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qu'à lui inspirer plus d'horreur pour le vice et à le rendre-plus'exact à veiller sur lui-même. La sainte gravité de sa conduite toucha plu. sieurs libertins et les retira du désordre. Son temps était partagé entre l'étude et la prière. Dans ses heures de récréation, il visitai les hôpitaux, servait les malades avec charité et les consolait dans leurs peines.
Pendant le séjour qu’il fit à Paris et à Orléans, il s'attira l’admi. ration des universités de ces deux villes par la beauté de son esprit et par sa piété extraordinaire. Toujours il portait le cilice et s’inter. disait l'usage du vin et de la viande, IL jeünait au pain et à l'eau l'avent, le carême et plusieurs autres jours de l’année. Le peu de repos qu'il accordait à la nature, il le prenait sur une nâtte de paille, n'ayant qu’un livre ou une pierre pour chevet. Jamais il ne se cou. chait qu'il ne fût accablé par le sommeil. Il avait fait secrètement ke vœu de chasteté perpétuelle. Comme personne n'en était instruit, on lui proposa d’entrer dans l'état du mariage, et on lui offrit même plusieurs partis honorables. Il les refusa tous avec modestie, allé. guant pour ‘raison qu’une vie d’étude comme la sienne renfermait une sorte d’incompatibilité avec le mariage.
A la fin pourtant il fit connaître ses intentions, en se déterminant pour l'état ecclésiastique. Le désir de servir le prochain influa principalement sur son choix. Il eût bien voulu, par humilité, rester tou jours dans les ordres mineurs; mais son évêque l’obligea de rece. voir la prêtrise. La réception du sacerdoce lui coûta beaucoup de larmes ; il s’y était cependant préparé par une vie toute remplie de bonnes œuvres, et surtout par une inviolable pureté d'âme et de corps.
Maurice, archidiacre de Rennes, qui, en cette qualité, était vicaire perpétuel de l’évêque, le fit oflicial du diocèse. Yves s’acquitta de cet emploi avec toute la vertu et toute la sagesse possibles. Les orphelins, les veuves et les pauvres trouvaient en lui un père et un défenseur. L’impartialité la plus exacte dictait tous ses jugements; ceux mêmes qui perdaient leur cause ne pouvaient s'empêcher de hi rendre justice. Jamais il ne prononçait de sentence sans verser de larmes ; il se rappelait alors le dernier jour où il paraîtrait devant le tribunal du souverain Juge pour y répondre sur toutes les actions de sa vie.
Sa sainteté jetait au loin un tel éclat, que plusieurs évêques se disputaient l'avantage de l’attacher à leurs diocèses. Ce futce qui priva Péglise de Rennes du trésor qu'elle possédait. Alain de Brut évêque de Tréguier, qui croyait avoir des droits sur lui, le déter-
HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVI. — De 127 mal. Les mauvais exemples de ses compagnons d'étude ne servaient
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mina enfin à venir dans son diocèse, et le fit son official. Le saint eut bientôt établi partout la réforme. S'il était le fléau des méchants, les personnes vertueuses l’aimaient et le respectaient comme leur père. Quoiqu'il fût juge par sa place, il ne laissait pas de s'intéresser en faveur des pauvres dans les autres cours ; il se chargeait lui-même du soin de plaider leurs causes : aussi était-il surnommé l’Avocat des pauvres. Sa charité le portait encore à visiter et à consoler ceux qui étaient détenus en prison. Il employait toutes sortes de moyens pour terminer les différends. N'ayant pu réussir une fois à réconcilier une mère et un fils qui plaidaient l’un contre l'autre, il pria pour eux, dit la messe à leur intention, et obtint de Dieu qu'ils se prétassent à un accommodement. Son désintéressement égalait son intégrité : il refusait ce qu’il eût pu exiger avec justice.
L'esprit de sagesse dont il était rempli le rendait extrêmement habile à démêler le vrai du faux dans les contestations. En voici un trait qui a été cité et admiré par les plus habiles jurisconsultes.
