RTE MERE ET NU
à 1276 de l’ère chr.] LE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 55
xs gardes À qu'ils leur soient plutôt soumis, ou bien ils partagent leurs suffrages, à soit pour tirer de l'argent des deux côtés, soit pour se faire des pro-
— Dev
on | Î tecteurs, en cas que l'élu veuille procéder contre eux suivant la rioldat, lui M sueur de la justice ; ainsi ont-ils fait avec le roi d'Espagne et le blé: Il h É comte Richard, ainsi font-ils" ‘encore avec le roi d'Espagne et lecomte +8 Prop os, Rodolphe. Ils semblent avoir horreur de la puissance impériale ; ils de Bâle, il M veulent bien un empereur bon et sage, mais non pas puissant, et ils y de la fé. LE 1€ voient pas que la puissance d'un seul, quand même il en abuses fut serv: rait un peu, est plus tolérable que l’insolence de tous les particuliers, rpre et de Puisque au moins elle finit par sa mort. i
Kokivén Les royaumes voisins de nos quartiers sont la Hongrie, la Russie, fait la ri. 4 la Lithuanie et la Prusse. En Hongrie, on maintient les Comans, enont venus! nemis mortels non-seulement des étrangers, mais des Hongrois sôts qu'il mêmes, qui, dans leurs guerres, n'épargnent ni les enfants ni les vent point « vieillards, et emmènent esclave la jeunesse de l’un et de l'autre à que cb Sexe, pour l'élever dans leurs mœurs et augmenter leur puissance, : toute mb? Dans le même royaume, on protége les hérétiques et lesschismatiques
qui s’y réfugient des autres pays. La reine de Hongrie est Comane, « ct ses plus proches parents sont païens. Deux filles du roi de Hongrie ont été fiancées à des Russes, qui sont schismatiques et soumis aux | Tartares. Les Lithuaniens et les Prussiens, comme étant païens, ont 4 déjà ruiné plusieurs évêchés en Pologne.
Cette reine de Hongrie était la veuve d’Étienne V, fils de Béla IV, ! lequel dernier mourut le 3me de mai 4270, laissant, entre autres en- { fants, la bienheureuse Marguerite de Hongrie, que nous avons vue, si humble et si pieuse, mourir religieuse dominicaine, le 148 janvier
t toujoursb# > concilierh«
ait recom É
461$ 1 1271, âgée de 28 ans. Son frère, le roi Étienne, mourut l’année sui- D
dt PE sante, n'ayant régné que deux ans, et laissant pour successeur La-
dislas IE, encore fort jeune.
; Fe Ë L'évêque d'Olmutz continue ainsi : Les princes d'Allemagne sont al et ace À tellement divisés, qu'ils semblent s'attendre à voir leurs terres dést truites les uns par les autres, en sorte.qu'ils sont entièrement incapables de défendre la chrétienté chez nous, ou de secourir la Terre- Sainte. Le roi de Bohême est le seul en ces quartiers qui puisse sou-
tenir la religion. C’est de ce côté que sont entrés les Tartares, et on
que eu ; | les y attend encore, si vous n'avez la bonté d’y pourvoir, et de ne
qui gout À Ë
rudence PA P2S négliger un péril si prochain, en songeant au recouvrement de la e del’ Terre-Sainte.
