XV. — De
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à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 211
séricorde. Eu reconnaissant humblement ces bienfaits et autres de Dieu, et en les publiant pour la gloire de son saint nom, nous nous appliquerons avec d'autant plus de zèle à nous rendre agréable au roi suprême, le Fils de Dieu , Jésus-Christ 1. Les lettres à l'archevêque de Salzbourg et au doge de Venise respirent les mêmes sen-
.timents.
Certainement, un homme qui, dans l'ivresse de la victoire, parle de soi avec tant de modestie , de son adversaire avec tant d'éloge, de Dieu avec une si humble reconnaissance : cet homme est digne de vaincre et de régner.
Une des premières actions du vainqueur fut, en souvenir de s victoire, de faire un don à l’église de Marhek ; il dit dans le’diplôme qu'il en adressa : Nous voulons que l’église de Marhek soit à jamais honorée avec la plus grande dévotion et révérence , à cause que le Père des miséricordes, jetant sur nos affaires un regard favorable, nous a, non loin de cette église, sauvé du péril de mort avec la gloire du triomphe. 11 accomplit également le vœu qu'il avait fait avant la bataille , de fonder un monastère de religieuses à Tuln ; il fut nommé de Sainte-Croix, et achevé l’an 1280.
Rodolphe, pour assurer les fruits de-sa victoire, pénétra dans la Moravie et la Bohême. Tout se soumit ou s’enfuit à son approche. On désirait la paix des deux côtés : l’évêque Brunon d’'Olmutz et l'archevêque de Salzbourg la moyennèrent aux conditions suivantes : le roi Venceslas, devenu majeur , épousera Jutta ou Judith, fille du roi des Romains; Agnès, sœur de Venceslas, épousera Rodolphe, frère de Jutta ; Hedwige, autre fille du roi des Romains, épousera le margrave Otton de Brandebourg, dont le frère était régent de Bohême. Aux fêtes qui eurent lieu à Vienne en réjouissance de cette paix et de ces alliances , on vit dans un tournoi Otton de Haslau, âgé de plus de cent ans, courir la barrière avec le fils de son arrière-petitefille, Hugues Turzon. Ils reçurent tous deux, dans la même matinée, l'accolade de la chevalerie de la main du roi. Le comte Ivan ou Jean de Guns vint à ces fêtes. Lui, qui avait ravagé les frontières de l’Autriche , dut demander un sauf-conduit. Il ne s’y fiait pas encore ; mais, descendu en la cité à l'heure de midi, il court à la table, saisit la coupe du roi, la vide et s’écrie : Maintenant je suis en assurance, puisque j'ai bu de la coupe du meilleur homme qui vive ?. — Se peut-il un témoignage plus fort en faveur de Rodolphe ?
Ce qui le faisait aimer, particulièrement du peuple, ce n’était pas
1 Regest., c. 10, Luchowski, p. 258, — ? M. Alb, Argent, Chron., 102, - Ebendorffer ap Pez Il, 702.
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seulement sa fermeté À maintenir le bon ordre et la justice, mais encore sa bonne humeur, son caractère jovial et affable, Durant sa première expédition, un particulier vint lui demander quelque lar. gesse, par la raison qu'ils étaient parents. — Comment cela ? dit Rodolphe, — C'est que nous sommes tous les deux de la côte d'Adam. — Fort bien ! répliqua le roi; apporte-moi un grand sac. — Il y jeta un liard, et dit : Va, fais-t'en donner autant par tous tes parents, el tu en auras assez ! ! — Une autre fois , comme il entrait dans une ville, le peuple remplissait toutes les rues et les places. Or, Rodolphe avait une taille de sept pieds, avec un grand nez aquilin. Un homme de la foule s’écria : Quel nez! mais il barre le passage ! Rodolphe tourna le visage un peu de côté, et dit : Tu peux passer maintenant! — Et tout le peuple se prit à rire de bon cœur.
Ce qui donnait le plus de prix à cette affabilité populaire, c'est que, dans le même temps, il abattait les châteaux de certains nobles, qui en avaient fait autant de repaires de brigandage sur !2s contrées voisines, Quant à l'inimitié politique entre les Guelfes et les Gibelins, bien loin de la fomenter , il travaillait à l'éteindre. Tout ce qu'il y avait d'hommes de bien de part et d'autre, il les accueillait avec une égale bienveillance. D'ailleurs, si cette hostilité avait autrefois quelque objet, elle n'en avait plus; née avec une dynastie hostile à l’Église, elle devait s'éteindre avec cette dynastie, Rodolphe de Habsbourg n'avait pas l'ambition insensée et païenne des Frédéric Barberousse : se faire soi-même, à la place de Dieu , le centre et le but de toutes choses, la loi souveraine des rois et des peuples, et vouloir que l'Église de Dieu n’ait pas d'autre évangile. Rodolphe était plus chrétien, et, partant ; plus sensé, Son ambition était de pacifier l’Allemagne, et de servir l'humanité en secondant l'Église de Dieu.
