VI. — De
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d'autant plus nécessaire que jeme conduise ainsi dans le moment actuel, que le nouveau Pape ne nous est pas aussi favorable que l'é tait Grégoire. Je leur donnerai de belles paroles, mais de manière à ne rien changer de ma résolution.
Un estimable historien demande après ce discours de Paléologue : Quelle idée doit-on se. faire: d’une nation dont le chef ose ainsi faire l'aveu de sa perfidie devant le corps le plus distingué de l'État ? On ne sait qui on doit mépriser davantage, ou de l'orateur, ou de l’auditoire 1,
Après que l'empereur eut ainsi parlé, le patriarche vint au monastère de Manganes, et 'se conduisit de sorte qu'il ne donna aux légats aucune connaissance de ce qui lui était arrivé. Il les reçut, environné des évêques et des principaux du clergé. Les légats exposèrent leur commission, comme l'empereur avait prédit, représentant avec assez de liberté que l'union des églises ne devait pas se terminer à des paroles, mais paraître pas les effets, en faisant la même confession de. foi ; que c'était là le moyen de persuader que la paix était véritable ; que c'était d'autant plus nécessaire, que les Grecs eux-mêmes se trouvaient divisés à ce sujet. Comme l'empereur les avait prévenus, les Grecs écoutèrent paisiblement ce qui sans cela leur eût; été insupportable, Mais, afin de mieux persuader aux légats que la paix qu’on avait faite n’était pas une moquerie, l'empereur envoya avec eux Isaac, évêque.d'Éphèse, qui leur montra ses parents dans les prisons, savoir : Andronic Paléologue, premier écuyer ; Raoul Manuel, échanson, son frère ; Isaac et Jean Paléologue, neveu d’Andronic. Ils étaient tous quatre dans une prison car-
rée, chargés de, grosses chaînes, chacun dans son coin. C'est ainsi que l’empereur Michel sauva les apparences avec les légats.
Mais il traita plus sérieusement le rappel de Veceus. Les évêques n'avaient point admis sa renonciation, comme il eût été nécessaire, quand même l'empereur l'aurait acceptée, et lui-même n’y avait point allégué son indignité ni son incapacité. 11 disait. seulement que, voyant, un tumulte et un trouble déraisonnables de la part de quelques personnes, il avait cru devoir se retirer, plutôt que de leur donner occasion de scandale :: ce qui n'était pas tant une cause de renonciation qu’un reproche contre ceux qui pouvaient empêcher ce désordre. IL fut donc prié, par un commun consentement, de reprendre le gouvernement de son église ; mais il ne voulait pas, à moins qu’on. ne lui fit justice de ses calomniateurs ; et c’est ce qui était impossible, suivant les maximes de l'empereur, qui, comme
1 Lebeau, Hist, du Bas-Empire, 1. 101, n. 54.
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plusieurs autres princes, voulait bien remédier à la cal
justifiant l’accusé, mais non pas punir
de ne pas apprendre des vérités importantes s’il n'y avait sûreté de lui donner même de faux avis. Le patriarche, ne pouvant donc obtenir justice, se laissa persuader de pardonner à ses acCusateurs, et, le 6m d’août, la même année 1279, il rentra dans son palais, magnifiquement accompagné de sénateurs et d’ecclésiastiques.
Alors on composa une lettre d’excuse envers le Pape, où l’on mi un grand nombre de souscriptions d’évêques qui n'étaient point et d'évêchés qui ne furent jamais, toutes écrites de la même main,
Je ne sais, dit l'historien Pachymère, si c'était de l'avis du pa-
triarche, mais l’empereur voulait égaler les nombreuses souscriptions des Latins, qui comptent jusqu’à plusieurs centaines d'évêques dans leurs conciles. Dans cette même lettre, observe encore le même historien grec, on eut soin d’obseurcir la procession du Saint-Esprit, entassant plusieurs expressions des Pères, comme d’émaner, découler, d’être donné, montré, de rayonner, de brilier, et d’autres semblables : ce qui tendait à éloigner le terme propre de procéder, On ajoutait à la fin : Tous ceux qui n’obéiront point à ce traité de paix Souffriront les peines qu’ils méritent. Et tout cela, ajoute le Grec Pachymèrs, n’était qu'un jeu pour faire accroire au chef de l’Église et aux Chrétiens d'Occident qu'on ne se jouait pas d'eux, mais qu'on procédait de bonne foi. Telle était la lettre artificiéuse des évêques grecs, pleine de flatteries pour les Latins, quoiqu'il fût assez notoire que plusieurs les excommuniaient 1,
L'empereur écrivit aussi au pape Nicolas III sur la réception des quatre légats ; mais il ne fait dans cette lettre que répéter la profes. sion de foi et le serment fait en Son nom au concile de Lyon, sans rien répondre sur les nouvelles deinandes des légats, ni seulement ei faire mention. Il fit écrire de même par Andronic, qui ne fait que répéter la lettre de son père et y adhérer 2.
Paléologue ne s’en tint pas là : il voulut que le Pape jugeât par lui-même de la sévérité avec laquelle il traitait les ennemis de ha paix ; il remit entre les mains de ses ambassadeurs deux des principaux réfractaires, Ignace et Mélèce, afin qu'il les punît ainsi qu’il lui plairait. Le Pape les reçut avec bonté, se contenta de les plaindre de ce qu’ils avaient voulu empêcher la réunion des deux églises, et, après quelques remontrances charitables, il les renvoya à l'empereur, en le priant de les traiter avec indulgence. Pachymère prétend même que le Pape écrivit à Michel Paléologue qu’il avait trouvé leur
Omnie en les calomniateurs, Craignant
?Pachym., L 6, c. 17 et 18. — 2 Raynald, 1280, n, 19 et seqq.
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11300 de l’ère ch
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1 Pachym., 1,
11300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 157