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72 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV,—De 1218 à 1216 de l'ère ch
de faire une déclaration par écrit, de l'envoyer à tous les fidèles et dB prélats dans l la confirmer par serment, pour montrer qu'il ne voulait point BN hors le grand lo, réunion avec les Latins. Le patriarche suivit ce conseil ; mais, avant de Saint-Pierre, que d'envoyer la déclaration, il voulut sonder les évêques, pour s-[M sitions de parf or ss Liendraient ferme jusqu’à la fin. Les ayant assemblés, il leur 4 grand autel de fit lire 15 déclaration , et tous, excepté les plus prévoyants , y con- Pi de perles 1, sentirent et y souscrivirent. L'empereur fut fort allligé que le pa D Quand ils fu triarche se füt engagé de la sorte ; car autant il souhaitait que l’union ft rompre avec le se fit, autant souhaitait-ii que ce fût par le patriarche ; mais la con. « fit avec lui un version de Veccus le consola. « se retirerait au Il renvoya donc au Pape deux de ses nonces, Raymond Bérenge MM léges et sa no: et Bonaventure de Mugel, tous deux frères Mineurs, envoyés l'année PA réussissait pas, précédente à Constantinople, et retint les deux autres, pour le palais et n'aura envoyer avec ses ambassadeurs. Il chargea ces deux-ci d’une lettre LM s'était passé ; m où il témoigne la joie que lui a donnée la lettre du Pape et sonb4 lument et on 1 empressement pour l'union des églises, se remettant aux nonce hf pouvoir revenir pour instruire le Pape des bonnes dispositions où ils ont laisstb Suivant cette co les Grecs. Il représente combien cette union sera utile à la guerre | blepte, le 14e «
contre les infidèles, et prie le Pape de procurer la sûreté du voyage Cependant l’e des ambassadeurs qu'il promet d’envoyer incessamment au con-| * vas consentir à cile !,
; « plusieurs fois -e Le Pape, dans sa réponse, témoigne queique défiance, er. disant:b4 avoir persuadé: Plusieurs personnes considérables assurent que les Grecs tirent el 4 soumis et de longueur le traité d'union par des discours artificieux et peu sincères: LA qu'il avait faite : c'est pourquoi ils ont souvent voulu nous détourner de vous envoyer 4 reproches. Tout des nonces. Ce que nous vous écrivons , pour vous exciter d’autantb M douceur, et, les plus à procéder en cette affaire efficacement et sincèrement, afin de MM dit : Je ne trava fermer la bouche à ceux qui parlent ai::si, et qui remarquent le long} A guerres et d’épa séjour de nos nonces , et disent que l'on a souvent affecté de tek EM fois rien innover délais, espérant quelque occasion imprévue de rompre la négocia- LM se rapporte à tr tion. La ïettre est datée de Lyon, le 23me de novembre 1273. En même nation du Pape temps, le Pape écrivit à Philippe, empereur titulaire de Constanti- Qù rien ; car, qua nople, et à Charles, roi de Sicile, pour les prier de donner entière HQui s’avisera de sûreté aux ambassadeurs de Paléologue 2. bla poursuite de L'empereur grec choisit enfin des ambassadeurs pour le concilk}Æmention du Pa; de Lyon. Ce furent Germain , ancien patriarche di Constantinople, ! 4 Théophane , métropolitain de Nicée : entre les sénateurs , Georges Acropolite, grani logothète, qui a écrit l’histoire des empereurs précédents, Panaret, maître de la garde-robe, et le grand interprète, surnommé de Bérée. Ils s’embarquèrent sur deux galères : les deux
1 Raynald, 1273, n. 44. Labbe, t. 11, p. 350, ? Ibid,
V, De 191 Ë à 1216 de l’êre chr.] : DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 73
èles et 4 prélats dans l’une, dans l’autre les ambassadeurs de l'empereur, point hf hors le grand logothète. Ils portaient plusieurs offrandes pour l'église ais, avant@N de Saint-Pierre, des parements, des images à fond d'or, des compo pour PM sitions de parfums précieux ; de plus, un tapis destiné pour le és, il leur grand autel de Sainte-Sophie de couleur de rose, tissu d'or et semé , ÿ Con- F de perles 1,
1e le pa Quand ils furent partis, l'empereur, ne pouvant se résoudre à 1e l'union fs rompre avec le patriarche Joseph , qui lui avait donné l'absolution,
is la con. PM fit avec lui une convention, qu'il quitterait le palais patriarcal, et
LA se retirerait au monastère de la Périblepte, conservant ses privi- Bérenger EM léges et sa nomination dans les prières. Que si la négociation ne s l'annéeB réussissait pas, par quelque raison que ce fût, il rentrerait dans son pour le EM palais et n'aurait aucun ressentiment contre les évêques de ce qui ane lettreBM s'était passé ; mais que, si la négociation réussissait, il céderait absove et son lument et on ferait un autre patriarche, puisqu'il ne croyait pas x nonce} 4 pouvoir revenir contre son serment de ne jamais consentir à l'union.
