‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 35 sur 63 · LE XV · texte numérisé non relu

LE XV

306 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. = Degigs M à 1181

Pierre et à saint Ambroise ; puis, levant leurs drapeaux, ils marchent M nant. 1 harditént contre les Allemands. La comipagnie dé l'Étendard com. MN tranqu mençait à plier, lorsque la cohorte de la Mort, répétant à haute voi; M nous n son serment de se dévouer pour sa patrie, se jette. sur les troupe MW que cel allémandes avec tant d'impétuosité, que l’étendard de Frédéric e5 à empere enlevé. Frédéric lui-même, qui combattait au premier rang, est ren. MW princes versé de cheval et disparaît dans la mêlée ; bientôt toute la colonne M soit ent qu'il conduisait est mise en fuite ; les Lombards la poursuivent ju. BW au roi © qu’à dix milles de distance, et forcent un grand nombre de fuye M Les : à se précipiter dans le Tésin. Un butin immense fut la récompense M Nous av des vainqueurs. Bientôt même ils apprirent que Frédéric ne se trou. avec vos vait pot au milieu dé ses soldats; qué ses amis avaient irecherchs M a des ge vainement ‘ou sa personne ou son cadavre, et que l'impératrice qu'il ls assis! avait laissée à Pavie, ne doutant plus de sa perte, avait déjà pr bassader le deuil. en confé Frédéric, cependant, n'avait point été tué à la bataillé de Lignano Mrombre ( comme on le supposait ; au bout de quelques jours, ‘on lé vit repa-M k négoci raître à Pavie, mais seul, mais humilié, maïs séparé de l’armée flo. Pères, le. rissante avec laquelle il avait cru soumettre l'Italie, et qui fuyait il puta long présent en désordre au delà dés monts : abandonné sur le champ dicles entre bataille, parmi ses ennemis, ce n’était qu’en se dérobanit à toutes kdéhient, j: recherches qu’il avait réussi à regagner la seule ville qui lui ft rest dévouée #, Frédéric fut d'autant plus frappé de ce coup; que les seignemk tant ecclésiastiques que séculiers, qui l'avaient suivi jusqu’alors, me nacèrent de l’abandonner, s'il ne faisait sa paix avec l’Église. Le plus puissant d'entre eux, Henri le Lion, duc de-Saxe, sé déjà retiré, même avant la dérnière guerre. L'empereur résols donc de se réconcilier sincèrement-avec le pape Alexandre, et por cet effet il lui envoya Wieman, archevêque de Magdebourg ; Chris tian de Mayence; Conrad, élu évêque de Worms, et Wéremonlk protonotaire de son royaume. Îls arrivèrent à Anagni le 24e do tobre 4176. Le lendemain, le Pape leur donna audience en plein cn sistoire. Les ambassadeurs se ‘présentèrent avec grand respect, « demeurant debout, ils dirent : L'empereur, notre maître, désire « demmenit de donner la paix à l'Église romaine et à la ville de RomeMuux trouve c’est pourquoi il nous a envoyés vers vous avec un plein pouvo@iit vous priant instamment que/le traité qui fut commencé l’année dei le fils du nière et demeura imparfait pour nos péchés, soit terminé maïntncore ses b seigneur.

1 Vita Alex. III, p. 467. Sir Raul, p. 1192, Otton de S. Blas., Chron, c. à p. 882, Murat., t.6, etc, l'Acta, Apui

(Liv. LXIX. à Dei

apeanx, ils marchent de l'Étendard com- "épétant à haute voir jette sur les trou

dard’ de Frédéric et remier rang, et ren.

ntôt toute la colonne s là poursuivent jw.

1 nombre de fuyards | e fut la récompense

Frédéric ne se trou.

is avaient irecherch Je l'impératrice qu'i rte, avait déjà pri

à 1181 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

nant. Le Pape, ravi de cet heureux changement, répondit d'un visage tranquille : Nous ressentons une grande joie de votre arrivée, et nous n€ POUVONS apprendre en ce monde de plus agréable nouvelle que celle de la paix ; s’il est vrai, comme vous l’assurez, que notre tmpereur, que nous reconnaissons pour le plus grand Parmi les princes du monde, veuille nous la donner véritable ; Mais, afin qu'elle soit entière, il faut qu'il la donne aussi à nos alliés, principalement au roi de Sicile, aux Lombards et à l’empereur de Constantinople.

Les «nbassadeurs louèrent le di » €l ajoutèrent :

en secret avec vous et vons que, de part et d'autre, il y souhaitent pas la Paix. Alors tous les assistants se retirèrent, et le Pape, avec les cardinaux et les ammbre du conseil, :où ils

a conférence; mais comme l'affaire était difficile, à cause du grand sombre de personnes puissantes qui étaie

hnégociation dura plus de quinze jours.

Pères, les priviléges des empereurs, les a puia longtemps et subtilement. Enfin |’ des entre l'Église et 1’

bataillé de Lignano, ours, Ont lé vit repaéparé de l’armée flotalie, et qui fuyaiti

ville qui lui fût resté

), que les seigneur uivi jusqu'alors, me avec l'Église:

duc de-Saxe, sé L'empereur résolé Alexandre, et por Magdebourg ; Chris ms; et Wéremonik

bres le l'Église romaine, et pour leurs pers

promirent, que l’empereur rendrait au et les

los mois, en cas que la paix fht romp S envoyés retournèrent Contents vers l’ Avant que de partir d'Anagni, idience en plein coMild, évêque d'Ostie, et k ainier, € grand respect, our faire ratifier à l'empereur, re maître, désire à ; à la ville de RomeMaux trouvèrent ]

ec un plein pourofættr, et, en leur présence eten celle des Lombards, il fit jurer pour nmencé l’année dei le fils du Marquis de Montferrat ; enfin, pour témoigner mieux oit terminé maït@picore ses bonnes intentions, il fit faire le même serment par tous vaient là. On convint de part et

le pape Alexandre envoya Hum- | Cardinal-diacre de Saint-Georges, Li | dans le conseil des Lombards, la de

| Par ses envoyés. Les deux cardiempereur près de Modène. Il les

L'c, Apud Baron et Pagi, an. 1176.

308 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 1153

d’autre que la conférence du Pape «vec l’empereur se ferait à Bo. logne. D'un autre côté, le Pape fit prier Guillaume, roi de Sicile, de lui envoyer quelques-uns des grands de sa cour, pour assister à cette conférence. Le roi chargea de cette commission, Romuald, arche. vêque de Salerne , et Roger, comte d’Andri. L’archevêque Romual nous à laissé l’histoire fidèle de cette négociation à la fin de y chronique 1.

Le Pape partit d'Anagni le 6e de décembre, et vint à Bénévent, 2

où il demeura depuis Noël jusqu’à l'Épiphanie. Il attendit un moi le vent favorable, à Guast, sur la mer Adriatique, avec les galères du roi de Sicile. Enfin, ie mercredi des Cendres, 9m de mars 1177 après la messe et la distribution des cendres, il s'embarqua avec cing cardinaux et les ambassadeurs du roi de Sicile, sur onze galères de ce prince. Le dimanche suivant, ils arrivèrent à Zara en Dalmatie, où commençait alors le royaume de Hongrie, et où ils fs "ent reçus avec d'autant plus de joie, que jamais Pape n’y était en... On lui prépara un cheval blanc, sur lequel il monta suivant l'usage de Rome, et on le mena ainsi en procéssion par le milieu de la vil, jusqu’à la grande église dédiée à sainte Anastasie, vierge et martyre, dont le corps y repose : en même temps on chantait les louanges de Dieu en slavon, qui est la langue du pays. Quatre jours après, k Pape partit de Zara, et arriva à Venise le 23me de mars. Il alla des. cendre au monastère de Saint-Nicolas ; et, le lendemain, le doge de Venise vint le recevoir avec le patriarche d’Aquilée et tous ses suf fragants, ainsi qu'un grand peuple dans une infinité de barques Après s’être mis humblement aux pieds du Pape, ils le conduisirel en procession à l'églisr de Saint-Marc, où, ayant fait sa prière, donna la bénédiction au peuple. Puis le doge le conduisit danss barque au palais du patriarche, où il logea. Le jour de l’Annon ciation, à la prière du doge et des grands, il célébra la messe solen nellement avec ses cardinaux dans l’église de Saint-Marc. L'empereur Frédéric, qui était à Césène, ayant appris que le Pan était à Venise, lui envoya l'archevêque de Magdebourg, l’évêque d& de Worms et son protonotaire, pour le prier de changer le lieu de conférence , attendu que Christian, son chancelier, ne croyait x pouvoir être en sûreté à Bologne, à cause des maux qu'il y ai faits pendant la guerre. Le Pape répondit : C’est de l'avis de noslé gats et des Lombards que l’empereur a réglé que le lieu de la con férence serait à Bologne ; nous ne pouvons donc le changer sans consentement des Lombards et des cardinaux qui sont en ces qu

1 Muratcr', Script. rer. i'al., t. 1. Baron., an. 1176.

à 1181 tiers-L Lombe ajouta jusqu” les ma märqu dez-voi cour'ait soleune précha doge de Le P el, rem la Passit archevêc vinces ; (

Pnoins éloqt

11181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

tiers-là. C'est qu'une partie des cardinaux Lombardie, avant que ajouta : Toutefois, pour accélérer la paix, n jusqu'à Ferrare, avec nos frères le

ereur se ferait à Bo.

me, roi de Sicile, de , pour assister à cette n, Romuald, arche.

rchevêque Romual ation à la fin de w

s cardinaux » Pour y résoudre, avec » CE qui sera le plus convenable ; et i]

» Pour le jour du rendez-vous à Ferrare. Cependant, voulant satisfaire le peuple qui acur le voir, il célébra

, dimanche de caré récha après l'Évangile. réme, e oge de al gile, et, après la messe, donna la rose d’or au

Le Pape partit de cette ville la même semaine, sur onze galères Fe , remontant le P6, arriva dans sa ville de Ferrare le dimanche de {FE k Passion. Le lendemain y arrivèrent le patriarche d'Aquilée, les 1

rchevêques de Ravenne et de Milan, avec les évêques de leurs DE tnces ; de plus, les magistrats des villes de Lombardie, les ma ri {1 cles comtes. Ils s’assemblèrent le jour suivant dans la rs s sp jh dédiée à saint Georges, avec une multitude innombrable de M le, | et le Pape leur dit : Vous savez, mes chers enfants, la ri | [LE que l'Église a soufferte de la part de l'empereur qui devait la 0 | léger. Vous savez que l'autorité de l'Église romaine en a été aflaiblie, Fi n 2

et vint à Bénévent, . Il attendit un moi que, avec les galères s, 9me de mars 1177 ’embarqua avec cinq ; Sur onze galères de

LS s œ = = © [=] —æ Cu ® [2] A © & nn = = T + æ S ane © > e

t où ils fr 'ent reçus y était en... On hi a suivant l'usage de le milieu de la ville, ie, vierge et martyr, ntait les louanges de atre jours après, le de mars. Il alla des.

ndemain, le doge de ilée et tous ses suf infinité de barques e, ils le conduisirent ant fait sa prière, le conduisit dans s Le jour de l'An ébra la messe solen aint-Marc.

it appris que le Pan lebourg, l'évêque da changer le lieu de elier, ne croyait pi maux qu'il y a st de l’avis de noslè

battre contre Dieu. Or, quoique & paix à Anagni, pour l'Église et

Î M ent Aa et pour Je liberté de l'Italie > NOUS n’a- fl | RAT sans vous, afin que, comme vous avez 4 1 ; ag Tibulation, vous partagiez aussi notre joie. C'est pour- il qO!, sans avoir égard ni à notre dignité ni à la faiblesse de notre |

périls, pour ki fi }l î ; Î | !

