‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 17 sur 97 · CR AT ER LETTRE · texte numérisé non relu

CR AT ER LETTRE

64 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 1970 la 1216 de l'ère ch

commencent à tourner leurs regards vers cette antique Rome, cette saint Jérôme et Église mère, dont la séparation a fait leur malheur, et dont l'union Mes livres des Gx leur donne de nouveau la vie. Par suite de l’activité prodigieuse im. Pise trouve-t-il da primée à l'Europe par les croisades, les Espagnols, après avoir re- tres; les légats conquis leur propre pays, ont découvert et conquis tout un nouveau fine sait pas s’ils « monde. Les Anglais pénètrent dans l'Inde et dans la Chine, et ou-hhisaire d’avoir en vrent ces immenses pays à l'Évangile, comme une clet qui ouvre unep#eussent tous leu porte, sans le savoir ni le vouloir. Les Français pénètrent de même iles, statuts, of en Afrique. Les Chrétiens ne voulaient d’abord que se défendre contre u'on y trouve b l'empire antichrétien de Mahomet, et reconquérir Jérusalem. AvetE# rer ou traduir bien des travaux et des peines, ils n’y réussissent qu'à moitié ; mai de théologie, q ayez patience, Dieu leur donnera beaucoup plus qu’ils ne désiraient:bM Dieu leur donnera le monde entier, y compris l'empire de Mahome}fiastiques ne s et Jérusalem, quand ils voudront. Tel est le résultat actuel (1843 # des croisades. LA Il paraît néce Humbert de Romans, venant au second article, lé schisme dx} 4 olennels, comn Grecs, fait voir que l'Église est une, que toute l'Église universel qu'elles revinsse doit avoir un Pontife suprême, que c’est le Pontite romain, que « : ‘Achaïe, y corr sont les Grecs qui ont fait le schisme, quelle en fut et en était enconP alle d'extorsion la cause, combien ce schisme est préjudiciable à l'Église de Dieu} 4 iitaires, des n quelle sollicitude les Latins doivent avoir pour la réunion, que cell SU ; les recev sollicitude appartient surtout au Pontife romain, quels sont les moyen EPS, comme | et les obstacles de la réunion, ainsi que les remèdes à ces obstacl ar des mariages Ce soin regarde principalement le Pape, 4° parce qu'il est le vi} fablesetdes plus caire du Seigneur Jésus-Christ, qui est descendu du ciel, pour fair, Æt5 Latins doive un peuple de deux ; et le Pape devrait descendre en Grèce, sil] d'autre, se rer avait une espérance probable de réunir par là le bercail. 26 Pare ŒVS soient trac qu'il est le père de tous, et qu’il devrait courir au-devant du fil 1 Il y avait troi prodigue encore résistant, afin de l'introduire dans la maison et |l qemprre, la foi donner la première robe, c’est-à-dire lui rendre ses dignités. 3° Paro È joint, qui para qu'il est le pasteur au milieu des brebis dispersées, lequel doit, lais ne compensati sant les autres, courir après celle qui s’est perdue. 4e Parce qu 4 à principauté, l'époux de Rebecca s’affligeait de ce que ses deux enfants se battaie! M holique par des dans son sein, 5° Parce que le juge ne doit avoir en vue que de metlr À est que, pourv fin aux discordes, disant avec Moïse : Vous êtes frères, pourqui 4 bstance de la ! vous tuer l’un l’autre ? 6° Parce que le pilote du navire doit faire t 4 plère les leurs a sorte qu’on rame de concert pour arriver au port du salut. AU troisième ser. Pour procurer cette réconciliation, une chose paraît nécessait! 4 obéissance, pot la science de la langue. C’est par les différentes espèces de langu 4 qu'ils reçussel que la diversité des nations se rassemble dans l’unité de la foi. At æ'ncipales idées trefois la science se donnait par infusion, maintenant elle s'acqui «

par l'étude ; ainsi en est-il des langues. On en voit l'utilité di M1 Martène, Cottec XIX,

