‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 30 sur 97 · VI. — Dei · texte numérisé non relu

VI. — Dei

es personne s hérétiques séduisant,

roi deman.

: dont la x:

nda au pro.

ix frères de s la Bosnie:

ux religieux

à 1300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 137

d'Anaplus, à quatre milles de Constantinople. Mais sa retraite causa un nouveau schisme dans l'église grecque, déjà divisée par la retraite d'Arsène. Les deux partis se regardaient l’un l’autre comme excommuniés, jusqu'à ne vouloir ni boire ou manger ensemble, ni même se parler, Ils aigrissaient le mal, par de faux rapports et des jugements téméraires, et. excitaient la curiosité du peuple sur des, matières au-dessus de sa portée, On proposa, plusieurs sujets pour remplir le siége de Constantinople, tant d’entre les moines que d’entre les autres. Et d’abord la plupart des suffrages furent pour Théo-

où il le féli. dose de Villehardouin, fils de Geoffroi, prince d’Achaïe, et petit-neveu ent 1, de Geoffroi de Villehardouin, maréchal de. Champagne. On le nomait au tron EF mait le prince à cause de son origine. Il avait quitté le rite latin pour on coupé, BF embrasser celui des Grecs ; et, étant sorti de son pays, il s'enferma | mais point BE dans un monastère de la Montagne-Noire en Natolie; où, ayant pris AE le, quelqu BN le nom de Théodose, il s'instruisit et s’exerça à une observance trèsle tronc: BA exacte. Quelques années après, s'étant fait connaître de l'empsreur, à il fut faitarchimandrite du pantocrator à Constantinople; puis envoyé nbassadeus Ben ambassade vers les Tartares ; et, à son retour, il s’enferma dans démission. BF une cellule du monastère des Hodèges. C'est de cette retraite qu’on Acropolit, DM le voulait tirer pour le mettre sur le siége de Constantinople. çus, et ds D Mais quelques évêques crurent que, Jean Veccus y convenait LE Grégoire À, mieux, étant garde des archives et du trésor de cette église, et homme } s.-mitres « de grande réputation. Quand on eut fait le rapport à l’empereur des rent à Conr- différents suffrages, il jugea Veccus le plus digne, le croyant propre Ë « les nonc à faire cesser le, schisme, tant .par sa doctrine que par. sa longue he Josepi, expérience des affaires ecclésiastiques. Il fut donc élu patriarche de culté, part EN Constantinople dans l'assemblée des évêques, à Sainte-Sophie, ; le les témoin M} dimanche 26me de mai, jour auquel les Grecs faisaient la fête des £ er sil'unin Pères du concile de Nicée , qu'ils font à présent le 16m de juillet. pi jamais con Veccus fut ordonné le dimanche suivant, qui était celui de la Penune renol- tecôte, le second jour de juin 1275 1. ù t. Ce futhe L'empereur crut se pouvoir décharger sur lui du soin des affaires à la prière ecclésiastiques, et lui promit. son secours en tout ce qui serait nés Grecs ho- cessaire, espérant qu’il en userait de même à son égard. II lui donna palais, 0 aussi la liberté de lui recommander ceux qu'il jugerait à propos, and le mo- persuadé qu’il n’en abuserait pas; mais il y fut trompé, et Veccus, Pape en trop ardent en ses sollicitations, voulait absolument emporter tout que et Pape c@ qu'il demandait. Un jour, il intercédait pour un homme qu'il + Savait être injustement condamné, mais contre lequel l'empereur eùlalaut était prévenu. Après une vive et longue contestation, le patriarche

* Raynald,1274 et 1215, — Pachim., 1. 5, c, 21-24, Niceph. Gregor., 1, 5, c. 2.

