Roger Huveden, Apud Baron. == $ Apud Baron, et
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les Italiens, et qui, en conséquence, est inséré dans le corps du Pro; romain, qu'il termine. -
Par le traité de Constance, l'empereur céda aux villes, sans exce tion, tous les droits régaliens qu’il avait possédés dans l'intérieur de leurs murs. Il leur céda de même, dans le district qui dépendait d'elles, tous ceux de ces droits qu’elles avaient acquis par l'usage ou la prescription; il leur assura nommément le droit de lever des ar mées , de se fortifier par des murs, et d'exercer, dans leur enceinte la juridiction, tant civile que criminelle.
IL fut convenu que dans tous les cas de contestation sur les droits régaliens , réclamés par les communes en vertu d’une 2escription l'évêque de chaque ville aurait l'autorité c: :- … 1er des arbitres choi sis parmi les citoyens et les habitants de . wilieue, exempts d'a nimosité contre l’empereur ou contre la cité. Si ces arbitres ceper dant croyaient ne pouvoir décider sur les réclamations contradictoire qui leur seraient adressées, ils étaient autorisés à échanger toutesle redevances contestées contre un cens annuel de deux mille mare d'argent, que l’empereur pourrait encore réduire, si l'équité l’exigeait
Toutes les inféodations, faites depuis la guerre au préjudice del cités, furent annulées ; toutes les possessions, saisies et confisquée! sur elles, furent rendues sans fruits ni dommages. L'empereur pre mit de ne pas séjourner assez longtemps dans une ville ou son ter toire, pour lui causer un préjudice, et il consentit que les villes con servassent leur confédération , et la renouvelassent aussi souven qu’elles le voudraient.
D'autre part , quelques prérogatives furent conservées à l'empire dans l'intérieur même des nouvelles républiques. Le consulat fu confirmé ; mais les consuls durent recevoir, gratuitement il est vrai l'investiture de leur charge , d’un lieutenant de l’empereur, à moin cependant que, d’après une coutume légale, ils ne la reçussent d l'évêque, comte de la ville. L'empereur fut autorisé à établir da chaque cité un juge d'appel, auquel on pourrait porter les causes ci viles dont l’objet surpasserait la valeur de vingt-cinq livres impéria les. La livre valait alors soixante-cinq de nos francs. Ce juge devai jurer, lorsqu'il entrait en charge, qu’il se conformerait aux coutume de la ville, et qu’il ne laisserait aucune cause se prolonger pendanl plus de deux mois.
Chaque ville devait prêter serment de maintenir les droits impé riaux en Italie envers ceux qui n'étaient pas membres de la ligue Elle promettait à l’empereur de lui fournir le fourrage royal à soi entrée en Lombardie ; de rétablir les ponts et les chaussées, tant pou : son arrivée que pour son retour, et de lui préparer un marché sus
ide Bavi pe, l'en wrea du :
A Pape, H-nème
\Corpus j mon,, C/
Liv. LXX. — De 119 11198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 417
ans le corps du Drojysmment approvisionné pour lui et pour son armée ; enfin elle s’enngeait à renouveler, tous les dix ans, son serment de fidélité 1, ux villes, sans exce C'est ainsi que se termina la longue lutte pour l'établissement de és dans l'intérieur de h liberté italienne, et que les républiques lombardes, dont l'existence strict qui dépendajdi"ait jusqu alors été chancelante, furent légalement reconnues et acquis par l’usage o wnstituées. sie lroit de lever des a Dès l'année qui suivit la paix de Constance, Frédéric revint en r, dans leur enceinte lie avec son fils Henri, auquel il destinait la couronne de l'empire. Les villes qui lui avaient résisté avec le plus de courage ne rivalisèstation sur les droit cette fois entre elles que par leur empressement à l'honorer. Les | d’une r-escription Nlanais, plus qu'aucun autre peuple , prirent à tâche de rentrer en aer des arbitres cho pce auprès de lui; et l'empereur, de son côté, après avoir éprouvé ufieue, exempts d' : fiblesse des communes auxquelles il s'était précédemment allié, i ces arbitres ceper eut devoir s appuyer sur une ligue plus puissante, et s'assurer l’af. ations contradictoiMMition des Milanais. Il leur accorda de nouveaux privilèges, et leur à échanger toutes krmit de rebâtir la ville de Crème, dont les murailles n'avaient point le deux mille mardi relevées depuis que lui-même les avait rasées » Vingt-quatre ans , l'équité l'exigeai uparavant. Les Crémonais s'y étaient opposés dans les temps du rre au préjudice del" grand pouvoir de la ligue lombarde ÿ et ils témoignèrent leur aisies et confisqués hmeur et leur ressentiment d’une manière si offensante pour l’emes. L'empereur pr} lorsque celui-ci céda aux sollicitations des Milanais et parne ville ou son ter Mn aux malheureux Crémasques, que Frédéric, irrité, se mit à la lit que les villes con? des milices milanaises, et que, faisant marcher devant lui le carassent aussi souven necio ou étendard de la ville, il entra sur le territoire de Crémone, rila plusieurs châteaux de ce peuple mutiné, et le réduisit enfin à dés l'empire] aplorer sa clémence ?, es. Le consulat 18 L'empereur Frédéric passa toute l’année 1184 en Italie, la plupart tuitement il est vrai temps à Vérone, pour s’entretenir avec le Pape sur les intérêts l’empereur, à moine l'empire et de l'Église, tant en Europe qu’en Asie. I] y arriva de s ne la reçussent dits parts un grand nombre d'archevêques, d’évêques et de princes, orisé à établir danitre autres les ambassadeurs du roi d'Angleterre. D'après le conseil porter les causes cit l'archevêque de Cologne, ils venaient supplier le Pape, de la part -cinq livres impériaWt roi, leur maître, de vouloir bien obtenir de l'empereur qu'ilreçüt ancs. Ce juge devait s'âce le duc Henri le Lion, privé à la fois de ses duchés de Saxe merait aux coutumetie Bavière, et condamné à un exil perpétuel. Sur les instances du e prolonger pendant, l'empereur permit au duc de revenir dans sa patrie, et le démea du serment qu’il lui avait fait faire de rester toujours en exil. nir les droits impé A: Pape, de son côté, dégagea l'empereur du serment qu’il avait fait mbres de la ligue ième de ne jamais lui faire grâce 8. ourrage royal à soi lCorpus juris civilis, ad calcem : liberde pace Constantiæ, —
chaussées, tant pOUESEmon., Chron., t. 7 de Muratori, p. 602. — 3 Rogor H rer un marché suffi 1184, n. 2.
XYL. 27
? Sicardi, episc.
oveden, anud Baron,
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Une autre conciliation eut lieu pour le bien de l’Église et de l'em pire en Allemagne. En 1177, pour faciliter la paix de Venise et laf du schisme, le pape Alexandre engagea l'archevêque Adalbert de Salzbourg, fils du roi de Bohême, à lui résigner son siége, qui donna au cardinal Conrad, archevêque élu de Mayence, pour laisse ce dernier siége à son compétiteur Christian, chancelier de l’empe reur, dont il avait la confiance , tandis qu'Adalbert lui était odieux Christian étant mort l'an 1183, Conrad demanda et obtint dere tourner de Salzbourg à Mayence. Adalbert, de son côté, étant ven à Vérone, fut très-bien: reçu de l’empereur et du Pape. Non-seule ment ils lui permirent de reprendre le siége de Salzbourg, mais In accordèrent beaucoup de priviléges. Le Pape le nomma même, lue ses successeurs, légat apostolique dans toute la Bavière. C’est Adalk bert lui même qui nous apprend ces particularités dans une lettr qu’il écrivit là-dessus à son chapitre 1,
I vint encore à Vérone des ecclésiastiques de divers pays, qu avaient été ordonnés par les schismatiques au temps du pape Alexa dre. L'empereur pria instamment le pape Lucius de leur faire grâc et de les réhabiliter. Le Pape y condescendit d’abord ; en sorte qu' leur permit de présenter leurs requêtes, afin d’accorder à chacun] dispense selon la différence des cas. Mais, le lendemain, il change d’avis, et dit que la suspense, ayant été prononcée à Venise, dans concile général, en 1177, ne pouvait être révoquée que dans un co cile pareil ; et il promit d'en tenir un à Lyon pour cette affaire, () attribua cechangement à Conrad, archevêque de Mayence, et à Co rad, évêque de Worms ; et les Allemands s’en plaignirent hautemen en sorte que les cardinaux disaient qu'ils demandaiént grâce en ma naçant.
Une autre affaire occupa le Pape et l'empereur. Après la mo d'Arnold, archevêque de Cologne, il y avait eu une double électic dans cette église. L'empereur s'était prononcé pour l’un des élu mais l’autre en avait appelé au Pape. Leur affaire fut discutée à V rone, mais n’y put être terminée : elle traîna encore sept ans. ( discuta encore l'affaire des biens de la comtesse Mathilde, dont l'en pereur avait obtenu la jouissance pour quinze ans, mais qui, apr ce terme, devaient revenir à l'Église romaine, à moins que l’empere ne prouvât y avoir des droits légitimes. On discuta donc la chose ( part et d'autre, mais il n’y eut point de conclusion. Enfin l'empere Frédéric demandait que le Pape couronnât empereur son fils Hen mais le Pape ne voulut y consentir que dans le cas où Frédéric qui
1 Mansi, Concil., t. 22, p. 489.
krait lu empere
Outre k Pape gtint € dent les & l'ordi bométai premier
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doit se 1 puissanc ils, l’erx ptriarel wmblés
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(Liv. LXX, — Detis e l'Église et de l'em ix de Venise et laf evêque Adalbert de gner son siége, qui layence, pour laisse hancelier de l’empe Jert lui était odieux nda et obtint dere son côté, étant ven lu Pape. Non-seule
Salzbourg, mais lu nomma même, lui e Bavière. C’est Adall rités dans une lettr
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erait lui-même la couronne, attendu qu'il ne pouvait y avoir deux empereurs ensemble 1, k
Outre ces affaires particulières deux affaires générales occupèrent k Pape et l’empereur, les évêques et les princes, dans le concile qui stint en cette occasion à Vérone : l’une était de réprimer en Occident les hérésies manichéennes, qui attaquaient à la fois et la religion «l'ordre social ; l’autre, d’opposer une barrière aux puissances malométanes, qui menaçaient de nouveau la chrétienté entière. Sur le premier point, le pape Lucius II publia la constitution suivante :
« Pour abolir les diverses hérésies qui ont commencé à pulluler de quotre temps dans la plupart des lieux, la vigueur des ecclésiastiques doit se réveiller, vu principalement qu'elle se trouve appuyée de la pissance impériale. C'est pourquoi, en la présence de notre cher ils, l'empereur Frédéric, de l'avis de nos frères, les cardinaux, des ntriarches, archevêques et évêques, et de beaucoup de princes assmblés de diverses parties du monde, nous condamnons, de l'autoilé apostolique. et par la présente constitution, tous les hérétiques, quelque nom qu'ils portent, principalement les cathares et patarins, tceux qui se disent faussement humiliés ou pauvres de Lyon ; les mssagins, josépins et arnaudistes. Nous les soumettons tous à un aathème perpétuel. Et parce que quelques-uns, sous prétexte de piété, s'attribuent l'autorité de précher, quoique l’Anôtre dise : Comnent précheront-ils, s'ils ne sont envoyés ? nous comprenons sous un preil anathème tous ceux qui oseront prêcher en public ou en pariculier, sans avoir mission et autorité denous ou de l'évêque du lieu : bus ceux qui pensent ou enseignent autrement que l'Église romaine, buchant le sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus- (hrist, le baptême, la rémission des péchés, le mariage et les autres screments ; et généralement tous ceux qui auront été jugés hérétiques par l'Église romaine, par chaque évêque dans son diocèse, avec kconseil de son clergé, ou par le clergé même, le siége vacant, avec ire fut discutée à VESk conseil, s’il est besoin, des évêques voisins. Nous condamnons de encore sept ans. (MBnème tous ceux qui donneront retraite ou protection à ces héréti- Mathilde, dont l'enŒues, soit qu'on ies nomme consolés, croyants, parfaits ou de quelans, mais qui, apré autre nom superstitieux.
