RON
LXIX. — De 1j; 35 lait à sa tableeM bre, ce que dit le peuple, puisque vous voulez que j'expose ce qu'il e assiette 1, Dy Le cœur, lui avor A Et vous-même, dit le Pape, qu’en pensez-vous ? Je suis bien em- , que toutes répondit Jean. Je crains de passer pour flatteur si je m’opiient, en comp se seul à ce que dit le peuple : et, de l’autre côté, je crains de aimé n'être Manquer au respect. Toutefois, puisque Gui Clément, cardinal de nent caché dun ainte-Potentienne, parle comme le public, je n’ose le contredire : embarras ; mi, ;1 soutient qu'il y a dans l'Église romaine un fond de duplicité et qu’en s’élevad avarice qui est la source de tous les maux ; et il le dit un jour puit : Le Scignu iquement dans l’assemblée des cardinaux, où présidait le saint pape e, et maintenaf gène. Je dirai toutefois hardiment, et selon ma conscience, que jé il m'a charg Mai vu nulle part des ecclésiastiques plus vertueux et plus ennemis À l'avarice que dans l'Église romaine. Qui n’admirera le mépris des À hesses en Bernard de Rennes, cardinal-diacre de Saint-Côme et de i répondit 1% ;,4 Damien ? Celui dont il a reçu quelque présent est encore à est la mère Mir. Qui n'admirera le scrupule de l'évêque de Prénéste;: qui la marâtre. 14 bstenait même dé ce qu'on reçoit en commun ? Plusieurs ont l4 les épaules de té ctla modération de Fabricius, avec l’avantage de la véritable uchent pas if ligion. Puis donc que vous me pressez, je déclare: que l’on doit endre l'exemlæ,, Le que yous enséignez, quoiqu'il ne faille pas. imiter en tout ce chargent lu, ous faites ; car celui qui s'écarte de votre doctrine est ou héréue ou schismatique. Mais, grâce à Dieu, il en est qui n'imitent int les œuvres de vous tous. C’est doné le mauvais exemple d’un it nombre qui imprime une tache aux plus vertueux et à l'Église iverselle. Aussi meurent-ils fréquemment, de peur qu’ils ne:corpent toute l'Église. Il y’ a: aussi quelquefois des bons qui sont evés de peur qu’ils ne soient changés par là malice, et Parce que me corrompue devant Dieu en est indigne. Vous donc qui en 0e: la charge, introduisez-y. des hommes humbles » éloignés de la Qu'il bâtit ne gloire, et des ‘homme: qui, méprisent l'argent; ‘en cherchant ce que vous voulez-vous n'entendiez d’ bi ce que vous ne voulez pas. Pourquoi, Saint-Père, scruter la vie S autres, si vous ne vous examinez Pas vous-même ? Tout le monde $ applaudit et vous flatte, on vous nommé Pèré et seigneur. Si S êtes Père, pourquoi attendez-vous des présents de vos enfants ? vous êtes seigneur, Pourquoi ne vous faites-vous Pas craindre des mains, vos sujets ? Mais vous voulez conserver Rome à l’Église par > présents : est-ce ainsi que saint Silvestre l'a acquise? Vous êtes, uront jugé 1 nt-Père, hors du droit chemin. Ce que vous avez reçu gratuitee. Voilà, Saïl@Bnt, donnez-le de même.
