‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 45 sur 63 · XVE · texte numérisé non relu

XVE

402 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXX. — Deiig: M 11198 à

pelée! Dieu nous garde d’un vieil empereur ! Andronic nous en 41% jes cad dégoûtés pour jamais : vive l'empereur Isaac ! En ce moment, un riser sa des chevaux d'Andronic, qu’on transportait d'au delà du Bosphore à vit. 11 s'étant détaché des autres et courant par les rues , est arrêté par le armes : peuple et amené avec sa housse aux armes de l'empire. Isaac, étant@ dans les sorti de l'église, monte dessus, escorté de tout le peuple, et même du me tou patriarche. Basile, qu'on avait forcé malgré lui de consentir à hf aient k proclamation. À Onle . Andronic, arrivé au grand palais, est effrayé des cris confus qu'il «poser entend de toutes parts. Sa première pensée est de combattre ; il fait emps e sonner l'appel des troupes qu'il avait à Constantinople. Se voyant ing, c mal obéi, il prend. son arc, monte au haut d’une tour et tire des buche. flèches sur le peuple. S’apercevant bientôt du peu d'effet d’une pa 5 mari: reille défense, il essaye de calmer par des paroles l'emportement dé troite, q la multitude ; il offre de renoncer à l'empire et de mettre à sa placal k laissa son fils Manuel, qu'il savait être le moins odieux de ses deux fils, IS hi arrac était trop tard ;:on ne lui répond que par des injures contre lui pro contre le, prince, qu'on aurait accepté avec joie deux jours aupar Spectacle vant. Le peuple enfonce les portes ; Andronic n'a que le temps de si en dépouiller des marques de sa dignité et de se jeter dans une barqu@ rent s’ ayec sa femme et une fille du théâtre qu'il aimait éperdument. Brit ne vogue vers le Pont-Euxin, à dessein de se sauver dans la Chersonè que Taurique, persuadé qu’il n’y avait point de salut pour lui dansaucunS» char province de l’empire. :

… Isaac entre dans.le palais ; le peuple s’y jette en foule avec lui, SE rreurs criant toujours : Vive l’empereur Isaac! IL ne lui laisse que le dune, < dème et pille tout le reste. On enfonce toutes les portes ; on enlèv@}iié de r l'or, l'argent, le cuivre, monnayés et non monnayes ; la vaisselle, l& Penda vases, les meubles précieux disparaissent en un moment ; on né iié et s: pargne pas même la chapelle. C’étaient, disait-on, les dépouilles de long: la tyrannie. Chacun se charge; et ce qu’un seul ne peut emporte@ixit, le plusieurs se, joignent ensemble et l’enlèvent, n'oubliant jamais df lndronic saluer profondément le nouvel empereur en passant sous ses Ye imme u avec les meubles de l'empire. Ettels Peu de jours après, on apprit l'arrestation d’Andronic. Isaac ava ils envoyé courir après lui; et le fugitif, faisant force de rames, établis ps parvenu à Chèlé, à l'entrée du Pont-Euxin. Les habitants, tremblag; 4: I à sa vue, quoiqu'il n’eût plus rien de redoutable que la mémoire dE Comme sa férocité qui respirait encore dans ses regards, et n’osant l'ail} quelqu rêter, lui avaient donné un vaisseau pour gagner la Chersonèse. Bis, E tempête l'avait repoussé plusieurs fois, et enfin fait échouer au vage, comme si le Pont-Euxin, qui avait souvent porté sur ses EAU :xce,

[Liv. LXX. — De1igt

ndronic nous en à En ce moment, un 1 delà du Bosphore, s , est arrêté par le empire. Isaac, étant:

peuple, et même du | de consentir à la

11198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 403

ls cadavres des innocents qu'il faisait égorger, eût refusé de favo: riser Sa fuite. 11 fut pris, et enchaîné dans le vaisséau qui le poursuiait. Il employa vainement tous les ressorts de son éloquence et les krmes de ses deux femmes pour attendrir les soldats qui le tenaient dns les fers. On le conduisit à Constantinople, et on l’enferma dans me tour, chargé d’un carcan et de deux chaînes pesantes qui lui sernient les mains et les pieds.

On le présenta dans cet état au nouvel empereur Isaac, qui le fit «poser en public, où il essuya toute la rage d’un peuple trop longlmps en proie à sa tyrannie. On lui meurtrit les joues à coups de ping, On lui arracha la barbe, on lui fit sauter les dents hors de la buche. Les femmes surtout, dont il avait fait mourir ou aveugler ls maris, signalaient leur vengeance. Enfin, on lui coupa la main dite, qu'on pendit à un gibet, et on le renferma dans la tour, où on klaissa deux jours sans nourriture. On l'en retira le troisième pour hi arracher un * et, l'ayant attaché sur un méchant chameau, on kpromena par toute la ville, dans l'équipage d’un vil esclave. Ce wectacle hideux, qui devait toucher les âmes les moins sensibles, ne itqu'enflammer la fureur. Libres de lui faire tous les maux dont ils prent s’aviser, il n’y eut sorte d’outrages et d’infâmes traitements qils ne lui fissent souffrir. Chacun cherchait à se distinguer par lque trait d’inhumanité. Une femme publique lui jeta sur la face me chaudière d’eau bouillante. On le conduisit dans cet affreux tiomphe au cirque, où il fut pendu par les pieds. Au milieu de ces bireurs, Andronic, sans laisser échapper aucune injure, aucune fainte, se contentait de répéter de temps en temps : Seigneur; ayez lié de moi ! pourquoi froissez-vous encore un roseau déjà brisé ?

Pendant qu'il était suspendu, on continua de le tourmenter sans Nié et sans pudeur. Enfin, un misérable lui plongea dans la gorge me longue épée, qu'il lui enfonça jusqu’au fond des entrailles. Ainsi prit, le 42 septembre 1185, après deux ans de règne, l'empereur lndronic Comnène, dont la, vie entière apparaît dans l’histoire tnme un tissu de crimes 1,

Ettels étaient, à Constantinople, l’empereur grec et le peuple grec, bqu'ils consommèrent, par le meurtre des Chrétiens d'Occident blis parmi eux, le schisme avec l'Église romaine. Empereur digne fn tel peuple, et peuple digne d’un tel empereur.