roins que l’empere®S « Et parce que la sévérité de la discipline ecclésiastique est queluta donc la chose ŒSurfois méprisée par ceux qui n’en comprennent pas les vertus, nous on. Enfin l’empere@udonnons que ceux qui seront manifestement convaincus des erereur son fils HentŒrurs susdites, s’ils sont clercs ou religieux, soient dépouillés de tout as où Frédéric quiurdre et bénéfice, et abandonmés à la puissance séculière, pour rece-
tit la punition convenable ; si ce n’est que le coupable, sitôt qu’il lApud Baron. et Pasi.
de divers pays, q mps du pape Alexa 1 de leur faire grâ bord ; en sorte qu' accorder à chacun!
ndemain , il change cée à Venise, dansk ée que dans un co our cette affaire, (] e Mayence, et à Co aignirent hautemen ndaiént grâce en mé
reur. Après la moi une double électi pour l’un des él
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sera découvert, fasse abjuration entre les mains de l’évêque du lieu. |
Il en sera de même du laïque, et il sera puni par le juge séculier, s'il ne fait abjuration. Ceux qui seront seulement trouvés suspects seront punis de même, s'ils ne prouvent leur innocence par une pur. gation convenable ; mais ceux qui retomberont après l'abjuration ou la purgation seront laissés au jugement séculier, sans être écoutés davantage. Et les biens de* clercs condamnés seront appliqués, selon les lois, aux églises qu .s servaient. Cette excommunication contre tous les hérétiques sera renouvelée par tous les évêques aux grandes solennités, ou quand l'occasion s’en présentera, sous peine d’étresu pens, trois années, des fonctions épiscopales,
« Nous ajoutons, par le conseil des évêques, sur la remontrancedel
l'empereur et des seigneurs de sa cour, que chaque évêque visitera, une ou deux fois l’année, par lui-même, par son archidiacre ou pa d’autres personnes capables, les lieux de son diocèse où le bruit com mun sera que les hérétiques demeurent; et il fera jurer trois o quatre hommes, ou plus, de bonne réputation, et même, s'il le juge à propos, tout le voisinage, que, s’ils apprennent qu’il y ait là des hérétiques ou des gens qui tiennent des conventicules secrets, ou qu mènent une vie différente du commun des fidèles, ils les dénonce ront à l'évêque au à l’archidiacre. L’évêque ou l'archidiacre appel lera devant lui les accusés; et, s’ils ne se purgent suivant la coutume du pays, ou s'ils retombent, ils seront punis par lejugement des éve ques. Que s'ils refusent de jurer, ils seront dès-là jugés hérétiques
« Nous ordonnons de plus que les comtes, les barons, les recteur et les consuls des villes et des autres lieux promettent par serment suivant la monition des évêques, d’aider efficacement l'Église en tou ce que dessus, contre les hérétiques et les complices, quandilse seront requis; et qu’ils s’appliqueront de bonne foi à exécuter, selon leur pouvoir, ce que l'Église et l'empire ont statué sur cette matière sinon, ils seront dépouillés de leurs charges, et ne seront admis aucune autre, outre qu'ils seront excommuniés et leurs terres mises en interdit. La ville qui résistera à ce décret, ou qui, avertie par lé vêque, négligera de punir les contrevenants, sera privée du com merce des autres villes, et perdra la dignité épiscopale. Tous les fau teurs d’hérétiques seront notés d’infamie perpétuelle, et, comme tels, exclus d’être avocats et témoins, et des autres fonctions publi ques. Ceux qui sont exempts de l’évêque et soumis seulement a Saint-Siége ne laisseront pas, pour ce que dessus, de subir le juge ment des évêqnes, comme délégués du Siége apostolique, nono stant leurs priviléges 1. »
‘ Labbe, t. 10, p. 1737. Mansi,t. 22, p. 470.
Burbarie : !
Liv. LXX, — De 119; : à de l'évêque du lieu. À 11198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 491 ve le juge séculier On voit ici, par le concours de l’Église et des princes, l'établisse.. nent trouvés suspec; nent durable de 1 Inquisition contre les hérétiques, que nocence par une pur. M" établir, au moins temporairement, à Rome, après l’abjuration ouMite Par le pape saint Léon le Grand, et con er, sans être écoutétiéens. Ici 1 on ordonne aux évêques de s’infor eront appliqués, selon Par Commissaires, des personnes suspecte ommunication contre e Sc et les dénonciati ks degrés de suspects, convain fs. mr de quels les peines sont différentes. Enfin » après que l’Église a employé watre les coupables les peines spirituelles, elle les abandonne au bras sur la remontranced#ulier, pourexercer encore contre eux les peines temporelles, ayant aque évêque visiter Monnu par expérience que plusieurs Chrétiens et particulièrement n archidiacre ou palli"s nouveaux hérétiques, n'étaient plus sensibles aux peines spiriocèse où le bruit com elles. L'Église, comme le bon sens, proportionne les remèdes au 1 fera jurer trois oumgrès du mal, 7:
et même, s'il le juge Quant à cette inquisition en elle-même, elle existe naturellement ent qu'il y ait là de inécessairement, sous un nom ou sous un autre, danstoute société licules secrets, ou quil! veut Sa propre conservation. Toute société quelconque surveille les, ils les dénonce poursuit ceux qui conspirent ou travaillent à son renversement. l'archidiacre appelle recherche et punit non-seulement ceux qui conspirent ou trait suivant la coutume illent à renverser sa constitution tout entière, mais encore ceux-là lejugement des évélni n'en attaquent qu'une partie, qui n’en violent qu'une loi, ne fût. -là jugés hérétiquesM* que par un seul acte, comme la loi sur la sécurité publique et ins barons, les recteur tiduelle par le meurtre, la loi sur la propriété par le vol. Et nul rettent par serment "s'étonne qu’elle le fasse : tout le monde s’étonnerait si elle ne le ment l'Église en tou . Lire Car une société qui voudrait ne pas le faire se détruirait : ur là même.
pen es ki dr, la constitution de l'humanité chrétienne, c’est l'Église cathoué sur cette matière Mie. Les peuples chrétiens, empires, royaumes, républiques, sont et ne seront admis M membres vivants de cette Église et vivent de sa vie. La loi fondaet leurs terres mis@ritale des uns et des autres, et quant à leur existence, et quant à qui, dvértie par l'éfi' Conservation, et quant à leur perfectionnement, c’est la foi caera privée du comditlique. Au moyen âge, cette loi était écrite à la tête de toutes les copale. Tous les fu{@i'es. Qui n’était pas catholique n’était pas citoyen, Il était donc étuelle, et, commé lurel que ces républiques, ces royaumes, ces empires, que l'hutres fonctions publ unité chrétienne tout entière veillât à la conservation de la foi caumis seulement aolique, et qu'elle y veillât par tous les moyens qui appartiennent us, de subir le juge durellement soit à l'individu, soit à la nation, soit à la chrétienté ipostolique, nonob® titre; car C'était veiller à sa propre conservation; c'était veiller dépôt de la civilisation véritable ; car c’est un fait de toute l'hisire : où la foi catholique disparaît, là revienreni l'igacrance et la notre : témoins les peupies abrutis par le mahométisme ; témoins
nous avons dès le cinquième sitre les mêmes manimer, par eux-mêmes s d'hérésie, suivant la ons particulières ; on distingue cus, pénitents et relaps, suivant les-
122 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXX. — Deiis
les populations grecques, dégradées depuis tant de siècles parle schisme et l’hérésie. Grâces soient donc rendues aux peuples et au
rois, à la chrétienté entière du moyen Age, d’avoir repoussé d'une part le joug abrutissant du mahométisme, et d'avoir réprimé de l'an tre une hérésie, une secte plus abrutissante encore, une secte qui ne corrompait pas moins la raison que la foi, l'intelligence que la vo
lonté, la morale que le dogme, l'empire que l'Église; car tel étai le manichéisme, tant ancien que moderne.
Quant à la seconde affaire générale qui fut agitée à Vérone , voi ce que divers monuments nous en apprennent. Pendant la teniie d concile, le quatrième jour de novembre, comme le Pape, l’emperèn et la plupart des évêques étaient assemblés dans la grande église l'archevêque Gérard de Ravenne exposa publiquement le triste ét
du royaume de Jérusalem, exhortant toutes sortes de personnes à 18
secourir pour la rénission de leurs péchés. Le roi Baudouin IV sen tait son mal s’accroitre de jour: en jour ; il avait perdu la vue, la con ruption de la lèpre lui ôtait l'usage des pieds et des mains, et de pl
il fut attaqué d’une grosse fièvre à Nazareth. Il ne pouvait touteto se résoudre à quitter la couronne ; mais, en présencé des séignèurs de la reine sa mère, et du patriarche, il établit régent du royaume Gui de Lusignan, comte de Joppé et d'Ascalon, se réservant Ja di gnité royale et une pension de dix mille écus d'or; : mais, quelq
temps'après, le roi, connaissant l'incapacité de ce jeune seigneur, @ d’ailleurs mal satisfait de lui, retira le pouvoir qu'il lui'avait donné et, pour lui ôter même l'espérance de la succession à sa couronne il fit couronner solennellement Baudouin, son neveu, fils de Sibyl et du marquis de Montferrat, son premier mari, quoique ce ne f qu'un enfant qui avait à peine cinq ans. Il fut couronné le 20m ( novembre 1181, ei les plus sages n’approuvèrent cette action qu'é tant qu’elle ôtait l'autorité à Gui de Lusignan; car'le-royaume de meurait toujours sans gouvernement, par la maladie du premier r et le bas âge du second. Gui de Lusignan s’enferma dans Ascalo
et refusa ouvertement d’obéir au roi, son beau-frère, qui donna
régence du royaume au comte de Tripoli.