D'ailleurs, la Providence venait de donner aux rois de la terre deux terribles leçons. La dynastie des Frédéric Barberousse, si puissante, si rusée contre l'Église, avait fini sous la hache du bourreau. Également, le roi de Bohême, Otiocare, tant qu'il est docile à l'Église et à son chef, voit ses armes heureuses contre tous ses ennemis. Mais quand il apprend que Rodolphe est élu roi des Romains, que le pape saint Grégoire X approuve son élection et promet de lui aider à récupérerles droits de l'empire, il se fâche contre le saint Pontie, il interjette appel du Saint-Siége. Le Pape lui remontre avec une douceur paternelle qu'il a tort de se plaindre, puisqu'il n’a promis de soutenir Rodolphe que dans ce qui est juste ; qu'il a plus tort encore d'appeler du Siége apostolique, puisque ce Siège n'a point de
1 Luchowsky, p. 151,
41300 de l'èr
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1 Raynald, 3 Luchowski.
VI, — De 197ç
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41300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 213
supérieur ; enfin, il l’exhorte à revenir à de meilleurs conseils, et à, faire la paix avec le nouveau roi des Romains !. Bien loin de se rendre à de si sages remontrances, il s'emporte jusqu’à défendre aux évêques de ses États de recevoir aucun ordre du Pape sans son assertiment 2, Peu d'années après, nous le voyons périr misérablement, dans une guerre injuste, et.sous l’anathème de l’Église. Rodolphe eut assez de sens pour profiter de ces terribles leçons : il marcha woujours d'accord avec l’Église et son chef, et perpétua cet esprit parmi ses descendants, qu'il investit des duchés d'Autriche, de Styrie et de Carniole, avec l’assentiment par écrit des électeurs de l'empire Ÿ.
Dansleur entrevue à Lausanne, Rodolphe s’entendit d'une manière bien intime avec saint Grégoire X, puisque le Pape lui accorda, sur les revenus de la croisade, douze mille marcs d’argent pour le cas où il viendrait à Rome recevoir la couronne impériale. Grégoire X, étant mort peu après, n'eut point la consolation d'exécuter les grands desseins qu’ils avaient concertés ensemble. Innocent V, Adrien V et Jean XXI, qui moururent dans la même année, ne purent faire davantage.
En 1278, après sa victoire sur le roi de Bohême, Rodolphe en écrivit au pape Nicolas IT, le priant de lui accorder les insignes de l’empire. Il avait à cela un puissant intérêt : une fois empereur, il lui était facile de faire élire roi des Romains son fils Albert, duc d'Autriche, d'habituer l'empire à sa famille, et peut-être d'exécuter le plan proposé à Grégoire X, de faire de l'Allemagne une souveraineté héréditaire, et deux de l'Italie. Mais tant qu'il n’était lui-même que roi des Romains, il ne pouvait guère espérer d'en faire élire un second ; et c'est en effet l’objection qu'on lui fit lorsqu'il proposa l'affaire dans une diète#.
Le pape Nicolas II répondit à sa lettre en le. félicitant de sa victoire, en l’exhortant à user de clémence envers les vaincus, et en le pressant de cr'ifirmer et de faire respecter les droits temporels de l'Église romaine. A cet effet, il lui envoya une copie des diplômes et serments d'Otton IV et de Frédéric IF, renouvelés par l'ambassadeur de Rodolphe même au pape Grégoire X dans le conciie général de Lyon. Pour satisfaire le souverain Pontife, Rodolphe envoya Conrad de Tubing, provincial des frères Mineurs dans la haute Allemagne,
avec plein pouvoir de ratifier tout ce qui avait été fait avant Grégoire X, et de consentir que l’Église romaine entrât en possession de
1 Raynald, 1275, n.6 - 12. — ? Gerbert, C., epist,. Rud. LVIIT, p. 136. — 3 Luchowski, — * Jbid,
214 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 191
tous les biens contenus dans les diplômes des empereurs. La procuration est du 19 de janvier 1278. En conséquence, frère Conrad vint à Rome, où, le 4me de mai, il fit la ratification en consistoire, devant le Pape et douze cardinaux 1. |
Cependant le chancelier du roi des Romains, envoyé en Italie pour y recouvrer les droits de l'empire, fit prêter serment au roi par plusieurs villes de l'État ecclésiastique, entre autres, Bologne, Imola, Faënza, Vorli, Césène, Ravenne, Rimini, et Urbin. Le Pape s’en plaignit au roi, et lui adressa une copie des diplômes de Louis le Débonnaire, d'Otton Ier, et ‘de saint Henri II, après en avoir montré les originaux à son ambassadeur. Le roi Rodolphe désavoua son chancelier, et envoya au Pape son premier secrétaire, Godefroi, prévôt de Soli au diocèse de Salzbourg, qui, à Viterbe, en plein consistoire, agissant au nom du roi Rodolphe, déclara nuls les serments faits par ces villes, et reconnut qu’elles appartenaient à l'Eglise romaine, L'acte est du 20me de juin 1278 2. Il fut ratifié par le roi Rodolphe, le 14 février 1279, ainsi que par les électeurs de l'empire, dans le courant de la même annnée 3.