nt laissé} Suivant cette convention , Joseph se retira au monastère de la Périla guerre blepte, le 41e de janvier 1274.
lu voyageh Cependant l’empereur craignait fort que les évêques ne voulussent au con-} À pas consentir à l'union, d’autant plus que Veccus leur avait parlé 4 plusieurs fois et leur avait apporté les passages des Pères, sans les
ca tie
A disant:EM£ avoir persuadés. L'empereur les accusait donc de ne lui être pas tirent en sounis et de lui donner des malédictions, à cause de la violence sincères; 4 qu'il avait faite à ceux qui avaient plié et auxquels ils en faisaient des envoyer b A reproches. Toutefois, il voulut encore essayer de les gagner par la d'autant 4 douceur, et, les ayant assemblés et fait asseoir autour de lui, il leur
Es t, afin de” it le long!
té de tek}
dit : Je ne travaille à la paix que dans le dessein d’éviter de cruelles “suerres et d'épargner le sang des Roméens ou des Grecs, sans toute- . lois rien innover dans l’Église. Or, la négociat on avec l'Église romaine
négocia-! Mse rapporte à trois articles : la primauté, les appellations et la nomi- En même! Ænation du Pape dans la prière, dont chacun, bien examiné, se réduit onstanti- M rien ; car, quand le Pape viendra-t-il ici prendre la première place ?
r entière Qui s’avisera de passer la mer et de faire un si grand voyage pour la pours: Le de ses droits ? Enfin, quel inconvénient y a-t-il de faire
> concik}Æmention du Pape dans la grande église quand le patriarche célèbre
ntinople, La liturgie? Combien de fois nos pères n’ont-ils pas usé de sem- Georges blables condescendances ! Cependant j'apprends que vous, je dis npereurs Æmême les évêques, vous vous éloignez de ceux qui entrent dans terprète, : ÆCelle-ci ; vous voulez nous diviser, et vous nous donnez des maléles deux Mdictions, comme si nous ne voulions pas en demeurer là, mais vous
; 1 Pachym., 1. LEE À
74 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXV, — De 121
forcer à changer nos usages et à parler en tout comme les Latins C'est ce qu’il faut maintenant éclaircir. Que chacun donc dise ce qu'il en pense, sans s'arrêter à son sens particulier, mais ayant en vue | bien de l'Église.
