FER
DRE tqs sert mines
158 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De ity
connaitre toujours la vérité et de ne point s’écarter du chemin de) justice ; car, comme la puissance manifeste du Très-Haut a renveyhée au juger tous ceux que l’envie enragée de la fureur teutonique a élevés pp i opprimer l’Église romaine, de même elle a toujours donné, à «y que la dévotion gallicane a reçus, la victoire et le triomphe. même l'être : Les autres pays ont produit bien des monstres : la Gaule syé'absenter. ( n’en a pas eu, mais toujours elle a resplendi: par la sincérité delmaine. Qui : foi, la vérité, de la doctrine, l'éclat des vertus et la multitude y bonnes œuvres. Aussi, à présent même, ayant examiné à fondk personnes et les élections, sont-ils convenus de reconnaître le très saint père Alexandre, du consentement de leur roi vraiment cathbouvent ; ma lique, et reçoivent-ils partout avec honneur ses lettres et ses non lue. Je conn Mais parce que, Dieu aidant, l’union vient d’être rétablie entre lenMEugène, lors de France. et le nôtre, on a résolu de différer un peu à publier l'éléement de so: de la réception d'Alexandre, jusqu’à ce que. notre roi puisse cyiion, découvr sulter l'église de son royaume, et confirmer par votre consentemalile rétablir l’e ce qu'il a dans l'esprit; car il ne convenait ni à sa prudence ni 4MMout cela facil respect qui vous est dû, de rien faire sans: vous consulter en: #Sommuniant affaire de cette importance. ILs’est toutefois, dès.le commencemee pas trouvé assez déclaré sur ce sujet ; il a toujours reçu lesnonces’et les letuité : trouva du pape Alexandre avec respect et bonnes grâces, et a ‘souvent bi du Seigne claré en public qu’il n’en recevrait point d’autres. Au contraire, quaire le peuple Ja lettre d’Octavien lui fut présentée, il nevouiut pas la touche ll Tous les ju Sa Main, la regardant comme quelquechose d'immonde ; il lu kéd lésiastiques sur un morceau de bois qu'il ramassa ‘dns la poussière;- et la Jar et artific: derrière son-des-le:-plus.haut qu'il püt, :én présence du nonce ‘éprmée, menac qui fit rire tous les assistants 1. 900 voir prouvé « Ainsi parlait Arnoul, évêque de Lisieux, alors sujet du roi d'Afponique ; mai: gleterre, comme duc de Normandie. L'éloge qu’il fait de l'église ABB! deux chano France en est d'autant plus remarquable. Puisse-t-elle le mériilergé de Roi toujours ! t autres citoye Quand on eut appris en Angleterre ce qui s'était passé à Parle serment des Jean de Salisburi, que.nous avons déjà appris à conraître, en éniains, Qui est vit ainsi à un docteur anglais de ses amis, nommé Raoul de Senout le monde qui, étant à Reims, lui avait écrit au sujet du schisme. Nous œilMiilans l'élection gnons extrêmement, dit-il, que l’empereur teutonique ne surpremMome ne croir notre prince par ses artifices. ; mais il me semble que le conventialBteux qu'ils y a de Pavie, loin de toucher une personne raisonnable, affermit l'ékbent-ils suivi R tion d'Alexandre par le témoignage de ses adversaires. Car, pourmbitre de Saint- ‘est pas perm * Arnulph. Lexov., epist, 20, Bibl, PP., t, 29; item apud Labbe, Mans ES APproché de Baron. Dre? On les a
1181 de l’èrc
Darticulière ?
, LXIX. — De 11 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 459
du chemin deboint parler de la témérité d’avoir osé juger l’Église romaine, réser- -Haut a renveyMée au jugement de Dieu seul, ni des autres nullités de la procédure, 1e a élevés pouout ce qui s’est fait à Pavie est contre l'équité, les lois et les canons. s donné Dn a condamné des absents, sans avoir examiné la cause, qui devait iomphe. Mnéme l'être ailleurs et par d'autres. Mais, dira-t-on, ils ont affecté de : la Gaule sÿé'absenter. C’est ignorer ou dissimuler le privilége de l'Église r0la sincérité deMinaine. Qui a soumis l’Église universelle au jugement d’une église : à multitude tbarticulière ? qui a établi les Allemands juges des autres nations ? iminé à fond ui a autorisé deshommes brutaux et emportés, pour donner à leur onnaître le tk fantaisie un chef àttous les hommes? Leur fureur l’a tenté déjà bien vraiment cat ouvent ; mais; par la grâce de Dieu, chaque fois elle a’ été confon: es et ses nonw ne. Je connais le dessein du Teuton. J ‘étais à Rome sous le pape ablie entre lenBugène, lorsqu'à la première ambassade qu'il envoya au commen- 1 à publier l'lBbement de son règne, une langue indiscrète, une intolérable présomproi puisse clin, découvrit l’impudence de son audacieux projet. Il promettait re consentemaläl rétablir l'empire de l'univers, de soumettre l'univers à: Rome; et prudence ni Bout cela facilement, pourvu que le Pontife romain ?ui aidât > en exonsulter en‘wommuniant tous ceux à qui l’empereur déclarerait Ja guerre, Il n’en 0Mmencema ER pas trouvé jusqu’à présent qui -voulût consentir à une tellé inices’et les lité : trouvant, au contraire, de l’opposition dans Moïse et dans la t a ‘souvent di du Seigneur, il appelle à son aide un pontife de Baal pour mauontraire, q ire le peuple du Seigneur. as la toucher die Tous les jugements doivent être libres, onde ; il la raeclésiastiques : au lieu qu’en celui-ci, ce n'a été quo violence d'une Sière;”et la dirt et artifice de l’autre. Les-juges, assemblés en présence d’une e du nonce:(hirmée, menacés, intimidés, ont précipité. leur sentence: On prétend 00 voir prouvé que l'élection de Victor a été la première et la plus cajet du. roi d'Aibonique ; mais comment l’a:t-on prouvé ? Le doyen de Saint-Pierre it de l'église 4h deux chanoines au nom de tout le chapitre, et les recteurs du t-elle le mériBiergé de Rome l'ont affirmé avec serment ; le préfet de Rome et Blautres citoyens ont offert de jurer de même, mais on n’a reçu que
passé à Paie serment des ecclésiastiques. parce que l'affaire a passé par leurs naître, en éviains, Qui est assez aveugle Pour ne pas voir un artifice si grossier ? Raoul de SemMout le monde sait de quelie considération sont > principalement me. Nous cnans l'élection du Pape, ces recteurs que l’on fait tant valoir: Per Le ne surprempBonne ne croira qu’ils ;; aient eu part comme ils se vantent : mais je le conventia®eux qu'ils y aient été présents au’ commenceraent de la querelle : affermit l'éllnt-ils suivi Roland jusqu’à son sacre pendant douze jours ? Le chas. Car, pourm@itre de Saint-Pierre l’a-t-il vu? le préfet qui est exilé et à qui il est pas permis d'entrer dans Rome, lui et les autres citoyens ont-
Labbe, Mans MS approché des terres du roi de Sicile et du lieu où s’est fait ce sare? On les a donc dispensés exprès du serment » parce qu'ils îne
mais surtout les jugëments
160 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De1y l'auraient pas fait, pour ne pas blesser leur conscience, ou du moy
leur réputation.
Au reste, qu'est devenu ce grand nombre de la plus saine part des cardinaux ? Ont-ils été corrompus par l'argent que les sénatem ont confessé avoir reçu, pour promettre avec serment la promotiy d'Octavien, et qui a été destiné par le peuple à la réparation des my railles, attendu, criait-on, que le prix du sang ne devait pas étre m4: dans le trésor ? De ce grand nombre, il n’est resté que trois card, naux dignes d'être jugés par les Teutons dans leur camp. Guillauy de Pavie, cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens, a été informé de tout pourquoi ne l’a-t-on pas interrogé au concile de Pavie ? C’est qu n'aurait pas parlé en faveur de Victor, et il a exprès gardé le sileng dans ce tumulte, où il ne voyait que de l’emportement, sachant m ce que l’on y faisait ne pouvait préjudicier à la liberté de l'Éplis Mais si l'élection de Victor a été si canonique, pourquoi tous les dinaux-évêques , hors. ces trois , n’ont-ils point assisté à son sac! Et qui en-a empêché les évêques de Toscane, qui y étaient appel sinon la crainte de commettre un sacrilége? J'admire que tout monde suit le pauvre Alexandre, et qu’on aime mieux souffrir l'ej
avec lui, loin des princes , que de régner avec les princes en si
tachant à son adversaire. Tous les évêques, tous les prêtres, tu
les diacres, tous les ordres des cardinaux, toute l'Église romainea avec lui. Ils ne craignent point la sentence du concile de Pavie;4 contraire , ile ant prononcé anathème contre l’empereur même, idole, et tous ses adorateurs.