Le Pape se prit à rire, et loua Jean de Salisburi de la liberté avec Muelle il lui parlait, lui ordonnant même de lui rapporter aussitôt
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
de Salisburi 44
nt que toute stice même
mais je crains un imprudent
il marche on“ . Les palais de ist se salit entil Is voulaient 4 ien les trouva et souvent ais égareront ail manquera pa æ
36 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 115
ce qu’il entendrait dire de mal sur son compte. Il répondit enco plusieurs choses, les unes pour se justifier, les autres pour s’accuser Mhotre dureté « et finit par cet apologue : Un jour tous les"membres du corps conspi#f Voilà comr rèrent contre l'estomac, comme engloutissant à à lui seul les travaud ami et comp de tous les autres. L'œil ne cesse de voir, l’oreille d'entendre, le avait pas to mains de travailler, les pieds de marcher, la langue même de parle” leterre, que et de se taire. Tous les membres veillent à l'intérêt public ; et, dan parts de quoi cette grande sollicitude et travail de tous, le seul estomac repose, eMlentier, et tem lorsque tout a été préparé par ce multiple travail, c’est lui seul qu'hors. Pour ce dévore et consume tout. Que dirai-je encore? Tous convinrent de nMimais encore t plus travailler, et de ruiner par la famine ce paresseux, cet ennemihité chrétienn public. On passa ainsi le premier jour ; le second fut plus pénible Mila défendre et le troisième fut si funeste, qu’il annonçait la défaillance à presque touMfoir les moyer les membres. Contraints par la nécessité, les frères se réunirent pouMf'ont pas vue. délibérer de leur salut commun, et du sort de l'ennemi public. Lon#Mf Jean de Sal qu'ils furent assemblés, les yeux languirent, les pieds ne purent sou#puprès du pa] tenir le poids du corps, les bras étaient sans force, la langue même Irlande, pou attachée au palais que brûlait la soif, n’eut pas le courage d’exposMift y seconder la cause commune. Tout fut donc renvoyé au conseil du cœur ; dipour ce dessei la délibération y ayant été ouverte, la raison fit voir que ces mau@modernes rép venaient de celui-là même qu’on avait dénoncé comme ennemi pu baissaient poir blic; car, depuis qu'on lui refusait les tributs, lui aussi, comme disfement que ce: pensateur public, refusait les aliments à tous. Et comme nul ne pat Histoire ecclé faire la guérre sans solde, dès que la solde n’est plus payée, le soldfn trouve, dès s’affaiblit et se brise. Et la faute n'en peut pas être rejetée sur le di @ultation de ci pensateur; car ce qu'il n’a pas reçu, il ne peut pas le donner auspés d'Irlande : autres. Il vaut donc beaucoup mieux, pour la sûreté commune, léectifia sa man äonner de quoi distribuer, que d’affamer tous les membres en le lai aient venues sant à vide. Et ainsi fut fait: de l'avis de la raison, l'estomac fais qui écriva rempli, lesmembres restaurés, et la paix rétablie partout. On acquit jugement de donc l’estomac, qui, quoique glouton et avide du bien d’autrni, nel es sages, com demande pas pour lui-même, mais pour les autres, qui ne peuverl 4 Une chose e se soutenir s’il est réduit à l'inanition. Tel est, mon frère, si vou ssez ferme et faites bien attention, tel est, dans le corps de la république, le magiil rand nombre
trat suprême : s’il demande beaucoup, ce n’est pas tant pour lui qu 2 en avait beauc pour les autres qu’ilamasse ; car, s’ilestépuisé, il ne peutrien départ le roi; parmi
aux autres membres. L'office de l'estomac dans le corps, c’est l'ofiit itre de roi en cl du prince dans la république, suivant ce mot du poëte Sérénus 4 éréditaires, m Ceux qui prétendent que le roi de tout le corps est l'estomac sem
blent avoir raison, car un estomac bien portant fortifie tous les ment , Joan. éaihb. à bres ; au contraire, est-il souffrant, tous les membres en souffrent. Shicrry, Hist, de. et même, si on n’y porte remède, on assure qu’il vicie la correlle a D Ibid. 1. 3, c. 3. .
