ET
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révolte de Sicile, et continue ainsi : Puis donc que le royaume de Sicile appartient à l'Église romaine, nous admonestons toutes sortes de personnes, de quelque condition qu’elles soient, et leur défendons étroitement de molester, attaquer ou troubler, dans la possession de ce royaume, l'Église ou le roi Charles, qui le tient d'elle, De plus, nous défendons à tous les fidèles, particulièrement aux seigneurs et aux communautés des villes, de donner aucun secours à ceux qui voudraient envahir ce royaume; autrement, nous déclarons dès à présent les personnes excommuniées et les villes interdites. Nous avertissons aussi les évêques, les abbés et les autres prélats que, s'ils contreviennent à cette monition, nous les priverons de toute dignité ecclésiastique, et les autres clercs de leurs bénéfices ; et quant aux laïques, nous leur dénonçons que nous les priverons des fiefs qu'ils tiennent de l'Église, que nous absoudrons leurs sujets du serment defidélité, etlesexposerons eux-mêmes, tant leurs personnes que leurs biens, à qui voudra les attaquer. Enfin, il ordonne à la ville de Palerme et aux révoltés de revenir incessamment à l’obéissance du roi Charles. Cette bulle fut publiée à Viterbe, dans la place de la grande église, en présence d’un grand peuple, le jour de l’Ascension, me de mai 1282 1,
Le même jour, dans la même place, le Pape renouvela l’excommunication contre l'empereur Michel Paléologue, prononcée le 18m de novembre 19281, avec défense à tous princes ou communautés de contracter avec lui aucune alliance, ni de lui fournir armes, chevaux, vaisseaux ou autres moyens de faire la guerre. Le 18m de novembre de la même année, fête de la dédicace de Saint-Pierre de Rome, le Pape étend les censures de l’Église sur l'empereur Michel Paléologue, comme raisonnablement suspect d’avoir aidé le roi Pierre d'Aragon dans l'invasion de la Sicile 2.
L'empereur Michel Paléologue y survécut si peu, qu'il n’est pas vraisemblable qu'il en ait eu connaissance. Jean-Ange-Ducas Comnène, prince de Thessalie, s'était révolté de nouveau. L'empereur, pour rendre sa vengeance plus terrible, appela les Tartares d'au delà du Danube; ce qui fut extrêmement blâmé. Mais déjà il avait donné une de ses propres filles en mariage au chef de ces infidèles.
L'empereur partit vers la mi-novembre ; il était déjà mal portant.
Le voyage ayant augmenté son mal, les médecins le jugèrent à l’ex-
: trémité. Mais, personne n’osant le lui dire, un d’entre eux en avertit | le prince Andronic, son fils aîné et son successeur, qui, craignant } lui-même d'annoncer à l'empereur une si fâcheuse nouvelle , s’avisa
1 Raynald, 1282, n. 13.— ? Ibid., n, 28.
de faire apporter l’eucharistie par un prêtre du palais, revêtu des ornements convenables. L’empereur était couché, et regardait vers la muraille, pensant attentivement à quelque chose; le prêtre, de. bout, tenant entre ses mains les saints mystères, attendait que le malade le vit. Il demeura ainsi assez longtemps ea silence. Enfn l’empereur se tourna vers lui : Qu'est-ce là ? dit-i Le prêtre ré. pondit : Après avoir prié pour vous, nous vous ac portons encore les dons sacrés qui serviront à votre santé. L'empereur l’interrompit, se leva de son lit, prit une ceinture et récita le symbole ; puis il dit ces paroles de l'Évangile : Seigneur, sauvez-moi de cette heure ! Et, ayant témoigné un respect convenable, il reçut la sainte communion. 11 se recoucha, et expira peu de temps après. C'était le 11 décembre 1282. Il avait vécu cinquante-huit ans, et en avait régné vingt-quatre, moins huit jours 1,
5on corps fut enlevé promptement.et de nuit à un monastère éloigné du camp où il était mort, et enterré sans aucune cérémonie; car le nouvel empereur, Andronic, ennemi de l’union avec les Latins, crut que son père, qui l’avait procurée, ne méritait pas de sépulture ecclésiastique, et fit seulement couvrir son corps de beaucoup de terre, afin qu’il ne fût pas déchiré par. les bêtes. Andronic avait vingt-quatre ans quand il succéda à son père, qui de son vivant l'avait fait couronner empereur, et il régna quarante-neuf ans.