Comme il n’est point de bon prince dont la vertu ne soit mélée k quelques défauts, il n’en est point de méchant qui n’ait quelque nrite. Entre les vices les plus noirs, cn vit dans Andronic quel-

des cris confus qu'il le combattre ; il faiti ntinople. Se voyant une tour et tire des eu d'effet d’une pa xs l’'emportement de de mettre à sa place « de ses deux fils, | injures contre luie

r dans la Chersonèst pour lui dans aucun

en foule avec lui, e ui laisse que le dia es portes ; on enlèv es ; la vaisselle, le in moment ; on né on, les dépouilles d

assant sous ses yeu

Andronic. Isaac ava force de rames, éta habitants, trembla e que la mémoire rds, et n’osant l'a er la Chersonèse.

1 fait échouer au 1 nt porté sur ses ea

{Nicet., in Andron., |. 2,

404 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXX. — De 119 M 11198 c

ques rayons de vertu. Il était sobre : les historiens nous disent qu'un À at-il, morceau de pain et un peu de vin, qu’il prenait à la fin de la journée, À mme faisaient toute sa nourriture. Il assistait les indigents, et réprimait à redoute l'injustice des hommes puissants. Gratuitement cruel, il ne touchait M il mene pas aux biens de ceux dont il n’épargnait pas la vie. Trop fier pour que cel vendre les magistratures, il ne les donnait qu’au mérite. Il donnait & d'un de de larges appointements aux magistrats, leur défendant, sous ds M Enfin peines très-sévères, de rien prendre sur leurs inférieurs, ni même Î wnnais de recevoir aucun présent. Ennemi déclaré des monopoleurs, les qui por vivres se maintinrent à bas prix pendant son règne. Les oppresseurs M otre ur ne trouvaient de ressources ni dans leurs richesses ni dans leur Bien Te crédit. Un de ses satellites, qui avait étranglé l'empereur Alexis, s'é. M} ia foi tant permis de ruiner un pauvre paysan en logeant chez lui, Andronic à wsciter le fit rouer de coups, et l’obligea de rendre beaucoup plus qu'il pla n’avait pris. À ceti Chose étonnante ! si cruel que fût Andronic, il se montra plus rommé: humain que son peuple, et cela dans un point capital et qui intéresse BB prouva l'humanité entière. S'il est un désastre qui nous.émeuve de nos dns s0r jours, c’est de voir de nos frères, luttant avec la tempête qui bris usigne leur navire contre Îles rochers. Comme les habitants de l’île de Malte, BRouvent qui accueillirent avec tant d’humanité saint Paul et ses compagnons ur, qu de naufrage, nous mettons tout en œuvre pour voler à leur secours Semaine et les consoler de leur malheur. Or, après douze siècles de chris- Bienne, é tianisme, les Grecs, et eux seuls, à ce que pense le Grec Nicétas, Bsuterra étaient encore plus barbares envers les naufragés que les barbares MB uté dial païens de l’île de Malte au temps de saint Paul. Non-seulement ils ES&e son p ne cherchaïent point à secourir leurs semblables dans les désastres pur les J de cette nature, mais, comme de vrais pirates, ils les dépouillaient SR & Saintencore du peu que leur avait laissé la tempête, à tel point qu'ils oil se f: achevaient de briser le navire que la tempête avait épargné. Bien des Voilà ce c empereurs avaient fait des ordonnances pour abolir cette barbarie, confirmé mais inutilement. Suivant la comparaison de Nicétas, ces ordon-ÆS Un au nances n'avaient pas fait plus d'impression sur les Grecs que sioniste la 1 les avait écrites sur les flots de la mer. Andronic entreprit d'apporter MMit-il, fit au mal un remède plus efficace. Les courtisans lui représentérentÆecitié u que le mal était incurable, autorisé qu'il était par la longueur duBShiaient : temps. Mais Andronic, en plein sénat, taxa de négligence les empe-Bes Juifs, reurs précédents, de ce qu'ils ne s’étaient pas servis du glaive pour ui reçur réprimer cette coutume inhumaine. Pour lui, il ordonna que les sei-Sillaum gneurs, dans le domaine desquels s’exercerait cette détestable piraterie, seraient pendus au mât du vaisseau échoué, ou aux branches de l'arbre le plus élevé du rivage, pour avertir les navigateurs, di-BBzipp, 4

[Liv LXX, — Det181 À :1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, s nous disent qu'un D ait-il, qu'ils n'avaient plus rien à crai la fin de la journée, D comme Dieu annonce à la terre, par l’ igents, et réprimait Æ douter un nouveau déluge. Comme tout lemonde savait que, quand cruel, il ne touchait Æ i menaçait, Andronic ne badinait Pas, sa défense fut mieux observée vie. Trop fier pour Bu celle de ses prédécesseurs ; et les Grecs apprirent par fôrce, 1 mérite. Il donnait Æ d'un de leurs tyrans, à être un peu plus humains 1.

léfendant, sous des D Enfin, quoiqu'il observât si peu la morale du christianisme, il en nférieurs, ni même MN connaissait bien la doctrine, si pourtant il est l’auteur d'un ouvrage s monopoleurs, les Mi porte son nom dans la Bibliothèque des Pères, C'est un dialogue re. Les oppresseurs Œatre un Chrétien et un Juif, où l'on démontre assez bien, par l'Anesses ni dans leur BR rien Testament, qu'en Dieu il y a trois personnes ; que le Christ est npereur Alexis, s'é. M} ia fois Dieu et homme 3 qu'il devait naître, vivre, mourir et rest chez lui, Andronic Œusciter; que les Juifs devaient être rejetés et les Gentils appelés à

ndre des habitants des côtes, arc-en-ciel, qu'elle n’a plus à

eaucoup plus qu'il Sur place 2.

