LE
qu’il quittât ie monde
? Godescard, et Acta SS., 10 septemb.
à 130 d'un réfle) qu'il versie comf résoll leur appri missis Ra dans!
de lu L'hab mois ( allé cl que, « Raym réserv fants, tait en Dame d’autr Paris nable :
cipaler à Majo bits, e s'appli mahon Neu blasph l'ayant qu'un teau d:
mond, mettre pas le !
liberté.
étant al avec la Ensu son, po
. LXXVI, — De 11
admirable qu'au.
lammait d'amour,
On s'empressait était de son émi- | âme avec Dieu, nal, lui faisaient leste, Il passa les ses prédications [ue tous les jours, t. On ne pouvait discours, tant en la contemplation istère, Il fut fa- 5. Îl mourut le > maladie longue l'enterra dans la s fidèles y vont
ymond Lulle, II venus de Cataquit cette ile, Il al, c'est-à-dire lé à des amours e, mais dont le " de sa passion, 'epoussante inymond s’occuemme, quand, en croix. Il eut main il recomtune semaine, dernière fois, vait signifier » il crut que onnât entièrc-
lus agréable à en travaillant lui-même, il à l'exécution
à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 301
d'un si grand dessein, n'ayant pas même appris la grammaire. Cette réflexion l'affligea sensiblement ; toutefois, il lui vint dans l'esprit qu'il ferait un livre meilleur que l'on en eût encore fait pour la conversion des. infidèles. Et quoiqu'il ne sût par où s'y prendre pour la composition de ce livre, il s’affermit fortement dans cette pensée, et résolut d'aller trouver le Pape, les rois et les princes chrétiens, pour leur persuader d'établir en différents pays des monastères où l’on apprit l'arabe et les autres langues des infidèles,. pour en tirer des missionnaires qui allassent travailler à leur conversion.
Raymond, s’étant donc fixé à cette résolution, entra le lendemain dans une église, où il pria Notre-Seigneur, avec beaucoup de larmes, de lui faire la grâce de l'exécuter, comme il le: lui avait inspiré, L'habitude de la vie mondaine et voluptueusé le retint encore trois mois dans une grande tiédeur; mais le jour de Saint-François, étant allé chez les frères Mineurs de Majorque, il entendit prêcher un’évéque, qui dit comment ce saint avait tout quitté pour Jésus-Christ, Raymond, touché de cet exemple, vendit aussitôt tous ses biens, à la réserve de quelque peu pour la subsistance de sa femme et de ses enfants, et partit, avec la résolution de ne jamais revenir chez lui. C'était environ l’an 1266. Il commença par divers pèlerinages à Notre- Dame de Roc-Amadour en Querci, à Saint-Jacques en Galice, et à d'autres lieux de dévotion, Après ces ‘pèlerinages, il voulait aller à Paris pour apprendre la grammaire et quelque autre science convenable à la fin qu'il se proposait ; mais ses parents, ses amis, et principalement saint Raymond de Pegnafort lui persuadèrent de revenir à Majorque; c'était en 1267. Alors il renonça à la propreté des habits, et se revôtit de l'étoffe la plus grossière qu'il pût trouver ; il s'appliqua à l'étude de la grammaire, et; ayant acheté un esclave mahométan, il apprit de lui l'arabe.
Neuf ans après, en 1276, il arriva que cet esclave dit quelque blasphème contre Jésus-Christ en l’absence de Raymond, Celui-ci, l'ayant su, le frappa au visage; l’esclave en conçut un tel dépit, qu'un jour, se trouvant seul avec lui , il lui donna un coup de coueau dans l'estomac, criant d'une voix terrible : Tu es mort ! Raymond, quoique blessé considérablement, le désarma, et le fit lier et mettre en prison, embarrassé de ce qu’il en ferait. Car il ne voulait pas le faire mourir, et craignait pour sa propre vie s’il je mettait en liberté. I eut recours à Dieu , qui le délivra de ce misérable; car, étant allé dans la prison pour le voir, il le trouva qui s'était étranglé avec la corde dont on l'avait lié.
Ensuite Raymond alla sur une montagne peu éloignée de sa mai- SON, pour y vaquer plus tranquillement à la contemplation. Après y
302 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI, — De 1216
avoir été près de huit jours, tout d’un coup il conçut la forme du livre qu’il méditait contre les erreurs.des infidèles, ce qu’il attribua à une illustration divine; il commença dès lors à composer son livre, qu’il nomma d’abord /e Grand Art, puis l'Art général. IL en fit plusieurs autres dans le même dessein, y expliquant les principes les plus généraux, d’où il deséendait à des notions plus particulières, selon la portée des lecteurs. Pendant qu'il était sur cette montagne, dans un ermitage qu'il s'y était fait et où il demeura plus de quatre mois, un jour, comme il était en prière, vint à lui un jeune berger, beau et joyeux, qui, en une heure de temps, lui dit tant de belles choses de Dieu, des anges et des choses célestes, qu’un autre, à son avis, n'en aurait pu dire autant en deux jours. Ce berger, ayant vu les livres de Raymond, les baisa à genoux, et dit qu'il en viendrait de grands biens à l'Église. Raymond fut surpris -de cette visite, n'ayant jamais vu le berger, ni entendu parler de lui.
