‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 47 sur 63 · ES A · texte numérisé non relu

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à 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 445

4 la même levée en Écosse, dont le roi offrit, pour s’en racheter, cinq mille marcs d'argent ; mais le roi d'Angleterre ne s’en contenta pas 1. De son côté, le roi de France, Philippe-Auguste, tint à Paris une grande assemblée des prélats et des seigneurs de son royaume, le dimanche 27me de mars. On fit une ordonnance semblable à celle du roi d'Angleterre, portant que tous ceux qui n'étaient pas croisés donneraient cette année au moins la dime de tous leurs meubles et 4 de tous leurs revenus, excepté les trois ordres de Citeaux, des char- À eux et de Fontevrault, et les lépreux. On accorda aux croisés un ré- 4 Pit pour le payement de leurs dettes, en donnant les sûretés qui sont 4 spécifiées. La décime se lèvera avant les dettes. On nomma cette 4 subvention la décime saladine 2.

À Pierre de Blois écrivit sur ce sujet à Henri de Dreux, évêque d’Or- 24 léans, cousin germain du roi Philippe-Auguste, l'exhortant à remon- A trer à ce prince que les ecclésiastiques devaient être exempts de cette 4 subvention. Il est temps, dit-il, de parler ; et vous ne devez pas suidre l'exemple des autres évêques, qui flattent votre roi. Si le respect A 1ous retient, prenez avec vous quelques-uns de vos confrères qui A soient poussés par l'esprit de Dieu, et parlez avec force, mélée de L douceur. Si le roi veut faire ce voyage, qu'il n’en prenne pas les frais sur les dépouilles des églises et des pauvres, mais sur ses revenus particuliers ou sur les dépouilles des ennemis, dont on devrait enrichir l'Église, au lieu de la piller elle-même, sous prétexte de la défendre. Le prince ne doit exiger des évêques et du clergé que des prières continuelles pour lui. Représentez au vôtre qu’il a reçu le glaive des mains de l'Église pour la protéger ; et que, s’il a mainte- A uant besoin de ses prières, il en aura encore plus grand besoin après & mort, à laquelle s'évanouira toute sa puissance 5. Pierre écrivit sur le même sujet à Jean de Coutances, doyen de l'église de Rouen 4 neveu de l'archevêque Gautier. Il l'exhorte à employer le crédit [qu'il a auprès du roi d'Angleterre, pour maintenir la dignité de l'Église. Elle est libre, dit-il, par la liberté que Jésus-Christ nous a acquise; mais si on l’accable d’exactions, c’est la réduire en servilude comme Agar. Si vos princes, sous prétexte de ce nouveau pèletinage, veulent rendre l'Église tributaire, quiconque est fils de V’Église doit s'y opposer et mourir plutôt que de la soumettre à la servitude #, Fleury fait à ce Propos la réflexion suivante : « On voit ici les équi- Yoques ordinaires en ce temps-là, sur les mots d’Église et de liberté :

! Roger et Gervas., apud Baron. et Pagi,

— ? Rigord. Labbe, t, 10, Mansi, t. 22, Baron, — 9 Epist, 119, — 4 Epist, 191.

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comrne si l’Église, délivrée par Jésus-Christ, n’était que le clergé, Ë Paris, : ou qu’il nous-eût délivrés d'autre chose que du péché et dés cérémo. & reur Fi nies légales 1.» Ainsi denc, d’après Fleury, non-seulement Pierre M diète d de Blois, mais les évêques ec les Papes de son temps, ne savaient pas Mauvec l' ce que c'est que l'Église et la liberté chrétienne ; ils abusaient de l'é. M quivoque de ces mots, pour accréditer une idée fausse. Voilà, certes, M une accusation bien grave contre toute l’Église enséignante. Fleury y a-t-il bien pensé? A-t-il bien pensé à cette promesse du Fils de M Dieu à son Église enseignante, quand il l’envoya enseigner toutes les LÉ nations : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles? Ce n'est pas tout. Saint Paul, parlant aux fidèles de Corinthe de la liberté et de la servitude temporelles, dit expressément: Vous avez été rachetés à un grand prix, ne devenez donc point esclaves des hommes 2, C’est au fond le même raisonne ment que celui de Pierre de Blois, ainsi que des Papes et des évé ques du moyen âge. Il y a plus: Jésus-Christ même, avant de payer le didrachme à Capharnaüm pour lui et pour Pierre, le futur chefde | son Église, lui fait sentir par un raisonnement qu'ils en étaient M exempts, et il ne paya que pour éviter un scandale 3. Enfin, jamais 4 ni Pape, ni évêque, hi Pierre de Blois n’ont dit ou pensé que l'Églis ne fût que le clergé; mais que le clergé en est la partie principale qu'il est l'Église enseignante, qui, pour remplir son ministère, doit À conserver, au prix de son sang, la liberté et l'indépendance qu'il a À reçues pour cela du Fils de Dieu. Bref, pour accuser d’équivoque et î d'erreur les docteurs, les évêques et les Papes du moyen âge, autrement l'Église entière, Fleury s'appuie lui-même sur des équivoques, à sur des idées incomplètes, des suppositions fausses, et même des al- ê térations de faus et de doctrine. Tel est l'esprit général de son his-B toire, mais surtout de ses discours. 11 n’y a peut-être pas de livre au | monde qui ait tant faussé les idées et les esprits parmi les catho-W liques. v