de faire cesser le schisme que la réunion avec les Latins avait caust entre les Grecs. À quoi il était excité par Eulogie, sa tante, outre l'inclination qu’il y avait de lui-même. Par le conseil de la princesse, il entreprit de se justifier auprès des schismatiques, comme étant entré malgré lui dans ce que son père avait fait pour la réunion;
déclara qu'il s’en repentait , et qu’il était prêt à subir la peine qu'ik BR
jugeraient nécessaire pour l’expiation de sa faute ; et que les lettres qu'il avait écrites au Pape et les serments qu'elles contenaient nétaient que l’effet de l’autorité de son père. Outre la princese Eulogie, Andronic était encore excité à parler ainsi par Théodore Muzalon, grand logothète ou chancelier, qui voulait, comme elle, paraitre n’agir que par zèle pour le rétablissement du bon état de l'Églie; mais la plupart des gens étaient persuadés qu'ils n’agissaient que par
prévention et par ressentiment contre le défunt erapereur. Car Eutogit |
avait été réléguée dans une forteresse avec une de ses filles, et l'autre, Marie, reine des Bulgares et épouse du porcher Lachanas, se pla
1 Pachym, Michel, 1, 6, c. 35, Gregoras, |, Bb, 0,7.
Quand il fut de retour à Constantinople, ses premiers soins furent le
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sait d'autre chose ; quant à Muzalon, il avait été battu de verges pour avoir refusé l'ambassade d'Italie. Tous deux étaient aigris
| contre le patriarche Veccus, le regardant comme la cause de ce qu’ils } avaient souffert.
Le jour de Noël approchait, jour auquel l’empereur devait paraître selon la coutume, et on devait célébrer l’oflice solennellement au palais. L'empereur ne se montra point en public, sous prétexte de
} son aflliction pour la perte de son père ; et on ne célébra point la > liturgie, de peur d'y faire mention de Veccus comme patriarche,
quoiqu'on'alléguât d’autres prétextes qui ne trompaïent personne.
L Eulogie pleurait son frère, suivant le sentiment naturel, mais elle } feignait d’être bien plus touchée de la perte de son âme, à cause de
ce qu’il avait fait avec les Latins ; et elle disait à l’impératrice Théo-
L dora, sa belle-sœur, qu’il n’y avait rien à espérer, et que tout ce que | l'on pourrait faire pour lui ne lui servirait de rien. C’est pourquoi
les deux patriarches Joseph et Jean Veccus, étant venus consoler
. l'impératrice veuve, elle leur demanda, dans l’accablement de la
douleur, ce qu’il fallait faire pour l'âme de son mari. Et comme elle adressa la parole à Joseph, elle découvrit la première le dessein de
| rappeler ce patriarche, que l’empereur Andronic cachait au fond de
son âme ; car ii passait les nuits chez Joseph, s’efforçant de le ramener, quoique ce ne fût presque plus qu'un cadavre avec un peu de respiration. Le dessein d’Andronic étant ainsi éventé, les partisans de Joseph le pressaient de remonter sur le siége patriarcal, les uns sous prétexte de rétablir les affaires de l’Église en levant le scandale de l'union avec le Pape; les autres dans l'espérance de s'élever plus qu'il n’était convenable, et de faire, par l'autorité du patriarche, les réconciliations des églises et les impositions des pénitences qu'ils exécutèrent. Les deux principaux'entre ceux-ci étaient Galaction de Galésie, à qui l'empereur Michel avait fait crever les yeux, et Mélèce, du monastère de Saint-Lazare, auquel il avait fait couper la langue.
Ensuite l'empereur Andronic envoya au patriarche Veccus pour se justifier de ce qu’il inéditait contre lui, l’assurant que ce n'était point par mépris de sa personne, mais par nécessité. Car, disait-il, le scandale qui se réveille dans la multitude entraîne les mieux intentionnés. Or, il faut, au commencement de mon règne, réprimer l'orage qui s'élève. J'apprends que plusieurs personnes considérables prennent pour prétexte de leur schisme la retraite de Joseph. Je suis si persuadé de votre amitié, que, pour affermir ma couronne, vous quitteriez non-seulement la dignité de patriarche, mais la vie ; ét, quoiqu’un autre soit à votre place, je ne vous aimerai ni ne vous
172 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI, — De 1216
honorerai pas moins. C’est ce qu'Andronic manda à Veccus par l’archidiacre Méliténiote.
