‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 78 sur 97 · HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVH, De · texte numérisé non relu

HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVH, De

joure du service divin; enfin que tout-le peuple fit aussi pénitence par lés jeûnes et les génuflexions qui lui seraient prescrites. L'empereur.leur accorda tout pour le bien de la paix; etle patriarche, monté sur l’ambon et revêtu de ses ornements, donna uné absolution générale, comme aa nom d’Arsène. Mais ceux du parti qui n'obtinrent pas des évêchés, des abbayes ou d’autres récompenses à leur gré; retournèrent bientôt à leur schisme.

Pour n’avoir point à revenir tant de fois sur ces tristes et interminablés divisions des Grecs, qui d’ailleurs ne se lient à rien de l'Occident, nous en continuerons la suite jusqu’à une époque qui en montre à nu lanature servile.

Niphoninetint le siége de Constantinople que trois ans, car il en

ut chassé Fan 4315, à cause de son avarice, qui lui avait fuit commettre plusieurs sacriléges et employer pour s'enrichir des moyens injustes et peu convenables à sa dignité. S'étant retiré, il logea au monastère de la Périblepte. Un an après, c'est-à-dire en 1316, on éleva sur le trône ‘patriarcal: un laïque, Jean Glykys, contrôleur des postes. Il avait femme et ‘enfants, mais il était dés plus savants et fort attaché. au style noble des anciens Athéniens, qu'il regardait comme. un excellent modèle. Personne, au dire de son ami, Nicéphore Grégoras, n’approchait de lui pour la solidité du jugement, l'inclination au bien et la gravité des mœurs ; ce qui fit regarder sa promotion comme la récompense de son mérite. Sa femme prit aussitôt l'habit monastique, et il voulait de son côté s’en revêtir, par respect pour le trône -patriarcal; mais l’empereur l'en empécha, ‘parce qu'il était sujet en certaines saisons à de violentes attaques de goutte, ce qui lui rendait nécessaire, au jugement des médecins, l'usage de la viande, dont l’abstinence est inséparable de la vie monastique chez les Grecs 2.

En 1320, le nouveau patriarche, désespérant de recouvrer la santé,

prit le parti de se retirer, La paralysie lui ctait l'usage des pieds et !

des mains, en sorte qu'il ne pouvait ni s'acquitter de ses fonctions ni vaquer aux affaires, et n'avait besoin que de repos. L'empereur consentit à sa retraite, et lui donna pour demeure le monastère de la Kyristisse, où le prélat, s'étant démis de £a dignité, se fit porter la qutrième annés de son pontificat, qui était l'an 4320. Il emporta peu d'argent du pal :s patriarcal, n’étant pas intéressé comme la plupart des autres, et l’employa à l'entretien du monastère. Or, attendant la mort de'jour en jour, il voulut faire son testament et le fit écrire par Nicéphore Grégoras, qui a composé l’histoire de ce temps-là,

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Av. LXXVH, = De 1300 À à 1311 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 136

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Le successeur de Jean Glykys dans le siége.de Constantinople fut

Gérasime, prêtre et moine du monastère de Manganes, vieillard por- .

tant les cheveux blancs et presque sourd ; simple et entièrement ignorant des sciences profanes. Mais c'était cela même qui le rendait

agréable à l’empereur ; car, dit Grégoras, c'est par cette raison que

les princes choisissent de tels sujets pour les grandes places, afin qu'ils soient servilement soumis à leurs ordres et ne leur résistent en rien 1,

Le patriarche Gérasime mourut le 19me d'avril 1324, n'ayant tenu le siége qu'environ un an, et, après quasi trois ans de vacance, l’empereur lui donna pour successeur un moine du mont Athos, âgé de plus de soixante-dix ans, qui n'avait rien de la dignité d’un évêque et savait à peine assembler ses lettres. L'empereur le choisit pour sa grande simplicité, quoiqu'il eût été accusé de plusieurs fautes, dont il y avait nombre de témoins ; ce qui l'avait exclu depuis longtemps d'être promu aux ordres. Il se nommait Isaïe, et monta sur le siége de Constantinople le 30° de novembre 1393 2,

L'empereur Andronic associa à l'empire son petit-fils, nummé aussi Andronic, et le fit couronner par le patriarche Isaïe, le second de février 1325. Ils ne furent pas longtemps d'accord; le jeune Andronic se plaignait de la faiblesse de son aïeul, qui, abattu par la vieillesse,. négligeait les affaires et laissait le peuple exposé aux insultes des Barbares, au pillage, à la captivité et à la mort. En effet, les Turcs avançaient leurs conquêtes le jour en jour, et faisaient des courses jusques aux portes de Constantinople. Le vieil empereur disait qu’il ne pouvait se résoudre à laisser le Souvernement à un jeune homme sans expérience, qui ne savait pas se conduire luimême, qui s’abandonnait à des jeunes gens ignorants, auxquels il donnait les domaines de l'empire, ne s’occupant que de ses chiens et de ses oiseaux, et passant ies nuits en festins et en débauches. Ces plaintes réciproques, qui semblent fondées de part et d'autre, vinrent jusqu'à une rupture ouverte et une guerre civile.

Le jeune empereur, soutenu d’un puissant parti, se saisit de quelques villes de Thrace, et marcha ensuite sur Constantinople, où son aieul lui défendit d'entrer. Mais, se voyant presque abandonné, il assembla les évêques avec le patriarche Isaïe, pour prendre leurs avis, Il ieur demanda d’ôter le nom de son petit-fils des prières publiques, et de le menacer d'excommunication, pour le ramener à son devoir. Les plus sages et les savants pensèrent aussi que le nom du jeune Andronic devait être partout retranché des prières, jusqu’à ce

1 Nic, Grég., 1. 8, c. 2. — ? Ibid.,1, 8, c. 6, n, 7, c. 12.

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