HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXX. — De 1184 D 1198 de l’èr
lère ; et, faisant le tour de l’Hellespont depuis l'embouchure de la y palais te mer Noire jusqu’à celle de la Méditerranée, ils descendirent dans les M pnner que! villes et les places, et firent main basse sur tous les habitants. Ils at. BR servés à © taquèrent aussi les monastères «le ces côtes et des villes voisines, Bsmmandal tuèrent les moines et les prêtres, et brûlèrent les monastères avec} actions ceux qui s’y étaient réfugiés. Ils enlevèrent des richesses immenses, LB; avait ps et réparèrent ainsi leurs pertes; car, outre ce que les citoyens de Bjysie, Malh Constantinople avaient donné depuis longtemps à ces monastères, D} r'oubliait ils y avaient encore mis en dépôt une grande quantité d'or et d'ar-Myubles qu gent, que les Latins emportèrent. Ils firent, dit-on, les mêmes rava- Mutrie : enc ges aux côtes de Thessalie et des autres provinces maritimes, pillant Sirachés, ot et brûlant les villes et les bourgades. Ils rassemblèrent aussi les ga-Burrière à t lères qu'ils trouvèrent en divers lieux, et armèrent une flotte formi-Mylement : dable contre les Grecs. Quelques-uns, ayant horreur de prendre ui les tr: part à ces violences, s’embarquèrent sur un vaisseau, avec leurs prince, « femmes et leurs enfants, et se retirèrent en Syrie 1. eretourna Cependant tont ce qu’il y avait de grand à Constantinople passaitBi les entra le détroit pour aller saluer Andronic. Le patriarche Théodose y alquit un e le dernier, avec les principaux du clergé. Andronic, apprenant qu'ilnpereur ( approchait de sa tente, vint à sa rencontre, vêtu d’une robe violettéin, il sau ouverte par devant, qui ne descendait que jusqu'aux genoux et nef) coups de lui couvrait les bras que jusqu'aux coudes. Il portait un bonnet d'un t emport brun foncé, qui s'élevait en pointe, et rehaussait encore sa grand@{ntacuzèn taille. Le patriarche était à cheval : Andronic se prosterna devant lui mer le b et, s'étant relevé, lui baisa les pieds, lui prodiguant les titres les pludiélenu en | hyperboliques, l'appelant le sauveur de l'empereur, l'ami du bien Se-majest le défenseur de la vérité, et un second Chrysostôme pour l’éloquence@iibreux. Le patriarche, qui voyait alors Andronic pour la première fois, l&. Personné trouva tel que l’empereur Manuel le lui avait dépeint : la taille au@ians, les a dessus de l'ordinaire, le regard farouche; les sourcils d’un hommdlitout mon superbe, caché, soucieux et toujours pensif ; la démarche fière, leurait embr manières artificieuses et affectées. Leur conversation fut civile ed)us comm apparence, et ils se dirent des vérités qu'ils feignaient de ne pas en@Bauronné 1 tendre ?. l'Andronic Dès qu’il se vit maître à Constantinople et dans tout l’empiréBtnme un Andronic donna un libre cours à. ses méchancetés. S’étant mis ei mort. C possession de tous les palais, qu’il voulut tous habiter, mais en passeur, Mari sant, il ne laissa au jeune empereur, Aiexis IE, que les divertissement@@ ère, El et la chasse, le tenant toujours environné de gardes qui suivaien rtour d'A: tous ses pas et ne permettaient à personne de l’approcher. Il chaS@ ques la fit ls mains.
1 Guill. Tyr , 1, 22, n. 10-13, — ? Nicetas, Alex. Manuel, filius. près,
v. LXX. — De 1181 M;1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
bouchure de la My palais tous ceux dont le courage ou la prudence pouvaient lui ndirent dans les M jnner quelque ombrage. Tous les honneurs, toutes les grâces furent habitants. Ils at. BB servés à ceux qui avaient servi son ambition. Les personnages revilles voisines, BR ymmandables par leur mérite furent les plus maltraités. La noblesse, monastères avec Ms actions de valeur, la réputation de vertu étaient des crimes. Il esses immenses, DS ,yavait pas jusqu'aux avantages de la figure qui ne piquaient sa jales citoyens de Musie. Malheur à ceux dont il avait autrefoisreçu le moindre déplaisir. ces monastères, Mjr'oubliait rien que les bienfaits. Tous ces gens-là, quelque irréproitité d'or et d'ar- Sables qu’ils fussent, étaient chassés de leurs maisons, bannis de leur les mêmes rava- MS ytrie : encore était-ce leur faire grâce ; la plupart avaient les yeux maritimes, pillant rachés, ou périssaient dans les fers. La barbarie du prince ouvrit la ent aussi les ga-Murrière à tous les crimes. On vit des frères, des fils, des pères, nonune flotte formi-Mylement abandonner au tyran ceux qui leur étaient les plus chers, rreur de prendre us les trahir eux-mêmes , les accuser d’avoir censuré. la conduite seau, avec leursMuprince, de le haïr, de plaindre le jeune Alexis. Souvent, les accusés eretournaient contre leurs accusateurs , les accusaient à leur tour, tantinople passait@i les entraînaient avec eux dans les prisons. Jean Cantacuzène attae Théodose y allait un eunuque, nommé Zita, comme ayant ‘entretenu le jeune , apprenant qu'ilmpereur du triste état de l'empire ; et, dans la chaleur de sa délaune robe violettéin, il sauta sur lui en présence d’Andronic , lui meurtrit le visage aux genoux et n9Ïicoups de poing, lui rompit toutes les dents et lui déchira les lèvres. ait un bonnet d'un lt emportement de zèle ne lui mérita que des louanges. Mais bientôt encore sa grande {intacuzène fut lui-même coupable : on le convainquit d’avoir fait osterna devant lui inner le bonjour-par un geôlier à son beau-frère Constantin l’Ange, t les titres les pludiienu en prison pour une accusation politique. Ge fut un crime de ur, l'ami du bieni-majesté ; on lui creva les yeux et on le jeta dans un cachot té- > pour l’éloquenceæibreux.