138 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI, — De 1216

dit : Quoi donc! n'aurez-vous pas plus d'égard pour les évêques que pour vos cuisiniers ou vos palefreniers, qui sont nécessairement soumis à toutes vos volontés? Ayant ainsi parlé, il jeta aux pieds de l'empereur le bâton qu'il portait pour marque de sa dignité, « sortit au plus vite. L'empereur, prenant ce procédé pour un affront, le fit rappeler; mais le patriarche n'écouta rien, et alla s'enferme dans le prochain monastère. Une autre fois, le jour de Saint-Georges, à la fin de la messe, l'empereur étendait la main: pour recevoir k communion ; le patriarche, qui tenait la particule du pain sacré, lu demande une grâce pour un affligé. L'empereur dit que ce n'est pas là le temps. Le prélat soutient qu'il n’y a pas de temps plus conve. nable pour imiter la bonté du Sauveur ; et l’empereur, en colère, se retire sans avoir communié. Pour n'être pas tous les jours expos à de pareils affronts et modérer l'empressement du patriarche, i réduisit les audiences qu'il lui donnait à un jour de la semaine, qu fut le mardi, et il n’y manquait jamais t,

L'an 1277, après la mort du papè Jean XXI et pendant la vacance |

du Saint-Siége, arrivèrent à Viterbe des ambassadeurs de l’empereur Michel Paléologue, chargés de plusieurs lettres adressées au pape Jean. La première de l'empereur, où il dit avoir reçu les nonces du Pape, savoir : Jacques, évêque de Férentine : Geoffroi, évêque de Turin, et de l’ordre des frères Précheurs; Rainard, prieur du couvent de Viterbe, et Salve, professeur en théologie, qui m'ont, dit-il, remis en main propre les lettres de votre prédécesseur. Je les ai baisées très-dévotement, et, après les avoir bien entendues, j’ai été rempli d’une extrême joie pour la réunion des églises ; puis, ayant traité avec vos nonces de ce qui restait pour l'exécution, j'ai confirmé par écrit l'acceptation de la profession de foi de l'Église romaine, comme ont fait aussi l'empereur, mon fils aîné, le patriarche et les autres prélats de l’église orientale, assémblés avec nous, reconnaissant k primauté de l'Église romaine et le reste qui est contenu dans les lettres de votre Sainteté. Vous en apprendrez davantage par mes ambassadeurs, qui sont Théodore, métropolitain de Cyzique; Méliténiote, scriniaire de l’église de Constantinople et archidiacre du clergé impérial ; Georges Métochite, archidiacre du reste du clergé, et nos secrétaires, Ange, Jean et Andronic 2.

Ils étaient encore porteurs d'une autre lettre de l'empereur Michel, où était insérée celle qu’il avait envoyée au pape saint Grégoire X, contenant la profession de foi préscrite par Clément IV : puis l’empereur ajoutait la ratification du serment prêté en son nom par le grand

1 Pachym., 1, 5, c. 24 et 25, — 2 Raynald, 1277, n. 21.

à 1300 de l'ère c

logothète au & même avait fa aussi adressé d'avril 4277.

saint et bienhe lique de l’anc tous les Chrét gneur Jean; M Dieu, fidèle er votre Sainteté, affection, et la aîné de Michel n’est qu’un lo avec un grand

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son père 1.

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1 Raynald, 127!

1 — De 1%

les évêques essairement ux pieds de dignité, et "un affront, , s'enfermer nt-Georges, recevoir {1 n sacré, lui ce n'est pas plus conve.

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la vacance |

l'empereur ès au pape nonces du évêque de du couvent it-il, remis ai baisée été rempli yant traité nfirmé par 1e, Comme les autres Jaissant la 1 dans les par mes ue; Mélidiacre du du clergé,

ur Michel, égoire X, is l'emper le grand

à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 139

logothète au concile de Lyon, c'est-à-dire celui que l’empereur luimême avait fait en présence des nonces du Pape. Cette lottre est aussi adressée à Jean XXI, et datée de Constantinople, au mois d'avril 41277. L'une et l'autre portent dans l'inscription : Au trèssaint et bienheureux premier et souverain Pontife du Siége apostolique de l’anc:enne Rome, le Pape universel, le commun Père de tous les Chrétiens, le révérendissime père de notre empire, le seigneur Jean; Mjichel-Ducas-Ange-Comnène Paléologue, dans le Christ- Dieu, fidèle empereur et modérateur des Roméens, fils spécial de votre Sainteté, la vénération convenable avec une sincère et pure affection, et la demande de ses prières. La lettre d'Andronic, fils aîné de Michel et associé à l'empire, avec une inscription semiblable, n'est qu'un long compliment où il témoigne avoir désiré l'union avec un grand empressement ; mais la suite donne lieu de soupçonner ce prince de n'avoir écrit ainsi que par complaisance pour son père !.