À cette même époque, les Juifs avaient une bien mauvaise reil se montra plus Mrommée en Occident. Le jeune roi de France, Philippe-Auguste, )ital et qui intéresse M éprouvait une grande aversion peur eux, quoiqu’ils fussent puissants us-émeuve de n05 ns son royaume, et particulièrement à Paris. Voici la cause qu'en à tempête qui bris Basigne son biographe et son chapelain, Rigord. « Ce prince avait ats de l’île de Malte, M uvent ouï dire aux seigneurs, qui avaient été élevés avec lui à la et ses compagnons Dour, que, tous les ans, le jeudi saint ou quelque autre jour de la voler à leur secours Semaine sainte, ces Juifs de Paris, par mépris de la religion chréze siècles de chris- Bienne, égorgeaient un Chrétien comme en sacrifice, dans des lieux se le Grec Nicétas Buuterrains. Comme ils persévérèrent longtemps dans cette méchans que les barbares té diabolique, ils en avaient été convaincus bien des fois du temps Non-seulement ils ES son père, et consumés par le feu. C'est ainsi que fut tué et crucifié dans les désastres par les Juifs saint Richard, dont le corps repose à Paris dans l’église ils les dépouillaientÆ& Saint-Innocent, au lieu nommé Champeaux, et où nous.avons oui y) à tel point qu'ils se fait beaucoup de miracles par l’intercession de saint Richard. » épargné. Bien des EE Voilà ce que dit Rigord dans sa Vie de Philippe-Auguste 3 : ce qui est olir cette barbarie, Bonfirmé par Guillaume l’Armoricain, autre chapelain du même roi. Nicétas, ces ordon- Un autre contemporain, Robert, abbé du Mont-Saint-Michel , atles Grecs que sioniste la même chose sous l'an 1171. Thibaut, comte de Chartres, ntreprit d'apporter Œit-il, fit brûler plusieurs Juifs demeurant à Blois, parce que, ayant lui représentèretÆeucitié ur enfant au temps de Pâques, au mépris des Chrétiens, ils ar la longueur dufSliaient mis dans un sac et jeté dans la Loire, où il avait été trouvé. sgligence les empe-Bles Juifs, convaincus de ce crime, furent livrés au feu, excepté ceux rvis du glaive pour ui reçurent la foi chrétienne. Ils ont fait la même chose de saint

rdonna que les sei-Mbillaume, à Norwich en Angleterre, au temps du roi Étienne ; il est tte détestable pira-

é, ou aux branchés 1 Nice, in Andron., 1.2, n. 8, 4et 5. —3 Bibl, PP., t. 26. — 3 Rigord, De Gest, les navigateurs, di-WEñiipp, August.

106 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXX. — Deiigi

enterré dans l’église cathédrale, et il se fait beaucoup de miracles son tombeau. Autant en a été fait à un autre à Glocester, au temps du roi Henri II, Enfin, en France, les Juifs impies ont fait de même, dans le château de Pontoise, à saint Richard, qui, transporté à Paris et enseveli dans l’église, y brille par un grand nombre de miraclest, Brompton, auteur anglais, rapporte le martyre du jeune Guillaume à la neuvième année du roi Étienne, qui est l’an 4144, et celui de l'enfant crucifié à Glocester, sous la sixième année de Henri II, qui est l’an 1160 2. Enfin, l’on trouve encore dans la chronique de l'An. glais Gervais et dans les annales de l’abbaye de Mailros, un enfant nommé Robert, tué en Angleterre par les Juifs, à Pâques, l'an 4181, et enterré dans l'église de Saint-Edmond, où l'on disait qu’il se faisait des miracles en grand nombre *, Voilà ce que disent, d’un commm accord, les auteurs français et anglais de l’époque #.

Dans les temps modernes, des Juifs et d'autres ont prétendu que ce sont des calomnies; mais, d’après les historiens de l’époque même, les Juifs ont été convaincus juridiquement. Dire, pour toute réponse, que les témoins et les juges sont des calomniateurs, c’est ne rien dire ; car tout criminel en dira autant. Dire, comme on a faitde nos jours, que les Juifs n’ont pu commettre de pareils crimes, par k raison que la loi du Dieu qu’ils professent y est contraire, c’est su poser que l’homme ne saurait violer la loi de Dieu, et qu'un crimine ne peut l’être; mais ici il y a bien autre chose. Au-dessus de la lo divine, au-dessus de la Bible, le Juif met une loi humaine, une bo rabbinique, le Talmud. Or, le Talmud non-seulement permet a Juif, maïs lui commande et lui recommande de tromper et de tue le Chrétien, quand il en trouve l’occasion. C’est un fait hors de douté et qui mérite toute l’attention des peuples et des rois.

1 Robert de Monte, an. 1171.—2 Joan. Brompt., Chron.— 3 :Gervas., Chron 1181. Pagi, an. 1179, n. 17, êt an. 1181,n.15. Acta SS., 27 mart.

» Voici comme, en vieux français, Les Gestes de Philippe- Auguste rapporte le principal fait : «Après ce que li Rois fu coronez, il vint à Paris. Lors command à faire une. besoigne que.il avoit conçue lonc tens devant en son cuer; tar avoit oi dire maintes foizaus enfanz qui estoient norri ovec lui ou palais, quelilui qui à Paris manoient, prenoient chascun an un crestien, le jor dou grant venrel qui est en la semaine peneuse et le menoient en leur crostes souz terre; et en des pit de Nostre Seigneur, qui en cil jor fu crucifiez, le tormentaient et crucifloien et en derrenier l’estrangloient en despit de la foi crestiene ; et ceste chose avoien il fait maintes foiz au tens de son père, et avoient esté convaineu dou fait et ars et en tel manière fut saint Richarz, martyriez, dont li cors gist à Saint-Inn0 cent de Champiau, pour cui Nostre Sires a puis fait maintes miracles en l'égli où li cors de iui repose. Diligemment fist li Rois en querre si ce estoit voirs( non, avant que il en feist plus. Iitrova que ce estoit veritez, si Come renom le rapportoit. » (Script. rerum Francicarum, t, 17, p. 350.)