première fois, Ii. Personne n’était assuré de sa liberté, ni même de sa vie, Des coureint : la taille audisns, les adorateursd'Andronic, tremblaient eux-mêmes, et croyaient rcils d’un hommdilitout moment entendre la foudre gronder sur leurs têtes, Ceux qu'il émarche fière, lent embrassés la veille étaient menacés le lendemain. Rien n'était ation fut civile epus commun que de voir décapiter le soir un homme qu’on avait aient de ne pas en@auronné le matin : aussi les gens éclairés redoutaient les caresses lAndronic comme l'annonce de quelque outrage; ses largesses, ans tout l’empireMumme un pronostic de confiscation ; ses éloges, comme une sentence s. S'étant mis ele mort. On ne s’était pas encore douté qu'il füt habile empoisonbiter, mais en pasuur, Marie, fille de Manuel et sœur d’Alexis, en fit épreuve.la preles divertissement @uière, Elle avait, la première , signalé son empressement pour le rdes qui suivait tour d'Andronic, jusqu'à exposer sa propre vie : un de ses eunupprocher. Il chaS@Æ es la fit mourir par un poison lent qu’Andronic lui avait mis entre ls mains. Le césar Jean Rainier de Montferrat, son mari, la suivit de
ot, filius. près.
392 HISTOIRE UNIVERSELLE . {Liv. LXX. — Dette
Affectant un zèle ardent pour le jeune empereur Alexis, Andronic trouvait fort mauvais qu’on ne l’eût pas encore couronné, quoiqu'il eût déjà reçu la couronne du vivant de son père, au moment de son mariage avec Agnès de France, fille de Louis le Jeune et sœur de Philippe-Auguste. Il fit tout préparer pour rendre la cérémonie trè solennelle; et, comme si le char le plus magnifique n’eût pas é digne de l’empereur, il le porta lui-même sur ses épaules à l’église et le rapporta de même au palais, versant des larmes de tendresse Le peuple admirait cet excès d’un amour plus que paternel : et c'é taient les caresses du tigre.
La mère du jeune empereur, l'impératrice Marie , dès qu’elle eu vu l’empereur Manuel sans espérance, s'était retirée dans un monas tère et y avait pris l'habit de religieuse ; mais, jeune encore, aus légère et ambitieuse qu’elle était belle, elle eut bientôt essuyé ses larmes. Sous prétexte de guider son fils dans un âge aussi tendre elle quitta, au bout de peu de jours, l'habit modeste de religieuse et reparut à la cour avec la pompe d’impératrice. Elle prit donc « main: la tutelle de son fils; mais l’histoire ajoute que la tendresse maternelle n’était pas sa passion dominante, et que, du vivant même de son mari, elle en avait conçu une autre beaucoup plus vive pour le régent Alexis. Cette conduite l'avait rendue méprisable. Andronic que sa présence génait à la cour, prit soin de la rendre odieuse, même à son fils. Il ne cessait de lui insinuer que sa mère était ennemie de sa personne et de son empire, qu’elle traversait par ses intrigues les desseins les plus salutaires. Il feignit même de vouloir se retirer; et par ses émissaires, il sut si bien animer les esprits contre cette prin cesse, qu'on l'insultait en face par les injures les plus atroces. An dronic, devenu’plus hardi avec le temps, la fit arrêter, juger et con damner à mort.
Cette injuste sentence fut présentée par Andronic au jeune empe reur, qui, tremblant lui-même, signa de sa propre main la condam nation de sa mère. Andronic chargea son fils aîné, Manuel, de l'exé cution ; le jeuné homme refusa généreusement à son père de faire le métier de bourreau. Un eunuque, le même qui avait empoisonné la princesse Marie, fille de l'impératrice et sœur de l'empereur actuel se fit un mérite d’étrangler aussi la mère. Le cadavre fut jeté dans les flots 4. :
De son vivant, l’empereur Manuel et Andronic vivaient en concu binage avec les deux sœurs, qui étaient en même temps leurs nièces De cette liaison criminelle, Andronic avait eu une fille nommée
i Nicetas, in Alex. II et in Andron.
