XXVI. — De
15, d’assiéger la ès en avoir dément de punir ultan n'accepta es relations oc-
que le sultan 'étexte pour releur domina- * les Chrétiens, , où la guerre
aire, au milieu > onze novemes. Malek-alle plan de son gypte et de la s députations étant prêt, il
pes de Sarraes escarmounbats journaur un parti ni ivec quarante ége de Ptolé.
feu. Ce specqui régnaient les Vénitiens ospitaliers et utres, qu'ils int pas d’ace inférieure, les combats.
très-ami et le sultan ofchrétien de du ‘Temple | ville, ras-
ud Martene, -
à 1300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 317
semblé dans l'église de Sainte-Croix, et lui ayant conseillé d'accepter ces conditions, le peuple, mécontent, s'écria d’une voix que le maître du Temple était traître à la ville, et qu'il méritait la mort. Il retourna donc. près du sultan lui annoncer le refus des habitants.
Quoique les forces des Chrétiens fussent singulièrement affaiblies par ces divisions, la garnison de la ville assiégée était néanmoins si hardie et si déterminée, que, pendant plusieurs semaines, on ne ferma les portes ni joue ni nuit, et qu’on faisait des sorties l’une sur l'autre, dont plusieurs furent très-préjudiciables aux Sarrasins. On voit que, bien unis entre eux, les assiégés auraient pu se défendre avec gloire et succès. Mais, comme ils n’agissaient pas d'accord, leurs sorties ne réussissaient pas tou jours.
D'ailleurs, les troupes du sultan augmentaient d’un jour à l’autre ; ses tranchées et ses mines avançaient sous les murs de la ville; ses formidables machines en approchèrent et se mirent à lancer dix jours de suite une grêle de traits et de pierres : il n'y avait plus moyen aux habitants de faire des sorties. Alors diminua leur confiance et leur hardiesse. Les plus opulents mirent leurs femmes, leurs enfants, leursrichesses, les reliques de saints sur des vaisseaux et les envoyèrent en Chypre. Même plusieurs hommes d'armes, tant chevaliers que fantassins, abandonnèrent la ville pendant ces dix jours, en sorte qu'il n’y restait que douze mille guerriers obligés au service, huit cents chevaliers et quelques pèlerins volontaires. Enfin le roi Henri de Chypre et de Jérusalem, qui était venu à Ptolémais, le quatre mai, avec deux cents chevaliers et cinq cents fantassins, bandonna la ville dans la nuit du quinze au seize, avec toute sa troupe et trois mille notables de Ptolémais.
Dès le lendemain seize mai, les Sarrasins commencèrent l'assaut. Ils remarquèrent que les chrétiens n'étaient plus en si grand nombre sur les remparts que les jours précédents. Les habitants, toutefois, se déiendirent avec courage ; mais enfin il fallut céder au nombre et se replier dans la ville. Les chevaliers des ordres militaires n'avaient pas pris part au combat de ce jour. Comme ils n’avaient point participé à la rupture de la trève, ils s'abstenaient de combattre le plus qu'ils pouvaient ces derniers jours de péril, dans le fol espoir que le sultan les épargnerait. Mais, quand ils entendirent tout à cou p les cris de détresse des habitants, les cris de triomphe des Sarrasins, ils changèrent d'idée, se rappelant qu'un sultan turc n'épargnait point un ennemi qui n’était plus à craindre. Le maréchal de l'Hôpital, Mathieu de Clermont et ses chevaliers s'armèrent aussitôt, montèrent à cheval, coururent au plus fort du danger, ramenèrent les fuyards chrétiens au combat. Le maréchal Mathieu, quand il fut à proximité
318 HISTOIRE UNIVERSELLE [{Liv. LXXVI. — De 1916
des Sarrasins, qui avaient déjà pénétré au centre de la ville, fondit sur eux avec impétuosité, tua un de leurs chefs, blessa ou désarma plusieurs autres; son exemple rendit le courage et l'avantage aux Chrétiens; les ennemis furent repoussés par la brèche ; la nuit sur. vint, et le sultan fit sonner la retraite.