— De 127

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Là 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 65

“saint Jérôme et saint Augustin. Les nôtres devraient ainsi parcourir lies livres des Grecs, pour voir sur quoi ils s'appuient. Mais à peine Lise trouve-t-il dans la cour romaine quelqu'un qui sache lire leurs letdtres ; les légats qu’on leur envoie ont besoin d’interprètes, dont on Plne sait pas s'ils comprennent ou se trompent. Ensuite il serait nécesiNsaire d’avoir en quantité les livres des Grecs, afin que les Latins eussent tous leurs écrits, théologiens, interprètes de l’Écriture, con- ‘ciles, statuts, offices ecclésiastiques et histoires. Il est vraisemblable u'on y trouve beaucoup de choses pour nous. On a eu soin de transrer ou traduire les livres de philosophie et de droit, mais non ceux (de théologie, qui cependant sont les armes de notre milice. Les soldats ont soin de préparer contre eux des armes corporelles. Les ecclé- (siastiques ne s'occupent guère des armes spirituelles pour abattre oute hauteur qui s’élève contre la science de Dieu. Il paraît nécessaire encore d'y envoyer fréquemment des nonces Æolennels, comme Ézéchias en envoya aux dix tribus séparées, pour v'elles revinsseñt au Seigneur. Ces nonces visiteraient les Latins de J'Achaïe, y corrigeraient les abus, vivant à leurs propres frais, sans faire d'extorsions. Il faudrait, de plus, envoyer des explorateurs, des ilitaires, des marchands, ou des religieux, comme firent Moïse et Josué ; les recevoir eux-mêmes honorablement, et ne pas les avoir à épris, comme le roi des fils d’'Ammon fitaux envoyés de David; attirer ar des mariages ou d’autre manière quelques Grecs des plus considéfablesetdes plussages, quienseigneraient comment il faut agiraveceux. Les Latins doivent s'abstenir de les opprimer. Que les grands, de part t d'autre, se rendent mutuellement des services de charité : Que nos divres soient traduits en leur langue, pour qu'ils puissent en profiter. Il y avait trois points de discorde entre les Grecs et les Latins : empire, la foi et l’obéissance au Pape. Pour concilier le premier ont, qui paraît le principal, on pourrait peut-être, moyennant ne compensation, obtenir du prince latin de Morée la cession de a principauté, ou bien ramener l'empereur grec à l’obéissance cadolique par des mariages. Sur le second point, le meilleur remède ‘est que, pourvu que les Grecs conviennent dans ce qui est de la dubstance de la foi, et qu'ils ne condamnent pas nos rites, l’Église ière les leurs autant qu'elle peut étendre la dispense. Le remède Au troisième serait qu'on ne leur demandât point la plénitude de Aobéissance, pourvu que leur patriarche fût confirmé par le Pape, qu'ils reçussent les légats romains avec honneur. Telles sont les A'incipales idées de Humbert de Romans sur la réunion des Grecs !.

1 Martène, Collect. amplis, etc., t, 8, col. 185-195. Mansi, t. 24. Conc. XIX,

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66 HISTOIRE UNIVERSELLE {[Liv. LXXV; — De 1270 D à 1276 de l’ère chr.]