lifs, Ce

lbid., trac

(Liv, LXX. — Deus Îi 1108 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 407

icoup de miracles à M Sixte de Sienne, Juif converti du seizième siècle, dans sa Bibliothè- Glocester, au temps Myue sainte 1, indique les endroits du Talmud auxquels il emprunte »s ont fait de même, Mks passages suivants : 4° Nous ordonnons que tout Juif maudisse i, transporté à Paris Mtrois fois par jour tout le peuple chrétien, et prie Dieu de le confonmbre de miracles !, Mire et de l’exterminer avec ses rois et ses princes ; et que les prêtres du jeune Guillaume surtout fassent cela en priant dans la synagogue, en haine de Jésus in 4144, et celui deBk Nazaréen 2, & Dieu a ordonné aux Juifs de s'approprier les biens née de Henri II, quififdes Chrétiens, autant de fois qu'ils le: pourront, soit par fraude, par | chronique de l'An.Mrolence, par usure, ou par vol #, 3° Il est ordonné à tous les Juifs > Mailros, un enfant Mie regarder tous les Chrétiens comme des brutes, et de ne pas les \ Pâques, l'an 4181 Mtaiter autrement que des animaux 4, 4 Que les Juifs ne fassent audisait qu’il se faisit@ien mal, ni aucun bien aux païens ; mais qu'ils tâchent, par tous les sent, d’un commuuoyens, de tuer les Chrétiens 5. 5° Si un Hébreu, en voulant tuer 1e 4. n Chrétien, tue par hasard un Juif, il mérite le pardon 6, 6° Si un xs ont prétendu queluif voit un Chrétien'sur le bord d’un précipice, il est tenu. de l'y toriens de l’époquelprécipiter aussitôt 7, nt. Dire, pour toute Un rabbin converti de nos jours atteste le même fait en d’autres lomniateurs, c'estndkrmes, y ajoutant une remarque qui le prouve à elle seule. Voici , comme on a fait dés paroles :

areils crimes, par A « Ce serait ici le lieu de faire connaître les maximes intoiérantes et contraire, c'est supMihumaines que les rabbins professent à l'égard des Juifs convertis, u, et qu'un crimin des Chrétiens, des païens et des Juifs qui trahissent les secrets de la Au-dessus de la loismagogue. Mais. la charité chrétienne me défend de publier, si ce loi humaine, une lost en cas de nécessité absolue, la traduction des passages révoltants ulement permet a@leje pourrais citer dans cette note. Je me bornerai à en indiquer une > tromper et de tueurtie à ceux de mes frères qui les ignorent, et qui savent assez la un fait hors de dout@lngue rabbinique pour les lire dans les livres originaux. Les citations 6 rois: que je vais faire m’obligent à consigner ici une remarque importante. «Le Talmud et les autres ouvrages des rabbins contiennent une n.— ? Gervas., ChrnMinle de sorties contre les Chrétiens.et contre le christianisme, et des parts Lust lasphèmes contre notre divin Rédempteur. Depuis que la connais- Das Lors connai de la langue hébraïque s’est répandue en Europe, les impriant en son cuer ; car Murs juifs ont pris la précaution de supprimer tous ces passages, c lui ou palais, que li it laissant des lacunes à leur place. Les rabbins enseignent verbalele jor dou grant ven nent ce qu'indiquent ces lacunes, et ils rectifient les mots changés à RAS Fr me AU lessein. Quelquefois aussi ils rétablissent à la main , dans leurs exemdi ét'ocst nor atui Jares, les suppressions et les corrections politiques des éditeurs nvaineu dou fait etarli. Ce dernier cas est arrivé dans l’exemplaire du Talmud

cors gist à Saint-InMMe je possède. » Ainsi parle ce rabbin, avant de donner l'inintes miracles en l'égli

à Sixt, S ., Biblioth. ta. Paris. : . —? ” ee al Ge ctOit VO enens., Biblioth. sancta. Paris, 1610, p. 124 Ord. 1, tract. 1,

AMNiNCt, 4. — 3 Jbid, — » Ord. à tract, 8. — 5 Ibid, tract, 4 et 9. = Ibid. — itez, si Come renom flbid, tract. 8.

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408 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXX, — LICE TE

dication des passages, que nous mettons nous-mêmes en note!

D'après ces principes de leur Talmud et l'enseignement confo de leurs docteurs, ies Juifs ne peuvent et ne doivent pas plus se füire un scrupule de tromper et de tuer les Chrétiens qu’ils n’ont de re mords et de repentir d’avoir tué le Christ. Suivant la morale talmy dique, il n’y a que la prudence qui puisse les obliger à s’en abstenir

Que tel soit encore le secret enseignement de la synagogue, un fait épouvantable est venu le révéler de nos jours : l'assassinat du Père Thomas, capucin, par les principaux juifs de Damas, ainsi qué nous verrons sur l’année 4840,

Pour en revenir au jeune roi de France, Philippe-Auguste, d'autre raisons l'indisposaient encore contre les Juifs. La renommée don jouissaient les rois de France, d'être fiers envers leurs enneinis, mai très-débonnaires envers leurs sujets, avait attiré à Paris, depuis long temps, des Juifs de toutes les parties du monde : leurs plus fameu docteurs s’y étaient établis avec leurs écoles. Le bon roi Louis VI leur avait même accordé des priviléges extraordinaires. Donc, ave le temps, les Juifs s'étaient tellement enrichis, qu’ils possédaient prà de la moitié de la ville, De plus, au mépris des lois et des canonsd l'Église, ils avaient dans leurs maisons des Chrétiens et des Chrétien nes pour esclaves, qu'ils faisaient apostasier et judaiser avec eux Enfin, ils exerçaient sur les Chrétiens, nobles, bourgeois et paysans des usures si énormes, qu’un grand nombre furent contraints de ver

dre leurs héritages ; d’autres, à Paris, étaient réduits à demeurMknédicti

dans les maisons des Juifs, comme prisonniers, leur étant engagé Par serment. À tout cela se joignait un dernier grief. Lorsque, pe le besoin des églises, on leur empruntait de l'argent, ils prenaiente gage les crucitix et les vases sacrés, les profanaient en mépris de

religion chrétienne, et buvaient dans les calices, ou bien ils les ca chaient dans les lieux les plus infects de leurs maisons. Pour touté

1 Talmud, Traités suivants: Gnabodazara, fol. 4, verso (in thocephot); fol, 1 verso (ibid.); fol. 26, verso. Sanhédrin, fol. 7, recto. Horiot, fol. 11, recto (in glos yarhi), Hhoulin, fol, 13, verso. Baba-Kamma, fol. 117, recto. . Maïmonides. Traités suivants : De l'homicide, chap. 4, S 10. De l'idoidtr Ch. 10, $ 1. Des docteurs rebelles,'ch. 3, $ 1,et seqq. ; ch. 9, 8 1 et seqq. De royauté, ch. 9, $ 2. Des blessures, ch. 8 8 11.