Ce succès inespéré rendit le cœur aux Chrétiens; plusieurs capitaines sortirent des tours où ils se tenaient enfermés , aidèrent Jes vainqueurs à réparer la brèche durant la nuit; avant l'aurore, tous les chefs tinrent un conseil de guerre dans la maison des Hospitaliers, Plusieurs y dirent qu’il n’y avait plus moyen de défendre Ptolémais; deux mille hommes avaient été tués la veille ; l’unique moyen (de sauver le reste du peuple était d'abandonner la ville ; mais ce moyen était impraticable ; la mer était libre, mais il ny avait de disponible que deux petits bâtiments, pouvant à peine contenir deux cents personnes, Comme on ne savait quel parti prendre , le patriarche leur remontra, par un discours fort sage , que, pour des guerriers chré. tiens, il n’y avait d’autre parti à prendre dans cette extrémité que
grâce à espérer de la part des Sarrasins, qui ne trouveraient à satis. faire dans la ville évacuée ni leur avidité par les richesses ni lew lubricité par de belles femmes, les unes et les autres ayant été trans. portées en Chypre ; d’un autre côté, nul moyen de se sauver par la fuite. Le vénérable patriarche les engagea donc à ne pas craindre une mort généreuse et méritoire pour Jésus-Christ, leur maître, de même qu’un vassal mourrait pour défendre l'honneur de son seigneur et ne point imprimer à son nom et à sa famille la flétrissure de lâcheté ; d'autant plus que la valeur du guerrier soutenue de ha confiance en Dieu, pouvait faire des prodiges. Seulement la veille, sept mille chrétiens avaient tué vingt mille infidèles. Vendez donc votre sang le plus chèrement que vous pourrez, vengez celui que vous avez déjà versé; faites-le dans une vraie foi, par laquelle tout est possible à qui croit vraiment; dans une espérance ferme , par laquelle le salut est donné à qui fermement espère dans la foi; enfin dans une inextinguible charité les uns envers les autres, car c’est par elle que s’unit au Seigneur celui qui soutient Dieu et le prochain pour la justice. Par cette voie, que le Seigneur a pourvue aux pécheurs pour se sauver, vous pourrez après la mort parvenir heureusement à la vie éternelle sans autre pénitence. Confessez donc vos péchés les uns aux autres , avec l’espérance d'obtenir de Dieu miséricorde dans votre passage.
Ce discours du patriarche produisit un grand effet. Après qu'on eut'promptement célébré la messe, les assistants confessèrent leurs
de combattre vaillamment et de se confier en Dieu; car point de DR
péch sang et ils Quel geaie aux £ mêm uns 4 En Ptolé:
brèch à leur brèch par ce du roi terre, rent u daient avaien brèche absten porte ; moura la brèc Mathie au mil son ch ces ent voulan siens à le bon qu'elle dérusal IE Claire.
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1 Dee
Âv. LXXVI, — De 1276
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fet. Après qu'on onfessèrent leurs
à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 319
péchés, se donnèrent le baiser de paix au milieu des larmes et des sanglots, sachant qu’ils allaient s’exposer à la mort pour le Seigneur, et ils reçurent son corps adorable avec toute la dévotion possible, Quelques-uns mêmes de ceux qui avaient quitté leur poste et songeaient à s'enfuir en cachette remontèrent sur les remparts et dirent aux gardes ce qui venait de se passer. Alors on vit sur les remparts mêmes bien des gardes, touchés de componction, se confesser les uns aux autres et s'encourager à bien faire 1.
Enfin parut l'aurore. C'était le 18me de mai 1291 » dernier jour de Ptolémaïs. Deux fois les Sarrasins pénétrèrent dans la ville par la brèche et par la porte Saint-Antoine ; deux fois les Chrétiens, ayant à leur tête Mathieu de Clermont, repoussèrent les Sarrasins et par la brèche et par la porte. Alors le sultan fit avancer toute son armée par ces deux endroits. Au moment décisif, Jean de Grelli, lieutenant du roi de France, et Otton de Grandison, lieutenant du ro d’Angleterre, abandonnèrent lâchement leur poste avec leurs milices, gagnèrent un vaisseau et s’enfuirent. Cependant les Chrétiens fidèles défendaient le terrain pied à pied contre les masses de Sarrasins qui avaient des apostats à leur tête, et pénétrèrent de nouveau par la brèche et la porte Saint-Antoine. Le maître des Templiers, qui s'était abstenu de combattre, vint alors avec les siens pour défendre la porte ; mais c’était trop tard : il fut transpercé d’une lance, et tomba mourant de cheval. Le maître de l'Hôpital, blessé mortellement sur la brèche, fut transporté sur un des navires. Le maréchal de l’ordre, Mathieu de Clermont , voyant qu'il n'y avait plus d'espoir, se jette au milieu des infidèles, en tue à droite et à gauche, jusqu’à ce que, son cheval succombant de fatigue, il est transpercé de plusieurs lances ennemies. Quant au patriarche Nicolas , il refusait de se sauver, voulant mourir avec son peuple ; il fut entraîné malgré lui par les siens à une chaloupe, pour gagner une galère qui était proche; mais le bon pasteur reçut tant de monde dans sa frêle embarcation , qu'elle coula à fond. Ainsi mourut le dernier patriarche latin de Jérusalem qui ait résidé dans le pays ?.
