‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 24 sur 97 · LIVRE SOIXANTE-EIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-EIZIÈME

DE LA MORT DU PAPE SAINT GRÉGOIRE X, 1276, AU JUBILÉ SÉCULAIRE DE 1300.

Pontificats d’Innocent V, d’Adrien V, de Jean XXE, de Nicolas KXK, Martin KV, Honorius EV, Nicolas IV, Célestin VW, Boniface VIII, — Relations du Saint-Siége avec l’empereur de la Chine, — Les Bouddhistes du Tibet empruntent à l’Eglise catholique plusieurs de ses usages. — État religieux des Russes, des Serves, des Grecs. — Etat de l’Occident et de la Terre-Sainte. — La sainte maison de Nazareth.

Le deuxième concile général de Lyon avait offert un spectacle

{ inconnu à toute l'antiquité profane : un grand et saint Pontife pré- } sidant les états généraux de l’humanité chrétienne, pour la sanctifier au dedans et la défendre au dehors ; autour de lui, ses conseillers, supérieurs aux princes, égaux aux rois ; à ses pieds, devant lui, au hi nombre de plus de mille, les ambassadeurs, les députés des empe- ! reurs, des rois, des princes et des églises de Dieu : Francs, Burgondes, Huns, Vandales, Goths, Hérules, Lombards, Sarmates, Anglais, Normands, Slaves, Barbares et Scythes d'autrefois, sont assis aux pieds du même père et pontife, avec les descendants des Gaulois,

D des Romains et des Grecs, comme des brebis et des agneaux reposant

aux pieds du même pasteur ; les Grecs y viennent abjurer leur esprit de division, et chanter, avec tout le monde, la même croyance dans les mêmes paroles ; les Tartares, maîtres de l’Asie , depuis la Perse | jusqu’à la Chine et la Corée, y sont par leurs ambassadeurs, dont à l'un annonce leur conversion future, mais lointaine, par son exemple. F Un conseiller, saint et pauvre, du Pontife suprême, vient à mourir durant cette auguste assemblée, et les députés de toutes les églises } et de toutes les nativns, y compris les Tartares ou Mongols, pleurent un homme à la fo'e si savant, si saint, si pauvre et si aimable : avant, M pendant et après le ccac le, le saint pape Grégoire X travaille à réconà cilier entre eux les peuples et les rois, en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et partout ; les cœurs se rendent à sa douce à fermeté, lui-même va conduire l’Europe en armes au secours des

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Chrétiens d'Orient, et attendre le ciel en la Terre-Sainte; mais le cicl vient le prendre en Italie, et beaucoup plus tôt.

Quand rous voyons les hommes et les choses si bien préparés pour une bonne œuvre, comme le recouvrement de la Tesre-Sainte il nous peine de voir que Dieu ne la fasse pas réussir. C'est que le pensées de Dieu ne’sont pas toujours les nôtres. Ce qu'il a principa. lement en vue, ce n’est pas précisément que ses serviteurs conquièrent tel pays matériel, mais que, moyennant sa grâce, ils s’exercent à foi, à l'espérance, à la charité, au renoncement de soi-même, au dévouement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, à l’humilit dans la prospérité, à un invincible courage dans l’adversité, Pow cela, il ne-faut pas que tout leur réussisse : il faut, au contraire, des épreuves multipliées et diverses. Quant au but ultérieur du maître il sera tôt'ou tard atteint par les révers mêmes des serviteurs. |

Le saint pape Grégoire X était mort à Arezzo le 10 janvier 427, Le 21 du même mois, les cardinaux enfermés en conclave élurent pape Pierre de Tarentaise, de l’ordre des frères Prêcheurs, cardinal. évêque d'Ostie, qui prit le nom d’Innocent V. Il passa aussitil d'Arezzo à Rome, où il fut couronné à Saint-Pierre le premier dimanche de carême , 23me de février, et alla loger au palais de Latran. Il avait de grands desseins pour procurer le bien de l'Église et il avait commencé par pacifier l'Italie 1. Il avait également; envoyi ses légats à l'enspereur grec. Michel Paléologue, pour confirme l'union récemment faite au concile de Lyon entre les Grecs et le Latins. Mais il ne put donner suite à ses bons desseins, car il tom: malade et mourut, au grand regret de tout le monde le 29° de juin, après cinq mois de pontificat. Il fut enterré à Saint-Jean-de-Latran; le roi Charles de Sicile assista à ses funérailles 2.

Après dix-sept jours de vacance, on élut Otiobon de Fiesque, noble génois, neveu du pape Innocent IV, cardinal-diacre du titre de saint Adrien, d’où il prit le nom d’Adrien V. Il était extrêmement porté à secourir la Terre-Sainte, et il y envoya tout d’abord une grande somme d'argent 3. Ce qui n’est pas si louable, c’est qu’aussitôt élu Pape, il suspendit l'exécution de la constitution du conclave faite par saint Grégoire X, se proposant d’en ordonner autrement, La prudence demandait qu'avant de suspendre une loi aussi solennelle,

dans une matière aussi grave et aussi délicate, on eût de quoi k À si

remplacer Par une autre et meilleure. Adrien V d2vait d'autant moins précipiter une résolution si importante, que lors de son élec-

1 Ptolém. Lucins., 1. 28, c. 19, — 2 Raynald, 1276, n, 15-98. — 3 Marin, Sa LE nut, 1. 3, part. 19, c. 15,

à 1300 de l'ère «

tion il était dé leurs félicitatio

à voir un cardi

passé de Rom neuf jours a] donné prêtre.

voit encore s0 Les cardina céder à l’élect convénient qu par une autre.

à s'enfermer «€ quoi ils furen des secrétaire que la consti Adrien ; mais suadé les offic mune , envoy.

Prêcheurs av l'on révoquai!

les autres pr. quand l’arche des cardinaux nières, pour € sur l’archevèc lui jetèrent de Les cardin:

de procéder :

Pierre Julien, nom de Jean :

le dernier Pa] mais quelque fut seulement en 986. Pierr facultés, ce a du temps. Et etilen a lai est imprimé, bénéfices.

Il avait, de

1 Raynald, 1

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