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276 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Deiiss
dit-il, pour la cause de Dieu et de son Église, et toute la grâce que je demande, c'est que mon sang lui rende la paix et la liberté qu'on veut lui ravir. » Il se prosterne devant Dieu; et, comme dans le sacrifice solennel nous appelons les saints pour être nos intercesseurs, il n'omet pas une partie si considérable de cette cérémonie sacrée. il appelle les saints martyrs et la sainte Vierge au secours de l'Églig opprimée; il ne parle que de l'Église; il n'a'que l'Église dans le cœw et dans la bouche; et, abattu par le coup, sa langue, froide et ina. nimée, semble encore nommer l'Église 1. »
Un homme qui n’a pas la foi, ou qui n’a pas une foi bien vive et bien éclairée, serait porté à croire que tout fut perdu pour l'Église par la mort du saint archevêque. Ce sera tout le contraire. « C'est une loi établie, ditencore Bossuet dans le panégyrique de notre saint, que l'Église ne peut jouir d'aucun avantage qui ne lui coûte h mort de ses enfants, et que, pour affermir ses droits, il faut qu'elle répande du säng, Son Époux l'a rachetée par le sang qu'il a versé pour elle, et il veut qu’elle achète par un prix semblable les grâces qu'il lui accorde. C’est par le sang des martyrs qu'eile a étendu ses conquêtes bien au delà de l'empire romain; son sang lui a procuré et la paix dont elle a joui sous les empereurs chrétiens, et la victoire qu’elle a remportée sur les empereurs infidèles. 11 paraît donc qu'elle devait du sang à l’affermissement de son autorité, comme elle en avait donné à l'établissement de sa doctrine, et ainsi la discipline, aussi bien que la foi de l'Église, a dû avoir des martyrs. C'est pour cette cause que notre glorieux saint a donné sa vie, Nous avons honoré, ces derniers jours, le premier martyr de la foi; aujourd'hui nous célébrons le triomphe du premier martyr de la discipline; et, afin que tout le monde comprenne combien ce martyre aété semblable à ceux que nous ont fait voir les anciennes persécutions, je m'attacherai à vous montrer que la mort de notre saint archevêque a opéré les mêmes merveilles dans la cause de la discipline, que celle des autres martyrs a autrefois opérées lorsqu'il s'agissait de la croyance ?, »
À la nouvellé du meurtre, toute la ville de Cantorbéri fut conster. née. Les riches, saisis. de crainte, demeurèrent dans leurs maisons; mais les pauvres et les gens du peuple accoururent aussitôt à l'église pleurer leur père. Ils lui baisaient les mains et les pieds, ils recueil laient son sang, s’en frottaient les yeux et y trempaient des lambeaux de leurs habits. Ce qui en demeura sur le pavé fut ramassé
1 Bossuct, Panég. de S, Thomas de Cantorbéri, t. 16, p. 591, édit, de Versailles. — 3 Ibid., p. 579.
a1181 de
wigneuse 54 l'église. L et passère main mat grande tri prélat, po dre au gib moines, al Ils fermèr.
pelle soute labit mon «xemple, d veau des tc tiquait cett taux ; on 1 j dans cette.