[y avait à Ptolémais un monastère fameux des filles de Sainte- Claire. L'abbesse, apprenant que les Sarrasins étaient dans la ville, assembla toutes ses sœurs en chapitre et leur dit : Mes filles, méprisons cette vie pour nous conserver à notre époux pures de corps et de cœur; faites ce que vous me verrez faire, Aussitôt elle se coupa le nez, et son visage fut couvert de sang; les autres suivirent son exemple et se découpèrent le visage en diverses manières. Les San
! De excidio urbis Aconis, 1, 1; p. 176. Martène,t, 5, — 2 Ibid., p. 1176-7652,
320 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVI. — De 1:
rasins, étant entrés dans le monastère l'épée à la main, furent sais: d'étonnement à ce spectacle ; puis, l’horreur se tournant en furie, il les massacrèrent toutes 1,
Si les hommes avaient eu du cœur comme ces femmes de Ptolémais, la Terre-Sainte n’eût pas été perdue ; mais le jour même de la prise de Ptoléinaïs, les habitants de Tyr abandonnèrent leur vil: sans la défendre et se sauvèrent par mer. Les Templiers qui s'étaient enfuis de Ptolémaïs à Sidon, firent des dispositions pour défendr cette dernière ville ; mais à la nouvelle qu’un émir faisait des préparatifs pour venir les attaquer, ils perdirent courage, se retirèrert Tortose et enfin en Chypre. La forteresse de Sidon fut rasée par l'émir. Les habitants de Béryte se rendirent sans résistance. Enfin les Chrétiens d'Occident perdirent tout ce qu’ils avaient dans lé pays?
Quand le pape Nicolas IV eut reçu ces tristes nouvelles, il fit ton ses efforts pour exciter les princes chrétiens à regagner la Terre. k Sainte et pour fortifier la croisade qui devait s’exécuter deux an après. Le premier jour d’août , il publia une bulle adressée à ton les fidèles ; puis une autre adressée à tous les métropolitains , tant pour eux que pour leurs suffragants , où il leur donne commission | de prêcher la croisade. Il écrivit en particulier aux Génois et aux Vénitiens de faire la paix ensemble et de tourner leurs forces réunies contre les infidèles. Le 23me du même mois, il écrivit à même fina roi de France et aux prélats de son royaume. Il écrivit à l’emperer de Constantinople, Andronic Paléologue, et à l'empereur de Tréhi. sonde, Jean Comnène, aux rois d'Arménie , d’Ibérie et de Géorgie il écrivit même au khan des Tartares, Argoun ; il négociait avec ke roi d'Angleterre, qui devait se mettre à la tête de la croisade. Il avait | grande confiance pour cette affaire au roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg ; mais Rodolphe mourut le. 30e de septembre 1991 : Alphonse d'Aragon était mort le 18° de juin, après avoir signé un traité de réconciliation avec Charles de Valois et l’Église romaine; enfin le pape Nicolas IV mourut lui-même le 4me jour d'avril 129; sa mort et la longue vacance du Saint-Siége arrêtèrent tous les pro jets de la croisade à,
La nouvelle soudaine et terrible que la Terre-Sainte était perdu: pour les Chrétiens répandit une profonde tristesse dans les âme pieuses , tristesse qui n’y est point encore effacée ; car si Jésuse pleuré sur Jérusalem, un vrai Chrétien peut-il y être insensible? Mai dans le même temps une autre nouvelle, silencieuse et calme, vit
1 Wadding, 1291, n. 1, — ? Wilken, p. 171 et 772, — 3 Raynald, an 12914
à 1300 € réjouir
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Liv. LXXVI. — De 19:
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3 Raynald, an 1291 4
à 1300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 321
réjouir les âmes pieuses et les réjouit encore : la sainte maison de Nazareth, où la vierge Marie concçut le Verbe fait chair, a été transportée par les anges en Dalmatie, et de là dans la Marche d'Ancône,
près de Recanati, à Lorette, où elle est encore.