Quant aux choses à corriger dans l'Église des Latins, il faudrait B un grand nombre statuer qu'on n'établirait point de fêtes nouvelles sans l'autorité de DB chez eux, qu'ils 1 l'Église romaine; que, sauf les fêtes principales, il fût permis de Brenté, ni oublier travailler après avoir entendu l'office; car la multiplicité des fêtes Lrents et leurs c multiplie les péchés dans les cabarets et ailleurs, et puis les jours D Sauvéur, qui n'a ouvrables suffisent à peine aux pauvres pour se procurer leur vie, R sortes de personr Enseigner et apprendre mieux le chant dans toutes les églises. B Réveillez-vous. Abréger l'office divin de manière qu’il fût dit et entendu dévote. B rien de semblable ment et entièrement. Pour l'Église romaine, le principal est d’abré- D tous Galiléens? e ger la vacance du siége. Diminuer le nombre des ordres mendiants, ils pas répandus, ne souffrir que ceux qui sont approuvés et confirmés, et dont la vie R Asie, l'autre dan et la doctrine sont exemplaires. Choisir et promouvoir les prélats Bet au large, par le avec plus d’attention, rendre la déposition des mauvais plus facile, B\le fruit que nou: pour ne pas laisser impunis leurs scandales. Les visiter plus souvent, Bi Que si quelqu’ et référer de leur vie et de leur renommée au souverain Pontife. Bvons lesimiter. -

Pour ce qui est de l’empire, établir un vicaire pendant la vacance, BN de nous écarter « statuer que le roi d'Allemagne se ferait, non plus par élection, mais B\ primitifs n’ont ai par succession, et qu’il se contenterait désormais de ce royaume: par ce moyen on le craindrait plus, et la justice s’observerait mieux dans le royaume teutonique. Quant à l'Italie, y établir un roi ou deux, sous certaines lois et statuts, avec le consentement des communes et des prélats, pour régner par succession, mais pouvant en certains cas être déposés par le Siége apostolique.

Un écrit non moins remarquable, et qui achèvera de nous faire Birabe, l'hébreu, connaître le grand cœur et le grand zèle de Humbert de Romans, Ben son temps la c'est une lettre qu’il écrivit, en 1255, aux religieux de son ordre, Me trouve prêt à

.jamais une pens.

lus de Dieu ; ms Miection et à une $ le salut des âmes

dont il était alors général : Je mande à votre charité que, parmi lesBMsuit en Grèce, so nombreux désirs de mon cœur que la charge du gouvernement ré-BMhesoin de frères d ie le prie de m’éc

L'empereur gr qué par Charles, à soutenir la gue Aquentes ambassa

veille sans cesse en moi, celui-ci n’est pas le moindre, savoir : que, par le ministère de notre ordre, les chrétiens schismatiques soient BA ramenés à l'unité de l’Église, et le nom de Notre-Seigneur Jésus-k Christ porté devant les perfides Juifs, devant les Sarrasins depuis sk longtemps trompés par leur faux prophète, devant les païens ido-B

lâtres, devant les barbares et devant toutes les nations, afin que nouP#Papes changeaier soyons ses témoins et le salut de tous jusqu'aux extrémités de liEM l'union des églis: terre. D Ipatriarche Josepl Mais à cela il y a deux obstacles : le premier, l'ignorance des {complaisance et langues, qu’à peine quelque frère veut apprendre, beaucoup pré-fn ni le contredire férant dans leurs études une curiosité multiple à l'utilité. L'autr Eglise demeurera obstacle est l'amour du sol natal, dont la douceur enlace tellemen!EMen possession, sa

1 Marthène, Collect, amplis., etc., t. 8, col, 190-198, Mansi, t. 24. 1 Martène, Thesau

- De 1210 M à1276 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 67

faudrait E un grand nombre, la nature n’étant pas encore transformée en grâce orité de D chez eux, qu'ils ne veulent point sortir de leur terre et de leur pawmis de Brenté, ni oublier leur peuple, mais vivre et mourir entre leurs pales fêtes Brents et leurs connaissances, sans s’effrayer de cet exemple du les jours ; À Sauvèur, qui n'a pas voulu que sa mère même le trouvât parmi ces eur vie, M sortes de personnes.