Ensuite le roi de Majorque, ayant appris que Raymond avait déjà fait plusieurs bons livres, lui manda de venir à Montpellier, où il était alors. Quand il fut arrivé, le roi le fit examiner, lui et ses livres, par un religieux de l’ordre des frères Mineurs, qui admira les pieuses méditations qu'il avait faites pour tous les jours de l’année. Raymond fit à Montpellier ur. livre qu'il appela l'Art démonstratif, et qu'il y expliqua publiquement. Il obtint du roi la fondation d’un couvent dans son royaume pour treize frères Mineurs, qui y apprendraient la langue arabe ; le revenu en était de cinq cents florins. Raymond alla ensuite à Rome pour obtenir, s'il pouvait, du Pape et de ses cardinaux, la fondation de pareils couvents en divers pays du monde pour apprendre les langues. Mais, étant arrivé à Rome, il trouva que le pape Hcnorius IV venait de mourir; c'est pourquoi il prit le chemin de Paris, voulant y communiquer l'Art, qu'il croyait avoir reçu de Dieu ; c'était en 1287.
Il expliqua en effet publiquement son livre de L'Art général, par ordre du chancelier de l’université, Bertold de Saint-Denis. Un docte professeur d'Arras, nommé Thomas, qu'il appelle son maître, devint son disciple. Après avoir vu la manière d'étudier à Paris, il retourna à Montpellier vers l’an 1289, et y composa son Art de trouver la vérité. IL Y reçut des lettres patentes du général des Franciscains, pour lire et professer sa méthode dans les monastères de l’ordre. Puis, étant à Gênes, il le traduisit en arabe. De là il se rendit à Rome pour la seconde fois, sous le pape Nicolas IV, en 1 291, afin de sulliciter l'établissement de ses monastères pour l'étude des langues orientales et l'union des ordres militaires, Mais il ÿ avança peu, à cause des affaires dont la cour de Rome était aiors occupée; et il
retoul qu'il f de so mystè pandu
Mai
| etses
que, $
| moins
puis, € scande les ef un aut ayant :
Je suis venu r
| jelest : de leu
sage puissar cause € par des de laT
L sieurs ç réputat
renvers quoi le
' mais u
donner d'être 1 lui ress
DeT artet d pape se Bonifac surtout dant ce son Art où les} tronc; 1 rameau aussi so
". LXXVI, — De 1916
onçut la forme du ce qu'il attribua à
omposer son livre, éral. IL en fit pluit les principes les plus particulières, r cette montagne, ira plus de quatre un jeune berger, dit tant de belles u'un autre, à son : berger, ayant vu qu'il en viendrait -de cette visite,
Raymond avait à Montpellier, où uniner, lui et ses eurs, qui admira les jours de l’anla l’Art démon- L du roi la fondares Mineurs, qui it de cinq cents » S'il pouvait, du uvents en divers s, étant arrivé à de mourir; c'est imuniquer l'Art,
Art général, par Denis. Un docte n maître, devint aris, il retourna ré de trouver la es Franciscains, ères de l’ordre.