Je passe aux sanseriptions de ce concile, où, faute d’évêques,
fait paraître des comtes, et où l’on met au premier rang des évèqus dont l'élection est nulle ou rejetée. Rainald, chancelier de l'emp
reur, s’est dit archevêque de Cologne, quoiqu'il soit certain ques
élection a été condamnée par le pape Adrien, et je ne, vois pas pou quoi il a différé de se faire sacrer par son Victor, si ce n’est qui
craint sa chute prochaine. Gui, comte de Blandrate, a tenu la plu
de l’archevêque de Ravenne, quoique son fils, qui est un bon jeu homme, mais dont l'élection a été cassée, ne puisse passer pour a chevêque. Qui n’en voit le ridicule? C'est un jeu de théâtre plu qu'un concile. Que dirai-je de ce grand nombre, quoique faux, à
royaumes et de provinces ramassés dans ces souscriptions, pourivl
poser aux ignorants ? Nous sommes bien heureux que l’empereur eu plus de honte d'exiger des injustices que ce concile de les soufiri
J'estime que ceci suffit pour persuader l'archevêque de Reims] recevoir Alexandre, à condition de différer, s’il le juge à propos,! publier son consentement ; car je suis bien persuadé qu’il ne rec
1181 de l’èr
Œoutefois, l’ xemple enc«
Moyaume, et
aire, On dit
Mraient volon
archevêque
putes leurs f onnèêtes gen:
| Philippe, al iteaux, au d onnaître le p ertu lui donr jailler à cette
Hotre lettre au D, après en a
onu avec ur
Pontife, et vor
béissance. Il
ntions plus
‘ils sont pré chevêques, 1 accord à rece
! Joan. Sarisb.,
3, in-fol., p. 5;
XVI
Ve EXIX — Der 1181 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
plus saine pariés-outre mesure pour le païti qui met sa confiance dans l’homme ; que les sénatemais ils n’ont cédé ni l'un ni l’autre , parce qu'ils craignent Dieu. ent la promotut utefois, l’empereur les presse, et Dieu le permet, afin que leur paration des my xemple encourage ceux qui sont plus éloignés. Jean de Salisburi vait pas être ni oute : Quoique l’archevêque soit, comme vous Savez, considérableque trois can; ent malade, toutefois la nécessité de cette affaire l’a obligé de partir amp. Guillaume our se trouver à l'assemblée des évêques et du clergé de tout le informé de tou MB oyaume, et rendre réponse au roi, qui l’a consulté sur ce qu'il doit avie? C'est quillire. On dit que l’évêque de Winchester et celui de Durham prengardé le silengraient volontiers, s'ils osaient, le parti d'Octavien ; au contraire, ent, sachant Uarchevêque d’York et notre trésorier soutiennent Alexandre de erté de l'Égiehutes leurs forces, et c’est le parti du plus grand nombre et des plus uoi tous les M$, rnêtes gens. Ainsi parlait Jean de Salisburi 1. AE sté à son sac Philippe, abbé de l’Aumône ou de Bonne-Espérance, de l’ordre de étaient appels ileaux, au diocèse de Chartres, contribua aussi beaucoup à faire remire que toulf£ naître le pape Alexandre en France et en Angleterre. Comme sa ux souffrir lin lui donnait une grande autorité, le Pape lui avait écrit'de traprinces en Si biller à cette affaire, et il lui répondit en ces termes : J'ai présenté les prêtres, a; 1ettre au roi Henri d'Angleterre, qui l’a reçue avec bienveillance ; lise romaitéE après er avoir délibéré avec les siens et avec nous, il vous a reile de Pavie; a ou avec une entière allégresse pour Père spirituel et souverain reur MÊME, ontife, et vous présente humblement Par nous sa soumission et son Mhéissance. IL vous enverra dans peu ses députés: mais ila voulu e je vous en écrivisse le premier, afin que vous appreniez ses inntions plus secrètement et plus promptement. J'ai envoyé votre Hire générale aux évêques d'Angleterre par un homme fidèle, avec Sibert, évêque d’Hereford, et Hilaire de Chichester, fort affectionnés voire personne et à votre cause. Je suis allé tout de suite vers le roi Die France, qui, comme prince catholique, vous est aussi très-affecdonné; il vous l'aurait montré déjà par les effets, si plusieurs affaires pporlantes ne l’en avaient empêché. Il vous envoie, par mon mi- Distère, une lettre de compliment, mais qui doit demeurer secrète isqu'à ce que les deux rois assemblés vous donnent une déclaration ublique de leur obéissance; ce qui se fera incessamment, parce ‘ls sont prêts à faire la paix entre eux. Sachez enfin que tous les
chevêques, les évêques et les autres prélats sont unanimement accord à recevoir votre élection 2.
certain ques e,VOis pas pour si ce n’est qu , à tenu la pl st un bon jeux passer pour 4 : théâtre phil 1oique faux, à ptions, pour 1e l’empereur!
de les soufiri ue de Reims js Propes'} | ! Joan. Sarisb., epist. 59. Bibl, PP., t. 23, p. 424. — 2 D’Acheri, Spicilene, qu'il ne recu DB in-fol., p. 527, epist, Philipp.
XVI, 11
nce, où du moy ftra pas l’antipape. Il ne faut rien précipiter dans les affaires im- Mbortantes. L'évêque de Pavie et l’évêque de Plaisance ont été sollici-
nom emma
D qe
htc iomhin éehinc éhinims | éntiner den - ninnaimmeem sas ane me me sn . 4
162 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De1y-à 1181 de l'è
L’assemblée de l'église anglicane setint en effet. On y lut plusienM seils que nc pièces par lesquelles les deux partis cherchaient à soutenir leur doi pe personnes ( on lut ensuite les canons, et il survint des témoins que l'on n'aty M délai occasi dait point, qui rendirent la vérité plus manifeste. L'assemblée, tp, Odon, diac tefois, ne forma aucun jugement, réservant la décision au roi; mi après plusi elle dressa son avis, que l’archevêque Thibaut envoya au roi jy Dieu, princ Rainald, son archidiacre, et Guillaume de Ner, son chapelain tp, plus d’espéi suite, l'archevêque, ayant reçu la réponse du roi, fit un mandemgMque nous r adressé à tous les évêques d'Angleterre, per lequel il leur déc} avait auprès qu’Alexandre est le Pape légitime, reçu par l’église anglicane et1,Mé gens de l’em glise gallicane, et qu'Octavienest condamné avec ses fauteurs, com Mi gleterre leur manifestement schismatique, C'est pourquoi il-leur ordonne de Les cardil drerespect et obéissance au seigneur Alexandre, comme ‘étantiu autres leur Pèreet le Pontife romain 2. D des témoins
Le roi d'Angleterre, de son côté, fit une autre assemblée au milMdes schisma de inillet 1160, à Neuf-Marché, dans le pays de Caux, à six lime vérité, que de Beauvais, où: il assembla tous les évêques de Normandie, avech revêtu de la abbés et les barons. En même temps, le roi de France assembakhsecours des | siens à Beauvais; dans l’une et l'autre assemblée, on traita del {Mi Crème; qu'C faire du schisme, et tous s’accordèrent à reconnaître le pape Alu l'évèque de ‘ dre et à rejeter Victor ?. et par celui «
Cependant les deux rois, celui de France et celui d’AngletmMtoires, dont 1 ayant fait la paix, assemblèrent des deux royaumes un grand M pays ont renc cile, your y reconnaître le pape Alexandre plus solennellementulifé Au contrai dans les assemblées qu’ils avaient faites chacun de leur côté à Beautres cardin vais, à Neuf-Marché et à Londres. Ce concilesetintà Toulouseen{{fl fsistance, et le Il s’y trouva cent prélats, tant évêques qu’abbés ; les deux rois (M en est conven étaient en personne avec plusieurs seigneurs: et il y avait des envogivétu de la cl de l'empereur Frédéric et du roi d’Espagne, et des légats du pylaussi été prot Alexandre et de l’antipape Octavien. De la part d'Alexandre, tuiireur avait rec cardinaux, Henride Pise, Guillaume de Pavie et Odon, diacre ; delscellées d’or. part d'Octavien, Guide Crème et Jean de Saint-Martin, les seuls avait cent cinc dinaux qui lui restassent ; car Imar, évêque de Tusculum, qui l'autre. Et sur ce sacré, s'était déjà séparé de lui #, appartenait p:
Nous apprenons le détail de ce concile par une lettre de Fastraides souverair abbé de Clairvaux, à Omnibon, évêque de Vérone, qui l'avait pr lume de Pav de l'en instruire. Fastrade y parle ainsi : Après plusieurs exhorwdeux autres 1 tions aux rois et aux seigneurs, qui différaient de suivre la vértétlongtemps dél par crainte ou par affection pour l’empereur : après plusieurs cmtrecevoir ni l'un
1 Joan. Sarisb., epist, 64. Biblioth. PP., t. 23, p. 427. — ? Ibid. episr, (Cie Sénéral, a
% Labbe, t, 10, p. 1406, ex Robert de Mont.,an, 1160, — * Jâm vitaverat honèl clairement leq nem, dit Gulliauine de Neubrige, I. 2, c. 9. Mie de l'Eglise.
r. LXIX. — Deg à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
n y lut plusiyM seils que nous avons tenus avec des archevêques, itenir leut dry MS personnes de piété qui parlaient tous les Jours au roi ; après un long que l’on n'atta, 1 délai occasionné par les cardinaux Henri et Guillaume, prêtres, et assemblée, ty, Odon, diacre, que le pape Alexandre avait envoyés dans la Gaule ; ion au roi; mi après plusieurs prières accompagnées de larmes répandues devant Voya au roi Dieu, principalement dans notre ordre, lorsqu il n’y avait presque chapelain t. {M plus d'espérance, les choses, par la grâce de Dieu, ont tourné mieux tun mandemyique nous n'osions espérer. Deux cardinaux, les seuls qu'Octavien el il leur dédyM avait auprès de lui, sont venus en grande pompe, accompagnés de anglicane et} gens de l’empereur, au jour et au lieu que les rois de France et d’Anauteurs, comm gleterre leur avaient marqués, avec toute leur église, ordonne de ry Les cardinaux Jean et Gui ont été entendus les Premiers, les mme étantiuéautres leur ont répondu. Et on a reconnu par leurs réponses, par D des témoins présents ot sans reproche, et par les propres expressions emblée au mil des schismatiques, à qui Dieu, par un miracle visible, faisait dire la ux, à six lié vérité, que l'élection d'Octavien était nulle, qu'il s'était lui-même mandie, avekerevétu de la chape, qu'il s'était mis dans la Chaire pontificale par le ice assembhh secours des laïques, comme je l'ai ouï dire publiquement à Gui de on traita del {Crème ; qu'Octavien, excommunié depuis huit jours, le pape Ale l'évêque de Tusculum et celui de Férentine, et par celui de Melfi, déjà condamné et dép ii d’AngletemMtoires, dont le roi d'Angleterre et ses évêqu > un grand cé pays ont rendu témoignage.
nnellement qui Au contraire, il a été prouvé qu’Alexandre a été ur Côté à Banautres cardinaux qui étaient présents, et que, sans Julouseent1fiésistance, et la violence de Jean et de Gui de Cr les deux ros ten est convenu devant tout le monde, il aurait été solennellement revait des envoyh pivétu de la chape : ce qui fut depuis achevé en temps et lieu. Il a légats du pylaussi été prouvé que, longtemps avant le concile de Pavie, l'empe- Alexandre, tuiiéreur avait reconnu Octavien pour pape, par.ses envoyés et ses lettres n, diacre; deliscellées d’or. Quant à ce ‘qu’ils ont écrit qu’au concile de Pavie il y n, les seuls avait cent cinquante-trois évêques, il n’y en avait que quarante-quaum, quil'amitre. Et sur ce que l'empereur leur déclara qu’étant laïque, i! ne lui appartenait pas de juger l'Église romaine, ni d'examiner l'élection re de FastnkMides souverains Pontifes, tous ces évêques, avec le cardinal Guilqui-l’avait piflaume de Pavie, qui alors était neutre, et qui aujourd’hui est avec sieurs exhotWdeux autres légats du pape Alexandre dans la Gaule, après avoir uivre la vértéilongtemps délibéré, résolurent, à cause de leur petit nombre, de ne plusieurs cmMirecevoir ni l'un ni l’autre Pape, jusqu’à ce qu’on assemblât un con- 2 Jbid., epitt 4 ile général, au moins de plusieurs royaumes, ou que l’on vit plus “ nero bl clairement lequel serait reçu par la plus er ie de l'Église. Ils résolurent aussi de donn
des évêques et des
a été sacré par excommuniés avec lui, osé pour ses crimes noes et les gens mêmes du
élu par tous les sa fuite et sa réème, comme celui-ci
ande et la plus saine parer ce conseil à l'empereur,
164 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXIX. — De il
mais il ne l’approuva pas; au contraire, les prenant en particule, il contraignit ceux qu'il put, par menaces et par prières, à recevoÿ celui qu’il avait reçr: lui-même auparavant. Toutefois il n’y en avai que vingt ; les vingt-quatre autres n’y étaient plus, même l'évêque de Pavie, quoique. la chose se passât dans sa ville, C’est ce que témoi gnait le cardinal Guillaume.