Le;même. Annotations sur la mischna du premier chapitre du traité Hhoul du Talmud.

Correspondance théologique de R. Ascher, classe 17e, n. 1, 3,6. Touret Schoul han-gnarouh. Yoré-dégna, n. 158, $ 2. Hhoschen-mischpat, n. 388, S 9, n. 425,8 5.

Deuxième lettre d'un rabbin, converti aux Israélites ses frères, sur les mot de sa conversion. Paris, 1827, p. 300 et 301.

dans les :

traite des mar qu

lRigord

de Damas, ainsi qu

pe-Auguste, d'autre La renommée don leurs ennenis, mai à Paris, depuis long > : leurs plus fameu e bon roi Louis V]

dinaires. Donc, ave

urgeois et paysans nt contraints de ver

réduits à demeuré "#hnédiction de tout son peuple. Seigneurs,

, leur étant engagé grief. Lorsque, ps ent, ils prenaient ient en mépris de s, ou bien ils les c:

naisons. Pour toute

o (in thocephot); fol. 1 t, fol. 11, recto (in glos 1, recto, 4, $ 10. De l'idoidir h. 9, $ 1 et seqq. De

apitre du traité Hhoul

. 1, 3,6. Touret Schoul chpat, n. 388, S 9,

ses frères, sur les mot

Liv, LXX, — Dé jy s-mêmes en notet,

11198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 109

#s causes, le rci Philippe-Auguste était fortement indisposé contre ks Juifs de Paris et du royaume, et cherchait de quelle manière il a tirerait vengeance,

Il consulta sur ce sujet un ermite nommé Bernard, qui vivait dans à forèt de Vincennes, en réputation de sainteté. Par son conseil, il déchargea tous les Chrétiens de son royaume de ce qu’ils devaient ux Juifs, en retenant à son profit la cinquième partie, Enfin, au sois d'avril 1482, il publia un édit portant que tous les Juifs se inssent prêts à sortir de son royaume à la Saint-Jean, leur donant ce délai pour vendre leurs meubles, et confisquant à son profit kurs maisons, leurs terres et leurs autres biens immeubles. Quelqes-uns se firent baptiser : le roi leur rendit leurs biens, et leur ac- «rda une liberté perpétuelle, Les autres gagnèrent, par présents et par promesses, des prélats et des seigneurs, pour solliciter le roi de “oquer son édit. Ce moyen leur avoit toujours réussi auprès des wis précédents; mais ni prières ni promesses ne purent fléchir lillippe-Auguste : il demeura ferme dans sa résolution. Ce qui donna si fort les Juifs, qu'ils se dirent l’un à l'autre : Schema, lrael ! Écoute, Ô Israël ! Ayant donc réduit leurs meubles en argent, bsortirent au mois de juillet de la même année 1182, avec leurs lmmes, leurs enfants et toute leur suite.

L'année suivante, le roi fit purifier et dédier toutes leurs synagoges pour les changer en églises. Ces divers actes lui attirèrent la bourgeois, paysans, tous simiraient cette vigueur de résolution dans un roi de seize ans 1.

Dès la première année de son règne, 1184, il ordonna que tous œux qui, dans le jeu ou ailleurs, laisseraient échapper quelques blasplèmes contre Dieu ou ses saints, payeraient vingt pièces d'argent ux pauvres, ou bien qu'ils seraient plongés dans une rivière ou dns un marais ?,

Les nouveaux manichéens, albigeois, patarins, cathares, dont nous “ons déjà plus d’une fois appris à connaître les doctrines subversisde tout christianisme et de toute société, centinuaient leurs séductions et leurs ravages, particulièrement dans e midi de la France. Toutes les fois qu'ils étaient vaincus par les catholiques, ils abjuraient kurs impiétés, pour y retourner bientôt après. Partout, dans la france méridionale, on voyait des églises brûülées et ruinées jusque ls les fondements, et les habitations des hommes devenues la reaite des animaux sauvages. C’est ce qu’un envoyé du roi de France fharqua spécialement dans la province de Narbonne. Ces calamités

lRigord; Guill, Armorie Cet, 17 des Hiséoriens de France. 3 ibid., p. 126.

