XV. — De 1210 ux malades
L'an 1260, le pape Alexandre IV fit encore une grande constitu-
coutume d’yl#ftion pour régler les différends survenus dans l'ile de Chypre entre t que la con- # les Latins et les Grecs, depuis ceux que le pape Innocent IV avait . C'est qu'ils terminés. Germain, archevêque grec de Chypre, accompagné de
r la vertu du garder touté donner aux
trois autres évêques grecs, et les procureurs de l'archevêque latin de : Nicosie, dans la même île, étant venus en la présence du pape Alexan- … dre, proposèrent ainsi leurs prétentions. Germain disait : La méelle qui sera | tropole de Chypre étant vacante, les évêques grecs obtinrent du pape altérées, elle A Innocent, votre prédécesseur, la permission d’élire un archevêque, ité du sacre- # nonobstant l'ordonnance du concile général et celle du légat Pierre, suivront leur 4 évêque d’Albane. Ils m'élurent, et le cardinal-évêque de Tusculum, ourvu qu’ils É alors légat en Chypre, confirma l'élection, suivant l'ordre qu’il en matines. Les" avait reçu du Pape, et me fit sacrer par mes suffragants ; après quoi propre, avec À il reçut notre promesse d'obéissance à l'Église romaine, et mes sufutel. fragants me la promirent aussi selon les canons. nt jeûner les : J'étais en possession paisible de ma dignité, quand l'archevêque dministrer le 4 de Nicosie me cita à comparaître en personne devant lui, pour réponn donner le * dre sur certains articles dont il prétendait informer contre moi, quoise confessent M qu’il n’ait aucune juridiction sur moi, qui ne connais de supérieur 1e doit point # que le Pape, ni sur les Grecs de Chypre, qui me sont soumis. Je 1. Nous or- À n'obéis point à cette citation, parce que je ne le devais pas, mais confèrent les # l'appelai au Saint-Siége, me mis sous sa protection, et partis pour n ne laissera M Venir en votre présence. Alors l'archevêque de Nicosie a chassé mes use de leur M Vicaires avec violence, maltraité les Grecs pour les détourner de mon trois ordres # Obéissance, cassé les sentences que j’ai prononcées justement contre quelques-uns d’entre eux, et m’a causé beaucoup de dommage et de ièmes noces 4 dépense. C’est pourquoi je vous demande de casser, comme attentrt, de mariage 4 tout ce que cet archevêque a fait contre moi, et de l'empêcher de nous. Nous # faire à l'avenir sur les Grecs de pareilles entreprises. Telle était la acté dans ce © demande de l'archevêque Germain. ient que les 4 Le Pape nomma pour auditeur ou commissaire en cette cause le itence qu'ils À Cardinal Eude ou Odon de Châteauroux, qui avait été légat en près la mort 4 Chypre, devant lequel les procureurs de l’archevêque de Nicosie us voulons # P'oposèrent des exceptions, disant qu'il n'avait jamais été cité pour purification, 4 cette cause, et qu'ils avaient été envoyés pour d’autres affaires. Tous denom. Le À telois, le cardinal les obligea de défendre au fond, par ordre exprès aux évêques du Pape, qui ne voulait pas donner sujet à l'archevêque Germain exactement, de se plaindre d’un déni de justice, Les procureurs de l’archevêque suffragants À de Nicosie soutinrent donc que l'élection de Germain était nulle, règlement 1.{f Parce que les évêques grecs n’avaient point droit d’élire un archew ‘éque, et que, lorsqu'ils firent cette élection, ils étaient excommu- { niés; c’est pourquoi les vicaires de l'archevêque de Nicosie, alors
10 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV. — De 1270
absent, protestèrent contre cette élection. De plus, disaient-ils, le pape Célestin HIT, qui donna l'ile de Chypre à conquérir aux Latins, à cause de infidélité des Grecs, y établit quatre siéges épiscopaux pour les Latins, et voulut qu'ils succédassent aux dimes et aux autres droits que les évêques grecs y avaient eus. Il Sonna au siége de Nicosie, l’un des quatre, le premier rang et l'autorité de métropole sur toute l’île, et ensuite l’évêque d'Albane, comme légat, ordonna qu’elle n'aurait que quatre évêques grecs, dont les siéges seraient dans les diocèses des Latins, et soumis à l'archevêque de Nicosie. D'où il s'ensuit qu’il ne peut y avoir d'autre archevêque dans cette île, qui n’est qu’une province. Elle fut conquise sur les Grecs par Ri- Chard Ier, roi d'Angleterre, en 1191, et c'est à ce temps qu'il faut lapporter la constitution du pape Célestin.