Fge avancé, nous nous que le lieu de la con Venir délibérer avec Fu st er MA

{ S Si nous devons ac iX qui ions S accepter la Paix qui nous

qui sont en ces qui

Après que le Pape eut parlé, les Lombards

Me | » qui n'étaient pas US loquents que &uerriers, lui répondirent ï

ainsi par la bouche

310 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 1159

d’un de leurs sages : Vénérable Père et Seigneur, toute l'Italie se jette à vos pieds pour vous rendre grâces et vous térnoigner sa joie de l'honneur que vous faites à vos enfants et à vos sujets, de venir} eux et de chercher les brebis égarées pour les ramener. Nous con. naissons par notre propre expérience la persécution que l'emperew a faite à l'Église et à vous ; nous nous sommes, les premiers, Opposés à sa fureur, et nous nous sommes mis au-devant pour l'empécherde détruire l'Italie et d'opprimer la liberté de l'Église ; et, pour une $ bonne cause, nous n'avons évité ni la dépense, ni les travaux, ni les pertes, ni les périls. C’est pourquoi, vénérable Père, il est con. venable que vous n’acceptiez point, sans nous, la paix qu'il vou offre ; comme nous avons refusé celle qu'il nous a souvent Offerte, sans l’Église. Au reste , nous la ferons volontiers avec l'émpereur, et nous ne lui refusons rien de ses anciens droits sur VItalie ; mais, pour notre liberté, que nous avons reçue de nos pères, nous nel. bandonnerons qu'avec la vie. Quant au roi de Sicile, nous sommes très-aises qu’il soit compris dans ce traité, parce que c’est un prine qui aime la paix et la justice. Nos voyageurs le savent Par expérience, car il y a plus de sûreté dans les bois de son royaume que dans les villes des autres 1,

Trois jours après, arrivèrent à Ferrare, Christian, chancelier de l'empereur; les archevêques de Cologne, de Magdebourg et de Trèves l'évêque élu de Worms; Godefroi, autre chancelier, et le proton. taire. Le Pape leur donna audience dans un consistoire où était les envoyés du roi de Sicile et les députés des Lombards, et ils dé. clarèrent que l’émperéur leur avait donné pouvoir, à eux sept, de conclure la paix avec le Pape, le roi de Sicile et les Lombards, comme il avait promis à Anagni. Le Pape en fut très-content, et nomma de son côté sept cardinaux ; les Lombards nommèrent aussi sept commissaires, dont quatre évêques ; et le Pape voulut que les deux er voyés du roi de Sicile assistassent aux conférences. On commeng par disputer sur le lieu de l’entrevue entre le Pape et l'empereur; e, après plusieurs jours de contestations, on convint qu'elle se ferait Venise, à condition que le Pape prendrait ses sûretés de la part de Vénitiens. Le chancelier Christian, qui ne se croyait pas en sûretéi Ferrare, en partit le jeudi saint et se retira en diligence à Venis; mais le Pape célébra solennellement à Ferrare la fête de Pâques, qui, cette année 1177, fut le 24me d'avril.

Ilen partit le 9me de mai sur les galères du roi de Sicile, et fut reg à Venise avec les mêmes honneurs que la première fois. Il ordonn

1 Romuald Salern., p. 219-221,

[Liv LXIX, — Des [A a u8t de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 311

eur, toute l’Itali aux commissaires de s’assembler dans la chapelle du palais patriar- ’ e se ES . . $ us térnoigner sa joie Mi ab où il logeait, et de commencer par la paix des Lombards, qui vos sujets, de venirà DA cuit de plus longue discussion. On ne put tomber d accord, et le amener. Nous con. BA Pape proposa, alors une paix de quinze ans avec le roide Sicile et ition que l'empereur M ue trêve de six ans avec les Lombards, L'empereur ne voulut point es premiers, opposés yentendre, du moins ostensiblement ; car sous main il fit dire au t pour l'empêcherge MN Pape que, pour l'amour de lui, il acceptait l'une et 1 autre, moyenlise ; et, pour une ÿ MN sait une condition secrète. Le Pape lui envoya deux cardinaux pour ke Ë ni les travaux, M “oi cette condition. L'empereur la dit aux cardinaux, mais il Youable Père, il est dx kit que le Pape y Consentit sans la connaître. Comme le Pape sy la paix ? qu'il vou refusait, on la lui dit enfin. Dans les premières propositions de paix, FT a souvent offèrt l'empereur avait promis de rendre à l'Eglise romaine les terres de la rd add l'émpereur contesse Mathilde ; maintenant, il demandait d'en : conserver la ts sur l'Italie; mis jouissance pendant quinze ans, et de les restituer ensuite, si l'Église pères! noûs ne la pouvait y avoir droit. Le Pape consentit à lui en laisser la jouissance Sicile, nous sommes M é'dant quinze ans, Mails à condition de les rendre alors, sauf à ; Dé unté l'Église à lui faire justice pour les droits qu'il prouverait y avoir. étder lo te L'empereur, qui n'y allait pas encore de bonne foi, élevait une diffiyaume que dans ls pis tes l’autre. Il se défiait de ses négociateurs publics et en avait Pour abréger les allées et les venues des négociateurs, le Pape, d'accord avec les députés du roi de Sicile et des Lombards, permit i l'empereur de- se rapprocher de Venise. Il vint alors de Césène à Coze, actuellement Chioggia ; mais une partie du peuple vénitien, qui favorisait l'empereur, le sachant si proche, prétendit, le faire atrer dans Venise même , malgré le Pape, Le doge et les plus sags dela république, qui avaient fait serment du contraire, ne savaient plus trop comment retenir le peuple. Les députés des Lombards se ælirèrent du côté de Trévise : les ambassadeurs du roi de Sicile irent appareiller leurs galères , annonçant aux Vénitiens que leur conduite déloyale leur ferait perdre assurément tous les avantages que leur commerce trouvait dans les terres du roi. Ces menaces eurt leur effet. Le doge, à la demande du peuple même, pria le Pape d'engager ies députés du roi à demeurer, et ceux des Lombards trevenir, Enfin, le chancelier Christian et les autres commissaires de l'empereur déclarèrent librement à ce prince qu’ils ne voulaient point husser les serments qu'ils avaient faits au Pape à Anagni, sur la foi lsquels il était. venu à Venise, Nous sommes prêts, suivant les lois le l'empire, à vous obéir dans les choses temporelles et à vous rendre services que nous imposent les régales; mais comme vous êtes le kineur de nos Corps et non pas de nos âmes, nous ne voulons pas prrdre nos âmes pour Vous, ni préferer les choses de la terre aux

istian, chancelier de lebourg et de Trèves lier, et le proton.

onsistoire où étaient Lombards, et ils dé.

voir, à eux sept, de s Lombards, comme mtent, et nomma de rent aussi sept com.

ut que les deux er:

ces. On commenx e et l'empereur; el nt qu'elle se feraiti iretés de la part de yait pas en süretéi diligence à Veni;

fête de Pâques, qu,

de Sicile, et fut re ère fois. Il ordomi

312 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 1153

choses du ciel. Votre Majesté saura donc que, dorénavant, nous re. cevons Alexandre pour Pape catholique, et que nous lui obéissons comme à notre Père dans les choses spirituelles. Quant à l’idole que vous avez dressée en Toscane, nous ne l’adorons aucunement.

Ce fut alors, mais alors seulement, que l'empereur se rendit sin. cèrement à la paix avec l’Église, le roi de Sicile et les Lombards, sui. vant les conditions proposées en dernier lieu par le pape Alexandre, I les fit jurer à Venise, en son nom et'au nom des princes d'Alle. magne. Aussitôt, d'après le mandement du Pape , les Vénitiens w rendirent à Cloze avec six galères, et en amenèrent l’empereur, qui arriva à Venise le samedi, 23me de juillet. Le lendemain dimanche,

dans le l'office

préche:

une att triarche fire à | pereur, et faire le prit p monta à

veille de Saint-Jacques, le Pape envoya de grand matin six cardi. brie naux, savoir : deux évêques, trois prêtres et un diacre , vers l'empe. qui était reur, pour l’absoudre. Il renonça au schisme d'Octavien, de Gui de rendit au Crème et de Jean de Strume, et promit obéissance au pape Alexandre a chami et à ses successeurs légitimes ; en conséquence de quoi il fut absow conversa de l'excommunication par les cardinaux, et réuni à l'Église cathol. lée de qu que. Les prélats et les seigneurs d'Allemagne en firent autant, etre Six jo: curent pareillement l'absolution. Alors le doge de Venise, avec ke fut jurée patriarche de Grade et une grande multitude de clergé et de peuple, wigneurs vint à Saint-Nicolas du Lido, où était l'empereur. Le doge, l'ayant À La séance pris dans sa barque, le conduisit processionnellement et en grande LS Pape s’as pompe jusqu’à l'église de Saint-Marc. Le Pape l'y attendait à la por évêques avec ses évêques, ses cardinaux, le patriarche d’Aquilée, les arche. dessus de

vêques et ies évêques de Lombardie, tous assis et revêtus pontificalement, en présence d’un peuple innombrable. L'empereur, s'étant approché, Ôta son manteau impérial, et se prosterna tout du long aux pieds du Pape. Celui-ci, touché jusqu'aux larmes, le releva avec bonté, le bénit et lui donna le baiser de paix. A cette vue , tous les assistants, Allemands et Italiens, d’une voix qui retentit jusqu'a ciel, entonnèrent le 7e Deum avec une joie indicible. En même temp l'empereur, prenant le Pape par la main droite, le mena jusque dans le chœur de l’église ; puis, baissant la tête, il reçut sa bénédictiond se retira au palais du doge.