É écuiers) À 4 Pour ce qui regarde le clergé, la multitude de ceux qui veulent rélats tell jouir du privilége clérical est excessive, vu le petit nombre et la
= pauvreté des bénéfices; ce qui nous jette dans un grand embarras, nous autres évêques. Car, comme nous ne pouvons les pourvoir de
Re men
RE à PR ONE AO PRO
rene pur mn pu
56 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 121 4 à 1276 de l'ère ch:
bénéfices, ils sont réduits à mendier, à la honte du clergé, ou bien, EM fausses dévotes ne voulant pas travailler à la terre et ne sachant point de métier, ils PM de se confesser s’abandonnent aux vols et aux sacriléges, et, étant pris, ils sont livrés M sant entendre q aux évêques. Ils s’évadent de leurs prisons, persévèrent dans le crime, l4 d'avis qu'elles s sont repris et suppliciés; ce qui attire des excommunications sur les “M naisons de relig laïques, et du scandale entre eux et les prélats. Trouvez donc bon 4 d'Olmutz, que chaque évêque puisse lui seul les dégrader dans son synode, puis- M L'autre mémc que les évêques sont si éloignés les uns des autres dans nos quartiers, Mquième général qu’ils ne peuvent aisément s'assembler pour la dégradation des Mabdiqua, et mou clercs incorrigibles, et pourvoyez d'ailleurs à l’absolution des laïques EMpar son grand qui les prennent, à cause de leur multitude et de la difficulté d'aller à embrasse l'Églis Rome. “dérer : la guerre Au reste, les églises séculières, collégiales ou paroissiales, perdent | Ml’union des Grec tous les jours de leurs biens et de leurs droits. Le peuple ne les fré- dans l'Église mé quente plus ; il méprise la prédication des curés, et ne se confesse Parmiles caus plus à eux, principalement dans les villes où les frères Prêcheurs et "a plus effrayant. les Mineurs ont des maisons. Car ces frères disent des messés depuis EMmalice; toutes 1 le point du jour jusqu’à tierce, et, outre la messe conventuelle qu'ils Lépar l'influence d disent solennellement , ils continuent encore d’en dire plusieurs Eésubjugués par la basses, Or, comme on aime aujourd'hui la brièveté, le peuple cherche EMpeuple du Christ plutôt ces messes que celles des autres églises. Les frères retiennent Ma croix, et s’est le peuple à ces messes par un sermon, ce qui l'empêche de visiter ophie païenne a les autres églises, comme il devrait. Ils donnent aussi , à leurs fêtes boyant contre l’ et pendant les octaves, des indulgences de deux, trois, quatre années’. Æmpereurs, qui ja ou plus. Voilà ce qui regarde le clergé. "4es barbares ont Quant aux laïques, vous savez, comme ayant été archidiacre de | Œu'ils persécutent Liége, qu’en quelques lieux on tient plusieurs fois l’année un synode arrasins ; les Sa où les laïques sont appelés et où des témoins choisis déposent de ce Mésprits, De toutes qu’ils ont fait publiquement cette année-là, contre Dieu et la religion, | aissance, celle di ou ce que porte le bruit public, et les accusés doivent se justifier ou . Aéunies ensemble bien être frappés de la peine canonique. Cet usage n’est pas reçu fcrivait en 1273. dans les autres diocèses, d’où il arrive que les crimes des laïques, "Mfien de continuel quoique manifestes, demeurent impunis, et si le curé veut les accuser uclques trêves m dans sa paroisse, souvent c’est au péril de sa vie. Faites donc, s’il vous "Æhrétiens de pres plaît, que l’on tienne partout ce synode pour l'honneur de la religion. LM y avait autrefois Il y a chez nous des personnes de l’un et de l’autre sexe qui nant il n’y a pl prennent le nom et l’habit de religieux sans que leur institut soit Men veulent pas sc approuvé par le Saint-Siége; ce qui nous les fait comprendre sous PBment aux corps le nom de sectes. Ils ne cherchent qu’à se soustraire, par une mau- Pomme les Tartar vaise liberté, à l’obéissance de leurs maîtres, de leurs maîtresses ou Lir beaucoup de J de leurs pasteurs ; les femmes à s'affranchir de leurs maris ; ou même = de jeunes veuves renoncent au mariage contre l'avis de l’Apôtre. Ces | #' Raynald, 1273, n,
GE
lle
— De 1210 M à 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 57
ou bien, PM fausses dévotes excitent des séditions contre les prêtres, évitant nétier, ils M de se confesser à eux ou de recevoir d'eux les sacrements , et faiont livrés M sant entendre qu'ils sont souillés entre leurs mains. Nous sérions le crime, 14 d'avis qu’elles se mariassent, ou qu’elles fussent enfermées dans des
18 sur les M maisons de religieuses approuvées. Tel est le mémoire de l'évêque donc bon :#d’0lmutz 1, de, puis: (M L'autre mémoire est de Humbert de Romans en Dauphiné, cinquartiers, Æquième général des frères Prècheurs, de l'an 1257 à 1263, où il tion des Mabdiqua, et mourut en 4277. C'était un personnage aussi remarquable 8 laïques par son grand sens que par son savoir et sa piété. Son mémoire d'aller à Membrasse l'Église et l'empire. Trois choses principales sont à consi- Adérer : la guerre que les Sarrasins ne cessent de faire à la chrétienté, , perdent | M'union des Grecs avec l'Église romaine, enfin ce qui est à réformer e les fré- |Mdans l'Église mème.