410 HISTOIRE UNIVERSELLE ILiv. LXX. — Det1810 1198 de

étaient dues à la fureur des albigeois et des cotereaux. Ces derniers, Mais l'or comme nous l'avons déjà vu, étaient des bandes ou plutôt des armées@s apôti de brigands, qui, réalisant à la lettre toute l'horreur du manichéisme Miques « mettaient tout à feu et à sang, n'ayant de respect ni pour Dieu ni loyés pc pour les hommes. Dans l’année 1183, les peuples catholiques dulrest pa: Berri, s'étant confédérés pour leur défense commune, en tuèrentMhose en plus de dix mille dans une bataille, près de Châteaudun, et cela d'a ient I près le témoignage d’un témoin oculaire 1, Cette victoire ne mettai utres Sa pas encore les peuples à l'abri de ces brigands; il fallut que PhilippeMirent, Auguste leur envoyât une armée auxiliaire pour achever le reste, Vers le même temps, parut à Lyon une nouvelle secte connue ge} de cor néralement sous le nom de vaudois. En voici l'origine : L'an 4160 nt cor Pierre Valdo, marchand de Lyon, se trouvait, selon sa coutume Ru, NON dans une assemblée avec les autres riches trafiquants. Tout à cou mais, chi l'un d'eux meurt subitement. Pierre Valdo en est si frappé, qu'il En Lo distribue aussitôt tout son bien, qui était grand, aux pauvres de liliés, n ville. 1 était touché des paroles de l'Évangile où la pauvreté est Mn 1036 hautement recommandée, et crut que la vie apostolique ne se trouvai plus sur la terre. Résolu de la renouveler, il vendit donc tout « wnniers qu'il avait. D'autres en firent autant, touchés de componction, et ils s'unirent ensemble dans ce dessein. 11 s’amassa autour d'eux ur grand nombre de pauvres : Pierre Valdo, qui avait quelque peu de littérature, leur apprit la pauvreté volontaire, et à imiter la vie de Hleur ge Jésus-Christ et des apôtres. On les appelait les pauvres de Lyon contir léonistes ou lyonnistes, comme qui eût ‘dit les lyonnais ; va/dense mains, et où vaudois, de Pierre Valdo, leur chef; insabatés, parce qu'itavaillèr portaient une espèce de savates, un peu par affectation. Dans led semple, commencements, on aimait leur douceur et leur simplicité : la seuldlilommes chose qu’on blâmait en eux, c’était que leur pauvreté fût absolument charité oisive, et qu'ils y mettaient. de l’ostentation et de l'orgueil. Onlres, et 1 né leur reprochait aucune doctrine particulière. Leur objet, dit lin 1134 protestant Mosheim, ne fut point.d’introduire de nouvelles doctrines nandèrer dans l’Église, ni de proposer de:nouveaux articles de foi aux Chré mer de tiens, mais séulement de réformer le gouvernement ecclésiastique; s mett: de ramener le clergé et le peuple à la simplicité et à la pureté prime} change tives des siècles apostoliques 3. nreté de Si les pauvres de Lyon, suivant le nom d’humiliés qu'ils prenaient Sur cel encore, avaient réellement eu ou du moins conservé l'humilité chréŒutres em tienne, leur bon exemple eût pu faire beaucoup de bien dans l’Église. mn, les |

ime. Sun mirent u

D ‘Ébrard.

1 Ganfrid Vosiens., t. 17 des Historiens de France, p. ii, note 6. — ? Ibid uns de ] p. 11 et 12, — 5 Hist, ecclésiastique, 12e siècle, 2% partie, c. 5, $ 11 et 12, éolog., ar

iv. LXX, — Det1s1ff 1198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. -reaux. Ces derniers, ou plutôt des armées eur du manichéisme, sect ni pour Dieu nil ples catholiques du ommune, en tuèrent teaudun, et cela d'a e victoire ne mettai 1 fallut que Philippe

: 411 ais l'orgueil s'en mêla bientôt. Parce qu'ils étaient pauvres comme ks apôtres, ils se crurent le droit de prêcher comme eux, quoique hiques et sans mission, sans penser que les apôtres avaient été enyés pour cela, et qu'ils en avaient envoyé d’autres à leur place. Ce rest pas tout : comme les évêques et les prêtres possédaient quelque ose en propre, les vaudois prétendirent que, par là même, ils aient perdu le pouvoir de précher, de consacrer et de conférer les utres sacrements. Enfin, s’enhardissant de plus en plus, ils prétenirent, quant à eux-mêmes, que, par là seul qu'ils étaient pauvres, * achever le reste?, Æsvaient tout pouvoir non-seulement de prêcher, mais de confesser elle secte connue gel; de consacrer. C’est ainsi que ces bonnes gens, qu’il ne faut nulleorigine : L'an 4160/uent confondre avec les cathares ou les albigeois, s’égarèrent peu à , selon sa coutume Ru, non par l'orgueil de la science, non par l’orgueil des richesses, quants. Tout à coupuis, chose assez nouvelle, par l’orgueil de la pauvreté 1, est si frappé, qu'il En Lombardie, il y avait, depuis plus d’un siècle, un ordre d’hu- |, aux pauvres de ls liés, mais d’un esprit meilleur et approuvé par l’Église. Vers Din 1036, dans une des guerres entreles Allemands et les Lombards, Muelques gentilshommes d’entre ces derniers furent emmenés privendit donc tout miers en Allemagne. Ils profitèrent chrétiennement de leur inforcomponction, et die. Sur les exhortations du bienheureux Gui, l’un d’entre eux, ils s& autour d'eux uyient un habit pauvre, et s'adonnèrent aux exercices de piété, de darité et de mortification. L'empereur, ayant appris leur conversion “leur genre de vie, leur accorda la liberté. De retour en Lombardie, k continuèrent leur pieuse association, vivant du travail de leurs mins, et établirent des fabriques en étoffes de laine, auxquelles ils batés, parce qu'iduraillèrent eux-mêmes. Leurs femmes voulurent imiter leur ffectation. Dans leremple, et s’occupaient à filer la laine. Cette.association de gentilssimplicité : la seuldlommes devenus manufacturiers et ouvriers en étoffes, par humilité rreté fût absolumentlt charité chrétiennes, pour procurer du travail à une infinité de pau- “es, et leur en distribuer le profit, subsista sur ce pied jusqu’à ln 1134, que saint Bernard vint à Milan. Le saint, auquel ils demndèrent quelques règlements de conduite, leur conseilla de se sées de foi aux ChréŒrer de leurs femmes et de vivre en commun. {l les exhorta aussi ient ecclésiastique mettre sous la protection de la sainte Vierge ; et, pour cet effet, k changer leurs habits cendrés en habits blancs, pour marquer la nreté de leur âme.

Sur cela, les uns continuèrent leur ancienne manière de vie, les autres embrassèrent le conseil de saint Bernard et vécurent en comun, les hommes à part et les femmes aussi, tous deux dans une

et à imiter la vie de s pauvres de Lyon lyonnais ; va/denses

rvé l'humilité chré bien dans l'Eglise.