Les évêques nièrent absolument d’avoir donné des malédiction à l'empereur, s’offrant à en recevoir le châtiment s’ils en étaier convaincus ; mais ils ne disconvinrent pas qu'ils ne fussent partagà de sentiments, parce que chacun est libre de suivre l'avis qui li semble le plus raisonnable, et même d'en changer. Ils ajoutèraips qu'il ne leur était pas permis par les canons de dire leur avis « commun sans le patriarche, auquel ils étaient soumis ; mais qu’ils !BM diraient chacun en particulier , s'ils étaient interrogés. L'empereuls les interrogea donc, et quelqu'un refusa tous les trois articles, disaé qu'il fallait conserver à la postérité la tradition qu’ils avaient reçue que si l'État était menacé de quelques périls, ce n'était pas à eux tf se mettre en peine, sinon pour prier ; mais que c'était à l'empereull de ne rien omettre pour procurer la sûreté publique par d’'autr moyens. Quelques-uns accordaient la primauté et l’appellationp# parce qu’on pouvait le faire de parole sans venir à l'exécution ; ma
SAS D te
avec ceux qui avaient altéré le symbole de la foi. Xiphilin, granft économe de l’église de Constantinople, usant de la confiance que ll donnaient son grand âge et sa familiarité avec l’empereur, lui prit lÿ genoux, et le conjura de prendre garde qu’en voulant détourner u guerre étrangère, il n’en excitât au dedans une plus dangereuse. L'empereur demeura quelques jours en repos, et apprit quel ecclésiastiques étaient en grande agitation, parce que ceux qui étaie demeurés opiniâtres dans le schisme, et ceux qui avaient cédé à instances, se regardaient mutuellement comme excommuniés. Aloÿ 4 il composa un écrit au sujet de la soumission qui lui était due, et} leur fit souscrire à tous, afin de pouvoir dire qu’il avait leurs “hi criptions, quoique sur un autre sujet. Ensuite il envoya faire b 4
recherche dans leurs maisons, sous prétexte qu'elles lui appartenait}
toutes, comme ayant conquis Constantinople, et qu'illes avait donné 4
gratuitement à ceux qui lui étaient affectionnés ; mais qu'il révoqui cette grâce à l'égard des rebelles, et leur faisait payer le loyer pod la jouissance passée. Sous ce prétexte, on saisissait et on enlewi les meubles. On préparait sur mer des bâtiments pour envoyer 44 exil les coupables ; et, en effet, on en transporta dans diverses Ïs 4 et dans des villes éloignées ; quelques-uns se soumirent à la voloi! 4 de l'empereur avant que de sortir du port, et revinrent.
Le clergé grec, voyant donc le péril qui le menaçait, supplia l'a
à 1270 de l'ère chr
pereur de susp ambassadeurs q quelques instan sément qu'ils
donnaient leurs daient, craignar il publia une d malédictions et d'ajouter au sy
les trois articles
aux prières ; et
4ll ajoutait de gr
ecclésiastiques,
dques-uns, qui fi
soumis ; en s0r Cependant le
Aversait la Lomb:
{mais n'y réussi:
Æde Napoléon de de nommer le Pape à la prière, ils disaient que c'était communique
vêque Otton Vis
Æpar ce moyen p dl'animosité de
conseilla de den Aie là au concile tard. Grégoire } Milan. Un chro dMilanais, et qu'i Milny parait gt 2Raymond de la après celui de
{Lyon, jugeant s Æ'acante depuis!
En arrivant à u chemin, en s
Ale la dédicace bre. Il venait de
mérite. Les deu:
de Lyon, quid nom d’Innocent
! Pachym., L 5,
Ait, t. 21, p, 61.
. — De 12100 à 1276 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 75
Lpereur de suspendre les effets de sa colère jusqu'au retour des ambassadeurs qu'il avait envoyés au Pape; mais ils n’obtinrent rien, quelques instances qu'ils fissent, Au contraire, on leur déclara expressément qu'ils seraient réputés criminels de lèse-majesté s'ils ne donnaient leurs souscriptions. Et comme quelques-uns s’en défendaient, craignant que l'empereur n'ajoutât aux articles de l'union, il publia une déclaration scellée en or, où il promettait, sous des malédictions et des serments terribles, qu'il n'obligerait personne d'ajouter au symbole un iota, et ne demanderait autres choses que Ales trois articles de la primauté, de l'appellation et de la nomination aux prières ; et encore de parole seulement et par condescendance. Il ajoutait de grandes menaces contre quiconque n'obéirait pas. Les ecclésiastiques, rassurés par cette déclaration, souscrivirent, hors quelient reçueBM ques-uns, qui furent exilés, et rappelés quelque temps après, s'étant as à eux 4j soumis ; en sorte qu’il n'y eut personne dans le clergé qui n’obéit1. l'emperer #4 Cependant le saint pape Grégoire X, étant parti de Florence, traar d’autrf versait la Lombardie, travaillant à réconcilier les villes et les factions, ppellationf® mais n'y réussissant pas toujours. La ville de Milan était au pouvoir tion ; mifÆ de Napoléon de la Torre, chef de la faction qui avait banni l'archemmuniquep| grêèque Otton Visconti. L’archevêque accompagnait le Pape, et croyait ilin, gran@@ par ce moyen pouvoir rentrer dans son siége. Mais quand on sut que ince que lipi dl'animosité de la faction opposée était encore extrême, le Pape lui , lui prit conseilla de demeurer à Plaisance au sein de sa famille, et de venir ourner ui LUC là au concile de Lyon, espérant le faire rentrer dans son siége plus reuse, D dtard. Grégoire X fut reçu magnifiquement par Napoléon, seigneur de Ailan. Un chroniqueur prétend que le Pape se laissa peu voir des A\lilanais, et qu'il partit fort mécontent du parti de Napoléon; mais t cédé à Ml n'y paraît guère, car le Pape donna au frère de ce seigneur, iniés. Al! ŒRaymond de la Torre, le patriarcat d'Aquilée, le siége le plus riche t due, etEMaprès celui de Rome, et le dispensa même de venir au concile de leurs “a Lyon, jugeant sa présence plus nécessaire dans l’église d'Aquilée, ya faire À Ævacante depuis longtemps 2.