C'était dans l’année 1291 ; les saints lieux de la Palestine étaient envahis ; l'église magnifique que l'impératrice Hélène avait élevée à Nazareth venait de tomber sous le marteau destructeur ; la sainte maison qu'elle renfermait allait bientôt peut-être avoir le même sort ; lorsque Dieu ordonne à ses anges de la transporter sur les terres heureuses de la fidèle Dalmatie. On était au dix du mois de mai ; à l seconde veille de la nuit , le sanctuaire de Nazareth avait été déposé sur les rivages de l’Adriatique, entre Tersatz et Fiume, dans un lieu appelé vulgairement Rauniza par les habitants du pays. Nicolas IV gouvernait alors l'Église, et Rodolphe de Habsbourg l'empire; la ville de T:rsatz obéissait à Nicolas Frangipane, issu de l’antique race des Aniciens, dont l’autcrité s’étendait sur les terres de la Croatie et de la Sclavonie. Au lever de l’aurore, quelques habitants aperçurent avec étonnement le nouvel édifice, placé dans un lieu où jamais l’on n'avait vu jusque-là ni maison ni cabane. Le bruit du prodige est bientôt répandu ; on accourt, on examine, on admire le bâtiment
à mystérieux, construit de petites pierres rouges et carrées , liées en- | semble par du ciment ; on s’étonne de la singularité de sa structure,
de son air d’antiquité, de sa forme orientale: on ne peut surtout expliquer comment elle se tient debout, posée sur la terre nue sans aucun fondement.
Mais la surprise augmente quand on pénètre dans l'intérieur. La chambre formait un carré oblong. Le plafond, surmonté d’un petit clocher, était de bois, peint en couleur d'azur et divisé en plusieurs compartiments, parsemé çà et là d'étoiles dorées. Autour des murs etau-dessous des lambris, on remarquait plusieurs demi-cercles qui sarrondissaient les uns près des antres et paraissaient entremélés de vases diversement variés dans leurs formes. Les murs, épais d’environ une coudée, construits sans règle et sans niveau , ne suivaient pas exactement la ligne verticale. Ils étaient recouverts d’un enduit où l'on voyait en peinture les principaux mystères de ce lieu sacré. Une porte assez large, ouverte dans une des parties latérales , donnait entrée dans ce mystérieux séjour. A droite, s’ouvrait une étroite et unique fenêtre. En face, s'élevait un autel construit en pierres fortes
et carrées, que dominait une croix grecque antique, ornée d’un cru-
cilix peint sur une toile collée au bois, où se lisait le titre de notre salut : Jésus le Nazaréen, roi des Juifs.
Près de l'autel, on apercevait une petite armoire d’une admirable XIX, 21
HORS EEE
322 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv,LXXVI, — De 1916 simplicité, destinée à recevoir les ustensiles nécessaires à un Pauvre ménage ; elle renfermait quelques petits vases semblables à ceux dont
à 1400 de
désir à’:
re
se servent les mères pour donner la nourriture à leurs enfants, br gauche, une espèce de cheminée ou de foyer, surmontée d’une niche lib précieuse, soutenue par des colonnes ornées de cannelures et de vo- nait, et lutes, et terminée par une voûte arrondie, formée par cinq lunes GR yon f se joignaient et s’enchaînaient mutuellement. Là était placée une didod statue de cèdre, représentant la bienheureuse Vierge debout et por. Los tant l'enfant Jésus dans ses bras. Les visages étaient peints d’une es. À pe pèce de couk ‘1 “able à l'argent, mais noircis par le temps el dis tin sans doute pa aée des cierges brûlés devant ces saintes ima- change ( ges. Une couronne de perles nosée sur la tête de Marie relevait h à nie noblesse de son front ; ses cheveux, partagés à la Nazaréenne, flot. mas, les: taient sur son cou et sur ses épaules. Son corps était vêtu d’une robe na 1e dorée qui, soutenue par une large ceinture, tombait flottante jus- Dal qu'aux pieds ; un manteau bleu recouvrait son dos sacré; l'un et l'pôtre l'autre étaient ciselés et formés du même bois que la statue elle- tee même. L'enfant Jésus, d’une taille plus grande que celle des enfants LR ordinaires, dvec un visage où respirait une divine majesté, et qu'em- bol bellissait une chevelure partagée sur le front, comme celle des Naza- Hd réens, dont il portait l’habit et la ceinture, levait les premiers doigts bah