à !Ébrard., Cont. Vald., t. 24, Bibl. PP. Reiner, Lib. cont, Vald., ibid, t, 95,

Mrs de Piliedorf, ibid. Bossuet, Hist, des varialions, 1. 11, Bergier, Dict, lléolog., art, Vaunors.

ii, note G. — ? ibid c. 5, S 11 et 12,

412 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXX. — Deiig

grande pauvreté et portant des habits fort rudes. Dans leur conte nance, léurs discours et toutes leurs manières d'agir, ils témoignaien une grande humilité. Ils subsistaient principalement du travail leurs mains. Il y avait parmi eux beaucoup d'hommes lettrés, et il disaient tout l'office canonial du jour et de la nuit. Plusieurs ‘mangeaient point de chair, à moins qu’ils ne fussent grièvement ms lades. Les femmes de cet institut étaient tellement éloignées de hommes, qu'ils ne les voyaient pas même à l’église, et un mur [di séparait au sermon.

Quelque temps après, un troisième ordre se forma dans cette assc ciation. L'auteur en fut saint Jean de Méda, ainsi nommé du lieu d sa naissance dans le pays de Milan. Il était d’une illustre famille, fut le premier prêtre de l’ordre des humiliés. Comme il en voyait] merveilleux accroissement, il eut la pensée d’en faire des religie proprement dits. Dans ce dessein, il vint à Côme, bâtit une église 4 quelques cellules dans un lieu plein de roseaux ; dans peu de temp il y assembla un grand nombre de frères, auxquels il donna {a to sure monastique. Il établit bientôt plusieurs monastères semblablé tant pour les hommes que pour les femmes. Depuis cette époqué ils cessèrent la fabrication des étoffes. Après l'office divin, les frère travaillaient au jardin, les religieuses au fuseau et à l’aiguille. pendant les trois ordres continuèrent à subsister ensemble; appro vés par les souverains Pontifes.

Saint Jean de Méda fut le premier de l’ordre des humiliés q remplit le ministère de la prédication. Il le fit avec un succès prod gieux. On accourait à ses discours de presque toute l’Italie. Touch de la grâce de Dieu, les uns embrassaient le même institut, les autre contribuaient de leurs biens à en fonder des monäâstères. Ce q voyant, le Pape permit aux clercs et même aux laïques lettrés d cette congrégation de prêcher, non-seulement dans leurs maison mais dans les places publiques et dans les églises, toutefois avec consentement des évêques. Les conversions furent alors sans nor bre, Ces humiliés étaient formidables aux manichéens ou cathare qu'ils confondaient publiquement et dont ils découvraient les art fices : ils en convertirent même un bon nombre. Saint Jean de Méd mourut à Côme, le 26 septembre 1159, illustre par ses miracles 4 avant et après sa mort 1, Voilà ce qu’auraient pu faire en France le humiliés ou les pauvres de Lyon, si leur pauvreté même ne lese enflés d’orgueil.

1 Acta SS., 26 septembr. Helyot, Hist, des ordres rehgieuæ, t. 6. Jacques di Vitry, Hist, occidentale, n, 28. L

à [Live LXX. — Der de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

des. Dans leur conti Pour remédier aux maux que faisaient à la chrétienté les l'agir, ils témoignaietéens en Occident et les Sarrasin alement du travail concile à Vérone. Il se nommait auparavant Hubald, cardinalhommes lettrés, et Bièque d'Ostie, était fort âgé , nrédiocrement lettré, mais d’une la nuit. Plusieurs Wnde expérience dans les affaires. 11 fut élu Pape le premier jour issent grièvement ml sptembre 1181, un jour après la mort d'Alexandre III. À cette’ lement éloignées adktion, on commença de mettre en pratique le décret du concile lise, et un mur 1 Latran, qui demandait les deux tiers des suffrages, et les cardiux Commencèrent à réduire à eux seuls l'élection du Pape, à orma dans cette assaclusion du peuple et du reste du clergé. Lucius III était de Lucnsi nommé du lieu dis en Toscane, et tint le Saint-Siége quatre ans. ine illustre famille, Dès les premiers jours de son pontificat, il vit arriver un ancien ami Comme il en voyait saint Thomas de Cantorbéri, Jean Aux-blanches-mains, évêque en faire des religie Poitiers, élu archevêque de Narbonne. Il venait demander au Pape ne, bâtit une église confirmation pour ce dernier siége. Lucius, qui connaissait son € ; dans peu de temp mérite, lui donna mieux, l’archevêché de Lyon, et le nomma quels il donna la tolégat en France. Le Pape reçut, vers le même temps, une amonastères semblable@sade de Guillaume, roi d'Écosse, qui lui demandait d’être relevés, Depuis cette époqudiproi de l'excommunication, et son royaume de l'interdit qu'avait office divin, les frèrdioncés le défunt archevêque d'York, parce que le roi s'était opau et à l'aiguille, CdMw à l'installation d'un évêque élu de Saint-André, voulant yen r ensemble; approdiit mettre un autre. Le Pape accorda la levée de l'excommunicamet de l’interdit, et envoya un légat en Écosse Pour arranger l’af- ‘dre des humiliés qlir entre les deux compétiteurs. Comme elle ne put se terminer sur vec un succès prodéé lieux, ils vinrent tous deux en Italie, et résignèrent leurs droits oute l'Italie. Touchéiite les mains du Pape, qui, pour tout concilier, donna l'évêché de me institut, les autr@Bit-André à l’un, et l'évêché de Dunkelden à l’autre 1, A la prière monastères. Ce quBluilaume le Bon, roi de Sicile, le pape Lucius érigea aussi, ux laïques lettrés din 1183, l'église de Mont-Réal en métropole. dans leurs maison@l fait bien plus mémorable, c’est la Correspondance du Pape es, toutefois avec Et Saladin. Lucius III lui écrivit touchant la rédemption des caprent alors sans non Nous n’avons pas sa lettre, mais bien la réponse du sultan. Elle ichéens ou cathare@R conçue en ces termes : Le roi Saladin, le plus puissant de tous écouvraient les ar is orientaux, au seigneur Pape. On nous a rendu la lettre de . Saint Jean de Méd Sainteté, Parce que nous savons et que nous croyons que vous e par ses miracles Œupez le premier emploi en ce monde, et parce que nous savons u faire en France IS Dieu vous a donné une telle gloire, que vous êtes assis dans une eté même ne les et grandeur. Nous savons aussi que tous les Chrétiens vous obéislet vous craignent. Cette lettre nous a été remise et présentée ta main d'Olivier Vital, votre légat, auquel, à cause du respect