Ainsi, par l'avis commun des deux rois et de toute leur église, a rejeté le schismatique Octavien et reçu le pape Alexandre, aini Bi que ses légats, avec l'honneur et le respect convenables. L'arche. vêque de Trèves demeure dans l'unité. Quelques-uns de ceux qu avaient suivi Octavien reviennent. Nous-même, à la prière du chartreux, nous avons intercédé pour l'évêque dé Grenoble, le évêque, afin qu’il pôt rentrer en grâce.
Odon, cardinal-diacre de Saint-Nicolas, assura, en présence dx
à 1181 de l’à ment l'imp “dont les de Gai de Blar grand noml tiques. [ls c Mon avait fail on lut des l de six arch dde l’ordre € Otton More de ratifier tc lée schism:
MHubert, arcl
trouver à Gê cardinaux Jean et Gui, leso”-ls ne le contredirent point, que ca Ml, ssi les con deux étaient venus le trouver lorsqu'il était enfermé avec les autres M il l'assiég pour les exhorter à se joindre à Octavien. Odon leur répondit que BR atholiques ( s'ils voulaient jurer sur les saints Évangiles de juger selon la justie, Bi iles; il dép tous s’en rapporteraient à leur jugement. Eux répondirent que k Me Padoue j Pape ne devait, être jugé par personne, et dirent que, si les autrs M e Lodi dura voulaient se rallier à Octavien, eux rendraient la chape qu’on l'acex M. Fort de sor
sait d’avoir prise injustement, s’en remettraient à leur conseil, el que lui recevrait de nouveau la chape de leurs mains 1.
Telle est la lettre de l'abbé Fastrade à l'évêque de Vérone, touchant le concile de Toulouse. Elle nous révèle plus d’une particularité «1.
rieuse sur le conciliabule de Pavie. On voit quelle confiance mri.
Frédéric entr repousser le « l'été et l’auto sait couper le
aplice; les pay
tent des relations oflicielles écrites sous la terreur du sabre. ême sort ; e Frédéric avait livré aux flammes la ville de Crème, le 26 jan Mai Frédéric vier 1160. Obligé de congédier la plus grande parti: de ses troupe vient vu ler allemandes, il se borna le reste de l’année à une guerre de détail au Boni contenaie: Milanais et à leurs alliés. 11 fut même battu au mois d’août et obligé nés par les : de fuir. Mais, pendant l'été suivant, ayant reçu d'Allemagne une ar. ommencèren
mée de près de cent mille hommes, il résolut de se venger.
En attendant et pour y préparer lés voies. l'antipape Victor ind: qua un conciliabule à Pavie, puis à Crémone, et le tint enfini Lodi, suivant la volonté de l'empereur, qui était présent, Ce conci liabule commença le 19"° de juin 1161 ; l’armée allemande venit justement de passer les Alpes et d'arriver en Lombardie, pour soutenir les décrets du concile impérial. L'empereur y assista ave les seigneurs de sa cour et le duc de Bohême. II y eut, dit vague
Mn'avait pu fair Ptécouragé, les Au palais de l' dent à discréti
bleuraient de « Après deux se Mililan, l'ordre c 1 celte injonct
1 Labbe, t. 10, p. 1406. Mansi, t, 21,p.1165.
BA ‘Labbe, t. 10,
+ LXIX. — De {ty t en particulier, ières, à recevoh is il n’y en avai ême l’évêque de st ce que témoi.
à 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
ment l'impérialiste Otton Morena,
il y eut grand nombre d'évêques, dont les deux premiers étaient P
érégrin, patriarche d'Aquilée, et Gai de Blandrate, élu archevêque de Ravenne : il y eut aussi un Bgrand nombre d’abbés, de prieurs, de prévôts et d’autres ecclésiastiques. Ils confirmèrent tout d’une voix l'élection de Victor, comme Mon avait fait l’année précédente au conciliabule de Pavie. En celui-ci on lut des lettres des rois de Danemark, de Norwége et de Hongrie, de six archevêques, de vingt évêques, de quantité d'abbés, même Wide l'ordre de Citeaux, qui tous, du moins si l'on peut en croire Otton Morena, reconnaissaient Victor pour Pape, et promettaient de ratitier tout ce qu’il ordonnerait en ce conciliabule, Cette assemlée schismatique excommunia ou plutôt prétendit excommunier Blubert, archevêque de Milan, attaché au pape Alexandre, qu'il alla n présence da Mouver à Gênes et suivit en France l’année suivante. On excommunia point, que cu si les consuls de Milan, qui défendaient la ville contre l’empereur; arill'assiégeait alors. Le parti schismatique excommunia les évêques catholiques de Plaisance et de Bresce, et les consuls de ces deux hilles; il déposa l’évêque catholique de Bologne, et suspendit celui de Padoue jusqu’au premier jour du mois d'août. Le conciliabule de Lodi dura jusqu’au 25me de juillet 1, : Fort de son conciliabule schismatique et de son armée allemande, Frédéric entreprit une seconde fois de punir Milan de sa fermeté à repousser le schisme et le despotisme teutoniques. Deux fois dans l'été et l'automne 1164, il brüla les Campagnes du Milanais ; il faisait couper les mains aux prisonniers, ou les livrait au dernier supnfiance méri: lice ; les paysans qui portaient des vivres à Milan éprouvaient le sabre. ême sort ; en un seul jour, il fit couper le poing à vingt-cinq. Tel ne, le 26 jar tait Frédéric Barberousse, Les Milanais, pour surcroît de malheur, de ses troupa hvaient vu leur ville en proie à un cruel incendie. Deux quartiers, > de détail aux Maui contenaient presque toutes leurs provisions, avaient été consu- “août et obligé Mnés par les flammes, à tel point que, dès l'entrée de l'hiver, ils nagne une at Erommencèrent à manquer de vivres. Ce que la force des armes nger. n'avait pu faire, la faim seule put l'opérer. Contraints par le peuple e Victor ind: Be lécouragé, les magistrats de Milan se présentèrent, le 4er mars 1169, e tint enfini hu palais de l'empereur, à Lodi, et, l’épée nue à la main, se rendint. Ce conci ESfrent à discrétion au nom .de la ville. Toute la cour, toute l’armée mande venait bleuraient de compassion ; Frédéric seul se montra sans entrailles. ie, pour sou: Arès deux semaines, il expédia, le 46 mars, aux magistrats de assista avec Milan, l'ordre de faire sortir tous les habitants de l’enceinte des murs. it, dit vagut- MA cette injonction mystérieuse, plusieurs citoyens se réfugièrent à
> leur église, y \lexandre, aini Bi ables. L'arche.
Grenoble, ley
>, si les autre e qu’on l’acu ur Conseil, d 1, rone, touchant rticularité co. PR
E * Labbe, t. 10, p. 1409. Mansi, t. 21, p, 1157,
Re
ES
166 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — De 1119 À
Pavie, à Lodi, à Bergame, à Como et dans toutes les villes de Lom. bardie; le plus grand nombre cependant attendit l'empereur on dehors des fortifications; hommes, femmes et enfants, tous quitté. rent le toit paternel, et Milan resta complétement désert. Ils étaient tous dans une anxiété cruelle, lorsque, le 25 mars, arriva Frédéric qui publia L: sente. 1i longtemps suspendue. Milan devait être rasé jusqu’en ses fondements, et le nom milanais effacé d’entre les noms des peuples. La sentence fut exécutée à l'instant même. Voici comme Frédéric en parle dans une lettre au comte de Soissons: Nous comblons les fossés, nous renversons les murailles, nous dé. truisons toutes les tours, nous faisons de toute la ville une ruine et une désolation. Avec cela, duus ia même lettre, il se glorifie, comme d'un prodige de clémence, d’avoir accordé la vie aux habitants 1, Cette cruelle vengeance de Barberousse répandit la terreur de sy nom ; cette terreur devint bientôt de l'horreur : ce fut le commen. cement d'une réaction puissante, qui humiliera Frédéric à son tour, La destruction de Milan fit cesser l'inimitié des cités rivales ; les ré fugiés milanais furent accueillis, et excitèrent la compassion partout: les villes qui avaient tenu pour l’empereur se virent traitées elles mêmes avec une dureté toujours croissante. Pendant que Frédérie triomphait d'avoir, par sa sévérité, anéanti la ligue lombarde, cette sévérité même rendait cette ligue plus compacte et plus formidabk. Le pape Alexandre UI triomphera d’une manière plus humaie et plus honorable, Dès l’année précédente 1161, il était revenui Rome ; mais il ne put y demeurer longtemps en repos à cause de schismatiques; car la famille de l’antipape y était puissante, « l'empereur, en le protégeant, voulait s’attirer les Romains. AlexandrË donc, cédant aux prières du peuple, retourna en Campanie sous la protection du roi de Sicile; et comme les Allemands oc: paient la plus grande pcttie du patrimoine de Saint-Pierre, il ré. solut de passer en France par mer, d'autant plus que les schis matiques étaient maîtres des chemins ; en sorte que ceux qui allaient trouver Alexandre s’exhosaient à être pris, dépouillés et emprisonnés, et que lui-même ne pouvait convenablement exercer la pui sance apostolique. Ayant donc étabii pour vicaire à Rome, Jules, cardinal-évêque de Préneste, et réglé le gouvernement de l'Église il se rendit avec les cardinaux à Terracine, où il trouva quatre gr lères du roi de Sicile bien préparées. S'y étant embarqué avec toute sa suite, il arriva à Gênes le 21me de janvier 1162. Il y fut reçu à
1 D’Acheri, Spicileg., t. 3,p. 536, in-foi.
1181 de l'ère
… || yentra s hcaux. Mais à
Mj'écuyer penc Mion, Avec la :
Darrasin, bien
:T i seront soun arbonne se rm
Quatre arch
k Sens, de To à main du P:
‘Auxerre, de £ tde Toulon.