Le soir, il envoya prier affectueusement le Pape de vouloir bia célébrer la messe à Sainte-Marie, le lendemain, fôte de Saint-Jques, parce qu'il avait un grand désir et une grande dévotion de l'a tendre. Le Pape l’accorda de grand cœur. L'empereur vint le recevoir à la porte de l'église ; et, quand il sortit de la sacristie, revélu des ornements pontificaux, il marcha devant lui, sans manteau in périal, faisant les fonctions d'huissier, une verge à la main, pou chasser les laïques du chœur et lui faire place. Il demeura lui-mének

c qu’il di qu'il s'éta allaqué V'É d'erreur; ( Alexandre Père, et qu

Ce disco pereur, Pu él, par ordr de ce princ L'empire, le

(Liv. LXIX, — De jiiy

Drénavant, nous re.

> nous lui obéissons ‘Quant à l'idole que aucunement, ereur se rendit sin.

t les Lombards, sui.

‘le pape Alexandre, des princes d'Alle.

pe , les Vénitiens se nt l’empereur, qui idemain dimanche, nd matin six cardi.

liacre , vers l'empe.

)ctavien, de Guide > au pape Alexandre le quoi il fut absow ai à l'Église cathol.

firent autant, etre.

de Venise, avec ke lergé et de peupk, ir. Le doge, l'ayant ment et en grande attendait à la porte Aquilée, les arche t revêtus pontifica- L'empereur, s'étant terna tout du lon rmes, le releva avec cette vue, tous ls

e mena jusque dans it sa bénédiction el

pe de vouloir bien fête de Saint-Jacle dévotion de ler >ereur vint le recela sacristie, revéll , Sans manteau if

teur, et finit en déclarant l'impératrice, ayant té son manteau, se leva de son fa a allemand, son chancelier Christian e œ qu’il disait. En ce discours, Qquil s'était trompé en suivant ilaqué l'Église croyant la défendre.

d'erreur; et déclara Alexandre pour Pape légitime, qu'i Père, et qu'il rendait sa paix au roi

Ce discours fut suivi de grandes a Peur, Puis on apporta les Évangi él, par ordre de l'empereur, Henri, de ce prince, qu'il observerait fi l'empire, la paix avec lo roi de Si

à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

dans le chœur, avec les prélats et le cle l'oflice en ce jour. Après l'évangile, précher le peuple. L'empereur s’approcha, une attention merveilleuse. Le Pape, qui parlait latin, chargea Je pariarche d’Aquilée d'expliquer son sermon en allemand, pour satisfaire à la dévotion de l'empereur, Après le sermon et le Credo, l'empereur, avec les seigneurs de sa Cour, vint baiser les pieds du Pape

ia de sa main, et, après la messe, il ‘à la porte de l'église. Quand il

le conduisit par la bride quel-

ui donna sa bénédiction et lui reste du chemin jusqu'à la mer, » vers l'heure de none, l'empereur t vint avec peu de suite jusqu’à

rgé d'Allemagne, qui chanta le Pape monta sur l'ambon pour

et se mit à écouter avec

qu’il le recevait comme son cher fils, avec son épouse, et leur tils, Henri. Ensuite l'empereur, uteuil et commença à parler xpliquant en italien vulgaire l’empereur reconnut publiquement de mauvais conseils, et qu’il avait Il remercia Dieu de l'avoir tiré qu'il quittait le schisme, qu’ reconnaissait L voulait lui obéir comme à son de Sicile et aux Lombards.

cclamations à la louange de l’emles, les reliques et la vraie croix ; comte de Dessau, jura, sur l'âme dèlement la paix entre l'Église et cile pour quinze ans, et la trêve de

314 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — Deus A 11188 di

six ans avec les Lombards, comme les commissaires l'avaient accor. dée et rédigée par écrit. Douze princes de l'empire, tit ecclésias.

tiques que séculiers, firent le même serment. Aussitôt Romuald, ar. à l'archev chevêque de Salerne, se leva et jura sur: les Évangiles, que; quand Le Pe les envoyés de l'empereur seraient arrivés en Sicile, le roi férait jurer MR vinrent pour lui, par quelqu'un des seigneurs, l'observation de la paix pour DR ils du r quinze ans, et ferait faire le même serment par dix autres seigneurs, JM Pape, qi Le comte Roger jura comme l'archevêque de Salerne. Les Magistrits MN agréable des villes de Lombardie, qui étaient présents, firent aussi le serment D tre 568 11 pour leur trêve de six ans, et promirent de le faire faire par les con- A quelque: suls et les nobles de chaque ville 1, ; que Ci

Telle est l’histoire détaillée de cette mémorable pacification, d'a. A dter la d près le biographe du pape Alexandre et la chronique de Romuald, BR magne d archevêque de Salerne, témoins oculaires. La cireonstance que le M Christian Pape mit le pied sur la tête de l’empereur prosterné devant lui, BRmin, en cette circonstance et d’autres non moins romanesques, dont les au. reçu de 1 teurs contemporains ne savent pas le premier. mot, qu'ils: détrui. Bin, 11 « sent même d'avance par les détails qu’ils rapportent, sont une in. BR ar l'un € vention de peintre et de poëte, et non pas un fait de l'histoire: par des é

Le chancelier Christian se fit alors confirmer l'archevéché de BA Entre | Mayence. Comme il avait beaucoup travaillé à la conclusion de la A Frédéric paix, il sollicita l'empereur et les seigneurs allemands de demander BR Constanti au Pape sa confirmation. Conrad, qui avait été avant lui élu et sacré MR bront poi archevêque de Mayence, s’en aperçut ; et, étant venu trouver le Pape, Mont rendu il lui dit : Votre Sainteté sait que c'est pour l'amour d’elle que j'ai M lenri roi quitté mes parents, ma patrie et l'église de Mayence, à laquelle Shi donne j'avais été canoniquement élu, et que je: suis venu vous trouver en Mieux qu'il

France, me condamnant moi-même à un exil volontaire. Vous pouvez vous souvenir combien mon arrivée a servi l'Église, en affermissant votre parti encore chancelant. Vous m’en avez témoigné votre Ru faire reconnaissance en me faisant cardinal-prêtre, puis évêque de Sabine, sans préjudice de l’archevêché de Mayence. Aujourd’hui, j'apprend que vous voulez maintenir dans ce siége le chancelier Christian, qui MR Pape. La : l'a usurpé par violence et a suivi le schisme : ce qui ne parait pas M du sermen raisonnable. Le Pape lui répondit : Vous devez vous souvenir de nous avoir témoigné souvent que, si la paix entre l'Église et l'empire ne pouvait se faire sans que vous quittassiez l'archevêché de Mayence, vous sacrifieriez votre intérêt à celui-de l'Église. Or, l'empereur déclare hautement qu’il ne veut pas de paix si le chancelier est chassé de ce siége ; mais nous n'avons point voulu lui faire de réponse sur

! Chron. 1

1 Acta Alex. III. Romuald, £alernit, Baron. et Muratori. *Mansi, Con

ires l'avaient aceop.

11184 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

œ sujet sans votre Participation. Alors Conrad se rendit,

et déclara pire; tant ecclésias. Fu Pape que, pour le bien de la paix, il remettait à sa disposition ssitôt Romuald, ar. D lirchevêché de Mayence. ngiles, que; quand BR Le Pape, bien content, en Conféra avec l'empereur: et il conle, le roi férait jure BA rinrent de donner à Conrad l'archevéché de

Salzbourg, Adalbert, ils du roi de Bohême, qui en était Pourvu, était alors à Venise, Le

Pape, qui l'y avait fait venir, lui représenta qu'il né serait jamais wréable à l'empereur, et lui Persuada de remettre l’archevéché énte ses mains. Après quoi l'évêque de Gurck et celui de Passau, avec quelques dignitaires de l'église de Salzbourg, élurent Pour archetque Conrad, par ordre du Pape, qui confirma l'élection, sans Jui lter la dignité de cardinal, 11 lui donna même Ja légation d'Allemagne durant sa vie, En même temps, il confirma au chancelier Christian l'archevêché de Mayence ; et ce prélat brûla de sa propre min, en présence du Pape et des cardinaux, le pallium qu'il avait reçu de l'antipape Gui de Crème. Le Pape lui donna un autre pallum, Il en donna également un à Philippe, archevêque de Cologne ; ur l'un et l'autre, quoique sacrés pendant le schisme, l'avaient été pi des évêques catholiques, leurs suffragants 1,

Entre les conditions du traité, il était dit encore Frédéric et le roi Henri, son fils, rendront la lnstantinople et aux auxiliaires de l'Ég kront point de mal, ni par eux ni par les leurs, pour le service qu'ils mtrendu à cette Église, Le Pontife ou son légat couronnera le roi lenri roi catholique des Romains. Quant au soi-disant Calixte, on hi donnera une abbaye. Les soi-disant cardinaux retourneront aux leux qu'ils avaient d'abord, et on les laissera dans les ordres qu'ils saient avant le schisme 2,

Le Pape écrivit aux principaux évêques de la chrétienté, pour kur faire part de cette heureuse paix et de la réunion de l'empereur il'Église. 11 en écrivit aussi au roi de France. Fleury remarque qu'il ne fut pas question de réhabiliter l'empereur, comme déposé par le Pipe. La raison en est bien simple. Le Pape avait délié ses sujets du serment de tidélité, süusqu’à ce qu’il vint à résipiscence. Il ne kur avait pas défendu, il les avait seulement dispensés de lui obéir. Üe n'était pas une déposition proprement dite et définitive, mais plutôt une suspension temporaire et conditionnelle. La condition

ant remplie, l’empereur étant venu à résipiscence, la suspension tsait par là même.

ion de la paix pour x autres seigneurs, rne. Les magistrits ent aussi le serment re faire par les cor

e pacification, d'a.

nique de Romuald, irconstance que le sterné devant lui, ques, dont les au.

not, qu'ils: détrui.

rtent, sont une in.

de l’histoire, 7 l'archevéché de la conclusion de là lands de demander ant lui élu et sacré nu trouver le Pape, our d’elle que j'ai yence ; à laquelle nu vous trouver en ontaire. Vous pou.

iglise, en affermivez témoigné votre évêque de Sabine, ird’hui, j'apprends elier Christian, qui quine parait pas vous souvenir de l'Église et l'empire wêché de Mayence, Dr, l'empereur déancelier est chassé re de réponse sur

: L'empereur paix à l'empereur de lise romaine , et ne leur

1 Chron. Reichersp., an. 1177. Labbe,

t. 10, p. 1499, — Roger, Hoveden — Mansi, Conc., t, 29, P. 195.

intentions usine Vrdtnnnnde midi in nmmninmimtn ms

Deere rer

D og baie

ses évêques et ses cardinaux, les évêques et les abbés d'Allemagne, de Lombardie et de Toscane. L'empereur, le doge de Venise et Jes ambassadeurs du roi de Sicile y assistèrent, avec une grande mul. titude de peuple. Après les litanies et les prières accoutumées, ainsi qu'un long sermon sur la paix, le Pape fit donner des cierges allu. més à l’empereur et aux autres assistants, tant clercs que laïques, puis il fulmina l’excommunication contre quiconque troublerait la paix qui venait d’être faite. Aussitôt tout le monde jeta et éteignit les cierges, en disant : Ainsi soit-il ! ainsi soit-il 1 !

