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1 Raynald, 1301, n. 7-10. —? Ibid., 1302, n. 20-22.
106 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXVII, — De 1300 À
remptoire, pour prouver ses droits, après lequel il ne serait plus recevable. La sentence est du 13"° de mai 1303. Le Pape en écrivit au roi Charobert, l’exhortant à toutes les vertus d’un roi chrétien, Le jeune prince donnait dès lors les plus belles espérances, et la suite ne les démentit pas. Plusieurs historiens, entre autres Dubraw dans son Â'istoire de Bohéme, rapportent que les Hongrois obéirent ay Pape et abandonnèrent le jeune Wenceslas ; que ce prince se trouvant ainsi très en danger, son père vint avec une armée à son secours, le ramena en Bohême et renonça à ses prétentions 1,
Le vieux roi Wenceslas mourut l'an 1303 en odeur de sainteté : on parla de plusieurs miracles faits à son tombeau. Quand il s'agis. sait de punir, il répétait souvent cette parole de l'Écriture : Lorsque vous serez en colère, vous vous souviendrez de la miséricorde. Son fils de même nom, qui lui succéda, ne profita guère de ses exemples ni de ses leçons. Il se rendit si odieux, qu’il fut tué l’année sui. vante 1306, avant d'être couronné 2.
Après sa mort, quelques Hongrois appelèrent Otton, duc de Bavière, et le firent couronner à Albe-Royale par Benoît, évêque de Vesprim, et Antoine, évêque de Chonad, Alors le pape Clément V, successeur de Boniface VIIL, confirmant à Charobert le royaume de Hongrie, rendit une bulle où it ordonne aux Hongrois, sous peine des censures les plus rigoureuses, de se désister de tout ce qu'ils ont entrepris en faveur d'Otton, au préjudice de Charobert et de Marie, sa mère ; défend à Otton, sous les mêmes peines, de se dire roi de Hongrie ou de s’emparer de ce royaume, et, s’il y prétend quelque droit, le Pape lui donne un an de terme pour venir le poursuivre devant le Saint Siége ; après quoi il ne serait plus reçu. La bulle est du 40me d'août 1307. Elle fut adressée à l’archevêque de Strigonie et à l’évêque de Colocza, pour être publiée en Hongrie, avec ordre de citer devant le Saint-Siége Antoine, évêque de Chonad. Enfin, pour tenir la main à l'exécution et rétablir la paix en Hongrie, le Pape y envoya, en qualité de légat, le cardinal Gentil de Montefiori avec de très-amples pouvoirs 3,
Arrivé en Hongrie, le cardinal. légat indiqua une assemblée de tous les prélats et les seigneurs, et de toutes les personnes notables du royaume, pour le 48me de novembre 1308. Elle se tint près de Bude, dans une grande plaine, au couvent des frères Précheurs. Le jeune roi Charobert s’y trouva avec le légat, les deux archevêques Thomas de Strigonie et Vincent de Colocza, et sept évêques de Vaccia, de
1 Raynald, 1303, n. 16-23. Dubraw, 1. 18. —? Raynald, 1305, n. 15; 1306, n. 16. — #1bid., 1307, n. 19 et seqq.
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11311 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 407
Yesprim, de.Nitria, de Cinq-Églises, d'Agria, de Zagrab et de Jawrin. À la tête des seigneurs était Henri, baron de Sclavonie, avec plusieurs autres en personne, et les députés des absents, environné d'une grande multitude d'autres nobles et de peuple. Alors le légat commença à prêcher, prenant pour texte l'Évangile de la zizanie, et appliquant la bonne semence aux rois catholiques que Dieu avait donnés à la Hongrie, particulièrement saint Étienne qui avait reçu y couronne du Pape, comme témoignaient leurs propres histoires, qu'il avait lues.
Ce discours excita le murmure des seigneurs et des autres nobles, qui déclarèrent que ce n’était point leur intention que l'Église romaine ou le légat, pour elle, leur donnât un roi. Mais nous voulons bien, ajoutèrent-ils, qu’elle confirme celui que nous aurons appelé et pris pour roi, suivant l’ancienne coutume du royaume, et qu’à l'avenir les Papes légitimes aient le droit de confirmer et de couronner les rois de Hongrie issus de la race royale, que nous aurons élus unanimement. Sur quoi le légat, du consentement de tous les prélats et les seigneurs, et à leur prière, déclara véritable roi de Hongrie Charles, issu de la race de ses rois par Marie, reine de Sidlle et fille du roi Étienne, le confirmant et l'acceptant au nom de l'Église romaine. Après quoi tous les assistants, tant ceux qui avaient adhéré à Charles que ceux qui lui avaient été opposés, le reçurent et le reconnurent, pour roi, lui prêtèrent serment, l'élevèrent en haut de leurs mains et chantèrent le 7e Deum. C’est ce que porte l'acte authentique qui en fut dressé le 26" de novembre 1308 1,
Sous le règne de Charobert, la Hongrie: parvint à son plus haut point de splendeur, et fut plus puissante que les empereurs mêmes, qui la regardaient auparavant comme un de leurs fiefs. La Dalmatie, la Croatie, la Servie, la Transylvanie, la Bulgarie, la Bosnie, la Moldavie et une partie de la Valachie reçurent les lois de Charobert, et formèrent un vaste empire. L'an 1320, il remporta une éclatante victoire contre Urose, roi de Rascie, et rendit la Macédoine à la liberté, ainsi qu’à la communion de l'Église romaine ?. L'an 4322, il parcourut la Servie en vainqueur ?. L’an 1325, il combat avec succès contre les infidèles #. Il purge d'hérétiques la Dalmatie et la Bosnie 5. L'an 4331, il triomphe des Tartares ©. L'an 1335, il remporte une victoire signalée contre les infidèles 7. Et, chose remarquable, nous ne connaissons tant de glorieuses victoires que par les lettres de féli-
1! Raynald, 1308, n. 29 et seqq. — * Ibid., 1320, n. 1.—8 Ibid., 1322, n. 15. —
“Ibid, 1395, n. 29, — 5 Ibid., 1327, n. 48. — 5 Ibid, 1331, n, 25. — * Ibid., 1386,
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