2 ajoute : Nous Myats, avec les M Angleterre; et Que Dieu rendr à Dès que le r Mat arrivé à M Muin-des-Prés, Sion du roi, Thi traité avec honneur par le cleigé et le peuple, malgré la défense dk J l’empereur Frédéric. Il en sortit le dimanche de la Passion, 25n* de k fi. epist. 5. Lai
1 Psalm., 71, 11,
XIX. — De t1gg M 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 167
villes de Lom. ars. Le samedi suivant, il fut obligé, par la tempête, de s'arrêter l'empereur en ans une île, où il célébra la fête de Pâques, et le mercredi, s, tous quitte. BMuwe d'avril, il arriva à Maguelonne, Mais parce que cette ville, située ert. Ils étaient Mans une ile, était trop petite pour recevoir les survenants, et que viva Frédérie Me Pape était attendu hors de l’ile avec impatience par une grande levait être rasé Mimultitude de prélats, il crut à propos de passer à Montpellier; ville entre les noms BMoisine et dès lors très-peuplée. même. Voii DM 1! yentra sur un cheval blane, et revêtu des ornements pontide Soissons : BMicaux. Mais à peine put-il monter à cheval, tant était grande la foule illes, nous dé. Me ceux qui s'empressaient à lui baiser les pieds. Le seigneur de > une ruine « Montpellier vint au-devant avec les barons du pays, et lui servit lorifie, comme MMf'écuyer pendant mille pas. Le Pape entra dans la ville en proceshabitants, BMion. Avec la noblesse qui venait à ses pieds, se présenta un seigneur erreur de sy Mrasin, bien accompagné, qui se mit aussi à genoux, lui baisa les le cormmenr. pieds et l’adora, comme si c’eût été le Dieu des Chrétiens. Puis, rie à son tou, MMparlant par interprète, il le harangua pompeusement en sa langue, rivales ; les ré Mu nom du roi, son maître. A quoi le Pape répondit avec bonté, ssion partout: BMendant beaucoup d'honneur à l’ambassadeur, qu'il fit asseoir à ses traitées els. Mpieds parmi les personnes de distinetion. Tous. les assistants le reque FrédérieWrrdaient avec étonnement, et se disaient l’un à l'autre cette parole mbarde, cette Mu paume : Tous les rois de la terre l'adoreront ; toutes les nations us formidable, Mi seront soumises 1. Le comte de Saint-Gilles et la vicomtesse de plus humain MAa'bonne se rendirent également après du Pontife 2. tait revenui MN Quatre archevêques se trouvèrent à Montpellier, savoir : ceux 5 à cause de: Me Sens, de Tours, d’Aix et de Narbonne » et 0e dernier fut sacré de puissante, We main du Pape. Il s'y trouva aussi six évêques, savoir : coux ns. Alexandre BBF Auxerre, de Saint-Malo, de Nevers, de Thérouanne, de Maguelonne ampanie sou Mit de Toulon. Avec ces dix prélats, Alexandre récita publiquement mands oc: MMexcommunication contre l’antipape et ses complices, le jour de -Pierre, il ré MMAscension, qui était le 47me de mai. C'est ce qu'il témoisne dans que les schis ne lettre à Omnibon, évêque de Vérone, datée du même Jour, où 1x qui allaient M ajcute : Nous attendons les cardinaux Henri et Guillaume, nos et emprisor- MN als, avec les évêques d'Évreux et de Bayeux, envoyés du. roi rcer la pui-MN'Augleterre; et les archevêques de Bourges et de Reims, espérant Rome, Jules, Mie Dieu rendra bientôt ! . paix à son Église 3, it de l'Église À bès que le roi Louis le Jeune eut appris que le pape Alexandre va quatre ge EM lait arrivé à Montpellier, il lui envoya Thibaut, abbé de Saint-Gerué avec toute Buin-des-Prés, et un de ses clercs, Après avoir exécuté la commisy fut reçu d#0n du roi, Thibaut, s’en retournait avec les bonnes grâces du Pape la défense den sion, 25m° (le k ‘ Psalm., 11,11. —% Acta, Apud Baron., an. 1162. — 3 Alexand., Anpendir Reise. 5. Labbe, t, 10, p. 1367.
168 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX, — Detiÿ
et de toute la cour romaine; mais il tomba malade en route et mou rut à Vezelai, où il avaitpris l’habit monastique. Voilà ce queracow le biographe de Louis le Jeune 1, De plus, nous avons la lettre qu le Pape leur donna pour le roi, où il témoigne les avoir accueil, avec beaucoup de bienveillance et d'allégresse ?, Un autre chroni queur prétend, ce qui n’est guère probable, que le Pape reçut fi dement Thibaut, que le roi en fut irrité et se repentit d’avoir reconx Alexandre, et le manda par Manassès, évêque d'Orléans, à Herr comte de Troyes, qui allait trouver l'empereur Frédéric #. Quoi qui en soit, quelque temps après, le Pape envoya au roi Louis, Hem archevêque de Reims, frère de ce prince, avec les évêques de Li gres et de Senlis, et l'abbé de Grandselve, de l’ordre de Cite comme on le voit par ses lettres du dernier jour d'avril 4
Le pape Alexandre était encore à Montpellier, quand il reçut k députés du nouvel archevêque de Cantorbéri, qui lui envoyait & mander le pallium. Il y avait plus d’un an que l'archevêque Thiby était mort après une longue maladie. Il avait résolu, quelque teny auparavant, d'abolir toutes les mauvaises coutumes qui s'étaient in troduites de son temps dans son archevêché, et avait déjà 6té u seconde contribution que l’archidiacre avait imposée sur les églis Se voyant près de sa fin, il écrivit au roi, qui était en Normandé pour lui donner sa bénédiction et lui recommander l'église de Ca torbéri et le choix d’un digne successeur. Il le prie aussi de conf mer son testament par lettres patentes, et de tenir la main à l'exé cution. Par ce testament, il laisse aux pauvres le reste de ses meuble promet quarante jours d’indulgence à ceux qui en procurer l'exécution, et menace d’anathème les officiers du roi, s'ils toucha aux biens des moines de Cantorbéri. L'archevêque Thibaut mou le mardi de ?âques, 18me d’avril 1161, après avoir tenu vingt-deu ans et trois mois le siége de Cantorbéri, qui vaqua treize mois #,
Sitôt que la nouvelle de cette mort eut été portée au roi, toutel cour jeta les yeux sur le chancelier Thomas Becket, qui était au archidiacre de la même métropole. Le peuple en faisait le méw jugement ; car Thomas était le premier ministre et la seconde per sonne du royaume, d’une grande capacité et d’une noblesse de cou rage qui le faisaient admirer de tout le monde. Le roi lui-mêm forma le dessein de le placer sur le siége de Cantorbéri, mais il k dissimula pour un temps; seulement il lui laissa la garde de cet église, suivant l’usage qui donnait au chancelier le soin des évéché
1 Duchesne, t, 4, p. 416.— ? Appendix secunda, ep. 36.—3 ]b., p. 424, —+1), epist. 33 et 37, — 5 Apud Joan, Sarisb., epist. 49, 54 et 57, Chron. Gervas., 116%
1181 de l’èri t des abba:
rrive, VOUS aine mortel éjà sur l'Ég jeux en pro Le roi den
nglicane, un n courtisan u roi, par le
Aussitôt il 1
kpteur, qui é
t d’avoir recon Jrléans, à Henri déric #, Quoi qui roi Louis, Hem
uand il reçut k
lui envoyait & hevêque Thiby l, quelque temy qui s'étaient in
oi, s'ils touche lhibaut mount Lenu vingt-deu rejze mois , au roi, toutel ; Qui était au faisait le méw la seconde per oblesse de cou e roi lui-mêm béri, mais il k garde de cett oin des évéché
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 169
t des abbayes pendant la vacance. Le roi, qui était en Normandie, nvoya le chancelier en Angleterre pour quelques affaires du royaume. omme il vint à Falaise prendre congé, le roi le prit à part et lui it: Vous ne savez pas bien encore le sujet de votre voyage ; je veux ue vous soyez archevêque de Cantorbéri, Le chancelier lui montra, n souriant, l'habit qu’il portait et qui était peu ecclésiastique, diant : Vous voulez mettre un homme bien édifiant sur ce grand iége et à la tête de ces moines si réguliers, Sachez que, si cela rive, vous m'ôterez bientôt votre amitié, et elle se changera en une aine mortelle. Vous demanderez de moi des choses et vous faites éjà sur l'Église des entreprises que je ne pourrai souffrir : les enieux en profiteront et mettront entre nous une division éternelle. Le roi demeura ferme dans son déssein et donna ordre de le déarer aux moines de Cantorbéri et au clergé d'Angleterre. Quand il tarrivé, les moines de l’église métropolitaine s’assemblèrent, suiant la volonté du roi, avec quelques évêques, pour procéder à élection. Les avis furent partagés : les uns disaient qu'un prélat héri du roi procurerait la paix entre le royaume et le sacerdoce ; es autres soutenaient que cette faveur nuirait à l'église, et que, sous n archevêque tiré de la cour, les officiers du roi la pilleraient plus brement. Ils ajoutaient qu'il était absurde et contre les règles edonner pour chef à ce vénérable monastère et à toute l'église nglicane, un homme plus laïque qu'ecclésiastique, un chasseur et n courtisan plein de faste. Il fut néanmoins élu, suivant l'intention u roi, par les évêques de la province et les moines de Cantorbéri, ssemblés à Westminster près de Londres. Thomas résista longemps; mais enfin il céda au conséil de ses amis et aux instances
ressantes du cardinal Henri de Pise, légat du Pape. Il y avait cinq
ns qu'il était chancelier, et il était dans la quarante-quatrième née de son âge.