Quelque temps après, tout le monde étant retourné chez soi, le clergé et le peuple de Rome, voyant que l’empereur Frédéric s’était soumis au pape Alexandre et que le schisme était fini, jurèrent tous ensemble, par délibération commune, de rappeler le Pape dans les murs, pour faire cesser les maux que sa longue absence avait causés, tant au temporel qu’au spirituel. Ils envoyèrent donc à Anagni, où le Pape était revenu, sept des principaux citoyens romains, avec des lettres du clergé, du sénat et du peuple, pour le prier de revenir. Mais le Pape, considérant qu'après l’avoir rappelé de France, il avaient bientôt recommencé à le maltraiter, ne crut pas devoir ren. trer à Rome sans avoir pris ses sûretés. Pour cet effet, il envoya, avec les sept députés romains, trois cardinaux, qui, après une longue négociation, firent régler par délibération de tout le peuple : Que les sénateurs, à leur élection, feraient foi et hommage au Pape ; que les Romains lui restitueraient l’église de Saint-Pierre et les droits régaliens dont ils s'étaient emparés ; qu’ils observeraient inviolablement la paix et la sûreté, tant à l’égard du Pape que des cardinaux; qu'ils respecteraient leurs biens et tous ceux qui viendraient vers le Pape, ou qui en retourneraient.

Cela fait, les sénateurs vinrent trouver le Pape avec lestrois cardi naux; et, après lui avoir baisé les pieds, ils jurèrent publiquement l’observation de toutes ces conventions. Le Pape se prépara donci retourner à Rome ; et, le dimanche 12me de mars, jour de Saint- Grégoire le Grand, il partit de Tusculum après la messe. Le clergé de Rome vint bien loin au-devant de lui avec les bannières et les croix, ce qu'on ne se souvenait point qui eût été fait à aucun Pape. Les sénateurs et les magistrats venaient au son des trompettes, le nobles et la milice en bel équipage, le peuple à pied avec des rameaux d'olivier, chantant les acclamations ordinaires de louanges.

1 Acta Alex. III, Romuald, Salernit. Baron., Labbe et Mansi.

HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Deiiss

Le dimanche 44me jour d’août, veille de l’Assomption, le pape Alexandre tint un concile à Venise, dans l’église de Saint-Marc, avec

| Lapres pouvait dictions congédi lit avant lendeme multituc naires d en proce are ave Dès la tement Alexandi mont d’ Mais l'en au ban d Eau plus t Rome, A saint Jear trouver a naux et d manda p:

douceur l'Église rc bien pour honneur ( Dans tc Manuel de légitime d de son côt dans le tr:

l'Église ro non plus :

Pape à un Il était son frère 1 Comnène quelques a cède aussi

de saint A!

1Acta, AP

Liv, LXIX. — Deiiss somption, le pape le Saint-Mare, avec bbés d'Allemagne, ge de Venise et Jes c une grande mul.

accoutumées, ainsi er des cierges allulercs que laïques, ique troublerait là e jeta et éteignit les

11181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 317

| La presse était si grande à lui baiser les pieds, qu’à neine son cheval

pouvait-il marcher, et sa main était fatiguée de donner des bénédictions. On le conduisit ainsi jusqu’à l’église de Latran. Y ayant cngédié le peuple et les cardinaux, il monta au palais et se mit au lt avant le repas, tant il était fatigué ; car il était avancé en âge. Le lendemain il tint un consistoire et reçut au baisement des pieds une multitude infinie de clercs et de laïques, puis il fit les stations ordiaires du carême; et, le dimanche suivant, qui était Lœfare, il alla a procession à Sainte-Croix. Enfin, le jour de Pâques, il porta la tre avec la couronne nommée le règne 1,

Dès la fin de l’année précédente, l’antipape Jean de Strume, autement Calixte, ayant appris la réconciliation de l’empereur avec Alexandre, quitta secrètement sa résidence de Viterbe, et vint au mont d'Albane, sous la protection de Jean, seigneur du château. Mais l'empereur, pour montrer qu'il n'y prenait point de part, mit au ban de l'empire et l’antipape et ses défenseurs, s’ils ne venaient au plus tôt à l’obéissance du Pape. Depuis son rétablissement à Rome, Alexandre était à Tusculum, le jour de la Décollation de sint Jean-Baptiste, 29me d'août 1178, lorsque Jean de Strume vint le touver avec quelques-uns de ses clercs , et, en présence des cardimaux et de plusieurs autres, confessa publiquement son péché, demanda pardon et abjura le schisme. Le pape Alexandre, suivant sa douceur naturelle, ne lui fit aucun reproche, et lui déclara que l'Église romaine le recevait avec joie pour son fils, et lui rendrait le bien pour le mal. En effet, le Pape le traita toujours depuis avec honneur dans sa cour, et le reçut même à table 2.

Dans toutes ces affaires du schisme, nous avons vu l'empereur Manuel de Constantinople reconnaître le pape Alexandre pour chef légitime de l’Église, se déclarer son fils ct son auxiliaire ; et le Pape, | 1 de son côté, le reconnaître pour tel et le comprendre en cette qualité 11 dans le traité de pacification. Ainsi, il n’y avait pas rupture entre l'Église romaine et les Grecs de Constantinople, mais il n’y avait pas non plus union complète. Nous le voyons par une lettre du même Pape à un écrivain de ce temps, Hugues Étérien.

Il était de Pise en Toscane, et demeurait à Constantinople avec son frère Léon, interprète de la cour impériale. L'empereur Manuel Comnène le fit venir un jour, et lui demanda si les Latins avaient quelques autorités des Pères qui assurassent que le Saint-Esprit nrocède aussi du Fils. Hugues lui apporta des passages de saint Basile, | 4 de saint Athanase et de saint Cyrille, qui prouvaient cette vérité. ls

aurné chez soi, le eur Frédéric s'était , fini, jurèrent tous er le Pape dans les sence avait causés, donc à Anagni, où s romains, avec des e prier de revenir, elé de Frunce, ik rut pas devoir ren.

et effet, il envoya, i, après une longue le peuple : Que les age au Pape; que Pierre et les droits eraient inviolableque des cardinaux; viendraient vers le

avec les trois cardirent publiquement se prépara donci ars, jour de Saintmesse. Le clergé es bannières et les ait à aucun Pape les trompettes, les pied avec des ra aires de louanges.

ansi. ‘Acta, Apud Baron. an. 1178, an, =? Ibid. 1117, Romuald.

Ë HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 1153 41181 d | Voyant ensuite que l’empereur s’appliquait sérieusement à l'examen M ensuite de cette question, ilrésolut de la traiter à fond. Il y fut encore exhorté M lume, par Hubald ou Humbald, évêque d’Ostie, depuis Pape sous le nom M Palerm de Lucius IT; Bernard, évêque de Porto, et Jean, du titre de Saint. A rope / Jean et de Saint-Paul. 11 entreprit donc de réfuter les reproches des M l'an 11 Grecs contre les Latins à ce sujet, tant par des raisonnements ue MR prêtre € parles passages des Pères qu’il avait recueillis pendant un long séjour M gstions à Constantinople. L'ouvrage est divisé en trois livres : la question MR brdie, du Saint-Esprit y est traitée fort au long et avec beaucoup de sub. A cnditio tilité. L'auteur, dans ses raisonnements ; Suit les principes d'Aris. M avec la tote ; mais il serait à désirer qu'il y eût plus d'ordre et de choix dan MR nsépar: ses preuves, plus de clarté et moins d’affectation dans son style ; en M le voit | un mot, que l’auteur ressemblât davantage à l'évêque Anselme de A mourut Havelberg, que nous avons vu traiter les mêmes matières quelques Au m années auparavant, avec un ordre et un style parfaits. écrivit e Hugues Étérien adressa son ouvrage au pape Alexandre, dans Je M cpal est moment qu’il était à Troie en Campanie, à son retour de Venise, Le M de Gratie Pape l'en remercia par une lettre du 43e de novembre, où il dit: BR et du dr Comme vous avez composé ce livre pour l'amour de Dieu et de son v'cile. 3 Église, nous vous prions et vous exhortons, en ce qui . concerne M véque de notre très-cher fils en Jésus-Christ, l’illustre et glorieux empereur de M «tr les re Constantinople, à l’exciter, par vos remontrances et vos exhorta. BR nouvelaic tions, à la dévotion et au respect envers la sainte Église romaine, et tions, 1 à l'unité de cette Église. gleterre.

Nous avons un autre ouvrage de Hugues, fait à la prière du clergé jan savant de Pise, touchant l’état de l’âme séparée du corps, contre l'erreur Le par quelques Pisans, qui disaient que les prières ni les sacrifices ne ser. ji 2Vec un C vaient de rien aux morts, et qui doutaient même de la résurrection Mttres et Ce traité de Hugues est divisé en vingt-sept chapitres, et composéd M stivante c même style que le précédent 1. 208 jours, Un illustre contemporain et compatriote de Hugues Étérien fut ie d'en profi

cardinal Laborans, dont nous avons déjà mentionné le principal d'ailleurs.

ouvrage. Il naquit à Pontorma dans la Toscane, à quelques lieux «Alexa de Florence. On ne:sait point au juste si le nom de Laborans lui ftisuhaite d donné au baptême, ou si c'est un surnom reçu plus tard à caused «Nous : son amour pour le travail. En tout cas, il n’en porte point d'autre envoyés, ç dans les monuments de l’époque. Laborans étudia plusieurs année BR déià reçu 1 à Paris, ville très-renommée alors pour la science de toutes lsmie, les É bonnes doctrines. 11 y prit même le grade de docteur, parcountMi demandez

1 Galland, De vetustie canonum collectionibus disseriationum Sylioge. Magni ps

tiæci, 1790, t. 2, in-4,

320 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Det53

à notre place, de la loi du Christ. Comme votre demande est très. agréable au Seigneur, nous y avons acquiescé avec plaisir, et nous

11181 d substar

{rois pe

aurons soin de vous envoyer des personnes qui puissent suppléer nu

auprès de vous la présence de l'autorité apostolique pour la sai Moïse, ; doctrine et les avertissements salutaires, et dont les mœurs et les « Da mérites ne seront point en désaccord avec l'honnêteté et la pureté M j est di de l’érudition évangélique. En attendant, comme vous demande encore : instamment par vos lettres une exposition de notre foi, nous, en vo M ,x poin

félicitant de vos désirs, nous vous la donnons en abrégé. nlité de

« Vous devez donc croire pieusement et tenir fidèlement qu’il est M à notre

un seul Dieu, de telle sorte néanmoins que, dans l’assignation de R l'atteste:

divinité, il y ait unité dans la substance et trinité dans les personnes, M principe

Carily a Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit ; mais le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit sont une même chose. Or, iLy a cette distinction dans les personnes, que le Père n’est pas le Fi, ni le Fils le Saint-Esprit, ni le Saint-Esprit le Père ou le Fils, ('e une chose difficile à entendre et qui surpasse la pénétration de h

Dieu. 1

raison humaine ; mais la foi en a d’autant plus de. mérite que ceh : C" est plus difficile à croire. Toutefois, encore que nous ne puissions My l'Esp rien trouver qui ait une image expresse de l'unité et de la trinité sou Miéncore él verine qui est en Dieu, et que nous ne trouvions pas même des ex. eulque le

pressions pour parler dignement de cette souveraine essence, nous Mnisse D: faisons ce que nous pouvons, et, comme en balbutiant et emprontant des paroles aux choses qui passent, nous vous découvrirons & qui est ineffable.