de la main droite, comme pour donnerla bénédiction, et, de la LS FT che, soutenait un globe, symbole de son pouvoir souverain sur | u- h défaill nivers. L'image de la sainte Vierge, au moment de son arrivée, étal JE ds doute couverte d'une robe de laine de couleur rouge, qui se conserve en- nulle par core aujourd'hui et demeure sans altération. Telle était la disposi- no tion de la sainte chapelle lorsqu'elle vint se reposer dans la Dal- nr Rates Rae. Ainsif La stupeur était générale ; on se demandait 1 un à l'autre quelle nb pouvait être cette demeure inconnue, quelle main avait tracé ces a figures, quelle puissance avait fait apparaître en un instant ce nou- jeter à ge veau sanctuaire ; tous interrogeaient, nul ne pouvait répondre, lors pour Jui. que tout d’un coup s’élance au milieu du peuple le vénérable pa En de teur de l’église Saint-Georges, l’évêque Alexandre, natif de Modruia, n'était pe Sa présence excite un cri général de surprise ; on le ere doutah. malade, sans espérance presque de guérison ; et cependant le voili Nicolas plein de vie et de santé ; le mal a disparu; là fièvre n’a pas laissé la sent ; il a moindre trace. | de cette € La nuit, dans son lit de douleur, il avait ressenti le plus ardent Ebépémme | M aller s’ass ? Histoire critique et religieuse de Notre-Dame de Lorette, par A.-B. Caillau DE ilvient en
Paris, 1543, p. 9 et seqq.
premier e
iv, LXXVI, — De 197%
saires À un pauvre blables à ceux dont à leurs enfants, À nontée d’une niche annelures ét dé vo.
par cinq lunes qui \ était placée ure rge debout et por.
nt peints d’unees. !
cis par le temps et it ces saintes ima- : Marie relevait h Nazaréenne, flot. ÎR ait vêtu d’une robe nbait flottante jusdos sacré; l’un et que la statue elle.
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à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 323
désir d'aller contempler de ses yeux le prodige dont il vient d’'apprendre la nouvelle ; dans ce moment il se voue à Marie, dont «n lui a dépeint la miraculeuse image. Soudain le ciel s’est ouvert à se. UX, htrès-sainte Vierge se montre au milieu des anges qui l'environnent, et d’une voix dont la douceur ravit intérieurement le cœur : «Mon fils, lui dit-elle, tu m'as appelée ; me voici pour te donnerun dlicace secours et te dévoiler le secret dont tu souhaites la connais- É sance. Sache donc que la sainte demeure apportée récemment sur ce trritoire est la maison même où j'ai pris naissance et reçu presque toute mon éducation. C'est 1à qu’à la nouvelle apportée par l'archange Gabriel, j'ai conçu par l'opération du Saint-Esprit le divin enfant. C'est là que /e Verbe s'est fait chair ! Aussi, après mon trépas, les apôtres ont-ils consacré ce toit illustre par de si hauts mystres, et se sont-ils disputé l'honneur d'y célébrer l’augustesacrifice. L'autel, transporté au même pays, est celui même que dressa l'apôtre saint Pierre. Le crucifix que l'on y remarque y fut placé autrefois par les apôtres. La statue de cèdre est mon image faite par la main de l'évangéliste saint Luc, qui, guidé par l'attachement qu'il avait pour moi, a exprimé, par les ressources de l’art, la ressemblance de mes traits, autant qu'il est possible à un mortel. Cette maison, aimée du ciel, environnée pendant tant de siècles d'honneur dans la Galilée, mais aujourd’hui privée d’'hommages au milieu de k défaillance de la foi, a passé de Nazareth sur ces rivages. Ici point | de doute : l’auteur de ce grand événement est ce Dieu près duquel nulle parole n’est impossible. Du reste, afin que tu en sois toi-même le témoin et le prédicateur, reçois ta guérison. Ton retour subit à la santé au milieu d'une si longue maladie fera foi de ce prodige. » Ainsi parla Marie, et, s’élevant vers le ciel, elle disparut, laissant kchambre embaumée d'une odeur céleste. Le ministre fidèle senti le mal s'évanouir, la fièvre s’éteindre, la force renaître ; se lever , se jeter à genoux, bénir sa bienfaitrice, courir à l'auguste sanctuaire pour lui présenter ses actions de grâces, furent tout à la fois et le besoin de sa reconnaissance et la preuve que cette visite surnaturelle n'était pas une chimère enfantée dans un cerveau égaré par la douleur.