Sur cette contestation, on fit de part et d'autre plusieurs propositions et plusieurs réponses ; on dressa des articles dont on devait faire preuve, et on vit dès l'entrée que la procédure serait longue. C'est pourquoi l’archevêque Germain pria le Pape d'avoir égard à la pauvreté de l’église grecque, et de leur donner un règlement suivant lequel ils pussent vivre en paix avec les Latins, sous l’obéissance de l'Église romaine. Le Pape considéra de plus que la principale occasion du différend était l'incertitude des bornes de la juridiction, outre la diversité des mœurs et des rites entre les nations. Il jugea donc à propos de terminer la dispute par manière d'arbitrage plutôt que suivant la rigueur du droit et les formalités d’une procédure régulière, et il donna son jugement, que voici en substance :
Dans l'île de Chypre, il n'y aura désormais que quatre siéges d'évêques grecs : un à Solie, dans le diocèse de Nicosie, le second à Arsine, diocèse de Paphos, le troisième à Carpase, diocèse de Famagouste, lé quatrième à Lescare, diocèse de Limisse. Quand un de ces siéges grecs sera vacant, le clergé élira un évêque, dont l'élection sera confirmée par l’évêque latin du diocèse, s’il la juge canonique, et il fera sacrer l'élu par les évêques grecs du voisinage, puis l'évéque prêtera serment d’obéissance à l’évêque latin. Mais la condamnation, la déposition, la translation ou la cession des évêques grecs sera réservée au: Pape, suivant les prérogatives du Saint-Siége. L’évêque latin ne donnera point d’évêques aux Grecs de son autorité, si ce n'est que par leur négligence le droit lui en soit dévolu, suivant le décret du concile général, et, en ce cas même, il ne leur pourra donner qu'un Grec. L'évêque latin n’aura aucune juridiction
sur les diocésains de l’évêque grec, sinon dans le cas où le métropo- |
litain l’exerce sur les diocésains de son suffragant ; mais les causes entre un Latin et un Grec seront portées devant l'évêque latin. On
1216 de l'ère appellera de Môque de Nic “iocésain de visite de l’évé à la pauvreté ont levées si ‘#'en prétende “constitution.
Quoique le “métropolitain jouisse, sa vi nous exempt Mcosie, et, afin +Solie, d'où nc sent vacant. G recs, de Chy évêques latin:
{métropolitain “chevéque lati “cette ordonna vent les même “est datée d'Air dinaux qui se Mais ce qui c'était le bon UNicosie. Les ( # à l'archevêque 4 Urbain IV, ap “qui en était la mettaient des «des jeux de h “retés abomina * coupables pot “royaume s'y “ pendant le ba © que la punitic 4 n'avait droit d à que, par cette punis, passaiel Urbain IV écri
1 Raynald, 126
,. — De 1210
aient-ils, le aux Latins, épiscopaux ‘aux autres lége de Nitropole sur , ordonna es seraient le Nicosie.
dans cette cs par Riqu'il faut
1rS pr'Opoon devait it longue.
égard à la nt suivant issance de pale occaion; outre ea donc à utôt que ure régu-
tre siéges le second se de Faind un de l'élection nonique, uis l'évécondamues grecs nt-Siége.
on autot dévolu, 1 ne leur ridiction nétropo- S Causes atin. On
1216 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 41
Æppellera de l'évêque grec à l'évêque latin, et de celui-ci à l’arche- Môque de Nicosie. L'évêque grec assistera une fois l’année au synode “iocésain de l’évêque latin, et en observera les statuts. Il souffrira la wisite de l'évêque, ct lui en payera la taxe qui est marquée, eu égard à la pauvreté des Grecs. Les dimes appartiendront aux Latins, et se- “ont levées suivant la coutume, en sorte toutefois que personne ne ‘en prétende exempt, puisqu'elles sont de droit divin, Ainsi parle la (constitution.