Alors ce pauvre roi, voyant les progrès de Saladin, et en craigna de plus grands, envoya en Occident Héraclius, patriarche de Jéru lem, Arnaud, maître des templiers, et Roger, maître des hospit liers. Ils arrivèrent heureusement à Brindes, et se rendirent à V rone, où ils apprirent qu’étaient ensemble le Pape et l’empereur. sollicitèrent vivement l’un et l’autre de procurer une expéditionco tre les infidèles d’au delà des mers, assurant que le sépulcre du gneur et toutes les églises étaient dans le plus grand péril, à ca
wntèrent our de D du roi Ba “lui exp aussi une hlerre s:
! Mansi, Diceto,
11198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 123
de la puissance toujours croissante de Saladin. L'empereur, avec s aux peuples et an@#tucoup de bonté, opina pour qu'on acquiesçAt à leur demande, et avoir repoussé d'une promit de concerter l'expédition avec les princes, dès qu’il serait de voir réprimé de l'au retour en Allemagne ; de telle sorte qu'à partir de la fête de Noël, we, une secte qui ne qui était proche, ceux qui voudraient en être pussent s'y préparer telligence que la vo pndant l’année. C'est ce que nous apprend un témoin oculaire, É glise ; car tel éti l'archevêque Adalbert de Prague, dans la lettre déjà mentionnée 1,
Le pape Honorius, de son côté, donna aux trois envoyés d'Orient des lettres de recommandation pour les rois de France et d'Anglewrre. Le maîtré des templiers mourat à Vérone : le patriarche et le maitre de l'Hôpital passèrent en France, et arrivèrent à Paris le 16 de janvier 4185. Maurice de Sully, évêque de Paris, les reçut « procession avec le clergé. et le peuple; et, le lendemain, le parrche célébra la messe dans Notre-Dame, et y prêcha. Le roi Btilippe-Auguste, ayant appris l'arrivée des ambassadeurs, quitta butes ses autres affaires pour venir promptement les trouver. Il les xçut avec honneur, leur donna le baiser de paix, ét ordonna à ses réposés et à ses intendants de les défrayer partout sur ses terres. Ils sencé des séignèus hi présentèrent les clefs de la ville de Jérusalem et du saint sépul-
we; et quand ils eurent expliqué le sujet de leur voyage, le roi asenbla à Paris un concile général des évêques et des seigneurs : ét, pr leur conseil, il ordonna à tous les prélats d’exhorter ses sujets, mr de fréquentes prédications, à faire le voyage de Jérusalem pour h défense de la foi; mais on ne lui conseilla pas d'y aller en per- “ine, parce qu'il n'avait pas encore d'enfants. Il y envoya seuleent, à ses dépens, de braves chevaliers avec une grande multitüde lgens de pied.
Les deux ambassadeurs de Jérusalem passèrent promptement en lgleterre, et y arrivèrent vers le commencement de février 4485. L roi Henri les reçut à Réding. Is se jetèrent à ses pieds, et lui pré- «ntèrent la bannière royale, avec les clefs du saint sépulcre, de la our de David et de la ville de Jérusalem. Ils le saluèrent de la part li roi Baudouin, des seigneurs et de tout le peuple de son royaume, lui exposèrent avec larnies le sujet de leur voyage. Ils lui rendirent ussi une lettre du pape Lucius, qui représentait l’état déplorable où hterre sainte se trouvait réduite par les victoires de Saladin et la mladie du roi de Jérusalem, recommandait au roi d'Angleterre le patiarche et lé maître de l'Hôpital, et le faisait souvenir de la promesse il avait faite de donner du secours à Ja terre sainte. C’est quand
vitée à Vérone , voi Pendant la tentie d le Pape) l'empereu 18 la grande église rement le triste ét
perdu la vue, la tor des mains, et de pl
d'or; mais, quel ce jeune seigneur, @ qu'il lui'avait donné ssion à sa Couronne réveu, fils de Sibyl i, quoique ce ne fl couronné le 20e d nt cette action qu'e
car le.royaume ladie du premierr ferma dans.Ascalo 1-frère, qui donna
adin, et en craigna patriarche de Jéru maitre des hospit et se rendirent à V pe et l’empereur.
* une expéditionco e le sépulcre du Se grand péril, à ca
!Mansi, Concil , 1. 22, p. 490 et 491. Guill. de Tyr, 1, 22 et 23. Radulph, de Dieto,
424 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LAX, — De 118602 1198 <
il reçut l’absolution du meurtre de saint Thomas de Cantorbéri, Le promir roi répondit que, Dieu aidant, la chose irait bien, et donna terme ay d'homt ambassadeurs, pour apprendre sa résolution, au premier dimanche us se de carême, qui, cette année 1185, était le 10m de mars. bts et ] Ce jour se trouvèrent à Londres le roi Henri, le patriarche Héra-Mis prél clius, les évêques, les abbés, les comtes et les barons d'Angleterre: Guillaume, roi d'Écosse, avec David son frère, et les seigneurs dut le pa pays. Huit jours après, on délibéra sur la proposition des ambassa-Mprand e deurs. On miten question lequel était le plus à propos, queleroiallätenhi Le ro personne au secours de Jérusalem, ou qu'il demeurât en Angleterre MRunée 1 dont il avait reçu la couronne à la face de l'Église. Quelqres-undie neuf insistaient sur le serment qu'il avait fait à son sacre, et soutenaient qu’il était plus obligé à maintenir la paix dans son royaume et à Id lende - défendre contre les insultes des étrangers, qu’à marcher en personndénal Hi à la défense de l'Orient ; car, en quittant l'Angleterre, il avait beau éu d’un Coup à craindre de la part des Français et de la part des princes ses enfants. Le roi Henri se rendit à ces avis, et répondit au patriarchitrétien de Jérusalem qu'il n'irait point, mais qu'il aiderait de $on argent L'emp ceux qui voudraient y aller. Le patriarche, malcontent de cette ré nouvi ponse, dit : Vous ne faites rien, seigneur : nous cherchons un prince et non de l'argent ; on nous en envoie de tous les pays, mais noustienir à demandons un homme. En quoi le patriarche disait très-vrai : c'esiitire serv un homme qui manquait en Palestine ; lui-même, comme nous l'a À vons vu, n'était pas l’homme qu'il fallait à sa place. Il insistait dondute de ( pour que le roi envoyât au moins un de ses fils. Mais le roi répondiéus, et H qu'il ne pouvait les engager à ce voyage en leur absence. Le patriarMityaume che, frustré de son espérance, le menaça que Dieu l’abandonnerait Mait seigi et s'emporta jusqu’à lui reprocher ses infidélités envers le roi défientime France et la mort de saint Thomas de Cantorbéri. Et, comme il voyaithipe et c le roi fort irrité de ce discours, il lui tendit le cou, en disant : Faites d° moi ce que vous avez fait de mon frère Thomas ; j'aime mieux que vous me fassiez mourir en Angleterre, que les Sarrasins enBtlion de Syrie, puisque vous êtes pire qu’un Sarrasin. La querelle s’apaisalhliberté cependant, et tout le monde fut d'avis qu'’ le roi irait consulter leompris e roi Philippe de France, son seigneur suzerain 1. fes not Le roi Henri, le patriarche Héraclius et le maître de l'Hôpital pas@Suriage, | sèrent donc en Normandie, et célébrèrent à Rouen la fête de Pâques ins l'égli qui, cette année 1185, fut le 21me d'avril. Le roi de France, ayanthpe était appris l’arrivée du roi d'Angleterre, vint en diligence le trouver à Vaudreuil, près de Rouen, où ils conférèrent pendant trois jours, elle, San
3 Roger Hioveden Raduiphe de Diceto, Girald, Brompton. Baron . "n. 1185, dreine Co
[Liv. LAX. — ne 11e 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
as de Cantorbéri, Lepromirent d'envoyer à la terre sainte un grand secours, tant 1, et donna termeauxMihommes que d'argent. Comme le roi d'Angleterre avait permis à u premier dimancheMbus ses sujets de se croiser en cette occasion, il y eut plusieurs préde mars. his et plusieurs seigneurs qui le firent. Les plus remarquables entre le patriarche Héra-Mis prélats furent les deux nouveaux archevêques Baudouin de Canarons d’Angleterre.Murbéri et Gautier de Roüen. Mais ils ne se pressèrent pas de partir, et les seigneurs duitle patriarche de Jérusalem retourna en Palestine, sans rapporter sition des ambassa-Mrand effet de son voyage. | pos, queleroiallätenM Le roi de Jérusalem, Baudouin IV, mourut de la lèpre Ja même ieurât en Angleterre MRunée 1185, laissant pour successeur, son neveu Baudouin V, âgé glise. Quelqres-undé neuf ans, qui mourut l’année suivante 1186. Le bon pape Lusacre, et soutenaientitus III mourut, de son côté, à Vérone, le 24me de novembre 4185. Le lendemain, jour de son enterrement, il eut pour successeur le carinal Hubert Crivelli, archevêque de Milan, où il était né, et qui fut du d’une voix unanime par tous les cardinaux. Il prit le nom d'Urkin TT. 11 fit part de son élection à tous les évêques et prélats de la létienté, par une lettre datée de Vérone, le 12% de janvier 1186. L'empereur Frédéric reçut avec bienveillance les lettres pacitiques hnouveau Pape, et promit de protéger les domaines de l'Église. his ses actions ne répondirent guère à ses paroles. Il sembla même les pays, mais noudmenir à sa vieille prétention d’être le seul maître du monde, et de isait très-vrai : c'esiire servir l'Église à ce but de son ambition. Il maria le roi Henri, M fils, avec Constance, fille posthume de Roger, roi de Sicile, et Wie de Guillaume IL, qui régnait alors. Elle avait plus de trente-un , et Henri n’était que dans sa vingt-unième année. Comme le Wyaume de Sicile était un fief de l'Église romaine et que le Pape en uit seigneur suzerain, ce mariage ne devait pas se faire sans son sentiment. Non-seulement il se fit sans le Pape, mais contre le : il voyait@hpe et contre l’Église. Comme la princesse Constance était l'unique Kitière du roi Guillaume de Sicile, qui n'avait point d'enfants, ce Maume courait grand risque d’être réuni à l'empire. Cette concenlion de puissance menaçait tout à la iois et la liberté de l'Italie et kiberté de l'Église, de la: part d’une dynastie qui jusqu'alors avait umpris et respecté assez peu l'une et l’autre. On en vit bientôt des nes non équivoques. L'empereur Frédéric, dans la célébration du re de 1 i Iuriage, fit couronner son fils comme roi de Lombardie, à Milan, us l'église de Saint-Ambroise, le 27me de janvier 1186. Comme le i de France, ayantehipe était encore; archevêque de Milan, c'était à lui. de couronner le gence le trouver dune roi, ou du moins de désigner quelqu'un pour le faire à sa dant trois jours, eh, Sans qu'on l’eût même consulté, Frédéric fut couronné par tchevêque: de Vienne, le roi Henri par ie patriarche d’Aquiiée, et . Baron ,*n. 1185. rie Constance par un évêque allemand. Pour punir ces prélats
PRO Ed a
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426 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX, — De 116 1198 d