Bclse deme: dépouilla 1 térent l'offic Le roi d’ ya, peu < béri, assem malheur qu ni; que, pe et n'a pris a de consolati, & réputatio rait pas aisé s'est plaint tés. L'action jusqu'ici le jr one quelq de tous ceux ous les resse douleur, ni partageant sc ait plus d’ lement et vin omme il les le SOn royaut leur ; mai eroi croyait |
ménsnate UE Me chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 277 oute la grâce que wigneusement et mis dans un vase précieux, pour le garder dans + la liberté qu'on À l'église. Les moines mirent le corps sur un brancard devant l'autel, omme dans le sa. passèrent la nuit auprès, en larmes et en prières. Mais, le lendenos intercesseurs, min matin, on leur vint dire qu'il y avait hors de la ville une érémonie sacrée. gande troupe de gens armés qui voulaient enlever le corps dû saint secours de l'Églie prélat, pour le traîner par les rues à la queue des chevaux, le penglise dans le PU D dre au gibet ou le mettre en pièces et le jeter dans un bourbier. Les ue, froide et ina. moines, alarmés de ce bruit, résolurent de l'enterrer promptement. ; Il fermèrent les portes de l'église et portèrent le corps dans la chane foi bien vive & pelle souterraine, où, l'ayant dépouillé, ils trouvèrent que, sous son rdu pour l'Église bit monastique, il portait un rude cilice, et, ce qui était sans contraire, « C'est aemple, des fémoraux de même étoffe. Ce spectacle atlira de nousyrique de note des torrents de larmes ; car on avait ignoré jusque-là qu'il prajui ne lui coûte fquait cette austérité. On le revétit par-dessus de ses habits pontifiz its, il faut qu'ele &ux ; On le mit dans un tombeau de marbre tout neuf, qui se trouva sang qu'il a ver tte chapelle, et on en ferma les portes soigñeusement. L’énblable les grâces ME 4lse demeura interdite près d’une année : on couvrit les croix et on ile a étendu ss dépouilla les autels comine au vendredi saint, et les moines réciang lui a procuré lent l'office dans leur chapitre, sans chanter. ens, et la victoire LE roi d'Angleterre, ayant appris la mort de saint Thomas, enaraît donc qu'elk ‘0ya, peu de jours apres, de ses clercs, qui, étant arrivés à Cantor- Liiosbr à es b ri, assemblèrent les moines de la cathédrale, et leur dirent : Le nsi la discip in, malheur qui est arrivé chez vous, mes frères, a tellement affligé le rtyrs. C'est pour wi, que, pendant trois jours, il s’est abstenu d’entrer dans l'église, ; Nous ss j in pris aucune nourriture que du lait d'amande. Il n’a point reçu foi Lx eujounl “i de consolation et n’a point paru en public, sachant le tort que fait à la discip Ji " &réputation cette cruelle action des siens, et qu’on ne se persuadeane pas aisément qu'il n'ait point désiré Ja mort d’un homme dont PAPReQUNIONN is'est plaint si souvent comme du seul qui s’opposait à ses volonmat agi ls. L'action est détestable et inouïe, et la conduite que le roi a tenue e discip Jin 6 : jusqu'ici le justifie assez de n’en être pas complice; mais, ce qui lui Noaghasaitidel donne quelques remords, c'est qu'ayant appris l'excommunication 2 à Be tous ceux qui avaient assisté au sacre de son fils, lorsqu'il croyait pers. fut SAME ous les ressentiments étouffés par la paix, ilne put dissimuler sa , leurs mt douleur, ni s'empêcher de s’en plaindre à ses confidents. Ceux-ci APRES à Lg À Partageant son ressentiment et d'autant plus animés que le prélat lui eds) 1 e rit plus d'obligation, il s’en trouva quatre qui se retirèrent secrè- AP tanS ds sa kment et vinrent commettre ce crime, croyant plaire au roi. Or, pau Lt ca mme il les connaissait pour les plus emportés et les plus méchants “Son royaume, il envoya en diligence après eux pour prévenir ce 591, édit, de Ver- alheur ; mais ils étaient déjà passés, et firent leur coup le jour que eroi croyait les avoir auprès de lui. Voilà » mes frères, ce que nous
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avons charge de vous dire, afin que vous n'ayez aucun Mauvais soupçon du roi,.et que vous demandiez à Dieu le pardon dé la faute qu’il peut avoir faite en donnant, par ses discours, occasion à ce crime. Donnez au cor”s une sépulture honorable : le roi n’a plus de ressentiment contre le mort 1. Ainsi parlèrent les envoyés du roi d'Angleterre.
Cependant deux docteurs, Alexandre le Gallois etGontier de Flan dre, qui avaient été auprès de saint Thomas. jusqu’à sa mort, allé. rent en porter la nouvelle au Pape, chargés de plusieurs lettres de recommandation du roi de France’; de Thibaut, comte de Blois, et de Guillaume, archevêque de Sens, qui tous demandaient justice ay Pape de ce meurtré, traitant le saint prélat de martyr, et témoignant qu’il se faisait déjà des miracles à son tombeau ?. Le roi d'Angleterre
envoya au Pape de son côté; et Arnoul, évêque de Lisie‘ix, un de À
plus éloquents prélats de son obéissance, écrivit en sa faveur une lettre où il représente la douleur du roi si violente, que l'on craignait même paur sa vie, et pric le Pape de punir les : coupables suivant l'énormité . de leur crime, mais d’avoir. égard à l'innocence de prince. La lettre était au nom de tous les évêques d'Angleterre ?, Ceux d’entre ces évêques qui étaient excommuniés ou suspens avaient envoyé des députés à Rome pour solliciter léur absclution, Leurs députés avaient quelque espoir de l'obtenir, lorsque arriva } Rome la nouvelle du meurtre de l'archevêque de Cantorbéri. Le pape
Alexandre en fut troublé à tel point, que, pendant près de huit jours à
les siens mêmes ne purent lui parler. Il y eut une défense générale de donner aux Anglais: aucun accès auprès de lui, et toutes les affaires demeurèrent en suspens. C’est que le Pape se reprochait d# voir mal soutenu la cause de l'Église, pour laquelle Thomas ai tant souffert pendant six aus, et d’avoir enfin livré ce prélatentrels mains de ses persécuteurs 4.