. Quoique les Grecs de Chypre ne doivent point à l'avenir avoir de “métropolitain de leur nation, nous voulons toutefois que Germain 1 ouisse, sa vie durant, de la dignité d’'archevêque. C'est pourquoi nous exemptons sa personne de la sujétion à l'archevêque de Ni- Mcosie, et, afin qu'il ait un siége certain, nous lui donnons celui de «Solie, d'où nous transférons l’évêque Nibon au siége d’Arsine, à préent vacant. Germain pourra aussi, tant qu'il vivra, sacrer les évêques recs, de Chypre, après que leur élection aura été confirmée par les “évêques latins, et visiter tous les évêques grecs du royaume, comme “métropolitain ; toutefois, il prêtera le serment d’obéissance à l’ar- “chevêque latin de Nicosie pour son siége de Solie, Nous étendons “cette ordonnance aux Syriens du royaume de Chypre, puisqu'ils suivent les mêmes mœurs et le même rite que les Grecs. La constitution est datée d'Anagni, le 3me de juillet 4260, et souscrite par huit cardinaux qui se trouvaient alors auprès du Pape 1.
+ Mais ce qui manquait en Chypre pour faire exécuter ce règlement, c'était le bon accord entre le régent du royaume et l'archevêque de “Nicosie. Les Grecs et les Syriens en profitèrent pour ne point obéir "à l'archevêque, et tenaient séparément des conventicules. Le pape {Urbain IV, apprit de plus que, dans l’île, particulièrement à Nicosie, “qui en était la capitale, les chrétiens, tant clercs que laïques, com- À mettaient des crimes énormes, des blasphêmes, souvent à l’occasion « des jeux de hasard, des sortiléges, des adultères et d’autres impu- “retés abominables, et, quand l'archevêque voulait procéder contre les î coupables pour leur imposer des peines canoniques, le régent du ‘royaume s’y opposait. C'était Hugues de Lusignan, qui gouvernait 4 pendant le bas âge du jeune roi Hugues, son cousin. Il prétendait © que la punition de ces crimes lui appartenait, et que l’archevêque 4 n'avait droit de corriger que ses domestiques et ses clercs ; en sorte 4 que, par cette dispute sur la j'ridiction , les crimes demeuraient im- © punis, passaient en coutume : m'iltipliaient tous les jours. Le pape © Urbain IV écrivit fortement, en 1254, au régent, sur toutes ces plaintes
# | 1 Raynald, 1260, n. 37. Labbe, t, 11 , append., p. 2352.
de l’archevêque, déclarant que, si on ne lui rendait justice, il con! firmerait les censures que ce prélat avait prononcées 1.
Le prince Édouard d'Angleterre, étant encore en Palestine, y vi arriver avec grande joie un personnage renommé pour sa piété et s prudence. C'était Thébald ou Théobald, alors archidiacre de Liége. II était né à Plaisance, de la noble famille des Visconti. On remarqua # en lui, dès sa jeunesse, extraordinaire à l'étude ; il acquit surtout une connaissance parfaiieM du droit canon. Ayant entendu parler de la sainteté de Jacques de Pécoraria, cardinal-évêque de Préneste, il alla le trouver et se mit humblement à son service. Il en eut d'autant plus de joie, que le cardinal lui parut encore plus saint que ne disait la renommée. Il le sui- 4 vit dans la légation de France, l’an 1239, sous le pape Grégoire IX.