« Par les chartes de Rodolphe, dit un historien protestant, l'État de l'Église acquit l'étendue qu'il a conservée jusqu’à nos jours. Mais les droits dont l’empereur était en possession, ceux qu'il pouvait transmettre au Saint-Siége, n’étaient qu’une mouvance, une suzeraineté qui apportait peu de bornes à l'autorité des gouvernements particuliers. Parmi les provinces relevant du Saint-Siége, il y avait plusieurs républiques, comme Bologne, Pérouse et Ancône ; plusieurs principautés, comme Montefeltro et Bertinoro, qui crurent n'avoir rien perdu de leur ancienne indépendance. De même que les Pontifes avaient laissé passer plusieurs siècles avant de demander aux empereurs qu'ils leur consignassent les provinces qu'ils avaient données au Saint-Siége, ils laissèrent passer encore deux siècles avant de demander aux peuples de reconnaitre cette transmission de droits, et avant d'exercer sur ces peuples leur souveraineté. Pouvoir attendre, pouvoir prodiguer le temps, ét compter sur une domination qui ne finira point, fut toujours pour les Papés un grand moyen de succès. Les peuples libres cependant ne supposèrent point que leur condition eût empiré. Les historiens contemporains de Bologne se contentent de dire que, la même année, cette ville se donna au Pape, en réservant tous ses droits sur ‘la: Romagne, et ils ne Supposent pas que cet événement mérite de plus grands détails 4 »
{Raynald, 1278, n. 45 et seqq. — 2? Ibid., n. 5t et seqq. — 3 Luchowsky, P. 277. — + Sismondi, Hist, des Républ. ital, du moyen dge, ©. 22, t. 3, p. 445.
à 1300 de l’ère
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1 — De 1276
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Luchowsky, , p. 445,
à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 215
Ces paroles de l’auteur protestant répondent à bien des déclamaons sur la politique, l'ambition et le despotisme de la cour de’ Rome, qu’en trouve dans une foule de livres, notamment dans cet auteur protestant. Quelle ambition, en effet, quelle avidité incroyable, que celle qui attend plusieurs siècles pour réclamer la jouissance de ce qu'on lui a donné, la jouissance de ce qui est à elle ! Quei despotisme que celui dont ne s’aperçoivent pas même les peuples libres, les républiques, et qui est deux siècles avant de faire sentir qu'on lui appartient ! Quelle politique que celle qui, pour réussir, laisse passer plusieurs centaines d'années, et qui ne se presse pas plus que si elle avait l'éternité à ses ordres ! Certes, il n’y en a pas deux de cette espèce au monde, et ceci n’est pas de l'homme.
Le pape Nicolas HN fit plus : il ménagea un traité de paix et d'allance entre le roi des Romains et Charles, roi de Sicile. Celui-ci renonçait au titre de vicaire de l'empire en Toscane. Rodolphe lui donnait l’investiture des comtés de Provence et de Forcalquier, comme dépendances du royaume d'Arles, qu’il pensait ressusciter ; le tout, sans préjudice de la reine Marguerite, veuve de saint Louis, roi de France. Enfin, une fille de Rodolphe épousa Charles Martel, fils du roi Charles. Tous les différends entre l'empire et la Sicile seront jugés par le Pape. Rodolphe ratifia le traité le Ame de juin 1279.
Dans le même temps, Nicolas II nomma comte de Romagne Bertold Orsini, son frère, et chargea le cardinal Latino, évêque d'Ostie, celui de sés neveux qui lui était le plus cher, d'une légation dans la Romagne, la Marche d’Ancône, la Toscane et la Lombardie, en lui donnant pour commission spéciale de réconcilier les factions etles cités, et de conclure la paix de famille à famille et de ville à ville. 11 l’autorisa en même temps à recevoir de nouveau dans le sein de l'Église tous ceux qui avaient été excommuniés comme Gibelins, et à ne faire aucune acception de parti, en répandant les faveurs spirituelles parmi les fidèles.
Le cardinal Latino commença par la Romagne sa mission de paix;
il y trouva les Giéréméi et les Lambertazzi de Bologne, épuisés par
une suite de combats. Les premiers, qui étaient restés en possession de la ville, ne suffisaient point à la défense de son territoire; et chaque jour ils éprouvaient de nouveaux échecs, tandis que les seconds, dans leur exil, n’avaient plus rien à perdre, et que leurs attaques, toujours imprévues, étaient aussi presque toujours couronnées par la victoire. Le cardinal commença par faire reconnaître dans toutes les villes l'autorité de son parent, le nouveau comte de
‘4 Luchowsky, p. 281.
216 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVI,
Romagne, afin que celles où dominaient les Guelfes et celles où do. minaient les Gibelins, se trouvant relever d’un même chef, eussent un point de ralliement et un arbitre de leur discorde. Il Parcourut toutes ces villes avec le comte Bertoldo, et, comme il était de l'ordre des prédicateurs de saint Dominique, au moment de l'inauguration du comte, il prêcha la paix aux Lambertazzi, à Faënza et à Forli, comme aux Giéréméi, à Imola et à Bologne. Parvenu dans cette dernière ville, il rassembla, d'après les ordres exprès du Pape, cinquante commissaires de chaque parti ; il‘ leur présenta un projet d'accommodement ou d'arbitrage, que le Pape avait dressé lui-même, d'après lequel les Lambertazzi et tous les exilés devaient être rappelés à Bologne, et remis dans l'entière possession de leurs biens, Quelques chefs de parti seulement, dont Ja présence aurait Pu réveiller des haines à peine assoupies, étaient Pour un temps encore obligés d’habiter hors de leur patrie, dans les lieux que leur assignerait le Pape; toutes les propriétés saisies de part et d'autre devaient être restituées ; les sociétés populaires, qui ne s'étaient montrées propres qu'à entretenir l'esprit de parti et à organiser la guerre civile, furent abolies ; et le Pape se réserva le droit de maintenir, s'il le fallait, par toutes les peines ecclésiastiques, la paix dont il dictait les conditions.