confesse k 4 Parmiles causes des calamités de l'Église, Humbert indique comme heurs et }a plus effrayante la puissance des Sarrasins, qui persistent dans leur is depuis | Mnalice; toutes les autres ont été vaincues ou du moins atténuées Île qu'ils } par l'influence de la religion. Les Juifs, convaincus par la science et lusieurs Mésubjugués par la force, ne savent ni ne peuvent plus rien contre !e » cherche peuple du Christ; l'idolâtrie a disparu en présence de l'étendard de tiennent Pa croix, et s’est réfugiée dans quelques parties du Nord ; la philole visiter Mfophie païenne a été détruite par la vraie sagesse; les hérétiques urs fêtes Ipboyant contre l'Église romaine sont rentrés dans leur repaire: les e années‘) Æmpereurs, qui jadis opprimaient l'Église, la protégent aujourd’hui ; des barbares ont cessé de l'être, hormis les Tartares, qui, encore liacre de | Œu'ils persécutent les seuls Hongrois, aident les Chrétiens contre les n synode É arrasins ; les Sarrasins seuls résistent à ce mouvement général des nt de ce Mésprits. De toutes les persécutions qu'a éprouvées l'Église depuis sa religion, Maissance, celle des Sarrasins a été plus longue que toutes les autres tifier ou Méunies ensemble : elle a duré six cent soixante-dix ans. L'auteur pas reçu Æcrivait en 1273. Encore, les persécutions des empereurs n’avaient laïques, Lien de continuel ; celle des Sarrasins n'a été interrompue que par accuser | uelques trêves mal gardées. Elle est universelle Ils ont expulsé les s’il vous LÆhrétiens de presque toute l'Asie. Ils occupent toute l'Afrique, où religion. LA y avait autrefois quatre cent quarante-quatre évêques, et où mainexe qui kMnant il n’y a plus que celui de Maroc. Elle est plus générale : ils itut soit }Æ'en veulent pas seulement aux âmes, comme les hérétiques, ou seu-
ire sous MÆment aux Corps, comme les barbares, ou seulement aux terres, 1e mau- M
EE
omme les Tartares ; mais à tout ensemble. Ils sont plus obstinés ; ar beaucoup de Juifs, d’hérétiques, de philosophes, d’empereurs et
F5 esses ou À u même :
tre. Ces |
? 1 Raynald, 1273, n. Get seqq.
TER AA RE ARE Pre EME a PS PE RP RON Le
Am D EE
Re,
5e HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXXV. — De 12:08 à 1216 de l'ère
FA ue
surtout d'idolâtres se sont convertis et ont reçu le baptême ; les Van." dales, les Huns, les Goths sont devenus catholiques ; mais peu ouM point de Sarrasins. Leur persécution, comme leur loi, est plus astu- M cieuse : contre la difliculté de croire la sévérité des préceptes et des Æ expéditions p châtiments divins, elle prêche et permet des choses-charnelles; 'vo-M
, pandu, de pe luptueuses, sensibles, et assure que tous seront finalement, sauvés À pourrie, et q!
De.