Aussitôt il fut présenté au jeune roi Henri, dont il avait été pré-
epteur, qui était présent à l'assemblée, et qui donna son consente-
ent à l'élection au nom du roi son père. Thomas fut aussi, de la
bart du roi, déclaré libre de tous les engagements de la cour. Il partit nsuite de Londres pour aller à Cantorbéri être sacré suivant la couume. Presque toutes les personnes considérables du royaume s’y endirent ; le clergé par devoir, les seigneurs pour faire leur cour au oi et au nouvel archevêque. Il fut premièrement ordonné prêtre le pamedi d’après la Pentecôte, second jour de juin 1162 ; et le lende- Main, dimanche de l'Octave, il fut sacré évêque par Henri, évêque de Winchester, en présence du jeune roi. En mémoire de son sacre,
on. Gervas., 11 Mlhomas institua de célébrer au jour de l’octave de la Pentecôte la
470 HISTOIRE, UNIVERSELLE fête dela sainte Trinité, qui n’était pas: encore établie par tou l'Église.
De ce moment, il devint un autre homme. Les chanoines deu cathédrale étant moines, il prit leur habit, qu'il porta toujours y
celui qui était propre à sa dignité. H se revêtit aussi d’un rude çà
lice, qu'il ne quitta point jusqu’à sa mort. Le genre de vie auqudlj s'assujettit était très-austère. Tous les jours il se levait à deux heury du matin; et, après avoir récité l'office de la nuié, ik lavait/les pie à treize pauvres, auxquels il donnait ensuite une somme d'argent
Rien n’était plus édifiant que de le voir prosterné devant eux, et 4
l’entendre implorer avec larmes le secours de leurs prières. A l’hem de prime, son aumônier lavait les pieds à douze autres pauvres, 4 leur distribuait du pain et des viandes: Après matines, l’archevéq prenait un peu de repos ; mais il se levait toujours de grand mat povr prier et lire l'Écriture sainte. IL avait tant: de respect pour « livw. divin, i y trouvait tant d’onction, qu’il le portait toujours sw lui, même dans ses voyages, et qu’il eût désiré vivre dans la si tude, pour en faire l'unique objet de sa lecture.et. de ses: méditatiow, H avait continuellement auprès de lui une personne instruite, al lui en expliquait les passages difficiles ; et il ne craignaït rien ty que de s’en rapporter à ses propres lumières; quoique tout le mon admirât son savoir et sa sagesse. Lorsqu'il avait fait la. méditaig du matin, il visitait les malades qu'il y avait.parmi ses moines d son clergé. À neuf heures, il disait la messe ou il l'entendait, quau Par respect ou par humilité, il ne eélébrait point. A dix heures, i faisait une nouvelle distribution d'aumôênes; en. sorte qu'il assis
cent pauvres tous les jours. Il double les charités ordinaires de will
prédécesseur. Il dinait à trois heures, et se faisait lire à table qu que livre de piété. Jamais on ne lui présentait de mets recherchés Sa table était cependant servie avec décence, à cause de ceux qui y invitait. Pour lui, il ne mangeait que ce qu'il y avait de plus.com mun, et il se renfermait dans les bornes de la plus exacte sobriété Un moine l’ayant vu un jour-en compagnie manger quelque chose délicat, il en fut scandalisé comme le pharisien, et dit. qu’il le croya plus mortifié. Le saint archevêque lui répondit avec douceur, qu, comme on pouvait se rendre coupable de gourmandise en mangeal des choses les plus communes, on pouvait aussi manger les plus dé licates sans tomber dans ce vice, et même.en user avec indifférence
Après le diner, il s’entretenait quelque temps avec des ecclésis tiques pieux et savants sur des matières rejatives à la religion. |
était fort sévère dans l'examen de ceux qui se présentaient por recevoir les saints ordres, et rarement il s’en rapportait aux autsls
(Liv, LXIX, — De ty li
181 de l’ère ch
r cet objet us, et aucun
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mortificatior hique de mail ssus. Sa nour bes sauvage:
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puis la Septu lait, c'était a s dans son dé
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Vie quadripartit
Rist de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 174
rcet objet. L'ordre établi dans sa maison prévenait tous les us, et aucun de ceux qui lui étaient attachés n’osait recevoir de
Désents, sous quelque prétexte que ce fût. Il regardait tous les uvres comme ses enfants, et ses revenus paraissaient leur apparir bien plus qu’à lui. Il reprenait avec une courageuse liberté les s des graniis, et retirait de leurs mainsles biens de YÉglise qu'ils
Baicnt usurpés. Le roi l’aimait toujours, et le protégeait contre les
Bus'ices des seigneurs puissants 1,
Des iles Britanniques voyaient fleurir d'autres saints à cette époe, entre autres saint Godric, ermite fameux, qui avait le don de ophétie. C'était un homme simple et sans lettres, né de parents
Durs, et qui, dans sa jeunesse, avait fait quelque petit commerce mer, Ayant renoncé au monde, il fit le pèlerinage de Rome et Jui de Jérusalem, nu-pieds ; puis, étant revenu en son pays, il'se ira en un lieu solitaire près de Durham, où il cultivait un petit up dans les bois et en tirait, de quoi se nourrir et exercer Vhosdité. Les moines de la cathédrale de Durham, connaissant la té de sa vie, députèrent un de leurs anciens pour l’instruire et administrer les saints mystères à certains jours. Le démon Pattaa par diverses tentations,.qu’ilsurmonta par sa foi et son couvage. mortification était incroyable, Il porta cinquante ans durant une pique de mailles de fer sous son cilice, et un habit de laine parsus. Sa nourriture. était du pain d'orge mêlé de cendres, et des bes sauvages. cuites.et. roulées par pelotons. Il ne parlait que
Dis fois la semaine, et gardait .le silence pendant. tout l’avent et
sisi puis la Septuagésime jusqu’à l’octave de Pâques; mais quand il
lait, c'était avec une grande édification. H. passa ainsi soixante
s dans son désert. , QUn moine de Westminster étant venu le voir peu de temps après De Thomas eut été ordonné archevêque de Cantorbéri, lé saint pone lui demanda s’il était connu du nouveau prélat. Oui, répon- -il, je le connais, et il me connaît ; mais vous, mon père, le con- Bisez-vous ? Godric répondit : Je ne l'ai jamais vu des yeux du rps, mais souvent de ceux de l'esprit; et, si je le voyais, je le re maîtrais entre plusieurs autres. Le moine, surpris de ce discours, Losait l’interroger, et le saint. ajouta : Saluez-le de ma part, et lui les qu'il n’abandonne pas son dessein, car’ il est agréable à Dieu. soufirira de rudes traverses, on le chassera de son église, il sera ngtemps exilé en pays étrangers; mais, après avoir achevé le
' Voir la Vie de saint Thomas, par Jean de Salisburi, son chapelain, ainsi que Vie quadripartite,
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX. — Dei |
| 1181 de l'ère temps de sa pénitence, il rentrera dans son siége avec plus d'y | Ranulphe, ] neur qu'il n’en sera sorti. Le moine rapporta ce discours au si q ans après archevêque, qui écrivit à saint Godric, le priant de demande: Dieu la rémission de ses péchés. Nous verrons plus tard l’acey
bus qui l'hal bmbre de ses plissement de ces prédictions 1. ;
le n
Saint Godric avait pour ami et pour directeur de sa conçciog sa Nor! saint Robert, abbé de Neuminster. Robert était né dans le con Le saint, se d’York. Il se montra, dès son enfance, ennemi de tous les am Migé de donn ments du premier âge. Il n’avait de goût que pour les occupai it ajouter un: sérieuses, pour la prière gt la lecture des livres de piété. Ses étu ses vertus.
finies, il fut ordonné prêtre et chargé du gouvernement d'une » roisse dans son diocèse. Quelque temps après, il se démit de cure, et alla prendre l’habit chez les bénédictins de Notre-Dy d'York. Il se joignit à Richard, prieur de cette maison, et à dou religieux qui désiraient observer leur règle selon son austérité m mitive. Tous ces fidèles serviteurs de Dieu quittèrent le monastk avec la permission de leur abbé. Mais il leur en coûta des pei incroyables pour exécuter leur projet. Enfin le pieux Turty archevêque d’York, leur ayant donné une vallée, ils y fondère en 1123, avec des travaux infinis, la célèbre abbaye des Fontaix qui fut ainsi nommée à cause des sources qui étaient en ce lieu, Les cisterciens s'étaient depuis peu introduits en Angleterre ils avaient une maison à Rievalle. Nos fervents religieux, trour dans cet ordre le genre de vie qu'ils désiraient mener, prièrent sa Bernard de recevoir le monastère des Fontaines. Ce qu'ils demx daient leur fut accordé.
On voit, par les lettres de saint Bernard, que cette nouvelle , pinière de saints tendait à la perfection avec une ardeur extraork naire. Dès son commencement, elle fut pour tout l’ordre de Citen un modèle de mortification, de ferveur dans le chant des psaumest des autres exercices de piété, d'amour pour le travail, de zèle pos les austérités de la pénitence. Aucun murmure ne venait trouble} paix dont jouissaient ces moines. Il régnait parmi eux une sai émulation, à qui l’emporterait en charité et en humilité. Jamais ne se permettaient de repos qu'ils ne fussent entièrement épuisés à fatigues. Quelques légumes et quelques racines faisaient toute la nourriture ; encore n’en mangeaient-ils point suflisamment pa apaiser toute leur faim. Robert se distingua au-dessus des frères pi sa piété ; tous avaient les yeux fixés sur lui, et le prenaient po modèle dans chacune de leurs actions.