11198 de l'è
(onstantinc Tant de «
pur l’armi # forcer ce tpereur,
mn ‘Nicetas. I
iv, LXX. — Det1s1i1198 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 393
Alexis, AndronicMirine, et Manuel un fils nommé Alexis. Arrivé au pouvoir, il entrerronné, quoiqu'il ri de marier ensemble ces deux fruits de l'inceste. Commeils étaient u moment de soniublement parents , le mariage était contraire aux lois de l'Église. eune et sœur delindronic en dressa un cas de conscience signé de sa main, et l’envoya a cérémonie très Mu concile des évêques qui se trouvaient à Constantinople. L'église ue n’eût pas étélpecque ne connaissait guère de dispenses sur l’article des mariages,
y faisait profession d’une rigidité inflexible à observer les canons ; mis les prélats courtisans, et ce fut le plus grand nombre, accouumés aux tables des grands, et qui, aspirant à de plus riches évéés, étaient toujours prêts à vendre l'Évangile à la fortune, trounient que ce n’était pas même une question, et que les empêche-
spaules à l’église nes de tendresse paternel : et c'é
à 4 dès qu’elle eu
e dans un monasuents de la parenté ne concernaient pas les bâtards. D’autres, plus ne encore, auseupuleux, parce qu'ils étaient moins intéressés, rejetant ces soientôt essuyé sedismes de cour et s’attachant à la loi naturelle, condamnaient ce âge aussi tendre Mmriage comme incestueux. C'était le sentiment du petit nombre, à
htéte duquel était le patriarche Théodose. Celui-ci, voyant que le mauvais parti l'emportait, sortit de Constantinople et se retira dans lle de Térébinthe, où il s’était bâti un hospice et un tombeau. Antonic n'eut garde de le retenir ; charmé de cette démission volonhire, il fit célébrer le mariage par l'archevêque de Bulgarie, qui se huvait alors à la cour. Il s’agissait de remplir le siége patriarcal. ls aspirants ne manquaient pas. Basile Camatère emporta la place, n promettant par écrit de se prêter sans exception à toutes les vointés d'Andronic, et de ne rejeter comme illégal que ce qui pourrait kidéplaire Telles étaient les mœurs du clergé grec et de la cour de Unstantinople, quand ils rompirent avec l'Église romainet. .
Tant de crimes ouvraient un large passage à l'ambition d’Androie. 11 ne lui restait plus à détruire qu’un enfant auquel il avait enhé toutes ses défenses. L’artificieux usurpateur voulut qu’on parût hi faire violence à lui-même, et que le jeune prince fût l'artisan de upropre ruine. Il fit représenter au sénat, par ses émissaires, que ut était en feu dans l’empire, et que, pour l'éteindre, on avait bepin d'un chef habile, expérimenté, capable de réunir le pouvoir Mouverain avec les qualités qui en font toute la force; que la Bithynie lait soulevée, Isaac l'Ange et Théodore Cantacuzène dans Nicée, Théodore l’Ange dans Pruse, ayant levé l’étendard de la révolte ; he l'État ne voyait de ressources que dans la tête d'Andronic ; que pur l’armer de l'autorité nécessaire, il fallait le ceindre du diadème “forcer ce prince trop modeste à partager la puissance avec le jeune mpereur, qui soupirait lui-même après un collègue dont il attendait
ste de religieuse Elle prit donc er que la tendresse , du vivant même up plus vive pou isable. Andronic re odieuse, même > était ennemie de r ses intrigues les loir se retirer; et contre cette prin plus atroces. An ter, juger et con
ic au jeune empe main la condam Manuel, de l’exé son père de fairé avait empoisonné l'empereur actuel avre fut jeté dans
vivaient en concu emps leurs nièces une fille nommée
n ‘Nicctas. Roger Hoved. Pagi, an. 1183.
394 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXX, — Detig
son salut. Cette proposition était à peine énoncée, qu'on s’écria de toute: parts : C’est co que nous désirons tous depuis longtemps Ce serait un crime de différer ! Vivent, vivent Alexis et Andronic Com. gran fi nène! qu'ils soient immortels, toujours puissants, toujours heureux! Res des À ces cris, tout Constantinople accourt au palais : jeunes et vieux, Mnis entr nobles, bourgeois, artisans, confondus ensemble, répètent avec trans. Mu l'aller port cette acclamation tumultueuse. Deux magistrats, esclaves se. Muemple crets d'Andronic, s’élancent hors du sénat ; et, pour signaler leur zèle par la plus indécente folie, ils jettent les marques de leur dignité, et s'étant couverts d’une robe blanche, comme des danseurs de théâtre, ils vont danser au milieu des carrefours, et font danser tout le peuple, menant ce branle extravagant, et entonnant à la louange d’Andronic une chanson ridicule, que mille voix répètent. Andronic, feignant d’être étonné de ces clameurs imprévues, vient au palais de Bja. quernes, et entre dans l'appartement d’Alexis, comme pour lui enMkla nat: demander la cause. Le jeune empereur, se voyant environné d'uneBil'empir foule de peuple qui proclamait Andronic, l'invite lui-même à parta- Bus renc ger sa couronne. Andronic s'y refuse. Pour vaincre son hypocriteMui-mêm résistance, les plus échauftés le prennent entre leurs bras et le por-Mu nouve tent sur le trône. Onle dépouille de ses habits, pour le revêtir des marques de la dignité impériale.