Jésus-Christ « bras séculier Une secon
par les prières de Mahomet. © Ceux-là do Quant à ceux qui parlaient contre les croisades, Humbert de Ro: siens. Charles mans les compare aux explorateurs du peuple d'Israël, qui parlèreniM soixante-dix n
contre la conquête de la même Terre de promission, et qui périren À quand il prit avec les murmurateurs. 4 que, dans le Les uns disaient : Il n’est pas permis aux Chrétiens de verser ke 4 qu'aux genou sang des Sarrasins, d’après l'exemple du Christ, qui, quand il soufÆ titude innomt frait, ne menaçait point, et a dit à Pierre : Renrets l'épée dans |: Æ Sarrasins tué: fourreau. Les apôtres ne combattaient pas non plus pour le nom +4 coup des nôtr Jésus, eux qui disaient : Ne vous défendez pas vous-mêmes, et n14 et été tué en rendez pas le mal pour le mal. Maurice et ses compagnons jetèren! # nant Gênes at leurs armes et leurs glaives et se laissèrent égorger. © monde, de m A cela je réponds, dit Humbert de Romans : 4° Autre est la mt À tiers toute la nière dont la vigne de l'Église est amenée à l'existence quand on k \ insensée de s’6 plante et qu’on l’arrête; autre est la manière dont elle se consert # sont offerts à 1 quand on l’émonde avec le glaive, et que, par le glaive, on la défen 4 comme de ce contre ceux qui veulent la déraciner. 2° Autrement a procédé k À glise a plus er peuple chrétien dans son impuissance, savoir, par l'humilité ; at: À sent dans cette trement procède-t-il aujourd'hui dans sa puissance, savoir, par EM }, ciel, tandis pouvoir du glaive; car s'il porte le glaive, ce n’est pas en val enfin la mort 3° Comme un ouvrier, quand il a perdu un instrument, se sert d'iÆ } titude. autre qui iui reste, ainsi ce peuple, n'ayant pas aujourd’hui des n° Æ Les troisièn racles, mais des armes, s’en sert pour se défendre. Or, ces conti Æ ter Dieu: c: dicteurs ne veulent pas être pauvres, humbles, affligés de nos jou :
[chez eux, ont
comme le fut l'Église dans ses commencements. Puis done quid it Jes passag
uhangent l’état de l'Église pour leurs plaisirs, qu'ils permettent aus 4 guerre sans di à l’Église de varier la manière de se défendre. Qui oserait dire Qu Mais à ceuxne faut pas résister aux Sarrasins s'ils étaient près d'égorger (00 &,,,4 9 Les ang les Chrétiens et de détruire tout le culte du Christ ? car c’est PO ;1tres saints p cela que les M chabées ont combattu les jours du sabbat. Le Chris prie Dieu pour n’aurait pas non plus dit de vendre sa tunique et d'acheter un 8 ne séule nui si le glaive ne dût jamais être employé par les Chrétiens. Quant 24; ormé de Sent autres paroles qu'ils citent, elles regardent la disposition de lân MSarrasins revim et non l'exécution du glaive ; soit parce qu'il esi un temps de tirer) k brable ; les Chr glaive, comme maintenant, et un temps de le remettre dans ie ft mille hommes « reau; soit parce qu'il n'appartient pas à tout membre du corps ompter deux n
V.— De 12008 à 1216 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 59
# De
»; les Van.?
ais peu ou M | plus astu-M ptes et des # rnelles; ‘vo-M ent sauvé À
Jésus-Christ où de l'Église d’user de ce glaive, mais seulement au bras séculier.
Une seconde classe d’adversaires disent qu'il faut renoncer à ces expéditions parce qu'il y a eu et qu’il y aura beaucoup de sang répandu, de peur qu'on n'arrache une dent saine à cause d'une dent pourrie, et qu'on ne verse plus de sang innocent que de coupable,
Ceux-là doivent se rappeler les histoires et les hauts faits des an ciens. Charles Martel, avec très-peu de perte des siens, tua trois cent soixante-dix mille Sarrasins dans les Aquitaines. Godefroi de Bouillon, quand il prit Jérusalem avec ses Chrétiens, tua tant de Sarrasins, que, dans le portique de Salomon, le sang des tués montait jusqu'aux genoux des chevaux. Charlemagne tua pareillement une multitude innombrable de Sarrasins en Espagne. Il y a donc eu plus de Sarrasins tués par les nôtres que des nôtres par eux. Que si beaucoup des nôtres ont été tués en combattant, un plus grand nombre eût été tué en ne résistant pas. Comme ceux d'Afrique, en surprenant Gênes avec leur flotte, y ont égorgé, pour ainsi dire, tout le 4 monde, de même, si on les laissait faire, ils extermineraient volone est la Mt 4 tiers toute la race des Chrétiens. Ce n'est pas non plus une chose quand on l 4 insensée de s’exposer à la mort pour le salut : ainsi les martyrs se
se COnselW # sont offerts à la mort, quoique le peuple chrétien en parût diminuer,
on la défent # comme de ce qu’un grand nombre garde la virginité parce que l'É-
| procédé EM lise a plus en vue de remplir le ciel que le monde. Ceux qui meuamilité ; at: À rent dans cette guerre, s'ils font du vide dans le monde, ils remplissent
voir, par LM le ciel, tandis que peut-être ils ne se seraient pas sauvés autrement ;
bert de Ro- !