1181 de l’ère
XIX. — De 1150 1181 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 37
qu'il en affaiblit les sens. Ne veuillez donc plus considérer simplement notre dureté ou celle des princes, mais la commune utilité de tous 1. corps conspi#ff Voilà comme le pape Adrien IV s’expliquait familièrement à son ul les travaud ami et compatriote Jean de Salisburi, qui se déclara satisfait. Et il l'entendre, lu” ‘avait pas tort de l'être. Nous avons vu, par la lettre du roi d’Anême de parlaleterre, que c'est au Pape que l'on demandait sans cesse de toutes blic ; et, danparts de quoi défendre et fortifier la chrétienté entière, le monde ac repose, entier, et temporellement et spirituellement, et au dedans et au det lui seul qu'mhors. Pour cela, il lui fallait des moyens, non-seulement spirituels, vinrent de nMnais encore temporels. Défenseur, dispensateur suprême de l’humax, cet enneni@ité chrétienne, il fallait bien que cette humanité lui fournit de quoi plus pénible” a défendre et au dedans ei au dehors; car qui veut la fin doit vouà presque tout oir les moyens. La chose est si simple, que bien des historiens ne éunirent pou'ont pas vue.
| public. Lors Jean de Salisburi était encore chargé d’une négociation secrète e purent sox#puprès du pape Adrien. Le roi d'Angleterre pensait à s'emparer de angue mêmeMf Irlande, pour en extirper, disait-il, certains désordres fort graves,
age d’exposati@t y seconder les progrès de la civilisation chrétienne ; il sollicitait du cœur ; dMipour ce dessein l'approbation du Pape. A ce propos, bien des auteurs que ces maunodernes répètent que les premiers Chrétiens d'Irlande ne recon-
e ennemi puMpaissaient point la primauté du Pontife romain 2. Cela prouve seu-
, comme disfement que ces auteurs ne savent pas bien ce dont ils parlent. Dans
e nul ne pe Æistoire ecclésiastique de la nation anglaise, par le vénérable Bède,
yée, le soldin trouve, dès l’an 640, une réponse de l'Église romaine à la con-
ée sur le disultation de cinq évêques, cinq prêtres et plusieurs docteurs et ab-
donner aués d'Irlande 5. Peu après, on y voit qu’une grande partie de l’île ommune, lMfectifia sa manière de célébrer la Pâque, sur les instructions qui lui res en le laÿtaient venues de Rome #, Enfin l’on a une lettre d’un évêque irlanl'estomac fais qui écrivait, dès l’an 630, à un de ses amis, que, pour obtenir i. On acquitiMif® jugement de la Chaire apostolique, il y avait envoyé des personl’autrui, els Sages, comme des enfants à leur mère “,
i ne peuvattf Une chose empéchait que la hiérarchie n’y prit une organisation frère, si vou fi@ssez ferme et assez complète : c'était la division de l'Irlande en un que, le magirand nombre de principautés ou de royaumes. Chaque tribu, et il & pour lui qui en avait beaucoup, avait son chef, qui bien souvent prenait le titre rien départiMie roi; parmi ces rois ou princes, il y en avait un qui prenait le , C’est l'ofitiiitre de roi en chef. Ces petites et nombreuses royautés n'étaient point te Sérénus A iéréditaires, mais électives : ce qui occasionnait souvent des guerres stomac sen
ous les mere Joan, Salisb., Polycraticus, 1. 6,c. 24.1Bibl. PP.,t.93, — 2 Entre autres, Aug,
en soufiren 4 hierry, Hist, de la conq. de l'Anglet., 1. 10. — SBeda, Hist., 1. 2, 0. 19, la cervelle à A bid., 1. 8, c. 3. — 5 Usser, Syl., Epist., p. 84.