Le lendemain, les deux empereurs vont à Sainte-Sophie. Andronic portait naturellement, dans son air, quelque chose de sombre e de farouche ; mais ce jour-ià, tout, dans son visage et ses regards, annonçait la douceur et la bienveillance, Le peuple en concevait le plus favorable augure. Au moment de la proclamation » l’on changea qi avaier l'ordre observé la veille : Andronic fut nommé avant Alexis. Il n'étaitMiion, Il ob pas raisonnable, disait-on, de préférer un enfant à un vieillard res- mbliquen pectable par sa prudence et par la supériorité de son génie, autant tcompen que par ses cheveux blancs. Le patriarche Basile fit la cérémonie du Plces de couronnement ; et, lorsqu'on en fut venu à la participation des saintsMilége d'ét mystères, Andronic, après avoir communié sous l'espèce du pain, kl'empe: prit en main le calice, et levant les yeux au ciel, puis les abaissant | donic s'e vers les assistants : Je proteste, dit-il d’une voix haute et entrecon 00 ‘lessa de de soupirs, et je prends à témoin le corps et le sang de mon Sauve, À ‘eatrée ; € que je n'accepte le diadème que pour aider mon cousin Alexis à enli fivole, soutenir le poids, et pour affermir son pouvoir. Telle fut la protesta-pri ?, tion solennelle d'Andronic. Jamais scélérat re se joua plus hypocri- Cepend: tement de ce qu'il y a de plus saint parmi les hommes. ldronic.
Au mois d'i:tie de la même année 4183, Andronic ordonne k mort de ce :551 + Aï::is. Trois satellites du tyran l'étranglent dans son lit avec ia “orde d’un arc. lis portent son cadavre devant Andro-
IN'ietas, dronic., 1. 1 ti, Roger E
(Liv. LAX, — Detisi e, qu'on s’écria de puis longtemps! Ce s et Andronic Com- ;, toujours heureux!
is : jeunes et vieux, répètent avec trans.
Jistrats, esclaves se.
ur signaler leur zèle 8 de leur dignité, et lanseurs de théâtre, nser tout le peuple, louange d’Andronic Andronic, feignant au palais de Bla.
comme pour lui en nt environné d'uneB } lui-même à parta.
ncre son hypocrite urs bras et le por.
pour le revêtir des
1198 de l'ère cbr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 305 sk, qui, le poussant du pied : Ton père, dit-il, a été un perfide, ta père une prostituée, et toi un imbécile. On lui coupa la tête, que le yran fit jeter dans une fosse profonde, où l'on précipitait les cadames des criminels, Le corps, enfermé dans une caisse de plomb, fut ais entre les mains de deux officiers du premier rang, avec ordre l'aller jeter dans la me: ; et, Par un raffinement de barbarie sans aemple, la barque chargée du tronc impérial portait en même temps ue troupe de musiciens qui chantaient et jouaient des airs de réjuissance 1,
Aussitôt après la mort d’Alexis, Andronic voulut engager Manuel, wo fils aîné, à prendre pour femme Agnès, mariée à ce prince, mais aore séparée do lui, à cause de son bas âge. Manuel, moins hdi à mépriser les lois de l’Église, refusant de lui obéir, en fut pui par la prison. Andronic lui destinait la couronne selon l'ordre kla nature : irrité de sa résistance, il le déclara inhabile à succéder l'empire, et désigna Jean, son cadet, pour son successeur. Ensuite, ss renoncer au Commerce incestueux avec sa parente, il épousa iimême la jeune princesse, comme si cette alliance lui apportait mnouveau droit à l'empire. Ainsi la fille du roi de France, âgée tulement de onze ans, se vit livrée à un vieillard dissolu, meurtrier lson jeune époux ?, Andronic n’avait point de remords, mais il craignait ceux des militres de ses crimes. Pour les tranquilliser, il demanda au patriar-
nte-Sophie. Androchose de sombre e
age et ses regards, Mde et au synode épiscopal d'être relevé du serment qu’il avait prêté iple en concevait lei lanuel et à son fils, avec une absolution générale pour tous ceux ation, lon changea ni avaient contribué, de quelque manière que ce fût, à son élévaant Alexis. I n'étaitMion. Il obtint tout de la servile complaisance des prélats. On afficha
à un vieillard res- > son génie, autan fit la cérémonie du icipation des saints
Mbliquement, de la part du ciel, les lettres de rémission ; et, pour Kompense de leur facilité, il leur accorda, à son tour, quelques Flces de peu de conséquence, dont la plus considérable fut le prillége d’être assis, sur des bancs à droite et à gauche, à côté du trône l'espèce du pain Mi l'empereur ; mais cette distinction ne dura pas longtemps : An- , puis les abaissnt@tonic s'ennuya bientôt de donner à ses séances l’air d’un concile ; aute et entreco 09 Lessa de les admettre près de sa personne ; on leur refusait même g de mon Sanveu, My (autrée ; et ces prélats courtisans » qui s’étaient payés d’un honneur cousin Alexis à eniifrivole, se retirèrent confus d’avoir vendu leur conscience à si bas elle fut la protesta-Bri 3,