prière. Sans tait chargé ; jon. Il fut fa fonda un mo be amitié égal nard et sain acles attestè tauprès de Dans ce temp blin. Il était | jhe et puissant ssance de sor Kildare. Il le er à Kildare it dans sa dix de Meath. ( on lui avait r traité avec la état le plus fâ ettre son fils n de l’élever d laurice alla re rent, qui avai que son des il voulait en 1e it ce discours re ses sentinx ion dans le pr inutile d'avoir Dieu pour mc
1 Acta SS., 21 maïi.
Bd cla SS., 7 junii
Av. LXIX. — De 11 1181 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. avec plus d'y Ranulphe, baron de Morpeth, visita le monastère des Fontaines discours au si q ans après 5a fondation. Il fut si touché de la vie édifiante de de demande, jus qui l'habitaien*, qu'il demanda à l'abbé Richard un certain lus tard l’accy Embre de ses religieux. Les ayant obtenus 1137, le monastère de Neuminster, près de Morpeth, dans Je nté de Northumberland. Robert en {ut le premier abbé, Le saint, se voyant constitué en dignité, se crut plus que jamais jigé de donner l'exemple à ses frères, La place qu’il occupait semait ajouter une nouvelle force et un nouveau degré de perfection ses vertus. On ne peut exprimer jusqu'où all
» il fit bâtir pour eux, de sa conscioy é dans le conf tous les am les occupat piété. Ses étuk
ait son amour pour ment d’une p prière. Sans cesse il recommandait à Dieu les âmes de ceux dont se démit des était chargé ; nuit et jour il demandait avec larmes leur sanetifide Notre-Dy ion. Il fut favorisé du don de prophétie et de celui des miracles, iison, et à dou onda un monastère à Rivebelle, dans le comté de Northampton. on austérité ie, amitié également sainte et étroite l’unit toute sa vie avec saint nt le mon, rd et saint Godric. Robert mourut le 2"° de juin 4459. Divers oûta des pen cles attestèrent aux hommes sa sainteté et la gloire dont il jouispieux Tursty tauprès de Dieu. L'Église honore sa mémoire le jour de sa mort 1. ils y fondées ce temps, l'Irlande admirait saint Laurent, archevêque de e des Font jn. 11 était le plus jeune des fils de Maurice Otuathaile, prince nt en ce lieu, RSS. ot puissant de ja province de Leinster. Maurice profita de la n Angleterre
ssance de son fils pour terminer ses querelles avec Donald, comte Kildare. Il le pria de tenir cet enfant sur les fonts sacrés, et ! fit er à Kildare, afin qu’il y recçût le baptême. Lorsque Laurent it dans sa dixième année, son père le donna en otage à Dermith, de Meath. Ce prince se conduisit en barbare envers l'enfant te nouvelle pin lui avait remis, et il le fit garder dans un lieu désert, où il ‘deur extra traité avec la dernière inhumanité ; sa santé fut bientôt réduite rdre de Cite tat le plus fâcheux. Maurice, informé de tout, força Dermith à des psauned tre son fils entre les mains de l'évêque de Glendenoc, qui eut il, de zèle pl de l'élever dans la piété, et qui le renvoya depuis à son père. nait trouble aurice alla remercier l'évêque, et crut devoir mener avec lui eux une Süirent, qui avait alors douze ans. Il dit au prélat qu’il avait quatre ilté. Jamais D que son dessein était d'en consacrer un au service de Dieu, et nent épuisés Mi! voulait en laisser le choix à la décision du sort. Laurent enrent toute lit ce discours. Charmé de trouver cette occasion de faire conisamment politre ses sentiments, et jugeant d’ailleurs qu'il y avait de la supers des frères pion dans le projet de son père, il s’écria avec empressement : I} prenaient po utile d’avoir recours au sort. Je ne désire rien ta#t que de pren- Dieu pour mon héritage, en me dévouant au service de l'Église.
gieux, trour r, prièrent sal e qu’ils demx
Bdcia SS., 7 junii.
174 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — D
Maurice le prit alors par la main pour l'offrir au Seigneur ; pu l' présenta à l’évêque, après l'avoir mis sous la protection de ; Coëmgin, patron du diocèse. C’est un saint abbé qui vivait sixième siècle, dans le même lieu, et qui est honoré le trois
jour de juin. Le maître prit un soin extrême de son disciple,
voyait avancer chaque jour dans la pratique de toutes les vertus: Laurent a’avait encore que vingt-cinq ans, lorsque la morté leva l’évêque de Glendenoc, qui était en même temps abbé du: nastère de cette ville. On l’élut abbé, mais il ne voulrtt point ag ter l'épiscopat, alléguant pour cause de son refus la disposition canons, qui exigeaient qu’un évêque eût trente ans. Il gouvery communauté, qui était fort nombreuse, avec une piété et unes vs admirables ; et, durant les ravages d’une famine qui dure q mois, il devint, comme un autre Joseph, le sauveur du pays, par immenses charités. Mais Dieu voulut que sa vertu fût perfection
par les épreuves. De faux frères, qui ne pouvaient souffrir la 14 larité de sa conduite, ni le zèle avec lequel il condamnait . leurs BR
ordres, employèrent la calomnie pour noircir sa réputation. Il repoussa les traits que par le silence et la patience. Ses enng
furent confondus, et on rendit à sa vértu la justice qu'elle mérilk
Cepndant Grégoire, archevêque de Dublin, mourut. On luid pour successeur Laurent, qui ne pouvait plus alléguer le dé
d’âge, parce qu'il avait trente ans. Il fut sacré par Gélase, arch
que d'Armagh. Il se fit un devoir de remplir ses obligations ave application infatigable, et de veiller tout à la fois sur lui-mére sur son troupeau. Toujours il avait présent à l'ésprit le com qu'il devait rendreau souverain‘Pasteur des âmes confiées à ses sol Il réforma d’abord les mœurs du clergé, et ne choisit que de di
ministres. Ses exhortations pleines de force produisaient partout grands fruits, et l’on eût rougi de ne pas pratiquer les.vertus du donnait lui-même l'exemple,
Sa cathédrale, dite de la Sainte-Trinité,
des chanoines réguliers de l’abbaye d’Arrouaise, fondée, depuis qu
tre-vingts ans, dans le diocèse d'Arras, et qu jouissait d’une si hall
réputation de sa.ateté, qu’elle devint le chef-lieu d'une congrégti
nombreuse. Laurent prit lui-même !’habitde chanoine régulier, etil
portait toujours sous celui qui était propre à sa dignité. Il mangd au réfectoire, gardait le silence aux heures prescrites. et assistill matines, qui se disaient à minuit. Ürdinairement, il restait dé
l'éc'ise jusqu’au jour, puis il allait prier pour les morts dans led
’Aetière. Jamais il ne mangeait de viande. Il jeûnait tous les vendrd
était desservie pad chanoines réguliers. Ii les engagea, vers l'an 1163, à recevoir lark
1181 de l’ère
u pain et à] iture. Il port
- ndépendamn
ourrissait ch us. il avait | pau; il était our ranimer ans la soiitu enoc, dont u once dane un ns laquelle it de la retr ec Dieu, il p« ivine. Tel éte Pour obteni que de Cantor à Salisburi qu btinrent le pa inaire.
A la fin du n
Souvelles duro
D pape Alexanc le Puy, il vin Assomption dl rma un orage L'empereur 1 us les rois et ontife romain, piscience, il er
auvaise entre) fcesseurs et q tre côté, il ers
lexandre venai aa. Lesrois de:
le pape Alex:
Bivant les mon
venait d’épous enri, comte de
rédéric. Celui-
euvres du com
D! Apud Surium. et
Ve LXUX, — De 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. Seigneur ; pui Mu pain et à l’eau, et souvent il ne rotection de siture. Il portaitun rude cilice,. bé qui vivait ndépendamment des malheur
prenait ces jours-là aucune nouret prenait fréquemment la discipline.
eux qu'il assistait par ses aumônes, il
noré le troisbourrissait chaque jour dans son palais trente pauvres, ei souvent on disciple, diBius.il avait le même zèle pour les besoins spiritucis de son troues les vertus eau ; il était surtout très-exact à leur annoncer la parole de Dieu. que la mort éBour ranimer sa ferveur, il passait de temps en temps quelques jours nps abbé dumans la solitude. 11 se retirait ordinairement au monastère de Glenuit point awenoc, dont un de ses
neveux était abbé ; mais il logeait de préfé-
a dispositiondence dane une grotte située à quelque distance du monastère, et s. Il gouvemlans laquelle saint Coëmgin avait autrefois vécu. Lorsqu'il sorété et uneswhit de la retraite, comme un autre Moïse qui vien: de s'entretenir e qui dura quélvec Dieu, il paraissait rempli d’un feu céle
ste et d’une lumière toute * du pays, pririne. Tel était saint Laurent de Dublin 4, À
fût perfection Pour obtenir son pallium du pape Alexandre, le nouvel archevésouffrir la rue de Cantorbéri, saint Thomas Becket, députa à Montpellier Jean mnait : leurs de Salisburi que déjà nous avons appris à connaître, Les députés putation, I! 1btinrent le pallium plus facilement et plus promptement qu’à l’orce. Ses enndinaire.
qu'elle mé À la fin du mois de juin 1162, ayant appris eut. On lui doouvelles du roi de France, par les deux légats qu'il lui avait envoyés, Héguer le dé pape Alexandre partit de Montpellier, et, passant par Alais, Mende télase, arch le Puy, il vint à Clermont en Auvergne je 44me d'août, veille de igations aveAssomption de la sainte Vierge. Tout allait au mieux, lorsqu'il se sur lui-méme@Brma un orage qui menaça de tout détruire. sprit le conil L'empereur Frédéric voyait tout l'univers courir après Alexandre, 1fiées à ses sus les rois et princes orthodoxes l'honorer et je respecter comme sit que de disontife romain. Ilen rougissait en lui-même ; et, accusé parsa propre aient partoutonscience, il en était effrayé. Mais il avait honte de se désister de sa les.vertus du huvaise entreprise, à cause qu'il était plus puissant que ses pré- Écesseurs et qu'il avait subjugué déjà presque toute l'Italie. D'un esservie pard@itre côté, il craignait de perdre la couronne impériale, si le pape recevoir la rBlexandre venait à prévaloir. Pour le perdre, voici la ruse qu’ilimalée, depuis péaa. Lesrois de Franice et d'Angleterre avaient solennellementreconit d’une si ai le pape Aiexandre au concile de Toulouse. Mais le roi de France,
ne congréalivant les monuments de l'époaue, était d’une simplicité de colombe.