églises. Réveillez-vous, frères que Dieu appelle, et voyez si l’on trouve dévote. B rien de semblable dans nos modèles, les apôtres. N'étaient-ils pas d’abré- tous Galiléens? et qui d’entre eux resta dans la Galilée ? Ne se sontndiants, R ils pas répandus, l’un dans l'Inde, l’autre dans l'Éthiopie, l'autre en nt la vie R Asie, l’autre dans l’Achaïe? N'est-ce point ainsi dispersés, au long s prélats BB et au large, par les diverses nations, qu’ils ont produit dans le monde is facile, R Me fruit que nous voyons ?

souvent, BR Que si quelqu'un dit : Cela nous est difficile, nous, nous ne pouatife. À vons lesimiter. — Malheur à nous, si nous voulons être prédicateurs, vacance, D de nous écarter des traces de ces prédicateurs! Jamais nos frères on, mais D primitifs n'ont ainsi parlé, eux que notre saint père, le bienheureux yaume : E\ Dominique dispersa tous, dès leur noviciat, par tout l'univers. Que it mieux R jamais une pense aussi abjecte ne monte dans vos cœurs, frères n roi où ù élus de Dieu ; mais, considérant que nous sommes appelés à la peres com- Bi ection et à une obéissance prompte, exposons-nous à tout pour avant en ÿ le salut des âmes et la gloire du Sauveur. Si donc quelqu'un, par M'inspiration de la grâce divine, se trouve disposé à apprendre j’aus faire rabe, l'hébreu, le grec ou une autre langue barbare, pour acquérir Romans, Bien son temps la récompense d’une œuvre salutaire ; si, de plus, il n ordre, è trouve prêt à quitter sa patrie, pour aller soit à la Terre-Sainte, armi lesBsvit en Grèce, soit dans les pays voisins des infidèles, qui ont tant ment ré-f besoin de ères dévoués à tout souffrir pour le nom de Jésus-Christ, ir : que, 1 le prie de m'écrire ses sentiments à cet égard 1. es soientBi L'empereur grec Miche! Paléologue craignait toujours d'être attair Jésus-Bique par Charles, roi de Sicile, et, en même temps qu’il se préparait

ME | À à La

depuis sPMA soutenir la guerre, il ne cessait point d'envoyer par mer de fré-

ïens ido-k . quentes ambassades en cour de Rome, et d’autant plus que les 1 que nou BéPapes changeaient plus souvent. Le but de ces ambassades était “pi tés de kBMl'union des églises, et l'empereur s’efforçait d'y faire concourir le |

bapatriarche Joseph et les évêques ; mais ils ne l’écoutaient que par ance des! deomplaisance et par manière d’acquit. Car ils n’osaient lui résister

up pré-Bani le contredire ouvertement, et toutefois ils croyaient que leur . L’autr Eglise demeurerait dans l'indépendance et l'autorité dont elle était Lellement EMEn possession, sans être en danger de subir la juridiction des Latins,

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qu'ils regardaient comme des marchands et des artisans. Il ne leur venait pas dans l'esprit que ce dessein de l’empereur pût s’exécuter en un moment. Ils croyaient qu'il en arriverait comme de tant d’autres tentatives des empereurs précédents, qui avaient manqué par des obstacles survenus, ou que, si la négociation avait quelques succès, le schisme ne cesserait pas pour cela. Ils ne laissaient pas de traiter amiablement les frères Mineurs et les autres Italiens, comme les tenant pour chrétiens, sans disputer avec eux. Telles étaient les dispositions des Grecs de Constantinople, suivant l’historien Pachymère, l’un d’entre eux !.

Quand le saint pape Grégoire X fut élu, l’empereur Michel apprit par la renommée que c'était un homme vertueux et zélé pour Punion des églises, et Grégoire, en revenant de Syrie, lui envoya des frères mendiants le complimenter, lui donner part de son élection, et lui témoigner son ardent désir pour l'union, ajoutant que, si l'empereur la souhaitait de son côté, il n’en aurait jamais une plus belle occasion que sous son pontificat. Or, les Grecs étaient persuadés que Michel ne cherchait la paix que par la crainte du roi de Sicile, et que Grégoire la désirait de bonne foi. En effet, il y pensa dès le commencement de sa promotion, comme il le témoigne luimême dans la lettre qu’il écrivit depuis à Michel ; et il résolut de lui envoyer des nonces et des lettres, pour l’inviter au concile, dès

le temps qu’il en fit la convocation ; mais, par le conseil des cardi- £ naux, il attendit qu’il eût reçu la réponse de Michel aux dernières En lettres du pape Clément IV, afin d'envoyer ses nonces mieux in- En

struits.