partenaief © En arrivant à Lyon, saint Grégoire X tomba malade de la fatigue ait donné} Mu chemin, en sorte qu'il ne put assister à la messe solennelle le jour il révoqu} Œde la dédicace de Saint-Pierre de Rome, qui est le 18 de novemloyer po} bre. IL venait de faire cinq cardinaux, tous recommandables par leur on enter Æmérite. Les deux principaux étaient Pierre de Tarentaise, archevêque envoyer # de Lyon, qui devint cardinal-évêque d'Ostie, et enfin pape sous le liverses 18 Ænom d’Innocent V. C'était un religieux de Saint-Dominique, docteur à la volot! %
les Latins lise ce qu'il ten vuekf
alédiction en étaier nt partagé vis qui lu ajoutèreilt ur avis «ll ais qu’ils li L'empereubs cles, disanf
sé nes .
! Pachym., L 5, ce. 18 et 19. — 2 Muratori, Annali d'Italia, 1273, Mansi, Con:
applia let cit. t. 21, p, 61.
76 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXXV. — De 17h 1276 de l'ère chr.]
fameux dans son ordre, et qui avait enseigné à Paris après sai Thomas; il était provincial quand Grégoire X le fit archevêque 4: Lyon en 1272, et cardinal l’année suivante. Le plus célèbre de self collègues fut saint Bonaventure, général des frères Mineurs, qui ét APRES PAIE occupé à laver la vaisselle à la cuisine quand on lui apporta les ini La pren eue signes de cardinal de la sainte Église romaine. Ê HE AERS Le saint Pape avait envoyé ordre à un autre saint de venir au con cile général de Lyon, savoir, saint Thomas d'Aquin. Il était à Naplfans SON Toyaume où il avait été envoyé en 1272, après le chapitre général de l’ord eos CES paioIes tenu à la Pentecôte à Florence. L'université de Paris écrivit à Ron repos. On le chapitre, demandant instamment qu’on lui renvoyât le saint docteur alade plus d'un mais le roi Charles de Sicile l'emporta, et obtint que Thomas wiputes 165 marques enseigner dans la ville capitale de sa patrie, dont il avait refusé l’a utérent l'avantag chevêché. Ce prince lui assigna une pension d’une once d’or par moïk m2 sut Ce fut là qre le saint docteur continua la troisième partie. de AITPS Are ne Somme jusqu’au traité de la Pénitence, qu'il laissa inachevé. Ce fi Durée ous aussi à Naples, en 1237, que saint Thomas vit en songe frère Romai PLUS IE NES neveu du pape Nicolas IE, auquel il avait cédé sa chaire de théolog pres L DMCRIONS : à Paris, et qui était mort depuis peu. Thomas lui demanda si la 5" LE On Per sion de Dieu par essence était telle qu’on la décrivait dans les livre peu Augustin :. J Romain répondit : On le voit d’une manière plus noble, et vousi PANQUe lorsque saurez bientôt. our. Maintenant
Thomas partit donc de Naples pour se rendre à Lyon, suivant l'a" P one He dre du Pape, et prit avec lui le traité qu’il avait fait contre les Grapge ant pee de LL par ordre d’Urbain IV, pour les convaincre d’erreur et de schism à el rl al Sa santé était dès lors en mauvais état; ce qui ne l’empêcha pointif 1 GIE PÉSE pit partir vers la fin de janvier 1274. On lui donna pour compagnon tÿ Te” qe mor 1 voyage le père Renaud de Piperne, qu’on chargea de prendre soi Run dicfe: ie: cc de lui, parce qu'il était si peu occupé de son corps, qu'il aurait sou 4 CAten date A vent oublié de pourvoir aux plus indispensables nécessités, si quel à nus AIDES : qu’un n’y eût veillé particulièrement. 7 où