de leur oubli des règles et des convenances, le Pape les suspendit dé gnait qi leurs fonctions. esse M L'empereur Frédéric se permit quelque chose de plus significati pouilles encore. Depuis son couronnement à Milan; il fit prendre à son fi églis le titre de césar ou d'empereur ; ce qui était une innovation capitalistes : « dans la constitution de la chrétienté et dans les rapports de l'Église iles, d romaine avec l'empire d'Occident et même les autres empires o bréglés royaumes. Les empereurs d'Occident, nous l'avons vu dans le cour@Mires. 1 de cette histoire, étaient les défenseurs titulaires de l'Église romainé nant * contre les infidèles, les hérétiques, les schismatiques et les séditieux ul, le d Défendre l'Église romaine, voilà ce qu'ils promettaient avec sermen@yhevé à leur sacre. D’après cela, il était naturel que le chef de l'Église 08 Le ro maine, le Pape, choisit celui des princes chrétiens qu’elle devait avoi pour protecteur. Cette réflexion, l'historien Glaber, ainsi que nouBMiolence l'avons vu, là faisait déjà dans le onzième siècle. Il est un dé pre. Ce cret, dit-il, qui paraît très-convenable et très-raisonnable, excellenmand surtout pour maintenir la paix, à savoir : Aucun prince ne se périue. ] mettra de porter prématurément le sceptre dé l'empire romain, r iouta : ne pourra être ou s'appeler ernpereur, sinon celui que le Pape d l'Église romaine aura choisi pour la probité de:ses mœurs, comnMlbrs le propre à la république; et auquel il aura donné l’insigne de l’empire }s la 1 Lors donc que, contrairement à cette ancienne constitution de IR {rbain, chrétienté et à l'autorité du chef de l’Église universelle, l'empere wuper Frédéric, de sa seule autorité, déclare son fils empereur, n’était-dii li pas annoncer à l'empire et à l'Église que l’empereur d'Allemagnlli d était au-dessus des constitutions et des lois, qu’il était lui seul la14; em unique et vivante ? N’était-ce pas annoncer à l’Église que, désormairs de elle aurait en ‘lui “on plus un défenseur, mais un maître et un tyran tevéque N'était-ce pas annoncer à la terre entière que le Pontife romain, à Ques on. lieu-d’être le père commun, le pasteur universel, le médiateur i ke Trève partial des peuples et des rois, ne serait plus que le premier chapa emp lain de l’empereur teutonique ? En un mot, n’était-ce pas déclare Pipe rés à l'Église de Dieu une guerre plus funeste que celle que lui faisaier Wys voi les Mahométans ? Car c'était l’attaquer au dedans et dans son esseno Rome, c! même, MMinpe, ar Le pape Urbain III et l'empereur Frédéric eurent plusieurs confé kmande rences touchant les affaires que le pape Lucius avait laissées indéci;,, dev, ses. Mais, dans les dispositions où était l'empereur, ces conférencé kois, pe pouvaient diflicilement aplanir les difficultés. Le pape Urbain, 20, rai pour les droits de l'Église, comme il le devait en conscience, se pli, Pape
4 Glab., 1. 1, sub fin. Rvenus «
[Liv. LXX, — Dei 1198 de- l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 427
ape les suspendit dd gait que ce prince s'était emparé injustement des biens que la prinesse Mathilde avait donnés à l’Église romaine ; qu’il prenait les dée de plus significati puilles des évêques morts, en sorte que leurs successeurs, trouvant it prendre à son fils églises dénuées de tout, étaient réduits à faire des extorsions ine innovation capitalistes ; enfin, que l'empereur avait dissipé plusieurs monastères de s rapports de l'Églisdiles, dont il avait. pris les revenus, sous prétexte de ia conduite autres empires otréglée des abbesses, sans en mettre à leur place des plus réguons vu dans le cour@iires. L'empereur, de son côté, s’irrita fort de ce que le Pape, sous de l’Église romain@nant Volmar, élu'archevêque de Trèves, l'ordonna prêtre-cardiques et les séditiex du, le dernier de mai de cette année 1186, ét le lendemain le‘sacra ttaient avec sermenBrhevèque. L'empereur soutenait Rodolphe, compétiteur de Volmar. e chef de l'Église to Le roi Henri, que son père avait annoncé au Pape comme un:pros qu’elle devait avoiteur spécial: de l'Église romaine, ne contribua: pas peu; par-scs aber, ainsi que nouMiolences, à fomenter la division entre le Pape et l'ernpereur, son iècle. Il'est un dé pre. Car, étant encore en Lombardie; il'fit venir:un évêque, et lui aisonnable, excellenimanda’ de qui il avait reçu l'investiture. Du Pape, répondit l'éun priñice ne:se piri que. Le jeune roi lui fit trois fois la même question, ‘et l’évêque l'empire romain, disuta : Seigneur, je ne possède ni régales, ;ni ‘officiers; ‘ni cours celui que le Pape d nyales : c'est pourquoi j'ai reçu du Pape:le diocèse que je gouverne. "ses MŒUrS, COMM ir le roi le fit battre à coups de-poing par:ses gens, et traîner insigne de l'empire Sins la boue. Une autre fois; ayant rencontré un serviteur du'pape ne constitution de liitain, qui portait une grande somme d'argent, illa lui ôtaiet lui fit iverselle, l'empereu “uper le nez. Il faut avouer que c'étaient de singuliers: protecteurs empereur, n'était-Œi l'Église que ces rois teutons. * | npereur d'Allemagne Excédé de ces avanies et de plusieurs autres, le pape Urbain III il était lui seul lai l'empereur, menaçant de l'excommunier. Il avait pour lui pluglise que, désormai@ ire des principaux évêques d'Allemagne, savoir : Philippe, ara maître ét un tyran ieréque de Cologne, fort mécontent de ce qu'après la mort des évée Pontife romain, à ques on confisquait tous leurs meubles; Conrad de Mayence, Volmar le Trèves et douze évêques, dont le principal était Bertold de Metz. L'empereur Frédéric, étant de retour en Allemagne et voyant le Pipe résolu à le pousser, ferma tous les passages des Alpes et des MyS voisins, pour empêcher que personne n'allât à la cour de lome, ce qui obligea le Pape à établir son légat en Allemagne, Phiippe, archevêque de Cologne. L'empereur fit venir ce prélat et lui tmanda s'il lui serait fidèle. Le prélat répondit : Seigneur, vous l'en devez point douter, vous m'avez éprouvé assez souvent. Toukis, pour vous parler au nom de tous les évêques, si vous vouliez Wus traiter un peu plus doucement, nous vous serions plus dévoués. le Pape croit se plaindre avec raison, de ce qu’après la mort des Mitques on dépouille les églises, on enlève tous les meubles et les “enus de l’année courante, en sorte que le successeur ne trouve
était-ce pas déclaré celle que lui faisaie s et dans son essenc
rent plusieurs confé avait laissées indé eur, ces conférencé Le pape Urbain, zé \ conscience, se ple
428 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 118
rien. Si vous voulez nous faire justice sur ce point, nous serons le médiateurs entre vous et le Pape ; sinon, nous ne pouvons aban donner la vérité.
Dans une diète subséquente, mais où n’assista point l'archevêque n'
Philippe de Cologne, l'empereur déduisit aux évêques tous ses grief contre le Pape, et leur demanda leur avis sur ce sujet. Alors Conrad archevêque de Mayence, se leva et dit :.Cette affaire est importante et il ne nous appartient pas de terminer ce différend. Je suis d'avi que nous écrivions au Pape, pour l’exhorter à faire la paix et à vou rendre justice. Ce conseil fut suivi, et on écrivit une lettre au non de tous les évêques d’Allemagne, où ils exposent tous les griefs qu l'empereur avait articulés, et finissent par prier instamment le Pa de satisfaire à ces plaintes et de prendre confiance aux députés qu' lui envoient 1, Nous avons du pape Urbain III deux lettres sur cette affaire : l'un à l’empereur, l’autre à l'archevêque. Dans celle à l'empereur, qu’ appelle son très-cher fils, il rappelle avec quelle bienveillance | prince avait reçu ses premières lettres, et promis que son fils sera le défenseur spécial de l'Église romaine ; il montre par les faits com bien peu la suite avait répondu à ces beaux commencements ; répond aux plaintes de l’empereur avec beaucoup de modération de supériorité. Par exemple, l'empereur s'était plaint que le Pap
eût encouragé les Crémonais dans leur résistance. Nous nous el
étonnons d'autant plus, dit le Pontife, que nous nous attendions des actions de grâces. Les Crémonais sont venus nous trouver plu sieurs fois, nous suppliant humblement de vouloir bien les recevoi sous la protection du Siége apostolique. Quoique nous pussions |
faire en sûreté de conscience, puisque nous devons la faveur apoll
Stolique à tous ceux qui l’implorent dévotement, nous n'avons ce pendant pas admis leur demande, de peur qu'ils ne devinssent, en vers votre Excellence, plus insolents par notre faveur. Tout ce qu
nous avons recommandé à l’évêque de Crémone, c’est de travaille À de tous ses soins au rétablissement de la concorde. Le Pape répon®
de même aux autres griefs. Cette lettre, dont il ne paraît pas qu nous ayons la fin, ne porte aucune trace d'animosité, mais est tou à fait calme et modérée. La lettre à l'archevêque de Magdebourg es dans le même.sens et du même ton. Le Pape l'y engage à profite de l'occasion pour se porter médiateur de la paix 2.
Quant à l'issue de cette affaire, Arnold \ : uubeck dit que le Pape résolu d’excommunier l'empereur après les citations légitimes, all
. * Apud Radulph., de Diceto, — ? Apud Mansi, Concil., t, 22, p. 504-506, î
mis, il ju
hi Nazaré utis du d ubat.
llse rasse inirent tre pide n’hé tombre s’
uratori, /
[Liv. LXX, — Dei1g 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
int, nous serons 1.1 Vérone à Ferrare, où il fut prévenu par la mort. Deux autres Eine: pouvons aan Hstoriens, le chronographe Saxon et Gervais de Tibérie, assurent wsitivement qu un concordat fut négocié et signé entre l'empereur à point l'archey êqu M le du depuis que ce dernier fut venu à Ferrare 1, où il mourut êques tous ses grief {grue d octobre 1187. La cause de sa mort fut la douleur que lui sujet. Alors Conraj ausèrent les tristes nouvelles d'Orient. aire est importants Après la mort de Baudouin V, en 1186, Gui de Lusignan se fit srend. Je suis d'av mironner roi de Jérusalem par le crédit de sa femme Sibylle, hérire du royaume ; et, Poussant son ressentiment contre Raymond, t une lettre au no" d Tripoli, il voulut lui faire rendre compte de l’administra: t tous les griefs ss n des finances pendant sa régence : de quoi le comte, irrité, fit un nstamment le Pa ié particulier avec Saladin et se mit Sous sa protection. e aux députés qu [Quelque temps auparavant, Renaud de Châtillon, seigneur de Mc, continuant ses courses contre les Musulmans, enleva une r cette affaire : l'ind mode caravane qui passait d'Égypte en Arabie, et fit mettre aux à l'empereur, qu tous les Passagers, sans avoir égard à la trêve qui subsistait alors. lle bienveillance | idin, l'ayant appris, envoya demander la liberté de ces prisons que son fils serie" MenaÇant de traiter de même les Chrétiens qui passeraient re par les faits com ses terres. Renaud, suivant la coutume des templiers, dont sa commencements ; M était pleine, refusa de rendre les prisonniers, et s'emporta jusp de modération « l dire mille indignités contre Mahomet. Ce qui mit Saladin en plaint que le Par le colère, que, prenant Dieu à témoin de la perfidie de ses ennce. Nous nous el mis, il Jura sur-le-champ de leur faire la guerre de tout son pous nous attendions BF » déclara la trêve rompue, et fit vœu de tuer Renaud de sa main. : nous trouver plu hdin était alors maître de l'Égypte, de l’Arabie, de la Syrie et de Dir bien les recevoi Hésopotamie, et les places qui restaient aux Chrétiens se troue nous pussions | lent enfermées dans ses États. ons la faveur apol ladin entra donc sur les terres des Chrétiens en 1187, avec une , nous n’avons celle de plus de cinquante mille hommes. Une division, commandée ne devinssent, en 1" de ses fils, approchait de Nazareth, lorsque tout le peuple aveur. Tout ce qu Mpagnes accourut à la ville en criant : Voilà les Turcs ! voilà , c'est de travaillel Turcs ! Des crieurs publics parcouraient la cité en criant à haute le. Le Pape répond L: Hommes de Nazareth, armez-vous pour défendre la ville du ne paraît pas qui Nazaréen. Les templiers et les hospitaliers qui purent être sité, mais est tous du danger accoururent, couverts de leurs armes et prêts au de Magdebourg eut.