été d’un grand poids pour l'union. Le saint Pape, dans la joie que lui causa cette lettre, envoya à l'empereur quatre autres frères Mi-

de Mugel. Il les chargea d’une lettre où il dit que, suivant ce projet

1Pachym., 1, 7, ©. 10.

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à 1276 de l’ère

mencer par c avaient envoy au concile ave apocrisiaires ( ces quatre no du concile, as du 24me d’oc

Le Pape é l'exhortant de cile. Il donna profession de que doivent d les autorisa p reur, à l'effet recommandat ils passeraier pria aussi d’ac

L'empereur:

églises, et, un uns du clergé

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Il leur mont danger, et ie:

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LA donc que l’a

En effet, l’empereur Michel envoya un frère Mineur, nommé Jean be Parastron, Grec d'origine, qui savait très-bien la langue, et avait un PM zèle ardent pour l’union, dont il conférait souvent avec le patriarche EM et les évêques, et témoignait une grande estime des cérémonies et PA des usages des Grecs. Ce frère apporta au Pape des lettres de l’em- LA pereur, où il disait avoir espéré que le souverain Pontife, en reve- | ; nant de Syrie, passerait à Constantinople; qu'il y eût été reçu avec Eu l'honneur et le respect qui lui sont dus, etque sa puissance aurait EM

nuel avaient liturgie avec s’abstint d'en nople. L’emp rence de l’éta leur représen cunement les symbole l’adc

À leur représen … culté de com neurs, Jérôme d’Ascoli, depuis pape Nicolas IV, Raymond Bérenger, LA

Bonnegrâce de Saint-Jean, depuis général de l'ordre, Bonaventure 4 changeant se: ; t ) 8 S

À tait-il, de no d'union formé par les deux papes Urbain et Clément, il faut com- 4

ments, ni de

1 Labbe, t. 1!

p. 948. Waddin

— De 1270

1 ne leur exécuter ant d’aunqué par quelques aient pas Italiens, es étaient rien Pa-

el apprit our l’uvoya des élection, , que, si une plus ; persualu roi de | y pensa igne luiésolut de icile, dès les cardidernières nieux in-

nmé Jean P®

avait un PU atriarche PE s'abstint d'envoyer du secours aux Latins qui étaient à Constantimonies et PA nople. L'empereur fit remarquer à l'assemblée des prélats la difféde l’em- }4 rence de l’état des affaires en ce temps-là et au temps présent ; il , en reve- 4 reçu avec

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à 1276 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 69

mencer par convenir, touchant la foi, selon la formule qu'ils en avaient envoyée. Ce qui étant fait, il prie l’empereur de se trouver au concile avec les autres princes catholiques, ou d'y -envoyer des apocrisiaires de grande autorité, et enfin de renvoyer promptement ces quatre nonces, afin qu'ils pussent être de retour avant la tenue du concile, assez à temps pour en préparer la matière. La lettre est du 24me d'octobre 1272 1.

Le Pape écrivit aussi à Joseph, patriarche de Constantinople, l'exhortant de concourir à l’union, et de venir en personne au concile. Il donna une instruction aux nônces, contenant la forme de la profession de foi et de la reconnaissance de la primauté du Pape que doivent donner l’empereur et les prélats de l’église grecque. Il les autorisa pour donner sauf-conduit aux apocrisiaires de l’empereur, à l'effet de venir au concile ; enfin il leur donna des lettres de recommandation pour tous les prélats et les princes chez :esquels ils passeraient, particulièrement pour Charles, roi de Sicile, qu’il pria aussi d'accorder sûreté aux ambassadeurs de l’empereur grec ?.

