbence, un misérable ; enfin, qu'il avait fait vœu de ne point sortir de du biograph/Mton désert. Ces paroles étaient accompagnées de beaucoup de larnes. Le Pape lui répondit : Ne veuillez pas, mon fils, prétendre enu à vaquer MRous imposer par de mauvaises excuses ; nous connaissons votre cane noble etkMpacité. Pourquoi vous découragez-vous ? IL faut obéir. Ce que j'ai parti élutwWtrit, je l'ai écrit. Faites attention à cette parole de l'Écriture : C’est s en France Bfomme immoler aux idoles, que de n’obéir pas ; et c'est commeun nner répons péché de divination, que de ne vouloir pas se soumettre. Considérez oyât aussi le M usqu'où s'étend la vertu d’obéissance dont vous avez fait profession. ianoines plus ge? àvez fait vœu de vous renoncer vous-même et de suivre Jésus-
154 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX, — De 114
Christ; vous devez done faire, non pas votre volonté, mais la sienne Par ces paroles et d’autres, le Pape tâcha de l’encourager et dek persuader. Anthelme demeura confus, gardant le silence, sans 697 rien dire, Enfin; le jour de Ja Nativité de la sainte Vierge, le pay Alexandre le:sacra solennellement de sa main. Il le retint quelque jours auprès de lui; et, comme les prélats de la cour de Rome sa tuetenaient familièrement de diverses choses avec saint Anthelme leur citait souvent l'Écriture sainte fort à propos ; ce qui leur faisaÿ dire entre eux : Certes, ce n’est pas là un ignorant.et un homm sans lsttres comme il. voulait le faire aceroire; mais un: homm prudent: et, docte. Lui, désirant se retirer le plus tôt possible, Pape le congédia gracieusement avec. sa bénédiction et : quelqu petits présents 1,
- Ainsi, dans l'empire d'Allemagne, où le schisme. s’appuyait d toute la puissance impériale, Dieu suscite, pour combattre le schisy et: diriger les hommes de bonne volonté dans la voie:du salut ett ‘unité catholique, trois saints pontifes qui, par leurs seules ‘vertu, sont plus puissants que l'empereur et que l'empire. Ailleurs, l'Églig voyait d’autres hommes de zèle défendre sa cause.
‘Henri, cardinal-prêtre, qui avait été moine à Clairvaux ; Odo cârdinal-diaere, et Philippe;-abbé. de l'Aumône, monastère de l'w. dre de Citeaux, au diocèse de Chartres, écrivirent une lettre gén. rale à tous les prélats et à:tous les fidèles, pour servir de préserwi Contre la lettre synodale du conciliabule de Pavie. Ils insistent prie cipalement sur! l'incompétence des juges, et disent+. Si-l'Égiy romaine doit être jugée su» quelque article, elle -devait l'être Rome, par les évêques de la province et un-concile général de tout l'Église. On aurait pu connaître à Rome avec plus de facilité et& liberté ce qui s'était passé à l'élection d'Alexandre. Ils soutienne ensuite que l'élection du Pape est réservée aux trois ordres de dinaux, évêques, prêtres et diacres, et ajoutent : Si on admet à cet élection le chapitre de Saint-Pierre, pourquoi n’y admettra-t-on pa les chanoines de Latran, qui est la première église de Rome; k clergé de Saint-Marie-Majeure, les abbés de Saint-Paul et de Saint Laurent, qui sont toutes des églises patriarcales ? Ils ajoutent da reproches particuliers contre le doyen de Saint-Pierre, ancien schimatique attaché à Pierre de Léon. Ils réfutent ce qu’avançaient la schismatiques, qu'Alexandre avait reconnu dans sa bulle qu'Octavia avait été élu par deux cardinaux; au lieu qu’elle portait seulemai qu'il avait été nommé, ce qui ne faisait pas une élection.