Saint Yves étant allé à Tours pour poursuivre l’appel d’une de ses sntences, trouva l'hôtesse chez laquelle il avait couture de loger
D dans une grande consternation. Deux filous, habillés en marchands,
hiavaient mis entre les mains une valise, où ils lui dirent qu'il y avait douze cents écus d’or et des papiers importants. Ils convinrent avec le qu’elle ne la donnerait à l’un d’eux qu’en présence de l’autre ; œlte hôtesse, sans avoir la précaution de s’assurer de ce qui était dans cette valise, s’en chargea et en donna une reconnaissance. Au bout de six jours, un de ces prétendus marchands vient en l’absence de son compagnon, et demande à l’hôtesse sa valise, sous prétexte de faire quelque payement. L'hôtesse, qui, six jours auparavant, avait été témoin de la bonne intelligence entre ces deux marchands, sans se souvenir qu'elle s'était obligée à ne donner la valise à l'un qu'en présence de l’autre, la remet à celui qui la lui demandait. I] disparut aussitôt. L'autre filou vint bientôt après réclamer la valise il'hôtesse, et la fit assigner devant la justice de Touraine. Saint Yves, arrivé la veille. du jugement, et trouvant son hôtesse dans cet embarras, l’exhorta à la patience et à la confiance en Dieu. Puis, ayant appris le fait tant de sa bouche que de celle de son avocat, il prie celui-ci de vouloir bien lui permettre de plaider lui-même la cause, L'avocat eut d'autant moins de peine à le lui accorder, qu'il regar-
| dait cette affaire comme perdue: Saint Yves <e trouve à l’audience P
avec cette femme, et demande d’abord de voir en face la partie adverse, L’exposé du procès étant fait, il ne restait plus qu’à proñoncer. fais saint Yves prend la parole pour son hôtesse, et dit :
Monsieur, nous avons un nouveau fait qui décide la difficulté ; c’est.
338 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 1916
que la défenderesse, depuis la dernière audience, a heureusement recouvré la valise en question, et qu'elle est prête à la représenter, lorsque vous l'ordonnerez. — L'avocat du filou prétendit qu'il fallait que l'hôtesse représentât sur-le-champ la valise, faute de quoi il soutenait que le fait allégué de nouveau ne devait pas empêcher la sentence. — Saint Yves répliqua et dit : Le fait positif du demandeur est que lui et son compagnon, en mettant la valise entre les mains de l’hôtesse, la chargèrent de ne la donner à l’un d'eux qu'en présence de l’autre; c’est pourquoi le demandeur est obligé de faire venir son compagnon, et la défenderesse représentera la valise.
Le juge, par sa sentence, ordonna que le demandeur représenterait son compagnon, et qu’autrement la défenderesse serait déchargée de la demande. — Cette sentence frappa si fort le filou, qu’on vi à sa figure, à ses yeux et à un tremblement soudain, combien de: vaient être grands les remords de sa conscience. On l'arrête, on l'emprisonne, on l’interroge, et, dans trois jours, il est condamné à être pendu, après avoir été convaincu, entre autres choses, de n'avoir mis, au lieu de douze cents écus d’or, que des têtes de clous et des ferraîlles dans la valise qu'il demandait avec tant d'instance.
Quant à saint Yves, après avoir rempli plusieurs années les fonctions d’official à Tréguier, il fut nommé curé de Tresdretz, et il desservit huit ans cette paroisse. Geoffroi de Tournemine, successeur d'Alain de Bruc, le transféra à la paroisse de Lohanec, où il de meura jusqu’à sa mort. Il se levait tous les jours à minuit pour réciter matines, et ne laissait passer aucun jour sans dire la messe. On le voyait à l'autel pénétré de la plus grande ferveur. Dans sa préparation, il était longtemps prosterné, afin de mieux considérer la bassesse de son néant et la majesté du Dieu auquel il allait offrir le sacrifice et la sainteté de la victime qui devait s’immoler par son ministère. Quand il se relevait, ses yeux étaient ordinairement baignés de larmes, qui continuaient à couler avec abondance pendant tout le temps qu'il employait à célébrer les saints mystères.
