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et ils se donnèrent tous le saint baiser d'amour fraternel. Mais, ajoute l'historien Pachymère, qui était présent, tout cela n'était qu’une comédie 1. Il en donne même pour preuve une étoile qui parut en plein midi. Une preuve plus certaine.est ce qui suit,
Le jour même de cette réconciliation théâtrale, lendemain de Pàques, on publia un édit par lequel l'empereur déclarait son père spirituel Andronic, évêque de Sardis, le même qui, ayant autrefois quitté son siége, s'était fait moine sous le nom d’Athanase, et portait aussi le surnom de Chalaza. L'empereur autorisait d'avance ce qui serait ordonné par ce prélat dans le concile qui se tiendrait à Notre- Dame de Blaquernes, et où se trouveraient le patriarche Grégoire et Michel Stratégopule, pour représenter la personne de l’empereur ; œux qui s'opposeraient aux décrets de ce concile seraient jugés comme criminels de lèse-majesté. Le président réel de ce concile fut donc l'évêque Andronic, confesseur de l’empereur : le patriarche n'y était guère que pour la forme ; ils étaient environnés d'un grand nombre de schismatiques ; de l’autre côté étaient assis les officiers de l'empereur, prêts à exécuter leurs ordres. On appelait les évêques pour le. juger. Et tout ce que l’on entendait, c'était : Qu'on amène un tel ! Il était accusé en face d’avoir violé les canons. Quelquefois les accusateurs étaient des moines qui se plaignaient d’avoir été persécutés. Aussitôt le juge disait : Qu’on l'amène ! — Cet impie ! ajoutaient les assistants. Et les officiers de l'empereur les traînaient dehors honteusement, pieds et mains liés. Quelques-uns des moines criaient anathème contre eux; d’autres leur déchiraient leurs chapes épiscopales, comme les jugeant indignes de les porter.
C'est ce qui se passa pendant la semaine de Pâques, sans que personne pût éviter cette rigueur. Le patriarche Grégoire ne l’approuvait pas, et le plus souvent était d’un différent avis; mais il était entrainé par les autres ; enfin il ne feignait pas de dire que ce concile était une assemblée de méchants. Ceux qui ne s'y présentaient pas volontairement étaient amenés de force par les ofliciers de l’empereur. Ainsi on envoya quérir Théodore, métropolitain de Cyzique, qui s'était retiré dans le monastère du Précurseur, non tant par la crainte de la déposition que des insultes qui l’accompagnaient. Il déclara donc qu’il n’en sortirait point, et, comme on envoya des gens à plusieurs fois pour l'enlever, il se réfugia dans le sanctuaire de l'église, sous la table sacrée, en sorte que les officiers furent obligés de revenir sans rien faire ; et la journée s'étant passée dans ces con-
lnv de aux YahoG ka sipovetx ro rore roaxbsv. L, 1. Andron., c. 16, Voir les
chapitres précédents, pour ce qui précède.
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testations, le juge, c'est-à-dire l'évêque de Sardis, se leva apr avoir prescrit au patriarche la manière dont il devait procéder gard des absents. Ils furent donc condamnés par contun et y gagnèrent que leur déposition ne fut point accompagnée d insultes et d'outrages.
En ce même concile, on demanda à l'impératrice Théodora, mère d'Andronic, sa confession de foiet la renonciation tar écrit à ln réunion avec le Pape. On lui fit aussi promettre que jamais elle ne demanderait que l'empereur Michel, son époux, fût enterré avec los prières ecclésiastiques ; et, pour récompense, on lui accorda d'être nommée aux prières publiques avec l'empereur, son fils, On voulut aussi exiger d'Athanase, patriarche d'Alexandrie, qu'il approuvât la déposition des évêques et qu'il renonçât à l'union avec le Pape, parce qu'il avait coinmuniqué avec ceux qui y étaient entrés; et ce ne fut qu’à cette condition qu'on promit de l'insérer dans les diptyques avec les patriarches ; mais il aima mieux n'y être point mis, Quant à Théodose, patriarche d’Antioche, surnommé le Prince, quoiqu'il témoignât hautement mépriser ce que faisait le concile, il ne laissa pas de craindre qu’on ne procédât contre lui; c’est pourquoi il envoya en Syrie, à l’insu de l’empereur, sa démission du patriarcat. Car ces deux patriarches d'Alexandrie et d'Antioche résidaient à Constantinople, et les Latins possédaient encore Tripoli, Acre et plusieurs places de Syrie. Les Grecs de l'église d’Antioche, ayant reçu la démission de Théodose, élurent tout d’une voix Arsène de Saint-Siméon, homme vénérable et estimé saint, que ceux de Constantinople reçurent à leurcommunion et mirent dans les diptyques !,
L'empereur Andronic travaillait toujours à réunir les Grecs schismatiques divisés entre eux. Étant passé en Natolie, il y fit venir le patriarche de Constantinople, Grégoire, avec les principaux de son parti et du parti opposé, c’est-à-dire des arsénites. Ils passèrent l'hiver à Adramytte, où l'empereur les défraya, et conférait avec eux deux fois la semaine pendant le carême de l'année 1284, Mais il ne put venir à bout de les réunir, ni par ses exhortations, ni par ses raisonnements.
