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à 1300 de l’èro chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 475
l'épiscopat, sans qu’il le demandât ni même qu’il y pensât, et qui est à présent sans église, parce que vous l’en avez Ôté et rappelé le pasteur légitime, s’il est juste au moins qu'il garde le rang qu’il a acquis par votre suffrage.
Ces paroles de Veccus les piquèrent au vif, et quelques-uns disaient : Et d’où seras-tu évêque, en présence de l’évêque légitime, toi qui dois exposer ta confession de foi et montrer si tu es orthodoxe ? — Après avoir ainsi rejeté avec aigreur sa proposition, ils s'adoucirent et menèrent Veccus au patriarche Joseph, auquel ils l'obligèrent de faire quelque satisfaction ; puis, ayant dressé une confession de foi, ils la lui firent souscrire, et même la démission du patriarcat ; ensuite ils le renvoyèrent avec honnêteté. Mais le patriarche Joseph, l'ayant appris plus tard, jugea qu'ils avaient eu tort de forcer un prélat catholique de donner sa démission, et qu’elle n’était pas canonique. Peu de temps après, les schismatiques qui agissaient au nom de Joseph persuadèrent à l’empereur d'envoyer Veccus en exil à Pruse en Bithynie ; ce qu’il fit après lui avoir assigné une pension suffisante.
Cependant les partisans du patriarche Arsène voulurent profiter
| dutemps et de l’indulgence de l’empereur, qui, voulant réunir tous
les esprits, leur donnait une entière liberté. Ils sortirent donc de leurs cachettes, ayant à leur tête Andronic, ancien métropolitain de Sardes, et, courant de côté et d'autre, ils excitaient le peuple contre
| Joseph, qu’ils disaient êtrs encore chargé de l’excommunication
prononcée contre lui par Arsène, et non-seulement évitaient sa com-
D munion comme criminelle, mais en détournaient les antres ; en sorte
que leur parti, petit d'abord, augmentait de jour en jour. L’empe-
| reur ne leur fut point favorable tant que Joseph vécut, parce qu’on
lui fit entendre qu’il n°y avait point de réunion à espérer, et qu’ils ne
1 jugeaient pas ce prélat digne seulement d’être compté pour Chrétien.
On ajoutait que ce schisme était dangereux, même pour l’État ; ce qui ne donnait pas peu d'inquiétude à l'empereur.
Au commencement du mois de mars 1283, le patriarche Joseph mourut consumé de vieillesse et de maladie, et fut enterré au monastère de Sainte-Barbe, à Constantinople. L'empereur Andronic, él ‘au. délivré, s’appliqua plus fortement à la réunion des arsénites, et, leur donnant libre accès auprès de lui, il s’efforçait de les persuader par toutes sortes de raisons. Car il les craignait, et, quoiqu'il prit pour prétexte de sauver la réputation de Joseph et l’honneur de sa mémoire, il agissait au ford pour son propre intérêt, voyant bien que l’on pourrait lui disputer la couronne si celui dont
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176 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 1916
excommunié 1, Ce sont les paroles de Pachymère, qui montrent que, dans l’idée des Grecs, le couronnement de leurs empereurs par le patriarche était une condition essentielle de leur légitimité.
Les arsénites, de leur côté, travaillaient à guérir les soupçons de l’empereur, et à montrer que leur séparation était légitime et fondée sur les signes de la volonté de Dieu, et qu'ils prétendaient prouver par des miracles, et, pour cet effet, ils demandaient une église parti. culière à Constantinople, où ils pussent faire leurs prières; carils disaient que toutes avaient été profanées par ceux qui suivaient la communion de Joseph. L'empereur leur donna l’église de Tous-les. Saints, qui était beie et grande, mais fermée depuis si longtemps, qu’il y avait peu de personnes qui se souvinssent d’y avoir vu faire l'oftice. L'ayant reçue, ils y tinrent leurs assemblées, faisant soi. gneusement garder les portes, de peur qu'il n’y entrât quelqu'un de ceux qu’ils tenaient pour excommuniés; et l'empereur y envoyait souvent, pour montrer le soin qu'il prenait d’eux, ce qui les encourageait de plus en plus.