e rendit à Rome 291, afin de sulide des langues ÿ avança pou, à occupée; et il
à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 303
| retourne à Gênes, voulant passer chez les infidèles et essayer ce
qu'il pourrait lui seul pour leur conversion, 11 espérait, par le moyen de son art, que, conférant avec les savants, il leur prouverait les mystères de l’Incarnation et de la Trinité; et le bruit s’en étant répandu dans la ville de Gênes, le peuple fut très-édifié de sa résolution,
Mais comme il était près de partir, ayant déjà fait porter ses livres
| etses hardes dans le vaisseau, tout d'ün coup il lui vint en pensée
que, sitôt qu'il serait arrivé, les Sarrasins le feraient mourir, ou du moins le mettraient en prison-perpétuelle. Il demeura donc à Gênes; puis, dès que le vaisseau fut.parti, il eut honte de sa faiblesse et du scandale qu’il avait donné, jusqu’à en tomber malade; et, malgré
| les efforts de .ses amis, il s’embarqua, avant que d’être guéri, sur { un autre bâtiment qui allait:à Tunis. Il y arriva en bonne santé, et, ayant assemblé peu à peu les plus savants Musulmans, il leur dit : | Je suis bien instruit des preuves de la religion chrétienne, et je suis
venu pour entendre les preuves de la vôtre, afin: de l’embrasser, si
| je les trouve plus fortes. Les Musulmans lui ayant apporté les preuves D de leur religion, il y répondit facilement, et ajouta: Tout homme
sage doit suivre la croyance qui attribue. à Dieu plus de bonté, de puissance, de. gloire et de perfection, et qui met entre la première
| cause et son effet plus d'accord et de convenance. Il s'efforçait ainsi, L par des raisonnements métaphysiques, de leur prouver les mystères
de la Trinité et de l’Incarnation, et croyait en avoir persuadé plu-
| sieurs qu’il disposait au baptême, quand un Musulman, homme de | réputation, représenta au roi de Tunis que ce Chrétien s'efforçait de
renverser leur religion, et le pria de lui faire couper la tête. Sur quoi le prince, ayant tenu conseil, penchait à faire mourir Raymond;
{ mais un autre sage Musulman l'en détourna, et il se contenta d’or-
donner qu’on le chassât incessamment du royaume, sous peine
B dûtre lapidé si on l'y retrouvait ; et en effet, un autre Chrétien qui lui ressemblait pensa être lapidé.
De Tunis, Raymond vint à Naples, où il continua d'enseigner son art et de composer des livres. Il y demeura jusqu’à l'élection du pape saint Célestin ; puis il se rendit à Rome, et sollicita auprès de Boniface VIII les affaires qu'il avait à cœur depuis si longtemps, surtout l'établissement de l'étude des langues orientales. Ce fut pendant ce séjour de Rome que, pour rendre plus sensible l'exposé de Son Arf général et de.sa doctrine, il composa son Arbre des sciences, où les principes et les facultés sont représentés par les racines et le tronc; les fonctions, les actes et les opérations, par les branches, les lameaux et les feuilles ; les effets et les résultats, par le fruit. 1] fit aussi son livre des Articles de foi, et déposa le tout sur l'autel de
Saint-Pierre. Mais, pour l'exécution de ses projets, il ne réussit pas
mieux à Rome sous ce pontificat que sous les précédents. Ainsi, j| |
retourna à Gênes, et ensuite à Pat 5, où il était au mois d’août 1998. On dit qu’il y obtint du roi Philippe ie Be! la fondation d’un collége: mais ses deux vies disent qu’il n’obtin: quoi que ce fût.
Retourné dans l’île de Majorque, il se mit à disputer tous les jours avec les Sarrasins et les Juifs, qui s'y trouvaient en grand nombre. Sur le bruit qne le khan des Tartares allait s'emparer de la Syrie, Raymond s’embarqua pour l’île de Chypre, où il apprit que la nou: velle était fausse. Pour utiliser son temps, il pria le roi de Chypre d'obliger les infidèles et les schismatiques à venir conférer avec lui, pour les convertir, ou bien de l'envoyer aux sultans de Syrie et d'É. gypte, pour les instruire de la foi Catholique. Mais le roi n'eut aucun souci ni de l’un ni de l’autre projet.
Raymond, appliqué à prêcher et enseigner, tomba malade, fut empoisonné par des ennemis, et guérit chez le maître du Temple, en Chypre, qui le recueillit dans sa maison. Revenu à Gênes, Raymond y publia plusieurs livres, et retourna de nouveau à Paris, où il enseigna sa doctrine avec succès. Ce fut alors sans doute qu'il obtint du roi la fondation d’un collége. Dans un de ses ouvrages, il se qualifie du titre d’ermite du tiers-ordre de Saint-François.
On le vit entreprendre à Lyon, en 1505, un résumé général de sa philosophie, et composer à Montpellier un traité du mystère de la Trinité, qu'il prétendait expliquer en montrant que Dieu n’eût pu être parfaitement bon si le Père ne s'était manifesté de toute éternité en engendrant le Fils et en produisant ie Saint-Esprit. Il se rendit une seconde fois en Afrique. A Bone, il réussit à convertir plusieurs philosophes averroïstes qui regardaient la foi comme opposée à la raison. Alger le vit ensuite opérer de nouvelles conversions ; mais ayant disputé avec un philosophe arabe, qu'il réfuta de vive voix et par écrit, il fut arrêté, mis au cachot, et, après des sollicitations et des offres vaines pour lui faire changer de croyance ou du moins lui fermer la bouche, on le bannit à perpétuité, comme perturbateur du repos public. Embarqué sur un vaisseau génois, Lulle fait naufrage à la vue du port de Pise, et s'occupe néanmoins de reprendre les principes de sa méthode, de les résumer et de les abréger. À sa prière, les Pisans, déterminés par l’exemple des chevaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem, lui remettent, pour le Pape, des lettres dont l'objet est de proposer un ordre de chevaliers Chrétiens pour délivrer
les saints lieux de la domination des Turcs, dont il voudrait toutefois opérer la conversion, ii obtint de pareiiles lettres de Gênes. Les dames génoises mêmes s'engagent à contribuer de leurs deniers à
cette pratic donnt versit À qu vorrél ordre il ach cipes, sophie clame physic la fin.