engage à profite lse rassembla ainsi jusqu’à cent trente chevaliers, auxquels se 2, mirent trois ou quatre cents hommes de pied. Cette troupe inck dit que le Pape pide n'hésita point à marcher au-devant des cavaliers turcs, dont ions légitimes, al@mbre s'élevait à sept mille. Les soldats de la croix se précipi-
t. 29, p. 504606, MN luratori, Annali d'Italia, an. 1181, y Le . É
430 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX,. — Des
tèrent les premiers au combat. Les chroniques du temps, en céé brant la bravoure des chevaliers chrétiens, ont raconté des prodige qu'on a peine à croire : elles s'arrêtent surtout à nous décrire] mort glorieuse:de Jacques de Maillé, maréchal du Temple. Cet in domptable défenseur du Christ, monté sur un cheval blanc, resta seul debout, et combattait parmi des monceaux de morts. Quoiqu' fût assailli de toutes parts, il refusait de se rendre. Le cheval qu’ montait, épuisé de fatigue, s’abattit et l'entraîna dans sa chute, Aw sitôt l’intrépide chevalier se relève, et, la lance à la main, couve de sang et de poussière, tout hérissé de flèches, se précipite dark les rangs ennemis ; enfin il tombe percé de coups et combat encore Les Musulmans le prirent pour saint Georges, que les Chrétie croyaient voir descendre du' ciel au milieu de leurs batailles. Apr sa mort, les Turcs s’approchèrent avec respect de son corps meur de mille blessures ; ils essuyaient son sang ; se partageaient les lan beaux de ses habits, les débris de ses armes, et même ses parti viriles, comme un talisman pour se donner de la bravoure, :
Le grand maître du Temple et deux de ses chevaliers échappère seuls au carnage. Ce combat eut lieu le premier jour de mai. To les Chrétiens furent dans l’affliction, Le roi de Jérusalem, qui avé le projet de faire la guerre au comte de Tripoli, ne songea plus q s’en rapprocher, et sentit le besoin d’agir par ses conseils ; de sm côté, Raymond jura d’oublier ses propres injures, et se rendit à J& rusalem. Gui de Lusignan vint au-devant de lui, et le reçut avec] témoignages d’une sincère affection. Les deux princes s’embrassère à la vue de tout le peuple, et promirent de combattre ensemble, j qu’à la mort, pour l'héritage du Christ.
L'armée de Saladin augmentait sans cesse ; elle était de quati vingt mille hommes quand il entra dans. Tibériade et assiégea la tadelle où s'était réfugiée la comtesse de Tripoli. L'armée chrétienr réunie en Galilée, dans la plaine de Séphoris, pour secourir la pla était de cinquante mille hommes ; pour faire ce nombre, on a dégarni toutes les places fortes. Le comte de Tripoli, à quirapp tenait Tibériade, disait qu’il valait mieux laisser perdre cette v que d'exposer l’armée chrétienne, unique espoir du royaume, à pé dans l’aride désert qui sénarait Tibériade de Séphoris. Bientôt Musulmans, en sortant de Tibériade, étant obligés de traverser et mêmes d’arides déserts, l’armée chrétienne, pourvue de vivres d’eau, pourrait les attaquer avec avantage, sans s’exposer elle-mé à une ruine totale. Ce conseil, combattu par d’auires, fut approl
1 Michaud, Croisad,, t. 2,
(Liv. LXX, — De 1180 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. »s du temps, en célélur le roi de Jérusalem, Gui de Lusi raconté des prodige@u" les instances particul ut à nous décrire Mrcusait le comte de trah l du Temple. Cet in | cheval blanc, restai x de morts. Quoiqu' ndre. Le cheval qu' a dans sa chute. Au
&nan. Mais pendant la nuit, ières que lui fit le mattre du Temple, qui
de Galilée, le dait l'avant-garde, fit dire au roi de se ce à la main, couve re les bords du lac. Lusignan répondit
es, se précipite du pendant les Turcs se précipitèrent tout ee et combat encor@i coup sur les derrières de l’armée, de telle manière que les tem-
s, que les Chrétiediiers et les hospitaliers, qui formaient l’arrière-garde, en furent tai batailles. Aprranlés. Alors le roi, n’osant plus, avancer et ne sachant plus que de son corps meurtre, donna l’ordre de planter les tentes. On l'entendi partageaient les lan@inps s’écrier : Hélas! hélas ! tout est
et même ses parti
la bravoure 1, :
hevaliers échappère er jour de mai, To » Jérusalem, qui ave , ne songea plus qui Le lendemain, au lever du jour, ses conseils ; de s@i offrir le combat à l'armée chréti res, et se rendit à JSBuit de traverser les défilés et de se
ii, et le reçut avec rit de l’eau, avec de la place pour combattre à l'épée. Quandtous rinces s’ernbrassèrdk corps furent rangés en bataille, les fantassins, au lieu de soutenir battre ensemble, ji cavaliers, se retirèrent sur une colline, disant qu'ils étaient acca-
i par la soif et n'avaient plus la force de combattre, Les frères du elle était de quat@nple et de l'Hôpital, et tous ceux de l'arrière-garde se battirent iade et assiégea la Soureusement ; mais, accablés par la multitude des Sarrasins, qui . L'armée chrétien@missait d'heure en heure, ils appelaient le roi à leur Secours, Mais our secourir la pa@ roi, voyant que les gens de pied. ne voulaient Pas revenir, et que
ce nombre, on av@i-même, par là, restait sans défense :contre les archers turcs, fit Tripoli, à quirapp êter, s’il se Pouvait, les charsser perdre cette v Jons quittèrent leurs rangs et r-du royaume, à pé confondus et mélés ensemble. Séphoris. Bientôt
Saladin sortit de Tibériade, et enne. L'important pour celle-ci rapprocher du lac, où l'on trou-
ut que le roi, les templiers, les igés de traverser eupitali ’armé nne ne présentaient plus qu’une pourvue de vivres nut qu'une nuée de Barbares se s s'exposer elle-mé e trouvait séparé des autres corps, l’auires, fut approi
es rangs ennemis, et se retira avec moment il arrivait des milliers de Chrétiens avec leurs flèches. L'évêque
" avant-garde. De moment en pssins qui accabiaient les
432 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXX. — De 114;
d’Acre ou d'Accon, qui portait la croix du Sauveur, reçut une bles sure mortelle, et laissa le bois sacré à l'évêque de Lydda. Alors les gens de pied, qui avaient fui sur la colline, virent s’avancer contre eux les Sarrasins, et furent tous tués ou faits prisonniers. Balian de Naplouse et ceux qui purent échapper à la mort passèrent, pou s'enfuir, sur un pont de cadavres. Toute l’armée des Turcs accouru au lieu où se trouvaient le bois de la vraie croix et le roi de Jérusa lem. La croix fut prise avec l’évêque de Lydda et tous ceux qui le défendaient ; le roi, son frère Geoffroi de Lusignan et le marquis dé Montferrat, tombèrent entre les mains de l'ennemi ; tous les templiers et hospitaliers furent tués ou faits prisonniers. Ainsi Dieu humil son peuple, et versa sur lui jusqu’à la lie le calice de sa colère.
Tel est le récit abrégé d’un pèlerin, Raoul Gogueshale, qui assis tait à cette bataille, et fut témoin des derniers malheurs du peupl chrétien. Sa narration est confirmée par celle des auteurs arabes
Saladin fit dresser au milieu de son camp une tente où il reçut roi de Jérusalem et les principaux chefs de l’armée chrétienne, qu la victoire venait de mettre entre ses mains. Il traita le roi avec bonté et lui fit servir une boisson rafraîchie dans la neige. Comme le mo narque, après avoir, bu, présentait la coupe à Renaud de Châtillon qui se trouvait près de lui, le sultan l’arrêta et lui dit : Cetrattren doit point boire en ma présence, car je ne veux pas lui faire grâce S’adressant ensuite à Renaud, il lui fit les reproches les plus san glants sur la violation des traités, et le menaça de la mort, s’il n'en brassait la religion du prophète qu’il avait outragé. Renaud réponi avec fermeté qu'il voulait mourir Chrétien, et ne témoigna que d mépris, tant pour les offres avantageuses que lui faisait le sultan que pour les tourments dont il le menaçait. Alors Saladin, se levar en colère, le frappa de son sabre. Des soldats musulmans, au sign de leur maitre, se jetèrent sur le prisonnier désarmé, et la tête d martyr alla tomber aux pieds du roi de Jérusalem.
Le lendemain, le sultan fit amener les chevaliers du Temple et d Saint-Jean, qui se trouvaient au nombre des prisonniers, et dit, e les voyant passer devant lui : Je veux délivrer la terre de ces de races immondes. Il fit grâce au grand maître des templiers, sar doute parce que ses conseils imprudents avaient livré l’armée chré tienne aux coups des Musulmans. Un grand nombre d’émirs, de do teurs de la loi entouraient le trône de Saladin; le sultan permit chacun d’eux de tuer un chevalier chrétien. Quelques-uns s'y ref sèrent ; mais les autres massacrèrent sans pitié des chevaliers co verts de chaînes, tandis que Saladin, assis sur son trône, applaudif sait à cette horrible exécution. Les chevaliers recurent avec joie
eTyr,
D 'Michaud,
XVI
(Liv. LXX. — De 1181111198 de l'ère chr.] 133 veur, reçut une bles-Muime du martyre ; la aient la mort ; de Lydda. Alors les)usieurs d’entre eux, oint aux ordres rent s’avancer contre nilitaires, criaient à ha i ‘ i risonniers. Balian de nort passèrent, pou
DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, plupart des prisonniers désir
mettre à profit sa victoire. Maître de a et tous ceux qui Id citadelle de Tibériade, il envoya la femme de Ra nan et le marquis dd bientôt la ville de Ptoléma
ïs le vit devant ses rem ni ; tous les templier jkine de Marchands, ne résista que deux jours.
. Ainsi Dieu humili@éait son armée ouvrit au sultan les portes de N ce de sa colère. k Ramla et d’un grand nombre d'autres villes ogueshale, qui assis@hns habitants. Les villes de Césarée, d’Arsur, malheurs du peupl@itrent le sort de Ptolémaïs, et virent flotte
» des auteurs arabesndards jaunes de Saladin. Sur! les seules villes
Chrétiens.