une vertu peu commune et une application «
de
[l y fut successivement chanoine de Lyon et archidiacre de Liége. I1M refusa l'évêché de Plaisance, que lui offrit le pape Innocent IV. Il revenait de Rome, quand l'archevêque de Lyon, Philippe, le supplia instamment de rester auprès de lui pendant le concile général, afin 4 de lui apprendre comment se conduire à l'égard du Pape et des car-* dinaux. Le pieux, .archidiacre de Liége passait une partie de son temps à l’université de Paris, pour s’y perfectionner dans les sciences Convenables à son état. Le saint roi Louis lui témoignait une affection el une vénération si grandes, que beaucoup s’étonnaient qu’un si excellent roi honorât tant un ecclésiastique qui n'occupait. point À une haute dignité. Mais le saint roi savait bien ce qu'il faisait, Il avait appris de lui et vu lui-même tant de choses merveilleuses, qu'il le regardait comme un temple de Dieu et un sanctuaire de l’Esprit- Saint. Le cardinal-légat Ottobon, passant en Angleterre pour rétablir la paix entre le roi et les barons, emmena l’archidiacre Théobald avec lui, à cause de son grand amour pour la paix et de sa grâce particulière pour y amener les autres.
Saint Louis et les barons de France s'étant croisés pour la seconde " fois, le pieux Théobald regarda comme une honte pour les clercs et les prélats de ne pas suivre l'exemple des laïques. Il prit donc la croix avec beaucoup de dévotion, et se rendit en Palestine. Le prince Édouard d'Angleterre et sa sœur Béatrix, comtesse de Bretagne, J l’y reçurent avec beaucoup de joie. Et de fait sa présence n'y fut pas À inutile, Il ranima le courage des pusillanimes, apaisa les différends, et confirma un grand nombre dans leur sainte résolution à, C'était en 1271. Tout à coup l'on apprit en Palestine que le saint
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXV. — De 1970 1 À 1276 de l'èr
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1 Raynald, 1964, n. 66, — 2 Vita Gregor. X. Apud Muratori. Seriptor, rer. æ Italic., t. 3, p. 599 ct seqq.
1 Psalm, 136.
miel MP chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
ustice, il con. Marchidiacre de Liége avait été élu Pape. Il y avait près de trois ans ss que la Chaire apostolique était vacante, les cardinaux assemblés à lestine, y vit M iterbe n'ayant pu s’accorder sur le choix d’un pontife, Ennuyés à sa piété et sa fn de ne pouvoir rien terminer, ils eurent recours à un compromis, : de Liége. Il Let les six cardinaux auxquels tous les autres avaient remis leurs pou- Jn PEArQUE Mvoirs élurent unanimement notre saint, le 4er septembre 1271. Le e application eau Pape reçut l'acte de son élection à Ptolémaide ou Saintance parfañe A n-d'Acre, y acquiesça le 27m d'octobre, et prit le nom de Grée Jacques de Sgoire X. La nouvelle de son élection donna bien de la joie aux er et se Mi étions de la Terre-Sainte, espérant qu'il leur enverrait un grand > que le car re, Et lui-même, dans un sermon qu’il fit au moment de parnée. Il le sui- ir, s'écria avec le psalmiste : Si je t’oublie, Ô Jérusalem! que ma Grégoire IX. in droite soit mise en oubli! Que ma langue s'attache à mon de Liége. 1l palais, si je ne te garde pas dans mon souvenir, si je ne mets pas ent IV. Il re- érusalem au commencement de toutes mes joies 1. e, le suppliiM Un fait des plus curieux, mais ignoré ou négligé des historiens général, afin odernes, c'est que la première chose que le nouveau Pape, saint « “Grégoire X, eut à faire, ce fut de répondre, comme chef de l'Église rte de son atholique, et d'envoyer des nonces au grand khan des Tartares, à les sciences l'empereur de la Chine, Koublaï ou Chi-Tsou. Ce puissant mot une affec- ‘narque, de l'avis de ses princes, envoya au Pape les deux frères aient qu’un ‘vénitiens Polo, avec un seigneur de l’empire chinois, nommé Gogak. -upait point Mes trois ambassadeurs devaient demander au Pontife romain cent sait, Il avait M nes savants et bien instruits dans la loi chrétienne, qui puses, qu'il le ent montrer que la foi des Chrétiens doit être préférée à toutes les de l'Esprit- Mcectes diverses, qu’elle est l’unique voie du salut, et que les dieux > pour réta- Mes Tartares étaient des démons qui en imposaient aux Orientaux. e Théobald (Car l'empereur, ayant beaucoup entendu parler de la foi catholique, a grâce par- Mais voyant avec quelle témérité les savants de la Tartarie et de la MChine soutenaient leur créance, ne savait de quel côté pencher, ni «quelle voie embrasser comme la véritable. Il pria, de plus, les amles clercs et Mbassadeurs, de lui rapporter un peu d'huile de la lampe qui brûlait rit donc là %; Jérusalem devant le Seigneur, persuadé qu’elle ne lui serait pas + Le prince M peu utile si le Christ était le Sauveur du monde. Bretagne, 4 Après trois ans de voyage, le seigneur tartare étant demeuré en S à route pour maladie, les deux autres ambassadeurs arrivèrent à différends Saint-Jean-d’Acre. Y ayant appris la mort du pape Clément IV, ils s'adressèrent à l’archidiacre Thébald, qui faisait les fonctions d’internonce apostolique en Palestine. Il leur conseilla d’attendre qu’il
y eût un nouveau Pape. Dans l'intervalie, ils allèrent à Venise, leur
e et des car-
r la seconde #
criptor, rer. & ! Psalm, 136.