1181 de l'ère
uant à l’oblis jous. Que l'A Duisqu'il. n'us pirituel le pa Le roi. Hen
38 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De LEE},
civiles, et, entretenait une certaine barbarie dans les mœurs. Le, siéghl épiscopal d'Armagh, illustré par saint Patrice, l'apôtre de l'Irlande# était bien la métropole ecclésiastique de toute l'ile, et entretenai A ainsi l'unité religieuse et nationaleentre toutes les tribus ; mais pen! dant près de deux siècles, jusqu’à, saint Malachie, ce siége était d venu comme l'héritage d’une famille. L'an 4 152, un légat. du. Sié aposto'ique y établit. les quatre archevêchés d’Armagh, de Dublin Mnettre à exéc de Cassel et de Tuam; mais les divisions et les rivalités de, tant de Henri d’An petits rois entrayaient les. efforts. de l'Église pour la réforme dafomme dont 1 mœurs et de la discipline. Les saintes lois du mariage n'étaien Mlistingué de I guère bien observées : les divorces, les mariages incestueux étaie Mon nom, prit fréquents, Le désir de remédier à ces désordres et: à d’autres semlainte avec u blables fut la-raison ou.le prétexte que le roi d'Angleterre mit aÆomme ils vis avant pour obtenir du pape Adrien. l'autorisation de se rendre malade de Sarra tre. de l'Irlande, comme Guillaume :le Conquérant avait obtenu donnés à un é pape Alexandre II l'autorisation de se rendre maître de: l'Angletem@ne année et même, 1,4, . F init r \ ecket, passait Leiroi Henri IL fit donc entendre au pape Adrien, par-Jean de Sx1 avait fort bo lisburi, qu’il songeait à conquénr l'Irlande, afin d'y fortifier l'actiussez d'human de l'Église, pourvoir à l'instruction-d’un peuple ignorant, en extirpæMfauser ensemb les vices et étendre à ce pays le payement annuel du denier de Saintférentes nation Pietre; mais que, comme toutes les iles chrétiennes étaient la prolus d’une fois priété de l’Église romaine, il ne se permettrait pas d’entreprendiue de l’émir cette expédition sans l'avis et le. consentement du successeur dette jeune M saint Pierre. Le Pape consentit à la demande du roi, aux conditinM@yant trouvé 1 proposées, Avec la bulle, il lui envoya un anneau d’or orné d'un ft en quoi cons émeraude, en signe d’investiture, comme le pape Alexandre II avi Btait Anglais, envoyé à Guillaume le Conquérant un étendard de Saint-Pierre, de mieux qu'il | Tout le monde reconnaissait alors au Pontife romain un droit spéia mort pour t cial sur les îles. Les Grecs étaient d'accord là-dessus avec les Latins Mnourrais de gr Théodore Baisamon, patriarche grec d’Antioche, composait alx @ulmane déclar son corps de droit canonique, où il a inséré la donation de Constan pourvu qu’il lu tin, qui donne toutes les îles à l'Église romaine. Jean de Salisburis port embarrass réfère à cette pièce 1, dont nous avons vu ailleurs quels sont le se @ponse. Dans l’i
‘et la valeur. Au reste, le Pape était alors, pour la chrétienté entièn vec ses comp:
ce que serait aujourd’hui un congrès de tous les souverains pol Muclque temps aviser aux moyens d'étendre la civilisation par toute la terre. Ce qi enfuit égalem surprendra peut-être encore plus de nos jours, c’est que l'an 117%ues pèlerins d nous verrons le même roi Henri II écrire au pape Alexandre III & Mu passage. Po ces termes : Le royaume d’Angleterre est de votre juridiction, deux mots : Lo
! Melalogicus, c. ultim.
! Baron., an, 11
XX, — De.115 eurs: Le, siégll e de, l'Irlande" et entretenaili US ; Mais pen.
iége était de égat du: Siég h, de Dublin ée de, tant di réforme del age n'étaienli tueux étaien l'autres sem.# terre mit au > rendre mat ait obtenu di 2 l’Angleter“ Y à r Jean de Si rtifier l’actius t, en extirpes rier de Saint aient la pro entreprendt® uccesseur (A ax condition orné d'un andre II avi t-Pierre.