Lorsqu'il accepta la cure de Tresdretz, il renonça à tous les orne ments de sa première dignité, et se réduisit à ne plus porter que des habits simples et pauvres. Les jours où il ne jeünait point, et qui étaient en petit nombre, il ne mangeait qu’un potage et quelques légumes. Toujours il couchait sur la paille, et même sur une claie. Il s’attendrissait jusqu'aux larmes quand il parlait des choses de Dieu; aussi ses discours avaient-ils une onction admirable. Non content d'instruire son troupeau, il allait encore précher dans d’autres églises éloignées de la sienne. Il y avait des jours où il préchait quatre ou
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cinq fois. On le faisait juge de toutes les contestations qui survenaient dans le pays ; il réunissait les cœurs divisés, et par là il prévenait un grand nombre de procès.
Le saint fit bâtir auprès de son presbytère un hôpital où les pauvres et les malades étaient reçus. 11 leur lavait les pieds, pansait leurs ulcères, les servait à table et mangeait souvent leurs restes. Dès que la récolte était finie, il distribuait aux indigents son blé ou le prix qu'il l'avait vendu. On lui conseillait un jour d'attendre quel-
quesmois pour le vendre plus cher. Que sais-je, répondit-il, si je serai | alors en vie ? En attendant ainsi, dit ‘ensuite la même personne, j'ai gagné le cinquième. — Et moi, répliqua le saint, j’ai gagné le centuple pour n'avoir pas gardé mon blé. Un jour qu’il n'avait plus qu'un pain dans sa maison, il commanda de le donner aux pauvres. Son vicaire lui ayant fait là-dessus des représentations, il lui en donna la moitié. Les pauvres reçurent je reste: il ne se réserva rien pour lui-même. Il comptait sur la Providence, qui ne lui manqua jamais dans le besoin.
Durant le carême de l'année 1303, il s’aperçut que ses forces diminuaient chaque jour; il n’en continua pas moins ses austérités, persuadé qu’il devait redoubler de ferveur à mesure qu'il approchait de l'éternité. La veille de l’Ascension, il se trouva très-faible ; il prêcha néanmoins encore, et il dit la messe à l’aide de deux personnes qui le soutenaient ; il répondit à ceux qui étaient venus le consulter. Enfin il succomba, et fut obligé de se mettre au lit. Ayant reçu ses derniers sacrements, il ne s’entretint plus qu'avec Dieu jusqu’à son dernier soupir. Il mourut le 49 mai 1303, à l’âge de cinquante ans. La plus grande partie de ses reliques se garde à Tréguier. Charles de Blois, duc de Bretägne, en mit une portion dans l’église de Notre-Dame de Lamballe, chef-lieu du duché de Penthièvre ; une autre portion fut donnée à l'abbaye de Saint-Sauteur, ordre de Citeaux. Il s’est fait encore plusieurs autres distributions des reliques du saint,
Jean de Montfort, duc de Bretagne, a!': à Rome solliciter Ia çanonisation du serviteur de Dieu. Il déclara qu'il avait été guéri par son intercession d’une maladie que les médecins avaient jugée inturable, Les commissaires nommés en 1338 par Jean XXII constatèrent la vérité de plusieurs autres miracles. Le bienheureux Yves fit canonisé en 1347, par Clément VI. Son nom se trouve dans le Martyrologe romain, le 19 de mai, et l’on fait sa fête en ce jour dans Plusieurs diocèses de Bretagne. L'université de Nantes l'avait choisi Pour patron. Il y a eu à Paris une église dédiée sous son invocation, et qui fut bâtie aux dépens des Bretons, en 1348. Cette église, dans la-
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Vers la fin du treizième siècle, un autre saint personnage édifiait le pays de Gênes. Le bienheureux Jacques, surnommé de Varase, du lieu de sa naissance, petit village entre Gênes et Savone, entra dans l'ordre de saint Dominique, et s’y livra avec succès à l'étude des sciences ecclésiastiques. Il y acquit une connaissance profonde de la théologie, des saintes Écritures et. des ouvrages des Pères de l'Église. Il fit même un recueil des plus belles maximes qu'il rencontra dans les écrits de ces derniers, les apprit par cœur, et s'en servit avec fruit, soit dans les instructions qu'il adressait au peuple, soit dans les conférences qu’il faisait de temps en temps pour les étudiants en théologie. Ses supérieurs, témoins de sa vertu et de sa science, ne voulurent pas laisser cette lumière sous le boisseau ; ils le destinà rent à la prédication, et l'envoyèrent dans le noïd de l'Italie pour y annoncer la parole sainte. Les fruits de son zle y furent abondant,