Nicolas Frangipane, qui gouvernait alors cette contrée, était absent ; il avait suivi à la guerre Rodolphe de Habsbourg : au milieu | de cette expédition militaire, il reçoit la nouvelle de ce prodigieux événement. Le prince lui donnela permission de quitter le camp pour Laller s'assurer de la vérité, La longueur du chemin ne l'arrête point ; Lilvient en personne à Tersatz, où, sans se laisser entraîner par un Premier enthousiasme, il prend les plus minutieuses informations.
à à l’autre quelk n avait tracé ces 1 instant ce nouit répondre, lors:
le vénérable pasnatif de Modruzia.
savait gravement pendant le voilà n’a pas laissé la
i le plus ardent
, par A.-B, Caillau,
391 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXXVI. — De ir] 10 : Ce n'est pas encore là à ses yeux une démonstration assez assurée. LU quatre de ses sujets, choisis de sa main, hommes sages et prudent, autant p* entre lesquels on remarquait, outre l'évé que Alexandre, Sigismon B Le, 1 Orsich et Jean Grégoruschi, se transportèrent à Nazareth, pour exa. ARE miner et rapprocher les circonstances de ce fait extrordinaire. Leur LeinA 6 commission sera remplie avec autant de fidélité que de diligence à Lorêtte Leur rapport sera concluant : à Nazareth de Galilée, la maison ne grande E tale de la très-sainte Vierge ne se trouvait plus; elle avait été déta. Dieu “4 chée de ses bases, qui existaient encore ; nulle différence entre la na- pu Les p ture des pierres restées dans les fondements et la qualité de cells dans Let qui composaient le saint édifice; conformité parfaite dans les mesu- tn res pour la longueur et la largeur du bâtiment. Leur témoignage est Marie !… rédigé par écrit ; il est confirmé par un serment solennel ; il est sé ferons thentiqué selon les formes voulues par la loi. Plus de doute, pli poser sil d'incertitude. La dévotion a pris un rapide essor; les peuples accou- re rent de toutes parts. Les provinces de la Bosnie, de la Servie, de ler XT l’Albanie, de la Croatie semblent se vider pour répandre leurs hab: Pontife tants sur cette terre favorisée du ciel. Pour faciliter l'empressement à Lorette des pèlerins, Frangipane fit entourer les murs bénits de grosses poi- ire tres recouvertes avec des planches, selon le goût du pays, où les tant la V: constructions de ce genre étaient encore en usage, et prodigua ls malt riches offrandes pour augmenter la splendeur de ce vénérable sant: Quant tuaire à mesure que la renommée en répandait plus loin la connai re Trois ans et demi après son arrivée à Tersatz, la maison de Nax un reth, portée par les mains des anges, s'éleva de nouveau dans l& rh
airs et disparut aux regards de ce peuple désolé. Le prince fit Con- tale struire à la même place et sur les mêmes vestiges une petite cha portée pelle, où on lit encore aujourd’hui : lei est le lieu où fut autrefois h MUR de très-sainte demeure de la bienheureuse Vierge de Lorette, Jules MR tenant est honorée sur les terres de Récanati. Sur le chemin, on fi ann du graver cette inscription en langue italienne: La sainte maison de ne bienheureuse Vierge vint à Tersatz l'an 1291, le 10 mai, et se rein lies le 10 décembre 1294. Les souverains Pontifes accordèrent plusieur à rués Cis grâces à la chapelle commémorative de Tersatz. Le clergé & Le peur avec plus ple continuent d’y chanter cette hymne : O Marie ! ici vous one venue dont jai avec votre maison, afin de dispenser la grâce comme pieuse Mère du D muics. Christ. Nazareth fut votre berceau, mais Tersatz fut votre FE bn port, quand vous cherchiez une nouvelle patrie. Vous avez porté 4 ne leurs votre demeure sacrée, mais vous n’en êtes pas on re cour dt: avec nous, Ô reine de clémence ! Nous nous félicitons d’avoir été ji frapper |
gés dignes de conserver votre présence maternelle.