un droit spèM ec les Latin: # aposait alor de Constar# > Salisburi #4 sont le sen A ienté entière verains pouf terre. Ce qui ue l’an 111% andre III #4 ridiction, ea
1181 de l’ère chr.1 DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
uant à l'obligation du droit féodal, je ne me reconnais sujet qu’à ous. Que l'Angleterre apprenne ce que peut le Pontife romain,;.et, Buisqu'il n'use,pas d'armes matérielles , qu’il défende par le glaive pirituel le patrimoine de Saint-Pierre !,
Le roi, Henri IL ne put point exécuter aussitôt, la concession du Pape touchant l'Irlande. Nous verrons les Irlandais eux-mêmes la mettre à exécution un peu plus tard, ji ja id
Henri d'Angleterre avait alors pour ami et pour. chancelier un jomme dont la naissance eut quelque chose de singulier. Un citoyen listingué de Londres, puisqu'il en fut nommé vicomte, Gilbert était son nom, prit la croix dans sa jeunesse et fit le pèlerinage de la terre ainte avec un parent nommé Richard, qui lui servait. d’écuyer.
omme ils visitaient les saints lieux, ils tombèrent dans, une embuysade de Sarrasins avec plusieurs autres, furent faits prisonniers et lonnés à un émir ou commandant des infidèles. Ils restèrent, ainsi ine année et demie dans l'esclavage. Comme Gilbert, surnommé
@ecket, passait pour le plus considérable des captifs, et que d’ailleurs
avait fort bonne mine, l’émir, sans lui ôter ses fers, le traitait avec
sez d'humanité, le faisait venir pendant qu'il était, à table, pour auser ensemble de la situation, des mœurs et des coutumes des diférentes nations et contrées. Charmé de sa conversation, l’émir fit plus d’une fois du bien à ses compagnons de captivité, La fille uniue de l’émir leur en faisait secrètement le plus qu’elle pouvait, ette jeune Musulmane avait pris Gilbert en affection. Un jour, yant trouvé l’occasion de lui parler, elle lui demanda d'où il était ten quoi consistait la religion chrétienne. Gilbert lui répondit qu'il tait Anglais, de la ville de Londres, et lui expliqua la foi chrétienne e mieux qu’il put. Alors elle lui demanda : Souffrirais-tu volontiers
mort pour ton Dieu et pour la foi du Christ?Il répondit : Je mourrais de grand cœur pour mon Dieu. Aussitôt la jeune Mujulmane déclara qu’elle voulait devenir Chrétienne à cause de lui, pourvu qu’il lui promit sur sa foi de la prendre pour épouse. Gilbert, ort embarrassé, garda le silence et différa de jour en jour sa réponse. Dans l'intervalle, il trouva moyen de s’échapper de prison Avec ses compatriotes et de revenir en Angleterre et à Londres. Quelque temps après, la jeune Musulmane, enfant unique de l’émir, Penfuit également de la maison paternelle, ets’embarque avec quelques pèlerins du nord de l'Eurcpe, qui la débarquent en Angleterre PU passage. Pour se guider dans ce nouveau pays, elle ne savait que eux inots : Londres et Gilbert. Arrivée ainsi à Londres, elle répé-
! Baron., an, 1178,
trouver l’évêque de Londres,
lui donna ur. fils qui reçut au baptême |:
AN d3 cei apôtre.
Quelque temps avnt la naissance de … :
de Londres. Il ne tira jamais d'intérêt de son argent, ne se ml
d’aucun commerce et se contenta du revenu annuel de son patri moine. Il mourut en 1138, et laissa son fils exposé à tous les danger
que court dans le monde la jeunesse sans expérience.