En 1267, Jacques fut nommé provincial pour la Lombardie, n'ayant encore que trente-sept ans. Sa jeunesse causa d’abord quelque surprise dans l'ordre, où l'on avait l'usage de n’appeler à ces fonctions importantes que des hommes d'un âge plus avancé et déjà mûris par une longue expérience; mais tout le monde applaudit bientôt à sa nomination, quand on fut témoin de son zèle, de sa prudence, de sa charité et des bénédictions qu'il attira sur les maisons confiées à ses soins. 11 fut continué pendant vingt ans dans la même charge, et fit régner parmi ses religieux une régularité inconnue à beaucoup d’autres couvents de son ordre.
La réputation de sagesse et de sainteté que Jacques de Varasc s’était acquise engagea le pape Honorius IV à le charger d’une commission délicate, celle d'aller lever les censures qu'il avait lancées contre les habitants de la ville de Gênes, et l'interdit porté sur tout le territoire, à cause de la part qu'il avait prise à la révolte des Siciliens contre leur roi, Charles d'Anjou. Le bienheureux s’en acquitta de manière à mériter l'estime et la confiance de tout le monde, et bientôt l'occasion se présenta de lui en donner des preuves. L’archevêque de Gênes étant mort en 1299, le chapitre l’élut d’une voix unanime pour lui succéder.
Jamais choix n'avait été reçu du public avec plus de satisfaction, disons miev , jamais un choix plus heureux n’avait été fait dans des circonstances difficiles. La ville de Gênes était divisée depuis cinquante ans par des factions qui la désolaient et qui en avaient fai!
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Liv. LXXVI. — De 1276
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plus d'une fois un théâtre de meurtres et des scènes les plus horribles. En vain les Papes avaient cherché à se rendre médiateurs entre les partis, soit par leurs légats, soit par eux-mêmes. Innocent IV s'était rendu sans succès sur les lieux mêmes, pour essayer d’éteindre ces haines aussi aveugles qu’invétérées. C'est au bienheureux Jacques qu'était réservé de triompher de toutes les résistances et de tous les obstacles, En 1295, la paix s’opéra enfin, et fut jurée solennellement des deux côtés, dans une assemblée générale présidée par le saint archevêque, qui fit rendre de publiques actions de grâces au Seigneur pour cet événement si heureux et si longtemps désiré,
D'un autre côté, Jacques ne négligeait pas les soins spirituels que demandait son diocèse. 11 convoqua, l'an 1293, un concile composé de‘tous ses suffragants, et y fit rédiger des statuts pleins de sagesse pour la réforme de son clergé. Ces statuts opérèrent en peu de temps un changement si édifiant dans les mœurs des prêtres de la province génoise, que plusieurs évêques voisins les lui demandèrent pour les mettre en vigueur dans leurs propres diocèses. On le consultait de toutes parts sur les affaires les plus délicates qui intéressaient le bien de la religion; il était le conseiller et le directeur de la plupart des prélats du nord de l'Italie,
Jacques de Varasc composa plusieurs ouvrages de littérature : une traduction de la Bible en langue italienne ; des sermons ; un livre sur saint Augustin ; une chronique de la ville de Gênes jusqu’à l'an 1295; une histoire des archevêques, ses prédécesseurs ; un traité des louanges de la sainte Vierge ; une table historique de la Bible, et quelques autres opuscules. Mais celui de tous qui a le plus de vogue est
un recueil assez court des vies des saints. Ce recueil, fait sans criti-
que, mais disposé dans un ordre et écrit d’un style qui alors devaient plaire, fut reçu avec un si grand applaudissement, qu'on lui donna le surnom de Légende dorée. Ce n’est pas qu'il n’y eût dès lors des personnes d'esprit qui auraient souhaité que, par un sage discernement, on eût séparé le vrai du fabuleux. Bérenger de Landore, gé-
| néral de l’ordre des frères Prêcheurs vers le commencement du L quatorzièmesiècle, et depuis archevêque de Compostelle, donna cette
Commission à Bernard Guidonis, homme capable de l’exécuter bien. Guidonis travailla sur des mémoires plus fidèles ou plus authenti-
} ques; il examina tout avec plus de soin, et choisit avec discerne- | Ment. Néanmoins ce second recueil ne fit point tomber le premier ;
on continua longtemps encore à le rechercher et à le lire avec com- Plaisance. Depuis il est tombé dans un discrédit aussi peu mérité
D due son ancienne vogue.