Ils pensèrent donc à confirmer leur parti par un miracle semblable à celui que l’on racontait de sainte Euphémie à Chalcédoine. Car les Grecs croyaient dès lors qu'après que le quatrième concile général, tenu dans l’église de cette sainte, eut condamné l’hérésie d'Eutychès et de Dioscore, les Pères prirent le décret du concile écrit sur le pa. pier, et, ayant ouvert la ehâsse où était le corps de sainte Euphémie, y mirent ce papier ; qu’elle étendit la main, le prit, le baïsa et le rendit aux évêques. Il est vrai que ni les actes du concile de Chalcédoine ni aucun auteur du temps ne parlent de ce miracle; maisil était célèbre du temps de l’empereur Andronic, et les Grecs en font mention dans le ménologe, le 11m jour de juillet, où ils disent que l’on mit dans la châsse les deux confessions de foi, et que, l'ayant ouverte quelques jours après, on trouva celle des hérétiques sous les pieds de la sainte, et celle des catholiques entre ses mains.
Les arsénites donc, espérant un pareil miracle pour ramener les autres à leur parti, demandèrent à l'empereur un corps saint, et il leur donna celui de saint Jean Damascène; mais, pour prévenir toute supercherie, après qu’ils eurent mis leurs écrits dans la châsse, il la fit enfermer dans un coffre fermé à clef et scellé. Or, ils avaient mis leur écrit aux pieds du saint, et prétendaient qu’on le retrouverait entre ses mains. Îls cominencèrent donc à jeûner, à prier et à passer les nuits en chantant, et cependant l’empereur fit réflexion que, dans ce qu'ils demandaient à Dieu de leur révéler, peut-être y avait-
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il quelque question‘ qui rendrait douteux son droit à l'empire ; car on le disait ainsi. C’est pourquoi il révoqua tout d'un coup la permission de faire cette épreuve, et leur renvoya dire : Les miracles ont cessé depuis longtemps, la religion étant suffisamment établie, et nous avons l'Écriture et les Pères qui nous instruisent de ce que Dieu demande denous, suivant la réponse qu’Abraham fit au mauvais riche. L'empereur, ayant ainsi arrêtél'entreprise des arsénites, demeura plus attaché au parti de Joseph, comme plus droit, sans toutefois rejeter absolument les premiers, que leur multitude rendait considérables.
Voulant donc se ménager avec les uns et les autres, il choisit pour remplir le siége de Constantinople Georges de Chypre, que Joseph avait fait lecteur de l’épître dans la chapelle impériale, mais qui d'ailleurs ne suivait pas les règlements de Joseph pour la conduite de
L l'église. Georges était né dans l’île de Chypre, parmi les Latins, et en
était sorti à l'âge de vingt ans pour venir à Constantinople se perfectionner dans les études, où il réussit tellement, qu'il devint un des plus savants hommes de son siècle. 11 avait entre autres par son travail, retrouvé l’ancienne pureté de la langue grecque, oubliée depuis
| longtemps. Comme it avait été nourri avec les Latins, il avait appris
dès l'enfance la doctrine de l'Église catholique, et, sous l'empereur Michel, il fut des plus zélés pour l’union. Mais il était Grec : il chan-
| gea donc sous Andronic, qui le choisit pour patriarche, et ne voulut
le faire sacrer par aucun des prélats qui avaient accepté l'union. Ii n'osa même s’exposer à le faire élire dans les formes ; mais il s’assura des suffrages de plusieurs évêques en particulier, entre autres d’Athanase, ancien évêque de Sardique, à qui, pour:le gagner, il donna
} même par écrit le titre de son père spirituel.