1 Voir la Vie de saint Anthelme. Acta SS., 98 junis
1181 de l'ère
Ils relèven jeurs violen one ne s'ét lisent : Nous ape, Mais q
jet, nous n
périls de n pa ,pour su quer la vérité Dieu le suit, e trois pers ortantes,
Une lettre « in révèle d’au ris sa proma oire, et fit à ins auprès « meurs du pa; léric, marcha nencement de cherché les :
ü lieu d’en él evenaient du la‘ honte et & aité nous-mé oin de vous 1 iolemment le oyens de foi antle bruit g faire pape, ou
domestique de
Ce qu’il ne et Octavien feste, qui seul tout le monde emparé du ma présomption, | ous les moyer l'empereur et | ce qu'il a fait,
F- ? Bibiiotheca (
LXIX, — De iiy 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 155
Mais la sienn D 11s relèvent le mérite d'Alexandre et accusent Octavien de plu 'urager et del Eieurs violences. Et, sur ce qu'on prenait avantage de ce que perence, sans 6e Moyne ne s'était présenté pour Alexandre à l'assemblée de Pawvie, ils Vierge, le pau isent : Nous étions envoyés en ces quartiers-là pour les affaires du retint quelque pape, Mais quand nous avons voulu aller vers l'empereur pour ce de Rome so jet, nous n'avons trouvé aueune sûreté ::ce n'étaient que menaces nt Anthelme j périls de mort. Nous étions prêts à paraître devant l'empereur, qui leur fai on pour subir un jugement au nom de l'Église, mais pour explit'et un hommy quer la vérité de ce qui s'était passé; mais nous n'avons jamais pu, is un: homm heu le sait, en obtenir la permission 1; Cette protestation solennelle tôt possible, BR, trois personnages éminents nous révèle des particularités imon et: quelqu bortantes, : ; Ÿ
Une lettre du‘ pape Aletandre à l’évêque Arnoul de Lisieux nous s’appuyait 4e révèle d’autres. Cet évêque avait écrit au Pape, dès qu'il eut ap-
attre le schisu ris sa promotion. Le Pape:la fit lire aux cardinaux'en plein consisdu salut et vire, et fit à l’évêque uné réponse où:il l'exhorte à ‘continuer ses > seules vertu ins auprès du roi d'Angleterre et auprès des évêques et des seiilleurs, l'Égliy
peurs du pays. Vous savez, ‘ajoute-t-il, comment l'empereur Fréléric, marchant sur les traces perversés de ses ancêtres, dès le commencement de son règne et du vivant de notre prédécesseur Adrien, cherché les moyens d’apprimer l'Église romaine comme un tyran, ne lettre géné ES: lieu d'en être le défenseur. Des archevêques et des évêques qui * de préservi venaient du Siége apostolique, il les a fait arrêter'et emprisonner, insistent pr D la honte et au détriment de l'Église! De quelle manière iknôüs a ta, Si l'ÉglyMBraité nous-même pendant la-légation de Besançon, il n’est pas bedevait l'être Bon de vous le rappeler. Du vivant üe-notre prédécesseur; il envahit néral de tou iolemment le patrimoine. de Saint-Pierre, et s’efforca pär tous les le facilité et à oyens de fouler ‘aux pieds l'Église: romaine : à tel point que, sui- [ls soutiennen Bkant le bruit général, il voulait, du vivant de notredit prédécesseur, ordres de car fire pape, ou plutôt apostat, Octavien, qui toujours a été l'ennemi admet à cet iomestique de l'Église. | C letira-t-on al Ce qu'il ne put faire du vivant d’Adrien, il l’a fait après sa mort. de Rome; let Octavien schismatique, simoniaque et envahisseur très-manial et de Saint este, qui seulement avec trois complices de sa méchanceté, comme ajoutent d8 out le monde sait, après notre élection canonique et unanime, s’est ancien schi- emparé du manteau pontifical, et ainsi s’est intrus par une damnable avançaient ls Etrésomption, l'empereur l’a soutenu dans une si grande iniquité par le qu'Octavit tous les moyens; c’est par la seule faveur, puissance et autorité de ait seulemal l'empereur et de ses ambassadeurs à Rome, que l’autre a fait tout on. c qu'il a fait, nous en avons l'entière certitude. De là, pour le con-
irvaux ; Odo, astère de l'y.
m ‘Piblioiheca Cisterc., t, 3, p. 241.
156 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — Dei firmer, ou plutôt pour se donner l'air d’avoir toute autorité dans,
glise de Dieu, il a convoqué les archevêques, les évêques et les autry
prélats à Pavie, contre les ordonnances des canons, suivant son by
plaisir. Mais l’autre, comme un homme qui ne se confiait ni en Dim
ni en la justice, déposa pendant plusieurs jours, nous l’avons app:
Pour certain, les insignes du pontificat en présence de l’empereyr Comme, reconnaissant son injustice, lorsqu'il nous tenait enfermk à Rome, il avait déjà voulu le faire en notre présence et en cellg nos frères, à condition que nous lui rendrions ces insignes par apri Et comme nous nous y refusâmes, il s’obstina dans sa damnal usurpation. :
Au reste, le même empereur, pour se donner l'air de subjugw et de soumettre à sa puissance l'Église de Dieu, et de la réduire} la dernière servitude, rendit audit apostat les insignes pontificaur et, chose à jamais inouïe, lui donna, dit-on, l'investiture de la pe
Pauté par l'anneau. Et comme les évêques les plus sages se rail
raient secrètement de ce conciliabule, il en contraignit quelques-uns Par une oppression tyrannique, à rendre respect à son antipau: car voilà comme il ‘cherche, tant par le glaive spirituel que park 8laive matériel, à se soumettre les rois et les princes des divers pays si, ce qu’à Dieu ne plaise, il vient à l'emporter dans l'entreprise tuelle. Enfin, suivant votre conseil, nous écrivons à l'archevêque à Rouen et aux autres évêques de Normandie. Sachez, au reste, que de l'avis commun de nos frères, nous avons solennellement excon. munié, le jeudi saint, et ledit empereur Frédéric, et le-schismatiqu Octavien, avec leurs. principaux fauteurs 1,
Cette lettre est datée d’Anagni, le 4er avril 1160. On y voit quek pape Alexandre et les cardinaux fidèles pénétraient bien les projt ambitieux de Frédéric, qui étaient de subjuguer d’abord l'Église pat la ruse.et par la force, afin de subjuguer ensuite plus facilement pit elie tous les rois et tous les peuples chrétiens. Nous n'avons trou jusqu'à présent aucune histoire qui ait saisi ce point capital de h lutte entre les empereurs allemands et les Pontifes romains. Fleury a soin de supprimer ou d’altérer tout ce qui pourrait le faire re. connaîire.