La lettre du nouveau patriarche Jean Veccus et de son concile est plus sérieuse. Ils bénissent Dieu de ce que l'union des églises, heureusement commencée au temps du saint homme, si un homme on doitl'appeler, et non pas un ange, savoir, le très-saint pape Grégoire X, avait été terminée plus glorieusement sous le nouveau Pontife que Dieu venait de donner à son Église. «Les nonc:s du Siége apostolique, grâce à vos prières, sont heureusement arrivés près des empereurs nos maîtres, près de nous et du concile qui restait, faisant partie d’un{plus grand qui venait d’être tenu chez nous. Votre Sain-

L teté verra, par la lettre synodale qui lui sera présentée, comment j nous avons ratifié et confirmé l'union par nos souscriptions, qui

tiennent lieu de serment parmi nous. Elle va le voir encore par cette

| lettre, où, en présence de Dieu et de ses anges, nous renonçons } absolument au schisme introduit mal à propos entre l’ancienne Rome

et la nouvelle, qui est la nôtre. Nous reconnaissons la primauté du siégeapostolique ; nous. venons à son obéissance, et nous promettons

| de lui conserver toutes les prérogatives et tous les priviléges que lui

| ontreconnus avant le schisme nos prédécesseurs dans ce siége, ainsi

} que les empereurs, à l'exemple des saints Pères, savoir : | très-sainte Église romaine a la souveraine et parfaite primauté et

Que la

| principauté sur toute l’Église catholique, et nous reconnaissons vé-

à ritablement qu’elle a reçu ces prérogatives avec la plénitude de puis-

| sance, du Seigneur lui-même, dans le bienheureux Pierre, prince des

apôtres, dont le Pontife romain est le successeur 2. Et comme il est

1 Raynald, 1277, n. 27-81, —- 2 « Videlicet, quia ipsa sacrosancta Romana Ec-

140 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI, — De 19

obligé plus que les autres à défendre Ja foi, aussi les questions d foi doivent être définies par son jugement. A cette église peuven appeler tous ceux qui se trouvent lésés dans les affaires qui appar. tiennent à la juridiction ecclésiastique, et on peut recourir à son jugement dans toutes les affaires : toutes les églises lui sont soumise, et tous les prélats lui. doivent respect et obéissance, C'est à el Eh ent la plénitude de la puissance, en ce que c’est la même glise romaine qui a confirmé et affermi les priviléges que les autre églises, particulièrement les patriarcales, ont reçus en divers temps, soit des pieux empereurs, soit des saints conciles ; privilèges dont elles n'eussent pas obtenu la confirmation si l'Église romaine n'eÿ , Pas proféré là-dessus son jugement et sa sentence, sauf toujour sa prérogative tant dans les conciles généraux que dans tous lx autres !, »

« Mais parce que la longueur du schisme a fait naître à quelques. uns la vaine et fausse opinion qu'il y a quelque différence de dogme entre les deux églises, savoir, la grecque et la latine, à caused l'addition faite au symbole par l'Église romaine, nous somme obligés de faire une exposition de foi, par.où votre altesse et tout

l'Église romaine connaîtra qu’il n’y a aucune différence de créane pour ceux qui lisent le symbole.du premier concile de Nicée, ou qu prêchent le symbole du deuxième concile de Constantinople, ou qu

vénèrent le symbole que lit l'Église romaine avec l'addition. » Le patriarche Veccus et son concile > après avoir exposé leur fi

sur la Trinité, l’Incarnation et la Rédemption, s'explique sur ke Saint-Esprit en ces termes :

« Nous croyons de la même manière à l'Esprit-Saint , qui sonde tout, même les profondeurs de Dieu. H est naturellement dans Dia le Père, il lui est essentiellementuni, et procède de lui indivisiblement:

clesia summum et perfectum primatum êt principatum super universam catho. licam Ecclesiam obtinet, quæ in seipsâ ab ipso Domino in beato Petro apostol rum principe seu vertice, cujus Romanus Pontifex est successor, cum plenitudine potestatis recepisse, verè ac humiliter recognoscimus. » Fleury ne traduit point ces paroles, et suppose qu'il n'est question que de priviléges accordés par les empereurs.