Après des négociations assez longues, la paix fut enfin conclue aux conditions que le Pape avait arrêtées ; Cuaque parti donna caution pour son exécution, jusqu’à la somme de cinquante mille marcs d'argent ; chacune des communes de Romagne signa la même pacification à son tour, et donna des cautions Pour une certaine somme. Enfin, le 4me du mois d'août 1279, tous ces traités divers ayant été conclus, les deux factions des Giéréméi et des Lambertazzi furent assemblées sur la place de Bologne. Cette place était ornée tout autour de riches tapis parsemés de guirlandes de fleurs et de festons de verdure. Auprès de la porte du palais était une chaire magnifique, recouverte de brocart ; le cardinal-légat , accompagné des archevêques de Bari et de Ravenne, des évêques de Bologne et d’Imola, et de l'abbé de Galliata, tous en habits pontificaux, vint prendre place sur cette chaire. Dans un discours éloquent, il prêcha la paix aux citoyens réunis ; il fit lire ensuite devant lui les lettres du Pape, et le compromis qui avait été arrêté ; enfin, il fit avancer cinquante citoyens des plus considérés de chaque faction, et il leur fit jurer sur le saint Évangile, au nom de tous leurs concitoyens, qu'ils vivraient perpétuellement en paix et en amour les uns avec les autres. Un historien de Bologne donne les noms de cent trente-huit familles gibelines et de cent vingt-neuf familles guelfes qui signèrent cette paix.
—Deisc |
à 1300 de l'èr
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1 Muratori, Miscella di publ. italien C. 205, p. 102
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à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 217
Les procureurs et les syndics des deux partis s'embrassèrent, et cette auguste cérémonie fut terminée par des fêtes où éclata la joie
: 1 proue la pacification de la Romagne fûüt terminée, le cardinal Latino avait quitté cette contrée pour aller réconcilier également les villes toscanes. Il arriva, le 8 octobre 1278, à Florence, accompagné par trois cents cavaliers sujets de l'Église. Les magistrats, le clergé et le peuple, précédés par l'étendard de la ville, s avancèrent au-devant de lui pour le recevoir. Florence n'avait pas moins besoin que Bologne d’un pacificateur ; non-seulement les Gibelins étaient exilés, muis encore, dans le parti guelfe, une nouvelle division venait d'éclater : la maison des Adimari s'était brouillée avec ceile des Donati, des Tozhinghi et des Pazzi, et ces familles, nombreuses et puissantes, avaient engagé le peuple à prendre part à leur querelle. Le cardinal-légat employa quatre mois à étouffer toutes ces inimitiés privées, à sceller la réconciliation des familles par des mariages, à punir par l’excommunication ceux qui se refusaient à cette œuvre de paix, tandis que la république les punissait par l'exil ; ensuite, au mois de février 4279, il assembla le peuple en parlement, sur la place de Sainte-Marie-Novella, qu’on avait ornée de fleurs pour cette fête ; il exhorta les Florentins à la paix ; il en prononça les conditions, savoir : le retour des Gibelins dans leur patrie, la restitution de leurs biens, et la participation aux offices publics ; il engagea cent cinquante des principaux citoyens de chaque parti à se donner les uns aux autres, en présence du peuple, le baiser de paix ; il fit brûler toutes les sentences qui avaient été prononcées, etil ne quitta Florence qu'après y avoir rétabli la tranquillité et la concorue À, à
D'après les instances du même cardinal, la paix fut conclue à Sienne , à des conditions à peu près semblables ; et les Gibelins qui étaient exilés furent rappelés. La Marche d’Ancône, la Romagne et la Toscane étaient pacifiées ; il ne restait plus au cardinal Latino, pour avoir accompli sa mission, que de réconcilier aussi en Lombardie les Guelfes et les Gibelins, lorsque tout à coup le pape Nicolas IE, son oncle, mourut d’apoplexie à Suriano. ou
Le roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg, travaillait de son côté à pacifier l'Allemagne et à y consolider le bon ordre. Hartman, son second fils, annonçait un prince accompli : Rodolphe, qui l’affec-
1 Muratori, t. 18. - Ghirardacci, Storia di Bologna, 1. 8, P 248. - Cronica mMiscella di Bologna, p. 288. - Matth. de Griffon, ete., ete. Sismondi, t, 9. Ré- Publ. italienne, — 2 Giov. Villani, 1. 7, c. 85, p. 272. - Riccordano Malespini, c. 205, p. 1023,
218 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv, LAXVI, … De 1976
