‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 46 sur 97 · I. — De12(ç · texte numérisé non relu

I. — De12(ç

trois ans.

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à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 227

à les mépriser, par leur négligence et leur mauvais exemple. D'où il arrive que les clercs sont impunément emprisonnés, frappés, niutilés ettués, les prélats dépouillés de leurs biens et de leurs droits, les églises pillées et profanées, l'humanité et la liberté ecclésiastique méprisées, et la discipline anéantie. C'est pourquoi, à l’instante prière de tous les prélats assemblés en ce concile, nous ordonnons à tous les prélats et les clercs, même aux exempts, d'observer inviolablement toutes lés sentences d'excommunication, de suspense et d’interdit prononcées par le juge ou par les canons, et de les faire observer de même; le tout sous peine d’excommunication ‘contre les personnes et d'interdit contre les communautés 1.

Mais pendant de on tenait ce concile et qu’on y prenait les meilleurs moyens qu on trouvât pour réprimer les désordres et réformer les abus, le roi Ladislas, par un emportement de jeunesse et par de mauvais conseils, cruf que cette assemblée lui faisait i injure, et commandä, sous de grosses peines, au juge et aux bourgeois de Bude, de chasser les prélats de la ville, de ne point permettre qu’il y en entrât, et d'empêcher de leur fournir des vivres, pour leur argent, à eux et à leurs domestiques. En même temps, il appela des ordonnances du légat, refusant de lui obéir, et en détournant les autres, même par punition, sans compter pour rien ses promesses ni ses serments. La cause de cette conduite si irrégulière de Ladislas était son attachement pour les Comans, auxquels il était livré; il entretenait même plusieurs concubines de cette nation. Et ce fut peut-être la cause de son emportement ; car le quarante-septième canon ordonne aux prêtres d'empêcher que les laïques n’entretiennent publiquement des concubires ; les complices qui ne se corrigent après admonition sont interdits de l'entrée de l’église. S'ils s’obstinent dans le mal, l’évêque diocésain procédera contre eux avec plus de rigueur.

Le pape Nicolas IIT, ayant appris la rechute du roi Ladislas, fit, en bon père et pasteur, tous ses efforts pour le relever. Il écrivit au roi Charles de Sicile, dont Ladislas avait épousé la fille, et à Rodolphe, roi des Romains, d'agir auprès de lui, par leurs ambassadeurs, pour le ramener de ses égarements: IL écrivit à la reine, son épouse, aux évêques et aux seigneurs hongrois ; il exhorta le légat Philippe à ne point se décourager, à continuer d’agir vigoureusement pour la défense de la religion. Enfin il écrivit au roi Ladislas une grande lettre capable de le toucher s’il eût eu de l'honneur ou de la conscience. il lui dit en substance : C’ést pour satisfaire à notre devoir et pour

1Mansi, t, 21, p. 270 et seqq.

228 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 1216

remédier aux désordres de votre royaume, que, ne pouvant y aller nous-:même, comme nous aurions désiré, nous vous avons envoyé le légat Philippe. On nous a dit que vous craigniez son entrée dans votre royaume, et que vous vouliez l'empêcher, comme si l'Église r0maine eût prétendu nuire à vos droits et à votre dignité ; mais nous avons eu la consolation d'apprendre que, après l'entrée du légat, vous avez déféré à ses salutaires exhortations, et avez juré sur l'autel, en touchant les Évangiles, de ronserver la liberté ecclésiastique et de chasser les » : . : “4 de votre royaume. Le Pape ajoute ce que le roi avait pron bant les Comans, comme nous avonsvu dans son édit; puis ii continue :

Lorsque nous nous attendions que vous demeureriez ferme dans cette résolution salutaire, nous avons vu avec douleur que vous n’aviez point exécuté ce que vous aviez promis et juré tant de fois. En quoi vous avez reconnu que vous aviez grièvement péché, et que vous étiez retombé dans l'excommunication , et votre royaume dans l'interdit. Vous avez renouvelé le même serment et renoncé à toute appellation, exception et opposition. Mais vous n'avez pas mieux observé cette promesse ; vous avez encore eu recours à l'appellation et secoué l’obéissance du légat. Le Saint-Père lui représente ensuite la grandeur de son égarement, la rigueur du jugement de Jésus- Christ, où les appellations n'auront point de lieu ; il lui déclare qu'il emploiera pour le corriger les moyens spirituels et les temporels, et qu'il s'assure que les prélats , les seigneurs et le peuple de son royaume s'élèveront contre lui , pour lintérêt de la gloire de Dieu. La lettre est du neuvième de décembre 1279 1.

En vérité, ce Pape, ce père des Chrétiens , qui, pour ramener au bon sens un roi écervelé, écrit à son épouse, écrit aux prélats et aux seigneurs de son royaume, écrit aux rois ses voisins et ses amis , lui écrit à lui-même avec une tendresse paternelle ; en vérité, cela nous parait beau, l’Europe ainsi constituée nous paraît belle; le monde profane, ancien ou moderne, n'offre rien qui en approche.

Le roi Ladislas paraît y avoir éu quelque égard. Au moins voyonsnous que, l'année suivante, il reconnut sa faute d’avoir dissipé le concile de Bude ; et, pour réparation, il donna au légat, stipulant au nom des pauvres, cent marcs d’argent de revenu annuel, à l'effet d'entretenir un hôpital qu'il devait fonder dans son royaume. La lettre est du dix-huitième d'août 1280. Au même temps il en donna une autre pour accepter toutes les constitutions émanées du Saint- Siége, concernant les hérétiques, et les faire observer dans son

4 Raynald, 1279, n. 34 et seqq.

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