Les arsénites en revenaient toujours à demander quelques miracles pour les assurer de la volonté de Dieu, croyant que, s’ils cédaient aux raisons humaines, on les accuserait d’opiniâtreté pour y avoir résisté si longtemps. Le patriarche ne voulut point y consentir d'une manière expresse; mais l'empereur fit convenir les deux partis que les arsénites écriraient dans un volume leurs plaintes et ce qu'ils
1 Pachym., 1. 1. Andron., c. 16-19.
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croyaient nécessaire pour parvenir à la paix, et que les Joséphites écriraient de leur côté leurs défenses ; que l'on allumerait un grand feu où l'on mettrait les deux volumes, et que, si l’un des deux s’v conservait sans brûler, les deux partis reconnaîtraient que Lieu s serait déclaré pour les auteurs de cet écrit ; que si tous les deux brülaient, | is se réuniraient encore, jugeant que le feu aurait consure le sujet de leur division.
L'empereur, qui n'épargnait rien pour procurer l'union, fit tabri- "exprès un brasier d'argent; et, comme on était à la Semainente, il marqua pour le jour de l'épreuve le Samedi-Saint, qui,
celte année, était le 8me d'avril. Les deux partis se préparèrent à celte action par plusieurs prières ; et, le jour étant-venu, ils mirent leurs livres entre les mains de personnes pieuses, publiquement et en présence de l'empereur. Ces personnes non suspectes jetèrent les livres dans 0 eu; les parties intéressées faisaient des prières ardentes, afin que Dieu se déclarât en leur faveur. Mais le feu fit son eflet naturel : les deux volumes brülèrent comme de la paille, et, en moins de deux heures, il n’en resta que la cendre. Alors les arsénites témoignèrent à l’empereur qu’ils se soumettaient au patriarche Grégoire ; et le prince, transporté de joie, les Jui amena sur-lechamp, marchant avec eux à pied, nonobstant la neige qui tombait. Ils reçurent de lui des eulogies et même la sainte communion, en sorte qu’ils paraissaient entièrement revenus de leur schisme. Mais dès le lendemain, qui était le jour de Pâques , leur ardeur pour l'union commença à se refroidir ; ils crurent avoir été surpris, et, s'étant à peine contenus pendant ce jour-là, le lundi presque tous réclamèrent.
L'empereur, voyant qu'il avait travaillé en vain, assembla les principaux d’entre les arsénites pour leur parler , et leur demanda c qu'ils pensaient du patriarche Grégoire. Ils furent embarrassés ; ar il était étrange de ne pas le reconnaître pour patriarche après avoir reçu la communion de sa main, et, le reconnaissant, il n’était pas honnête de chercher des prétextes de scandales pour refuser de se réunir à lui. Enfin ils avouèrent qu'il était patriarche. À ce mot, l'empereur le fit paraître ; car il se tenait caché tout proche, revêtu pontificalement; et Grégoire, se voyant reconnu par les arsénites, commença à leur reprocher d’avoir manqué à leurs.promesses, employant ces paroles de saint Pierre : Ce n’est point aux hommes que Vous avez menti, mais à Dieu. Et aussitôt il prononça contre eux excommunication, croyant ramener par là ceux dont la conscience était la plus tendre. Mais ce procédé les aigrit davantage, et ils se “tirèrent sans se soucier de l'excommunication, Ii en demeura tou-
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