« Paul, l’Apôtre, dit que les perfections invisibles de Dieu, deve. nues intelligibles par les choses qui ont été faites, peuvent se voi, comme son éternelle puissance et divinité. Considérez donc l'âme del l’homme et le corps du soleil, et vous verrez en quelque manière, quoique faiblement et par une espèce de connivence de l'œil, une certaine similitude de la Trinité ; car, dans l'âme de l’homme, il vai, le Pè intelligence, mémoire et volonté. Nous appelons l’âme mémoire Mir: le Sa nous appelons l’âme intelligence, nous appelons l’âme volonté :h mémoire , l'intelligence et la volonté sont une même âme, maish mémoire rest ni l'intelligence ni la volonté. Dans le rnême corps du soleil, je vois le rayon, je sens la chaleur et je reconnais la spledeur : ces trois choses sont d’une même essence ; cependant aucune d’elles n’est l’autre. Ainsi, dans cette ineffable et incirconscriptibk gloire de la Déité, le Fils est du Père, et le Saint-Esprit de tous les deux. Et quoique le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit soient d'une même substance, d’une même puissance et gloire, ce ne sont cependant pas trois dieux ; mais, dans les trois personnes, il y a une même

ière de qu ère, ct le { autre, Tou Sion, Ja ie

[Liv. LXIX, — Des

e demande est très.

avec plaisir, et nous ui puissent suppléæ olique pour la saine nt les mœurs et ln nnêteté et la pureté me vous demande re foi, nous, en vous n abrégé.

fidèlement qu'il est is l’assignation de h dans les personnes, e Saint-Esprit ; mais nême chose. Or,ily re n'est pas le Fik, ère ou le Fils, C'est a pénétration de k de. mérite que ceh e nous ne puissions é et de la trinitésou.

is pas même des ex.

raine essence, nou butiant et emprunous découvrirons œ

ra 11181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

substance et.une même puissance, et dans une même substance il y à trois personnes. Cette profession d

e notre foi n’a pas commencé seulement au Christ et à ses disciples,

mais elle a son fondement dans Noïse, et les patriarches et les prophètes,

« Dans le livre de Moïse est ilest dit : Æcoute, Israël, l Éte encore : Je suës l'Éternel » ton D

l'attestent ces paroles de Jean,

’Évangile : Dans Le Rrincipe était le Verbe, et Le Verbe était chez Dieu,

Dieu. Il était dans Le Principe chez Dieu, par lui, et sans lui rien n’a été fait *, Vo a Saint-Esprit que s'adresse ce discou pluriel : Faisons, et, notre. Car c’est P quele Seigneur Dieu a fait tout pelle : C'esé par le Verbe de l'Eternel qu’o pr l'Esprit de sa bouche toute leur vertu 5

ibles de Dieu, deve.

ès, peuvent se voir MR dérez donc l'âme de 1 quelque manière, ivence de l'œil, une > de l’homme, il ya 1s l’âme mémoire, S l’âme volonté :h nême âme, mais s le raême corpsdu reconnais la splen- ; cependant aucune et incirconscriptible it-Esprit de tous les Esprit soient d'une e, ce ne sont ceperles, il y a une même

alteste avoir entendu les séraphins » l'est saint, l'Éternel , de Dieu des vmées $ ! Pourquoi répète-t-il trois fois, 1/ est saint, si ce n’est pour Sinuer que, dans l'Éternel, le Dieu des armées, il y a une trinité k personnes? Il y a donc, dans la souveraine et bienheureuse Triité, le Père, qui engendre le Fils ; le Fils, qui est engendré par le Père; le Saint-Esprit, qui procède de l’un et de l’autre. à « Et, dans cette génération et procession, las ouflert ni retranchement ni diminution dans le

ubstance divine n'a Père ou le Fils; car, diminution de la lu-

quant au mode de cette géné

ration et de cette proaison humaine ne peut y atteindre.

C'est pourquoi Isaïe,

lDeut ,6, — ° Ib.,5.— 5 Genes., 1, — » Joan., 1. — 5 Psalm., 12. = 6 Ib., 66, Joan. 5, — 8 Esaias, 6.

XVI

1 certain de la génération du Fils, mais sachant que le mode de la g6. nération est inénarrable, s’écrie : Qui est-ce qui racontera sa généra. tion 1 ! Le prophète David, en la personne du Fils, parle ainsi de cette génération : « L'Éternel m'a dit: Tu. es mon Fils; je t'ai en. gendré aujourd'hui?. « Également Salomon, fils de David, que Dieu‘éclaira d’une science et d’une intelligence merveilleuses, par. lant en la personne du Christ, qui est, selon Paul, Za vertu et la sa. gesse de Dieu 3, dit au livre De la Sagesse (si pourtant vous receve livre) : Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies, avant qu'il fit rien; les rbfmes n'était pas encore, et j'étais déjà conçue. Quand il prépai : ieux, j'étais présente. Quand il équilibrait les fondements de la à ; :. j'étais avec lui, disposant toutes choses #, L'a. pôtre Paul rend aussi témoignage à l’Esprit-Saint, même à la Tri. nité entière, disant: Dieu a envoyé l'Esprit de son Fils dans cœurs 5. Et ailleurs : St l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus habite en vous, il vivifiera aussi vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous °.

« Que. si. vous désirez le témoignage du Christ sur l'unité de l'essence et la trinité des personnes, lui-même dit. dans l'Évangik: Moi et Le Père, nous sommes une même chose 7. Le Christ dit encore ses. disciples : Allez, haptisez-les tous au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit S.

« L'homme ayant donc, par. sa désobéissance, perdu le paradise mérité.éternellement les misères infernales, le Fils a été envoyé du Père ; et ilétait digne que le Fils fût envoyé, et non le Père; car ke Père n'étant d'aucun autre et le Fils étant de quelqu'un, ilétai plus convenable qu’ileût une mère dans le temps, lui qui a un Pèr de toute éternité. Comme il était écrit dans le psaume de David: Il n’enest point qui rachète nt qui sauve ; il n’en est point qui fasse le bien, il n’en est pas un ?. Il n’en est point qui présente une propi tiation pour son âme, combien moins pour celle d’un autre : le Fik a été envoyé par Dieu le Père, afin de mourir homme pour l'homme, de payer comme homme le tribut de la mort pour l’homme capi, et de le racheter comme Dieu par la puissance céleste. Son avéne

ment a été désiré par les patriarches, prédit par les prophètes, qui supportant avec impatience les délais, formaient ces plaintes : Quad viendra-t-il ? quand le verrons-nous? Seigneur, donnez leur réconpense à ceux qui vous attendent, afin que vos prophètes soient troué fidèles 1 1 Puissiez-vous, Seigneur, s’écria Isaïe, déchirer les cieux

ME Re = ré ar a Sn à rs A

1 Esaias, 53, — 2 Psalm., 2. — 9 1. Cor., 1. — * Proverb., 8. — 5 Gal. f 6 Rom., $. — 7 Joan., 10. —8 Matth., 28. — 9 Psalm., 7 et 12. — 19 Eccii,, dd,

(Liv. LXIX. — De 1149

venir est té deme «1 Chris et son le mê par À tuelle Jessé, Seign de for Seign cornm Saint de no l'Incar € C précéc delar désign son hu s'y acc Et le f soit alt | Etsi, ] verge c gine, 2 dans la dela V « Loi ciliés p Et la pi sa nativ Gloire.

bonne d'après terre da prédit q

1Esaias 6 Michea:

[Liv. LXIX. — De 1159

e le mode de la géracontera Sa généra.

Fils, parle ainsi de m Fils; je l'ai enls de David, que merveilleuses, par.

il, /a vertu et la sa.

irtant vous recevez nt de ses voies, avant j'étais déjà conçue.

md il équilibrait les toutes choses #, ['a.

int, même à la Tri.

le son Fils dans vs ssuscilté Jésus habite se de son Esprit qui

brist sur l’unité de lit. dans l'Évangik:

> Christ dit encore} Père, et du Fils, et

, perdu le paradiset ils a été envoyé du non le Père; care quelqu'un, ilétait S, lui qui a un Père psaume de David:

est point qui fasse le présente une propi d’un autre : le Fik nme pour l’homme, our l’homme capti, céleste. Son avéne les prophètes, qu, ces plaintes : Quad donnez leur réconphètes soient trou

déchirer les cieux t

erb., 8. — 5 Gal. f, t 12, — 10 Eccli,, 36.

à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 323

venir 1 / Et David :. /nclinez Les cieux, et descendez 2, Enfin, est témoin, les anges de la paix pleuraient amèrément sur ] dement de notre salut.

« Le même Isaïe, parlant plus manifestement de la nativité du Christ : Voici, dit-il, que /a Vierge concevra, et elle enfantera un Fils, etson nom sera Emmanuel 3, Et comme Mar lemême prophète déclare manifestement. Ja naissance de Marie, et par Marie celle du, Christ, ainsi que la plénitude de ] tuelle dans le Christ, en, disant : Une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur montera de sa racine ; et sur lui reposera l'Esprit du Seigneur, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et de Piété, et il sera rempli de l'Esprit du Seigneur #. Le Fils de Dieu est donc né de la Vierge incorrompue, comme le premier Adam a été formé d’une terre vierge, l'Esprit- Saint opérant en elle, et procurant d’une manière ineffable l'affaire de notre salut; car c’est un abime insondable que. le mystère de l'ncarnation du Seigneur.

« Cependant bien des choses sont arrivées aux anciens Pères, où précédait une figure de cette nativité. La toison de Gédéon, trempée de la rosée du ciel, pendant que l'aire d’alentour demeurait sèche, désignait la rosée de l'Esprit-Saint dans la Vierge, qui, à cause de son humilité, a été spécialement préélue du Seigneur, Le psalmiste s'y accorde, quand il dit : Z/ descendra comme la Pluie sur la toisen 5, Et le feu qui apparaît à Moïse dans. le buisson, sans que le buisson soit altéré par le feu, montre l'intégrité de la virginité dans Marie.