14 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXV, — De 1210 F à 1276 de l’à
patrie, et, après deux ans d'attente, repassèrent à Saint-Jean-d’Acre Æ bane, mor! avec le fils de l’un d’eux, le célèbre Marc Paul, qui a écrit l'histoire À roi des Roi de leur voyage. Le nonce Thébald leur donna des lettres avec une mer à cinq exposition de la foi chrétienne. A peine s'étaient-ils mis en route, “jdente, le se que l'archidiacre Thébald, devenu le pape Grégoire X, les rappela Le saint ] leur donna d’autres lettres pour le suprême empereur des Tartares Mavec une le et leur adjoignit deux frères Prêécheurs, Nicolas et Guillaume de Louis, qu'il Tripoli, pour éclairer les Tartares de la vérité de l'Évangile. Ils fu. ils le zèle rent reçus avec une extrême bienveillance par l’empereur des Tar/#ajoute : Qu: tares et de la Chine. Ils lui présentèrent les lettres du nouveau Papet l'armée chré ainsi que l'huile de la lampe du Saint-Sépulcre, qu'il fit placer dan @ du pays, : si un lieu honorable. C’est ce que témoigne Marc Paul, qui étaltavons encor présent 1, avons trouv Saint Grégoire X s'embarqua au milieu de l'hiver, à Ptolémaïde# troupes et d Le prince Édouard d'Angleterre le fournit abondamment de toute Wii espérons lui choses, L'empereur grec, Michel Paléologue, se plaignit amicale-ÆBmars 1272... ment de ce qu'il n'avait point passé à Constantinople, oùil eût étén'était pas à reçu avec la pompe et la joie les plus grandes 2. Enfin, il arriva heu-pliers avaien reusement au port de Brindes, le 4° janvier 14272. Son arrivée rédaient en Fr pandit la joïe dans toute l'Italie et dans toute la chrétienté, 4 Béné somme de vi vent, le roi Charles de Sicile vint à sa rencontre, l’accompagna par il était mêm tout son royaume, et lui servait d’écuyer. A Cépérano, il trou Sainte, si le I plusieurs cardinaux qui venaient au-devant, entra avec eux à ViterbeMratifs de l'ex] le 10 février, y revêtit le manteau papal, et prit solennellement EAŸ Saint Grég nom de Grégoire, tant à cause de sa dévotion pour saint Grégoire lMPierre, le 27r Grand que parce que sa fête était proche 5. sième diman Étant encore sur les terres du roi de Sicile, il reçut une députa-#iique de Sain tion des plus grands de Rome, qui le priaient instamment d'y venir marchait à s Mais il considéra qu’à Rome il pourrait trouver d’autres affaires quifeut lieu ensui le détourneraient de celle de la Terre-Sainte, à laquelle il voulait @plat. À la fin donner ses premiers soins. Il alla donc droit à Viterbe, où résidaien serment de fic les cardinaux et la cour de Rome. Là, sans se donner le temps de es paroles du se reposer après un si long voyage, et fermant la porte à toutes le Deux jours autres affaires, il travailla uniquement pendant huit jours au secours es évêques, de la Terre-Sainte, qu'il avait laissée réduite à l'extrémité. Il en- poutume. Ceti gagea Pise, Gênes, Marseille et Venise, à fournir chacune trois ga-Madressée aux lères armées, douze en tout; et, pour subvenir aux frais de k@Le saint Pap guerre, il donna ordre au recouvrement des legs pieux destinés iles Grecs, le cet effet, qui étaient considérables. Le cardinal Raoul, évêque d'Al 4 oculaire, les v