enfance la crainte dc Vierge. En même temps,
l'Évangile pour se tenir sur ses gardes et ne rien faire sans consulte des personnes éclairées et verturuses. Il avait commencé ses étudii dans un monastère de chanoines réguliers, il alla les continuer 11 Londres. Les trois principales églises de cette ville avaient alors ch cune une grande école où des déclamations publiques et des dispute littéraires entretenaient une grande émulation entre les maîtres dl
les disciples. Thomas fréquenta ces écoles jusqu’à ans. Ayant alors perdu sa mère,
crétaire, à la cour de ville,
insensiblement les mêmes goûts, et l'amour du plaisir le rendit pli négligent dans le service de Dieu. Mais un accident, ménagé par M
Providence, le fit rentrer en lui-même. Un jour qu’il chassait au Le #1 Fitz-Stephens
son faucon s’abattit sur un canard et plongea avec lui dans la r
[Liv. LXIX. — De 1
tait le nom de Gilbert par les rues, lorsque l’écuyer Richard la ri connut et en avertit son ami et son maître, Étonné au delà de toutBentraine ju: mesure, Gilbert Becket la fit mettre chez une veuve respectable, al n pus la roue lui raconta toute l’histoire, et lui dus manda conseil. Six évêques s’y trouvaient réunis pour les affaires dMonnaissance royaume et de l'iglise. Tous ils furent émerveillés d’une aventure à singulière, et y reconnurent une intervention spéciale de la Provid dence. De leur avis, la jeune Musulmane fut solennellement baptisiii à la cathédrale de Saint-Paul, reçut le nom de Mathilde, épousi
Gilbert Becket, et le 21me décembre MAT, jour de Saint-ThomaM
l’âge de vingt-wi il discontinua ses études pendant une année ; mais il résolut de les reprendre pour se prémunir contr# les dangers qu’entraîne une vie oisive et désœuvrée. Il se rendit dont à Oxford, puis à Paris, où il se perfectionna dans la connaissanciii du droit canonique et dans les différentes parties de la littérature De retour à Londres, il s’attacha, en qualité de clerc ou de se 4 et fit paraître une grande capacité pou les affaires, Il se retira ensuite chez un jeune seigneur qui vivait à? M Campagne et qui était extrêmement passionné pour la chasse. Il pri
1181 de l’ère ière. Craign
vénement ft
lus chrétien cquirent bes stimé pour c risaient. Dè e parler con
able du plu:
Gilbert avait pris di nouveau la croix et avait repassé en Orie:. 11 y resta trois ans ds demi. À son retour en Angleterre, il fut nommé shérif ou vicomiil
Thibaud, « n 1138, ave homas. Ils é anton. L’arc ne place da arrow. Il ét
0 faveur. NF Heureusement pour le jeune Thomas, sa mère lui inspira dès sur
Dieu et ure tendre dévotion pour la sain 4 il avait été accoutumé à la pratique di l'obéissance et du renoncement. Il connaissait assez les maximes di
brassé l’ét ous parlons.
endre les ser Italie, et d homas pass:
ngleterre, il ement la pré l’autre à Sa antorbéri : « celui quien êques et les ificiles, et n° lusieurs fois :
ne se repent La contestat atrice Mathild heuses pour amiable, et le u'Étienne rég viendrait à E s efforts pou sa d'y conser
. LXIX, — Dei 4 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 41
Richard la rire. Craignant de le perdre, il se précipite dans l'eau, et le courant u delà de touiBentraine jusqu’à un mille, C’en était fait de sa vie, il allait passer "espectable, alMous la roue d’un moulin, lorsque ia roue s'arrêta tout à coup. Cet toire, et lui dvénement fut regardé comme un miracle. Thomas, pénétré de rer les affaires dMBonnaissance envers le Seigneur, prit la résolution de mener une vie une aventure “jus chrétienne et retourna à Londres. Ses vertus et ses talents lui le de la Proi@cquirent beaucoup de réputation: il était surtout universellement ement baptisé ätimé pour cette intégrité et cette droiture inflexibles qui le caracathilde, épouirisaient. Dès son enfance même, il aurait tout souffert plutôt que Saint-Thoma Se parler contre la vérité, et jamais il ne lui arriva de se rendre couapôtre. able du plus léger mensonge.
