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Récanati, à tous faisons connaître que tous les faits ci-dessus ra. contés sont véritables et conformes à nos annales et à nos archives publiques. En témoignage et en foi de quoi nous avons ordonné que cette pièce serait scellée de notre cachet, et souscrite par notre notaire public, établi par l'autorité impériale, et maître des actes, le 12 juin de l’année de la circoncision de Notre-Seigneur Jésus. Christ 1297. François Jacobi, maître des actes 1, »
Cependant les citoyens de Récanati voyaient avec anxiété la fai. blesse des saintes murailles ; posées sur la terre, elles n'avaient point de fondements pour les soutenir. N'était-il pas à craindre que, su-
bissant peu à peu les effets du temps, elles ne vinssent à s’écrouler À
et à priver ainsi le pays de ses plus beaux ornements ? Ce qui augmentait encore leur crainte, c'était la situation même du lieu, exposé à de violents tourbillons et à de fréquents orages, où les torrents de pluie semblaient conspirer avec la fureur des vents. Ils se décide. rent, en conséquence, à élever aulour de ce fréle édifice une forte muraille établie sur des bases solides et construite en briques durcies au feu. Ils firent plus encore, et, instruits chaque jour des mi. racles nombreux que Dieu opérait par la vertu de cette sainte maison, ils appelèrent des peintres habiles pour représenter par le pinceau, sur cette muraille, particulièrement du côté du nord, tous les détails de la prodigieuse histoire, afin de donner à tous, et surtout aux ignorants, la facilité de comprendre cette merveille et d’en rendre grâce à la très-sainte Vierge. :
Or, voici maintenant ce qui arriva, d’après le témoignage d'un historien, le père Riéra : « Le bruit public, dit-il, a propagé dans les provinces d'Ancône, comme un grand miracle, qu’au moment où l'ouvrage venait d’être terminé, on trouva les nouvelles murailles tellement séparées des anciennes, qu’un petit enfant pouvait y passer facilement avec un flambeau à la main, pour montrer à la foule, quand l'occasion se présentait, la vérité de cet écartement. Ce prodige frappa vivement les esprits, d'autant plus que l’on savait avec certitude qu'auparavant elles étaient si étroitement unies, qu'il n'y avait pas entreles deux l’épaisseur d’un cheveu. De là cette opinion commune que rien absolument ne peut rester attaché aux muraiiles de l’auguste maison de Lorette, la sainte Vierge le voulant ainsi, pour empêcher de croire qu’elle ait besoin du secours des hommes Pour soutenir sa vénérable demeure. Quelle que soit la cause de ce phénomène, la vérité du fait est au-dessus de toute controverse;
1 Histoire critique e
t religieuse de Notre-Dame de Lorette, par A.-B, Caillau, Paris, 1843, P. 39-438.
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11900 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 329 car aujourd'hui encore vivent plusieurs témoins qui ont contemplé
de leurs propres yeux cet admirable spectacle. Aussi, quand, au temps de Clément VII, Rainero Nerucci, architecte de la sainte chapelle, ex qui depuis est resté avec moi dans une douce intimité, voulut, par ordre du Pontife, abattre ce mur de briques, que le temps avait déjà presque renversé, pour élever à la place ce magnifique monument en marbre que l'on voit aujourd’hui, il remarqua, non
| sans un grand étonnement, que, contre les règles de l'architecture et
les plans de l’art humain, toutes les pierres étrangères à la sainte maison s'étaient éloignées comme pour lui rendre de justes hommages. Le même Rainero, ainsi que plusieurs autres, m'ont également raconté que ces murs rapportés s'étaient, depuis plusieurs années, tellement entr’ouverts, que, par de longues fentes, on pouvait facilement contempler l’ancien bâtiment et jouir des admirables délices qui semblent émaner de sa sainteté 1. »