Ceux que le roi d'Angleterre envoya pour s’excuser de sa mo furent les évêques de Worchester et d'Évreux, l'abbé de Vallos l’archidiacre de Salisburi et cinquante autres, entre lesquels était un templier.-Ils furent arrêtés à Sienne, où le comte Macaire ne leu permit pas de passer outre. Cependant ils craignaient fort de ne pa arriver auprès du Pape assez tôt pour empêcher qu'il ne pronondl excommunication contre le roi d'Angleterre, et interdit sur sn royaume ; car c'est de quoi ce prince était le plus en peine, à cau# des suites que ces censures avaient pour le temporel. Or, c'étaitk
1 Gesta post mart., c. 1.—3%L, 5, epist, 78, 80, 81. — 3 Epist, %. + Epist. 84.
coutume jeudi sa résolure prendrai
leur charg
votre comm jeudi saint, de none, les onsistoire ;
ez aucun mauvais > pardon dé la faute urs, OCCasion à ce : le roi n’a plus de es envoyés du ro
11181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 279
œutume de l'Église romaine de publier les excommunications le judi saint, qui n'était pas éloigné. Les envoyés du roi d'Angleterre solurent donc, par délibération commune, que quatre d’entre eux pendraient les devants pour prévenir le jour fatal, à quelque prix que ce fût.
Ces quatre étaient l’abbé de Vallace, les archidiacres de Salisburi de Lisieux, et un docteur nommé Henri. Ils partirent de Sienne sorètement, à minuit ;-et, ayant à grand'peine'traversé des rnontames escarpées et des lieux impraticables, ils arrivèrent à Tusculm,où était le Pape, le samedi avant le dimanche des Rameaux, qui cette année 1171, était le 22 mars, Pâques étant le 28. Le Pape ne voulut point les voir, et la plupart des cardinaux daigèrent à peine leur parler. Toutefois, ils firent tant par les amis du roi, leur maître, que l'abbé de Vallace et l’archidiacre de Lisieux
s etGontier de Flan.
qu'à sa mort, all.
plusieurs lettres de , comte de Blois, et andaient justice ay rtyr, et témoignant Le roi d'Angleterre > de Lisie‘ix, un des À en sa faveur une >, que l'on craignait * coupables suivant à l'innocence de d'Angleterre ?, muniés Ou suspens ter leur absclution.
ir, lorsque arriva Cantorbéri. Le piape t près dehuit jours, e défense générale Jui, et toutes leurs e se reprochait d'#
Lstôt qu’ils prononcèrent le nom du roi d'Angleterre en saluant le Pape de sa part, toute la cour romaine s’écria : Arrêtez, arrêtez ! wmme si le Pape n’eût pu entendre ce nom sans horreur. Le soir, iseurent une audience particulière du Pape, où ils lui exposèrent kur charge, relevant les bienfaits dont: ie roi avait comblé le défunt achevêque, et les injures qu’il prétendait en avoir reçues. Ce qu'ils rtpétèrent encore devant tous les cardinaux, et en présence des deux députés Alexandre et Gontier, qui demandaient justice de la mort Miusaint prélat..