tionnait beaucoup, le destinait à lui succéder dans l'empire, l'atné devant avoir l'Autriche, la Styrie et la Carniole, Le mariage projeté entre le jeune prince et une fille du voi Ottocare de Bohôme ne s'étant pas accompli, son père lui obtint, l'an 1278, la princesse Jeanne, fille d'Édouard ler, roi d'Angleterre, Rodolphe s'engageait, aussitot qu'il serait empereur, de mettre tout en œuvre pour faire élire son fils roi des Romains, et lui procurer le royaume d'Arles, Mais tous ces projets s'évanouirent, les plus belles espérances du vieux mo. narque furent andunties, Le fils bien-aimé le jeune Hartman, pour aller rejoindre son père, peut-être même pour aller voir sa flancée en Angleterre, où on l'invitait avec instance, s'était embarqué sur le Rhin avec seize seigneurs de son âge. Le bateau qui les portait heurta et chavira de nuit contre une grosse pièce de bois cachée sous l'eau: ils tombèrent tous dans le fleuve ; le jeune prince, voulant sauver un de ses compagnons, périt avec tous les autres, L'année suivante, Rodolphe perdit sa femme Gertrude, nommée la reine Anne. Elle aimtii tendrement sa fille Clémentine, qui épousa cette année le fils du roi de Sicile, Cette dernière séparation lui fut si sensible, qu'elle tomba malade et mourut, au commencement de 1280, aimée et regrettée de tout le monde. D'après ses désirs, son corps fut porté à Bâle et enterré dans la cathédrale 4, es afllictions domestiques parurent augmeñter encore l'affection
des peuples. Dans les années suivantes, on a les lettres de plusieurs villes, notammeut de Besançon, qui lui écrivent avec une cordialité
filiale, uniquement pour lui demander comment il se portait, Sur
quoi il les remercie avec les expressions les plus amicales, et les assure
qu'il se porte bien 3, Cependant, de toute sa nombreuse famille, il
n'avait auprès de lui que le plus jeune de ses fils, Rodolphe, encore enfant. Cette solitude parut altérer sa sérénité. D'après le conseil de
ses amis, il épousa en seconde noce, l'an 1284, à Remiremont, Jeanne de Bourgogne, qui s’en montra digne par sa tendresse et sa prudence, et lui survécut vingt-deux ans *.
La bonne harmonie entre le Saint-Siége et le roi des Romains continua sous Martin IV, Encore que ce Pape fût singulièrement favorable au roi Charles de Sicile, précédemment vicaire impérial de la Toscane, il ne le rétablit pas néanmoins dans cette dignité, mais écrivit aux nobles, aux magistrats etaux communes d'Étrurie, d'obéir fidèlement à l'évêque de Gurk et au chancelier Rodolphe, vicaires ou lieutenants de son très-cher fils Rodolphe, roi des Romains 4.
Honorius IV étant monté sur le Saini-Siége en 1285, Rodolphe
1 Luchowsky. — ? Ibid., p. 308, — 9 Ibid. , p. 823. — + Raynald, 1981, n. 17.
11300 de l'ère
lui écrivit e seigneur Hor yinte Église mains, touje révérence fili de continuel!
tion de nos selfort, Pier:
quard de Tif et les envoyc donnant une cial dé demi paternelle pr mains le dia de la dignité tout cé que 1 sur les point ordonné ou le présent éc sanne, le di) treizième 1, Le pape H fixant le jou née suivante qu'ils se pr pompe de sa légat, le ca l'Allemagne logne et de Depuis le l'on trouve et du peupl gne, 1260 ; en Autriche bourg, 1984 Utrecht, Sti Utrecht, Sa Wurtzbour duiront tou faudra touje
1 Raynald,
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npire, l'atné iage projeté 1e ne. s'étant 886 Jeanne, ait, aussitôt ire élire son , Mais tous | vieux moman, pour r sa flancée wrqué sur le rtait heurta sous l'eau; lant sauver se suivante, Anne, Elle innée le fils ble, qu'elle , aimée et fut porté à
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Romains rement fampérial de nité, mais ie, d'obéir e, vicaires nains #.
Rodolphe
11300 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 219
lui écrivit en ces termes : Au très-saint père en Jésus-Christ, le seigneur Honorius, par la Providence divine, souverain Pontife de la winte Église romaine, Rodolphe, par la grâce de Dieu, roi des Romains, toujours auguste ; avec la promptitude de l’obéissance et révérence filiale, les très-dévots baisements des pieds. Assurés par de continuelles expériences de la foi sincère et de la très-pure dévoion de nos biens-aimés familiers, Léopold de Wist, Guillaume de sulfort, Pierre, élu de l'église de Mayence, notre chapelain, et Marquard de Tifendal, nous leur avons ouvert les secréts de notre cœur, et les envoyons confidemment aux pieds de votre Béatitude ; leur donnant une autorité plénière, une libre puissance et un mandat spécal de demander, impétrer et accepter un jour à fixer par votre paternelle providence, pour que nous recevions de vos très-saintes mains le diadème impérial, et que vous nous imposiez la couronne de la dignité césaréenne ; et de jurer sur notre âme l'observation de tout ce que votre révérende Paternité jugera devoir requérir d'eux sur les points susdits ; prêt à ratifier tout ce qu’ils auront accepté, ordonné ou fait à cet égard. En foi de quoi nous avons fait dresser le présent écrit, et munir du sceau de notre majesté. Donné à Lausanne, le dix des calendes de décembre 1285, de notre règne le treizième À,
Le pape Honorius IV répondit par une lettre du dernier mai 1286, fixant le jour du couronnement à la fête de la Purification de l'année suivante 4287. Il écrivit en même temps aux princes de l'empire qu'ils se préparassent à escorter l'empereur , afin de rehausser la pompe desa consécration. Ilenvoya dans le même but, en qualité de légat, le cardinal Jean, évêque de Tusculum, avec la légation de l'Allemagne, de la Bohème, du Danemark, de la Suède, de la Pologne et de la Poméranie.