* Apud hanc autem plenitudo potestatis consistit, quèd ea, quæ cæteræ eccle- .Siæ, et patriarchales specialiter, diversis temporibus privilegia obtinuerunt, sanc: tionibus beatorum sanctorum imperatorum illorum, et canonicis sanctionibus et reformationibus sacrorum et divinorum conciliorum, eadem Ecclesia romana con firmavit et roboravit; et non.aliter obtinuerunt confirmationem ecclestarum hujusmodi prærogativæ, nisi eadem Ecclesia romana suum super iis judicium et

sententiam protulisset, sua tamen prærogativa {äm in generalibus concilits quan

in quibuscunque aliis semper salva,

1300 de l'ère chr

e Père, comme d'une source , ai

ledans de lui, ‘et 'a-t.il soufflé co:

inspiration du F ons des apôtres

Cet exposé n’e:

'extrême-onctior ilie, consacrée, omaine, soit en

Trois mois apr it : Nous faisons à Constantinople lemps entre l'Ég RoUS avons excon

| !Raynald, 1277,

VI, — De 97

questions de glise peuven qui appar.

courir à son

ivers temps, iviléges dont maine n'eft auf toujour ans tous ls

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e de dogme , à cause US somme sse et toute de créanc icée, ou qui ople, ou qu ion. »

osé leur fo ique sur

, qui sonde t dans Die isiblement;

ersam catho etro apostolo m plenitudine traduit point 8 par les em-

sæteræ eccleuerunt, sant:

nctionibus et romana CON:

lesiarum hujudicium €

nciliis quan =

1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 111

est aussi naturellement dans le Fils, il lui est essentiellement uni, t procède de lui indivisiblement, Car il émane ou procède de Dieu e Père, comme d'une source ; il émane aussi du Fils même, comme j'une source , ainsi que de Dieu le Père. Mais , quoique le Père soit a source de l'Esprit, et que le Fils en soit égalemént la source, ependant le Père et le Fils ne sont pas deux sources de l'Esprit, mais une source ou fontaine unique, suivant l'intelligence fidèle et vieuse. C’est pourquoi les saints docteurs de l'Église ont enseigné que l'Esprit-Saint est le commun Esprit du Père et du Fils. Car, mme l'Esprit est naturellement de la substance du Père, de même Best naturellement de la substance du Fils ; et comme il existe selon k substance du Pèré , de même il existe selon la substance du Fils ; comme il est propre à l'essence dn Père et qu'il ne procède pas Lors d’elle pour être, de même il est propre à l’essence du Fils et ne procède pas hors d'elle pour étre. Car, comme le Fils a essentielledent par communication les biens naturels de Dieu le Père, il a l'Esit, de même que chacun de nous a son esprit ou souffle propre au ledans de lui, ‘et le profère dehors du fond de ses entrailles. Aussi a-t-il soufflé corporellément sur ses disciples, parce que c'est par inspiration du Fils que nous connaissons l'Esprit, et que nous saons des apôtres que l'Esprit est l'intelligence du Fils. »

Cet exposé n’est pas moins juste que profond ; on y remarque seuement une certaine affectation à ne pas dire plus simplement, comme ës formulaires envoyés de Rome, que le Saint-Esprit procède tout semble du Père et du Fils. Le patriarche Veccus et le concile arlent ensuite du baptême, de la pénitence, du purgatoire et des frages pour les morts. Ils réconnaissent les sept sacrements : la onfirmation que’les évêques confèrent par l'imposition des mains

