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Lun vêtement qui descendait jusqu'aux pieds. Ils se flagellaient deux À fois le jour, pendant trente-trois jours, en l'honneur des années que le Sauveur vécut sur la terre, et chantaient certains cantiques sur sa “mortet sa passion. Mais la superstition s’y mêla bientôt en Allema- “gne et en Pologne, et les flagellants y disaient que personne ne pou- “vait étre absous de tous ses péchés s’il ne faisait un mois cette “pénitence. Ils se confessaient les uns aux autres et se donnaient l'absolution, quoique laïques, ét prétendaient que leur pénitence était utile aux morts, même à ceux qui étaient en enfer ou en paradis. Aussi, Henri, duc de Bavière, et quelques évêques d'Allemagne drejetèrent ces flagellants avec mépris; Prandotha, évêque de Cracovie, les en chassa, les menaçant de prison s'ils ne se retiqraient promptement. Jannuse archevêque de Gnésen, et les autres «évêques de Pologne, ayant découvert leurs erreurs, firent défendre {par les seigneurs, sous de grosses peines, que personne suivit cette secte; de cette manière élle fut bientôt méprisée et abandonnée 1. 4 Cependant l'Allemagne, sans roi, voyait assez souvent les princes et les seigneurs se faire la guerre. Tous n'étaient pas bons, tous n’édtaient pas mauvais. Un jour, l’un d’eux étant à la chasse dans les Amontagnes de la Suisse, aperçut un pauvre prêtre embarrassé à tradverser un ruisseau gonflé par la pluie, pour aller porter le saint Aviatique à un malade, Aussitôt le prince descend de son cheval, y Ait monter le prêtre avec le Saint-Sacrement, et suit lui-même à pied. Le prêtre voulut ensuite rendre le cheval au prince ; mais le prince répondit : Je ne me crois pas digne de monter désormais une hôte qui a eu l'honneur de porter le Seigneur des seigneurs, duquel Me tiens en fief tout ce que je puis avoir. Et le cheval demeura au Hervice du pauvre prêtre et de son église. Et le bruit de cet événe- Mnent s'étant répandu dans les vallées de la Suisse, et de là dans les utres provinces de l’Allemagne, causa une pieuse joie à tout le monde, aux grands et aux petits. Et peu après, ce prince étant allé visiter une sainte recluse, elle lui prédit qu’il serait grandement ho-
oré en ce monde, principalement parce qu'il avait humblement
Honoré de son cheval le Roi des cieux 2.
Ce prince se nommait Rodolphe, comte de Habsbourg, landgrave
4e la haute Alsace, Sa maison, ainsi que celle de Lorraine, descen-
ait de Charlemagne par les femmes. Ces deux maisons, réunies en
! Apud Raynald. 1260, n. 9, 10 et 11. — ? Pes, rerum austriac., t. 1, p. 839 et 084;t. 9, p. 373 et 656.
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