joua plus hypocri-ÆS Cependant les villes de Nicée et Pruse refusaient de reconnaitre mes. hdronic. Dans la première s'étaient renfezmés Théodore Cantandronic ordonne k ‘Netas, in Ale. II, c. 18. Roger Hoveden. Rob. de Monte, — Nicet., in Anl'étranglent danSÆonic., 1 1, c. 1, Roger Hoveden. Rob. de Monte. —3 Nicet., in Andronie., I, {, wre devant Andro-WBti: Roger Hoveden. Rob. de Monte et Lebeau, Hist, du Bas-Empire, 1. 91,
396 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 1181 11198 de
cuzène et Isaac l'Ange. Andronic vint les assiéger. Les habitants Lomme o pleins de courage, faisaient de fréquentes sorties, brûlaient ses ma. lemperet chines et repoussaient tous les assauts. Andronic, au désespoir, fh;;tunés venir de Constantinople la mère d’Isaac l’Ange, et la fit lier sur le bé. iplorer lier dont il se servait pour battre la muraille, croyant garantir ainsi sis sur cette machine contre les feux qu’on y lançait du haut des murs. Maïs jee de se les assiégés, dans une sortie, détachèrent cette femme, l’enlevèrent wnque dans la ville et brülèrent le bélier. Cependant Cantacuzène étant} tous 1 mort, dans une autre sortie, par la chute de son cheval, Isaac l'Angel},rs deu: perd courage : secondé par l'évêque, qui n'était pas moins timide, n furent ils déterminent les habitants à se rendre. Aussitôt l’évêque sort de xécution ville, revêtu de ses habits pontificaux, portant en main le livre desl tinsport Evangiles, suivi de son clergé et de tous les habitants, hommes | entière: femmes, enfants, tête et pieds nus, portant tous des branches d'oli prta dan vier et criant miséricorde. Andronic, étonné d’une si prompte sou-f Quelqu’ur mission, les reçoit avec v” feint attendrissement, il les rassure na gvelit ; des paroles de paix, il pleure même avec eux ; mais, dès qu'il est) rreau dars la ville, il lâche bride à sa barbarie. Nicée est saccagée ; peuhrmes ac d'habitants, surtout des plus illustres, évitent la mort ; les uns sont) imême passés au fil de l'épée! les autres précipités du haut des murailles Mince des Il ne fait grâce qu’à l’évêque et à Isaac l’Ange. Les villes de Prusl Le lend et de Lopade furent traitées, s’il se pouvait, plus cruellement encore usés d' Andronic fit pendre un si grand nombre d'habitants de la dernière MS Manuel que les arbres des campagnes environnuntes étaient plus chargés d'ime eut cadavres que de fruits ; il défendit même de leur donner la sépulture Mu fille d et voulut qu'on les laissât pourrir sur les arbres où ils étaient at-1h chassa ç tachés. Un aut Dans l’île de Chypre, Isaac Comnène, petit-fils, par sa mère Mu Russie. d’Isaac Comnène, frère de Manuel, s’étant rendu maître du pays Bi Macédo prit le titre d’empereur. Les habitants de l’île n’en deviennent quel Sicile. plus malheureux : au lieu d’un tyran éloigné, ils en eurent un sus deux « leurs têtes. Isaac, non moins méchant qu’Andronic, traitait les peu-Biut de l’e: ples avec une cruauté inouïe. Non content de les dépouiller par desŒui n'avait impôts onéreux, par des confiscationsinjustes, ilenlevaitleurs femmes mssacrés et leurs filles, il leur faisait souffrir les tourments les plus inhu-Snindemer mains. Ai, le 24, L’usurpation d’Isaac l'Ange en Chypre fut, pour l’usurpate' uit envo: Andronic, une nouvelle occasion de cruautés à Constantinople. Mal-MSiiile. On heur à quiconque était ou avait jarnais été l'ami d'Isaac. Les deuxner, Cette courtisans les plus attachés à Andronic furent condamnés à mort, SStople, L' uniquement parce qu’autrefois ils avaient obenu le retour d'Isaa de son exil, en répondant de sa fidélité. Le jour de l’Ascension 1184188 : nicet.. i
[Liv. LXX. — De 118, 11198 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 397
er. Les habitants D mme on les menait au supplice, ils passèrent dev: at le palais de brûlaient ses ma. l'empereur, assis sur le balcon, au milieu de sa cour. Les deux in- , au désespoir, fiirtunés élevèrent des regards suppliants vers le pr.Ace, comme pour la fit lier sur le bé. nplorer sa miséricorde. Mais un des courtisans, nommé Étienne, yant garantir ainsi @isis sur le balcon, saisissant une grosse pierre, la décharge sur la aut des murs. Mae de ses deux confrères enchaînés, et dit à tous les autres: Quimme, l'enlevèrent wnque épargnera ces scélérats, n’est pas ami de l'empereur ! Aussi- Cantacuzène étant tous les courtisans deviennent autant de bourreaux. Ils accablent cheval, Isaac l'Ange rs deux confrères d’une grêle de pierres et de cailloux ; leurs corps pas moins timide, My furent bientôt couverts. Andronic, qui regardait froidement cette | l'évêque sort dehécution, ordonne de les retirer de dessous ce monceau et de les n main le livre de nsporter ailleurs. Trempés de sang, brisés dans tous les membres
abitants, hommes; entièrement méconnaissa les, ils respiraient encore. On les transdes branches d'lSyta dans une autre place, où ils expirèrent attachés à un gibet.