‘mée chrétienne, qu None aita le roi avec bonté C'é Ieige. Comme le mo : So
lui dit : Cetrattren x pas lui faire grâce
de gloire, il voulut roches les plus san
prit la croix et s'embarqua pour la de la mort, s’il n'en ie, en 41486, avec plusieurs chevaliers ; Mais, ayant été poussé
gé. Renaud réponde es rives du Bosphore, il fut accueilli à Constantinople par l’emne témoigna que dur Isaac l'Ange, et y dissipa une sédition qui menaçait le trône Jui faisait le sultampérial, et tua, sur le champ de bataille, le chef des rebelles, La rs Saladin, se levanur de l'empereur et le titre de césar furent le prix de son courage rusulmans, au sign de ses services. Conrad, peu touché de tous ces honneurs, résolut sarmé, et la tête diler en Palestine chercher de nouvelles aventures. 11 fit équiper ani, | vaisseau, abandonna sa femme et l’empereur grec et fit voile ers du Temple et dur les côtes de Syrie. H arriva dans le port de Tyr au moment où risonniers, et dit, EE hibitants ‘se disposaient à rendre la ville à Saladin. Conrad rala terre de ces deulna leur Courage, se mit à leur tête et les força, par ses prières et des templiers, sadrtout Par Son exemple, à résister aux infidèles. Saladin lui promit
t livré l’armée ch hi rendre son père et de lui donner de riches p bre d'émirs, de dore, s'il lui ouvrait les p
; le sultan permit BSñire placer le vieux m
elques-uns s’y refuimans, et de ?
des chevaliers cour fierté qu'il mé
on trône, applaudik
"ecurent avec joie Eiuasa à 2.
XVI
ossessions en ortes de Tyr. Il le menaça en même temps arquis de Montferrat devant les rangs des exposer aux traits des assiégés. Conrad répondit prisait les présents des infidèles, que la vie de son
134 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LAX. = Des père lui était moins chère que la cause des Chrétiens. Il ajouta q
rien n’arrêterait ses coups, et que, si les Musulmans étaient asse
barbares pour faire mourir un vieillard qui s'était rendu sur sa p role, lui se ferait gloire de descendre d’un martyr. Commandée p un pareil héros, la ville se défendit avec opiniâtreté; et Saladi obligé deux fois de lever le siége, finit par y renoncer, Quel temps après, le brave Conrad obtint la liberté de son père, qui f échangé contre un chef des Musulmans pris par les Tyriens. Ascalon présentait à Saladin une conquête plus importante, @ assurant ses communications avec l'Égypte. Cette ville fut assiég par les Musulmans ; mais elle opposa d'abord à Saladin une rési tance qu’il ne prévoyait point. Quand la brèche fut ouverte, le s tan leur fit proposer la paix ; les habitants renvoyèrent les dépu sans les entendre. Le roi de Jérusalem, que Saladin conduisait av lui en triomphe, engagea lui-même les défenseurs d’Ascalon à pas comprornettre le sort de leurs familles et celui des Chrétiens p une défense inutile. Alors les principaux d’entre eux vinrent dans tente du sultan :' Ce n'est point: pour nous, lui dirent-ils, que no venons vous implorer, mais pour nos femmes et nos enfants. ( nous importe une vie périssable ? Nous désirons un bien plus solic et c’est la mort qui doit nous le procurer. Dieu seul, maitre d
événements, vous a donné la victoire sur les malheureux Chrétien
mais vous n’entrerez point dans Ascalon, si. vous ne prenez pitié nos familles, et si vous ne promettez de rendre la liberté au roi Jérusalem.
Telles furent les paroles de ces généreux Chrétiens. Certes, si prospérité les avait amollis, on ne peut que bénir une adversité 0 leur inspira de si héroïques sentiments; car ils font plus d'honne à la nature humaine que cent mille batailles gagnées. Saladin | mêmeen fut touché, et accepta les conditions. Un pareil dévouemé méritait de racheter un prince plus habile.et plus digne de l’amo de ses sujets que Gui de Lusignan. Au reste, Saladin ne consentit briser les fers du monarque captif qu'après le délai d’une année.
Après avoir pris Gaza et plusieurs forteresses du voisinage, Sa din rassembla son armée et marcha vers Jérusalem. Une reine pleurs, les enfants des guerriers morts à la bataille de Tibériat quelques soldats fugitifs, quelques pèlerins venus de l'Occid étaient les seuls gardiens du saint . ‘pulcre. Un grand nombre familles chrétiennes, qui avaient quitté les provinces dévastées de Palestine, remplissaient la capitale, et, bien loin d'apporter du cours, ne faisaient qu’augmenter le trouble et la consternation régnaient dans la ville.
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(Liv. LXX. — De 11981108 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 135 hrétiens. Il ajouta q Lorsque Saladin s'approcha de la cité sainte, il fit venir auprès de isulmans étaient ass les principaux des habitants, et leur dit : Je sais, comme vous “était rendu sur sa pa Jérusalem est Ia maison de Dieu ; je ne veux point la profaner artyr. Commandée pi l'effusion du sang ;
abandonnez ses murailles, et je vous livrerei piniâtreté ; et Saladi@ie partie de mes trés
ors, je vous donnerai autant de terres que y renoncer, Quels pourrez en cultiver, — Nous ne Pouvons, lui répondirent-ils,
té de son père, qui f otre Dieu est mort ; NOUS pouvons encore ar les Tyriens. ons vous la vendre, — Saladin
» irrité de leur refus, jura sur J'AI.
te plus importante, San de renverser les tours et les remparts de Jérusalem, et de Cette ville fut assiég@hger la mort des Musulmans égorgés, par les compagnons et les d à Saladin une rési@iats de Godefroi de Bouillon, che fut ouverte, le sul {ependant les habitants, encouragés par le clergé, se préparaient envoyèrent les déput@ifendre la ville ; ils avaient choisi Pour leur chef aladin conduisait a @i s'était trouvé à la bataille de Tibériade. nseurs d’Ascalon à i celui des Chrétiens p tre eux vinrent dans ui dirent-ils, que no s et nos enfants. (
Dieu seul, maitre d nalheureux Chrétien de ous ne prenez pitié re la liberté au roi
hrétiens. Certes, si énir une adversité
mn minés par les Musulmans,
gagnées. Sala In | gnal d’un assaut général.
Un pareil Héron bitants, qui ne trouvèrent
ah oi et des prières. Les soldats adin
délai d’une année, es du voisinage, Sa usalem. Une reine
ux armes ; la promesse de
Ipièces d'or ne pouvait les retenir pendant une nuit sur les rem-
smenacés. Le clergé faisait des Processions dans les rues pour —. AUUer la protection du ciel. Les uns se frappaient la poitrine aver bataille de Tibériat Pierres ; les autres se déchiraient le Corps avec des cilices, en venus de l'OccidŒut: Yisériconde On n’entendait que gémissements dans Jéru- Un grand nombre. hais notre sir Jésus-Christ, dit une vieille chronique, ne Les vinces dévastées dé; or. car la luvure et l'impureté qui en la C'isté esloient ne oin d'apporter du Wient monter Oraison ni prière devant Dieu.
t la consternation Qi milieu du trouble et de l'agitation générale,
ét on découvrit que œ tréliens grecs, Sÿriens et melchites,
qui supportaient avec
136 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX, — Doi;
peine l'autorité des Latins, avaient formé le complot de livrer Jé salem aux Musulmans ; cette découverte redoubla les alarmes, détermina les principaux de la ville à demander une capitulatio Saladin. Accompagnés de Baléan d'Ibelin, ils vinrent proposer sultan de lui rendre la place aux conditions qu'il avait lui-mé imposées avant le siége; mais Saladin se rappela qu'il avait fai serment de prendre la ville d’assaut et de passer au fil de l’épéeto les habitants. Il renvoya les députés sans leur donner aucune esr rance. Baléan d'Ibelin revint plusieurs fois, renouvela ses suppli tions et ses prières, et trouva toujours Saladin inexorable. Une d nière fois, pour toute réponse, le sultan lui montra ses étendards « flottaient déjà sur les murailles, et dit : Comment voulez-vous « j’accorde des conditions pour une ville prise ?
Les Musulmans étaient effectivement sur les murailles de Jéru lem ; mais ils furent repoussés. Alors Baléan dit à Saladin : Vo voyez que Jérusalem ne manque pas de défenseurs ; si nous ne po vons obtenir de vous aucune miséricorde, nous prendrons une rés lution terrible, et les excès de notre désespoir vous rempliront d pouvante. Ces temples et ces palais que vous voulez conquérir ser renversés de fond en comble; toutes nos richesses, qui exci l'ambition et l'avidité des Sarrasins, deviendront la proie des fl mes. Nous détruirons la mosquée d'Omar ; la pierre mystérieuse Jacob, objet de votre culte, sera brisée et mise en poussière. Jéru lem renferme cinq mille prisonniers musulmans; ils périront 1 par le glaive. Nous égorgerons de nos propres mains nos femm nos enfants, et nous leur épargnerons ainsi la honte de devenir esclaves. Quand la ville sainte ne sera plus qu’un amas de ruines, vaste tombeau, nous en sortirons le fer et la flamme à la main, À cun de nous n'ira en paradis sans avoir envoyé en enfer dix Mu mans. Nous obtiendrons ainsi un trépas glorieux, et nous mour en appelant sur vous la malédiction du Dieu de Jérusalem.
Effrayé de ces menaces, Saladin invita les députés à reveni jour suivant. Il consulta les docteurs de la loi musulmane, qui d dèrent qu’il pouvait accepter la capitulation proposée par les a gés, sans violer son serment. Les conditions furent signées le len main, dans la tente du sultan. Ainsi Jérusalem retomba au pou des infidèles, après avoir été quatre-vingt-huit ans sous la domi tion des Chrétiens. Le siége avait commencé le 20 septembre 118 la prise eut lieu treize jours après, et non vingt-trois, savoir: le30 bre, le samedi, et non le vendredi. C’est ce quedit expressémentu moin oculaire, Raoul, abbé cistercien de Cogueshale, en Angleter
AMartène, Vefer, Script, t,5,p. 57.
198 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
Le vainqueur accorda la vie aux habitants, et er leur liberté. La rançon fut fixée à dix nmes, à cinq pour les femmes, à deux pour pouvaient se racheter devaient rester dans riers qui se trouvaient à Jérusalem lors de la permission de se retirer à Tyr ou à Tr rent assez favorables à ceux qui avaient sle pauvre peuple, qui n'avait pas d'arg ait réduit à devenir l’esclave des inf nsalem de cris lamentables et de plai ‘morts au pied du saint sépulcre,
Enfin arriva le jour fatal où les Chrétiens devaient s'éloigner de salem. On ferma toutes les portes de la ville, excepté celle de id. Saladin, élevé sur un trône, vit passer devant lui un peuple lé. Le patriarche, suivi du clergé, emportait tous les ornements seurs ; Si nous ne po on église, l’argenterie du saint sépulcre , les lames d’or et d’ars prendrons une ré dont il était couvert, et plus de deux cent mille écus d’or. La r vous rempliront d& de Jérusalem, accompagnée des principaux barons et chevaliers, uit ensuite. Saladin respecta sa douleur, et lui adressa des paroles nes de bonté, Cette princesse était suivie d'un grand nombre de mes qui portaient leurs enfants dans leurs bras et qui faisaient mdre des cris déchirants. Leurs pères, leurs frères, leurs époux, n fils, avaient été tués ou faits prisonniers à la bataille-de Tibék. Saladin eut pitié d'elles ; il rendit aux mères leurs enfants, ‘épouses leurs maris, qui se trouvaient parmi les captifs. Plusieurs ‘iens avaient abandonné leurs meubles et leurs effets les plus ieux, et portaient sur leurs épaules, les uns leurs parents affaiblis l'âge, les autres leurs amis intirmes et malades. Touché de ce icle, Saladin récompensa par ses aumônes la vertu et la piété Ks ennemis ; prenant pitié de toutes les infortunes, il permit aux jitaliers de rester dans la ville pour soigner les pèlerins et ceux des maladies graves empêchaient de sortir de Jérusalem. Et,
musulmane, qui dy honorable pour le christianisme, cette générosité de Saladin est
proposée par les 2%; avec plus d'éclat par les auteurs chrétiens que par les histoarent signées le len@S arabes.