Jean Veccus était un homme droit et dégoûté du patriareat. comme il le témoignait souvent par ses discours et ses actions ; || espérait même que le retour de Joseph produirait quelque bon eftet. C'est pourquoi, dès le lendemain de Noël, c’est-à-dire le 26e de décembre 1289, il se retira au monastère de l’Immaculée, accom- Pagné d’une escorte qu’il avait demandée à l'empereur, sous prétexte de le garantir des insultes que quelqu'un du clergé pourrait lui faire, mais, ev effet, croyant éviter devant Dieu le reproche d’avoir lâchement abandonné son poste. C’est du moins ce que dit son confident, l'historien Pachymère, de qui nous tenons tous ces singuliers détails : ce qui montre de sa part ou de leur part l'idée assez étrange que Dieu s'était fait grec, et qu’au lieu de regarder au fond du cœur et à la vérité, il s’en tenait aux apparences.
Donc, ie 31me du même mois de décembre , vers le soir, Josepl, à peine respirant encore, fut mis sur un brancard et porté au palais patriarcal, accompagné de part et d'autre de plusieurs personnes qui le félicitaient sur son retour en chantant et en battant des mains, et les cloches sonnaïent en même temps. Le lendemain matin, le clergé vint à l'ordinaire pour chanter l'office, quoiqu’on ne l’eût pas sonné ; mais ils trouvèrent l’église fermée, et on leur dit pour raison qu'il était défendu d'y entrer. Ils ne laissèrent pas, demeurant dehors, de célébrer l'office ; car la solennité de’ la fête leur fit juger qu'ils ne pouvaient s’en dispenser; c'était le premier jour de l'an 1283. Enfin ils se retirèrent chez eux, attendant ce qui arriverait de cette défense.
Le lendemain, 2° de janvier, on fit les cérémonies de la réconciliation de la grande église, par l’aspersion de l'eau bénite sur le, galeries extérieures et celles du vestibule, sur les tribunes et les colonnes, et, au dedans de l'église, sur les saintes images que les schiematiques croyaient profanées. L'aveugle Galaction, se faisant tenir par la main, allait de côté et d'autre jeter de l’eau bénite. Les spectateurs demandaient aussi à être purifiés, et ils eurent s:tisfaction.
On renvoya les laïques à des moines, qui leur imposaient divers: pénitences, selon les divers degrés de communion auxquels ils voulaient être admis. La pénitence était médiocre pour assister à la psalmodie ou recevoir du pain bénit; mais elle était plus grande pour la sainte communion. Ils renvoyaient au patriarche les évêques et ies clercs pour régler leur pénitence ; mais c'étaient eux qui la régiaient en efiet , à cause de sa maladie. En général, ils abusaient
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à 1300 de l’ère chr.]
de son nom pour gouverner l'église comme il leur plaisait, le faisant souvent consentir malgré lui à ce qu’ils voulaient. Enfin, ils lent publiquement dans l’église un décret fait-au nom du patriarche, portant que les évêques et les prâtres seraient suspens pour trois mois, et que les laïques feraient une pénitence proportionnée aux degrés de communion, que l’on spécifiait en détail.
| Quant aux deux archidiacres Constantin Méliténiote et Georges Mé-
tochite, ils les déposèrent absolument, parce qu'ayant été envoyés en ambassade à Rome par l’empereur Michel, ils avaient assisté à la
| messe que célébrait le Pape, quoique les religieux envoyés par le
Pape à Constantinople avec Jean Parastron y eussent de même assisté à la messe du patriarche Joseph.
La veille de l'Épiphanie, c’est-à-dire le me de janvier 1283, au
| soir, les schismatiques admirent le clergé à la psalmodie, après la-
quelle on fit la cérémonie de la bénédiction solennelle de l’eau bap
| tiimale, comme on faisait tous les ans en ce jour, en mémoire du | baptême de Jésus-Christ. Cette cérémonie se faisait à Corsa: mople, | dans la cour qui était la principale entrée de Sainte-cpt' ;, et au | milieu de laquelle était une grande fontaine où le peupie, avant que | d'entrer dans l’église, se lavait les mains et le visage. On s’y assem- | bla donc pour la bénédiction de l’eau, le clergé, le peuple, les Grecs etles Latins. L’aveugle Galaction présidait à la cérémonie ; il y avait un grand luminaire, et cn avait donné des cierges aux Latins mêmes. | Ce qui parut un étrange spectacle à ceux qui considéraient que, trois E jours auparavant, on avait réconcilié l’église à cause d’eux ; ils D croyaient alors voir un songe. Mais l’empereur laissait tout faire aux
schismatiques, dans l’espérance de réunir les Grecs entre eux 1, Pour comprendre quelque chose à ce que nous avons déjà vu de
D l conduite des Grecs dans cette affaire, et à ce que nous en verrons, à ilfaut bien se rappeler que c'était un peuple tombé en enfance; ma-
D ladie qui explique les actions les plus disparates, les plus contradic- . toires ; maladie qui, chez les peuples comme chez les individus, ne D guérit que par la mort.