1e si prompte so-Æelqu'un s'étant hasardé à supplier Andronic de per:zettre qu’onles, , il les rassure pwysevelit, il demanda d’un ton de douceur s'ils étaient morts. Les
mais, dès qu'il etSburreaux lui en ayant donné l'assurance, il ajouta, en versant ses
est saccagée ; peulirmes accoutumées, qu'il plaignait leur sort, et qu'il se plaignait
mort ; les uns so@jiméme d’être obligé d’obéir aux lois et de faire exécuter la sen-
aaut des murailles Mince des juges, qui leur refusaient la sépulture.
25 villes de Pris Le lendemain, on pendit au delà du golfe deux autres seigneurs,
ruellement encore Œunsés d'avoir voulu faire monter sur le trône Alexis, fils naturel
ants de la dernière RS Manuel et mari d’Irène, fille naturelle d’Andronic. Alexis lui-
nt plus chargés d'uime eut les yeux crevés par ordre de son beau-père, qui défendit
lonner la sépulture D s fille de le pleurer, et qui, la voyant pleurer malgré sa défense,
s où ils étaient at-L chassa du palais 1,
Un autre Alexis Comnène, neveu de Manuel, avait été relégué fils, par sa mére hu Russie. Ennuyé de son exil, il repasse le Danube ; et, traversant u maître du pays, Macédoine, accomagné d’un habitant de Philippes, s’en vient en deviennent que Sicile. Guillaume il, surnommé le Bon, y régnait avec gloire. ls en eurent un sus deux étrangers s’insinuent dans sa cour, et publient le mauvais ic, traitait les peu-ŒŒiut de l'empire et la facilité qu’on trouverait à l'envahir. Guillaume, dépouiller par dei n’avait pas oublié la manière barbare dont les Latins avaient été ilevaitleurs femmes mssacrés à Constantinople, arme une flotte et en donne le comnts les plus inhu-Mnndement à son cousin Tancrède. On s'embarque le 11 juin 1185 ;
2: le 24, Durazzo est pris d'assaut. Jean Branas, que l’empereur
pour Pusurpatet it envoyé pour défendre la ville, est fait prisonnier;et conduit en
onstantinople. Mal-Wiile. On fait voile à Thessalonique, qu’on assiége par terre et par
d'Isaac. Les deutWuer, Cette ville était la plus considérable de l'empire, après Constan-
condamnés à mot Biople. L'’ttaque commença le 6 août; la ville fut prise le 45 du u le retour d'Isaac
e l'Ascension 11840 : Nicet. in Andron., 1. 1, c. 10, et in Isaac, 1. 3, c. 2.
398 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — Det1g,
même mois, après un assaut général. Elle éprouva, dans cette oc. casion, les désastres inévitables dans une place emportée de fore. Peut-être même qu’elle fut traitée avec plus d'insolence qu'il /esll ordinaire, parce que le mépris de la lâcheté des Grecs se joigniit ill l'animosité des Latins. L’historien grec Nicétas en fait une descripio longue et emphatique, et représente les Latins comme les hommes les plus impies et les plus barbares. Cependant il ne cite contre eu que des circonstances communes à toutes les prises de villes, et e core ne les attribue-t-il qu’au simple soldat ; car, pour les chefs si ciliens, il leur rend le témoignage qu'ils intervinrent et qu'ils répri mèrent l’emportement de la multitude ; il nous montre même un de ces chefs, entrant à cheval dans l’église de Saint-Théodore, « frappant de son épée à droite et à gauche sur les soldats, jusqu'à ce qu'il les eût ramenés à l’ordre 1, Eustathe, archevêque de Thessalo nique, remarque de son côté, à la louange des Latins, que, même dans le premier emportement, pour massacrer ceux qui étaient dan les églises, ils a aïent soin de les en faire sortir d’abord ?,
Cet archevêque de Thessalonique est le savant Eustathe, si famen par son commer.taire sur Homère, qu’il avait compilé d’anciens «ri tiques, avant son épiscopat, et qui lui acquit dès lors une immens réputation. Ce prélat fut d’un grand secours à son troupeau dan cette calamité. IL ne voulut point se retirer, comme il eût pu le far avant le siége, mais il s’enferma volontairement avec son peupk pour le consoler et l'exhorter à la patience ; et, après la prise de la ville il allait souvent trouver les comtes qui commandaient les troupes d Sicile, et en obtenait des édits favorables ; car ces étrangers le respec taient, se levaient à son abord, l’écoutaient avec bienveillance d avaient égard à ses prières. C’est ce que Nicétas n’a pu s’empêche d'écrire, malgré sa haine contre les Latins 3,
Quant à l'empereur Andronic, dès qu'il eut: appris que le roi d Sicile se disposait à lui faire la guerre, il pratiqua une alliance ave Saladin, sultan d'Égypte et de Syrie, le plus mortel ennemi des Chré tiens. Il avait connu autrefois ce Kurde redoutable lorsqu'il traver sait l'Asie en fugitif avec sa concubine Théodora. Il l'invita à renou veler leur ancienne amitié; et Saladin, qui ne cherchait qu'à s’agrandir s'y prêta volontiers. Ce traité honteux et criminel par lui-même devenait davantage par les conditions. Ils s’engageaient réciproque ment, par serment, à se secourir l’un l’autre toutes les fois qu'ilsei seraient requis. Andronic devait aider Saladin à la conquête del
* Nicet., in Andron., 1. 1, n.7, p. 168; aliàs, p. 193, —® Eustathe, Oput ii p. 281 et suivantes. — % Nicet., 1, 1, n.9.