Isaïe en e retar-

| Etsi, pendant que les verges des autres tribus demeurent arides, IR

verge d'Aaron, de la souche duquel la Bienheureuse tire son orige, a poussé des feuilles et des fleurs, elle indiquait cette fleur dans la tige de Jessé, qu'avait prédite Isaïe, savoir : l'enfantement de la Vierge sans tache.

« Lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous lui avons été réconciliés par la venue du Christ, selon que le prophète l'avait prédit : Et la paix sera sur La terre quand il viendra 6. C'est pourquoi, dans sa nativité, les anges ont chanté le cantique de la glorieuse paix : Gloire. à Dieu dans les hauteurs, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté 7. Une nouvelle étoile apparut aux mages, et à Rome, d'après le témoignage des histoires, une fontaine d'huile coula de ja terre dans le Tibre. Un ancien temple de Rome que les idoles avaient prédit qui ne tomberait que lorsque enfanterait la Vierge, s’écroula

1Esaias, 64, — % Psalm., 143, — 3 Esaias, 7. — * Ibid., 8, — 5 Psalm., 7. — SMicheas, 5, — 7 Lue., 2.

nn

324 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 1153

de fond en comble cette nuit-là même. A Jérusalem, la piscine probatique commença alors à être agitée par l’arrivée de l’ange, et à conférer des guérisons.

« Le vieil Adam nous a nui grandement, mais le nouvel Adam nous

a profité. L’humilité de celui-ci nous: a valu plus d'avantages que l'orgueil de l’autre ne nous avait ôtés; car, selon le témoignage de Paul, i{ n’en est pas du don comme de la faute 1, la grandeur du bienfait ayant surpassé la valeur du dommage. Celui qui était d'abord pour nous un maître et un juge terrible est maintenant un humble frère et un prochain. Ainsi donc le Christ, parcourant la carrière de notre mortalité, dans la faim et dans la soif, dans la les. situde et la douleur, et dans toutes les misères de cette vie ; trahi enfin par un disciple, vendu comme un vil esclave, flagellé, conspué, couronné d'épines, bafoué, cloué à un- gibet et condamné à une mort.infâme : le Christ a payé ce qu'il n'avait pas ravi, et, s’offrant volontairement à la mort, il a tout souffert dans l'humilité, comme Isaïe l’a prédit. Dans l'humilité, dit-il, son J'ugement a été enlevé, ]la été conduit comme un agneau à la boucherie, et il n'a pas plus ouvert la bouche qu'une brebis devant celui qui la tond 2. Celui-là donc qui, jeune encore, : avait été offert une fois dans le temple par le juste

Siméon, celui-là même, au soir de la loi et à la fin des cérémonies,

a levé ses mains au Père sur la croix pour notre rédemption, sui-

vant ce mot de David : L'élévation de mes mains ct le sacrifice du

soir 3, C’est ainsi que la faute qu'Adam avait contractée par l’orgueil en la délectation du fruit défendu a été ôtée par l'humilité du Christ

dans l’amertume de la mort, et l’effusion de ce sang innocent a effacé la cédule de tous les crimes.

« Le Seigneur pouvait sans doute employer un autre mode de ré. demption ; mais nul n’était plus convenable à sa bonté et à notre salut. L’homme étant retenu captif par le diable, suivant l'exigence de sa prévarication, la justice demandait qu'il ne lui fût point arraché par violence, mais que, tombé par l'orgueil, il se relevât par son humilité, s’il pouvait; et, comme il ne le pouvait par la sienne, du moins par celle d'autrui. C’est ainsi que le Christ innocent, que l'agneau pascal signalait dans la loi, s’est offert pour nous en victime de salut.

« La loi de Moïse avait établi une chèvre ou une brebis comme le prix pour racheter l'homme du péché. Le Christ, considérant que les ombres cérémonielles de la loi ne suffisaient point pour le salut, et portant le pri; de l’homme plus haut que celui d’une brebis, d'un

1 Rom, 5. —? Esaias, 53. — 3 Psalin., 110.

bous et ai sanctt vert le et, ce boyan ancien avait c s'étaie « Ja le Seig fait por maux, sance, | ceux qu 1e peut pour ra l réden qilas bres, les minie de à cause et de sor Dieu? E vous esé s de la lou Commen sement a plus effic:

(De p rigine, ne daient tor

«Ainsi, NOUS est il tommand tangile, il

Liv. LXIX, — De 153

em, la piscine pro.

ée de l'ange, et à

à 1181 de l'ère chr.]

DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, bou où d’un veau, a offert

nouvel Adam nous Is d'avantages que | le témoignage de l, la grandeur du elui qui était d'aest maintenant un ist, parcourant Ja a soif, dans la las.

le cette vie; trahi , flagellé, conspué, , condamné à une s ravi, et, s’offrant ‘humilité, comme it a été enlevé, Ilà 'a pas plus ouvert Celui-là donc qui, nple par le juste n des cérémonies, rédemption, suiet le sacrifice du actée par l'orgueil iumilité du Christ ; innocent a effacé

,ilena rompu les sceaux, el, ce que les hosties légales n'avaient pu, i

, il a détourné l'épée flamboyante, et rouvert l'entrée du paradis, qui était fermée à tous les anciens. C'est ainsi qu'autrefois, à la mort du souverain Pontife, on

avait coutume d’accorder un sûr et libre retour chez oi, à ceux qui

ie peut plus dissimuler combien a

pour racheter le serviteur, n’a pas épargné son propre Fils. Or, pour k rédemption de l'homme, il a trouvé le travail et la douleur, parce qu'il a souffert la faim, la soif, la fatigue, les embüûches, les opprobres, les fouets, la couronne d’épines, les clous et la lance, l’igno- {| minie de la croix et les angoisses de la mort ; il a souffert tout cela |

àcause de notre impiété et de sa Piété, à cause de notre nécessité | el de son humilité, Zs-ce que mon âme ne seru donc Pas soumise à Dieu? Est-ce que tous mes os ne diront Pas : Seigneur, qui est-ce qui us est semblable 1 ? afin que désormais l’action de grâces et la voix de la louange ne cessent plus ni dans ma bouche ni dans mon cœur, Comment la sagesse de Dieu eût-elle pu en user plus miséricordieument avec moi, et m’inviter à l'aimer d’une manière plus douce et Plus efficace ?

(De plus, les âmes des justes, qui, quant à la prérogative de l’oge, ne le cèdent guère en dignité aux esprits célestes, descen- ‘aient toutes aux enfers ; et il convenait que Dieu se Souvint un jour | 1R de son image, et que, selon les oracles des prophètes, il réparât, par k

autre mode de ré. | bonté et à notre suivant l’exigence lui fût point aril se relevât par ait par la sienne, ist innocent, que v nous en victime

ls âmes élues, la diminution des anges tombés.

(Ainsi, dans la dispensation de notre salut, la dilection du Christ D0US est infiltrée jusqu’à la moelle, Dans la loi de Moïse, déjà il nous tmmande l'amour de Dieu et du prochain ; mais, à l’école de l'É-

brebis comme le considérant que int pour le salut, une brebis, d'un

, : Car personne n’a de plus

vie pour ses amis ?, Il nous

!Psalm., G1 et 34, — » Joan., 15.

CHILI bel fu!

Fils a dans |

326 HISTOIRE UNIVERSELLE [{Liv. LXIX. — De 1159

a ainsi donné matière à l’aimer, lui qui nous a prévenus dans ses dilections ; et iln’exige autre chose de nous, sinon que nous l’aimions de cœur. Certes, il est inhumain et cruel, celui quinese rappelle point

sa miséricorde, celui qui n'aime point d'affection un Seigneur si clé. rest F ent, celui qui ne s'expose point volontiers pour lui à la mort, s'il Leipis en est besoin. livre, « Or, le Christ est mort, a été enseveli, est ressuscité des morts le E troisième jour, comme il avait prédit à ses disciples ; il leur a fré. AR ‘ (0! quemment apparu, il a parlé et mangé avec eux; leur a montré les cie | plaies de ses mains, de ses pieds et de son côté, pour Ôter, par l'ex. MR "üP hibition de ces plaies, la plaie du doute des cœurs de quelques-uns BR P""" qui hésitaient encore. Ayant ainsi conversé visiblement avec ex auf à pendant quarante jours, il vint, en leur compagnie, à la montagne grande des Oliviers ; et, eux le voyant, il s’éleva et monta au Père, où il est FA : assis à sa droite, et d'où nous l’attendons, à la résurrection géné- ufalre rale, comme le juge des vivants et des morts. une het « Comme donc Notre-Seigneur 3ésus-Christ a voulu et dû mourir Lucifer pour un temps, parce qu’il est homme, il a pu et dû ressusciter après Ms sa mort, afih que le diable, qui avait vaincu l’homme, fût vaincu par BR "€ l'homme et confondu par cette défaite. Qu'ils rougissent donc le "ie Œ infidèles et les prévaricateurs qui s'emportent à proférer de ces extra. A 1? "ns vagances : Si le Christ est Dieu, comment a-t-il pu mourir? sil ele P'° homme, comment ressusciter* car il est Dieu et homme : étant on homme, il a dû mourir ; étant Dieu, il a pu ressusciter. es : « De plus, il nous a été avantageux que celui qui daignait mourt s ro volontairement sous un juge inique ait pu et voulu vaincre la mot ie en ressuscitant. Et comme le diable, par sés ministres, a porté témé si rairement une main violente sur son maître, il a perdu juridique différat ment à jamais le domaine et la tyrannie qu’il exerçait sur l'homme; «Ce : de cette manière convenable, celuï qui avait vaincu l’homme a ét dite vaincu par l’homme, et qui avait vaincu moyennant le bois a té hreligio vaincu moyennant le bois de la croix par Jésus-Christ, DieucthommeE N “ afin que l’homme ?’aime comme frère et le craigne comme Dieu. D. té : « D'ailleurs, il était nécessaire que le même qui nous a créés now Christ il créât de nouveau, et qui nous a fait nous refit en nous rachetait di Li et nous réparât, perdus que nous étions, de peur que nous nef ù he sions obligés d’adorer un Dieu romme créateur, et de vénérer unat Se js tre comme rédempteur, ét de servir ainsi deux maîtres. Et que le Fi j Le se soit incarné, non le Père, non le Saint-Esprit, cela était nécessain . dei" ét convenable: car c’est au Fils que l’homine, savoir Adam, a pré Squi tendu se rendre semblable, en aspirant à connaître le bien et le mis dre

comme Dieu. Le Fils semblait en être cause, comme la sainteté d'

41181 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 327

bel fut cause de l'envie de Caïn, et, par là, de sa propre mort. Le fils a donc dit comme notre Jonas : C'est moi qui ai péché, jetez-moi dans la mer *. Pour l’expiation du crime qu'a commis l’homme, ce n'est point assez d’un chétif sacrifice o4 holocauste : Voici que je viens, que j'e viens moi-même, selon qu'il est écrit de moi à la tête du livre, pour faire votre volonté 2.