ui parlèrent qui périren A
de verser k/4 and il soul pée dans | 4 r le nom de êmes, et n ns jetèren! #
as en Val enfin la mort de ce petit nombre procure le salut et la sécurité à la se sert dE multitude.
‘hui des ni Les troisièmes disent que cette guerre est imprudente et que c’est CS CON À {enter Dieu ; car tandis que les Sarrasins, en plus grand nombre, sont gr 100" Ml chez eux, ont tout en abondance, sont habitués au climat, connaisdonc quid
4 sent les passages, nous, ayant tout au contraire, nous marchons à la nettent a cüerre sans discernement.
‘ait dire QU Mais à ceux-là il faut dire : Si Dieu est pour nous, qui sera contre
LA x k. . CT . TS égorger 1% Ænous ? Les anges viennent au secours d'Élisée. Onias, Jérémie et les
c'est PO Œantres saints prient pour le peuple de Dieu. Dans toute l'Église, on at. Le CS je Dieu pour le peuple, comme autrefois pour saint Pierre, Dans ter un la Mine séule nuit, l'ange du Seigneur fit périr bien des milliers de S. Quant A rmé de Sennachérib. Aussi , après la conquête de Jérusalem, les m de l'AS arrasins revinrent attaquer les Chrétiens avec une multitude innomps de tire! Mbrable ; les Chrétiens, qui n'avaient que cinq mille chevaux et douze dans 6 3 mille hommes de pied, tuèrent cependant cent mille Sarrasins, sans
du corps! compter deux mille qui s’étouffèrent dans la porte d'Ascalon et ceux
60 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXV, — De 1210
qui périrent dans la mer ; car communément les nôtres sont plus courageux, plus braves et mieux armés, tant corporellement que
spirituellement, à cause de l'espérance certaine d'obtenir bientôt la M
gloire : en effet, ils ne fuient pas la mort, mais la désirent. Les quatrièmes disent que, quoiqu'il soit permis aux Chrétiens de
ni d’envahir leurs terres.
se défendre contre les Sarrasins, il n’est pas permis de les attaquer | i
Répondez-leur : Il est permis de les attaquer 4° parce que, sans M
cela, eux-mêmes nous envahiraient dans notre sécurité, 2, Si an ar- |
rache les épines des terres stériles pour en faire des guérets, à plus | 1 forte raison on doit expulser une nation superstitieuse pour y intro- M
duire le culte de Dieu. 3° Ils ont une loi, de ne jamais entendre parler |
à ceux de mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, | 1 sauvés plus pr
amenez-les ici, et faites-les mourir devant moi. 4° C'est de l'ivraie LM attachés. En s ‘ liens sont ains + Un troisième a les dépouilles 4“ ramenés au ct laver d'eau le matin. 7° Quiconque viole la loi de Moïse, est mis à M
dans le champ du père de famille, mais non mêlée au bon grain, 5° C’est un figuier qui n'offre ni fruit ni espérance d’en produire, | 6° Ce sont des sodomites qui se permettent d’abuser de leurs femmes | à plaisir, ét d’autres turpitudes abominables, disant qu'il suffit de se |
mort sans miséricorde; à plus forte raison ceux qui foulent aux pieds |
le Fils de Dieu. ‘ Quant à leurs terres, avant Mahomet elles étaient aux Chrétiens; !
ment, par le don de Dieu, cette terre est aux enfants d'Abraham,
qui, suivant son esprit, sont avant tout les Chrétiens. Quatrièmement, M
il est écrit dans saint Matthieu : Le royaume de Dieu vous sera Ôté, et donné à une nation qui en fera les fruits.
Les cinquièmes disent que nous ne devons pas poursuivre les Sarrasins, comme nous ne poursuivons pas les Juifs, ni les Sarrasins qui nous sont soumis, ni les idolâtres, ni les Tartares, ni les barbares.