D Les députés du roi, voyant approcher le jeudi saint, et sachant «rlainement que l’on avait très-longtemps délibéré touchant les censures que l’on devait jeter sur lui, et sur son royaume, s’adressèrent à quelques cardinaux qu’ils savaient étre les plus affectionnés au roi, kur maître, et les conjurèrent de leur découvrir l'intention du Pape. Il ie leur rapportèrent rien que de sinistre ; et lés envoyés surent que, ce jour-là, le Pape, de l'avis de tous les cardinaux, avait résolu de prononcer l'interdit contrele roi et contre tous ses États. En cette atrémité, ils essayèrent, par le moyen des cardinaux et des domesiques du Pape, d'obtenir du moins un délai jusqu’à l'arrivée des deux évêques de Worchester et d'Évreux. N'y ayant pu réussir, ils Ksolurent de prendre sur eux le péril; et, par le moyen des mêmes dinaux bien intentionnés pour eux, ils firent dire au Pape : Nous avons ordre du roi de juret en votre présence qu’il s’en tiendra à otre commandement, et qu'il le jurera en personne. Ce jour du jeudi saint, qui, cette année 1171, était le 25" de mars, vers l'heure denone, les envoyés du roi et ceux des évêques furent appelés au onsistoire général, Les envoyés du roi firent le serment qu'ils avaient
l'abbé de Valle, re lesquels était ur ite Macaire ne leu
qu'il ne prononçi : interdit sur si s en peine, à cauÿ orel. Or, c'était k
le — 9 Epist, %.
firent admis à l'audience du Pape, comme les moins suspects. Mais,
à DE ner nas PIE
on
280 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — Deijsy
offert ; les envoyés de l'archevêque d’York et des évêques de Lon. dres et de Salisburi jurèrent de même que leurs maîtres exécute.
41181 de
avant sa
subsis
raient l’ordre du Pape. Et, le même jour, le Pape excommunia gé. | : Le roi néralement'les meurtriers de l'archevêque, tous ceux qui leur avaient A cents voi donné conseil, aide ou consentement, et tous ceux qui leur don. MM vec son neraient retraite dans leurs terres, ou quelque. sorte de protec. MW; ses ord tion. Mida, et Après Pâques, arrivèrent les évêques de Worchester et d'Évren, naught, c qui, après avoir été à la cour de Rome plus de quinze jours, furent prélats y appelés pour entendre la réponse du Pape. Il confirma la sentenes d'Armagl de l'interdit que l’archevêque de Sens avait prononcé sur les terres M de Tuam. de l’obéissance du roi, de deçà la mer, et la sentence de suspense et M abbés. Ils d'excommunication contre les évêques d'Angleterre, et ajouta qu'i M frent sert enverrait des légats au roi pour connaître sa soumission. Ensuite, RS Dans la st après bien des sollicitations, par l’intercession de quelques cardi. BR prélats d’ naux, et, à ce que l’on disait, moyennant beaucoup d'argent, les en. Metses suc voyés obtinrent que le Pape écrirait à l'archevêque de Bourges que MR uvait déj si, dans un mois après le retour des envoyés du roi en Normandie, Bi entrer et « il n'avait point de nouvellé que les légats aient passé les Alpes jB Pendani absoudrait de l’excommunication les évêques de Londres et de Sa. BR rembre 41 lisburi, après leur avoir fait prêter serment d’obéir aux ordres du M de Landaf Pape: bien entendu qu'eux :et les autres demeureraient suspens, ME pays, sous C'est ainsi que les envoyés du roi d'Angleterre se retirèrent de h d'Irlande, cour de Rome, et ils eurent bien de la peine à obtenir que le Pape ge. 11 éta lui écrivit 1, , vache blan Le roi Henri, ayant appris la résolution du Pape de lui envoyer présida Ch des légats, se pressa de passer en Angleterre, et donna ordre & Siége : on garder soigneusement, tant deçà que delà la mer, si quelqu'un M dans le pa: trouvait chargé de lettre d’interdit, de l'arrêter et de le mettre ea D on dressa | prison ; et de ne laïsser passer aucr clerc, qu’il ne jurât de n'avoir On ordo: aucun mauvais dessein: contre le rot et le royaume. Le roi arriva à LS que suivan Portsmouth lé troisième jour d'août, et assembla une armée consi- prenaient a dérable pour passer en Irlande, où il était appelé pour en étrere- M ches paren Connu souverain. Il croyait y être aussi plus-en sûreté qu’en Angl- DS ctéchumèi terre, contre l’interdit qu'il eraignait. En passant, il visita le frèt ÆStres, dans « du roi Étienne, Henri, évêque de Winchester, malade à l'extrémité; BB mort : au li ce vénérable prélat lui fit de grands reproches de la mort du sai ES nde, que, archevêque, et lui prédit qu'elle lui attirerait plusieurs adversité. DS ke plongeait Il mourut chargé d'années, le 8me du même mois d'août, ayant fant d’un ric
rempli le siége de Winchester quarante-deux ans. Il avait, deux ans
1 L. 5, eprst. 83 et 84.
Liv. LXIX, — De1153
s évêques de Lon.
s maîtres exécute.