Au commencement du quatorzième siècle, les habitants de Récanati élevèrent à Lorette un temple pour y enfermer la sainte chapelle. Une ville se forma autour, à qui les souverains Pontifes n’ont cessé de prodiguer des faveurs spirituelles et temporelles. L'an 1464, le pape Pie IL offrit à Notre-Dame de Lorette un calice d’or, pour obtenir la guérison d’une maladie, qu'il y obtint en effet. La même année, son successeur, Pau! IL, qui éleva une nouvelle basilique autour de la sainte chapelle, disait dans une bulle du 45 octobre OL On ne saurait douter que Dieu, à la prière de la très-sainte Vierge, mère de son divin Fils, n’accorde tous les jours aux fidèles qui lui adressent pieusement leurs vœux des grâces singulières, et que les églises dédiées en l'honneur de son nom ne méritent d’être honorées avec la plus grande dévotion ; cependant celles-là doivent recevoir des hommages plus particuliers, dans lesquelles le Très-Haut, à l’intercession de cette auguste Vierge, opère des miracles plus évidents, plus éclatants et plus fréquents. Or, il est manifeste, par l'expérience, que l'église de Sainte-Marie de Lorette, dans le diocèse de Récanati,
| à cause des grands, inouïs et infinis miracles qu’y fait éclater la
puissance de cette Vierge bienheureuse, et que nous avons éprouvés nous-mêmes dans notre propre personne, attire dans son enceinte les peuples de toutes les parties du monde ?. xt Sixte IV, successeur de Paul II, déclara Lorette propriété du Saint-Siége ; toutes les personnes attachées au service de l'église relèveront immédiatement de lui, et seront exemptes de toute autre
| juridiction ; deux sujets capables seront nommés par le souverain
1 Riéra. Hist. Lauret., c. 1, —? Tursell. Hist. Lauret., 1. 2, c. 1.
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Pontife : l'un, pour prendre soin du spirituel, sous le nom de vicaire; l’autré, pour veiller aux intérêts temporels, avec le titre de gouver. neur. Le vicaire instituera huit chapelains obligés à la résidence et chargés de chanter tous les jours une messe solennelle, appelée depuis la messe votive : les pénitenciers ajouteront aux pouvoirs d’absoudre déjà concédés celui de dispenser des vœux, ou plutôt de les Commuer en bonnes œuvres et secours appliqués aux besoins de la sainte chapelle. Les Carmes, chargés de la garde des lieux saints de la Palestine, furent appelés à garder la sainte chambre de la mère de Dieu.
Léon X renouvelle tous les priviléges passés, et en accorde de plus précieux et de plus abondants. Une collégiale fut établie avec douze chanoines, douze prêtres mansionnaires et six-choristes ; les indulgences des stations apostoliques à Rome furent étendues au sanctuaire de Lorette, où l’on gagnait dans la visite d’une seule église ce que l’on ne pouvait obtenir que par la visite de plusieurs églises dans la capitale du monde chrétien ; les marchés d'automne à Ancône, à Pisaure et ailleurs furent supprimés, pour donner plus d'éclat à celui qui se tenait à Récanati à l’époque de là Nativité, où l’on vit non-seulement des catholiques, mais des Grecs mêmes et des Arméniens, quoique schismatiques, le disputer en dévotion pour Marie avec les fidèles enfants de l'Église catholique. Le vœu de faire un pèlerinage à Lorette fut réservé au Pape, comme ceux de visiter les tombeaux des saints apôtres ou le sépulcre de Jésus-Christ. Le fameux statuaire Sansovino fut chargé d’entourer d'un magnifique travail en marbre blanc de Carrare le précieux sanctuaire, Le gouveérneur reçut le privilége de célébrer la messe en habits pontificaux, et de donner au peuple la bénédiction épiscopale. Des ordres furent donnés pour fortifier le château et construire des boulevards, des bastions et des fossés défendus par de grosses pièces d'artillerie, afin de mettre le temple à l'abri de surprise et d'attaques.
Clément VII exécuta le plan de Léon X. Il donna un nouveau relief et une certitude nouvelle à la translation de la miraculeuse chapelle en députant trois de ses camériers d’abord à Lorette, puis en Dalmatie, et enfin à Nazareth, pour examiner soigneusement les lieux et consulter les traditions des peuples. Les larmes des Dalmates, les aveux des Orientaux, l'exactitude des mesures, la similitude des pierres, dont deux furent rapportées par un des envoyés, tout céncourt également à confirmer la translation prodigieuse, et à rassurer la piété des peuples, C'est également à lui que Lorette fut redevable de l'assainissement de la température, par le soin qu’il prit de dessécher les marais voisins, d'abattre les forêts, dont l'humidité
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