Il faut répondre à ceux-là : On tolère les Juifs, parce que es restes d'Israël seront sauvés; parce qu'il serait cruel d'égorger des gens soumis; parce que le prophète l’a défendu, en disant : Ne les tue pas, de peur qu'on n'oublie mon peuple. On tolère les Sarrasins qu
utiles à beaucoup de services, et qu'ils peuvent se convertir. Quant à
El au ge ca
à 1276 de l'ère
aux idolâtres père leur co:
ne nous infes non plus faci les Sarrasins, demeures fixe Comans,
Les sixième
“ tuel, parce qu
qu’à la foi, et fruit temporel
2 ses. À ceux-li du Christ pour s’y convertir. Or, le Christ dit en saint Luc ! : Quant M
D'abord, un 1
Les septièm
4 volonté de Die “comme subite avaient conqui c'est lui qui, dans sa postérité, les a enlevées par violence et injuste- M ment, En second lieu, au temps de Godefroi de Bouillon, les Chrétiens =Mpicux roi Loui
ont récupéré la terre de promission par une juste guerre. Troisième: M risonnier en |
reur Frédéric,
sans avoir rien
Il faut leur 1
des maux, con Si le diable a tr 1 cesser pou «contre ses men
Le
par le conseil d
Æhhèrent à la fi “contre les Phil At prise, quel Auite. Ces chos
ait point à Die nous sont soumis, parce qu'ils ne peuvent nuire, parce qu ils sont M
Je — De 1210 D à 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 61
sont plus PM aux idolâtres des parties septentrionales, comme les Finnois, on esement que ! père leur conversion, parce que toute langue le servira ; comme ils " bientôt la M ne nous infestent pas, on les laisse tranquilles. Nous n’attaquons pas je "1 non plus facilement les Tartares, parce que entre eux et nous il y a irétiens de MM les Sarrasins, qu'il faut vaincre d'abord. D'ailleurs, ils n'ont point de es attaquer À demeures fixes où l’on puisse toujours les trouver, non plus que les MA Comans.
que, sans A Les sixièmes disent que de cette guerre ne suit aucun fruit spiri- , Si on ar- EM tuel, parce que les Sarrasins s’en convertissent plutôt au blasphème ‘ets, à plus M qu’à la foi, et que, tués, ils vont en enfer : il n’en vient nor plus aucun ur y intro- À fruit temporel, parce que nous ne pouvons retenir les terres conquindre parler LM ses. A ceux-là il faut répondre : Il y a dans ceci un triple avantage. © 4: Quant MM D'abord, un fruit spirituel, parce que beaucoup de Chrétiens sont e sur eux, M sauvés plus promptement, à cause des indulgences et autres biens y de l'ivraie 4 attachés. En second lieu, un avantage temporel, parce que les Chrébon “grain, LS liens sont ainsi défendus corporellement de l'invasion des Sarrasins. | produire, LA Un troisième avantage temporel, c'est que les Chrétiens acquièrent 1rs femmes LA les dépouilles des Sarrasins, que ceux-ci leur payent tribut, et sont suffit de se | dr'anenés au culte de Dieu, au moins temporellement.