1 1300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 325
sepuis cette époque jusqu’à nos jours, on voit tous les ans les s sages et prudents Dalmates traverser par troupe la mer Adriatique, et venir à Lorette exandre, Sigismont Rautant pour déplorer leur veuvage que pour vénérer le berceau de Nazareth, pour ex. B Marie. Toujours dans leur bouche sont ces paroles solennelles : extrordinaire, Leur MR Reenez à nous, Marie, revenez. L'an 1559, plus de trois cents pèque de diligence lrins de cette contrée avec leurs femmes et leurs enfants arrivèrent lilée, la maison n. à Lorette, portant des flambeaux allumés, s’arrétèrent d’abord à la elle avait été déta. grande porte, où ils se prosternèrent pour implorer le secours de férence entre la na. M Dieu et de sa sainte Mère, puis furent tous à genoux, rangés en ordre la qualité de cells r4" les prêtres qu'ils avaient amenés avec eux, et entrèrent ainsi faite dans les mesy. M dns le.temple en criant d’une seule voix dans leur idiome naturel : eur témoignage ei Retournez, retournez à nous, à Marie ! Marie, retournez à Fiume !.… solennel; il est au. MR Marie !- Marie !.. Marie! Leur douleur était si vive et leur prière si lus de doute, plu fervente, que le témoin qui en écrivit l'histoire cherchait à leur im- ; les peuples accou- MR ?°5e" silence, craignant, dit-il, que de si ardentes supplications ne , de la Servie, de fussent exaucées, et que la sainte chapelle ne füt ravie à l'Italie pour épandre leurs hab. MR 4e à'Tersatz reprendre son ancienne position. Aussi le souverain iter l'empressement Pontife voulut-il favoriser la dévotion de ce bon peuple en fondant its de grosses pou: à Lorette un hospice pour recevoir plusieurs familles de Dalmatie t du pays, où ls M n'avaient pu se déterminer à retourner dans leur pays en quitage, et prodigualx tant la Vierge de Nazareth, et ne regardaient plus pour leur patrie , ce vénérable sanc: D 4e le lieu qu'elle avait elle-même daigné choisir pour sa résidence. talon larcontue Quant à l’histoire de la nouvelle translation, voici en quels termes nermite du temps et du pays, Paul Della Selva, l’écrivit au roi de Naples, Charles IT :
«Au nom de Dieu. Ainsi soit-il. Roi, pour satisfaire à votre pieuse curiosité, qui m'a confié la narration du grand miracle de la translation faite par les anges de la maison de la sainte Vierge, apportée sur les rivages de l'Italie, dans la province d’Ancône, au territoire de Récanati, entre les fleuves de Aspis ou Mosciou et Potenta, voici comme la chose est arrivée, ainsi que je l'ai souvent entendu raconter par des hommes dignes de foi et originaires de Récanati, savoir : François Petri, chanoine de cette ville, et Uguccion, ecclésiastique exemplaire, de même que par les jurisconsultes distin- D sués Cisco de Cischis et François Percivallino de Récanati, qui tous, avec plusieurs de leurs concitoyens, vivaient du temps de ce miracle, dont j'ai lu également avec attention la narration dans les registres publics.
« L'an de l’incarnation du Seigneur, 1294, le samedi 10 décembre, lorsque tout était plongé dans le silence, et que la nuit dansson cours était au milieu de sa route, une lumière sortie du ciel vint frapper les regards de plusieurs habitants des rivages de la mer
Liv, LXXVI, — De 19 ation assez assurée:
la maison de Na:
> nouveau dansls Le prince fit con ges une petite cha- L où fut autrefois h > Lorette, qui mairur le chemin, onfi sainte maison de h 10 mai, et se retin cordèrent plusieurs Le clergé et le peu:
! ici vous êtes venue aime pieuse Mère dià z fut votre premier Vous avez porté all s pas moins resté tons d’avoir été jte.
Rp
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326 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI.— De 1216
Adriatique, et une divine harmonie, réveillant la paresse des plus endormis, les tira du sommeil pour leur faire contempler une mer. veille supérieure à toutes les forces de la nature, Ils virent donc et contemplèrent à loisir une maison environnée d'une splendeur cé.