Depuis le commencement du règne de Rodolphe de Habsbourg, l'on trouve plusieurs concilés en Allemagne pour la réforme du clergé et du peuple : Trèves, 1277 ; Bude, Munster et Breslau, 1279 ; Cologne, 1980; Salzbourg et Aquilée, 41281 ; Passau et Saint-Hippolyte
en Autriche, 1284; Magdebourg, 1286; Wurtzbourg, 1287; Salz-
bourg, 1288; Breslau, 1290; Salzbourg, Brême, Aschaffenbourg; Utrecht, Strigonie, Spalatro, 1291 ; Passau, Saint-Hippolyte, 1293; Utrecht, Salzbourg, Strigonie, 1294; Grade, 1296; Utrecht, 1297 ; Wurtzbourg, 4298; Mayence, 1299 ?. Outre les abus qui se reproduiront toujours par suite de la nature humaine et contre lesquels il faudra toujours lutter, on y trouve quelques-uns qui venaient du long
1Raynald, 1285, n. 22. — ? Mansi, Concil.,t. 24.
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interrègne dans l'empire, et de son hostilité antérieure avec l'Église, Mais on ÿ sent en même temps que l'empire et l'Église sont intime. ment d'accord, et que cette union est pour l'une et l’autre la source d'une nouvelle vie, Dans un grand nombre de ces conciles, ce sont des ordonnances provinciales ou synodales pour la bonne vie des clercs, la tenue des églises, l'administration des sacrements et les autres devoirs du ministère pastoral.
Le plus remarquable de tous est le concile de Wurtzbourg en 1287. Il fut tenu par le cardinal-légat Jean de Tusculum, en présence du roi des Romains, à l’occasion d’une diète qu’il avait assem. blée au même lieu, avec les princes et la noblesse de l'empire, afin d'y préparer son voyage de Rome pour son couronnement. A ce concile, qui se tint le 18% de mars, assistèrent les archevêques de Mayence, de Cologne, de Salzbourg et de Vienne en Dauphiné, avec quelques-uns de leurs suffragants et plusieurs abbés. Le légat y publia un règlement de quarante-deux articles, adressé au clergé séculier et régulier de l'Allemagne, de la Bohême, de la Dacie ou Danemark, de la Suède, de la Moravie, Ja Pologne, la Poméranie, * la Prusse, la Livonie et la Russie. Voici les abus contre lesquels il
prescrit des remèdes et des châtiments.
Quelques ecclésisstiques gardaient peu de modestie en leurs habits, fréquentaient les cabarets, jouaient aux dés, entraient chez les religieuses, causaient et jouaient avec alles dans leurs chambres, Ils joutaient aux tournois, ils entretenaient des concubines, ils usurpaient les bénéfices par intrusion frauduleuse ou par violence. Quelques-uns disaient deux messes par jour sans nécessité, mais pour gagner la rétribution 1.
Des évêques négligeaient tellement leurs visites, que l’on trouvait des personnes de soixante ans qui n'étaient pas confirmées. Le relâchement était grand chez les moines ; quelques abbés et quelques prieurs portaient des habits semblables àceux des séculiers, et ils permettaient souvent à leurs moines de sortir sans nécessité. On permettait aussi trop légèrement aux religieuses de sortir et de pourvoir en particulier à leur nourriture et à leur vêtement, sous prétexte dé la pauvreté de la maison. Les monastères exempts avaient des conservateurs apostoliques de leurs priviléges, qui excédaient leur pouvoir et étendaient leur juridiction au préjudice des ordinaires ?,
Quelques prélats séculiers ou réguliers aliénaient ou engagaient pour longtemps les biens de leurs églises, sous prétexte de dettes supposées. Les patrons ecclésiastiques ou laïques présentaient pour
1 Mansi, t. 24, D. ©50, ©. 1-7, — 3 Can, 27, 18, 19, 39.
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VI, De 1%
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à 1900 de l'ère chr.]
les cures des personnes qui n'étaient pas dans leur vingt-cinquième année, ou n’en présentaient point, pour jouir en attendant des fruits de la cure, ou même empêchaient les collateurs d'y pourvoir. Quelues ecclésiastiques recevaient des bénéfices de la main des laïques, sans collation de l'ordinaire ; d’autres ecclésiastiques ou séculiers se mettaient d'eux-mêmes en possession des bénéfices et des biens d'église, et s'y maintenaient par violence. Les avoués des églises, institués pour les défendre, les opprimaient et en usurpaient les biens. Ceux qui étaient en guerre avec lés avoués en prenaient prétexte de piller les églises dont leurs ennemis avaient la protection ; d'autres prenaient les biens d’un chapitre ou d’une autre église pour la dette ou le cautionnement d’un chanoine ou d’un autre particulier du clergé. D'autres pillaient les biens des églises vacantes ou s’en mettaient en possession ; d’autres vendaient ou achetaient les fiefs mouvants de l'Église sans le consentement des seigneurs ecclésiastiques. Sous prétexte de réparation des églises, les laïques commettient d’autres laïques pour recevoir les revenus des fabriques sans leconsentement des prélats et des chapitres.