, est misil® Les septièmes disent que cette guerre ne parait pas être selon la taux pieds ! M volonté de Dieu, à cause des infortunes qu'il permet. Saladin récupère
Mi comme subitement toute la terre de promission, que les Chrétiens
Chrétiens; M avaient conquise à peine par tant de sueurs et de travaux. L'empeet injuste- LM reur Frédéric, allant à son secours, périt dans une petite rivière. Le s Chrétiens} Mhicux roi Louis de France, avec ses frères et tant de nobles, est fait Troisième: | @r'isonnier en Égypte ; et puis il meurt à Tunis avec un de ses fils, Abraham,"
sans avoir rien fait ; ses vaisseaux sont battus par la tempête,
+ !! faut leur répondre d’abord qu'il y a des justes auxquels il arrive es maux, comine s'ils avaient commis le même mal que les impies. ile diable a triomphé d'un grand nombre et tant de fois, il ne faut us cesser pour cela de le combattre: il en est de même du combat | contre ses membres. Les enfants d'Israël, quoiqu’ils fissent la guerre par le conseil du Seigneur, furent néanmoins vaincus, maisils triom- “hlèrent à la fin. Quoique le Seigneur voulût que l'on combattit 1e les rest lrontre les Philistins, il permit néanmoins que l'arche de son alliance r des gens! fit prise, que le roi Saül füt tué avec ses fils, et le peuple mis en Ne les tua} Wuite, Ces choses arrivèrent donc non parce que la guerre ne plairrasins quMait point à Dieu, mais à cause des péchés des combattants ou pour qu'ils sont Mugmenter leurs mérites. Aussi le pieux roi Louis de France se glorirtir. Quanl! Mfiait-il en disant que si le Seigneur, au jour du jugement, disait qu'il ©tÉ maäliraité pour nous, it jui répondrait que lui-même avait été Ait prisonnier pour lui et maltraité de même. Quelquefois aussi ceci
ièmement, A 1s sera Ôté,
rsuivre les i les Sarres, ni les
62 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 1270
arrive par l’indiscrète audace des nôtres, comme à Judas Machabée, evers, le souv qui, pour ne point laisser de tache à sa gloire, osa, avec huit cents PA se désister de soldats, attaquer vingt mille fantassins et deux mille chevaux, contre PM Je salut des CI l'avis des siens. Nous ne devons donc pas cesser de combattre, mais PM raient autreme nous humilier et crier à Dieu; par le marteau de l’adversité, il con- 4 ment nous env solide les bons, bien loin de les énerver. Pl triompher à la Entre les causes du refroidissement pour cette guerre, la première [M Que les Chrétie que signale Humbert de Romans, c’est l'avarice des clercs, qui, extor- | Mnous voyons qu quant les dimes à la sueur'et au travail des pauvres, n’en veulent “bord, la Sicile, pas eux-mêmes consacrer la dime pour le recouvrement de la Terre- Wexcepté un pe Sainte, de cette terre arrosée de la sueur de sang de Jésus-Christ : |Moneur, quiatué opulents, vivant dans la délicatesse, ils n'ont aucune compassion des { C'est avec cet malheurs de Joseph. | sage tout l'ense Quant aux moyens de mieux secourir la Terre-Sainte, voici ce! Mfaisait et que di que pensait l'opinion commune, suivant Humbert de Romans. I! @du mahométisn faudrait entretenir continuellement un assez grand nombre de guer-} #n’y ont rien con riers, pour avoir la probabilité de pouvoir résister toujours aux Sar-| ftendu. De là de rasins : il faudrait choisir pour cela, non des mercenaires, n'ayant} Æplus loin, et qu en vue que leur solde, mais des hommes ayant le zèle de la foi ; non) #sement pour PE pas des homicides, ni des mauvais sujets, comme on avait fait jus-PSs ne perdront qu'alors, mais des hommes s’abstenant du péché, parce que la jus-} Comme la chré tice de Dieu n’a point l'habitude de protéger les criminels : ces pre- #eçu pour hérita miers mourant, ou revenant, ou étant éliminés pour mauvaise! Moivent des dess conduite, il faudrait aussitôt leur en substituer d’autres. Pour leur. les jusqu’à la f entretien, il serait facile d'y pourvoir, sans compter le secours des! Æible persévéra laïques : 4° Si, du trésor superflu des églises en pierres, vases, vê-. Mréoccupés de | tements et autres choses de cette nature, on achetait des revenui @arement au sal perpétuels ; 2 si dans chaque collégiale on députait à cet usage une 4 veilleront touj: ou deux prébendes ; 3 si on y appliquait les prieurés, où un petil Mfienne par terre « nombre de moines vivent d’une manière scandaleuse ; 4° si on} Œux y mettent € appliquait de même les abbayes détruites, et qu’il n’y a pas espé- Mérance des Tu: rance de rétablir ; 5e si, dans les bénéfices vacants, on réservait pou Mbattront les Tur cela les fruits d'une année ou de deux, ainsi que beaucoup d’autré Æuniade et de Je: moyens de cette espèce. 