Thomas, ayant trouvé sur sa route le château de Magenza, y pal 4 2 PANIHAINEN i quelque temps pour voir Françoise d'Aquin, sa nièce, mariéeul à ii d ver comte de Cécan. Là, sa maladie augmenta considérablement, et: pus ven = fut pris d’un dégoût généra! pour toutes sortes de nourriturél us us Pate Comme on le pressait un jour de dire ce qu’il avait envie de mange! 4 5è a RSES Re il répondit, pour se délivrer des importunités de ses parents, qui à ue Le de mangerait peut-être d’un certain poisson très-commun en Franc} 4 Vaull rep : mais fort rare en Italie. On se donna toutefois tant de mouvemaik tés considérabl qu'on en trouva, et qu'on lui en servit; mais il ne voulut point{ "7 Ont toujours toucher, par esprit de mortification. Ce dégoût universel étant u 4 ble d'aucun pécl peu diminué, et ses forces commençant à revenir, il continua À il remerciait Di
toute, malgré la c« Das éloignée. Cepe mal, et la fièvre
À 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 71
. Broute, malgré la certitude qu'il avait que sa dernière heure n'était P is sa Las éloignée. Cependant les fatigues du voyage redoublèrent son ere ke mal, et la fièvre devint si violente, qu'il fut obligé de s'arrêter à qui éti Fossa-Nova, célèbre abbaye de Citeaux, au diocèse de Terracine.
: Di La première chose qu’il fit en y entrant, fut d’aller saluer le Saint- He ee acrement selon sa coutume. La face prosternée contre terre, il ipandit son âme en présence de celui qui devait l'appeler bientôt ans son royaume. Ayant ensuite passé dans le cloître, il y prode l'oraonsa ces paroles du psalmiste : Cest ici pour toujours le lieu de on repos. On le mit dans l'appartement de l'abbé, où il demeura Phalade plus d’un mois. Les religieux de Fossa-Nova lui donnèrent doutes les marques possibles de respect et de vénération. Ils se dis- Dutèrent l'avantage de le servir, s’estimant heureux de pouvoir être tiles à un homme qu'ils regardaient comme un ange revêtu d’un rps mortel. Ils étaient aussi surpris qu'édifiés de sa patience, de n humilité, de son recueillement et de sa ferveur dans la prière. Plus le saint voyait approcher l'heure de sa mort, plus il soupirait près le moment heureux qui devait le faire entrer dans la gloire de n Dieu. On l’entendait répéter continuellement ces paroles de int Augustin :. Je ne commencerai à vivre véritablement, à mon ieu ! que lorsque je serai entièrement rempli de vous et de votre #mour. Maintenant je suis à charge à moi-même, parce que je ne Puis point encore assez plein de vous. Les religieux de Fossa-Nova Payant prié de leur expliquer le Cantique des cantiques, comme saint ernard l'avait fait autrefois en pareille circonstance : Donnez-moi, ur dit-il, l'esprit de saint Bernard, et je me rendrai à ce que vous
, — De 127,
ii AU CON
les livres et vous lh
ivant lo > les Gret e schisne
a pointif#. : : ue w ne ip isez de moi. Il céda pourtant à la fin à leurs instances réltérées, sil leur dicta une courte explication de ce livre mystérieux.