)e EXCOMMuUnia gé. | ux qui leur avaient eux qui leur don.
e. sorte de prote.
11181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. st
sant sa mort, distribué tous ses biens en aumônes, ne gardant que k subsistance absolument nécessaire 1.
Le roi d'Angleterre passa. en Irlande avec une flotte de quatre ents voiles ; et, le lendemain de son arrivée, 18me d'octobre, il vint axec son armée à Waterford, où il séjourna quinze jours. Là vinrent, ises ordres, les quatre rois de Cork, de Limerick, d’Oxerick et de Hida, et presque tous les seigneurs d'Irlande, hors le roi de Conmught, qui prétendait en être seul le monarque suprême. Tous les prélats y vinrent aussi, savoir : les quatre archevèques, Gélase d'Armagh, Donat de Cassel, saint Laurent de Dublin, Catholique de Tuam ; les évêques leurs suffragants, au nombre de huit, et les abbés. Ils reçurent tous Henri pour seigneur et roi d'Irlande, et lui firent serment de fidélité, à lui et à ses successeurs, à perpétuité. Dans la suite, le roi d'Angleterre envoya au Pape les lettres des prélats d'Irlande, et obtint la confirmation de ce royaume pour lui Doses successeurs, par. l'autorité du Siége apostolique, comme il aait déjà obtenu du pape Adrien IV, en 1156, la permission d'y entrer et de s’en rendre maitre 2;
Pendant. que le roi Henri était en Irlande et vers le 6me de novembre 4471, il envoya N icolas, son chapelain, et Raoul, archidiacre de Landaff, tenir un concile général à Cassel, avec les prélats du pays, sous le bon plaisir du Pape. L’archevêque d'Armagh, primat d'Irlande; ne put s’y trouver à cause de ses infirmités et de son grand ie. Îl était en réputation de sainteté, et ne vivait-que du lait d'une vache blanche, qu'il faisait mener partout avec lui. En ce concile présida Christian, évêque de Lismor, en qualité de légat du Saint- Siége : on y fit publiquement le rapport des désordres qui régnaient dans le pays, et.on les rédigea par écrit sous le sceau du légat ; puis Don dressa huit canons, Pour. y apporter le remède convenable. .
On ordonna premièrement.que les mariages ne seraient contractés que suivant les lois de l’Église, au lieu que la plupart vs Irlandais prenaient autant de femmes qu'ils en voulaient, et souvent leurs proches parentes ; que les:enfants seraient portés à l’église pour être faits aléchumènes à la porte, et, ensuite baptisés aux fonts par les prétres, dans de l’eau pure, avec lés trois immersions, hors le péril de mort : au lieu qu'auparavant: la coutume était, en divers lieux d’Irlande, que, sitôt qu'un enfant était né, son père ou le premier venu le plongeait trois fois dans de l'eau, ou dans du lait, si c'était l'enfant d’un riche ; puis on jetait cette eau ou ce lait , Comme sale, On
hester et d'Évrem, uinze jours, furent nfirma la sentence oncé sur les terres nce de suspense et re, et ajouta qui umission. Ensuite, e quelques cardi.
1p d'argent, lesen.
ue de Bourges que roi en Normandie, passé les Alpes, il Londres et de Sa.
éir aux ordres du ireraient suspens, se retirèrent de là tenir que le Pape
pe de lui envoyer t donna ordre de r, si quelqu'un de le mettre 1e jurât de n'avoir 1e. Le roi arrivai une armée consié pour en étre rereté qu’en Angkt, il visite le frère ide à l'extrémité; la mort du sait sieurs adversités.
is d'août, ayait Il avait, deux an
\Gervas., p. 1419. Radulph., Dicet., P- 457, Gir., Cambr, — ? Guill. Neubrig., 1, 2, c.26. Roger, Hoveden., p. 521. Labbe,t. 10, p. 1423.