En conséquence des ordres du pape Alexandre, l’évêque Arnoul de Lisieux écrivit aux évêques d'Angleterre une lettre où il marque k différence des deux personnes et des deux élections. La :cience et h vertu exemplaires d'Alexandre étaient attestées par les adversaire
1 Alexand., epist, 2. Labbe, t, 10, p. 1397. Mansi, t. 21, p. 1124,
1181 de l’êre
M faveur des D'un évêque, Mur l'unanim
faires sous l’ que par une ent, l’usurp jar les terreur intention, l'a:
Klablir l’ancie
eux glaives, c
D'ailleurs, a elon la vérité
tpuis, avec privée, décide omme à des i
Bet, S'il n'y a p:
eux-mêmes. Octavien n'avait pour lui que la noblesse de sa race d M
i la résoudre.
Mais béni so
ation, qui a fa
r. LXIX, — Del 1181 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 157
utorité dans'{ ha faveur des grands, Son élection était l'œuvre de trois cardinaux, ques et les auf un évêque, les deux autres prêtres. Ces trois devaient-ils l'emporter suivant son bygur l'unanimité des autres cardinaux, sur l’universalité de l'Église ? ifiait ni en Diy Mila paix de l'Église était parfaite, si l'intrus n'avait imploré l’assisis l'avons appa Miance préparée de l’empereur, qui saisit -avec joie l’occasion d’exéde l’emperewMuter le projet de ses ancêtres, Vous savez que depuis longtemps ses tenait enfermaiprédecesseurs aspirent à subjuguer l'Eglise romaine, suscitent ou ce et en cellegMfomentent sans cesse des schismatiques contre elle, afin de s’en ignes par apru Mrendre les maîtres au lieu d’en être les auxiliaires. Heureusement, is sa damna quiconque l'a entrepris est devenu sa propre ruine et un exemple qui 2 aMoutond l'orgueil des téméraires et assure la dignité et le respect de ir de subjugw d'église de Dieu; mais celui-ei a été séduit par la flatteuse humide la réduireBation du schismatique désespéré, qui remit sa personne et sa cause es pontifican Re son arbitrage, ne voulant être rien que de sa seule volonté. C’est ture de la peMipour cela qu'il résigna, dit-on, les insignes de l'apostolat à ses pieds, sages se re Mpour en recevoir l'investiture de sa main par l'anneau, sfin que, par t quelques-un Mn arrangement nouveau de la vieille querelle, l'empire triomphât son antipaw-Mgu sacerdoce, le temporel du spirituel, le siècle de l'Église, Attentat uel que parkxécrable, car c'était renverser l'ordre divin et détruire la liberté rales divers pay Bhetée par le sang du Christ. Ledit prince, faisant donc ses propres l'entreprisewMBfhires sous l'ombre de la piété, Convoqua une assemblée ecclésias- ‘archevêque que par une puissance séculière, afin d'aflermir, par son assentiau reste, qu ent, l'usurpation-du Schismatique, et d’amener à son obéissance, lement excon War les terreurs de la tyrannie, tous ceux qu’il pourrait ; et-celà avec e-schismatiqu intention,-l’autorité des deux.glaives étant réunie et confondue, de Bitablir l’ancienne majesté de l'empire,.et,.-par. la coopération des n y voit quekReeux glaives, de soumettre tous les royaumes à sa propre domination. ien les projt fé D'ailleurs, ajoute l’évêque de Lisieux, tout se füt-il passé à Pavie rd l'Église puMelon la vérité, au lieu des mensonges qui remplissent sa prétendue facilement pete synodale, de sa décision ne sortirait encore de droit aucun effet. r'avons trour Me n'est pas un arbitrage, auquel nous astreint le compromis voloncapital de haie des parties ; ce n’est non plus une sentence judiciaire, ne promains. Fleury @édant ni d’une juridiction ordinaire ni d’une juridiction déléguée. it le faire re. ME! puis, avec quelle arrogance n'ont-ils pas osé, par leur autorité privée, décider la cause commune, et nous imposer un magistrat que Arnoul de Monme à des inférieurs, nous que la bonté divine a fait leurs égaux, Ci marque h Mt même élevés en dignité ? Mais on ne peut pas même appeler cause a :cience et h Me affaire où, tout le monde étant d'accord, il n’y a pas de litige ; s adversaire ME! S'il n'y a pas contradiction, on ne peut ni former une question, de sa race el Mi la résoudre.
plais béni soit le Père des miséricordes et le Dieu de toute consoation, qui a fait à l’église gallicane sa miséricorde ordinaire, de re-
ee re ES