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ouva, dans cette oc. Palestine. Le sultan devait demeurer maître de Jérusalem et de la > emportée de foreM côte maritime jusqu’à Ascalon, mais à condition dè tenir ce pays en ‘insolence qu’il ‘es iefde l'empire. Saladin, de son côté, devait seconder Andronic pour 8 Grecs se joignit ii semparer d'Icône et de la Cilicie, jusqu’à Antioche 1,
n fait une descrip'ol. Après avoir conclu ce traité et fait quelques préparatifs de: dé- ; comme les hommes , Andronic se renferma dans son palais et dans ses plaisirs, au t il ne cite contre euguilieu d’un troupeau de prostituées. Cette inaction souleva tout le rises de villes, et enMpuple; on parlait de se choisir un autre défenseur. Les sourtisans r, pour les chefs si avaient flatté Andronic pendant tout son règne précipitèrent sa nrent et qu’ils répriMprte"par une dernière flatterie. Ils lui persuadèrent que ces claus montre même uueurs n'étaient excitées que par les parents de ceux qu’il tenait en e Saint-Théodore, prison ; que se trop grande clémence encourageait les séditisux ; es soldats, jusqu'à cdu'au lieu de garder dans les.fers ceux qui avaient mérité son indievêque de Thessalo@ nation, il fallait en faire des exemples capables d'intimider leurs 8 Latins, quo, mémdwmblables, et ne pas même épargner leurs parents ; qu’en vain traneux qui étaient dndterait-on quelques têtes de lhydre, si on ne les abattait toutes d’un d’abord 2, sul coup. Sur cet avis, il assemble son conseil et déclare qu'il y a t Eustathe, si fameudphs d'ennemis au dedans qu’au dehors ; que ce sont les malintenompilé d'anciens c@iomés qui ont appelé les Siciliens et qui sont prêts à leur livrer ès lors une immens@k prince et la patrie ; mais, ajouta-t-il, Andronic, dont ils insultent à son troupeau dl vieillesse, a encore assez de force pour les écraser, et, s’il faut que ame il eût pu le far@i périsse, ils périront avant moi. Et, abusant, à son ordinaire, d’un nt avec son peupkiusage de saint Paul : Je ne fais pas, dit-il, le bien que je VEUX, rès la prise de la villeMSmis je fais le mal que je ne veux pas. Lorsqu'il eut prononcé ces daient les troupes dénots d’un ton terrible, tous s’écrièrent qu'il fallait sans miséricorde s étrangers le respe@iler la vie à tous ceux qui étaient détenus dans les prisons, y joindre vec bienveillance e@Sk exilés dont on pourrait se saisir et ceux auxquels on avait fait s n’a pu s’empécheterer les Yeux ; étendre cette juste sévérité sur leurs amis, sur
&irs parents, et porter, e- forme légale, une sentence de mort qui appris que le roi d@kenveloppât tous.
qua une alliance ave@ La sentence fut dressée sur-le-cham tel ennemi des Chréfnème qui avait jeté la première pier able lorsqu'il trave@hnnés à mort; il la dicta d’ane voi à [l l'invita à renou@iel ; elle était en forme d'édit et commençait en ces termes : Pouschait qu'à s’agraudi is par l'inspiration divine, sans y être en aucune sorte excités par inel par lui-même l@utre puissent et saint empereur, nous déclarons et prononçons qu’il ageaient réciproqueÆkt, en général, de l'intérêt de l'Etat, et, en particulier, de celui d’Anites les fois qu'ils @Sinic, le sauveur de l'empire, de ne laisser vivre aucun de ceux qui à la conquête del nt détenus dans les prisons ou condamnés à l'exil pour leur félo-
lk, ou déjà punis de leurs crimes par la perte de leurs yeux, non
p par le courtisan Étienne, le re à ses deux confrères conx triomphante au greffier cri-
3, —? Eustathe, Opus, (Chronic, de Reichersp. — Hist, du Bas-Emp., 1. 9, n. 88.
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 119;
plus que ceux qui sont liés avec eux par le sang, l’affinité ou l'amitié, Ce sera l'unique moyen de procurer la sûreté au prince, toujours partagé entre les soins qu'exigent les affaires publiques et les dangers perpétuels qui menacent sa vie, si précieuse à l'État. Ce sera en même temps ôter à nos ennemis du dehors la funeste correspondance de ces traîtres, qui les appellent à notre destruction et les in struisent des moyens de nous nuire. L'expérience nous a fait con naître que ni la prison, ni l'exil, ni la peine de l’aveuglement re suffisent pour corriger leur malice, et que leur fureur est irremédiable
Ce préambule sanguinaire était suivi d’une liste de ceux qu'on devait faire mourir, et le supplice de chacun était spécifié. L’édit fu approuvé et signé de tous, excepté de Manuel, fils aîné d’Andronic Ce prince, plus humain que son père et ses indignes conseille protesta qu'il ne donnerait jamais de consentement à une proscrip tion cruelle, qui s’annonçait elle-même comme n’étant point émanés de l’autorité impériale, et qui allait inonder de sang la ville et las provinces. Cette sage remontrance acheva d’indisposer Androni contre ce fils généreux. Cependant il resserra l’édit, pour attendr sans doute l’occasion de le publier. Il n’en eut pas le temps.