4 Cependant notre saint se trouva fort mal. Sa faiblesse devint si grande, qu'après s'être recommandé aux prières des religieux qui lenvironnaient, il les conjura de le laisser seul, afin qu'il pût consa- @er uniquement à Dieu le peu de moments qu'il avait encore à vivre.
urait sou :s, Si que
A, y pas , : Fe. É en Pan il se vit en liberté, il produisit, avec les sentiments de la foi
mariée { : : ; : :
plus vive, des actes d'adoration, d'amour, de remerciment, d’hu-
ment, el... fi — = a
re iité et de contrition. Il fit ensuite une confession générale de toute . au à vie au père Renaud, et cela avec une grande abondance de lar- “4 Mes. Ce n'était pas qu’il eût commis des crimes ; Mais son amour
‘ents, qui 4 À à ; : x A .
n Franct Eu Dieu lui représentait les fautes les plus légères comme des infiem @lités considérables; car ceux auxquels il avait manifesté son inté. Lut point, ur ont toujours été persuadés qu'il ne s'était jamais rendu cou-
Bible d'aucun péché mortel. Il dit au père Renaud, avant de mourir,
1 étant #. nee : , à il remerciait Dieu de l'avoir constamment prévenu par sa grâce.
ntinua
78 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 1910 Ba 1276 de l'ère car.] D
de l'avoir toujours conduit comme par la main, et d’avoir préservé Ben simple religieux, et son âme de ces chutes qui détruisent la charité ; puis, à l'exemple Ba eue de ‘n'exaucer. E de saint Augustin, il ajouta que c'était par un pur effet de la miséri. Bge si peu avancé, il m corde divine qu'il avait été délivré de tous les péchés dans lesquels Bises serviteurs. Ne vous il n’était pas tombé. Lest pénétré de la joie le Le saint docteur ayant reçu l’absolution avec tous les sentiment, BR 1! témoigna ensuite « d'un parfait pénitent, demanda le saint viatique. Pendant que l'abbé BMFossa-Nova pour tous et ses religieux se préparaient à le lui apporter, il pria ceux qui Bison égard. Un religieu étaient autour de son lit de le mettre sur la cendre, afin de pouvoir, Lqu'il fallait faire pour dit-il, recevoir Jésus-Christ avec plus de respect. Ce fut ainsi qu'il BQuiconque, répondit-il voulut attendre le Sauveur, malgré l'extrême faiblesse où il était ré. Bkera toujours prêt à lu duit. Lorsqu'il vit la sainte hostie entre les mains du prêtre, il pro- Bjamais son amour en c« nonça les paroles suivantes, avec une tendresse de dévotion qui tira paroles. Il pria encore les larmes des yeux de tous les assistants : « Je crois fermement que Seigneur, le 7 mars 19 Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est dans cet auguste sacre- uitième année de son ment. Je vous adore, Ô mon Dieu et mon Sauveur ! Je vous reçois, È Le bruit de sa mort n: vous qui êtes le prix de ma rédemption et le viatique de mon pèle. ide toutes parts pour as rinage ! Vous pour l'amour duquel j’ai étudié, travaillé, prêché à BFossa-Nova et plusieur: enseigné ! J’espère n'avoir rien avancé de contraire à votre divine Psement guéris par la ve parole, ou, si cela m'est arrivé par ignorance, je me rétracte publi. Pres guérisons, et l’on ex quement, et soumets tous mes écrits au jugement de la sainte Église oui sont cités par divers romaine. » Le saint, s'étant ensuite recueilli pour former quel Met dans la bulle de la ca ques actes de religion, reçut la sainte communion, et ne permit blables miracles dans le qu'on le portât sur son lit que lorsqu'il eut fait son action de grâces BMions de ses reliques ; r Comme ses forces diminuaient de plus en plus, il voulut qu’on ifians la Collection des } administrât le sacrement de l’extrême-onction, tandis qu'il était en-Ba L'université de Paris core en parfaite connaissance. Il répondit lui-même distinctement1BMime et de la vénération toutes les prières de l'Église. lettre qu’elle écrivit à l’ Il resta tranquille après cela, jouissant d’une paix profonde qui Dominiceins, qui se tin manifestait par la sérénité de