De saint-chrême, mais que les prêtres donnent aussi chez les Grecs ;

xtrême-onction, suivant la doctrine de saint Jacques ; l’euchaitie, consacrée, soit en pain azyme, suivant l'usage de l'Église omaine, soit en pain levé, suivant l'usage des Grecs, sans préjulice de la transsubstantiation ; le sacrement de l'ordre ; enfin le ariage, qui peut être réitéré jusqu’à trois fois et plus. Cette lettre it datée, comme celle de l'empereur, du mois d’avril 1277 1,

Trois mois après, le patriarche Veccus pubiia une circulaire où il lt : Nous faisons savoir à votre Charité que, dans le concile assemblé à Constantinople pour l'examen du schisme survenu depuis long- [emps entre l'Église latine et la grecque, par celui qui hait l'unité, IouS avons excommunié tous ceux qui ne reconnaissent pas que la

} !Raynald, 1277, n. 32-39.

LE 142 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 197, MA} à 1900 de l'ère ch

sainte Église romaine est la mère et la iête de toutes les autres églises, et la maîtresse qui enseigne la foi orthodoxe, et que son souverain Pontife est le premier et le pasteur de tous les Chrétiens, en quelque rang qu'ils soient, évêques, prêtres ou diacres. Nous avons aussi excommunié tous les autres schismatiques, qu’ils aient la dignité impériale, qu'ils soient du sénat ou de quelque autre condition, et avec eux Nicéphore Ducas, qui prend le titre de despote, et Jean Ducas de Patras, qualifié syntocrator, comme perturbateurs de l'union des églises et persécuteurs de ceux qui l’ont embrassée, Donné à Sainte-Sophie, le vendredi 16me du juillet 1277 ; indiction cinquième 1,

Nicéphore Ducas, fils de Michel Comnène, était despote d'Épir, et Jean, son frère bâtard, duc de Patras. Ces deux princes s'étaient dévoués à la cause des schismatiques, et n'avaient pas craint, pour la défendre, de lever l’étendard de la révolte.

L'empereur aurait bien voulu ne pas être obligé d'employer, pour les réduire, la force des armes ; il tenta toutes les voies de la dou. ceur, mais elles ne produisirent aucun effet. Il s’avisa ensuite de lewr envoyer une expédition de la sentence d'excommunication prononcé contre eux. Ce moyen ne réuss'* pas mieux. Enfin il lui fallut prendre malgré lui le parti de leur faire une guerre ouverte. Les troupes impériales étaient commandées par Andronic Peléologue, grand ma. réchal de l'empire, et cousin germain de l'empereur, et par le grand échanson, gendre d’un autre de ses cousins. Michel leur avai associé, pour servir sous leurs ordres, Comnène, Cantacuzène et Jean Paléologue, ses neveux. Mais ces seigneurs, au lieu d'attaquer le duc de Patras, lui firent dire qu'ils tenaient eux-mêmes l'empereur pour hérétique ; qu’en conséquence ils l’abandonnaient, et que lui pouvait profiter de l’occasion pour se jeter sur les terres de l'empire. D'après cet avis, Jean le Bâtard s’empara de quelques villes impériales. Michel, instruit de la perfidie de ses capitaines, se les fait amener chargés de chaînes, et nomme, pour les remplacer, d'autres officic.s auxquels il recommande de se tenir sur la défensive, et de se contenter de couvrir les places de l'empire sans se compromettre avec l'ennemi. C'étaient de jeunes présomptueux, qui, remplis de leur propre mérite, et tout glorieux des talents qu'ils croyaient avoir, eurent l’imprudence d’attaquer un poste trop bien fortifié, et se firent battre par Jean le Bâtard. L'empereur avait encore envoyé dans d’autres provinces plusieurs de ses parents pour y rétablir la tranquillité, savoir : Paléologue, fils de sa sœur, Jean

Tarchaniote, € Bsins; mais, loi | Cependant 1 Lsuccès, ne se « L encore la prés.

armes spirituel [huit évêques, Lsoumit dans ce examen doctrir Bon prononça a Let contre les a :brassée. Jean le 1 plaintes contre hpersécuteurs. L Aticiper à son co Hétroite prison, Ncaptivité ; il y at Le moyen de ro Aide rétracter l’al plus indigneme.