1 Marc Paul, 1. 1, c. 4. Apud Raynald., 1271, n. 20. — 2 Apud Greg. X, |. 14 1 Raynald, 127 epist. 37. — 3 Vita Greg. X, Apud Muratori, t. 8. : à 3, p. 602,
XXV, — De 121 1 à 1276 de l’ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 45
-Jean-d’Acre "Æ bane, mort devant Tunis, avait laissé mille onces d'or; Richard, élu écrit l'histoire@roi des Romains, en avait laissé huit mille. L’once d'or peut s’esti- {tres avec une mer à cinquante francs, Le roi Richard était mort l'année précémis en route "dente, le second jour d'avril 1, , les rappel 6 Le saint pape Grégoire envoya en France l’archevéquede Corinthe, des Tartares Mavec une lettre au roi Philippe; où il parle avec effusion de saint Guillaume de Louis, qu'il témoigne avoir aimé de tout son cœur; il rappelle au angile. Ils fu fils le zèle de son père pour la délivrance de la Terre-Sainte. 11 reur des Tar"@ajoute : Quand nous y étions, nous avons conféré avec les chefs de ouveau Pape @ l'armée chrétienne, avec les Templiers, les Hospitaliers et les grands it placer dan @dn pays, sur les moyens d’en empêcher la ruine totale, Nous en ul, qui étai @#avons encore traité depuis avec nos frères les cardinaux, et nous avons trouvé qu'il faut y envoyer à présent une certaine quantité de | Ptolémaïde troupes et de galères, en attendant un plus grand secours, que nous ent de toute} espérons lui procurer par un concile général. La lettre est du Ame de mit amicale-M@mars 1272. Et comme le Pape n’était pas encore sacré, son nom où-il eût étén'était pas à la bulle, c'est-à-dire au sceau qui y pendait. Les Tem- 1 arriva heu-Mpliers avaient ordre d'engager au roi Philippe les terres qu'ils possénn arrivée daient en France, pour sûreté des deniers qu'il avancerait jusqu’à la nté, À Béné somme de vingt-cinq nille marcs d'argent, que le roi prêta en effet ; ompagna par il était même près d'aller en personne au secours de la Terren6, il trouva! Sainte, si le Pape ne l'eût prié de différer jusqu’à ce que les prépaux à Viterbeñ@ratifs de l'expédition fussent achevés 2. inellement IA$ Saint Grégoire X fut sacré à Rome, dans la basilique de Saintit Grégoire l "Pierre, le 27me jour. de mars, qui, cette année 1272, était le troisième dimanche de carême.. Il fut reconduit avec pompe de la basi-
une déput que de Saint-Pierre au palais de Latran ; le roi Charles de Sicile nt d'y ven archait à sa droite, faisant les fonctions d'écuyer ; au ropas qui s affaires quiifeut lieu ensuite, le même prince voulut servir au Pape le premier
lle il voulat plat. A la fin de la solennité, le roi fit au Pape l'hommage et le ù résidaien ferment de fidélité qu’il devait, pour le royaume de Sicile 3, Ce sont le temps des paroles du biographe contemporain de Grégoire X.
à toutes la %Æ Deux jours après, le Pape fit expédier une lettre circulaire à tous s au secoursles évêques, pour leur donner part de son ordination, suivant la mité. Il en-"icoutume. Cette lettre fut suivie de près d’une autre, également ne. trois ga-Madressée aux évêques, pour la convocation d’un concile général, frais de lk/@Le saint Pape en marque principalement trois causes : le schisme « destinés iles Grecs, le mauvais état de la Terre-Sainte, dont il était témoin
vêque d’Al-Æoculaire, les vices et les erreurs qui se multipliaient dans l'Église.