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ordonna encore que l’on payerait à l'église paroissiale la dtme du bétail, des fruits et de tous autres revenus. C'est que plusieurs n'en avaient jamais payé, et ne savaient pasmême si elles étaient. dues, Que toutes les terres ecclésiastiques seraient exemptes de toute exaction des séculiers; particulièrement des repas et de l'hospitalité qu'ils se faisaient donner par violence. Que les clercs ne séraient point, obligés de contribuer avec les autres parents, pour la composition d'un meurtre commis par un laïque. Que tous les fidèles, étant malades, feraient testament en présence de leur confesseur et de leurs Voisins, et diviseraient leurs biens.en trois parts : une pour leurs enfants, l’autre pour leur femme, la troisième pour leurs funérailles, et aussi pour qu'on prie pour eux. Que ceux qui mourraïient avec une bonne confession seraient enterrés suivant l'usage de l'Église, avec les messes et les vigiles. Enfin on ordonna que l'office divin serait partoutcélé. bré suivant l'usage de l’église anglicane. Depuis ce temps, l'Irlande prit une nouvelle forme pour le temporel et le spirituel.
Pendant la tenue de ce concile, le roi Henri vint à Dublin vers la Saint-Martin de l'an 1171, et y demeura jusqu’à la Purification de l’année suivante. Là il confirma les décrets du concile de Cassel; el ‘archevêque d'Armagh, qui n'y avait pas assisté, y vint trouver le roi et témoigner qu'il se conformait entièrement à ses volontés, Les Irlandais bâtirent au roi un palais de perches à la manière du pays, hors la ville dé Dublin, près de l'église de Saint-André, et il ytintsr cour à la fête de Noël. On tint, vers le mêrne temps, à Armagh, un autre concile général d'Irlande, où l'on ordonna de mettre en libert tous les Anglais qui se trouveraient en esclavage par toute l’île. C'est que le concile fut persuadé que les Irlandais étaient: alors souris à domination des Anglais en punition de leurs crimes, et particulière. ment parce qu'ils avaient accoutumé d'acheter les Anglais des mar. chands et des pirates, pour les mettre en servitude 1.
Le roi d’Anglèterre était encore en Irlande quand les légats que le Pape avait promis d'envoyer pour connaître sa soumission arrivé rent en Normandie. C’étaient deux cardinaux-prêtres, Théoduin, du titre de Saint-Vital, et Albert, chancelier de l'Église romaine, reconmandables l’un et l’autre par leur doctrine et par leur vertu. Odon, prieur de l’église du Christ, cathédrale de Cantorbéri, et toutel: communauté des moines qui la desservaient, affligés que cette églis demeurêt si longtemps privée des divins oflices, et sachant que ls légats attendaient en Normandie le retour du roi, envoyèrent leur
! Labbe, t, 10, p. 1452-1456.
d'être fre racles qu qui comr
Sans | lande p Connaug] trouver |
venir le ro Là, ils s’ac légats lui | faire les m le 29% de
liers pour | dépens. Je en personn meurer, Je
D non temps demander la permission de la faire réconcilier par les évêques d’An- RS
Vita S,T EQulph., Dicet
[Liv. LXIX. — Défis
‘oissiale la dime du que plusieurs n'en es étaient dues, Que ; de toute exaction hospitalité qu'ils se raient point, obligés composition d'un les, étant malades, et de leurs voisins, our leurs enfants, funérailles, et aus ent avec une bonne ise, avec les messes serait partout célé.
ce temps, l'Irlande irituel.
vint à Dublin ver à la Purification de icile de Cassel; « 6, y vint trouver le à ses’ volontés. Les manière du pays, ndré, et il ytintsr ps; à Armagh, e mettre en liberté ar toute l’île. C'est t'alors soumis à 8, et particulière.
‘Anglais des mr.