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: 1Hist, du Bas-E > Apud Wadding, t. !

1 Raynald, 1277, n. 42.

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tres églises, A SOuverain en quelque AVONnS aussi t la dignité ndition, et te, et Jean ‘bateurs de embrassée, | , indiction

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œur, Jean BE

à 1300 de l’ère chr.]

Tarchaniote, Calojean, Lascaris et Isaac Raoul Comnène, ses cou- Bsins; mais, loin de poursuivre les rebelles, ils se joignirent à eux.

| Cependant le Bâtard, devenu de plus en plus insolent par ses Lsuccès, ne se contenta pas de faire la guerre à son maître, il eut L'encore la présomption d'employer contre lui, par représailles, les Larmes spirituelles. Il convoqua une espèce de concile, composé de [huit évêques, de plusieurs abbés et d'environ cent moines. On soumit dans cette assemblée la croyance de l'Église romaine à un }examen doctrinal ; elle y fut déclarée hérétique, et, en conséquence, Bon prononça anathème contre le Pape, l’empereur, le patriarche, Let contre les autres prélats de l’église grecque qui l’avaient emsbrassée. Jean le Bâtard, après avoir fait retentir tout l'empire de ses : plaintes contre la persécution, devint lui-même le plus cruel des Ppersécuteurs. L’évêque de Trica en Thessalie, ayant refusé de participer à son conciliabule, fut arrêté par ses ordres et jeté dans une Bétroite prison, où il éprouva toutes les horreurs de la plus affreuse Leaptivité ; il y aurait péri, si, au bout de dix-huit mois, il n’eût trouvé le moyen de rompre ses fers. L’évêque de Patras, pour avoir refusé Mde rétracter l'abjuration qu’il avait faite du schisme, fut traité encore plus indignement. Le Bâtard le condamna à être exposé pendant lusieurs jours et plusieurs nuits, nu en chemise, aux gelées et aux imas du mois de décembre 1, Voilà comme les princes mêmes de sa familles secondaient l’emereur Michel Paléologue dans l'affaire de la réunion des églises, réuon qui aurait pu sauver l'empire et de lui-même et des Turcs : de i-même, en corrigeant par la gravité romaine ce qu'il y a de faux ans le caractère grec; des Turcs, en lui assurant contre eux le seurs de toute la catholicité. Quant à la multitude des schismatiques au peuple ignorant, toujours amateur des nouveautés, ils se retirent de cilices, et se dispersèrent en divers pays où l’empereur élan pas reconnu, dans la Morée, l’Achaïe, la Thessalie, la Coliide. Ils allaient errant çà et là, séparés des catholiques et divisés tre eux-mêmes. Ils se donnaient divers noms; les uns se disaient. tlateurs du patriarche Arsène, les autres de Joseph, ou ils preient d’autres prétextes pour se tromper et tromper les autres. uelques-uns même débitaient des oracles par les villes et les vilges, comme s'ils venaient d’avoir des visions ; ce qu'ils faisaient our gagner de l'argent. Car, lors même que tous les prétextes eunt disparu, ils n’en continuèrent pas moins leur métier. C’est ainsi

} “ist. du Bas-Empire, 1, 101, n. 37, Raynald, an 1278, Litteræ Ori... DAApud Wadding, t. 5, p. 65.

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144 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 19:

que Nicéphore Grégoras nous dépeint la division des Grecs entre eux, même avant la conversion de Veccus 1.