e régulier, etlé venait d'épouser en troistè:4: noces la princesse Adèle, sœur de
rité. I mangtnri, comte de Troyes : Her: : tait allié et partisan de l’empereur
s. et assis@édéric. Celui-ci profita de toutes ces circonstances. Par les mail restait déeuvres du comte de Troyes, par des lettres qu'il écrivit lui-même
orts dans le
jus les vend: Apud Suriur, et Godescard.. 14 novemh,
les plus heureuses
176 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 114 1181 de l'ère
et d’autres qu’il fit écrire par l’antipape à certaines personnes quiout ce que j entouraient le roi de France, il travaillait à détacher ce dernier gun pareil d Pape légitime, non pas directement, mais par le biais que Voici, He lier moi-1
proposa au roide s’assembler sur les confins de leurs États r'especti avec les évêques et les seigneurs, d’y examiner l'élection d'Octavia et d'Alexandre, et de s'en rapporter à la décision des églises de Gaules, d'Italie et d'Allemagne. Le bon roi Louis, quine soupçon pas plus la malice à autrui qu’il n’en avait lui-même, trouva la pr position raisonnable. Le comte de-Troyes, envoyé de sa part, proniissez pour l’: à l’empereur plus même qu’il n’en était convenu, entre autres dirait ajouté a: mener le pape Alexandre au lieu de la conférence. Ce lieu fut m Dour ne pas p qué à Saint-Jean-de-Lône, petite ville de Bourgogne sur la Saône dB l'énoncé de alors la frontière de la France ; et le jour, la décollation de sl La conféren Jean-Baptiste, 29me d’août. Le bruit de cette conférence, s'étant eux pays. L' pandu dans les villes d'Italie, mitles catholiques dans une grade acte de ] consternation : tous conjuraient Dieu de dissiper les complots fasse, et con més contre l'antique liberté de son Église. En allant au lieu indinéMiiormé que la le roi Louis se rencontra avec le pape Alexandre, au prieuré de Sol hampagne, il vigni, et le pria de venir au rendez-vous. Mais le Pape jugea indie abbé de Veze et contraire aux décrets des saints Pères, que le chef de l'Égilikmps, et de t: et le premier Siége dût subir aucun jugement humain. Seulemalie rien toucher de l’avis de tout le monde, il y envoya cingdes meilleurs cardinaMh fureur, surt à l’unique fin d’y démontrer la légitimité de son élection et lames refus ets lité de celle de l’antipape. Ah conférence, Louis, obligé de partir sans le‘Pape, fut bien étonné en arriva iqué sur le Dijon, d'y apprendre pour la première fois du comte de Champagne revint le lend à quelles conditions il venait traiter avec l’empereur. Mon seignalhint point qu et mon roi, lui dit le comte, j'ai engagé une conférence sur laSatlhi, il n'aurait pour l’honneur de votre Majesté et pour l'utilité de votre royal a prière et Pi afin que vous et l’empereur Frédéric, avec les évêques, les abbädhaines de délai les seigneurs des deux royaumes, en présence de votre Pape etélasurer qu'il st pape de l’empereur, vous fassiez choisir de part et d'autre les jugBrescrit, et qu'i
nnaissance.
épliqua le ca jonnait l’évê crite par le ue le comit
les plus intègres, ecclésiastiques et militaires, que vous chargerudhoisis des deu: prononcer sur les deux élections. Si l'élection de Roland est trouver à Besançon la plus saine, on annulera celle d’Octavien, et l'empereur se pionsentit à tout sternera aux pieds de Roland ; si Octavien prévaut, Roland sera La conjonctu
agné des rois œnte ; ilavait !
ape Alexandre 5 y rendre, le Dence vint au se leterre, son vas
jeté, et vous, mon seigneur et mon roi, vous viendrez vous prosle ner devant Octavien: Que sil’un des deux prétendantsétait absent,s absence tournerait à l'avantage de son concurrent, reconnu salt ce cas pour vrai Pape par les deux partis. Votre Majesté refuserik elle d’acquiescer à ces conditions ? Lié que je suis par mon sermer je dois me ranger du côté de l’empereur, et tenir désormais de |
Fe LXUX, — De 1 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 177
personnes qibout ce que je tiens en fief du fisc de votre Majesté. Le roi, étonné er ce dernier g'un pareil discours : J'admire votre hardiesse, dit-il au comte, de ais que Voici, [line lier moi-même par des conditions dont je n’ai pas eu la moindre États respectif, jonnaissance. L’évêque d'Orléans me les a dictées en votre nom, ction d'Octarapipliqua le comte de Champagne ; et, sur les mauvaises défaites que
des églises donnait l'évêque aux questions du roi, il montra la lettre même ine soupçomdlpcrite par le prélat. Quoiqu’elle ne portât pas en termes exprès ce e, trouva la pue le comte voulait faire entendre qu'il y avait lu, elle en disait e sa part, proniBiBssez pour l’autoriser au moins à disculper sa démarche. L'évêque ntre autres dyMBrait ajouté aux ordres du roi par forme d'interprétation ; et le conte, Ce lieu fut maMpour ne pas perdre le fruit de sa médiation, avait pareillement ajouté sur la Saône 4 l'énoncé de l’évêque. SLT lation de sf La conférence devait se tenir au milieu du
pont qui séparait les ence, s'étant eux pays. L'empereur y parut un instant ave
c son antipape, pour
ans une gradiiire acte de présence. Le roi, de son côté, y parut en habit de es complots ffBhasse, et comme par hasard ; ensuite, parce qu'on ne l'avait inau lieu indiqélormé que la veille des conditions du traité dressé par le comte de prieuré de $o
Mampagne, il députa l'archevêque de Tours, l'évêque de Paris, e jugea indimabbé de Vezelai et quelques autres, avec commission d’obtenir du hef de l'Ég seups, et de traîner en longueur le plus qu'ils pourraient, avant que ain. SeulemaiBe rien toucher d’essentiel. Il n’en fallait pas tant pour mettre Frédéric leurs cardin n fureur, surtout quand il apprit qu’Alexandre n'était pas au camp. ection et lames refus et ses menaces faisaient attendre un éclat qui romprait
à conférence, et on le souhaitait, Mais le comte de Champagne, né en arrivallBiqué sur le point d'honneur,
ourdissait bien une autre trame.
de Champ revint le lendemain dès le grand matin déclarer au roi: qu'ils n’é-
”. Mon seipe@hient point quittes de leurs promesses ni l’un: ni l’autre ; que, pour ce sur laSam Mi, il n'aurait déjà pu se dispenser de s’avouer vassal, si ce princé, votre royaume si prière et par considération pour le roi » n'avait accordé trois seies, les abbäuines de délai, à condition que le roi lui donnât des otages, pour tre Pape et 4lBassurer qu’il se trouverait à la conférence avec Alexändre au jour l'autre les jyrescrit, et qu'il s’en tiendrait à la décision des arbitres qui seraient us chargerzitoisis des deux royaumes ; sinon, qu'il irait se rendre son prison-
land est tron@äier à Besançon. Le bon roi Louis était si délicat sur sa parole, qu’il
pereur se pionsentit à tout. | Roland ser: La conjoncture était des plus critiques. L'empereur était acc omz vous prose@agné des rois de Danemark et de Bohême; et d’une armée puisétait absent, vante ; il avait formé le dessein de s'emparer du roi de France et du econnu suléape Alexandre, au lieu même de la conférence. Si le Pape refusait esté refusent s'y rendre, le roi semblait manquer à son engagement. La Provir mon sermalSence vint au secours de l'Église et du roi très-chrétien, Le roi d’Ansormais de Mkterre, son vassal, accourut à son aide avec des troupes considéra-
XVL 42
178 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — De, à 1181 de
bles. D'un autre côté, la famine régnait dans l’armée impériale, } déconcertés tel point qu’un modique pain se payait une livre d'argent. De pl MRrevenir et l l'empereur s’aperçut que les évêques français n'étaient pas si facile MR était trop h à intimider ou à corrompre que ceux d'Allemagne. Dès lors il re bonhomie Il chercha plus qu’un moyen honnête de se retirer au plus tôt. Il em. Au miliet ploya le suivant. avait toujoi Au jour indiqué, le roi Louis se rendit fidèlement au lieu deh M rial, que l’e conférence. Il demanda d’abord qu'on lui lût les articles dont k M l'empereur « comte de Champagne était convenu avec l'empereur, et en vertu M des peuples. desquels on devait choisir des juges dans les deux royaumes. À «MR plus sage qu propos, le chancelier Rainald, archevêque élu de Cologne, répo. Mi promesse. À dit que l’empereur ne l’entendait pas de la sorte, et dit au ro Méreurs : la po Notre seigneur Frédéric, empereur des Romains et spécial av génération ; de l’Église romaine, vous mande qu’il n’appartient à aucuns prélt MR trônes. de juger de l'élection du Pontife romain, sinon à ceux qui viva Pendant sous l'empire romain. En conséquence, il est bon et juste que, aMtdre s'était re vos évêques et votre clergé, vous veniez trouver l'empereur comm 1 Berri. Le votre ami et votre allié, et que vous écoutiez sa sentence. devant lui, 1 À ces mots, le roi, souriant quelque peu, se prit à dire : Je m'.Wfi la bouche. tonne qu'un ‘homme prudent nous envoie conter des fables. L'en. BR blement et s pereur ignore-t-il que Notre-Seigneur Jésus-Christ, étant sur la terme retira trois jo: a chargé le bienheureux Pierre, et par lui tous ses successeurs, ksidérables au paître ses ouailles ? N’a-t-il pas entendu dans l'Évangile que kirence de Sair même Fils de Dieu a dit au même prince des apôtres : SinoMse trouvèren m'aimés-tu ? Pais mes brebis. Est-ce que les rois et les prélats 4 Alexandre av France sont ici exceptés ? Est-ce que les évêques de mon royamMfmerchant à p ne sont pas des brebis que le Fils de Dien à confiées au bienheurealM}de son cheval Pierre ? C'était cert Puis, se tournant vers le comte de Champagne : Les conditin ces deux Fois que vous avez acceptées, lui dit-il, ne sont-ce pas les mêmes qu disputent pac vous m'avez proposées ? Ce sont les mêmes, répondit le comte Christ, dans L Champagne. Voilà cependant, dit le roi, que l'empereur n’est ponfirereur, le dé
ici, comme vous rne l'aviez promis. Voilà, de plus, que ses envoyi Le pape AI changent devant vous les clauses de votre arrété. Je n’en puis dis de Bourg-Die convenir, dit encore le comte. Je suis donc dégagé de ma parole, fil ariva pour
ement de l’a le roi de Fran de ses bârons lieues. Dès qu
pliqua le roi. Vous en êtes dégagé, continua le comte. Le roi, lie dessus, s'adressant aux évêques et aux autres seigneurs : Vous lard entendu, ajouta-t-il, vous l'avez vu, comme j'ai rempli de box grâce tout ce qu’on pouvait exiger de moi ; prononcez, si je ne sui pas libre à présent. Tous dirent qu'ils le Jjugeaient parfaitement libre, A l'instant même ie roi, qui était monté sur un cheval, tourna brit et pique subitement de l’autre côté du pont. Les impériaux, fn
l'Acla Alez., :
H6?. Hist, de l'E
+ LXIX, — De,
née impériale, } , x. asile: vont rgent. De plu Mrevenir et l'assurant qu'il serait satisfait de l'empereur. Mais le roi nt pas si facil était trop heureux de s’être tiré d'un mauvais pas, où sa confiante . Dès lors il M bonhomie l'avait engagé imprudemment 1. plus tôt; Il em. Au milieu de ses ruses et de ses violences, Frédéric Barberousse avait toujours en vue de réaliser ce principe du despotisme impérial, que l'empereur était l'unique souverain de toute la terre; que l'empereur était la loi vivante, d'où dérivent tous les droitsdes rois et des peuples. Frédéric, ave sa politique sans foi ni loi , se croyait bien plus sage que Louis, avec sa délicatesse excessive sur sa parole et sa promesse. Mais il est un Dieu juste par-dessus les rois et les empereurs : la postérité de Frédéric Barberousse s'éteignit à la quatrième génération ; la postérité du bon roi Louis règne encore sur plusieurs trônes.