4, d les légats que le umission arrivères, Théoduin, du romaine, recomeur vertu. Odon, rbéri, et toute l és que cette église t sachant que ls » envoyèrent leur es évêques d’An: |
Culph., Dicet., P. 557,
i1i8t de l'ère chr.]. DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 283
geterre. Les légats l'accordèrent, et l'église du Christ fut réconciliée par les évêques d’Exeter et de Chichester, le jour de Saint-Thomas, apôtre, le 21° de décembre 4471; après avoir été interdite depuis k29% du même mois de l’année précédente. Elle ne laissait pas d'être fréquentée par un grand concours de peuple, à cause des mineles qui se faisaient au tombeau du saint archevêque Thomas, et qui commencèrent vers la fête de Pâques 41471 1,
Sans l'arrivée des légats , le roi d'Angleterre serait demeuré en lande pour achever de Jà soumettre, en faisant la guerre au roi de Connaught, qu’il aurait aisément vaincu ; mais, étant pressé d’aller trouver les légats, il s'embarqua le 47me d'avril 1172, qui était le lmdemain de Pâques, et arriva à Saint-David, au pays de Galles. D'Angleterre il passa en Normandie ; et, le 47° de mai, il joignit les légats, qui lui donnèrent le baiser de paix. Le lendemain, ils vinrent i l'abbaye de Savigni, près d’Avranches, où tous les évêques et les æigneurs étaient assemblés. Après que. l'on y eut longtemps traité de la paix, le roi refusa absolument de prêter le serment que les légats hi demandaient, et se sépara d’eux avec indignation , disant : Je m'en retourne en Irlande; où j'ai beaucoup d’affaires; allez en paix dans mes terres, où il vous plaira, et exécutez votre légation. Les légats, s'étant consultés en particulier, rappélèrent les évêques de Lisieux, de Poitiers et de Salisburi ; et, par leur moyen; firent conrenir le roi de se trouver avec eux à Avranches, le vendredi suivant. Là, ils s'accordèrent entièrement, et le roi convint de tout ce que les légats lui proposèrent. Mais comme il voulait que son fils y fût pour ire les mêmes promesses, On remit au dimanche suivant, qui était le22% de mai. Li Ce jour, le roi fit publiquement ce serment en ‘touchant les saints Evangiles : Je n'ai ni pensé, ni su, ni commandé la mort de Thomas, archevêque de Cantorbéri'; et, quand je l'ai apprise, j'en ai été plus aflligé que si j'avais perdu mon propre fils. Mais je ne puis m’excuser d'avoir donné occasion au meurtre par l'animosité et la colère que
j'avais conçues contre le saint homme. Or, pour la réparation de celle faute, j'enverrai incessamment à Jérusalem deux cents chevaliers pour la défense de la chrétienté, et ils y serviront un an à mes dépens. Je prendrai même la croix pour trois ans et je ferai le voyage ‘1 Personne, à moins que le Pontife romain ne me permette de de- Meurer. Je casse absolument les coutumes que j'ai introduites de
Don temps en tous mes États, et défends de les observer à l'avenir.
! Vita S, Thom. 1, #, ©. 8. Gervas., Chron. an. 1171. L. 5 » episf. 96. Ra-
ne
ah en dame pile datée nach 36 Dates émane
Je permettrai désormais de Siége apostolique,
[Liv, LXIX. — be its
porter librement les appellations au
sans en empêcher personne. Le roi promit encore
de rendre à l'église de Cantorbéri toutes ses terres et ses autres biens comme elle les possédait un an avant que l'archevêque encourût y disgrâce, et de rendre ses bonnes grâces.et leurs. biens à toùs ce contre lesquels il avait été irrité à cause de ce prélat. Enfin, il ajouts ces paroles, d'autant plus remarquables que les historiens modernes les ont passées sous silence : De plus, moi et le roi, mon fils ainé, nous jurons que nous recevrons et tiendronsle royaume d’Angleteme du seigneur pape Alexandre et de ses successeurs catholiques, et que nous et nos successeurs à perpétuité nous ne nous réputerons rois d'Angleterre qu’autant qu'ils nous tiendront rois catholiques 1,
Les légats lui enjoignirent de plus, en secret, des jeûnes, des au. mônes et d’autres œuvres pénales dont le public n'eut point de con. naissance. Le roi acceptatout avec grande soumission, puis il dit de. vant tout le monde : Seigneurs légats, ma personne est entre vs mains ; sachez certainement que, quoi que vous m'ordonniez, soi d'aller à Jérusalem, à Rome ou à Saint-Jacques, soit autre chose, je suis prêt à obéir. Ces paroles touchèrent les assistants jusqu'aux larmes. Ensuite les légats menèrent le roi, de son bon gré, hors la porte de l’église: là il reçut l’absolution à genoux, mais sans ôter ses habits ni être fustigé ; puis ils le firent entrer dans l’église.