Au milieu de cette confusion, on vit en Bulgarie quelque cho&e d'étrange. Un gardeur de porcs, nommé Lachanas, remporte plusieurs victoires sur les Tartares, devient roi de Bulgarie, tue son prédécesseur, en épouse la veuve, nièce de l’empereur Paléologue, qui délibéra même de lui donner une de ses filles ; il abuse ensuite du pouvoir, est‘abandonné des siens, se réfugie auprès d’un chef des Tartares, qui le fait tuer à la fin d’un repas ?,

Le pape Nicolas III ne renvoya qu’en 1278 les ambassadeurs grecs, qui étaient arrivés l’année précédente, pendant la vacance du Saint-Siége. Or, Michel Paléologue les avait envoyés non:seulement pour apprendre au Pape l'acceptation de l’union, mais éncore pour s'informer de la conduite de Charles, roi de Sicile, s’il avait ralenti son ardeur et modéré sa fierté. Mais ils Le trouvèrent qui ne respirait que la colèré, et qui conjurait le Pape de lui permettre d'aller attaquer Constantinople. Ils le voyaient tous les jours se jeter aux pieds du Pontife, et mordre de fureur le sceptre qu'il tenait entre ses mains, suivant l'usage des princes d'Italie, parce que le Pape n'avait point d'égard à ses prières. Charles lui représentait sôn droit et lu préparatifs qu'il avait faits pour son voyage. Le Pape lui montrait, au contraire, que les Grecs n'avaient fait que reprendre une vil

qui leur avait appartenu ; qu’ils la possédaient par droit de conquéte, |

et qu’enfin c’étaient des Chrétiens, et des enfants de l'Église, en sorte qu’il ne pouvait permettre à d’autres Chrétiens de leur faire h guerre sans attirer la colère de Dieu ?.

Après que les ambassadeurs grecs furent partis, le Pape envoyai Constantinople quatre nouveaux légats, tous quatre de l’ordre dés frères Mineurs. Il les chargea de quatre lettres : les deux première

à l’empereur Michel Paléologue : l’une, où il lui fait excuse du lon Be } pas trop insist

séjour!deï ses ambassadeurs, causé ‘par la vacance du Saint-Siége et la nouveauté de sa promotion ; la seconde, où il lui parle de ss intérêts temporels. Il se plaint de ce qu'il n’a donné aucune chart à ses ambassadeurs de traiter avec Philippe, empereur titulaire de Constantinople, et Charles, roi de Sicile, comme le pape Jean MK! lui avait conseillé ; et il l’exhorte d'envoyer dans cinq mois des personnes capables de conclure la paix. La troisième est à Androït fils aîné de l'empereur, qu’il félicite sur le zèle qu’il a témoigné po l'union : ces trois lettres sont du 7me d'octobre 1278. La quatriènt,

1 Niceph. Grégor., 1. 5, c. 2, n. 4, =? Hist, du Bas-Empire,1. 101. — li chym., 1. 5, c. 26.

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à 1300 de l’ère chr.]

datée du lendemain, est adressée au patriarche Veccus et aux au-

tes prélats grecs, qu'il exhorte, et auxquels il ordonne de faire, chacun en particulier, suivant la réquisition des légats, leur profession de foi, de reconnaître la primauté de l'Église romaine et abjurer le schisme.

Le Pape donna de plus une instruction à ses légats, où il dit : A votre arrivée, vous donnerez la bénédiction de notre part à l'empereur Michel et à son fils Andronic, et vous leur témoignerez quelle a été notre joie à la réception de leurs lettres, et quelle est celle detous les Latins, dans l'espérance de la parfaite union avec les Grecs. Ensuite vous présenterez à l’empereur la lettre qui regarde le spirituel, c'est-à-dire la première, puis à Andronic et au patriarche celles qui leur sont adressées.

Quant aux affaires temporelles, pour vous insinuer plus facilement auprès de l’empereur et de son fils, vous direz d’abord que l'Église romaine, les regardant comme rentrés dans son sein, prétend les favoriser entre tous les princes catholiques, autant que la justice le permettra. C'est pourquoi, dès le temps du pape Jean, elle n’a rien dissimulé à l’empereur, mais lui a donné le conseil sa lutaire de faire la paix avec quelques princes latins qui prétendent qu'il leur fait tort et ont grande confiance en leur droit et en leur puissance. Vous pouvez, sur cet article, vous instruire amplement

| par la lettre du pape Jean au même empereur, et par la nôtre con-

cernant le temporel, c’est-à-dire la seconde, que vous lui rendrez

| après avoir touché ce qui vient d’être dit.