« En outre, si une grande affaire, la rédemption de l'homme, eût été commise à un ange, elle n’eût pas été sûre, parce que, dans Luder, l'orgueil a rendu l'ange infâme et suspect ; si à un homme, elle r'eùt pas été sûre non plus, puisque la désobéissance a rendu le premier homme coupable et justement condamnable. L'ange ne suflit donc pas, et l’homme encore moins. C’est donc avec une grande convenance que l’homme, soutenu de la Divinité, a délivré l'homme de la gueule du diable, en sorte que cette difficile et noble afaire ne courût aucun risque, mais qu'elle eût plus infailliblement une heureuse issue, et que l’ordre des anges, mutilé par la chute de Lucifer et de ses complices, fût heureusement restauré.

«Elle est donc grande et très-digne de toute louange, la bienheureuse mère et vierge Marie, elle qui a mis au mondelle grand médiateur de Dieu et de l'homme, et mérité d'énfanter notre Sauvéur ; elle qui, entre toutes les femmes qu'a eues le monde, a mérité de n'avoir première, ni semblable, ni suivante : car elle a CONÇU sans honte, enfanté sans douleur, trépassé sans Corruption, suivant la parole de l'ange ou plutôt de Dieu par l'ange, afin qu’elle fût démontrée pleine et non demi-pleine de grâce, et que Dieu, son Fils, accomplit lidèlement l'antique commandement qu'il a lui-même enseigné, de prévenir d'honneur son père et sa mère, et afin que la chair virgiale du Christ, qui avait été prise de la chair d’une mère vierge, ne diférât point de la totalité de cette chair.

«C'est donc de ces chefs de la foi chrétienne que le précieux fondement s'élève jusqu’au faite le plus sublime. Telle est l'échelle de hreligion catholique, par laquelle il est donné à l'homme de monler à la patrie de la gloire éternelle. Si donc vous désirez de passer des ténèbres à la lumière, et d'embrasser la loi très-salutaire du Uist, il faut que les prémices de la vie chrétienne soient consacrées ar les eaux du baptême, afin que, déposant dans les eaux de la régénération la vieillesse du péché, vous renaissiez à la nouvelle inlocence de l'âme et à l'enfance de la vie, pour devenir participant de cette gloire céleste, que l'oreille n’a point ouïe, que l'œil n’a point Vue, qui n’est point montée dans le cœur de l'homme: gloire si co-

Liv. LXIX. — De 1169

prévenus dans ses que nous l’aimions nese rappelle point un Seigneur si clée lui à la mort, sl

suscité des morts le iples ; il leur a fré.

: leur a montré les Jour Ôter, par l'exrs de quelques-uns siblement avec eux nie, à la montagne a au Père, où il est résurrection géné-

voulu et dû mourir dû ressusciter après nme, fût vaincu par rougissent donc les roférer de ces extra.

pu mourir? s'il est et homme : état usciter.

qui daignait mourir julu vaincre la mort istres, a porté témé a perdu juridique erçait sur l’homme; incu l’homine a été nnant le bois a été rist, Dieu et homme, ne comme Dieu.

ai nous à créés nous en nous rachetant, ur que nous ne fs et de vénérer una aîtres. Et que le Fi cela était nécessait avoir Adam, a pr tre le bien et le mu nme la sainteté d'A

! Jonas, 1, — 2? Hebr., 10.

528 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 11598 à 1181 de l'

pieuse, qu'on ne peut l’annuler ; si grande, qu'on ne peut la com. AR de ses sujc prendre ; si multiple, qu'on ne peut la nombrer ; si précieuse, qu'on A ut d’une ne saurait l’estimer ; si durable, qu'il ne peut y être mis de terme: dors Hack gloire que Dieu a promise à ceux qui l'aiment et qui marchent fig. x mille 1 lement sur ses traces. Vivez et portez-vous bien, et vive en vous Ma détermir Christ!» , den tuère Le sultan d'Icône, à qui le pape Alexandre écrivit cette magnii.@ooups. Ils « que lettre, se nommait Azeddin Soliman. En 4459, il vint à Con-Mderniers in stantinople, où il fut reçu magnifiquement par l'empereur Manuel. Sa corruption mère, étant au lit de mort, lui révéla qu'elle était Chrétienne, ot icause de conjura d'embrasser la même foi, Ce fut pour cette raison qu'il écri. l'était au n vit au pape Alexandre, dont la solide instruction le détermina à re. Annt à ses je cevoir le baptême, mais en secret, à cause de l'insurrection qu'ils lieux en avait à craindre de la part ‘de son peuple. C'est ce que rapportenMul point, qu deux auteurs du temps, Matthieu Paris et Robert, abbé du Mont-MRufn, les an Saint-Michel 2, kurs chefs.

Parmi les nombreuses sectes du mahométisme, une des plus fm de féda meuses était celle des assassins. En voici l'origine. Vers l’an 899 din il avait l'ère chrétienne, un prétendu prophète nommé Carmat s'éleva e prie sur le Arabie, près de Koufa, et attira un grand nombre de sectateurs, jet lkillard ou nant, travaillant de ses mains et faisant la prière cinquante fois paire qu'on 1 jour. Il promettait d'établir un iman ou pontife d’Ali, préchant Cependant dévotion à ce prétendu saint, et la révolte contre les califes abbassi-Masassins, qui des, pour venger son sang. Il déchargea ses sectateurs des obser es, les étud vances les plus pénibles, leur permettant de boire du vin, de man@pita bientôt ger de toutes sortes de viandes ; et, par cette licence, jointe à l'espé rance du butin, il forma une armée immense et fit de grands ravages sur les terres du calife. Il mourut, laissant douze disciples princi paux, en l'honneur des douze imans descendus d’Ali ; et eut plusieurs successeurs, dont le plus fameux fut Abou-Taher, qui, après avoi ravagé les provinces avec une armée de cent mille hommes, et enter les caravanes de pèlerins, prit la Mecque, en 929, fit égorger les plus les ans, € lerins dans le temple, emporta la pierre noire, qui était l'objet de gelaptéme., Li leur dévotion, et fit cesser le pèlerinage pendant douze ans. Depuis aorda la dé les carmatiens, étant devenus plus faibles, dissimulèrentleur religion se mêlant avec les autres Musulmans ; ce qui les fit nommer bate-ik nis, c’est-à-dire inconnus. Ils commencèrent à être désignés par cl nom, et à se fortitier en Perse, l'an 1090. Hacem ou Hassan, luuit près d’en chef, ayant été menacé par le sultan Gelaleddoulet, commanda à ie l'épée à |

1 Alex, III epist. 32, apud Labbe, t. 10; Mansi, t. 21, et Baron., an. 1169

? Matth. Paris, an. 1169. Robert de Monte, an. 1181. Lebeau, Hist. du Bas Biographie u Empire, |. 88 et 90.

nn 165 et seqq., toi

Av. LXIX. — De 115988 à 1181 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

n ne peut la com. de ses sujets, en présence de l'envoyé du sultan | précieuse, qu'on Mi out d'une tour, et à un autre de se tuer : ce re inis de terme À Alors Hacem dit à l'envoyé : Dites à v ai marchent fidè. fix mille hommes prêts à en faire aut et vive en vous ka déterminés à tout, commencèrent à

den tuèrent un grand nombre, ivit cette magnif. œups. Îls s'appeleient aussi ism }, il vint à Con. i Jereur Manuel, &

: raison qu'il écri.

> détermina à re.

; exaltait leur fanatisme et le

2 que rapportent@il point, que la mort leur abbé du Mont.

une des plus fà Vers l’an 892 de armat s’éleva e istori nommé leur chef le e sectateurs, jet lici i Ontagne, traduisant mot à mot le inquante fois pie qu'on lui donnait en arabe 2,

l'Ali, préchant hf Cependant, vers l'an 1173, il y avait en Phénicie s califes abbassi@uassins, qui, s’étant procuré teurs des obser@rs, les étudiait avec soin. C du vin, de mania bientôt la sagesse de la , jointe à l'espétiplus en plus des réverie > grands ravageommença même par insp

un prince de ces un Évangile avec les Épitres des apôomme il avait l'esprit pénétrant, il

doctrine-chrétienne, et se désabusait s de Mahomet. Comme il était éloquent, il irer sa manière de voir à son peuple, Endisciples princiÆi, l'année 1173, il envoya un de ses confidents à Amauri IIL, roi de ; et eut plusieunlusalem, lui faire des propositions secrètes, dont la principale était, qui, après avoue si les templiers, qui avaient des châteaux près de son État, vouommes, etenler@lint remettre deux mil ujets leur payaient : égorger les pédhus les ans,

ment, ils recevraient i était l’objet dMklaptéme. e ambassade, et lui 1ze ans. Depuis a dé | :, résolu d’indemniser luientleur religions i s’il étai i S avoir donc retenu longt nommer bate-imps |’ : i

il le renvoya avec un de ses désignés par ci: eut passé Tripoli, comme il ou Hassan, leu n maitre, il survint des temcommanda à ui envoyé, sans aucun égard à

a près d'entrer sur les terres de so blers l'épée à la main, qui tuèrent cet

aron., an. 1169,

au, Hist, du Bas ! Biographie univers., t. 19, art. Haçaw.

Michaud, Hist. des Croisades,t, ©, M et segq., lettre de M, Jourdain. D’Her

belot, Bblioth. orient, — ? Elmacin.