Pierre de Blois dit encore un mot contre la dime saladine, ou plutôt contre les abus qui s’y mélaient, dan: ?e traité du voyage de Jé- BA rusalem. Les.-ennemis.de la croix, dit-il, qui devraient être ses en. fants, anéantissent leurvœu, sous le prétexte d’une damnable collecte, P& ‘et tournent la croix en scandale. Ce traité tend principalement à hâter “ le départ des croisés, et à blâmer les seigneurs qui différaient pour P& leurs intérêts particuliers #, | | à

Le même jour que le roi Philippe-Auguste tenait son parlement à M

à De a

Fleury, 1.74, n.15. =2 1, Cor. 7,20.— 59 Malth., 17, 28-26. — 4 Bibl, PP, t 24.

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ait que le clergé, À Paris, savoir, le dimanche de la mi-carême, 27me de mars , l'empehé et dés cérémo. De reur Frédéric tint à Mayence une diète solennelle, qui fut appelée la | -seulement Pierre MM diète de Dieu. Le cardinal-légat Henri, évêque d'Albane, de concert 1 »s, ne savaient pas PRavec l'empereur, y avait invité, par une lettre circulaire, tous les abusaient de l'e. PM prélats et les seigneurs d’Allémagne. On y lut publiquement la relaisse. Voilà, certes, Mon de la prise de Jérusalem. L'empereur Frédéric, âvec son fils iséignante. Fleury | Frédéric, duc.de Souabe, y reçut la croix des mains du légat et de omesse du Fils de l'évêque de Wurtzbourg : leur exemple fut suivi par soixante-huit |

nseigner toutes les MMS plus grands seigneurs, tant ecclésiastiques que séculiers. On rs jusqu’à la con. Lahorta généralement tout le monde à la croisade, On fixa lesrendez- Paul, parlant aux MA'US pour le départ à Ratisbonne, à la Saint-Georges , 23me d'avril le temporelles, dit MA l'année suivante 1189, Pour éviter la trop grande multitude, l’em- | prix, ne devenez Mpereur fit défendre , sous peine d'excommunication, à ceux qui ne > même raisonne- PMpuvaient faire la dépense de trois marcs d'argent, de marcher avec Papes et des éve. Msn armée. Pour assurer le repos de l'Allemagne pendant son abe, avant de payer Mvnce, l'empereurréforma plusieurs abus, concilia plusieurs différends e, le futur chef de Mure les princes, détruisit plusieurs repaires de brigands : se réconqu'ils en étaient Bla lui-même, par l'entremise du légat, avec l'archevêque de Colo-

le 3, Enfin, jamais Me, et désigna le roi Henri, son fils, pour gouverner l'empire jusqu’à

pensé que l'Église ‘n retour. L'Allemagne profitait dès lors de la croisade, par la paix

partie principale, ténérale dont elle jouit. on ministère, doit A® Pour attirer les bénédictions du ciel sur l'expédition, le cardinalépendance qu'il a M lgat adressa une lettre à tous les prélats de l'Église, où il les exhorte er d'équivoque et La réforme de leurs mœurs, particulièrement du luxe, de la vanité, noyen Âge, autre- M le la bonne chère. Eux qui auraient dû prévenir les laïques per le r des équivoques, BA exemple, il les presse au moins de les suivre. Ainsi, dans les as , et même des al- Bnblées du Mans et de Paris, la nation anglaise et la nation française tite de son his-Bftaient interdit toute fourrure précieuse et toute somptuosité dans re pas de livie au PM repas. Il leur propose encore l'exemple du Pape et des cardinaux, s parmi les catho-W qui s'étaient imposé de plus des abstinences et des jeûnes 1, De hhyence, le légat Henri vint à Liége, où il précha si fortement contre is vices du clergé, particulièrement contre la simonie, que soixante- \ chanoines résignèrent leurs prébendes, et il les pourvut en d’au-

s églises. L'évêque Raoul se croisa pour l’expiation de ses péchés, H partit en 4190.

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