son visage. On l’entendait répéter sou-fMson corps ; les universit vent : Bientôt, bientôt le Dieu de toute consolation mettra le comble jilles, plusieurs prince: à ses miséricordes, et remplira tous mes désirs : bientôt je serai ras Enfin, après bien des co sasié en lui, et je boirai du torrent de ses délices. Il m'enivrera tk Dominicains, leur perm l'abondance de sa maison, et me fera contempler la véritable lumière Le que l'Italie posséc dans son essence, qui est la source de vie. S’étant aperçu que ceux ologne. En 1288, la c qui l’environnaient fondaient en larmes, il leur dit pour les console blenu une de ses mains, qu’il voyait arriver la mort avec joie, parce qu’elle était un gain pou dans la chapelle lui. Et comme le père Renaud lui marquait le regret qu'il avait de nf e Théodore, cette reli pas le voir triompher des ennemis de l'Église dans le concile de Lyon Dn transporta secrèten et occuper une place où il pourrait rendre des services importants fes homas, et il fut reçu : l'épouse de Jésus-Christ, il répondit avec son humilité ordinaire:B 4 Cut à cette cérémonie J'ai toujours demandé à Dieu, comme une rare faveur, de mour! des assistants, Louis, di
à La
EVÉ 1ple ériaels
nts bbé qui oir, & qu'il Be ré
tira que
re- Re à « Le bruit de sa mort ne se fut pas plus tôt répandu, qu’on accourut
s, 0 èleé el vine &, Ibli-
> lis Dot dans la bulle de la canonisation du saint. Il s’opéra encore de sem-
emitË dables miracles dans la suite, et surtout dans les «'‘fférentes transla-
uel.
CES, | Jui nti
Là 1276 de l'ère car.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 79
Len simple religieux, et je le remercie présentement de la bonté qu'il ja eue de ‘n'exaucer. En m'’appelant au séjour de la gloire dans un
Bige si peu avancé, il m'a fait une grâce qu’il a refusée à plusieurs de
Les serviteurs. Ne vous attristez donc pas sur le sort d’un homme qui Lest pénétré de la joie la plus vive.
} Il témoigna ensuite sa reconnaissance à l'abbé et aux religieux de Fossa- Nova pour tous les actes de charité qu'ils avaient exercés à son égard. Un religieux de la communauté lui ayant demandé ce Kqu'il fallait faire pour vivre dans une fidélité perpétuelle à la grâce : jQuiconque, répondit-il, marchera sans cesse en la présence de Dieu, sera toujours prêt à lui rendre compte de ses actions, et ne perdra jamais son amour en consentant au péché. Ce furent 1à ses dernières paroles. Il pria encore quelques moments, puis s’endormit dans le Seigneur, le 7 mars 1274, un peu après minuit, dans la quarante- “huitième année de son âge.
e toutes parts pour assister à ses funérailles. Quelques religieux de
Fossa-Nova et plusieurs autres personnes malades furent miracule’:ement guéris par la vertu de ses reliques. On constata la vérité c'e
s guérisons, et l’on en dressa des procès-verbaux en bonne forme, ui sont cités par divers auteurs, notamment par Guillaume de Tocco,
lions de ses reliques ; nous en avoss des relations fort authentiques
dans la Collection des Bollandistes.
. L'université de Paris donna les marques les plus sensibles de l’estime et de la vénération qu’elle avait pour saint Thomas, dans une lettre qu’elle écrivit à l'occasion de sa mort au chapitre général des Dominiceins, qui se tint à Lyon en 1274. Elle demarda instamment son corps ; les universités de Rome, de Naples et de quelques autres hilles, plusieurs princes et différents ordres le demandèrent aussi. Enfin, après bien des contestations, le pape Urbain V le donna aux Dominicaine, leur permettant de le porter à Paris ou à Toulouse, arce que l'Italie possédait déjà celui de saint Dominique, déposé à L.. En 1288, la comtesse Théodore, sœur du suint, avait ob- (I une de ses mains, qu’elle fit enchâsser précieusement pour la
L. dans la chapelle du château de San-Sévérino. Après la mort
Théodore, cette relique fut donnée aux Dominicains de Salerne.