rt avait pris dé Thibaud, qui fut élevé sur le siége archiépiscopal de Cantorbéri Sta trois ans ln 1138, avait été lié d’une amitié fort étroite avec le père de rif ou vicomihomas. Ils étaient tous deux originaires de Normandie et du même nt, ne se mélanton. L'archevêque, auquel Thomas fut recommandé, lui offrit de son patrfne place dans sa maison. Thomas alla le joindre au village de us les danger arrow. Il était grand, bien fait, d'uné figure qui prévenait en 4h faveur. Il parlait avec autant de grâce que de facilité. Il avait nspira dès s1Mmbrassé l'état ecclésiastique quelque temps avant l’époque dont pour la saifous parlons. Thibaud reconnut bientôt qu'il était capable de lui la pratique d'Miendre les services les plus éminents. Il lui permit de faire un voyage es maximes din Italie, et d'étudier pendant un an le droit canonique à Bologne. sans consull#homas passa aussi quelque temps à Auxerre, Après son retour en ncé ses étud#Bngleterre, il reçut le diaconat. L’archevêque lui donna successi- > continuer fement la prévôté de Beverley, et deux canonicats, l’un à Lincoln, ient alors ch l'autre à Saint-Paul de Londres. Il le nomma aussi archidiacre de et des disputéÆantorbéri : c'était la première dignité ecclésiastique d'Angleterre, les maîtres 4% celui qui en était revêtu siégeait, dans la cour des lords, après les e de vingt-wiävèques et les abbés 1, Thibaud le chargeait des affaires les plus udes pendaMäificiles, et n’entreprenait rien sans prendre son avis. Il l’envoya émunir contMlusieurs fois à Rome pour des négociations importantes, et jamais se rendit don ne se repentit de lui avoir donné sa confiance. Connaissant@f$ La contestation qui s'était élevée entre le roi Étienne et l'impéla littératuritrice Mathilde, mère de Henri IE, annonçait les suites les plus fâœreuses pour l’Angleterre. Les choses cependant s’arrangèrent à capacité pouMifamiable, et le traité fut ratifié par tout le royaume. Il y fut stipulé qui vivait àlMMu'Étienne régnerait pendant sa vie, et qu’à sa mort la couronne chasse. Il pr viendrait à Henri I. Mais, au mépris de ce traité, Étienne fit tous le rendit puities efforts pour assurer le trône à Eustache, son fils. Thibaud renénagé par MBiSa d'y consentir, et fut exilé du royaume. On le rappela cependant assait au v ii dans la 5 #1 Fitz-Stephens ou Stephanides, p. 12.
42 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De {1
d’une manière honorabie peu de temps après. L’archevêque n'agil dans toute cette affaire, que par les avis de Thomas Becket ; en sorti que ce fut lui qui assura la possession de la couronne à Henri Il, M Ce prince monta sur le trône le 20 décembre 1454. Thibaud | parla de son archidiacre ; il le lui représenta comme un homme qu® avait autant d’expérience-que de capacité; qui était supérieur ii de France toutes les considérations quand il s'agissait de, son devoir; qui avan 1154, lai] une prudence extraardinaire dans le.maniement, des affaires, et qu de, Castille, pouvait remplir avec distinction les places les plus, éminentes, D'# près un témoignage aussi avantageux, Henri nomma Thomas char celier d'Angleterre, en 1457. L'intégrité, la. douceur. et les autre à, belles qualités du nouveau chancelier le firent aimer et estimer dM iout le royaume. Le roi lui rendait la même justice que ses sujelh il aimait à s'entretenir avec lui ; il'en agissait à son égard avec ul sorte de familiarité. 