leste, soutenue sur les mains des anges, et transportée à travers les |
airs. Les paysans et les bergers s'arrêtèrent Stupéfaits à la vue d'une si grande merveille, et tombèrent à genoux en adoration, dans l'attente du terme et de la fin où aboutirait ce prodige. Cependant cette sainte maison portée par les anges fut placée au milieu d'un grand bois, et les arbres eux-mêmes s'inclinèrent comme pour vénérer la reine du ciel. Aujourd’hui on les voit encore penchés et recourbés comme pour témoigner leur allégresse. On dit que dans ce lieu était autrefois un temple dédié à quelque fausse divinité, et entouré d’une forêt de lauriers, ce qui lui a fait donner le nom de Lorette, comme on l'appelle encore aujourd’hui. A peine le matin était arrivé, que les paysans se hâtèrent d’aller à Récanati, pour raconter ce qui s'était passé, et tout le peuple s'empressa d’accourir au bois des Lauriers, pour s'assurer de la vérité de cette narration, Parmi les nobles et le peuple, plusieurs restaient muets d’étonnement, plusieurs ne pouvaient se résoudre à croire le miracle. Les mieux disposés pleuraient de joie, et disaient avec le prophète: Nous l'avons trouvée dans les champs de la forêt; et encore : Il n'a pas traité ainsi toutes les nations. Ils honorèrent cette petite et sainte maison, et, pénétrant dans l’intérieur avec dévotion, ils rendirent leurs hommages à la statue de bois de la divine vierge Marie, qui tenait son Fils entre ses bras. De retour à Récanati, ils remplirent la cité d'une sainte joie: le peuple quittait souvent la ville pour aller vénérer la sainte chapelle ; c'était un concours perpétuel de fidèles qui se croisaient sur la route.
- «Cependant la bienheureuse vierge Marie multipliait les prodiges et les miracles. Le bruit d’une si grande merveille s'étendait dans les contrécs lointaines, comme dans les provinces voisines, et tous accouraient à la forêt des Lauriers, qui se remplit bientôt de différentes habitations en bois, pour servir de refuge aux pèlerins. Tandis que ces événements se passaient, le lion infernal qui tourne sans cesse, cherchant quelque proie à dévorer, suscita des brigands, dont les mains impies souillaient le bois sacré par des vols et des homicides, de sorte que la dévotion ?2 plusieurs se refroidit par la crainte des malfaiteurs.
«Au bout de huit mois, le premier miracle fut confirmé par un
second prodige. La sainte maison quitta la forêt profanée, et fut LE
placée par le ministère des anges au milieu d’une colline , appartenant à deux nobles frères, les comtes Étienne et Siméon Rainald
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11300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 127
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«Alors la sainte maison se retira, quatre mois après son arrivée, de lcolline des deux frères, et par un troisième miracle fut portée par les anges dans un nouveau site distant à peu près d'un jet de pierre, au milieu de la voie publique qui conduit de Récanati au rivage de la mer, et c’est là que je la vois encore aujourd’hui, et que je contemple de mes propres yeux les grâces continuelles qu’elle accorde à ceux qui viennent y faire leurs prières.
«Néanmoins, quoique les prodiges célestes démontrassent que ce bit modeste était le séjour de la Mère de Dieu, le lieu où le Verbe sest fait chair, pour découvrir plus clairement la vérité, les habilants de Récanati tinrent une assemblée générale, où se rendirent les principaux seigneurs de la province ; et il fut décidé qu’on enverrait seize des hommes les plus illustres pour examiner si les mesures dela sainte maison étaient conformes soit aux vestiges restés à Tersatz, soit aux fondements demeurés à Nazareth, où elle fut primitivement bâtie et où elle subsista durant de longues années. Le décret fut exécuté, et parmi les seize députés de Récanati on comptait pour le quartier de Sainte-Marie, Politus, fils du comte Mathieu de Politis; pour le quartier Saint-Flavien, Marchio jeune, comte Mathieu, fils du comte Siméon Rainaldi de Antiquis ; pour le quartier Saint-Ange, le célèbre docteur en droit Cicottus, fils de Monaldutius
des Monaldutiens ; ces personnages distingués, accompagnés de leurs Lcollègues, allèrent, virent, revinrent et déclarèrent qu'ils avaient
trouvé partout une entière conformité, tant à l'égard des mesures
que par rapport aux témoins dont ils avaient recueilli sur les lieux |les dépositions.
« Recevez, prince, cette courte narration, en témoignage de la
[réalité du sanctuaire miraculeux et de mon respectueux dévoue- ’
ment envers votre majesté ; et afin que vous ayez l'assurance que
Los aumônes ont été fidèlement remises, je vous atteste avoir reçu ls offrandes, dont vous recevrez la récompense dans le ciel. Au nom [du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. Près de la
sainte deraeure, l'an du Sauveur 1997, le 8 juin. Paul, serviteur de
2 Jésus-Christ. »
Au-dessous on lit ces mots : « Les prieurs du peuple de la cité de :
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