330 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 115

à 1181 d la foi publique ni à la sauvegarde du roi : action plus convenable à À klAs des bandits qu’à des religieux militaires. drétiel

Le roi Amauri, l'ayant apprise, entra dans une furieuse colère, et winé 6 assembla les seigneurs, qui furent tous d’avis de ne point négliger isa cette affaire, attendu qu'il y allait non-seulement de l'autorité royale, D jomina mais de l'honneur du nom chrétien et de l'intérêt de l'Église, On di envoya donc deux seigneurs au maître des templiers, nommé Eudes Tartari de Saint-Amand, pour lui demander satisfaction de cet attentat, que Corée a l'on disait avoir été commis par un certain frère Guillaume Dumes- Timoud nil, borgne, méchant homme, violent et emporté, mais qui l'avait lui-mên fait avec la participation de ses camarades. Le maître du Temple ré. ls roya pondit qu’il avait mis le coupable en pénitence, et qu’il l'enverrai Corée, « au Pape en cet état ; que, cependant, il défendait de la part du Pape D | un des que personne fût assez hardi pour mettre la main sur ce religieux: à Quant à

quoi, suivant son humeur hautaine, il ajouta plusieurs paroles inso- LS ;,\ 147 lentes. Après cela, le roi étant venu à. Sidon, fittirer par force de Le pape la maison du Temple le chevalier Guillaume Dumesnil, qu'il mit à ch prison à Tyr; et cette affaire pensa renverser le royaume de Jéruu constant lem, tant ce royaume était faible ou les templiérs puissants. Um

Le roi Amauri se justifia auprès du prince des assassins, auquel L'Inde il fit connaître son innocence; mais la mort qui l’enleva peu de temps

: tres pers après ne lui perrñit pas d'exécuter le dessein qu’il avait de commu- instruit niquer cette affaire à tous les princes, pour réprimer les excès des de ne s’é templiers et des hospitaliers. Il n’y avait pas soixante ans que cs Siége. 11

religieux militaires étaient institués; et ils avaient déjà tellement dé. A Sant-Pi

généré, que les écrivains chrétiens et mahométans, d'ailleurs pe que des conformes dans leurs jugements, s'accordent à les dépeindre comme S'y instre les plus méchants de tous les hommes. Dans leurs brigandages, D ur et 1 n'épargnaient pas plus les Chrétiens:que les infidèles, avec lesqueh Inforn ils ne gardaient ni traité, ni parole. Le roi Amauri mourut de dysser- BR |, pape , terie, le 11me de juillet 1173, la douzième année de son règne € une lettr la trente-huitième de son âge, et fut enterré près de son frère Bur- bre 1177 douin UE, dans l'église du Saint-Sépulcre. Son fils, Baudouin IV, li Alexar succéda à l’âge de treize ans, et fut sacré dans la même église, le di cher fils manche 45me de juillet, par le patriarche Amauri, assisté de plusieurs }àt et bér prélats. Le comte de Tripoli eut la régence du royaume pendant le présidon bas âge de Baudouin, detous & Un fait encore plus mémorable que la conversion du prince de Seigneur assassins et du sultan d’Icône, c’est qu’à la même époque, au fonl Nous avo Eglise; «

! Guill. de Tyr, L 20, c. 31, 32 et 4. Vie manusc, de Saladin. Fieurs, Là n. 42 et 43.

! D'Herb,

(Liv. LXIX, — De 1153 n plus convenable à À

à 1181 de l'ère chr.]

de l'Asie, le grand khan, le souverain principal des Tartares, était chrétien, et même prêtre, mais dela secte des nestoriens. Les écriins occidentaux en parlent sous le nom du prêtre Jean. Son nom ou ses noms tartares étaient Thogruel Ong Khan ou Vang-Khan. Il à dominait particulièrement sur les Tartares kéraïtes ; Sa capitale était Gracorom. Son empire s'étendait à droite et à gauche dans la grande Tartarie jusqu'aux confins de là Chine, et peut-être même de la Corée ou du Japon 1, {1 eut pour gendre un prince mogol, nommé Timoudgin, plus connu sous le nom de Ginguiskhan, qui, tant par hi-même que par ses fils, conquit ou ravagea toutes lesterres ettous ksroyaumes, depuis la Pologne et la Hongrie, jusqu’à la Chine et la torée, et parmi les successèurs duquel il y aura plusieurs Chrétiens, l'un desquels enverra son ambassadeur au Concile général de Lyon. Quant au prêtre Jean, autrement le khan Thogruel Ong, il écrivit, l'an 1176, des lettres d'amitié aux monarques chrétiens de l’Europe. Le pape Alexandre savait par la renommée que ce prince tartare itait Chrétien et prêtre, et qu’il avait du zèle pour la piété. Une circonstance particulière le lui fit connaître encore mieux.

Un médecin du Pape, son nom était Philippe, se trouvant au fond del'Inde, dans l'empire de ce monarque, apprit de plusieurs illustres personnages de sa cour, qu'il avait un grand désir d'être bien instruit de la’ foi catholique et apostolique, ayant fortement à cœur de ne s'écarter en rien, ni lui ni son peuple, de la doctrine du Saint- Siège. Il souhaitait surtout avoir une église à Rome, un autél à Saint-Pierre, et un à Jérusalem dans l'église du Saint-Sépulcre, afin que des homines sages de son royaume puissent y demeurer, pour y instruire à fond de la doctrine des apôtres, et en instruire à leur our et le roi et le peuple.

Informé de ces heureuses dispositions par son médecin Philippe, le pape Alexandre le renvoya dans l'Inde en qualité de légat, avec ue lettre ax: oi et prêtre Jean, datée de Venise le 28me de septembre 1177. Elle était conçue en ces termes :

Alexandre, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à son trèscher fils en Jésus-Christ, l’illustré et magnifique roi des Indiens, salit et bénédiction apostolique. La chaire apostolique, à laquelle nous Présidons sans aucun mérite de notre part, est la tête et la maîtresse detous ceux qui croient en Jésus-Christ, d'après le témoignage du Seigneur qui à dit au bienheureux Pierre, à qui, bien qu'indigne, IOUS avons succédé : Zu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; et Les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle 2,

e furieuse colère, et de ne point négliger de l’autorité royale, érêt de l’Église, On liers, nommé Eudes 1 de cet attentat, que Guillaume Dumesrté, mais qui l'avait aitre du Temple ré.

et qu'il l’enverrait t de la part du Pape h sur ce religieux: à isieurs paroles insotittirer par force de mesnil, qu’il mit en ‘oyaume de Jérusa- 's puissants.

es assassins, auquel enleva peu de temp il avait de commu.

primer les excès des oixante ans que c& t déjà tellement dé. ans, d’ailleurs peu ss dépeindre comme rs brigandages, ik!

idèles, avec lesquek i mourut de dyssenée de son règne et ss de son frère Baus, Baudouin IV, hi même église, le di.

, assisté de plusieur oyaume pendant le

rsion du prince dés e époque, au fon

Saiadin. Fieury, 1%

! D'Herbelot, Biblioth. orient., art. UNG où AvEnk. — 2? Matth., 16.

een tr son emmené a nr me name ass

332 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 1189 Car c'est cette pierre que le Christ a voulu qui füt le fondement l'Église, qu'il prédit ne devoir étre ébranlée par aucun tour. billon ni tempête. Et c’est Pourquoi, non sans raison, le bien.

. . , (A . 1 ta! e 4 heureux Pierre, sur lequel ila fondé l'Église, a mérité de recevoir

spécialement et singulièrement, parmi les autres apôtres, la puis. sance de lier et de délier. Il lui a été dit par le Seigneur : Je fe don. nerai les clefs du royaume des cieux. Et tout ce que tu lieras sur In terre sera lié dans Les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.

Le Pape, après avoir ainsi, avec beaucoup de raison, rappelé au chef chrétien des Tartares le centre de l'unité divine pour l'humanité chrétienne et la civilisation véritable, le félicite de ses bonnes dispositions, de son désir d’être plus parfaitement instruit dans la doctrine À de la foi catholique, et d’avoir, pour cela, une église à Rome et À Jérusalem. Le Pape acquiesce à tous ses vœux ; et, pour l'exécution, il luienvoie son ami et son médecin, Philippe, comme légat à latere avec une ample instruction sur les points où les Chrétiens de Tart. rie semblent s’écarter de la doctrine apostolique, et avec la promesse | au monarque d’une église à Rome, d'un autel à Saint-Pierre et Saint-Paul, et d’un autre dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérus. lem. En conséquence, il le prie de bien recevoir le légat Philippe, et de renvoyer avec lui des ambassadeurs, pour l'exécution de ces de. mandes et des autressemblables qu'il jugerait à propos de faire 2,

On ne sait point quelles furent les suites particulières de cette lé. gation ; mais on voit par les historiens du moyen âge, que, même après la mort du prêtre Jean, le christianisme continua de dominer dans son royaume, et que son fils David y régnait dans le treizième siècle. Nous verrons, dans le même siècle, un religieux franciscain, Jean de Monte Corvino, être reçu avec beaucoup d'honneur auprès du successeur de Ginguiskhan, le grand khan des Mogols, comme

envoyé du Pape, et devenir archevêque de Pékin, capitale de la &

Chine 3,

Après tout, la conversion des Tartares n'est pas plus difficile à la grâce de Dieu et au zèle des apôtres, que ne fut, dans leur temps, celle des Huns, des Sarmates et des terribles hommes du Nord, dont nous voyons les souverains s'adresser au pape Alexandre, comme des enfants à leur père, et pour réparer le mal et pour faire le bien dans leurs royaumes.

1 Matth.,16, —2 Ales, III epist. 48. — 3 Pagi, an, 1167. Abel Rémusat, Nouveaux mélanges asiatiques, t. ®, art, JEAN DE More Corvino. — Roger, Hoveden,

P. 581. Radulph., de Dicet , P. 908. Joan. Brompton., p. 1132. Mare-Paol, L.!, 2

c. 64, etc., etc.

ait8t de

En 4180, x prélats ç kr divers

d 333 [Liv. LXIX, — De 1153

roi de Hongrie, donne une charte igonie et de Colocza, à leurs suffra de son royaume, où il dit que, par | €t pour imiter la dévotion du roi | envers le pape Alexandre IE, il confirme qui avait promis de ne faire ni déposition, pe ji 1 sans l'autorité du Pape. De plus, abandon- || NE

fût le fondement de è par aucun to.

ns raison, le bien.

mérité de ‘recevoir es apôtres, la puis.

eigneur : Je fe don.

que tu lieras sur In ras sur la erre ser

il ordonne qu'au décès des

: raison, rappelé a ne pour humanité e ses bonnes dispo.

uit dans la doctrine k glise à Rome et} l, pour l'exécution, mme légat à /atere ihrétiens de Tart. t avec la promesæ| à Saint-Pierre et Sépulcre à Jérus.

> légat Philippe, et écution de ces de.

opos de faire ?, ulières de cette lé.

n âge, que, même tinua de domine dans le treizième igieux franciscain, d'honneur auprès :s Mogols, comme in, capitale de h

emander qu’il [0 tion par l'autorité apostolique, église de Cracovie. Le Pape, qui | sadeurs polonais avec une bien- li

emblée des cardinau rlement la nation polonaise de li

omme juste

+ Quant au eurs à le suivre à Rome, où il

s plus difficile à la dans leur temps, nes du Nord, dont exandre, comme pour faire le bien

ln Danemark, d’où sortaient autrefois ces terribles hommes du or qui Ï

» ON voyait un roi et des

es vertus chrétiennes. Le vé- .f able Eskil, archevêque de Lunden, et légat du Saint-Siége, se

‘ jiint avancé en âge, désirait depuis longtemps quitter sa dignité | à “ftun jour confidence au roi Waldemar. Ce bon prince voulut

Abel Rémusat, Nou- , — Roger, Hoveden,

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