Greg. X, |. 1 0 1 Raynald, 1279, n. 2, — 2? Ibid., n. 5-8. — 3 Vita Greg. X. Apud Muratori, É. . 3, P. 602,
16 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV, — De 1270 ! à 1276 de l'ère
Voulant donc, dit-il, remédier à tant de maux par un conseil com- MBtant cavaleri mun, nous vous demandons de vous trouver le 4 de mai de l’an 4 Propos pour 1274, au lieu que nous vous indiquerons dans le temps convenable, fau désespoir Nous voulons qu'en chaque province demeure un ou deux évêques Ce prince pour exercer les fonctions épiscopales; et que ceux qui demeure- Ms était rendu ront envoient des députés au concile, aussi bien que les chapitres, M la part d'un tant des cathédrales que des collégiales, Cependant vous examinerez #16" de juin et mettrez par écrit ce qui a besoin de correction, pour l’apporter sonné. Le mi au concile. La bulle est du dernier jour de mars 1272 1, de la peine à Pour prendre soin du spirituel dans la Terre-Sainte, le pape Gré- que les Tart: goire donna le titre de patriarche de Jérusalem à frère Thomas de @tiens, il fit ur Léontine en Sicile, de l’ordre des frères Prêcheurs, qui avait été évé- Mmaïde le 22 : que de Bethléhem, et que le pape Clément IV avait transféré à Co- Blémaïde ou A sence en Italie, l’an 1267. On l'avait postulé pour le siége de Messine M Henri, son mais le pape ne voulut pas confirmer l'élection, et le fit patriarche Ml année précé de Jérusalem, le 24m d'avril 4272. Il y joignit l'administration de ilrance et le r l'évêché d’Acre, déjà unie par Urbain IV au patriarcat de Jérusa-Mnême temps lem, dont les revenus étaient possédés par les intidèles. Saint Gré-Mcomte de Lei goire X choisit Thomas pour ce siége, comme un homme d’un mé- lice qu'on disa rite singulier et qui avait grande connaissance des affaires de la Terre- MMlant donc en Sainte, par le séjour qu'il y avait fait étant évêque de Bethléhem et aurent, com légat du Saint-Siége. Il le fit encore son légat en Arménie, end épée, sans | Chypre, dans la principauté d’Antioche, les îles voisines et toute laM pe de car. côte d'Orient ; il lui recommanda surtout de travailler à la conversion! cclésiastique des mœurs des chrétiens latins de ces provinces. Voici comme il lui auire laissé I en parle dans une de ses lettres : Vous savez par vous-même lesh pen mutilant le crimes énormes qui s’y commettent, et que les malheureux esclaves N église, et rer de la volupté, s’abandonnant aux mouvements de la chair, ont attiré ficomte Aldobr la colère de Dieu sur Antioche et tant d’autres lieux que les ennemis Mpandit un deu ont détruits. Il est étonnant que nos frères soient si peu touchés deMmuniés à l'ins ces exemples, qu’ils continuent dans les mêmes désordres, sans s’en files ordres pot repentir, jusqu’à ce qu'ils périssent eux-mêmes. Ainsi parle le sainte plus profor pape Grégoire X. Nous avons vu le légat Eude de Châteauroux tenir père du prince au sire de Joinville le même langage sur les habitants de Saint-Jean- fe meurtre de d'Acre, et prévoir dès lors leur ruine totale. 4 Le roi d’An Avant que le patriarche Thomas partit pour la Terre-Sainte, leM frère Richard Pape le chargea de l'argent qu’il avait reçu du roi de France, pour meute à Nors lui procurer du secours, et lui donna ordre de voir en passant le rois oi saint Edmo de Sicile, pour concerter avec lui la manière de l’employer. Le pa-# sa mort. Il se triarche, arrivant à la Terre-Sainte, y amena cinq cents hommes, #fecut le saint 1