Ce malheureux voyait ses affaires aller de plus mal en plus mal Le roi de Sicile le menaçait d’un côté; de l’autre, ses propres su jets désiraient sa mort comme un bienfait du ciel et le remède tous leurs maux. Se jugean‘ abandonné de Dieu à cause de se meurtres innombrables, quoiqu'il se dit Chrétien , il eut recours comme autrefois Saül, au culte des démons. Il envoya jusqu’à deu fois le courtisan Étienne consulter un magicien qui avait été aveugl par ordre de Manuel, mais qui n’en était devenu que plus fameux Interrogé qui serait le successeur d’Andronic, et en quel temps, ! magicien réçondit que le nom du successeur commençait par JS, e que la révolution s’accomplirait avant le milieu de septembre. Ces du moins ce que rapporta le courtisan Étienne, d’après le récit d l'historien Nicétas, qui raconte la chose longuement et série ment. Car les Grecs étaient fort adonnés à ces superstitions : le histoires en sont pleines ; tandis que , dans celles de l'Occident, 0 n’en voit point de traces. La réponse équivoque de l’astrologue fu appliquée par Andronic à Isaac Comnène, qui, revenu d'’Isaurie c Chypre, s’y était déclaré empereur. Un de ses favoris lui nom Isaac l’Ange, et lui conseilla de s’en défaire ; mais Andronic, q connaissait Isaac pour un poltron et un imbécile, ne. fit qu’en rire
Cependant le courtisan Étienne, pour montrer qu’il avait plus d soin de la sûreté de son maître que son maître n’en avait lui-même} résolut d'arrêter Isaac l’Ange, de le conduire en prison et de le fair$
(Liv. LXX, — De 119, l’affinité ou l'amitié,
> au prince, toujotrsh bliques et les dangers
à l'État. Ce sera en à funeste correspondestruction et les in nce nous à fait con:
de l’aveuglement ne
liste de ceux qu'on it spécifié. L’édit fu
l'édit, pour attendre as le temps.
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et en quel temps, mmençait par IS, e de septembre. Ces e, d’après le récit dé uement et sérieuse superstitions : le es de l'Occident, 0 e de l’astrologue f , revenu d'Isaurie ei ; favoris lui nomn mais Andronic, q le, ne.fit qu’en rire r qu’il avait plus d ren avait lui-même prison et de le fair
i1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 401
pir au gré d’Andronic. Ce fut cette précaution même qui décida krévolution. Le soir du 14 septembre 1185, Étienne se transporte ila demeure d’Isaac et lui ordonne de descendre et de le suivre. luac, à qui la seule vue du ministre annonçait la mort, ne se presait pas d’obéir. Des satellites s’avancent pour le saisir aux cheveux #l'entraîner de force, quand il saute à demi n ur Étienne qui fuit effra knd la tête d’ ite sur sa troupe, qu'il phie, en criant le long des ! On crut qu'il avait tué Anglise et se place dans le lieu où les meurtriers waient coutume. de se tenir pour demander grâce à ceux qui en- Wient et qui sortaient. A cette nouvelle, tout le peuple accourt pour wir ce qui en arriverait, On ne doutait pas qu'avant la fin de la nuit # malheureux ne fût puni par les plus affreux supplices. Plusieurs kigneurs, qui craignaient le même sort, se rendent au même asile, sppliant le peuple, qui déjà remplissait l'église, de ne pas les abanlner. Comme on ne voyait dans cette foule ni courtisans ni gardes lAndronic, chacun parlait en liberté, chacun maudissait le tyran et pomettait son secours contre toute violence. Isaac Passa ainsi la Mit, ne songeant qu'à sauver sa vie, et crovant à tout moment en-
bdre Andronic ordonner de le mettre en pièces. Il fit apporter des hmbeaux, fermer les portes de l’é
église, et cbtint de la plus grande tie du peuple de passer toute la nuit avec lui.
Au point du jour, toute la ville accourt à l’église ; on prie Dieu, à rands cris, de sauver Isaac, de le mettre sur le trône et de délivrer lnpire d'un tyran barbare altéré de sang. Andronic, qui était au th du Bosphore, envoie une ordonnance d’amnistie Pour apaiser hsédition: Mais ni ses amis, ni son ordonnance, ni son retour à ustantinople n’y purent plus rien. On avait forcé les prisons : il en it sorti une multitude de misérabhles, la plupart exempts de cri- &s, mais enfermés: sur de’ faux Soupçons d’Andronic, où par la ulice de ses ministres. Le peuple s'était procuré les armes et des &$. Au milieu du tumulte, il s’éleva des voix qui proclamèrent “t empereur ; elles sont répétées d’un concert unanime, Un des
istains détache de dessus l’autel la couronne d’or qui y était susadue depuis le règne du grand Constantin, et la pose sur la tête lac, Celui-ci se défend de la recevoir, n’étant pas encore trop Wré, et craignant d’irriter davantage Andronic. Un des seigneurs ligiés dans le même asile, Jean Ducas, moins timide, qui se trouat à côté de lui, découvrant sa tête chauve, la présente à cet orne-
Mit dangereux. A cette vue, tout le peuple s’écria : Point de tête