m retomba au pou t ans sous la domi > 20 septembre 118 -trois, savoir: le3 0 lit expressémentu eshale, en Angleter
leur permit de rapièces d'or pour les les enfants. Ceux qui l'esclavage, Tous les la capitulation obtinipoli, Ces conditions de quoi se racheter ; ent, et qui, pour cela, se dèles, remplissait les rues de ntes ; ils regrettaient de n’être
omplot de livrer Jé loubla les alarmes, der une capitulatio s vinrent proposer
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pierre mystérieuse en poussière. Jéru ans; ils périront t( es mains nos femm honte de devenir un amas de ruines, lamme à la main, / é en enfer dix Mu ux, et nous mourr le Jérusalem.
députés à reveni
brsque les Turcs avaient commenté le siége, Jérusalem renferl plus de cent mille Chrétiens. La multitude de ceux qui s'y étaient giés était si grande, que, ne trouvant plus de place dans les mais ils se logeaient dans les rues. Le plus grand nombre d’entre trachetèrent leur liberté. Baléan d'Ibelin, avec l'argent destiné dépenses du siége, donna trente mille pièces d’or pour la ranne dix-huit mille pauvres. Melek-Adhel, frère de Saladin, paya
438 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — Des
la rançon de deux mille captifs ; Saladin suivit son exemple, en br sant les fers d’une grande quantité de pauvres et d’orphelins, Cepe
dant il resta encore dans l'esclavage seize mille Chrétiens, parmi les
quels se trouvaient quatre à cinq mille enfants en bas âge, qui sentaient point leur infortune, mais dont les fidèles déploraient d'a tant plus le sort, que ces innocentes victimes de la guerre allaie être élevées dans l’impiété de Mahomet.
Généralement, dans cette triste circonstance, tout le monde se honneur, excepté l’indigne patriarche Héraclius. Dans des calamit
semblables, saint Ambroise, saint Césaire, saint Jean l’Aumôni vendaient jusqu'aux calices des églises pour racheter les captifs. Ave
les deux cent mille écus d’or qu’il emportait, que dis-je? avec |
moitié de cettesomme, Héraclius aurait pu racheter tout son pauy peuple, particulièrement les petits enfants; mais non, après ava corrompu son troupeau par le scandale de ses mœurs, par le scar dale de sa concubine et de ses bâtards, il l’abandonne par avarice l'esclavage et à la séduction des infidèles. Cependant, c'est dans
lieux mêmes où le Sauveur a dit : Malheur à celui par qui le scanda arrive ! Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en mo il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendit une meule de moulin cou et qu'on le précipitât au fond de Ia mer !; cependant, c’est àJ rusalem, c'est en parlant de sa ruine et de.celle du monde, que Sauveur a promulgué d'avance la senience qu’il prononcera au de
nier jour : Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu éternel : ci
j'ai été nu, et vous ne m'avez point revêtu; j'ai été sans asile, etvo ne m'avez point recueilli. En vérité, je vous le déclare, chaque f que vous n'avez pas fait ceci à un des miens, c’est à moi-mé que vous ne l'avez pas fait ?. Ainsi donc, honte au dernier patriare de Jérusalem, honte éternelle, non point au pasteur, mais au lo corrupteur et rapace ! Que ton argent périsse avec toi !
Aussitôt que les Chrétiens d'Occident furent sortis de Jérusaler les Musulmans jetèrent de grands cris et donnèrent toutes les marq d'une extrême joie. Ils commencèrent par abattre les croix élevé par les premiers croisés en plusieurs quartiers de la ville. La pl remarquable était une grande croix de cuivre doré, posée sur dôme de l’église des Templiers. En la voyant abattre, les Chrétie d'Orient, Grecs, Syriens et Melchites, demeurés dans la ville, nep rentretenir leurs larmes. Saladin l’envoya depuis au calife de Bagd qui la reçut comme un hommage rendu au successeur du fa prophète ; la fit trainer dans les rues, fouler aux pieds, couvrir
* Matth., 18,7, — ? Ibid,, 25, 35.
1198 de
(Liv. LXX. — Dei t98 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 439
son exemple, en brique, et enfin enterrer au lieu où l’on portait les immondices de ia et d'orphelins. Ceperiile. Saladin fit briser les cloches de toutes les églises de Jérusalem. Chrétiens, parmi 1euant à l’église patriarcale, qui avait été la grande mosquée bâtie s en bas âge, qui ni place du temple de Salomon, après en avoir Ôté toutes les marlèles déploraient d'ades du christianisme, il la fit laver d’eau de rose par dedans et par de la guerre allaitors, avant que d'y entrer, et y rétablit le service de sa religion le ndredi suivant. Il y fit placer une chaire magnifique, que Noured- >, tout le monde se fn avait commencée autrefois dans Alep, et à laquelle ce prince tras. Dans des calamit@ilait souvent de ses mains, ayant fait vœu de la mettre dans l’é- Aumônidiie de Jérusalem » quand il en aurait chassé les Chrétiens, heter les captifs. Avdspérait. Saladin exécuta donc ce vœu.
, que dis-je? avec ME Toutes les autres églises furent aussi changées en mosquées, cheter tout son pauvittepté celle du Saint-Sépulcre, que les Chrétiens de Syrie rachenais non, après avolient. Dans les autres, on contraignit les esclaves chrétiens à effamœurs, par le scutirles images et les peintures dont elles étaient ornées, à en laver ndonne par avarice@ murailles et frotter le pavé par un pénible travail. Saladin rétaendant, c’est dans ci à Jérusalem les colléges fondés autrefois par les califes et les ui par qui le scandalans, ses prédécesseurs, et y fit recommencer 1
s qui croient en mdbiits de théologie et de jurisprudence musulmanes. > meule de moulin 4 duelques zélés Musulmans lui conseillèrent de ruiner l'église du cependant, c’est à J@nt-Sépulcre et toutes les autres des lieux saints, par le du monde, que fn les laissant on favoriserait l’idolâtrie des il prononcera au dés font au Messie en honorant les marques d Z au feu éternel : isulmans croient que ce ne fut pas Jésus qui fut crucifié, mais Judas été sans asile, et vodia place; ils ajoutaient qu’en ôtant aux Chrétiens cet objet de leur e déclare, chaque fdrtion on leur ôterait le prétexte de leurs croisades. Mais d’au- , c'est à moi-ménis, plus habiles, jugèrent plus convenable d’épargner ce monuau dernier patriarc@Bnt religieux, parce que ce n’était pas l’église, mais le Calvaire et asteur, mais au lofombeau qui excitaient la dévotion des Chrétiens, et que, lors vec toi ! ime que la terre eût été jointe au ciel » les nations chrétiennes sortis de Jérusale@raient pas cessé d'affluer à Jérusalem. Ils firent observer que nt toutes les marquiund le calife Omar, dans le premier siècle de l’islamisme, se rendit tre les croix élev@ite de la ville sainte, il permit aux Chrétiens d'y demeurer et de la ville. La pliecta l'église du Saint-Sépulcre. Ils ajoutèrent que, les lieux saints doré, posée sur Bt ruinés, la ville de Jérusalem souffrirait un grand préjudice par abattre, les ChréticWSiiminution ou la cessation des pèlerinages, d’où venait toute sa s dans la ville, ne pese ; enfin, que celte injure qu’on voulait faire aux Chrétiens s au calife de Bagda)ccident ne serait pas moins sensible à ceux d'Orient, qu'elle poursuccesseur, du hi exciter à la révolte et à se joindre aux autres pour l'intérêt comux pieds, couvrir Su de la religion. Saladin se rendit à ces raisons, et permit, comme mravant, de visiter les saints lieux, pourvu que l'on y vint sans
rues et que l’on payât certains droits.
comme
es exercices pu-
la raison Chrétiens et l’injure e sa passion; car les
440 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De {18
C'est ainsi que Jérusalem retomba sous la puissance des infidèles j après avoir été sous celle des Chrétiens d'Occident pendant quatre.-M vingt-huit ans. Ils furent les seuls qui en sortirent ; car les Chrétien de Syrie, de Géorgie, d'Arménie et les Grecs continuèrent à Y deonque meurer. La reine Sibylle et le patriarche Héraclius se retirèrent Ai time 1. Antioche, avec les templiers, les hospitaliers et quantité de peuple Minaux | Plusieurs autres se retirèrent à Tripoli, où le comte et ses gens leuMilices ; ôtèrent ce que les Sarrasins leur avaient laissé ; de quoi une femme Mires € dépouillée de tout, entra dans un tel désespoir que, n’ayant plus déllbrre sai quoi nourrir son enfant, elle le jeta à la mer. Le comte mourut pes pren de temps après, également détesté des Chrétiens et des Musulmans ins 2. Quelques-uns de ces Chrétiens, chassés de Jérusalem, passèrent #4 Comm Alexandrie, où les Musulmans eux-mêmes eurent compassion d'eux & kcès du et de là en Sicile, où le roi Guillaume le Bon prit le deuil et le cilicé btenu à à la nouvelle de ces désastres. Il ne resta aux Latins, en Orient, quil trois places considérables, Antioche, Tyr et Tripoli.