1: On transporta secrètement en France le reste du corps de saint Thomas, et il fut reçu à Toulouse avec la plus grande solennité. II
ÿ cut à cette cérémonie un concours prodigieux. On voyait à la tête des assistants, Louis, duc d'Anjou, frère du roi Charies V, les arche-
80 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 1210
vêques de Toulouse et de Narbonne, un grand nombre d'évêques, d’abbés et de seigneurs. Le corps du saint docteur se garde encore dans l’église des Dominicains de Toulouse ; il est renfermé dans une châsse de vermeil, sur laquelle on a élevé un superbe mausolée à quatre faces. On en détacha un bras pour l'envoyer au grand couvent des Dominicains de Paris ; il fut placé dans la chapelle de Saint. Thomas, à laquelle le roi donna le titre de chapelle royale : au commencement de la révolution française, cette r‘lique fut transportée de France en Italie, et donnée en présent au duc de Modène. La faculté de Théologie de Paris faisait célébrer tous les ans une messe dans l’église des Dominicains, le jour de la fête de Saint-Thomas,
Les Napolitains, après les plus pressantes sollicitations, obtinrent enfin un os de l’autre bras de notre saint. Il leur fut accordé, en 1372, par un chapitre général. Cette relique fut déposée dans l’église des Dominicains de Naples, et y est restée jusqu’en 1603, qu’on la trans: féra dans l'église métropolitaine, à l’occasion d’une calamité publique dont on avait été délivré par saint Thomas : elle fut placée parmi les reliques des patrons et des protecteurs du pays. Le royaume de Naples honore saint Thomas comme son principal patron, en vertu des brefs de Pie V et de Clément VIIE, confirmés par Paul V.
Saint Thomas fut solennellement canonisé par Jean XXII, en 1393,
et Pie V ordonna, en 1567, que sa fête fût célébrée de la même ma. À
nière que celle des quatr? docteurs de l’église d'Occident, c’est-àdire de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Jérôme et de saint Grégoire le Grand !,
Le pape Grégoire X, qui avait mandé saint Thomas, menait une vie également sainte. Tous les jours il lavait les pieds à plusieurs pauvres, avec une humilité qui tirait les larmes de tous les assistants. Il avait des ofliciers pour aller à la découverte des malheureux , €
leur distribuer ses aumônes. Il ne fit jamais qu'un repas par jour, È
uniquement pour soutenir la faiblesse du corps, non pour aucun plaisir. A table, il était si attentif à la lecture, qu’en sortant il n’aurait pu dire ce qu’il avait mangé. Tout le temps que lui laissaient la
bée dans le fleuve et submergée dans les flots, à tel point que da mariniers allés à son secours s’en revinrent sans aucun espoir, Mai, dès le premier moment, le saint Pontife avait prié la miséricorde divine, qui a soutenu saint Pierre marchant sur les flots, et sauvé tro
1 Acta SS., et Godescard, 7 mars,
do
11276 de l’ère chr.
fois saint Paul du |pauvre femme, et la femme reparai son secours et la que si elle n’avait Lbellans interroger |par un personnag A cette tendre lermeté invincible
“gleterre lui avait ( de Henri d’Allem:
le saint Papeluir Bpassé en cette affi = \lontfort nous en:
“mander instamme Brant qu'il était pri Lidre du temps, po de Florence, envi Ppagné de quelque cou, prosternés à Mnotre suite s’arrêl se soumettait sans Pstamment d’être Mqu'il obtint son al
l'écouter ; nous n
5 lressèmes une r prenant mal leur Ë avons mandé à de Lassigner en quelq Pprison, et de le fa D roi Charles de Sic LPape, qui, l'anné
au patriarche d'A:
affaires, il le consacrait à la priè.e et à la contemplation. De sk vivant, on rapporte de lui ce miracle. Étant à Lyon pendant un} inondation de la Saône, il vit de sa fenêtre une pauvre femme ton-È
hais sans préjudi
4 Î Saint Grégoire y alla visiter, et
de guerre, comina
Lharque avait rem
Au Saint-Siége so È 1 Vita Greg. X. | 9. 41-43, XIX,
— De 1210
svêques, le encore dans une iusolée à and coude Saintau comnsportée e. La fa- 1e messe Thomas.
obtinrent en 1372, glise des Ja trans.
publique parmi les aume de en vertu
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plusieurs ssistants, reux , € par jour,
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