Les schismatiques, étant donc les maîtres à Constantinople, cher-
chaient à se venger de tous les prélats qui, sous l'empereur Michel, avaient embrassé l'union de l'Église romaine ; mais ils ne faisaient À éclater leur haine que contre Jean Veccus, qu’ils regardaient comme D le principal auteur de cette union. Ils dissimulaient à l'égard des au- D tres, et même les flattaient, afin qu’ils leur aidassent à le perdre. D Ce qui fit dire à Théoctiste, métropolitain d’Andrinople : Ces évé-
‘ Pachymére, Andronic, 1,1, c, 1-7.
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ques sont les brochettes de bois dont ils se servent maintenant pour griller Veccus ; mais ensuite ils les jetteront au feu. Les schismati. ques, ayant donc gagné les évêques qui étaient à Constantinople, et principalement Athanase, patriarche d'Alexandrie, assemblèrent un concile où ils mirent deux trônes : un vide, pour marque” la placede Joseph, patriarche de Constantinople, qui ne sortait plus de son lit: l’autre pour le patriarche d'Alexandrie, qui présida effectivement au concile ; et eux-mêmes prirent pla, comme vicaires du patriarche malade. Le grand logothète Muzalon y assistait aussi, ainsi que Georges de Chypre, qui fut depuis patriarche, le rhéteur Holoboke. à qui l'empereur Michel avait fait couper le nez et les lèvres, enfin plusieurs autres. L’accusation contre Veccus roula sur ses écrits, que
l'on blâmait comme scandaleux, sans examiner le fond ni la doctrine |
qu'ils contenaient ; mais on soutenait qu’ils étaient faits à contre. temps, et qu'il-n’avait point dû agiter ces questions ni alléguer les passages des Pères. Muzalon se recornut lui-même coupable de ce crime, et donna à brûler un écrit qu’il avait composé, non qu’il y eût quelques erreurs, comme il protesta dans le concile avec serment. mais parce que c’éiait un écrit touchant la doctrine. On brüla de même un écrit du grand lagothète son prédécesseur, et plusieurs autres.
On vint ensuite à Jean Veccus, et cn l’accusait d’avoir non-seulement écrit hors Le saison, mais d’avoir enseigné des hérésies, en étudiant trop curieusement les Pères et en voulant pénétrer la nature divine au-dessus de la portée de l’esprit humain. On le cita au concile, où l’on avait même appelé le peuple à grand bruit par les des cloches, pour l'exciter à sédition, en lui faisant entendre qu'on l'avait jeté dans l’impiété. Veccus, ayant été cité plusieurs fois pour rendre compte au concile de ses écrits, ne pouvait se résoudre à sy présenter, craignant la fureur du peuple ; mais le grand logothète retint leur emportement, leur faisant entendre que, si Veccus était
insulté, l'empereur s’en tiendrait offensé lui-même. Puis il fit savoir 4 à Veccus qu’il pouvait aller au concile en toute sûreté. Il s’y rendit Be
donc : on le fit asseoir à lu dernière place, et on l'obligea à se dé-
fendre. Lui, qui voyait bien que sa défense ne serait jamais plus ml à
reçue qu'alors, répondit : J'ai écrit dans le temps qu'il était à propos de le faire, et j'avoue qu'il ne conviendrait pas d'écrire à présent, puisque le temps est changé. J'écrivis alors, parce qu'il était nécessaire et que personne ne l’entreprenait. De revenir maintenant aux choses passées, c'est pour vous une recherche hors de saison, et c'est en vain que je voudrais me justifier. La seule chose que vous deve
UUUIWICL) À
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l'épiscopat, si est à présent pasteur légitir acquis par vo Ces paroles saient : Et d’ toi qui dois e doxe ? — Ap s'adoucirent € l'obligèrent di fession de foi, triarcat ; ensu Joseph, l’aya forcer un prél pas canonique au nom de Ja exil à Pruse e sion suffisante Cependant | dutemps et d les esprits, let cachettes, ay:
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