Le pape Urbain III venait de conclure avec l'empereur Frédéri@Miressée une paix et un concordat qui paraissaient pour la gloire de Dieu ei de l'Église romaine; il venait de faire ses adieux aux habitants dé Vérone, et se rendait à Ferrare, lorsqu'il apprit les fâcheuses nouvelle® d'Orient, les désastres de la bataille de Tibériade, la perte inévitable peut-être déjà consommée, de Jérusalem. Le bon Pape, qui déjà était consumé de vieillesse, tomba malade de douleur, et mourut l@ 19% d'octobre 1187, après avoir tenu le Saint-Siége un an et pri de onze mois. Il fut enterré le lendemain dans l’église cathédrale dite lett: Ferrare ; et, le 21% du même mois, on élut Pape, d’une voix una@æielque nime, le cardinal Albert, natif de Bénévent et chancelier de l'Éelis@lur Fréd romaine. Il fut nommé Grégoire VII et sacré le dimanche 25m, ] llres, m était savant et éloquent, d’une vie pure et austère et d'un grandäussade e zèle ; mais il ne tint le Saint-Siége qu'environ deux mois. eosolide:
Dans ce peu de temps, il fit tout ce qui fut possible pour animebir. Le p: les fidèles au recouvrement de la terre sainte, comme on le voit palit cordial une grande lettre donnée à Ferrare le 29me d’octobre, où il les exhort@iit 29mc de à apaiser la colère de Dieu par la pénitence ét les bonnes œuvres vos let et promet à ceux qui feront le voyage les mêmes grâces que ses préfiluable dé décesseurs, c'est-à-dire l’indulgence plénière de leurs péchés et us l'air d protection de l'Église pour leurs biens temporels. Par une autre lettr@int poin de la même date, il marque en particulier la pénitence que l'on doïftune prir faire sur ce sujet. Nous ordonnons, dit-il, par le conseil de nos fréfiitrme qu’ res, c’est-à-dire des cardinaux, et avec l'approbation de plusieur évêques, que tous les fidèles, pendant cinq ans, jeûnent au moin#éf, Labbe, t, les vendredis comme en carême, et que la messe ne se dise qu'à nonell 636, — s
bs affaire
iissions gant Sa Le mê tèques €
(Liv. LXX. — Dei; 11198 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 411 sance des infidèles MBrous ceux qui se portent bien s’abstiendront de manger de la chair
ent pendant quatre}, mercredi et le samedi; pour nous et nos frères, nous nous en
1 ; car les Chrétiendstiendrons encore le lundi avec nos domestiques ; et quiconque y ontinuèrent à y del Auuquera sera traité comme s’il avait rompu l'abstinence du calius se retirèrent MBime 1. Un auteur du temps, Roger de Hoveden, ajoute que les car- Miraux promirent entre eux de renoncer à toutes les richesses et les MAlices ; de ne plus recevoir aucuns présents de ceux qui avaient des Miires en cour de Rome ; de ne point monter à cheval tant que la que, n'ayant plus ddliyrre sainte serait au pouvoir des infidèles, mais de se croiser tous, k premiers, et d'aller, demandant l'aumône, à la tête des pèle-
et des Musulmans; 2, usalem, passèrent M Comme, selon les règles du droit, les commissions cessent par le compassion d'eux #M}cès du commettant, le pape Grégoire craignit que ceux qui avaient t le deuil et le cilic@itenu à grands frais des letires du pape Urbain, pour faire juger tins, en Orient, qu affaires sur les lieux, ne fussent obligés d’en obtenir de nouvelles. oli. est pourquoi, deux jours après son sacre, il fit expédier une lettre ressée à tous les prélats de l'Église, pour valider toutes les com-
iissions de cette nature, accordées par son prédécesseur trois mois x aux habitants d@ynt sa mort 3.
A Le même jour, 27me d'octobre, il écrivit une lettre à tous les , la perte inévitablel fèques et prélats d'Allemagne, pour leur notifier son élection, leur Jon Pape, qui déjlommander d'être toujours bien unis et fidèles à l’Église romaine, uleur, et mourut | M d'exhorter son très-cher fils, l’empereur Frédéric, les princes et Siége un an et prè Put le peuple d'Allemagne à venir au secours de l'Église d'Orient. glise cathédrale d@Mttte lettre respire une humilité et une modestie toutes cordialesé. e, d'une voix unaBuelque temps après, le nouveau Pape reçut de la part de l’empeancelier de l'Églis@ur Frédéric et de son fils, le roi Henri, des ambassadeurs et des dimanche 25e, (hires, mais adressées au pape Urbain, son prédécesseur. Cette amère et d'un grand@hssade et ces lettres étaient dans un sens tout pacifique et pour ux mois. solider la bonne intelligence qui avait déjà commencé à se rétassible pour animeflir. Le pape Grégoire répondit dans le même sens, avec beaucoup mme on le voit pal cordialité, aux deux princes, par deux lettres datées de Parme, re, où il les exhort@iit 29me de novembre. Cependant, dit-il à Frédéric, avant l’arrivée es bonnes œuvres vos lettres touchant notre promotion, nous n'avons pas jugé con grâces que ses préfirible de traiter de cette affaire avec vos ambassadeurs, pour n'avoir
* leurs péchés et IBM l'air de chercher la faveur impériale d'une manière qui ne con-
int point au sacerdoce, Dans sa lettre au roi Henri, il donne à ce itence que l'on doilftune prince le titre d'empereur élu ; c'était peut-être le moyen conseil de nos frère qu’on avait trouvé pour concilier et les droits de i Eglise ro-
. (Labbe, t, 10, et Mansi, 1. 22. Greg. Viii, epist, i et 2. — ? Roger Hoveden, e se dise qu’à DONC 636, — 5 Episi, 9, — + Mansi, t. 22, p. 531-533.
442 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 1:81
maine et l’honneur de Frédéric, qui avait donné prématurément Je titre d'empereur à son fils 1,
Il y avait une ancienne inimitié entre les Pisans et les Génois, dont les villes étaient alors très-riches et très-puissantes par terre et par À mer. L'excellent pape Grégoire entreprit de les réconcilier, afin de À les faire agir ensemble pour le recouvrement de la terre sainte, M Pour cet effet, il se rendit à Pise, où il fut reçu avec grand honneur, ; le neuvième jour de décembre. Y ayant fait venir les premiers d’entre les Génois, il parla aux uns et aux autres avec tant de sagesse, qu'ils M commençaient à s’adoucir ; et la paix était en bon chemin, quand M ce Pontife, si digne de vivre longtemps, fut pris de la fièvre et mou- à rut le 16me du même mois, n'ayant occupé le Saint-Siége qu'un mois et vingt-sept jours 2. Trois jours après, c’est-à-dire le 49me de dé- 5 cembre 1187, on élut à Pise, pour lui succéder, Paul, ou Paulin, à Romain de naissance, cardinal-évêque de Palestrine, qui fut nommé À Clément III, et couronné le lendemain dimanche, 28me de décembre.
ILtint le Saint-Siége trois anset trois mois.
Aussitôt après son couronnement, il envoya des députés aux Ro- M mains, ses compatriotes, pour établir avec eux une paix solide, à L'occasion de la discorde était la ville de Tusculum, à dix, milles ou M trois lieues de Rome, appartenant au Pape, à laquelle les Romains À faisaient une guerre implacable pour se la soumettre : ce qui causaune À cruelle division entre eux et le Pape, depuis letemps d'Alexandre Il, À Les députés de Clément, étant arrivés à Rome, exhortèrent les Romains à le recevoir comme leur père et à se réunir à lui. Nous le ; souhaitons plus que lui, répondirent-ils, à condition toutefois qu'il à nous aidera à réparer ia perte et la honte que nous avons essuyées à M l’occasion de la guerre de Tusculum, et qu’il fera marcher ses trou- : pes, s’il est besoin, contre cette ville, en cas que nous ne puissions M pas faire avec elle une paix honorable ; enfin, qu’il nous la livrera, :
s’il en est un jour le maître, pour en disposer à notre volonté.
À ces conditions fut fait le traité, où le sénat et le peuple romains, 4 adressant la parole au Pape, disent en substance : Nous vous ren- M dons, ès à présent, le sénat, la ville et la monnaie. Nous vous ren- 1 dons quitte l’église de Saint-Pierre et les autres, qui étaient engagées À pour la guerre, à condition que vous céderez au sénat le tiers de ka Umonnaie, sur quoi l'on déchargera tous les ans une partie de la
les sél leurs « aux A
De ygard dans s truire, tombe nierez | nie et € ville, < ous € votre © neront, bi. Si v lsiront accoutu
somme pour laquelle les églises étaient engagées, jusqu'à ce qu'elle #4
soit entièrement acquittée, et dont les intérêts diminueront à pro- 4 portion du principal. Nous vous jurerons fidélité tous les ans, nous e i
î Mansi,t, 22, p. 533 ct 534. —2 Baron ct Pagi.
Wis, laiss tence, se
1 Apud B
444 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 1181
croisèrent Walter ou Gautier, archevêque de Rouen, et Richard de Cantorbéri, ou plutôt ils renouvelèrent le vœu qu'ils en avaient déjà fait. Les évêques de Beauvais et de Chartres se croisèrent aussi, avec Hugues III, duc de Bourgogne ; Richard Cœur-de-Lion, comte de Poitou, fils aîné du roi d'Angleterre ; Philippe, comte de Flandre ; Thibaut, comte de Blois, et plusieurs autres seigneurs. Pour se distinguer, le roi de France et ses sujets prirent la croix rouge, le roi d'Angleterre et les siens la croix verte.
Ensuite le roi d'Angleterre vint au Mans, où il ordonna que chacun donnerait, pendant cette année 1188, la dime de ses revenus et de ses meubles pour le secours de la terre sainte, excepté les armes,
les chevaux et les habits des chevaliers ; les chevaux, les livres, les M
habits et les chapelles des clercs, et les pierreries des uns et des autres. On publia des excommunications contre ceux qui ne payeraient pas cette décime. Pour faire la collecte en chaque paroisse, on établit des commissaires, entre lesquels étaient un templier et un hospitalier, un sergent. du roi et un clerc de l'évêque. Les croisés
étaient exempts de cette décime et recevaient celle de leurs vassaux; 4
mais les bourgeois et ies paysans qui se croisaient sans la permission de leurs seigneurs nè payaient pas moins la décime. On défendit les jurements énormes, les dés ou autres jeux de
hasard, les fourrures précieuses, l’écarlate et les habits découpés; M de se faire servir à table plus de deux mets achetés, et de mener en x voyage desfemmes, sinon quelque lavandière à pied hors de soupçon. #! Celui qui, avant de se croiser, a engagé ses revenus, ne laissera pas À de jouir du revenu de cette année, et la dette ne portera point d’'in- !
térêt pendant tout le voyage, depuis la croix prise. Tous les croisés
pourront engager pour trois ans leurs revenus, mêmeecclésiastiques. À Ceux qui mourront dans le voyage disposeront de l'argent qu'ils au- ! ront avec eux pour leurs domestiques, pour ie secours de la terre | sainte et pour les pauvres. C’est l'ordonnance que le roi d'Angle- »
terre fit au Mans, de l'avis des prélats et des seigneurs.
Après avoir établi les commissaires pour recevoir la décime decà | la mer, il passa en Angleterre. Il tint, près de Northampton, une ! grande assemblée de prélats et de seigneurs, où il fit lire l’ordon- ! nance faite au Mans. Baudouin, archevêque de Cantorbéri, et Gil. ! bert, évêque de Rochester, son vicaire, prêchèrent la croisade, et ê plusieurs prirent la croix. Alors le roi envoya ses officiers par tous À les comtés pour lever la décime: ce qui fut exécuté avec rigueur à À l'égard des bourgeois, jusques à emprisonner ceux qui résistaient. ? On la leva même sur les Juifs ; et le roi amassa par ce moyen des # sommes immenses. Il envoya Hugues, évêque de Durbam, pour faire À
Sa
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De grand dima roi d’.
donne de tou 4 eux rire À sécif à subver
à Pier LA léans, "4 trer à d subven vre l’e vous re soient douceu sur les particu chir V'É 4 fndre.
prières glaive d PA nant be à mort sur le nr et never Lqu'il a :
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1 Roger Baron, —
Liv. LXX. — De 1181
en, et Richard de Is en avaient déjà sèrent aussi, avec le-Lion, comte de mte de Flandre; eurs. Pour se disroix rouge, le roi
ordonna que chade ses revenus et excepté les armes, ux, les livres, les
les uns et des au- M
qui ne payeraient
que paroisse, on
in templier et un êque. Les croisés
de leurs vassaux ; MA
ans la permission Je.
Ju autres jeux de
habits découpés ; M
s, et de mener en
lhors de soupçon. # us, ne laissera pas À ortera point d’in- !
, Tous les croisés
1eecclésiastiques. |
l'argent qu'ils auours de la terre
> le roi d'Angle- À
urs.
ir la décime decà !
orthampton, une !
IL fit lire l'ordon- !
antorbéri, et Gil- !
it la croisade, et officiers par tous
té avec rigueur à M x qui résistaient. M
ar ce moyen de ùrbam, pour faire