manis en Orient, le pape Lucius III tint

rgieux, t. 6. Jacques ds OM ron., an. 1182 et 1183

A1 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXX, — be 11h 1108 de

et de la vénération que nous vous portons, nous avons fait honnenquelques en lui donnant audience dans l’intérieur de notre palais, et faisanes préd d’abord tout ce qu'il a été en notre pouvoir de lui accorder, Tout du point qui est marqué dans votre lettre, et ce que votre légat nous à gui fut touchant la paix à faire avec les Chrétiens et la délivrance des pri, arc sonniers, nous a été très-agréable. Que les Chrétiens, qui sont so votre obéissance, renvoient nos sujets qu'ils tiennent prisonniers, ( nous renverrons de même volontiers tous les Chrétiens que nous (4 nons Captifs. Mais votre Grandeur doit savoir que les Chrétiens q nous tenons sont des gentilshommes et de nobles personnages: 4 lieu que nos soldats, qui sont prisonniers chez les Chrétiens, ne so que des paysans et des personnes très-viles. Ainsi nous apprécieron s'il vous plaît, les prisonniers que nous avons, et les Chrétiens appr cieront ceux qu'ils tiennent, et ceux qui auront de la perte seroMi dissipa indemnisés par les autres. Dieu sait que, quand nous avons vu va Clui-c lettres et les légats de votre Grandeur, nous en avons ressenti ui joie parfaite, et nous en remercions Dieu 1.

Le pape Lucius écrivit encore sur le même sujet au frère de $ ladin, qui lui répondit le 26 mai 1182 : J'ai compris, par les parol de votre légat, que vous voulez observer en tout le traité que ler Saladin a conclu avec votre prédécesseur Alexandre, de sainte m moire, touchant la délivranc : des prisonniers entre les Chrétiens les Sarrasins. On voit, par ces paroles de Malek-Abhel, qu'il y av déjà eu unenégociation et un traité à cet égard entre le pape Alexand et le sultan Saladin. li ajoute : Que si les Chrétiens qui habitent J rusalem avec leur roi et ceux du pays de Tyr obéissent à vos ordi avec toute la chrétienté, et s’ils observent, selon votre volonté, l'a rangement fait entre nous pour la paix et la rédemption des capth qui sont en nos prisons, nous promettons aussi de faire tout ce q vous demandez pour faire cette paix. Que Dieu vous inspire, ail qu'à nous, de faire, par sa grâce, ce’ qui est avantageux au salut tous les Chrétiens et Sarrasins. Ainsi soit-il 2! C’est sans doute que que chose de bien remarquable que d’entendre les chefs des Mus mans parler avec ce respect et cette vénération au chef spirituel la chrétienté, et proclamer, dans leurs lettres officielles, qu'il occupi la première dignité dans l’univers.

À Rome même, il y avait encore des esprits turbulents qui comprenaient pas cela. En 1183, le pape Lucius ne put demeure Rome, à cause de la révolte des Romains. Leur différend venait

1 Apud Radulph. de Diceto, in Imaginum, Hist., p. 621. Pagi, an. 1181. 1 2 jbid,

[Liv, LXX. — De 19 1108 de l'ère chr.]

quelques coutumes qu’il jura de n’observer jamais, quoique les Papes, ks prédécesseurs, les eussent gardées. Les Romains en furent irrités u point qu’ils pillèrent et brülèrent les terres du Pape, en sorte w'il fut obligé de fuir de place en place dans ses forteresses, Chrisln, archevêque de Mayence, chancelier de l'empereur, vint au sewurs du Pontife avec une grande armée d’Allemands ; il incommoda rt les Romains, mais tomba malade à Tusculum. Le Pape, qui ait proche, vint le voir. L’archevêque était si mal, qu’il ne put se her pour le recevoir ; mais il se confessa à lui, reçut de ses mains s sacrements et l’indulgence, et mourut ainsi au mois d’août 1133. L Pape en écrivit à tous les prélats d'Allemagne, pour le recommankr à leurs prières. On prétendit que les Romains avaient procuré sa rt par l’eau d’une fontaine qu'ils avaient empoisonnée. Son armée #dissipa, et les Romains s’élevèrent plus fortement contre le Pape, Celui-ci, voyant qu’il ne pouvait résister aux Romains > envoya Qsnonces aux rois et aux seigneurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, hur demander des secours d'argent. Ceux qui vinrent en Angle- “e ayant fait leur proposition, le roi consulta les évêques et le sle du clergé. Ceux-ci lui conseillèrent de donner le subside au pe, tel qu'il le jugerait à Propos, tant pour lui que pour eux ; Car, Wutèrent-ils, nous aimons mieux vous rembourser, si vousle voulez, ‘œque vous aurez donné, que de souffrir que le Pape envoie ses nes en Angleterre lever sur nous un subside; ce qui pourrait uner en coutume, au préjudice du royaume. Le roi suivit ce conil, et envoya au Pape une grande somme d'argent, avec laquelle, béissent à vos ordi qu'avec celle qu’il reçut de toutes parts des autres princes, il M ou acheta la paix avec les Romains 2, tte paix ne dura guère. Les Romains la violèrent effrontément, par leurs insultes, forcèrent le Pape à quitter Rome. La plus elle de ces insultes est, qu'ayant trouvé plusieurs de ses clercs n de la ville, ils leur crevèrent les yeux à tous, hormis un, leur ent des mitres par dérision, et leur firent promettre avec serment # présenter au Pape dans cet état. Profondément afiligé, le Pape ihématisa les auteurs de ce crime, sortit de la ville avec les siens, krendit à Vérone, où il espérait que l'empereur Frédéric vienà son secours 3, l'an 1483, le 25% de juin , ce prince avait signé à Constance un lié de paix définitive avec les villes ou républiques de Lombardie ; üté qui, pendant longtemps, a formé la base du droit public parmi

S avons fait honnem tre palais, et fais lui accorder. Toute

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