Pour donner. connaissance de tout ce qui s'était passé à quelques personnes du royaume de France, ils ordonnèrent que l'archevêque de Tours et ses suffragants se présenteraient à Caen devant le ni d'Angleterre et les iégats, le mardi après l'Ascension. Le jeune roi Henri promit, entre les mains du cardinal Albert, d'observer ce que le roi son père avait juré, et d’accomplir.sa pénitence , si le père ne le pouvait par mort ou autrement 2.
Quatre mois après, le 27me de septembre 1172, on assembla dans la même ville d’Avranches un concile où se trouvèrent les deux rois, } le père et le fils ; Rotrou, archevêque de Rouen, et tous les évêques et abbés de Normandie. Le roi-père y réitéra le serment qu'il avai fait, y ajoutant quelques clauses : Que jamais il ne se retiserait del'o béissance du pape Alexandre et de ses successeurs, tant qu'ils le tiendraient pour roi catholique. Qu’à Noël prochain, il prendrait à croix pour trois ans, et partirait l'été suivant pour Jérusalem, si le
1 Prætereà, ego et major filius meus, rex, juramus quüd à Domino Alexandro Papa et ejus catholicis successoribus recipiemus et tenebimus regnum Angle; et nos etsuccessores nostri in perpetuum non reputabimus nos Angliæ reges, donet ipsi nos catholicos reges tenuerint. Apud Baron., an. 1172, n. 5. — ® Acta kr, apud Baron., 1172.
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181 de l'ère chr.]
pape ne l'en dispensait ; mais que s’il était obligé d'aller en Espagne contre les Sarrasins, son voyage de Jérusalem serait d'autant différé, Que cependant il donnerait aux templiers l'argent nécessaire, suiwant leur estimation, pour entretenir à la terre sainte deux cents chevaliers pendant un an. Les légats donnèrent au roi leurs lettres, contenant toutes les clauses de son serment, et il y fit aussitôt mettre son sceau À,
Le lendemain, les légats tinrent au même lieu le concile avec les prélats et le clergé de Normandie, où l'on publia douze canons, sawir: On ne donnera point à des enfants, de bénéfices à charge d'imes ; ni aux enfants des prêtres les églises de leurs pères. Les églises ne seront point données à ferme, ni à des vicaires annuels ; mais on obligera les curés qui le peuvent d’avoir un vicaire. On nordonnera point de prêtres sans un titre certain: Le prêtre qui sert we église aura du moins le tiers des dimes, et les laïques ne preniront rien des oblations. Ceux qui possèdent des dimes par droit kréditaire peuvent les donner à un clerc, à condition qu'après lui dles retourneront à l’Église. Les clercs n'exerceront point les. juridictions séculières, sous peine d’être exclus des bénéfices. Le mari où la femme ne pourra entrer en religion, l'autre demeurant dans le sècle, s'ils n’ont pas l’âge d’user de leur mariage. On propose l’absnence et{ le jeûne de l’avent à tous ceux qui peuvent l'observer, pincipalement aux ecclésiastiques et aux nobles. On voulait aussi kfendre aux prêtres plusieurs exactions sur les biens des mourants, pour les mariages et les baptêmes, et pour l’absolution des excomhunications dont ils exigeaient quarante-huit livres ; mais les évêques rmands ne voulurent pas recevoir ce décret. En ce même concile, archevêque de Tours renouvela ses plaintes contre le prétendu artevêque de Doi, mais le clergé breton de Dol lui résista opiniâtrément ?,
Cependant il s’opérait une infinité de miracles au tombeau de int Thomas de Cantorbéri : on voyait des morts ressuscités ; la vue endue aux aveugles, Pouïe aux sourds ; des lépreux et d’autres maades guéris, des démoniaques délivrés. Les ennemis mêmes du saint, ks anciens persécuteurs, y accouraient, pour obtenir par son interkssion le pardon de leurs fautes, ainsi que d’autres grâces. Le pape
lxandre fut informé de ces miracles , premièrement par la voix ublique, puis par le témoignage de plusieurs personnes dignes de bi, et enfin par celui de ses deux légats, Albert et Théoduin, qui en
Haient d'autant mieux instruits qu'ils étaient plus près du lieu. Sur