Pour bien comprendre certains faits ici mentionnés, il faut savoir que les avoués ou défenseurs des églises étaient souvent de puissants seigneurs, des princes même. Ainsi l’on voit dans la vie de Rodolphe de Habsbourg, même depuis qu’il fut roi, que non-seulement il acceptait, mais qu’il sollicitait pour lui et pour ses fils les titres d'avoués et de feudataires des églises et des abbayes. C'était pour protéger en réalité ces établissements, et profiter en même temps des avantages annexés à cet office. D'autres, moins scrupuleux, non-seulement profitaient de ces avantages, mais pillaient encore, loin de protéger. Voici d’autres abus que commettaient les hommes de cette espèce.
Dans les guerres privées, alors si fréquentes, ceux qui s’emparaient des églises et des clochers en faisaient des forteresses : ce qui donnait occasion à leurs ennemis de les ruiner ou de les brûler quand ils s’en rendaient maîtres. Les personnes des ecclésiastiques n'étaient pas plus épargnées que leurs biens. Ils étaient impunément tués, blessés, mutilés, proscrits, arrêtés, emprisonnés. On ne respectait pas plus les envoyés des évêques, ni même ceux des légats du Saint-Siége. Souvent on les arrêtait, on des frappait, on les dépouillait, on leur ôtait leurs lettres, que l’on déchirait. Les grands chemins étaient exposés aux voleurs ; et les seigneurs établissaient tous les jours de nouveaux péages sur les passants, quoique ce fütun des articles de l'excommunication que le Pape prononçait tous les ans le Jeudi-Saint. Voici les paroles du concile, articles trente et quarante :
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Quant aux déprédateurs des grands chemins, qui dépouillen ceux qui passent par les voies publiques, les veuves, les pupilles et autres personnes, et leur enlèvent leurs biens de force, voulant réprimer ces violences qui troublent la paix si désirable, outre les peines que leur infligent les saintes lois, nous les soumettons encore au glaive de notre correction, de telle sorte que, tant eux. que leurs recéleurs et leurs fauteurs, ils soient frappés de l’anathème par le fait même. Comme tous les ans, le Jeudi-Saint, le souverain Pon. tife dénonce soumis à l’anathème ceux qui imposent et . exigent de nouveaux péages ou augmentent soit les anciens, soit ceux qui ont été accordés, nous ordonnons que, tous les ans, le Jeudi-Saint, an son des cloches, à l'extinction des cierges, solennellement et en présence du peuple, les ordinaires des lieux, par eux ou par leurs vicaires, déclarent excommuniés les mêmes individus, qu’ils soient archevêques, évêques, abbés, prélats inférieurs, laïques, séculiers, ou appelés d'un autre nom quelconque, avec obligation: à tout le monde de les éviter, comme des excommuniés, jusqu’à entière restitution 1. , | |
Dans les temps modernes, on a vu des peuples se soulever, changer leur gouvernement pour obtenir un droit capital à leurs yeux : c'est qu'on ne leur imposât point de contributions illégales et inconstitutionnelles. On voit ici que tel était le droit commun des peuples et des cités du moyen âge; droit. solennellement reconnu, autorisé, proclamé et sanctionné par l'Église, à tel point que, tous les ans; parmi les plus augustes mystères de la Semaine-Sainte, le Pontife romain en excommuniait solennellement les violateurs, fussent-ils princes ou évêques. Se doutent-ils seulement de ces faits, ceux des modernes qui crient tant contre les excommunications pontificales du moyen âge ?
Ce qui n’est pas moins remarquable, c'est que le roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg, en présence duquel, à la prière duquel peut-être le légat du Pontife romain promulguait de nouveau ces lois et ces peines, en était le formidable exécuteur. Ce qui l’occupait dans ses pérégrinations continuelles à travers les provinces de l'empire, c'était principalement d’abolir les péages illégaux, de pourvoir à la sûreté des routes, en détruisant les châteaux d'où de nobles brigands rançonnaient le voyageur et le peuple ; c'était de défendre le faible contre le fort.
Un jour il passait à cheval dans les rues de N uremberg ; le peuple attroupé devant une maison lui demande justice et vengeance. [n
1 Can, 30 et 40.
à 1300 de li
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affectionne avait comi disait l’un enterrer v terrible : le lui assigne Dans le part du P le quart d la dîime p demanda | consentem Cologne ; s'opposère ils finirent du concile à un conc définitiven pape Hon Au com pape Nico main la c l'entrée di concerter reçu le ti diète de E fils Albert la puissan Chagrin d milieu de sa jeune subite de dit avec c décesseur
îi Luchow P. 11. — 2 an 1287,
XXVI, — De 1216
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seigneur avait fait violence à la fille de son hôte. Rodolphe s'arrête et attend que quelqu'un prenne la défense de l’accusé., Comme il ne se présente personne, il dit : C'est ici même, sur cette:place, que je le jugerai! Tout le monde fut saisi d’épouvante. On savait qu'il affectionnait ce seigneur, celui-là même qui, emporté par son cheval, avait commencé la bataille contre Ottocare ; d’un autre côté, on se disait l’un à l’autre que, quelques années auparavant, il avait fait enterrer vif un mtufaiteur semblable, Cette fois il. se montra moins terrible : le jeune seigneur fut obligé d’épouser aussitôt la fille, et de lui assigner une dot de deux cents marcs d'argent 1.