4 de Charles de De tous ceux qui doivent avoir du zèle pour cette affaire, le Papt & Et quel sera le est celui qui doit en avoir le plus, parce que toutes les grand& eux. Le mahon affaires lui sont réservées ; parce que le Pape seul peut contraindt Mie par la main tout le clergé à y contribuér ; parce que seul il peut accorder un Mnsume lui-mér indulgence plénière, qui est le principal mobile; parce que sil Æes de son joug chef se ralentit ou tremble, tous les membres trembleront; part 4 qu'il est écrit au chapitre du Deutéronome , qu'à l'approche du
| | È !Excerpta Humt combat, le prêtre se tiendra debout devant l’armée, Malgré tous 8 Æhutene, Coutecr, an
1276 de l’ère cl
— De 1270
lachabée, huit cents x, contre ttre, mais é, il con-
à 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 63
revers, le souverain Pontife, plus que tous les autres, ne doit point
Li se désister de cette entreprise, et cela pour trois causes : 40 pour
er
Di le salut des Chrétiens, dont beaucoup s’y sauvent, qui se damne-
“raient autrement; 2 pour la répression des Sarrasins, qui autre- . ment nous envahiraient tranquilles ; 3° à cause de l'espérance de .triompher à la fin. L'histoire de Charlemagne et d’autres font voir
première M que les Chrétiens finissent toujours par être vainqueurs. De plus,
qui, extor- Li n veulent |
la Terreis-Christ :
assion des |*
omans. Il e de guers aux Sar-| s, n'ayant| a foi; non it fait jus-| que la jus-|
| voici ce) É Î
: ces pre-|.
mauvaise! *
Pour leur!
ecours des!
vases, vê-
ss revenus #4 usage une #
ù un peti jo si on}
pas espérvait pour 1p d'autre
e, le Pape es grande ontraindi corder unt que sik
nt; part u proche di # ré tous l&
nous voyous qu’on a récupéré bien des terres qu'ils occupaient d’abord, la Sicile, la Sardaigne, Gênes, la Catalogne, les iles, l'Espagne, excepté un petit coin. Eniin, il n’est pas raccourci le bras du Seigneur, qui a tué cent quatre-vingt-cinq mille Assyriens dansune nuit 1, à C'est avec cette grandeur de vues que Humbert de Romans envi- Msage tout l’ensemble des croisades, tout l’ensemble des efforts que faisait et que devait faire la chrétienté Pour repousser les agressions Qdu mahométisme. Bien des écrivains myopes, Fleury est du nombre, n'y ont rien compris, n’y ont vu qu'une affaire de pèlerinage malentendu. De là des objections qui font pitié à qui voit de plus haut et lus loin, et que Humbert de Romans a réfutées d'avance. Heureu- ‘sement pour l'Europe et le monde, les Papes ont compris. Jamais dis ne perdront de vue cette grande entreprise. Et c’est assez naturel. Homme la chrétienté, l'Église catholique, vit tous les siècles et a
recu pour héritage toute la terre, il est naturel que ses Pontifes condoivent des desseins qui embrassent tous les temps et tous les peules jusqu’à la fin du monde, et qu’ils y travaillent avec une invinœble persévérance. Les rois chrétiens, même des plus illustres, Mréoccupés de leurs intérêts particuliers ou nationaux, penseront Œarement au salut commun de la chrétienté : les Pontifes romains Sienne par terre et par mer, sans que les rois chrétiens divisés entre Œux y mettent obstacle, les Pontifes romains briseront la prépon- Mérance des Turcs par la victoire de Lépante ; les Pontifes romains baitront les Turcs sur les frontières de l'Allemagne, par la main de 4 luniade et de Jean de Capistran, par la main de Sobieski de Pologne 4t de Charles de Lorraine.
® Et quel sera le résultat final ? aujourd’hui nous le voyons de nos eux. Le mahométisme, concentré en lui-même comme un incen- Sie par la main vigoureuse des Pontifes romains, se meurt et se Œosume lui-même ; les populations chrétiennes, si longtemps écraes de son joug de fer, commencent à respirer quelque peu : elles
4 "eilleront toujours. Lorsque les Tures menaceront l'Europe chré-
È ‘ Excerpta Humberti de Romanis. De tractandis in concilio Lugdun, Apud æiene. Collect, amplis. t. 8, col. 174-185. Mansi, Concil., t. 24.