Mais, avant d’insister sur l’article du temporel, il faut demander à l'empereur un duplicata de ses lettres, qu’il a envoyées par les am-

À bassadeurs retournés depuis peu, touchant la profession de foi et la | reconnaissance de la primauté, avec ce seul changement, d’y mettre use du long Be | pas trop insister. Il faut demander un pareil duplicata au prince

notre nom au lieu de celui de Grégoire; sur quoi même il ne faut

Andronic, et prendre garde que ces secondes lettres soient, non en

| papier, mais en bon parchemin, €: scellées cn bulle d’or, comme

ls premières. Il faut aussi représenter à l’empereur que le patriar-

| che et les autres prélats n’ont pas encore fait leur profession de foi, } suivant la formule donnée par l'Église romaine. C’est pourquoi, lui, | qui assure que toute l’affaire dépend de lui et qu’elle est absolu-

À ment en sa puissance, il doit faire en sorte que les prélats y satis-

! fassent effectivement, et qu'ils accomplissent tout ce qui peut servir

2 ctaffermir l’union.

Pour bien comprendre ce dernier point, il faut observer que le

D patriarche Veccus et les prélats de son concile avaient bien envoyé

146 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 197%

une profession de foi orthodoxe, mais non dans les mêmes termes qué lé formulaire envoyé de Rome. Et voilà ce que demande le Pape. Il continue :

Quant à ce que l'empereur a demandé dans ses lettres, que l’église grecque dise le symbole comme elle le disait avant le schisme, et qu’elle garde ses rites, il faut répondre que l’unité de croyance ne permet pas que les professions de foi soient différentes, principalement quant au symbole, qui doit être d'autant plus uniforme qu’on le chante le plns souvent. C’est pourquoi l'Église romaine a résolu que les Latins et les Grecs le chantent uniformément, avec l’addition Filioque, parce qu il a été particulièrement traité de cette addition, et que la reconnaissance de la vraie foi, loin d’être cachée, doit être hautement publiée.

En parlant de la sorte, le pape Nicolas IT supposait que l’empereur Paléologue n'avait qu’à dire pour être obéi; il. ignorait les oppositions qu'il rencontrait jusque dans sa propre famille, Sans doute, une entière uniformité dans les expressions même d’une même croyance eût été le” mieux et le plus sûr, mais les esprits des Grecs étaient encore trop malades pour supporter ce remède péremptoire. Dans ces conjonctures, la proposition du Pape, regardé comime le médecin des nations, semble donc internpestive. Aussi paraît-il que les légats, arrivés sur les lieux et apprenant le vrai état des choses, ne firent pas beaucoup d'instance sur ce point.

A l’égard des autres rites des Grecs, continue l'instruction, il faut répondre que l'Église romaine veut bien les tolérer en tout ce qu’elle ne jugera contraire ni à la foi ni aux canons. Au reste, comme pendant cette négociation ii est à propos de s’abstenir entièrement des insultes et des violences qui pourraient aigrir les choses, il faut traiter d’abord d’une trêve, et convenir avec l’empereur Michel du temps nécessaire pour avoir le consentement de l’empereur Philippe et du roi de Sicile.

Voici maintenant ce qu’il faut demander au patriarche, aux autres prélats et au clergé de chaque ville, bourg ou village : Que chacun d’eux en particulier fasse sa profession de foi suivant le formulaire contenu dans la lettre de Grégoire X. dont vous êtes porteurs, qui leursera lu et expliqué fidèlement ; qu’ils la fassent sans aucune condition ni :ddition, et la confirment par serment. La forme en est rapportée ; Luis l'instruction continue : Or, ils ne doivent alléguer aucune coutume pour se dispenser de ce serment. C'est ici un cas nouveau, et on ne doit point observer ces coutumes contraires aux droits des supérieurs, principalement de l’Église romaine: ce sont plutôt des abus que des usages. Nous voulons aussi que les promes-

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