Dans le concile de Wurtzbourg, le légat demanda au clergé, de la part du Pape, pour le secours de la Terre-Sainte, suivant les uns, le quart de tous les revenus pendant quatre ans; suivant d’autres, la dime pendant cinq ans; et le roi Rodolphe, qui était présent, demanda la même contribution. à tout le peuple de l'empire, du consentement de plusieurs seigneurs. Mais Sigfrid, archevêque de Cologne; Henri, archevèque de Trèves, et Conrad, évêque de Toul, s'opposèrent fortement à la proposition du légat. Suivant les uns, ils finirent par accorder la décime pour six ans, d’après le décret du concile de Lyon ; suivant d’autres, ils en appelèrent au Pape ou à un concile plus général. Il est possible qu’il n’y eût rien do réglé définitivement; car, sur les entrefaites, le légat apprit la mort du pape Honorius IV, et retourna promptement à Rome 2.
Au commencement de l’année 1289, Rodolphe écrivit au nouveau pape Nicolas IV, pour lui témoigner l’ardent désir de recevoir de sa main la couronne impériale, soit dans le courant de l'été, soit à l'entrée de l'hiver. Nicolas IV lui envoya l’évêque d'Eugubio, pour concerter le tout ensembie. Mais Rodolphe mourut avant d’avoir reçu le titre d’empereur. L'an 1291, il s'efforça de nouveau, à la diète de Francfort, à faire élire pour son successeur à l'empire son fils Albert, duc d'Autriche. Mais plusieurs des électeurs, craignant la puissance et la sévérité du fils, firent échouer les vœux du père. Chagrin de re refus, Rodolphe vint à Strasbourg se rasséréner au milieu de ses vieux amis. Un jour qu'il jouait aux échecs à côté de sa jeune épouse, son médecin remarqua en lui une décroissance subite de forces, et crut devoir l’avertir. Aussitôt le vieux monarque dit avec calme : Allons donc à Spire, près du caveau de mes prédécesseurs. Il y passa en effet les trois dernières semaines de sa vie.
à 1300 de l’ère chr.]
î Luchowsky, p. 294.— M, Aib. Argent., i. 100, p. 103.— Ann, Coëm., 1. 100, D. 11. — 3 Mansi, t. 24, p. 943. Hartzheim. Concil. germ., t. 12, p. 724. Spond., an 1287,
224 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI, — De 1276
Îl mourut le 45 juillet 1294, muni de tous les sacrements de l'Église, Il mourut comme il avait vécu, modèle de force et de résignation, de piété et de vertu 1.
Le roi Ladislas de Hongrie, troisième du nom, avait terminé, dès l'année précédente, une vie beaucoup moins honorable. Enfant encore, il succéda, l'an 1272, à son père Étienne IV. Le pape saint Grégoire X le prit sous sa protection contre le roi de Bohême, lui adressa les instructions les plus salutaires pour le gouvernement de son royaume ?, Sa mère était de la nation scythe des Comans, nation si brutale qu’on ne la croyait pas encore sucentible de christianisme, Ce fut un malheur pour lui et pour son royaume. Îl n’écouta que par intervalle les paternelles remontrances des souverains Pontifes. Entouré de Comans dès ses premières années, il prit leurs mœurs barbares et dissolues, et finit par être leur victime.
Pour apaiser les troubles qui furent la suite inévitable de cette conduite insensée, le pape Nicolas III envoya, dès l’année 1278, un légat en Hongrie. C'était Philippe, évêque de Fermo, dans la Marche d'Ancône. Sa légation s’étendait encore à la Pologne, la Dalmatie, la Croatie, la Servie, la Comanie et les pays voisins. Le roi Ladislas écouta d’abord ses conseils, et publia un édit où il reconnaît que la Hongrie a reçu de l'Église romaine, et non d’ailleurs, tant la lumière de la foi que la dignité royale, en la personne du saint roi Étienne, son aïeul, et déclare qu'il a promis solennellement et par serment de garder et faire garder dans son royaume la foi catholique et la liberté ecclésiastique ; d'observer inviolablement les constitutions des rois, ses ancêtres, et les bonnes coutumes du royaume, et d'assister le légat par sa puissance séculière,, pour contenir les hérétiques et les chasser du royaume.
De plus, ajoute-t-il, nous avons promis et juré de faire observer les articles suivants, accordés par Uzuc et Tolon, chefs des Comans, au nom de toute la nation, savoir : Tousles Comans de tout sexe, qui ne sont pas encore baptisés, veulent recevoir le baptême et les autres sacrements, croire et observer tout le reste de ce qu'enseigne la sainte Église romaine, renonçant au culte des idoles et à toutes les cérémonies païennes. Ils descendront des montagnes, quitteront leurs tentes et leurs maisons de feutre, demeureront dans des villages et des maisons fixes, et se conformeront en tout aux usages des chrétiens. Ils s’abstiendront entièrement dans notre royaume de toutes violences contre les chrétiens, principalement de meurtre. ll prie le légat d'établir des commissaires pour s'informer dans toutes leurs
1 Luchowsky, — ? Raynald, 1272, n, 48 et seqq.
à 1300 de l’à
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1Raynald,