En Lulle ja chr dlar battre seigne obtint ment ( patent ouvra ses liv rasins, Enfi troisiè, et vien march Musul Les ay mais il ligion taient disait-i de ma que da je suis et de 1 je ne v écoute qui m’:
V.LXXVI. — De 197 is, il ne réussit pas écédents. Ainsi, i| mois d’août 1298, ation d’un collége:
e fût.
uter tous les jours en grand nombre, parer de la Syrie, apprit que la nou.
le roi de Chypre conférer avec lui, is de Syrie et d'É.
le roi n’eut aucun
omba malade, fut tre du Temple, en Gênes, Raymond à Paris, où il endoute qu'il obtint uvrages, il se quaçois.
1mé général de sa du mystère de la ue Dieu n’eût pu té de toute éter.
Esprit. Il se rendit onvertir plusieurs nme opposée à la onversions ; mais la de vive voix et ss sollicitations et > Où du moins lui me perturbateur s, Lulle fait nauns de reprendre es abréger. À sa valiers de Saintdes lettres dont ns pour délivrer
voudrait toute. k |
s de Gênes. Les leurs deniers à
HE à 1300 de l'ère chr.]
cette expédition ; mais la proposition de Raymond Lulle paraît impraticable au Pape. Il retourne à Paris, où, en vertu de l'approbation donnée à sa doctrine par quarante docteurs et bacheliers de l'université, il professe son grand Aré général, résumé et abrégé. C'est R qu'il détermine dans un ordre ternaire et sous autant de règles vorrélatives, ses neuf principes, en les appliquant dans le inême ordre à autant de sujets et de questions qui s’y rapportent. En 4310, il achève et dédie au roi de France un livre intitulé les Douze prinripes, qui sont l'application et l'extension de sa doctrine à la philosophie naturelle; il y combat les averroïstes, contre lesquels il réclame l'assistance du roi. Il fait voir que ses principes dans l’ordre physique n’ont rien de contraire à la théologie, et que celle-ci en est
| la fin. Une Zogique qu’il donne a le même but.
En 1311, lors de la convocation d’un concile général à Vienne, Lulle s'y rend et demande au concile : 1° L'établissement dans toute ia chrétienté de colléges ou de monastères pour son double objet ; ? la réduction des ordres religieux militaires à un seul, pour combattre puissamment les ennemis de la foi ; 3° la suppression de l’ensignement de la doctrine d’Averroès. De ses trois demandes, il obtint l'établissement ou la confirmation d'écoles pour l’enseignement de sa méthode, dont une avait été fondée en 1310, par lettres patentes de Philippe le Bel. Lulle revint à Paris, et y acheva plusieurs ouvrages de théologie. Il s’occupa aussi de composer ou de traduire ses livres du catalan ou du latin en arabe, pour l'instruction des Sarrasins, qu’il avait toujours en vue.
Enfin, dans le dernier essor de son zèle, il part, l'an 1314, une troisième fois pour l'Afrique, à l’âge de près de quatre-vingts ans, et vient une seconde fois à Bougie. Là, il se cache d’abord entre des marchands chrétiens, et commence à parler secrètement à des Musulmans qu'il avait déjà instruits et qui lui étaient affectionnés. Les ayant affermis dans la foi, il ne put se contenir plus longtemps, mais il alla dans la place publier à haute voix les louanges de la religion chrétienne, ajoutant qu’il admirait la folie de ceux qui metaient leur confiance en la doctrine infâme de Mahomet. Pour moi, disait-il, je suis prêt à montrer, soit par des raisons, soit aux dépens de ma vie, que la grâce et le salut du genre humain ne se trouvent que dans la foi de Jésus-Christ, mon Seigneur. Souvenez-vous que je suis celui que vos princes ont ci-devant chassé de ces quartiers et de Tunis. Se sentant vaincus par mes raisons, ils craignaient que je ne vous éclairasse des vérités chrétiennes que vous étiez prêts à écouter ; maintenant, c’est le seul désir de votre salut et du martyre qui m'a ramené ici.