Quant à l’auteur, Jacques de Varase ou Voragine, il était l’idole
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312 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXXVI, — Do 1979
de son troupeau, et il méritait son attachement par le zèle et le dé. vouement qui l'animaient, Dans un temps de disette extrême, il vendit jusqu'à ses meubles pour venir au secours des plus nécessiteux, dont le nombre était très-grand. La charité était sa vertu favorite, et il en recommandait la pratique aux fidèles dans toutes les occasions, IL allait lui-même visiter les pauvres dans les réduits les plus obscurs, et leur prodiguait avec une bonté toute paternelle les secours spirituels et temporels que leur état réclamait.
ILse distingua également par son zèle pour la maison de Dicu, Plusieurs églises avaient été détruites ou fortement endommagées pendant la fureur des guerres civiles qui avaient désolé le pays de Gênes. IL vint à bout, à force de persévérance et de sollicitations adressées aux fidèles pieux, de les rendre toutes à leur première destination, Le bienheureux Jacques de Varase donnait depuis huit ans l'exemple de toutes les vertus apostoliques, lorsqu'il fut atteint d’une maladie mortelle qui l'emporta au tombeau, au mois de juil. let 1208, dans sa soixante-huitième année. Le pape Pie VIT a conlirmé, en 1816, le culte qu’on lui rendait de temps immémorial, et l'a déclaré bienheureux 1.
Un autre saint personnage de ce temps fut le bienheureux Albert de Bergame, laboureur, Il naquit à Ville-d'Ogna, dans le territoire de Bergame, et montra dès sa première jeunesse beaucoup d'attrait pour la piété. Il n'avait encore que sept ans, qu’il jeünait déjà trois fois la semaine, et distribuait aux pauvres des aliments qu’on li donnait pour sa propre nourriture. Comme ses parents étaient la boureurs, ils l'occupèrent comme eux au travail des champs; mais pendant qu'il cultivait la terre de ses mains, il nourrissait son cœur par la méditation des vérités saintes, et faisait des progrès admi: rables dans la vertu. Lorsqu'il fut marié, sa libéralité envers le pauvres n'en devint que plus généreuse et plus active, malgré les reproches que sa femme lui en faisait de temps en temps. Il les Supportait avec patience, et n'en continuait pas moins à secourir de son mieux tous ceux qui se présentaient à lui. On rapporte même que, pour récompenser sa charité, Dieu daigna plusieurs fois en mul tiplier miraculeusement les ressources, afin qu’en faisant du bien aux autres, il ne fût pas privé lui-même du nécessaire.
Cependant sa patience et sa confiance en Dieu furent éprouvées d'une autre manière. Des hommes puissants lui disputèrent quelques Champs qu'il avait hérités de ses parents, et vinrent à bout de l'en
l'ordre de saint Dominique, t. 1.
1 Godescard, et Acta SS., 13 julii, Touron. Hist, des hommes illustres de M