Peu de temps après, vint à Constantinople l’évêque de Cozile ou Morile, siége d’ailleurs inconnu, envoyé d'Étolie par le despote Nicéphore. Comme il n’avait point eu de part à la réunion avec les La-
tins, l'empereur le jugea propre à sacrer le nouveau patriarche, : d'autant plus que son siége dépendait de la métropole de Naupacte
ou Lépante, soumise à Constantinople. Cet évêque donc, pendant le
| mois de mars où était mort Joseph, ayant pris Georges de Chypre,
le mena au monastère du Précurseur. Là, ayant trouvé une église dans une vigne, où on ne faisait point de service, il le fit moine, de
à séculier qu’il était, et de lecteur l’ordonna diacre. Georges changea L de nom en prenant l’habit monastique, et se fit appeler Grégoire, et, à le même jour, l'empereur le déclara patriarche de Constantinople, à lui donnant sur son trône le bâton pastoral, suivant l’ancienne cou-
tune, et dès lors il exerçait les fonctions qui ne dépendaient point du Carastôre sac
onardats!
CU SUCOLUULUIe.
178 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 1%
Ensuite l’évêque de Cozile, à la prière de Grégoire, ordonna métropolitain d'Héraclée le moine Germain, disciple d'Acace, homme pieux et modéré, qui avait paru neutre dans l'affaire de l'union; et Germain lui-même était homme simple et adonné aux exercices spirituels. Or, l’évêque d'Héraclée avait le privilége d’ordonner le patriarche de Constantinople. Ce fut donc ce nouveau métropolitain Germain qui ordonna Grégoire prêtre, puis évêque et patriarche, assisté de l’évêque de Cozile et de celui de Dibra en Macédoine. Cette cérémonie se fit le dimanche des Rameaux, 41me jour d'avril 1983, dans l'église de Sainte-Sophie, dont on purifia l’autel. Puis s'assemblèrent autour de Grégoire des hommes qui étaient soumis aux schismatiques et paraissaient transportés de zèle, mais qui ignoraient les cérémonies et ne connaissaient pas même la disposition du lieu; car ils avaient exclu de cette action tout le clergé ordinaire, et ne voulaient même être vus de personne ; toutefois, ils furent obligés de faire venir le sacristain pour les conduire et leur faire observer a moins l'essentiel de l’ordination. A cette messe on consacra trois pains, selon la coutume, pourles trois premiers jours de la Semaine. Sainte, auxquels'les Grecs ne consacrent point. Puis le nouveau patriarche alla trouver l’empereur, pour achever avec lui le reste des cérémonies du jour.
Le lundi et le mardi, le clergé fut encore exclu de l’église, à la ré. serve de ceux qui étaient avec le patriarche, Le mercredi, on devait donner l’absolution au clergé ; mais on fut si longtemps à délibérer sur la manière de la donner, que le temps de la liturgie des présanctifiés se passa. Enfin on fit venir les ecclésiastiques à la grande porte de l’église, le peuple que les schismatiques estimaient le plus zélé étant debout des deux côtés ; le clergé se prosterna et demanda pardon, et en lui permit d'entrer et d’assister à l'office. Mais, commei était nuit quand il finit, on ne célébra point la liturgie, soit pare qu'il était trop tard, soit parce qu’on ne jugeait pas que le clergé fût encore assez purifié pour recevoir la communion. Ce qui arriva le lendemain le fit croire ; car ce jour, qui était le Jeudi-Saint, le patiarche, célébrant la messe, prit du pain qu’il avait fait secrètement venir du marché, et, l'ayant rompu en petits morceaux sans le consacrer, le donna pour communion aux nouveaux réconciliés, qui, l'ayant appris depuis, en furent indignés au delà de tout ce qu'on peut imaginer, et jugèrent dès lors qu'ils avaient encore à attendre de plus grands maux. Le jour de Pâques, tous les Chrétiens se donnaient le baiser de paix en signe de charité, suivant l'usage de
l'égee gro. En conséquence, le lendemain lundi, qui, celte
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C'est ce qu sonne pût év vait pas, et L trainé par les était une ass volontaireme reur. Ainsi a qui s'était re crainte de le déclara don:
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chapitres préc
I, — De 1976
rdonna méice, homme l'union: et ercices spiynner le paétropolitain
patriarche, doine. Cette avril 1983, uis s’assemsoumis aux li ignoraient on du lieu:
aire, et ne t obligés de >bserver ar 1sacra: trois la Semaineouveau pae reste des
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