11 le chargea de l'éducation du prince Henri, stdélaide, fille fils, afin qu'il le formât dans le grand art de régner, et qu'il lui in spirât surtout l'amour de la vertu. H l'envoya en France pour y n64 gocier un traité entre les deux couronnes, et pour y arrêter le m4 riage de Henri, son fils; avec Marguerite de France, fille de Louf le Jeune. | eu de Loui Les relations de famille entre les deux cours étaient assez sing core sur plu lières. Éléonore de Guyenne, première femme du roi de Franef En 4159, le était devenue la femme du roi d'Angleterre. Voici comment. Perl dant la seconde croisade, où elle accompagna son mari, le:roi Lou le Jeune, Éléonore fut loin de se conduire avec la sagesse d'un épouse fidèle et d’une grande reine. Nous avons vu les historiens du temps l’accuser d’infidélités graves. Le mécontentement entta effective les deux époux alla toujours croissant. L'an 1152, après la mort dé après troi Suger, un concile assemblé à Beaugency reçut une dénonciation denri II laissa quelques parents d'Éléonore, qui déclarèrent, par serment, que hever la con et son mari étaient parents dans un degré prohibé par l’Églit@æs affaires, Saint Bernard en avait déjà fait la remarque dans quelques-unes d® ses lettres. Louis ne chercha ni à confirmer ni à détruire cette al était le comp gation : il se contenta de déclarer qu'il se soumettait au jugement if partageait se l'Église, et qu'il ferait ce que les évêques assemblés à Beaugentt levé en dignit jugeraient convenable. Ceux-ci prononcérent la nullité du mariage passer en lu 18 mars 1152. D’après les règles du droit canon, comme c'était un nt cents cava affaire majeure, qui intéressait tout un royaume, la décision finlæMait couvert d devait en être réservée au Pontife romain. Les évêques ne le firtBnait table ouv point, et firent mal. Il est bien à croire que le Pape eût accommol @isaient venir ces brouilleries de ménage, et accordé les dispenses nécessairad Bus délicates. d'autant plus que la parenté était assez éloignée. Il eût ainsi épargndre visite ;
1181 de l’ère
Ja France ur core. En re uyenne. Qu e Normandie evint encore
cut avec bea
ps après, au:
s, qui reçut | on crut l’av auts faits lui
use, SOUS pre ar droit d’hér roi de Frar bpela au roi «
Voici quel é
LXIX. — Def; ù 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 43
hevêque N'Ag 0 ja France un démembrement fâcheux, et des guerres plus fâcheuses M ecket ; en sonore. En renvoyant Éléonore, Louis Iui rendit sa dot, qui était la Fi e à Henri II, # uyenne. Quelques mois après, elle épousa Henri Plantagenet, duc | 4. Thibaud |
e Normandie, comte d'Anjou, qui, devenant ainsi duc d'Aquitaine, : [Ih evint encore roi d'Angleterre, et, plus puissant que,son suzerain le Al] pi de France. Après le départ d'Éléonore, Louis le Jeune épousa, : LAN n1154, laiprincesce Constarce, fille d'Alphonse, VII, roi de Léon Ma: (
un homme qui it, supérieur A voir; qui avif affaires, et qui minentes, D'y Thomas chan!
r..et les aut@ et estimer d:
que ses sujets égard avec uni nce Henri, su et qu'il lui in ce pour y néfi arrêter le mi
fille de Lowf
} de, Castille, qui se faisait nommer empereur des Espagnes,et qui [A çut avec beaucoup de pompe son gendre, lorsque celui-ci vint, peu [A e mois après, en pèlerinage à Saint-Jacques de Cornpostelle. Con- ê ance mourut en 1160; après: avoir mis au monde une fille nommée arguerite, la même que le roi d'Angleterre fit demander pour son
par: son chancelier, Thomas Becket, Comme: Louis’le Jeune n'ait point de fils, il épousa , la méme année 1160, la princesse délaïde, fille de Thibaud, comte de Champagne. Ge ne fut que cinq ps après, au mois d'août 4463, quela nouvelle reine accouchia d’un S, qui reçut le nom de Philippe, et le surnom de Dieudonné, parce ‘on crut l'avoir obtenu du ciel par des prières et des aumônes ; ses auts faits lui ont acquis dans la postérité le: titre d'Auguste. Il fut aieul de Louis IX ou de saint Louis, dont les descendants règnent core sur plusieurs trônes de la chrétienté; En 1159, le roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, vint assiéger Touuse, sous prétexte que cette ville appartenait à sa femme Éléonore | ar droit d’héritage: Le comte de Toulouse, qui avait épousé la sœur roi de France, n’entendait nullement se laisser dépouiller. Il.en LH
ppela au roi de France, seigneur suzerain de l’un et l'autre, qui se h