Pendant les conférences de Saint-Jean-de-Lône, le pape Alexandre s'était retiré au monastère de Bourg-Dieu, près de Châteauroux jen Berri. Le roi d’Angieterre y vint lui rendre visite, se prosterna devant lui, lui baïsa les pieds, lui offrit des présents d’or et le baisa à la bouche. On lui avait préparé un fauteuil, mais il le refusa humblement et s’assit à terre aux pieds du Pape, avec ses barons. 11 se retira trois jours après, fort content, ayant fait encore des présents considérables au Pape et aux cardinaux. Quelque temps après la conférence de Saint-Jean-de-Lône, le roi de France et le roi d'Angleterre se trouvèrent ensemble à Touci-sur-Loire, et y reçurent le pape Alexandre avec l'honneur convenable ; ils le conduisirent à sa tente, marchant à pied à côté de lui, et tenant à droite et à gauche la bride de son cheval ?.
C'était certainement un spectacle digne du ciel et de la terre, que ces deux rois puissants, toujours rivaux, souvent en guerre, qui se disputent pacifiquement à qui rendra le plus d'honneur au vicaire du Christ, dans le moment même qu'il est le plus persécuté par l'empereur, le défenseur titulaire de l’Église.
Le pape Alexandre, après avoir séjourné longtemps au monastère de Bourg-Dieu, dont il dédia le grand autel, se rendit à Tours, où arriva pour la Saint-Michel et célébra la fête de Noël. Au commenement de l’année suivante 1163, il vint à Paris pour conférer avec le roi de France. Toujours pieux et prévenant, Louis, accompagné de ses bärons et de ses chevaliers, alla au-devant e lui jusqu'à deux lieues. Dès qu’il l’aperçut, il descendit de cheval, et courut lui tenir
à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 179
nt au lieu de articles dont k ur, et en ver royaumes. À % ologne, rép.
et dit au ri:
t spécial avoct à aucuns préht ceux qui vive juste que, aw npereur comme ence.
à dire : Je mx > fables. L'en.
tant sur later successeurs, de Évangile que k pôtres : Simo, et les prélats de } MON r'Oyaun au bienheurex
Les condition les mêmes qu dit le comte di reur n’est poil que ses envoyà » n'en puis dix > ma parole, + nte. Le roi, l:
rs : Vous l'a »mpli de bon ez, si je ne sui faitement lib, al, tourna brit impériaux, lo
Acla Alex., apud Baron., an. 1182. Hist, Monast. Visel., apud Pagi., an. HG, Hist, de l'Église gall., 1. 26. — ? Apud Baron., an. 11(.
déconcertés de ce brusque adieu, courent à sa suite, le priant de
+ | br amaper aan der iaanie nmges di htm +
l'étrieret lui baiser les pieds, après quoi ils s'embrassèrent. Ils en. trèrent dans la ville, marchant ensemble ; le clergé vint au-deva avec une immense procession, et, au milieu de la joie publique, con. duisit le Pape et les cardinaux à l’église cathédrale, Le Pape de. meura à Paris pendant le carême, et y célébra la fête de Pâques qui fut le 24me de mars. Il y bénit et posa la première pierre de l'4, glise de Notre-Dame, que l'évêque Maurice de Sully entreprit de bâtir. Il en partit peu après Pâques, passa par Chartres, et revint; Tours, où il avait convoqué un concile général pour l’octave de l Pentecôte, c'est-à-dire le 19me de mai 1,
Le concile se tint effectivement le jour indiqué, On y compta dir. sept cardinaux, cent vingt-quatre évêques et quatre cent quatorx abbés de tous les pays où Alexandre était reconnu, mais partiu. lièrement de France et d'Angleterre, avec un nombre presque infhnj des ecclésiastiques les pius distingués du monde chrétien. Arnoul évêque de Lisieux, que déjà nous avons appris à connaître, fut charg par le Pape de faire l’ouverture-du concile par un discours : il se acquitta dignement.
Avant que de rien toucher des cônjonctures du temps, qui étaient son objet, il: s’excuse modestement sur les ordres du Pape de h hardiesse qu’il a de se produire dans une -assemblée si auguste, |
(Liv, LXIX, — De ty
dit que trois choses sont nécessaires à un prédicateur, la sainteté, à
la science et l'éloquence : la sainteté pour édifier; la science pour instruire, l’éloquence pour plaire ; mais que lui, ne se reconnaissant aucune de ces qualités , avait au moins pour ressource l'autorité du Pontife qui lui commandait de parler, et les mérites de ceux devant qui il parlait.
Il se représente l'Église de Dieu cruellement attaquée par deu sortes d'ennemis, l’ambition des schismatiques qui s'efforcent de dé chirer son unité, la violence des tyrans qui s'efforcent de lui ravir a liberté : unité et liberté sans lesquelles l’Église ne serait plus ; unité que Dieu le Père a rendue impérissable par l'union indissoluble entr le Christ et son Église ; liberté qu’il est impossible de ravir à l'Église de Dieu, Jésus-Christ la lui ayant acquise et assurée au prix de sn sang. Les schismatiques qui, voulant la déchirer, se séparent d'elle c’est la paille qui s'envole de l’aire, le bon grain y reste, y devient même plus pur : l'Église, cette aire mystérieuse, n’en demeure px moins une. Les tyrans ont beau lui ravir ses biens et tourmenter le corps, leur impuissance n’en paraît pas moins ; l'Église de Dieu n'en fait pas moins librement ce qu’elle juge devoir faire : ces tyrans su-
1 Acta, apud Baron., 1163.
à 1181 de l’èr perbes, ell
4 nathème, et
clise, tels s propose au Iltraite a
vexations
braver, sur | que autre p4 sommes évê(
Esanctiliés par
relevés par le nous autorise nous, en nou mandent l’éci nous... Mais a confié son
prêts à le lui une applicatic
nulle tribulati
adversaires qu Arnoul rass:
urée. Nous ax
que l’exceptior elui-là même
ailleurs, il a à
lise romaine :
Bratitude ; car 1
LXIX, — De jtyy à 1181 de l'ère chr.] L'ÉGL.5E CATHOLIQUE. 81
ssèrent. Ils en. | vint au-devan MR perbes, elle les enchaîne comme des esclaves dans les liens de l'a-
publique, con, M nathème, et les voue à un opprobre éternel, Unité et liberté de l'Éee * deux principaux points que l'évêque de Lisieux
iso ]s S Le Pape de. glise, l
ête de Pâques, MA Propose 1 … . e trim à. ra et
» pierre de ré MN Il trai e au long des ob igations d ‘piscopat dans la triste situay entreprit de MN tion où l'o tait ; point de peines qu L ne fallût prendre, point de es, et revinty MMvexations L le fallüt supporter poin périls qu il ne fallût l'octave de 4 Mbrav r, sur l'espérance de rega, © leur ambition ou quel-
que autre passion arrachait à la communion de leurs frères. Nous y compta dir. sommes cvêques, disait-il ; c e6t pour cela que nous voulons être cent quators psanciliés par les sacrer ts de l'Église, enrichis par ses bénéfices, mais particue relevés par les honneurs qu’elle nous confère. C’est pour cela qu'elle presque inf Mprous autorise à occuper les premiers rangs, et qu'inclinés devant tien. Arnou, MRaous, en nous demandant notre bénédiction, les peuples nous detre, fut chargé mandent | écoulement de la plénitude que Jésus-Christ répand sur nous... Mais que lui rendons-nous pe" tant de bienfaits? S'il nous a confié son héritage, qui est le Prix de son sang, sommes-nous 8, qui étaie prêts à le lui conserver au prix du nôtre ? Y travaillon US avec lu Pape de h Me application et un courage que nulle menace, nulle persécution, si auguste, | nulle tribulation ne ralentisse dde Prévenons-nous, sacrifions-nous seulement les chagrins réciproques qui pourraient altérer gotre union ? Demeurons unis, et nous serons invincibles ; demeurons unis, Det nous serons réellement cette Église de Dieu, aussi terrible à ses adversaires qu’une armée rangée en bataille. ÿ Arnoul rassure les plus timides par l'assistance. qui leur était asjurée. Nous avons pour nous les habitants du ciel ; nous avons pour uée par deux MU vos mérites et vos prières ; nous avons pour nous le dévoueforcent de dé ment des rois catholiques ; nous avons pour nous presque tous ceux ui portent le nom de Chrétien ? Auprès de cette multitude, qu'est-ce it plus ; unit que l'exception d’un seul? Encore, par la miséricorde de Dieu, soluble entr: elui-à même se convertira et vivra; car, entre les princes de la avir à l'Églie Mterre, il serait louable pour sa grande prudence et vertu, s'il n'avait a prix de son MMS Sa gloire avant la gloire divine, Puisse-t-il s’humilier sous la parent d'elle Main puissante de Dieu, et reconnaître que la principauté de l'Église te, y devient st au-dessus de la sienne | Puisse-t-il comprendre que, s il recondemeure ps jait pour son Seigneur l'époux divin de l’Église, il doit nécessaireueménter id pent reconnaitre pour sa dame l'Église elle-même, qui est épouse ! Ho DE 1 ailleurs, il a un motif spécial de reconnaitre la seigneurie de l'Ées tyrans sir lise romane ; autrement il se rend manifestement coupable d’inp'aitude; car l'histoire nous apprend que ses prédécesseurs n’ont eçu l'empire que par la seule grâce de l’Église romaine. Enfin nous pions l'assistance toujours présente de Jésus-Christ, qui a dit: Je
Cours : il s'en
r, la sainteté | science pour reconnaissant > l'autorité du e ceux devant
le lui ravir si
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