L'empereur Michel pressait toujours cette affaire de l’union des églises, et, un jour que le patriarche Joseph, les évêques et quelquesuns du clergé étaient assemblés autour de lui, il leur en parla avec beaucoup de poids, y mélant, comme à son ordinaire, de la terreur. Il leur montrait qu’on pouvait traiter avec les Latins sans aucun danger, et leur apportait l’exemple de ce qui s'était passé, suivant les instructions que lui en avaient données l’archidiacre Meliteniote, Georges de Chypre, et le rhéteur Holobole. Il leur représentait donc que l’empereur Jean Vatace, les évêques et le patriarche Manuel avaient envoyé des évêques pour promettre de célébrer la liturgie avec les Latins, et faire mention du Pape, pourvu qu'il

leur représenta les lettres des évêques d’alors, où, sans accuser aucunement les Latins d’hérésie, ils les priaient simplement d’ôter du symbole l'addition Æilioque, la laissant dans leurs autres écrits. Il leur représentait encore que les Grecs ne faisaient point de difiiculté de communiquer avec les Latins dans, les plus grands sacrements, ni de les recevoir, s’ils voulaient embrasser leur rite, en

L changeant seulement de langue. Qu’y a-t-il contre les canons, ajou-

tait-il, de nommer le Pape dans les prières, puisque c’est l’usage

1 Labbe, t, 11, p. 942. Raynald, 1272, n. 25. Wadding, 1272, n. 8. — ? Labbe,

À p. 948. Wadding, n. 7, etc.

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d'y nommer tant d’autres qui ne sont point Papes, quand ils se trou. vent présents? Le mal est encore moindre de le nommer frère et prenier, puisque le mauvais riche nommait bien Abraham son père, quoiqu'il en fût éloigné en toutes manières. Et si nous accor-

dons encore les appellations, y aurait-il presse à passer la mer pour M

aller plaider si loin ?

L'empereur ayant ainsi parlé, le patriarche s'attendait que je cartophylax Jean Veccus le réfuterait aussitôt. Mais, voyant que la crainte le retenait, il lui commanda, sous peine d'excommunication, de déclarer quel était son jugement touchant les Latins. Veccus, pressé des deux côtés, avoua franchement qu’il aimait mieux s’exposer

à la peine temporelle qu'à la spirituelle, et, s’expliquant au fond, il Bi dit : Quelques-uns ont le nom d’hérétiques sans l’être, d’autres le Bi sont sans en avoir le nom; et les Latins sont de ce genre. Ce discours b rassura fort le patriarche, et irrita l'empereur, qui, ne pouvant leBM

souffrir, rompit aussitôt l'assemblée.

Quelques j jours après, il fit accuser Veccus devant le concile d'a- ! à voir prévariqué dans une ambassade. Veccus soutint que l'accusation M était surannée, et que sa véritable partie était l’empereur, conte bi lequel il ne pouvait se défendre. Les évêques s’excusèrent de prendre P# connaissance de l'affaire, disant qu’un clerc du patriarche ne pou- M vait être jugé sans sa permission ; mais le patriarche n’avait garde de le permettre, car, ayant trouvé un tel défenseur de son opinion, 1

il voulait la soutenir. Ainsi cette tentative de l'empereur fut inutile.

Cependant Veccus alla le trouver, et le supplia de n’avoir point deb4 ressentiment contre lui, puisqu'il n'était point coupable. Il offrit EM même de quitter sa dignité de cartophylax et ses revenus, plutôtÆM que de faire un schisme dans l’Église, ou perdre les bonnes grâces de l’empereur; enfin il se soumettait à l'exil. L'empereur, voulant couvrir la honte qu’il avait de sa colère par une apparence d’huma-b«

nité, le renvoya chez lui sans rien dire. Veccus, ne s’attendant qui

être exilé, se réfugia dans la grande église; mais l’empereur, voyant} $

qu’il ne pouvait venir à bout de son dessein, lui envoya un ordre | de venir le trouver, le traitant avec toute sorte d'honneur; et, quant il se fut mis en chemin, il le fit mettre en prison.

Ensuite l’empereur, se servant des savants qu'il avait auprès à 1

lui, dont les principaux étaient l’archidiacre Meliteniote et Georga! #

de Chypre, composa un écrit où il prouvait, par des histoires et sa autorités, que la doctrine des Latins était sans reproche, et l envoyi| au patriarche, avec ordre d'y répondre incessamment, mais seule? ment par les histoires et par les passages de l'Écriture, déclarant qu'il ne recevrait pas ce que le patriarche avancerait de lui-même.

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à 1276 de l’ère ch

L'empereur pa sonne entreprit Mais le patriar( assembla ceux l'empereur, se !

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à 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 71

L'empereur parlait avec cette confiance, ne croyant pas que personne entreprit de lui répondre après qu'il s'était assuré de Veccus. Mais le patriarche avec son concile, ayant délibéré sur cet écrit, assembla ceux qui étaient dans ses sentiments. Eudoxe, sœur de l'empereur, se trouva aussi à cette assemblée, ainsi que tout ce qu'il y avait de moines et de savants opposés aux Latins.

On lut l'écrit de l’empereur, et le moine Job Josite se chargea d’y répondre avec le secours de quelques autres, entre lesquels était l'historien Georges Pachymère, de qui nous tenons ce récit. La réponse, étant composée, fut lue dans l’assemblée; on y corrige’; les expressions qui semblaient trop dures pour l'empereur, et on la lui envoya. L'empereur, l'ayant lue exactement, se trouva frustré de son espérance, dit toujours Pachymère ; et, feignant de la mépriser, il différa de la faire lire publiquement ; puis, voyant son entreprise manquée de ce côté-là, il résolut de gagner Veccus.

Pour cet effet, il lui fit donner dans sa prison tous les passages de l'Écriture et des Pères qui paraissaient favorables aux Latins, notamment les écrits que Nicéphore Blemmides avait composés làdessus quelques années auparavant; et comme Veccus était un homme droit, aimant en tout la vérité, il commença à douter s’il ne s'était point trompé jusqu'alors; car il avait plus étudié les auteurs profanes que les saintes Écritures. Il demanda à voir les livres entiers dont on avait tiré ces passages, afin de les lire exactement et de se persuader solidement de la créance des Latins, s’il la trouvait véritable, ou pour dire les raisons qui l’'empêchaient de s’y rendre. L'empereur le tira de prison, et lui fit donner les livres, pour les étudier à loisir ; ce qu'il fit avec tant de succès, qu’il trouva la réunion facile, et qu’on ne pouvait reprocher aux Latins que l’addition

| au symbole. Il fut touché entre autres du passage de saint Cyrille,

qui dit : Le Saint-Esprit est substantiellement de tous les deux, c’està-dire du Père par le Fils; et de celui de saint Maxime, qui dit dans sa lettre à Rufin : Par où ils montrent qu'ils ne disent pas que le Fils soit la cause du Saint-Esprit, mais qu’il procède de lui, et prouve par là l'union et l’inséparabilité de la substance. Enfin saint Athanase dit : On reconnait le Saint-Esprit au rang des personnes divines, en ce qu’il procède de Dieu par le Fils et n'est pas son ouvrage, comme disent les hérétiques. Veccus, ayant ainsi mis sa conscience en repos, se déclara pour la paix, et l'empereur en conçut dès lors une grande espérance. Il pressait donc les évêques d’y consentir, afin de ne pas retenir plus longtemps les nonces du Pape.

Avant que Veceus se fût déclaré , le moine Job, craignant que le patriarche Joseph ne cédât aux instances de l'empereur, lui conseilla

ra

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